mardi 22 mai 2012

Cleaners from Venus - Midnight Cleaners (1982)

Sur RPUT on aime alterner entre oldies et groupes actuels, je déroge un peu à ma règle qui consiste à ne pas enchainer deux disques du passé de suite pour ce magnifique album des Cleaners from Venus intitulé Midnight Cleaners et initialement sorti en 1982. Il vient d'être réédité dans un chouette coffret (vinyle ou cd) chez les toujours fiables Captured Tracks et avait été précédemment réédité sous forme de cassette chez les non moins géniaux Burger Records dans son format d'origine: une cassette, les deux labels ont réédités d'autres disques du groupe également très recommandés (6 autres albums en tout).

Cleaners from Venus est principalement un duo formé de Lol Elliot et Martin Newell , ce dernier a également enregistré en solo de nombreux albums dont un produit par Andy Partridge (d'XTC!). Midnight Cleaners est leur troisième album, et est donc sorti à l'époque en cassette distribuée "à la main" par les intéressés lassés du système classique. A l'époque la culture cassette est très active en Angleterre, et beaucoup de disques sortent uniquement dans ce format particulièrement populaire pour la musique expérimentale, les meilleurs ont notamment été compilés dans certains volumes des Messthetics. Cleaners from Venus ont des aspects expérimentaux mais le cœur de leur musique est résolument pop, de la pop assumée et superbe aux guitares jangly absolument délicieuses. 
Ils ont malgré tout un son typiquement anglais on pense à XTC, Kinks ou Blur sur A Wretched Street, à 10cc sur Wivenhoe Bells (II) mais aussi parfois les Byrds (oui ils ne sont pas très anglais eux) comme par exemple sur Factory Boy , Time in Vain ou l'absolument géniale only a shadow. Ces références ne doivent pas faire des Cleaners from Venus des revivalistes, la boite à rythme amène une touche passionnante et fascinante à leur musique, elle évite aux intéressés d'être tentés de sonner à l'identique pour mieux se concentrer sur l'écriture de vraiment bonnes chansons qu'ils savent arranger avec beaucoup de finesse malgré des moyens dérisoires (les disques sont enregistrés sur un 4 pistes à la maison). Dans les titres moins ouvertement marqués par ces références on notera la curieuse corridor of dream, le piano a quelque chose de presque housy, ou alors disco-funk dans le style Change / BB&Q Band , mais la voix est irrémédiablement anglaise et pop , le résultat est étonnamment cool et frais.

Si l'on use et abuse du terme de "trésor caché" je crois que l'on peut évoquer ce terme sans trop se tromper en ce qui concerne les Cleaners from Venus, plus qu'une curiosité, voilà un excellent groupe de pop qui enregistraient des pépites bricolées avec trois bouts de ficelles. Leur discographie riche est une plongée sans fond dans une abysse de mélodies délicieuse, un pied dans le passé (une écriture gracieuse et élégante) et dans le présent (mise en forme moderne et débrouillarde) dont les Cleaners from Venus ont su faire une synthèse remarquable et profondément originale. 

Achat: LP / CD (Boxset) / Cassette




vendredi 18 mai 2012

Les Coronados - N'importe Quoi (1984)

Il y a un ou deux ans j'ai lu l'ouvrage dirigé par Manœuvre sur le rock français, une grosse déception. C'était donc ça le rock en français? Vraiment? J'ai bien peur de ne pas souvent m'y retrouver dans ce bouquin et pourtant, j'ai qu'une envie: défendre notre langue face à une horde de snobs convaincus que français et rock sont incompatibles.

Plutôt que me lancer dans une diatribe contre cette opinion aujourd'hui fort en vogue y compris chez les "décideurs" (par exemple les mecs qui organisent des événements aussi chiants et peu représentatifs que les Victoires de la Musique) je vais vous parler d'un groupe qui me tient particulièrement à cœur: Les Coronados. Dans mon panthéon personnel quand il s'agit de conjuguer violence avec élégance en français dans le texte au coté des Olivensteins ou Marie et les Garçons (deux autres groupes absolument fabuleux déjà évoqués ici). 

Pour le moment j'ai pas trop eu le temps de me pencher dans leur seconde salve "un Lustre" mais je commence à avoir bien rôdé leur premier album N'importe Quoi sorti en 1984 chez Romance. On ne va pas vous raconter d'histoires: voilà un des meilleurs disques de rock n roll que l'on puisse trouver dans la langue de Joachim du Bellay. 11 brûlots vont vous prendre au plexus vous secouer puis vous relâcher en miette explosés sur le sol en confettis.

Pour situer je dirai que les Coronados pratiquent le garage-rock, mais pas un garage-rock respectueux de la tradition de papa, non un truc violent agressif, et foutrement jouissif. Le chant est languissant, trainant et particulièrement nonchalant, le vocabulaire est simple et sans effet de manche, les Coronados font beaucoup plus avec moins, ils multiplient les pains (dans la gueule) avec trois mots bien sentis. Ils n'ont pas besoin de s’embarrasser d'un vernis prétention littéraire pour épater la galerie, ils ne sont pas là pour ça, ont dépassé ce stade pour envoyer du rock n roll, viscéral et sincère. Derrière le chanteur c'est une orgie de guitare, mais pas de la gratte à papa et du solo de tonton façon Clapton, non de l'énergie en fusion, des amplis au son clair chauffés à blanc, pas de saturation grassouillette, régime protéiné avec la dose de réverb' qui faut pour que tu te sentes bien. Les Coronados envoient du bois, ils sont violents mais toujours avec grâce et un sens de l'économie qui les honorent. Les guitares sonnent merveilleusement bien et les mecs derrière savent s'en servir, les soli sont toujours courts, brefs mais surtout intenses. Ils agissent sur le cerveau comme une drogue qui te rend fou et agressif. Les Coronados ont définitivement un son sur N'importe Quoi, un truc bien à eux avec les guitares bien en avant, une production moderne mais sans gadget. Ils ont le son, et dans 20 ans ce disque continuera de sonner comme maintenant à savoir une dose de charge de rock n roll classieux.

La reprise de Chilton par les Coronados (non présente sur l'album mais d'un EP précédent), est peut être un indice sur leurs inclinaisons personnelles, il relève un besoin de brouiller les pistes, de s'inscrire dans un rock n roll agressif encrée dans une tradition pour mieux la tordre et lui rendre de sa subversion initiale. Plutôt que de faire allégeance aux années 50s 60s, les Coronados reprennent les armes pour les dévier, les pervertir et les raviver comme jamais. 27 ans plus tard, ce disque sonne brillamment, il n'a pas perdu de sa verve, et son venin est encore capable d'empoisonner quelques esprits égarés. Des Coronados je ne sais pas grand choses, de Limoge, rencontrés en prépa d'ingénieur, montés à Paris et intégrés à la scène bouillonnante de l'époque (Didier Wampas prendra à son tour les armes en entendant "revanche" il parait) ils n'en sont pas moins l'un des plus beaux exemples de groupes de rock en français, tout simplement parce qu'ils sont uniques et sonnent comme eux-mêmes.


Les Coronados - j'en veux, j'en veux plus

mardi 15 mai 2012

Virals - Magic Happens 7' (2012)

Virals est le nouveau projet de Shaun des Lovvers, un groupe anglais assez cool maintenant splitté. J'ai leur album quelque part ce serait peut être l'occasion de se l'écouter...

Vendu comme une "double A-side" (les anglais semblent adorer les doubles faces A) ce premier 45 tours (suivi prochainement d'un EP 12 pouces chez Tough Love) ne ment pas sur la marchandise, les deux faces sont excellentes avec une préférence en ce qui me concerne pour la face B "comes the night" et ses faux airs de Teenage Fanclub. Pour situer on est dans un registre qui va de Let's Wrestle en passant par Big Troubles, Mazes, voir Pavement, du rock-indie qui fleure bon les 90s avec cette petite touche powerpop délicieuse et addictive (et qui séduit mon cœur en chamallow)...

Virals est le genre de maladie que l'on aimerait bien attraper plus souvent et pour lesquelles il n'est pas utile de prendre de médicament, vivement d'autres disques, chez Sex Beat (qui sort prochainement un 45 de White Fence si j'ai bien suivi) ou d'autres labels!

 achat: Sex Beat /

dimanche 13 mai 2012

Kelley Stoltz - 2 imaginary girls 7' (2012)

Les Disques Steak (Last Rapes of Mr Teach, Les Bellas etc.) nous reviennent par l'intermédiaire d'un superbe 45 tours de Kelley Stoltz, que l'on pourrait qualifier de parrain de la fantastique scène de SF (Ty Segall, Sonny and the Sunsets, Oh Sees etc.).

Pour tout dire j'étais totalement passé à coté de ce mec jusqu'à voir récemment son nom cité dans Noise, et depuis le croiser ici et là. Le 45 chez Steak est donc pour moi une première et je dois dire que je suis comblé. Ce single est une des plus belles sorties de cette année 2012. Les deux chansons portent des titres de filles, Caroline semble vouloir se déhancher dans un club Glam au son du boogie de T Rex (le riff a un faux air de "get it on") tandis que Marcy apprécie d'avantage les ambiances boisées et feutrées d'une guitare acoustique et d'un discret mellotron. L'une et l'autre se complètent et forment un couple foncièrement pop lié par la voix cajoleuse de Kelley qui a quelque chose de Sonny (and the Sunsets) même si je devrais plutôt dire l'inverse.

Kelley Stoltz signe un super 45 tours que je vous recommande vivement d'acquérir surtout si vous êtes un amoureux de la musique pop faite dans les règles de l'art, de mon coté je me suis aussi pris son dernier album chez Sub Pop héhé.

achat: Les Disques Steak / Born Bad


vendredi 11 mai 2012

Allah-Las


Nick Waterhouse excite la sphère musicale anglo-saxonne depuis l'année dernière, à tel point que ses deux premiers 45 s'en vont pour des sommes astronomiques sur eBay (la preuve). Il a également produit un groupe de garage les Allah-Las qui pourrait connaître le même sort. A ce jour ils ont sorti deux 45 tours 7 pouces ainsi qu'un split single avec le sus-nommé Waterhouse sur un très original 8 pouces.

Catamaran leur premier single est à ce jour leur plus grande réussite. S'inspirant de Night of the Sadist de Larry and the Blue Notes (youtube) le titre développe un garage-rock aux accents folk super réussi. La production est vraiment très 60s avec des guitares au son superbe! La face b long journey est une reprise de The Roots, un morceau de 1965 (youtube) que les excellents Frowning Clouds jouaient (jouent?) également.

Tell me (what's on your mind) est le second 45 des Allah Las, il bénéficie d'un clip très 60s (youtube). Un peu moins accrocheur que Catamaran ce morceau n'en reste pas moins une excellente sortie, et toujours ce superbe son garage-folk qu'assez peu de groupes pratique en fait. En face B un instrumental, que j'ai un peu la flemme d'aller écouter là.

Dernière sortie à ce jour: le split single  entre Nick Waterhouse et Allah-Las, déjà sold out. Si j'ai bien compris le concept, il s'agit de la même chanson (Don't you forget it) sur les deux faces mais chacun y amène sa sauce: RnB cuivré très fifties pour Waterhouse et toujours ce son twangy-garage circa 65-66 pour les Allah-Las. Ce 8 pouces est excellent et laisse envisager un excellent album même si en définitive jusqu'ici Catamaran reste le meilleur morceau de la formation à ce jour. 

achat: Innovative Leisure










mercredi 9 mai 2012

Household - Items (2011)

De nombreuses fois par le passé j'ai eu l'occasion de vous entretenir des diverses bonnes découvertes faites chez les disquaires. Items de Household est une des dernières en date et elle est plutôt cool.

Essayer de chercher des infos sur le groupe dans un moteur de recherche ne donnera pas grand chose, en tout cas je peux vous dire qu'il s'agit d'un groupe de Brooklyn composé a priori surtout de filles et qu'il s'agit de leur premier album. Sur Items le groupe balance 9 titres sans nous laisser le temps de souffler, je crois que ça ne doit pas dépasser les 20 minutes au compteur, et chaque morceau ne s’embarrasse pas de superflu. Le son du groupe fait largement pensé au post-punk rehaussé d'harmonies de Grass Widow. L'approche de Household est un peu plus directe et moins abstraite mais on garde cette bonne habitude des guitares anguleuses et rappeuses ainsi que ces voix célestes, idéal contrebalancement à une instrumentation plutôt aride et minimale. 

Peut être qu'Items manque d'un peu de la finesse de Grass Widow mais Household compense avec une bonne dose d'énergie et signe un premier album qui sans être indispensable est une excellente surprise et donne envie d'emprunter les prochaines traces discographiques de la formation.

achat: Dull Knife Records


Household - Go Away

samedi 28 avril 2012

Beach Fossils - Shallow 7' (2012)

J'étais allé voir Beach Fossils, en 2011 je crois bien. J'avais pas été soufflé honnêtement, mais bon je dois dire que ce nouveau single en revanche me rend littéralement fou. J'ai peut être jugé un peu vite le groupe et même peut être planté.  J'aurais l'occasion de vérifier cela en live bientôt puisque les américains jouent en mai avec Girls Names à Paris (superbe affiche, merci!).

Captured Tracks continue sa flopée de singles brillants. Après Heavenly Beat, Araby de Minks, le dernier Wild Nothing ou encore le premier 45 d'Hoop Dreams, voilà une bonne raison de reparler de ce remarquable label. Shallow en face A est un des meilleurs morceaux que j'ai entendu cette année, de l'indie-pop aux accents 80s (presque post-punk dans la manière d'imbriquer les guitares) raffinée et élégante, c'est beau et mélancolique, cristallin...et tubesque malgré tout (enfin pas tube façon radio FM , on se comprend...). En face B "lessons" est presque aussi réussie, et sans avoir l'évidence de "shallow" c'est un titre très bien mené et un autre excellent morceau dont beaucoup de groupes auraient fait une face A, il évoque presque un Real Estate rafraichi à l'air de la vieille Europe.

On le répète souvent mais force est de reconnaître que Captured Tracks est un des labels les plus excitants du moment, au moment où on commence à avoir l'impression que ça s'épuise le label sort de son chapeau des disques incroyables. Quoi qu'en pense plein de gens on vit une époque vraiment cool musicalement, entre autre si l'on aime l'indie-pop ou le garage et j'espère que ce blog en est un bon témoignage. Shallow de Beach Fossils est le genre de single qui ne peut que donner confiance dans l'avenir de la musique pop indépendante.

achat: Hands & Arms / Pop Culture / Captured Tracks





jeudi 26 avril 2012

Heavenly Beat - Faithless 7' (2011)

Heavenly Beat est le projet solitaire de John Peña de Beach Fossils (promis je vous parle de leur dernier single très bientôt). Faithless est son second single, il est paru en décembre 2011.

Sorti en plein hiver ce deux titres sent bon l'été, il donne envie de se balader les pieds dans le sable, de profiter du temps, de lézarder au soleil... Les accords se font presque jazzy / bossa, guitare sèche et boite à rythmes. Si Presence en face B est plutôt chouette le tube est clairement le très housy Faithless. C'est simple ce morceau est terrible, je le comparerais volontiers à des chansons comme "sing it back" de Moloko (en moins disco), "swimming place" de Julien Jabre (en plus indie) et surtout "oblivious" d'Aztec Camera (en plus house).

Dans un monde juste ce morceau devrait être un tube, il a en tout cas les qualités requises pour: léger sans être superficiel, dansant, séduisant, sincère, irradiant le corps et l'âme de rayon solaire. Captured Tracks sort décidemment beaucoup de super disques ces temps ci, et tant mieux!

achat: Hands & Arms / Captured Tracks / Pop Culture

lundi 23 avril 2012

RSD - Paris

Le RSD connaissait sa deuxième édition en France sous le nom de "Disquaire Day", je trouve ce nom assez mal choisi et préfère m'en tenir à l'original. D'un coté je comprends que "Record Store" ne fait pas automatiquement penser à un disquaire pour un francophone, mais de l'autre je trouve le mélange français/anglais assez raté (et je suis assez contre, tout comme changer les titres des films anglosaxons pour en mettre un autre en anglais à la place style the boat that rocks qui devient goodmorning england).

Bien sûr la veille je me suis couché à pas d'heure, 6 heures pour être exact. J'ai quand même profité de mon vendredi après midi pour faire un peu de repérage et accessoirement réservé quelques sorties "classiques" (le Ty Segall avec White Fence, un 45 de Davila 666 ou le second album des Hollows par exemple) à Fred de Pop Culture pour les récupérer le lendemain en même temps que les disques du RSD que je trouverais.

Mon parcours démarre à 14h, direction le RER B pour St Michel, et Gibert Joseph. Arrivé sur place vers 14h15 je suis assez surpris du "peu" de monde, l'ambiance est plutôt calme que ce que j'attendais, j'imagine que les gens se sont précipités assez tôt et que j'arrivais après la bataille. Du coup c'est pas pour me déplaire, on peut profiter pour fouiner un peu même s'il ne reste pas forcément énormément de sorties estampillées RSD. Je repars néanmoins avec deux singles de la série éditée par Rhino UK qui reprend des classiques de la fin des 70s et ont le mérite de proposer des titres peu courants  et pas cher (les 45 tours sortent à 6€ ce qui semble un peu l'exception en cette journée d'inflation des prix). Il s'agit de "shake some action" des Flamin' Groovies et "blank generation" de Richard Hell and the Vovoids. J'achète aussi quelques trucs autres en passant tant qu'à faire. J'ai l'impression qu'un showcase se prépare (Xavier est en pleine discussion avec des anglo-saxons) mais pas le temps de rester j'ai un programme chargé!

Ma deuxième étape aurait du être Rough Trade, mais après un coup de fil d'Adrien je change mes plans, on se donne rendez vous là bas à 16h, il n'est même pas 15h: direction le MILA porte de Clignancourt. Après un trajet en RER B / Ligne 4 je trouve assez facilement l'endroit, ça ressemble à une convention de disques, les gens sont souriants et sympas. Je me précipite au stand d'Yves d'Hands & Arms (super mail-order indie-pop / garage) et compulse frénétiquement les sorties RSD pour finalement ne prendre que le 45 tours de Shuggie Otis. Il sort assez cher à mon goût (8,5€) mais n'étant pas sûr de le revoir je le prends même si je ne devrais pas cautionner ce genre de prix. J'en profite pour regarder le stock d'Yves (les 45 tours étaient à 5€: le juste prix!), je récupère quelques sorties Odd Box et un 5 pouces sur Yay!. Cet objet est absolument génial et est probablement le truc le plus marrant que j'ai pu voir en ce jour de RSD même si en occurrence cette sortie remonte à quelques années et est sans rapport avec l'événement. Dans la foulée je discute un peu avec la voisine très sympathique, et je discute aussi avec des gens de chez Tricatel, très sympa également. On m'offre même le café et on me prend en photo avec mon 5 pouces. Au sous-sol se prépare un showcase, mais encore une fois je n'en profiterai pas étant donné que je suis attendu à RT. Ce second spot s'avère être une opération fort sympathique et bon enfant, à mon avis dans l'esprit de ce que devrait être le RSD, content de mon passage même si en terme de disques RSD c'était pas le plus intéressant. A noter qu'Yves a vendu mes 4 références à une même personne, donc j'en profite pour dire merci à cette personne (qui se reconnaitra peut être).  

Après avoir repris la 4 à Simplon, je me dirige au Rough Trade éphémère située chez Agnès B pour y retrouver Adrien et Solène avec un petit quart d'heure de retard sur l'horaire prévue. Une fois dans la boutique, un peu comme à Gibert, moins de monde que ce que je pensais... et pas grand chose non plus du RSD d'intéressant. Je prends le single de la série Rhino consacré aux Dead Boys, et également le single des Black Angels pour Hugo. Rien d'autre à se mettre sous la dent, mais j'étais déjà passé jeudi et reparti avec l'album de Weird Dreams et le 45 de Virals! Je pense y refaire un ou deux passages en espérant que RT nous amène quelques disques anglais du cru difficile à trouver dans nos contrées.

On se dirige ensuite vers notre dernière étape de la journée, mais pas des moindres: Bastille. Premier arrêt chez Pop Culture, on partage un Dr Pepper avec Fred, une habitude tenace chez nous et on en profite pour papoter avec divers clients à propos des excellents Allah Las et de la ressemblance entre "Catamaran" et "Night of the Sadist" de Larry and the Blue Notes sur la BFTG. Le bac "RSD" est bien achalandé et j'y trouve beaucoup de choses: le 45 de Field Music, celui de Nobunny, le split single sur CT en hommage à the Wake, le 12 de Jeff the Brotherhood et bien sûr les deux superbes coffrets également édités par CT consacrés à The Wake et Cleaner From Venus. Bref belle pêche en ce qui me concerne, et l'ironie veut que ce soit dans une des rares boutiques pas affiliées avec l'événement français.

Dans la foulée j'enchaine sur Born Bad où je montre mes trouvailles à Jérem et Yvan, l'occasion aussi de prendre le 45 tours d'Animal Trophies sur Az Bin Records. Puis direction le Silence de la Rue, et là pour la première fois de la journée je suis confronté à ce que je m'attendais à vivre: du monde. Il est peu aisé de se déplacer entre les rayons, les rares disques RSD présents ne m'intéressent pas (où je les ai déjà pris ailleurs) mais je trouve quand même un 45T de Paul Collins, et étant de bon humeur je décide de faire la queue pour payer mon 7 pouces. Devant la boutique des Djs passent de la musique, pas forcément ma tasse (la musique) mais l'initiative est cool. Dans tous les cas, comme l'année dernière je referai un tour dans les semaines qui suivent car avec un peu de chance certains disques n'ont pas été reçus le jour même, c'était le cas l'année dernière et c'est comme ça que j'avais pu trouver les quelques sorties repérées la semaine suivante du RSD.

Après cette longue journée à fouiller dans les bacs, je retrouve Solène et Adrien au Motel, on est rejoint aussi par Fred, histoire de prendre une bière avec TFC en bande son (pas pour me déplaire). Je croise également Marguerite qui apparemment est parti faire la chasse aux disques bien plus tôt que moi et a probablement trouvé plus de choses.

Pour ma part j'ai passé une bonne journée et j'ai discuté avec plein de chouettes gens, mais j'ai quand même un avis un peu mitigé sur cette opération. D'un coté je trouve ça génial que les disquaires et les vinyles soient mis en avant dans les grands médias nationaux (imaginez un reportage au 20h de TF1 avec le silence de la rue et ground zero!) et que ça fasse une rentrée d'argent conséquente pour ces endroits que j'aime tant fréquenter mais de l'autre je ne peux pas m'empêcher de penser que cet événement ne va pas forcément conduire plus de gens à retourner régulièrement chez les disquaires et que certaines maisons de disques font des sorties d'un intérêt limité (le 45 tours de Shocking Blue) ou alors à des prix pas du tout dans l'esprit (combien de 45 tours français à 8-9-10€?).

PS: les disquaires c'est génial, allez-y

RSD:
- Dead Boys - sonic reducer 7'
- Flamin Groovies - shake some action 7'
- Richard Hell and the Vovoids - blank generation 7'
- Shuggie Otis - Inspiration Information 7'
- Nobunny - maximumrocknroll ep 7'
- V/A - tribute to the Wake 7'
- Field Music - actually nearly 7'
- Cleaner from Venus - Box LP
- The Wake - Box LP
- Jeff the Brotherhood - upstairs vol3 12'

PAS RSD:
- The Kick Inside - oh vanity 7'
- Davila 666 / Coathanger - split 7'
- Animal Trophies - EP 7'
- Paul Collins - with a girl like you 7'
- Best Coast / Jeff the Brotherhood - split 7'
- The Milipedes - shake your bones Box 7'
- Allo Darlin' - Europa LP
- Ty Segall & White Fence - hair LP
- Hollows - vulture LP
- Maria / Yay! Fanzine - 5'  


jeudi 19 avril 2012

Veronica Falls - My Heart Beats 7 (2012)

Sur RPUT j'ai chaque jour un peu plus envie de vous parler de groupes actuels, car je trouve que l'on a vraiment une belle scène si l'on prend le temps d'y regarder de plus près. Aujourd'hui on vous reparle de Veronica Falls. On a déjà évoqué le groupe de nombreuses fois depuis leur premier 45 tours en 2010 sur Captured Tracks et on ne se lasse pas de leurs sorties.

Leur nouveau simple sur Slumberland est un bijou de pop. "Killing time" est plutôt pas mal, et pas inintéressante mais reste une face B en revanche "my heart beats" de l'autre coté a tout d'un tube. C'est à ce jour une des chansons les plus lumineuses et ouvertement pop du quatuor londonien, une superbe réussite. Veronica Falls continue de nous impressionner avec des harmonies célestes et absolument délicieuses qui mises dans un contexte plus joyeux ne perdent de leur puissance, au contraire. Musicalement pas de doute possible, ce single produit chez Rory Attwell (comme le nouveau 45 de French Kissing héhé) ne surprendra pas non plus les habitués du groupe, on reste dans l'indie-pop nerveuse et rythmée, peut être un poil plus aérée que d'habitude...

Veronica Falls après leur très bon concert récent à la flèche d'or, confirme avec ce nouveau single que l'on est en doit d'attendre de belles choses de leur prochain LP, en tout cas voilà un single vraiment superbe qui, avec un peu de chance, permettra au groupe de gagner encore quelques adeptes, c'est tout le mal que je leur souhaite avec une musique aussi cool.



achat:
Slumberland / Hands & Arms

mardi 17 avril 2012

The Paperhead - Pictures of Her Demise 7 (2012)

Troube In Mind est décidément très actif ces temps via une fournée de singles (Resonars, Wrong Words etc.) ou encore le nouvel album des Hollows. Le nouveau simple de Paperhead m'a particulièrement plu.

Le groupe a déjà sorti deux albums, un premier disque autoproduit suivi d'un premier "vrai" album chez Trouble In Mind produit par le mec de Cheap Time. J'avais trouvé cet album plutôt pas mal mais définitivement un peu trop "patchouli" pour moi, j'étais forcément un peu curieux de l'orientation qu'allait prendre le groupe via un single.

Je ne suis pas déçu, au contraire, ce 45 est une excellente surprise, The Paperhead concentre son savoir faire et nous sort deux très belles chansons pop psychédélique dans un registre très anglais qui évoque le Pink Floyd des débuts mais aussi The Move ou les excellent Tomorrow, on est vraiment "dans l'esprit" (jusqu'au dos de la pochette dans le pure esprit des eps 60s), mais ça sonne très bien et les chansons sont super cool alors je vais pas m'en priver en ce qui me concerne. Deux morceaux qui aurait pu figurer sur le classique 25 o clock des Dukes of Stratosphear!


The Paperhead - She Is Above Me

lundi 16 avril 2012

The Primitives - Lovely (1988)

Lovely est le premier album des Primitives, c'est aussi un classique des bacs soldés de vinyles, je ne vous recommande pas de mettre au dessus de 10€ vous pourriez le trouver à moins, je le vois régulièrement à 6€. En général les squatteurs de ces bacs sont plutôt mauvais il faut le reconnaître, il y a toujours un gars pour vous dire qu'on trouve des chefs d’œuvre dans les bacs à solde, ça reste un fantasme rarement exaucé. Certes sur un coup de chance on peut chopper un Orange Juice sur Postcard, mais la plupart du temps on sera confronté à Serge Lama, JJ Goldman ou Lionel Ritchie, une perspective toute sauf réjouissante! Dans ces tristes bacs (que je continue quand même d'éplucher avec assiduité) on tombe quand même sur de jolies surprises, et ce Lovely en est une, il vaut largement les 6€ que vous allez dépenser pour l'acquérir.

On va s'enlever une épine du pied tout de suite: Lovely n'est pas un classique. Ouf ça fait du bien de l'avoir dit, car maintenant on peut en parler sans trop se mettre la pression et entre gens sérieux. Le soucis des "classiques" c'est que parfois ils sont chiants comme la pluie, ils sont trop formels pour être marrants, tout l'inverse de ce disque, léger comme des bulles dans le soda, qui passe comme un courant d'air frais en plein été... J'adore ce disque, c'est un plaisir simple et sans prétention de l'indie-pop mignonne et charmante (à l'image de la chanteuse). Le truc c'est que les Primitives savent écrire de vraiment jolies chansons, pas juste des ritournelles bien ficelées mais des bons morceaux avec des mélodies qui s'accrochent à vous et partent plus difficilement que les poux de votre jeunesse. Je ne vais pas toutes vous les citer ce serait aussi rébarbatif qu'inutile, mais si vous voulez vous faire une idée vous avez toujours le morceaux que je vais poster ou jetez vous sur Crash, tube évident de ce disque.

Si vous lisez ce blog je suppose que comme moi vous êtes toujours prêt à défendre les groupes de seconde division et à vous y attachez d'avantage qu'aux vainqueurs. Les vainqueurs sont cool, mais tout le monde les aime alors que les autres on s'en fout et pourtant ils ont fait de la super musique. C'est pour ça que vous devez écouter Lovely de Primitives.

ps: j'ai à peine relu cette chronique


The Primitives - Out Of Reach

mardi 10 avril 2012

Requiem Pour Un Remix(es)




Les deux ne sortiront probablement jamais et ils sont parmi les meilleurs trucs que j'ai jamais fait. Triste.



samedi 31 mars 2012

Halo Halo - Manananggal 7' (2011)

Halo Halo est un nouveau groupe anglais dont la première réalisation est sorti il y a quelque mois sur le label anglais Savoury Days (fondé par les Pheromoans je crois bien). Une réédition est prévue sur l'excellent label US M'lady's en avril.

Si la Face B m'a semblé ok et pas trop mal, mon vrai coup de cœur est définitivement le titre en A. Manananggal (1/2 que je l'écris mal!) est un titre marqué par le post-punk mais qui a vraiment quelque chose en plus que la plupart des groupes s'inspirant de cette époque en couv' du NME ces dernières années, peut être une question d’authenticité et tout simplement de talent. On rapprochera plus volontier ces Halo Halo des américaines de Grass Widow ou de l'excellent disque de Household , "items".
Cette chanson est une vrai réussite, les voix angéliques féminines s'accordent parfaitement à l'instrumentation dépouillée, le riff de guitare rachitique et anguleux se fond à merveille dans l'ensemble comme s'il était la pièce d'un puzzle plus grand où tous les éléments une fois réunis prenaient sens. Il y a aussi définitivement une couleur africaine dans ce titre, mais filtré comme une vielle photo devenue abstraite par les attaques répétées du soleil, c'est intrigant et dépaysant.

Les autres titres en écoute sur le soundcloud du groupe se révèlent également être très intéressants pour certains d'entre eux, et du coup on a très envie d'avoir d'autres disques à se mettre sous la dent.

ACHAT


Bandcamp

jeudi 29 mars 2012

Les Pharaons - EP (2012)

Derrière Les Pharaons se trouvent Eddy des excellents Fair Ohs que l'on aime beaucoup sur RPUT. Le projet de voir Eddy chanter d'avantage en français avait de quoi attiser ma curiosité et franchement je dois dire que le résultat est vraiment cool.

Pour situer on est dans un registre allant de Bardot à Françoise Hardy, en passant par pourquoi pas Big Star dans les morceaux acoustiques ou le folk-rock des Byrds... La production est assez crados et lo-fi et finalement je trouve cela presque dommage car les mélodies semblent comme cachées par cet excès de saturation que l'on dirait propre à un vieux disque 45 tours usé jusqu'à la corde.
Je suis bien sûr fan des disques bricolés avec trois bouts de ficelles mais je crois vraiment que ces chansons auraient méritées un traitement un peu moins radical pour laisser leur beauté parler d'elle même dans le dénuement et sans artifices.

Dans tous les cas ce nouveau projet d'un membre des Fair Ohs me plait beaucoup et j'ai du mal à lui trouver un équivalent en France... Dès 4 titres ma préférence va aux chansons plus qu'à l'instrumental "Gourmette" (qui est plutôt cool avec un effet de phaser qui me rappelle Real Estate) je suis en particulier fan d'Amandine et Kosma qui sont de très belles chansons. Une cassette qui mérite quelques menues finances pour voir se concrétiser d'autres projets sous cette nouvelle appellation fort prometteuse.

ACHAT