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lundi 13 février 2017

Real Numbers "Wordless Wonder"

Il y a presque 4 ans nous évoquions les Real Numbers de Minneapolis sur ce blog avec leur excellent second EP 12 pouces Only Two Can Play (2013) sorti sur le label américain Three Dimensional Records (Mystery Date, Tuff Bananas etc.) co-géré par Eli Hansen, âme du groupe . Nous sommes ainsi heureux de les chroniquer à nouveau pour leur premier véritable album Wordless Wonder (2016) édité par l'un des labels les plus attachants du monde: Slumberland (The Pains of Being Pure at Heart, The Proper Ornaments, Violens, Big Troubles...).

Leur présence au catalogue du prestigieux label californien (installé à Oakland) n'a rien d'un hasard: la formation américaine a évolué doucement d'un punk teigneux vers une pop allègre. Le fil conducteur: un attachement aux Television Personalities, bien que leurs présences se fassent désormais moins sentir, ils restent influence en filigrane. Les esprits chafouins ne pourraient  d'ailleurs ne voir en Worldless Wonder (2016) qu'une ode à l'indie-pop C86 ou sa cousine américaine College. Pourtant il serait injuste de considérer les Real Numbers comme une simple bande de vils pasticheurs. Les guitares rickenbacker carillonnent et chantent comme des oiseaux par un beau matin (wordless wonder), les mélodies douces-amères sont interprétées avec une certaine retenue (sister's serving tray). L'ensemble dégage une énergie punk (new boy, just so far way) et une fraîcheur considérable. Les Real Numbers écrivent de chouettes chansons: vives, spontanées et sincères (failling out, only two can play) . Comment résister à l'appel de Frank Infatuation par exemple ? Voilà trois minutes et quatorze secondes de pur plaisir sans arrières pensées, des arpèges mémorables, des chœurs guillerets, quelques instants qu'il apparaît évident de répéter encore et encore. Wordless Wonder est un album attachant, trop honnête pour être branché, trop pétulant pour la prétention. Parfait pour nous, tant pis pour les autres.

jeudi 21 novembre 2013

Weekend - Jinx (2013)

Weekend joue ce soir à l'Espace B avec les excellents Venera 4, l'occasion de revenir sur leur second album Jinx édité cette année par le très fiable Slumberland Records.

Je vous avouerai que j'étais un peu passé à coté du premier LP du groupe. J'ai failli en faire de même avec ce second album si la vigilance de mon disquaire favori (Pop Culture) n'avait pas eu raison de moi. Le disque m'a pris par surprise et fait un effet comparable au second LP de Violens l'année dernière avec lequel il partage pas mal de points communs d'ailleurs. 
Weekend évolue dans un shoegaze sombre faisant le pont entre le début des 80s et la fin de la décennie, un peu comme une synthèse inédite entre Factory et Creation. Les lignes de basses sinueuses et mélodiques d'inspiration New Order se fracassent contre un mur de guitares. La production est soignée et très réussie donnant l'ampleur nécessaire à ces très bonnes chansons. Il se dégage de l'ensemble une cohésion rare, et l'impression d'être face à un bloc. Pourtant le disque est très accessible et on rentre facilement dedans.

Slumberland s'est fait piqué ses groupes stars (Crystal Stilts) mais comme Captured Tracks l'année dernière, les bonnes surprises sont à chercher du coté des noms moins connus. Jinx est un super disque et un magnifique témoignage de la vitalité d'un de nos labels favoris de tous les temps et dont la place au coté de Factory ou Creation est déjà assurée à nos yeux.