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samedi 19 août 2017

Achats Récents #13 groupes espagnols

L'été n'arrête certainement pas les achats de disques. Si vous suivez ce blog régulièrement vous savez l'intérêt que je porte aux groupes espagnols, notamment ceux des années soixante. Il est vrai que d'une manière générale j'ai un faible pour les groupes de beat ne s'exprimant pas en anglais, ayant l'occasion d'aller assez souvent de l'autre coté des Pyrénées, j'ai une collection sympathique de disques locaux. Coté disquaires, je vais régulièrement à Revolver du coté de la Carrer dels Tallers (à deux pas seulement des événements tragiques de cette semaine...). Les prix ont un peu augmenté, notamment les 33 tours de rock indé, mais cela reste très raisonnable dans l'ensemble. Un excellent spot pour farfouiller pendant des heures... Ainsi les 4 disques que je vais vous présenter aujourd'hui m'ont coûté la somme de 12 euros, en tout ! Après soyons honnête: la plus belle pièce, qui vaut à elle seule ce prix là, n'est pas dans un état Mint (je dirai qu'elle est VG). Étant toujours sur place, je suis preneur d'autres disquaires spécialisés dans la seconde main et ayant une offre en 45 Tours, si jamais...

La scène espagnole de l'époque est marquée par la richesse du nombre de formations, une certaine qualité générale, y compris de groupes très populaires ou encore l'usage quasi-exclusif du castillan. Bien entendu certains groupes ont surtout pratiqué les reprises de groupes anglo-saxons, par exemple los Mustangs avec les Beatles (un peu l'équivalent de nos Lionceaux); cependant les compositions originales sont non négligeables, ainsi quelques formations créèrent leur propre répertoire en grande majorité (Los Brincos, Los Pasos etc.). Les épicentres de la musique beat furent assez logiquement Madrid (Los Brincos, Los Relampagos, Los Pasos etc.) et Barcelone (Sirex, Mustangs, Salvajes, Cheyenes), Valence ou les îles tirèrent également leur épingle du jeu (Los Huracanes, Los Canarios etc.). Les groupes espagnols ne s'exportèrent pas franchement dans le milieu des années soixante à l'exception notable de Los Bravos y plus généralement des productions liées à Alain Milhaud (Los Pop Tops). A la fin de la décennie, l'underground prend le contrepied de ses aînés en utilisant majoritairement l'anglais (Maquinà, Smash, Evolution etc.). Détail amusant: dans d'autres pays, la Suède notamment, cela sera l'inverse, passant de groupes anglophiles (Tages, Hep Stars, Mascots) au Progg. 

Commençons notre petit tour par le joyau de la sélection: Es La Edad des Salvajes. Un des morceaux les plus fantastiques du rock ibérique... Un pur concentré de jeunesse avec une composition dynamique et explosive rappelant les Who que l'on peut aisément qualifier de freakbeat. La chanson est un des très grands moments des Salvajes au coté de Las Ovejitas, Soy Asi ou Al Capone ... La majorité du répertoire du groupe est composé de reprises, ici par exemple les Rolling Stones (Todo Negro est une reprise de Paint It Black), les Troggs (Una chica Igual que Tu) et Spencer Davis Group (Somebody Help Me devenant que alguien me ayude ). Vu la qualité des compositions originales de la formation, il est probable qu'il s'agissait des consignes du label... 


Sortons du registre Beat quelques instants. Los Modulos est une formation pop typique de la fin de la décennie. Todo Tiene Su Fin parue en 1969 sur le label Hispavox est certainement leur plus gros succès. La chanson est un très beau slow dans la veine de Nights in White Satin des Moody Blues ou de Rain & Tears des Aphrodite's Child (en bien meilleure que cette dernière que je trouve crispante). Elle m'évoque aussi les débuts de Martin Circus (Le Matin des Magiciens)... Arrangements raffinés, composition ambitieuse et lyrique (ce qui peut évidemment agacé), production soignée: un vrai classique de la pop espagnole ! A noter que la face B Nada Me Importa est également excellente...


Los Brincos est un, si ce n'est le, groupe majeur espagnol des années soixante. Il a la particularité de composer l'essentiel de son répertoire, rare pour l'époque, en Europe continentale comme ailleurs ! J'adore leurs premiers 45 tours comme Flamenco ou Baila La Pulga qui sont un parfait équilibre entre mélodies ibériques et énergie des premiers Beatles. Le compositeur en chef n'est autre que le batteur Fernando Arbex qui se fera connaître à l'international avec son classique proto-disco Woman des Barrabas. Je ne suis pas nécessairement un fan absolu de Lola la face A de ce 45 tours et je lui préfère par conséquent l'excellente The Train. Les deux morceaux sont extraits de leur album classique Contrabando que l'on peut considérer comme leur Sgt Pepper. L'album est enregistré en Angleterre par Larry Page, producteur des Kinks et des Troggs. La pratique était courante à l'époque, notamment en France (Polnareff, Eddy Mitchell, Johnny...). The Train frôle le pastiche de Substitute des Who mais ça reste un super morceau beat. D'autres 45 tours sont extraits de l'album, notamment El Pasaporte ou Nadie Te Quiere Ya deux des meilleurs morceaux de Contrabando.


Le duo Juan & Junior est un autre monument de la pop ibérique malgré une carrière discographique relativement courte étalée sur deux ans (entre 1967 et 1969) pour 6 simples et un album qui les compile. Cela à tient aussi au parcours des intéressés. Juan Pardo et Antonio Morales Junior (né aux Philippines à Manille pendant la seconde guerre mondiale, d'un père espagnol et d'une mère philippine) font en effet successivement parti de deux groupes majeurs des années soixantes: Los Pekenikes et Los Brincos. Dans les Pekenikes, l'un succède à l'autre au chant... En revanche ils font tous les deux partis du line up original des Brincos (qui inclut aussi le susnommé Fernando Arbex). Ils en partent en 1967 pour former leur propre duo qui obtiendra énormément de succès. Chacun des 45 tours du groupe présente au moins un très bon morceau. C'est le cas de ce simple de 1967 dont j'aime particulièrement la face B Bajo El Sol. Si la chanson démarre sur une fuzz au son menaçant, il s'agit avant tout d'une excellente composition pop psychédélique aux harmonies soignées.

vendredi 30 juin 2017

Achats Récents #12

Une spéciale Royaume Uni, Groovy Baby ! Les deux derniers disques ne furent pas édités en France à l'époque (d'où la présence de pressage anglais sans pochette).

Peut-on se lasser de Tom Jones ? Après une absence de quelques semaines, il revient dans notre rubrique Achats Récents plus fort que jamais le bougre ! Nous avions en effet évoqué l'excellente I've Got a Heart il y a un mois. Le Gallois a cependant plus d'un tour dans son sac à malice de faces B. Looking Out my Window (1968) est une autre tuerie groovy aux glorieux arrangements. Tom est dans la chanson, il emporte tout sur son passage. La rythmique tabasse sévère ! Très très bien. Pas si courant mais je suis sûr que les diggers du dimanche à la recherche de Dark Side Of The Moon ne penseront pas à le prendre, vous si maintenant !


Une autre face B de Tom Jones plutôt cool quoi que pas aussi dingue que Looking Out My Window : If I Had You sur l'EP Green, Green, Grass of Home paru en 1966. Un sympathique morceau groovy et assez beat dans l'esprit ! 


Like We Used To Be est un excellent Georgie Fame and the Blue Flames. Impossible de ne pas entendre l'influence de Mose Allisson sur le chant du britannique... Le jeu d'orgue est brûlant (inspiré probablement par Jimmy Smith, Booker T etc.), les cuivres rutilants (et utilisés avec goût ce qui n'est pas toujours le cas). Si Yeh Yeh qui l'a fait connaître était une reprise, voici un original de 1965 (signé de son vrai nom: Clive Powell) d'excellente facture à passer dans ses sets modernistes et sixties ! Promis on va essayer de ne pas remettre dix ans avant de reparler de l'un des meilleurs organistes mod anglais avec Brian Auger...



Dave Clark Five sont un groupe londonien de musique beat connu pour avoir inventé le Tottenham Sound une réponse au Mersey Beat des groupes liverpuldiens et plus particulièrement les Beatles ! Au delà de l'anecdote, le groupe est particulièrement populaire dans la première moitié des années soixante aux États-Unis, plus que dans leur pays natal en tout cas. La situation s'inverse vers 1967 grâce à des singles comme Everybody Knows. Particularité de la formation: la mise en avant du batteur Dave Clark, contribuant aussi à la particularité de leur son sur certaines de leurs chansons. Histoire d'être original, encore une fois, la face B retient particulièrement mon attention sur ce 45 tours. Concentration Baby est un morceau sauvage et brutal pas si éloigné des Troggs dans le délire hommes des cavernes qui martèlent leur batterie ! Dans une orgie de fuzz et orgue, pas de pitié, ça déménage ! Presque garage-rock non ? Le genre de morceau super cool et pas cher (comme le shame des DDDBM&T que j'évoquais l'autre jour dans la même session que le Tom Jones cité plus haut) à ajouter sans modération à sa collec' de rock 60s britannique !

mercredi 23 novembre 2016

The Shadows "Scotch on the Socks"

The Shadows furent un des grands groupes instrumentaux anglais du début des années 60, peut-être même le plus grand ! Avant les Beatles, la Strato Fiesta Red d'Hank Marvin faisait rêver tous les apprentis guitaristes s'échinant à tenter de reproduire le son d'Apache. Le groupe, qui accompagnait aussi Cliff Richards, fut largement ringardisé par la vague Beat. Ainsi en 1966 les Shadows tentent de se relancer et enregistrent le morceau vocal The Dreams I Dream une bluette un peu terne... Les coquins avaient cependant caché sur le simple une fantastique face B: Scotch on the Socks (un jeu de mot avec on the rocks ?). Les Shadows se fendent en effet d'un instrumental groovy avec une fantastique ligne de basse et une guitare dopée à la wah-wah, une pédale sortie en... 1966.

lundi 14 novembre 2016

Henri Salvador "Carnaby Street"

Ayant une fascination récente pour Henri Salvador (qui a déjà fait l'objet de deux autres articles cette année pour son disque avec Michel Legrand et Boris Vian et son classique dystopique de 1968 Bêta Gamma L'ordinateur) je continue avec un autre de ses très bons morceaux: Carnaby Street

Sorti en 1967, il s'agit du seul vraiment bon morceau de l'EP, les trois autres chansons étant dans le registre parodique habituel de l'intéressé mais plutôt pas dans les réussites (car certaines des parodies s'avèrent à mon sens très bonnes). Pas d'accent créole ou de martien à signaler, juste la voix de crooner de Salvador qui s'en donne à cœur joie sur un excellent morceaux groovy 100% Swingin London, au texte (signé de l'un de ses deux grands complices Bernard Michel) léger et amusant. Le morceau n'a pas été enregistré de l'autre coté de la Manche mais en France avec en backing band l'excellent groupe de Jacques Denjean dont l'esprit était de s'inspirer des fameux Mar-Keys de Memphis. Jacques Denjean mérite donc aussi toute votre attention si jamais vous cherchez des disques français 60s en broc car certaines de ses productions propres sont très recherchées et à raison (par exemple la superbe Névrose à écouter sur youtube). 


mardi 8 novembre 2016

David Bowie, 1965!

Nous n'avons jamais évoqué à travers un article dédié David Bowie sur ce blog. Difficile d'écrire quelque chose d'intéressant et pertinent sur l'intéressé: beaucoup de grandes plumes ont analysé sa musique bien mieux que je ne pourrais le faire. Ainsi comme de nombreux autres monuments de la musique pop telle que nous la défendons ici, il fallait trouver un angle différent dans l'esprit du blog. Ainsi quoi de mieux que d'évoquer le Bowie méconnu du milieu des années 60 avant son lancement en orbite avec la sublime Space Oddity ?

Bowie enregistre en 1964 son premier single à 17 ans sous son véritable nom de famille: Davie Jones & The King Bees. La face A Liza Jane (youtube), signée de l'intéressé, est un sympathique morceau de R&B assez typique de l'époque proche de l'esprit des Animals mais peut-être pas aussi brutal et rocailleux que les géniaux prolos de Newcastle... Des premiers pas honorables mais néanmoins pas en première ligue de la très relevée British Beat. Toujours sous son véritable nom mais avec deux autres groupes, il enregistre deux singles pour Parlophone en 1965 (récemment compilé pour le RSD en 2013). Ces deux 45 Tours démontrent l'intérêt du britannique pour le mouvement mod, comme le suggère d'ailleurs la photo utilisée pour illustrer la réédition. 

Le mouvement mod fut une école pour nombre de stars de la pop anglaise (Rod Stewart) et eu un rôle décisif sur une autre figure glam importante des 70s: Marc Bolan. Je ne pense pas que l'évolution de Bowie et Bolan de faces mods à créatures glam androgynes soit un hasard: bien que très différent dans l'apparence, les deux mouvements portent en eux des caractéristiques communes autour de l'esthétisme, la sape, la théâtralité et le besoin de se (re)créer soi même. Mais revenons en aux deux simples...

Typiques de leur époque, ils montrent cependant un Bowie déjà très doué. Avec les Manish Boys, Davy Jones écrite l'excellente Take my Tip . Elle évoque notamment Manfred Mann (youtube) dans le soin apporté à apporter à faire coïncider l'énergie du rock et le groove du jazz... L'autre single est un changement d'orientation assez radicale (mais dans l'air du temps) vis à vis des deux premières sorties. Ainsi, accompagné des Lower Third, Bowie donne dans la déflagration pop art / freakbeat avec You've got a habit of Leaving. Enregistré par Shel Talmy (un génie vénéré par tous les amateurs sérieux de rock 60s britannique) la chanson évoque ainsi logiquement d'autres projets ayant impliqué le producteur américain à commencer par les premiers singles des Who (comme le grandiose anyway, anyhow, anywhere) et bien sûr plus tard les fantastiques The Creation (youtube). 

En 1966 Davy Jones devient David Bowie afin de ne pas être confondu avec le musicien des Monkees. Il tire son nom d'un pionnier américain (James Bowie) qui lui même a donné son patronyme à un célèbre couteau ! Il enregistre trois autres singles pour PYE (The Kinks) dans la mouvance R&B/mod, ils sont aussi, dans l'ensemble, de très bonne facture. Pour son premier album chez Deram Bowie change radicalement de style en s'orientant vers un style inspiré du Music Hall qui me laisse particulièrement indifférent et sans plus de succès que ses 6 singles précédents... Il faudra attendre 1969 pour que le chanteur s'envole en orbite avec une fantastique chanson amenée à devenir un de ses standards.

 

mardi 21 juin 2016

Dans les griffes de Freddie Meyer

Freddie Meyer est un chanteur d'origine américaine. Originaire de l'Ohio, là bas il joua dans un combo garage qui ouvrait pour les stars américaines ou anglaises comme les Byrds. En 1968, il s'installa en France, à St Tropez, où il monta le groupe The Soul Company, futur Dynastie Crisis, à ce sujet son site internet est assez old school mais fascinant. Je ne sais pas si le groupe auteur du fantastique "Faust 72" (youtube) accompagna Freddie sur ce 45 tours néanmoins les deux chansons sont co-signées par Philippe Lhommet ex-Rotomagus (voir le blog) et donc futur Dynastie Crisis (blog). 

"Isn't it wonderful" est un slow de mémoire, je n'en garde en effet pas un souvenir impérissable, en revance... la face B "Love Me" est terrible ! Le tempo est relevé, l'orgue déchaîné, Freddie se donne à fond, ça balance sévère avant ce pont psychédélique et mystérieux pour mieux renvoyer la sauce derrière ! "Love Me" est une pastille temporelle de 1969, elle évoque d'autres faces B dont l'excellente "Magic Mirror" des Aphrodite's Child pour l'absence de guitare et l'usage de l'orgue au premier plan, elle tire cependant moins sur le hard rock et plus sur le groove mais sans néanmoins abandonné l'idée d'être sauvage et indomptable !

dimanche 5 juin 2016

Small Faces: à la mod

Aussi étonnant que cela puisse paraître, malgré presque 1000 entrées, je n'avais jamais jusqu'ici évoqué directement les Small Faces sur ce blog. Lors de mon dernier périple londonien j'ai trouvé la version 45T simple de "Sha-La-La-La-Lee" anglaise. Je possédais déjà le EP français correspondant (le visuel utilisé pour illustrer l'article) mais pour les dj set ou même écouter chez soi à plein volume rien ne remplace un simple ! Les simples ont généralement l'avantage de mieux sonner (deux fois moins de musique par face ça aide) et d'être aussi souvent moins chers que les EP français plus rares et très collectionnés à cause de leurs (beaux) visuels. 

Les Small Faces sont une des formations majeures du mouvement mod au coté des Who. Le courant modernist embrase l'Angleterre au milieu des années 60. Il s'inspire des films de la Nouvelle Vague et italiens du début de la décennie. Au départ, il concerne avant tout des amateurs de jazz moderne par oppositions aux trads. La figure du mod va progressivement s'éloigner du jazz pour aller vers la soul (Motown), le jazz-soul (Georgie Fame, Booker T & The MGs etc.) mais aussi le rock pop art des Who qui adoptent ce look vers 1964 à l'époque des High Numbers. Dès lors les mods peuvent envahir les plages de Brighton et se bastonner avec les rockeurs restant, symbole de l'ancien monde, des années cinquante révolues. Les mods sont les années soixante: issus de la classe moyenne naissante, ils roulent en scooter Vespa ou Lambretta, portent des costumes ou des robes aux coupes soignées et adoptent les coiffures french line, ils expriment la modernité d'un pays en forte croissance économique où les adolescents et jeunes adultes découvrent les vertus du pouvoir d'achats et de la consommation. Dès 1967 les mods se délitent et évoluent progressivement vers le psychédélisme, la northern soul et le ska des skinheads mais ceci sont d'autres histoires !

 

Les Small Faces empruntent directement leur nom au mouvement: un face est une figure, un mec important. Mené par l'incroyable chanteur Steve Marriott, l'une des plus belles voix du rock britannique de l'époque, le groupe se compose également de Ronnie Lane, Kenney Jones et l'excellent organiste Ian McLagan. Le groupe obtient un succès considérable dans le pure style pop art chez Decca avant de signer sur le label d'Andrew Loog Oldham, manager des Stones: Immediate. Leur son évolue alors vers le psychédélisme ("Itchycoo Park" youtube) assez typique de l'Angleterre de la seconde moitié des années soixante autour de thématiques bucoliques et nostalgiques. En 1969 le groupe splitte en deux autres formations: Steve Marriott part fonder Humble Pie avec le guitariste Peter Frampton tandis que le reste du groupe se déleste de son Small pour devenir les Faces avec Rod Stewart au chant.

"Sha-la-la-la-lee" (youtube) exprime la quintessence du son pop art cher aux Who et aux autres formations mods britanniques (The Creation): musique beat aux mélodies pop soignées et aux powerchords de guitares puissantes et lacérées de feedbacks. L'autre face a peut être ma préférence et évoque quant à elle un autre angle de la musique mod anglaise plus influencée par le jazz américain. Ainsi l'excellente "grown your own" est un instrumental fiévreux autour d'un orgue déchaîné, il fait écho (tout en étant plus rock et sauvage) aux disques de Georgie Fame, des Artwoods ou Brian Auger. Vous aurez donc deux bonnes raisons de prendre ce simple la prochaine fois que vous le croiserez !

dimanche 1 mai 2016

Prock Harson: le bal des reprises de A Whiter Shade Of Pale

L'été 1967 fut bercé pour nombre d'amours naissant par le slow langoureux au texte cryptique "A Whiter Shade of Pale" de Procol Harum (au cas où vous vivriez sur une autre planète, un lien pour l'écouter). Ce désormais classique reste, presque 50 plus tard, très très très efficace pour pécho. Le morceau est inspiré notamment d'un fameux air de Bach (celui ci a priori pas l'unique emprunt à notre célèbre compositeur) mais aussi du classique soul (et une autre artillerie lourde pour emballer): "When A Man Loves A Woman" de Percy Sledge sorti un an plus tôt (pour vous faire une idée). Le titre engendra son lot de reprises et fut un des premiers de la vague slow sur un air classique, un phénomène qu'il serait d'ailleurs passionnant d'étudier (de même que les reprises en rock instrumental ou plus tard chez nos amis les proggeux). Ainsi les chers Demis et Vangelis se firent connaître avec un classique de boom inspiré du Canon de Pachelbel: la dégoulinante "Rain and Tears". 

Il existe plus de 200 reprises de ce morceau, en français ("Les Orgues d'Antan" de Nicoletta), en italien ("Senza Luce" de I Dik Dik) ou encore en espagnol ("Con Su Blanca Palidez" par exemple par le groupe vénézuélien Los Impala). Nombre de reprises ne prirent même pas la peine d'une traduction et eurent comme ambition principale de surfer sur le phénomène et tromper le consommateur en jouant sur la consonance des noms. Une des plus célèbres tentatives est évidemment celle du groupe Proco Magnum. Les connaisseurs se délectent de la face B, le freakbeat sauvage de "Neurotic Saga" (youtube) plus connu en France par les Papyvores compilé sur la première Wizzz ("Le Papyvore" youtube). Sans être aussi dingue la face B de la reprise du slow langoureux de Procol Harum par Prock Harson se révèle être aussi une bonne surprise...

"I Wanna Live" est une charmante chanson groovy à la Georgie Fame ou The Peddlers, de la bonne came qui trouvera sa place à merveille dans un petit set à la cool. Je n'ai pas beaucoup d'info sur ce groupe, il semblerait que le canadien Billy Butler chante sur ce disque (lien). La formation a moins édité un autre disque aussi (discogs). Enfin, le 45T est sorti dans au moins deux pays, en Allemagne sur Cornet (également productrice du disque) et en Italie sur Stateside (pochette identique à l'exception du logo en haut à gauche). Je ne suis pas sûr que ce soit courant mais ça ne vaut pas pour autant cher: le disque n'est pas spécialement recherché/identifié. 


jeudi 7 avril 2016

The Peddlers: Cool Britannia

Pas aussi connu que Georgie Fame ou Brian Auger, The Peddlers méritent pourtant une place dans le cœur des amateurs de jazz-soul groovy britannique. Reconnaissons que la discographie du trio est inégale et comportent pas mal de variété vieillotte de nos jours, pourtant ils ont quelques très bons morceaux à leurs actifs. Je vous mentionnais précédemment la superbe "Tell the world we're not in", ma chanson fétiche du groupe - dans sa version album (la version single comporte des cuivres qui gâchent une partie du plaisir) - j'ai eu l'occasion récemment de repérer aux moins deux autres faces B de simples qui méritent le détour. 

Parmi celles-ci "Horse's Collar", un instrumental écrit par l'organiste (et chanteur) Roy Phillips. 2 minutes et 5 secondes que l'on imagine volontiers semi-improvisées à la fin d'une session pour boucler la face B. Tant mieux pour nous ! Le morceau groove sévère, peut-être un peu difficile à danser mais c'est de l'excellente came pour se pavaner dans son plus beau costume.

jeudi 23 octobre 2014

CRM002: Les Spadassins - EP2 (7)

CRM002
Les Spadassins
A1. Verrine, tu m'assassines
A2. L'Effet que ça Fait
B1. All Your Secrets
B2. This Heart of Stone
45 Tours (7') / 500 exemplaires / 2 Décembre 2011 (12/02/11)
SOLD OUT 

La sortie de la première référence fut une révélation et l'envie d'éditer d'autres vinyles se fit vite sentir. Les Spadassins se révélèrent comme une évidence. Le groupe m'avait totalement emporté sur scène aux Combustibles, un morceau m'avait particulièrement marqué Verrine, tu m'assassines, les textes étaient géniaux, et trois ans plus tard je trouve encore que ce morceau aurait mérité encore mieux. Quand le groupe m'a proposé de sortir leur nouvel EP, je n'ai pas hésité une seule seconde dès que j'ai appris que Verrine en serait ! Le mastering des 4 titres fut confié à François Terrazzoni qui fit un boulot incroyable pour faire tenir les deux chansons sur la face française, on ne cachera pas que L'effet que ça fait fut un peu édité pour des questions de place ! La lacque fut ensuite transportée en métro depuis Parélie dans le XVème jusqu'au studio de Mathieu Berthet (situé à l'époque dans le XIème) pour être expédié au pressage. 
Le 4 titres synthétise tout l'art du groupe, on y trouve une balade rugueuse dans un style proche des Animals (This Heart of Stone), un morceau d'obédience Northern Soul (All your Secrets) et les deux tueries en français déjà mentionnées, entre Nino Ferrer et Booker and The MGs. (AGF)

RIYL: Nino Ferrer, Jacques Dutronc, 5 Gentlemen, Booker T and The MGs, Georgie Fame, Animals, Artwoods etc. 

It's all banged out with feeling and purpose. (Shindig)

Deuxième référence du label indépendant Croque Macadam à qui on souhaite tout le bonheur du monde, Les Spadassins découpent sur cet objet de haute qualité leur attaque sonique en deux temps, le premier en français sur la face A, le second en anglais sur une face B qui n'a rien d'une B-side de remplissage. Quality is here, sound too...Le côté potache des paroles des titres en français (Verrine, tu m'assassines...L'effet que ça fait...) est contrebalancé par une musique influencée dans le bon sens du terme par les défuntes sixties, orgue hammond et riffs de guitares en tête, sur un All your secrets qui rappelle les grandes heures de la soul, avec un air de Ben E. King notamment. (Bandsmachine)

Leur musique, groovy à souhait, s'imprègne efficacement dans le cerveau de l'auditeur, l'invitant à remuer simultanément et  frénétiquement les parties les plus géographiquement éloignées de son anatomie. Si les Spadassins revendiquent haut et fort leurs influences anglo-saxonnes, leurs compositions lorgnent aussi parfois du côté des grands noms de la pop française. Difficile d'écouter Verrine, tu m'assassines sans penser à Jacques Dutronc, avec lequel les Rennais partagent à la fois l'élégance et le sens de l'humour. (J'ai tout lu tout vu tout bu)

La banda muestra otra buena dosis de inspiraciones sesenteras; soul, swing, beat, matices de r&b y todo pasado por un barniz genuinamente francés heredero de Nino Ferrer o Les 5 Gentelmen.
Les Spadassins son ante todo divertidos, algo que tampoco es incompatible con sonar bien y en sus temas lo demuestran, algunos cantados en su idioma natal y otros en inglés. Merecen la pena sus dos trabajos. (Ritmo, Soul y Otros Modernismos)

 

jeudi 1 décembre 2011

Les Spadassins - CRM002

Comme vous le savez peut-être je me suis décidé à me lancer dans le bain du "label", un bien grand mot pour dire que j'essaie de sortir des 45 tours de groupes que j'aime et d'en vendre assez pour en refaire d'autres.

Le premier, les Guillotines, est sorti il y a deux mois maintenant et je dois remercier tous les gens qui l'ont chroniqué ou passé jusqu'ici: Finest Kiss, Styrofoam Drone, WW2W, Planetgong, Contre-Cultures, Rocket, Honnête, 94 Miles etc. Ce soutient m'a fait chaud au cœur et j'espère que le disque va continuer à mener sa vie, peut être aidé en cela par cette nouvelle sortie, en tout cas je suis toujours dessus pour le faire connaître et le défendre.

Le second est arrivé avant hier et je dois dire que je suis très excité par ce disque. Il s'agit d'un ep des Spadassins un groupe de Rennes que j'avais interviewé il y a quelques mois pour la sortie de leur premier disque chez Tryptic Records. On s'est décidé pour le 45 en septembre dernier et après pas mal de petits coups de stress (comment envoyer les lacques?) le voilà entre nos mains. 4 titres, une pochette d'inspiration 60s, des chansons moitié-Molière (ou Joachim du Bellay!) moitié-Shakespeare. Le groupe comprend des membres de Sudden Death of Stars, des Bumbles Bees, de Bikini Machine, des ex-Dadds etc. Ils sont programmé aux découvertes des Transmusicales en ce moment même!

Je vais vous laisser découvrir le disque, il est en écoute en stream sur bandcamp. Les titres en français évoquent Nino Ferrer, Georgie Fame ou les 5 Gentlemen tandis que l'autre face se fait plus soul sur "all your secrets" avant de se conclure sur le slow bluesy rugueux "this heart of stone".

achat sur Big Cartel


Les Spadassins - Verrine, tu m'assassines by Croque Macadam

Les Spadassins - This Heart of Stone by Croque Macadam

lundi 11 avril 2011

Interview: Les Spadassins

Hé bien le temps passe vite, notre dernière interview remonte déjà à 2010, depuis quatre mois se sont écoulés mais nous n'avons pas chômé pour autant, et on est heureux de vous présenter aujourd'hui les Spadassins, une des nombreuses formations super cool que nous envoie à la figure Rennes en ce moment!

Ils viennent de sortir leur premier EP sous forme d'un joli 45 tours 4 titres chez Tryptic. Deux morceaux en français et deux en anglais, trois originaux si j'ai bien compté. J'ai une petite préférence pour les deux titres en français. Diabolique est une reprise francisée de la petite obscurité super groovy "all you" du Sonny Burke Outfit. Les textes prennent des libertés bienvenues par rapport à l'original et sont super réussis, ils apportent une petite touche de folie à cette reprise déjà très bien envoyée, le solo d'orgue est dantesque. Christine est un titre original, il est super très chouette, la voix me rappelle pas mal les 5 Gentlemen, mais derrière c'est un poil plus groovy que nos corses favoris. Les deux titres anglais sont à mon sens un peu moins originaux mais tirent bien leur épingle du jeu. "Pussy cat calls" est dans une veine très british RnB, l'harmonica est inspiré et bien vu. "Black Gloves" est au moins aussi bien que pussy cat calls, je pense même que je la préfère, on reste dans cette veine mod groovy hammond/bongos mais la fuzz amène une petite touche acide du meilleur effet . Ils complètent bien ce très bon 45 qui sort en même temps qu'un ep de reprises de Sheetah et les Weissmüller sur le petit label parisien qui avait marqué les esprits en rééditant le classique des Gypsys "prolétaires".

Et maintenant laissons la parole aux principaux intéressés Docteur Love (guitare), Mr Moustache (bongos) et Captain Beat (batterie).


Qui sont les Spadassins?


Docteur Love : Les SPADASSINS sont des bretteurs, des tueurs à gages qui ne combattent qu'à l'arme blanche. On les rencontre dans les drames romantiques de Musset ou dans la vieille mafia sicilienne. Sinon, nous sommes un groupe mod/soul/freakbeat chic et choc existant sous sa forme définitive depuis novembre 2010.

Monsieur Moustache: Les Spadassins sont six fiers gaillards qui, malgré leur lourd passé, sont aujourd'hui au sommet de leur art. Fred Ernest qui «jouait» dans un groupe de punk, sait aujourd'hui chanter à l'envers et fume des Gauloises. Bloody Bulga, qui collectionnait des timbres du Congo Belge et de république centrafricaine, joue maintenant dans quatre formations sans posséder ni basse ni ampli, Docteur Love, qui pensait conquérir le monde grâce à une année sabbatique octroyée par l'Éducation Nationale, est aujourd'hui encore plus endetté et attend toujours le succès, Captain Beat, qu'un passé militaire a contraint à porter le poil et la chevelure courts, fait aujourd'hui des chorégraphies chrétiennes en jouant de la batterie et imite l'accent québécois comme personne. Zorino, qui se faisait arnaquer par des vendeurs de cuir, se coupe aujourd'hui les cheveux tous les jours et sait réciter l'alphabet en commençant par la lettre K, enfin, moi-même, qui ai osé un jour lointain porter le bouc pendant plusieurs jours consécutifs mais qui aujourd'hui comme mon nom ne l'indique pas, porte des favoris des plus distingués et possède un pantalon que je suis le seul à trouver jaune.

Captain Beat: Les Spadassins sont de gros branleurs ... Certains sont mêmes un peu trop hypeux mais c'est comme ça... En même temps, ils peuvent être branleurs vu qu'on botte le cul de pas mal de groupes. Moi, je ne suis ni branleur ni hypeux, je suis Captain Beat, mon talent et ma modestie m'ont fait capitaine.


Comment sont nés les Spadassins? Sont-ils la "suite logique" des Dadds auxquels certains d'entre vous ont appartenu?

Docteur Love : Le groupe a débuté pendant les chaleurs de l'été 2009 avec les cinq musiciens. Nous avons ensuite été rejoints début 2010 par Charles, vocaliste émérite des COMBOMATIX qui nous a régalé jusqu'au mois de septembre de son organe puissant et granuleux. Il a ensuite quitté le groupe qui a donné son premier concert sous sa forme actuelle en novembre 2010 avec Fred au chant, en première partie du BRIAN AUGER'S OBLIVION EXPRESS. LES SPADASSINS ne sont pas spécialement la suite logique des DADDS, plutôt une suite chronologique. Nous jouons une musique plus soul, groovy, plus mod que les DADDS qui étaient plutôt un groupe garage/yéyé. Qu'ils reposent en paix.

Monsieur Moustache: Au départ il y avait Zorino, Charles et moi, on s'appelait Pascal La Dalle et les émaciés, et puis les autres sont arrivés, et ça n'a plus été possible.

Captain Beat: Non, les Dadds étaient des tocards orgueilleux en provenance de Normandie. Les Spadassins portent fièrement leurs origines bretonnes sous un costume trois pièces. Pour l'histoire du groupe de Monsieur Moustache, c'est des cracks... C'est normal, c'est un mec de droite et il prend certaines libertés avec l'Histoire, comme tous les mecs de droite. Sa moustache n'est pas hype mais réactionnaire.


Qui a eu l'idée du nom, pourquoi ce nom?

Docteur Love : Le nom vient de P.M. il me semble. A la base, je voulais faire une sorte de groupe conceptuel avec des paroles très 19e ne traitant que de duels, d'amantes éplorées, de romantisme gothique et de chevalerie médiévale. On s'est aperçu bien vite que le challenge était difficile et que l'idée pouvait nous limiter musicalement. On a gardé le nom qui, en plus de bien sonner, rend justice au caractère royal et ancien de notre musique.

Monsieur Moustache: Comme Pascale la Dalle ne pouvait plus fonctionner, nous avons opté pour quelque chose de plus ramassé et rebondi, plus à l'image des nouveaux arrivants. Cela a donné Les Spadassins, ce qui impliquait paradoxalement de faire de la musique fine et acérée dans un français élégant. Je n'avais jamais fait cela avant, l’exercice de style me plaisait beaucoup, et puis c'était un bon prétexte pour se replonger dans Musset et Chateaubriand. Et comme je viens du berceau du Romantisme... Mais notre chanteur ne se sentait pas de porter cela, ce n'était pas son truc, et c'est dur, voire impossible, de livrer un chant convaincant si l'on est pas soi-même convaincu par ce que l'on chante. On a donc conservé le nom Spadassins, mais opté pour des paroles un peu moins surannées. De toute façon je crois que le reste du groupe n'aurait pas suivi sur l'imagerie culottes de velours, jabots et cravate Lavallière.

Captain Beat: Qu'est ce que je vous disais! La moustache fantasme un brin... Le voir lire du Musset ou du Chateaubriand, c'est mission impossible. La dernière fois qu'il a ouvert un livre, il a eu une crise d'hémiplégie. De plus, l'homme est jaloux et frustré... Il est vert de rage à la vision de nos muscles saillants. On lui pardonne bien volontiers ces félonies tant l'individu est petit et frêle.


Fred des Bikini Machine est votre chanteur, comment a eu lieu la rencontre?

Docteur Love : Fred nous a enregistrés et produits l'été dernier, il aimait notre musique et nous connaissions la légendaire élégance de ses harmonies soul. Nous avions pensé à lui dès le départ, nous l'avons séquestré puis menacé, à l'arme blanche bien sûr, pour qu'il rejoigne le groupe. La franc-maçonnerie suisse a bien évidemment facilité le travail.

Monsieur Moustache: Cela me fait repenser à cette bonne vieille blague de la vache et des trois vieillards suisses sur un banc.

Captain Beat: Je ne savais pas que Fred Ernest collaborait avec un groupe de variétés et je ne connais pas la blague de la vache et des vieillards suisses... J'ai rencontré Fred alors que le sieur Moustache faisait la roue en écoutant Percublabla et que Docteur Love découvrait la sexualité avec les titres d'Étienne Daho. A l'époque, je crois que Bloody Boulga ne parlait que le bas Finistérien et que Zorino ne parlait déjà pas... mais dans les bouquins d'Hergé. Avec Fred, on a déjà fait de la musique ensemble et c'était vachement bien.


Comment définiriez vous votre musique? Si je vous dis que j'y entends un peu de Nino ou des 5 Gentlemen ça vous semble juste? Quelles sont vos autres influences?

Docteur Love : Cela me semble tout à fait pertinent. En plus, j'adore les 5 Gentlemen. Je crois que la particularité du groupe est d'être influencé par plusieurs genres de musique des 60's. Nous écoutons de la northern soul, de la soul plus rugueuse et primitive, de la pop baroque, du Doo-wop, du freakbeat, du garage bien sûr, du R'n'B', du jerk francophone d'époque, des Bo de films. Je suis pour ma part particulièrement friand de sons 60's orientaux ou africains. J'aime beaucoup le garage turc ou les trucs asiatiques. Je pense que l'on retrouve de petites touches de tout cela dans LES SPADASSINS.

Monsieur Moustache: Personnellement j'écoute beaucoup de techno minimale, des trucs genre Stewart Walker sur Persona Records ou Luciano sur Cadenza, je crois que ça s'entend assez dans mon jeu de bongos. Sinon, j'écoute tout comme Dr. Love bon nombre de sixtiseries, dont un florilège peut se retrouver sur mon émission de radio de qualité supérieure: Blousons Noirs et Boudins Blancs. J'aime aussi le bordeaux et le réglisse.

Captain Beat: "Des trucs asiatiques"... Mmmhh... la seule fois où j'ai vu Docteur Love avec un truc vaguement asiatique entre les mains, c'est quand il a braqué des sushis dans une supérette d'autoroute. Donc oui, il y a eu présence de sushis une fois dans la vie des Spadassins. Et c'est vrai que je joue avec des baguettes...


Vous chantez en anglais et français, quels avantages trouvez vous à chaque langue? Comment décririez vous vos textes?

Monsieur Moustache : L'anglais est une langue qui sonne naturellement, ce n'est pas un hasard si elle est autant utilisée dans la musique pop. C'est bien cependant de pouvoir revenir à sa langue maternelle, c'est une tradition qui se perd un peu à mon goût, même si nous sommes un peu tous inégaux face à cela; cela n'engage que moi mais je trouve que le beat allemand sonne tout de même nettement moins bien que du garage chanté en arabe ou de la soul en espagnol. Le français n'est pas une langue facile à manier en chanson et certains morceaux s'y prêtent alors que d'autres impliquent d'y travailler, pour que les mots rebondissent et sonnent aussi facilement qu'ils peuvent le faire en anglais. Pour l'instant nous tombons un peu dans la facilité selon moi, si un morceau se prête à l'anglais, on l'écrit et le chante en anglais. J'aimerais qu'à l'avenir nous nous fassions un peu plus violence, mon idéal absolu serait vraiment deux tiers des chansons en français, mais je ne suis pas le seul à décider.

Captain Beat : Os Mutantes chantent en portugais du Brésil et ça ne dérange pas beaucoup de monde. Je ne sais pas si la langue utilisée est si importante que ça... Chanter en français pour un groupe français, c'est plus vendeur et exotique pour l'export... Avec Docteur Love, on a en projet de mettre en musique des textes d'un poète breton ou gaélique... L'important, c'est la pose!


Vous allez sortir votre premier EP sur Tryptic Records, comment s'est faite la rencontre, comment se présente la sortie?

Docteur Love : Nous avons enregistré une dizaine de chansons et Didier du label a accepté de sortir notre premier EP. Nous en sommes ravis et l'en remercions. Tout se présente bien et nous jouons au Mondo Bizarro de Rennes, le samedi 7 mai pour la sortie officielle du disque. Il serait d'ailleurs judicieux d'acheter ce disque. SUPPORT YOUR LOCAL RECORD DEALER ! Nous espérons sortir un 45 tours tous les six mois.

Monsieur Moustache : Tryptic a sorti une ré-édition des Gypsys, l'excellent Prolétaire. Forcement ça nous a botté, je n'ai malheureusement été au courant que trop tard. J'espère que Didier refera des sorties de ce type. Notre disque à nous est superbe, les titres sonnent, j'ai hâte de le tenir en main, et quand je pense que certains heureux parisiens l'auront deux semaines avant nous...

Captain Beat : Je ne connaissais pas ce label. Je ne crois pas que les parisiens peuvent être heureux. Je suis contre Paris. Je suis contre la France jacobine.


A-t-on une chance de vous voir jouer un peu partout en France ces prochains mois pour venir présenter ce 45?

Monsieur Moustache: Ça serait sacrement chouette. Tu nous bookes une tournée?

Docteur Love : Nous avons quelques dates en France d'ici l'été et en Octobre nous tournerons en Suisse, en Allemagne et en Belgique.

Captain Beat: C'est vrai que les gens qui nous voient en show ont de la chance.


Vous êtes de Rennes, et un certain nombre d'entre vous appartient à d'autres formations de la ville (Bumble Bees, Sudden Death of Stars) un mot sur la scène? avez vous le sentiment qu'il y en a une?

Docteur Love : Il est vrai qu'environ 80% de nos amis rennais jouent dans des groupes, c'est amusant. Il semble y avoir qqch par ici. Nous sommes ravis du dynamisme musical de la ville, même si parfois nos emplois du temps sont un peu surchargés avec tous ces projets. C'est cool de pouvoir jouer ensemble, de se prêter du matériel, de s'entraider pour l'enregistrement, les concerts. Le truc, c'est que notre «scène» est très DIY, nous n'avons que peu de relations avec les partenaires institutionnels. Nous perdons en visibilité ce que nous gagnons en autonomie et en liberté. Par contre, comme tu pourras le constater, nous formons plus une communauté amicale qu'une communauté artistique, les groupes ne se ressemblent pas. En vrac quelques autres groupes: A CAKE A ROOM, COMBOMATIX, SPLASH WAVE, FIFTY MILES FROM VANCOUVER, PANOPLIE...



Monsieur Moustache : Je trouve ca super cool d'être autant entouré de musiciens, on joue tous dans plusieurs groupes, et tout le monde joue dans le groupe de tout le monde. Il y a vraiment une chouette émulation, un dynamisme enivrant. Et puis cela permet aussi d'assouvir ses divers penchants musicaux. Mais il est certain que pour la plupart de nos formations, cela reste très underground, on sort des LPs, des 45s, des K7, mais c'est soit auto-produit, soit sorti sur une petite structure, de fait nous sommes peu diffusés; le monde ne connaitra peut être jamais notre génie. Je pense cependant que nous serons culte en 2066.

Captain Beat: Il y a ce qui se passe dans les médias et ce qui se passe sur le terrain... C'est là une différence notable! Il y a en effet quelques groupes cools dans le coin mais peu relayés par les journaux. Il y a une forme d'ingérence de la part de certaines personnes qui jouent avec les musiciens comme avec des Playmobil. Après, tu acceptes ou pas de rentrer dans le jeu mais c'est pas ça qui créée une scène. A Rennes, il n'y a pas une scène mais des scènes avec des circuits différents.


Que peut on vous souhaiter de mieux à l'instant précis?

Docteur Love : Du temps et des dates de concerts !

Monsieur Moustache : Des dattes c'est bien, mais égyptiennes alors, ce sont les meilleures. Et puis des figues aussi.

Captain Beat: Nous souhaiter tout, au mieux, et à taux fixe.


Quelle question ai-je oublié de poser?

Docteur Love: T'as pas une clope?

Monsieur Moustache : Si le train pour Quimper quitte Brest à 16h25, combien coûte le sandwich norvégien au wagon restaurant?

Captain Beat: Connaissez vous l'impact de l'amiante sur la discographie des Beatles? Quand est-ce qu'on mange un bœuf bourguignon? Avez vous déjà eu peur de vous réveiller en nain zébré? Plein de questions trop cools que personne ne pose jamais...

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lundi 25 octobre 2010

the Boys - I want you (1965)

Dans la nuit de samedi à dimanche, en sortant de la méca je me suis retrouvé à discuter avec un collectionneur très pointu de beat 60s, on a notamment évoqué les Action qui sont aujourd'hui une des formations mod préférées de tous, avec évidemment des groupes comme les Small Faces ou the Creation.

L'un des points forts des Action, c'est leur chanteur Reg King, c'est simple il est haut la main dans mon top 10 des chanteurs blancs 60s, ce mec a vraiment capté l'esprit de la soul music, sa voix est sublime, et à part un Steve Marriott, Steve Ellis ou dans un autre genre Van Morrison, il y en a pas beaucoup pour lui faire de l'ombre.

Selon une rumeur il viendrait malheureusement de nous quitter ce dimanche, c'est triste, à croire que les "bons" tombent comme des mouches depuis un ou deux ans: Sky Saxon, Peter Quaife, Alex Chilton, Doug Fieger, Jay Reatard, ou en dehors de la musique Tony Curtis... Ils sont nombreux à nous abandonner à notre sort et nous faire perdre un peu de nos illusions sur ce monde déjà pas si marrant que ça.

Enfin bref, étant relativement affecté par cette possible mort, disons comme on peut l'être de quelqu'un que l'on ne connaît pas mais que l'on a quand même beaucoup écouté, il fallait que je partage cela avec vous.

Plutôt que de piocher dans les inédits nombreux (un album entier "rolled gold" + des démos compilés sur "action packed" les deux sont archi-recommandés) ou dans les quelques singles du groupe (8 si j'ai bien compté) j'ai décidé de vous proposez un morceau des Boys.

Les Boys, c'est un peu comme les Mark Four pour les Creation, c'est le premier nom de the Action. Ils étaient alors 4: Reg King, Alan King, Mike Evans et Roger Powell, et accompagnaient Sandra Barry. Ils deviennent les Action avec l'ajout de Peter Watson.

En dehors d'un single en backing band, ils ont eu aussi l'occasion de sortir un deux titres sur Pye en leur nom propre, les deux faces étant co-composés par Reg King, des originaux maisons donc, à la différence du matériel utilisé pendant la période George Martin constitué pour la plupart de reprises (plutôt cool) de morceaux soul américain. Ces deux originaux sont de bonnes factures, j'apprécie en particulier I want you, la voix de Reg King y rayonne déjà, la rythmique a un petit coté ska des plus appréciables, et le tout sonne nerveux, un super morceaux que je regrette de ne pas voir apparaître dans les anthologies des Action (il figure sur la compilation beatbeatbeat 5, malheureusement un peu dure à dénicher maintenant).

Pour finir sachez que Phil Collins compte parmi les grands supporteurs de ce groupe, il a aura donc fait au moins une bonne chose dans sa vie musicale!

the Boys - I want you


ps: j'ai mis une photo de the Action et non des Boys, n'ayant pas trouvé de photos du groupe à cette époque

lundi 5 octobre 2009

los No - incomprendidos (1966)

Los No sont une des nombreuses très bonnes formations de Barcelone dans les années 60. Ils étaient réputé pour leur show très "op art". Ils ont sorti deux EPs et un SP sur Vergara (label chez qui étaient également les très valables Sirex). J'ai tendance à avoir une tendresse particulière pour la scène ibérique beat, je crois très sincèrement qu'au milieu des années 60, peu de pays peuvent se targuer d'avoir autant de bons groupes (à part évidemment les USA et l'UK, et un peu derrière les Pays Bas)! Incomprendidos est une très belle illustration de la fougue et du talent de nos voisins espagnols!

Los No were one of the numerous great bands coming from Barcelona in the mid 60s. They had a cool op-art show in live and did 2 eps and a sp, on Vergara (the same label as los Sirex). I think the spanish beat scene, was one of the best during the mid 60s, and Incomprendidos our tune of today is a nice illustration of that!

Los No - incomprendidos

a very cool article on the blog of Alejandro (in spanish)

vendredi 18 juillet 2008

the Masters Apprentices / the Purple Hearts (1966)

L'Australie est aujourd'hui considérée comme une des plus grandes nations du rock, ayant fourni son lot de grands groupes, d'AC/DC en passant par les Saints, ou les populaires Vines et Jet... Mais qui d'entre vous est capable de citer une glorieuse formation des non moins glorieuses années soixante? hum.... Les Easybeats? Bingo! Probablement le meilleur groupe australien de cette époque, un des seuls capables d'avoir eu du succès en Angleterre et même en Europe avec le génial "friday on my mind" (produit par Shel Talmy), mais en dehors d'eux, et peut être des Australian Playboys (signés sur Immediate) peu de groupes nous sont parvenus (en Europe au moins), il faut dire qu'à nos antipodes, ils avaient peu de chances d'atterrir au Bourget à une époque où même les disques américains étaient relativement difficile à dénicher! Toujours est-il que la scène australienne n'était pas exceptionnelle, car comme dans beaucoup de pays, les copies locales des tubes anglais ou américains prédominaient dans les charts, pourtant quelques formations talentueuses étaient dispersées ici et là dans le pays...c'est le cas notamment des Masters Apprentices et des Purple Hearts, deux des meilleurs groupes "aussie" de l'époque.

Les Purple Hearts étaient de Brisbane une ville plutôt conservatrice, pourtant ce combo tranchait avec les habitudes locales, leur nom emprunté à LA drogue mod (les amphets) résume leur musique: du british rnb joué à fond la caisse, quelques singles à leur actifs, et quelques années de service, et le groupe rejoint les méandre de l'anonymat , ces membres se retrouvant un peu partout (jusqu'à devenir un producteur reconnu pour leur guitariste Loyde). Les Masters Apprentices d'Adelaide pour leur part, ont eu une carrière beaucoup plus longue et complexe, dès le départ le groupe connait un certain succès, lui permettant de bien s'établir dans le pays, ils cherchent à percer en Angleterre sans succès et rentre bredouille à la maison, mais l'Australie ne les a pas oublié et tant bien que mal leur carrière se poursuit dans un style plus hard rock dans les 70s (ils publient le deuxième "live" australien de tous les temps). Les deux formations ont eu des fortunes diverses mais les deux morceaux ("i'm gonna try" des Purple Hearts , une face b, et "undecided" des Masters Apprentices, face a avec en b le beaucoup plus connu "war or hands of time") en écoute ici ont en commun la hargne et la fougue des groupes qui ont quelque choses à prouver à travers des saccades violentes de Fuzz et ampli balafré à coup de rasoir.

If nowadays the "aussie" rock scene is internationaly known and well considered because of great bands like AC/DC or the Saints (and more recently Jet or the Vines), in the 60s the australian music scene was quite bad...the charts were full of cheesy covers of american or british hits, with sometimes a few great bands emerging from this poppy and dull environement like the Easybeats. Nice "beat" "garage" or what-ever-rnb bands from Australia were usualy made by young immigrants from Europe (the Easybeats were formed in a hotel for the immigrant people by scottish, english and dutch guys). Indeed even if the scene was not great as UK or USA several cool bands recorded awesome songs, to my opinion the Masters Apprentices and the Purple Hearts are among the best!

The Purple Hearts took their name from the famous mod pill, they were from Brisbane a very conservative city at this time, but were really wild and loud as their name suggets, they released several 7 inches but were never a "famous" band in their country, so they finaly disbanded around 1967. The Masters Apprentices were far luckier, their first tracks (wich includes "undecided" originaly a track written in 15 minutes to fill a four-track demo) received a good response from the public, so they could do a real musical carrer in their own country, including in the early 70s, releasing one of the first australian live album! They tried at the end of the 60s to enter the british market but without any succes. Here is your chance to listen to 2 great loud original songs with plenty of fuzz and the arrogance of young hearts.

écouter / listen to "I'm gonna try" (1966) by the Purple Hearts
écouter / listen to "undecided" (1966) by the Masters Apprentices

mercredi 25 juin 2008

High Priests - Hibernation (2006)



Premier single de ce trio Londonien, ce disque est typiquement le genre de petite pépite étonnante qu'on aime découvrir chez RPUT. Cette chanson a un doux parfum de 1966, à mi chemin entre le Garage Rock, la Soul et le son Mod, on se croirait presque en train d'entendre les Who (les choeurs et la rythmique en sont particulierement inspirées). Alors évidemment, on pourra leur reprocher un certain manque d'originalité, bien que les groupes officiants dans le domaine à l'heure actuelle sont peu nombreux : The Blue Van, Little Barrie et ... Mais Hibernation est une telle chanson, portée par un refrain chanté superbement, une ligne de basse rebondissante et des riffs rageurs, qu'il y a largement de quoi twister, ce qui est amplement suffisant.

écouter Hibernation

First single made by this London based trio. This is the typical nuggets we love at RPUT. This song is typically '66 mod - garage soul with a big touch of Who (check the men voices and the beat). This is clearly not the most original song ever, even there isn't much band doing thing like this (The Blue Van, ...). But this song is quite fantastic, because the chorus is amazing with the great soul voice of the singer and some great guitars. This is barely enough and just make us twist like rarely we do.

Listen to Hibernation

mardi 13 mai 2008

the Peddlers - tell the world we're not in (1970)

The Peddlers est un trio anglais formé dans la premières des années 60 par deux anciens de groupes estampillés Joe Meek, cependant loin de faire de la beat ou du rock n roll, les trois se sont lancé dans une pop groovy jazzy de haute volée qui rappelle Georgie Fame ou Brian Auger. En 1970 sort "tell the world we're not in" extrait de la BO d'un obscure film anglais, mais parfaite BO du Swingin London, le morceau fut un tube à l'époque, enfiler votre beatles boots et à vous les heures de danses endiablés!

The Peddlers is a british trio formed around 63-64 by two ex members of Joe Meek's bands. They didn't chose to do beat or rock n roll music, but a kind of mix between pop music and groove-jazz, in a Brian Auger or Georgie Fame style. Tell the world we're not in is a track from 1970, and it's the perfect soundtrack for the Swingin London, get your beatles boots on and then dance until the morning!

écouter tell the world we're not in

samedi 5 avril 2008

Julie Driscoll, Brian Auger and the Trinity - let the sunshine in (1969)

On avait déjà évoqué Brian Auger and the Trinity, à travers le morceaux "tiger" il y a quelque temps, cette fois ci on retrouve la formation accompagnée au chant d'une grande dame de la musique "pop" anglaise: Julie Driscoll, à la voix inimitable, avec un feeling très bluesy, qui n'a malheureusement pas fait une carrière très longue (mais qui avait participé avec Auger au fameux Steampacket). L'association fait des merveilles, le jeux d'Auger à l'hammond est fantastique et la voix de Driscoll transcende totalement ce morceau, définitivement un traitement très réussi de ce classique de la comédie musical Hair.

A few months ago we talked about "tiger" by Brian Auger and the Trinity, here is another song with this band featuring this time the great singer Julie Driscoll, to my opinion one of the greatest singer to come frome England. Driscoll and Auger together were a fantastic team, they did several albums and songs wich are awesome, it includes this great cover of the classic "let the sunshine in" from the musical comedy Hair.

écouter / listen to let the sunshine in