lundi 6 juillet 2015

CRM006: Superets - L'Amour EP (7)

CRM006
Superets
A. Préliminaire / L'Amour
B. Parachute
45 Tours (7') / 200 exemplaires / 22 octobre 2012 (10/22/12)
achat / buy

Sixième référence de Croque Macadam, les plus attentifs d'entre-vous noterons que la date officielle de sortie précède Bright Sky de Triptides. La raison en est simple: les deux disques ont été commandés (et reçus) en même temps et il a finalement été décidé d'éditer Superets en premier. Dans mes souvenirs le disque n'était pas tout à fait arrivé le 22 octobre d'ailleurs.
Ma rencontre avec les Superets (de mémoire cela devait être Léo et Hugo) s'est faite par l'entremise des Spadassins en quelque sorte. À l'époque les Spadassins étaient encore tous installés en Bretagne, ils étaient aussi très actifs dans l'excellente association Twist Komintern. Ils m'avaient ainsi invité deux fois à passer des disques au Sambre en compagnie d'Antoine. Je fus logé chez Thomas, lors de ma seconde venue, une after eu lieu à son appart', j'étais bourré, on écoutait les disques de Thomas ramené de son voyage américain et je fis la connaissance de ces deux loustiques tout à fait sympathiques. Ils me parlèrent de leur groupe, j'écoutais d'une oreille distraite entre suspicion (un réflexe quand quelqu'un veut me vendre son groupe) et curiosité (le français). Quelques temps plus tard je consultais les e-mails du blog et j'ouvris nonchalamment celui des Superets ce groupe que j'avais rencontré quelques semaines plus tôt à Rennes dans un état d'ébriété avancée. Dès les premières notes de la démo de L'Amour il se passa un truc. La longue introduction au synthétiseur (largement raccourci sur la version finale) plongeait l'auditeur dans une sorte d'attente par la suite récompensée par une déferlante twist électronique aux guitares surf (le fameux yéyétronique cher aux néo-bretons). Le morceau me plût tout de suite même s'il était différent de ce que j'avais sorti jusqu'ici. La démo de Parachute me laissa beaucoup plus sceptique et pourtant par la suite dans sa version finale elle est devenue mon morceau préféré du groupe je pense. Le groupe gagna un concours qui leur donna accès à un studio, le choix des morceaux s'arrêta sur ceux du single. Le rendu combla mes espérances, je dois avouer que j'aime un peu moins la version finale de L'Amour par rapport à la démo (j'adorais la longue introduction et la rythmique de la première) mais Parachute fut une véritable révélation: un putain de bon morceau, hyper ambitieux et original, presque trois ans plus tard il garde toute sa puissance évocatrice à mon sens. La pochette fut confié à Pauline Henric et on pressa 200 vinyles avec un macaron noir et blanc et un très beau vinyle blanc, il en reste une dizaine à choper. Depuis les Superets ont rejoint une autre écurie et ont sorti deux autres formats courts.

RIYL: La Femme, Beach Fossils, Dutronc, Patrick Coutin...

Ici, des Préliminaires instrumentaux précèdent L'amour (bien vu !). Ce premier tube du groupe est dansant et enthousiasmant. Sur une rythmique synthétique, qui peut faire penser à Devo ou Kas Product, entre autres, avec un bon fond rock. Le chant et l'esprit du truc me font penser par moments aux Civils de La crise et au Boris Vian de La complainte du progrès.
Le groupe a voulu profiter de ce premier disque pour montrer différentes facettes de sa production. Effectivement, en face B, Parachute est un autre bon titre, mais d'ambiance assez différente. On est plus dans une pop synthétique, un peu façon Orchestral Manoeuvres In The Dark...
Vivonzeureux (lien)

Groupe rennais, que l'on qualifie de yéyétronic. Superets auraient pu me gêner ou me rebuter. Mais l'ensemble est tellement dansant, pêchu, efficace, qu'il est difficile de résister. Un vrai coup de cœur que ce L'Amour, synth-pop à la française de fin d'année qui arrive, là, sans crier gare. Boum, tube.
I Left Without My Hat (lien)

En jetant un coup d’œil sur un autre très bon blog français, Requiem pour un Twister, on a découvert Superets, et sa pop légèrement excentrique. Ce groupe débarquant de Bretagne avec sa fraîcheur et sa légèreté a sorti quelques bons petits morceaux durant l’année 2012. En octobre, ils nous ont prouvé leur originalité avec leur EP L'amour / Parachute. Une bonne petite galette sur CroqMac!
Vocododo (lien)



CRM005: Triptides - Bright Sky / Darling (7)

CRM005
Triptides
A. Bright Sky
B. Darling
45 Tours (7') / 200 exemplaires / 26 novembre 2012 (11/26/12)
SOLD OUT

Un an après l'excellentissime Going Under (lien) extrait de leur premier album Psychic Summer, Triptides s'attela à enregistrer son successeur qui fut édité en 2012: Sun Pavilion. Si l'album est sorti chez Stroll On Records j'ai eu l'honneur de pouvoir sortir un des meilleurs morceaux du disque sous la forme de 45 tours, la géniale cavalcade Bright Sky. Pour éviter la redondance avec l'album nous décidâmes avec le groupe de proposer un inédit qui n'avait pas été retenu pour l'album. Darling, loin d'être un second choix, est un super morceaux ambiance pop pastel 50s rehaussée de doo wop et de cette charmante touche lo-fi. Le titre ne fut pas sélectionné pour l'album car il ne s'intégrait pas bien au rythme du disque.
Après quatre 45 tours à 500 copies, il fut décider de passer à un chiffre plus raisonnable (200), une excellente décision quand on constate que Bright Sky est enfin sold-out (depuis fin juin 2015) quand Going Under sorti presque un an avant est toujours disponible, cependant l'excellent premier simple pourrait lui aussi rejoindre assez rapidement Bright Sky. Signalons aussi la sublime pochette de Clément Buée (Agence Miracle), il a également réalisé celle du single de Cheap Riot (dont nous reparlerons bientôt).

RIYL: Real Estate, Beach Boys, Flying Nun Rcds, Buddy Holly, Surf music

"Bright Sky", brillant premier extrait du premier album physique de Triptides.
(Magic RPM)

L'inédit 'Darling' en face B promène son rythme plus lent, ses woo hoo et sa douceur langoureuse le long d'une plage sous le soleil couchant. Et ça fait du bien.
(Dans Le Mur du Son, lien)


CRM004: French Kissing - Wild Woman/ Love Is For (7)

CRM004
French Kissing
A. Wild Woman
AA. Love Is For
45 Tours (7') / 500 exemplaires / 19 Mars 2012 (03/19/12)
Achat / Buy


French Kissing est la quatrième sortie du label et seconde par un groupe étranger. Le point de départ de ce disque fut encore une fois une interview menée par mon frère sur ce même blog en mai 2010 (lien). Leur premier single (Oh Suzanne) était une petite bombe et reste à ce jour un de mes 45 tours favoris de ces dernières années, je le passe d'ailleurs encore régulièrement dans mes dj sets. 
Fin 2011 ou était-ce début 2012 ?Le groupe balance un e-mail, ils ont enregistré de nouveaux morceaux en compagnie de Rory Atwell (ex Test Icicles entre autres choses...) et cherchent un label pour les sortir... Une bouteille à la mer qui trouvera un destinataire: Croque Macadam.
On se met assez vite d'accord sur le deal, leur ami Danny Sangra conçoit la pochette, je m'occupe de faire masteriser le disque chez Mathieu Berthet, l'affaire est dans le sac ! Au niveau des choix des morceaux j'ai insisté pour avoir Wild Woman en face A, le groupe était plus partant pour Love Is For: on est tombé d'accord sur une double face A.
Trois ans et des poussières plus tard, ce simple a toujours très fière allure, que ce soit le garage entraînant de Wild Woman ou le plus cool Love Is For, l'été se prête particulièrement bien à ce deux titres mi-Black Lips mi-Buddy Holly. Les retours presse furent excellents malheureusement le groupe a depuis splitté laissant les autres titres de la session inédits: dommage, ils étaient tout aussi bien gaulés ! Une sortie à redécouvrir (et à mettre dans votre panier quand vous commanderez Azur) !

RIYL: Black Lips, Buddy Holly, Mujeres...

French Kissing, trio londonien qui pratique une pop ensoleillée gorgée de guitares surf, fait un sans-faute sur son premier single publié par un label français. À la spontanéité garage de "Wild Woman" succède l'évidence pop de "Love Is For". On adore. 
Rock & Folk (Septembre 2012)

Pop garage estivale rendant un hommage appuyé à nos spécificités amoureuses. Aux bons soins de Londoniens ne connaissant certainement du soleil que les lueurs blafardes de l'abat-jour. "Love Is For" la face B aura notre préférence pour son habile mix, brill building, girl-group et pop-surf soyeuse. Mais sur la seule question plastique "Wild Woman" l'emporte largement !
Abus Dangereux (Face 124)

Il y a un petit côté bande de mecs qui se lâche en été bien sympa et les ruptures dans le chant apportent une dynamique bienvenue. Bref, pas révolutionnaire (oui, c'est du garage...) mais diablement efficace au point de s'écouter en boucle même pour le non-fan.
Dans Le Mur du Son (lien)


 

lundi 15 juin 2015

Prince Moondog - Prince Moondog (2013/ 2015)

Lorsque nous avons démarré le blog en 2007 (!) il était surtout question d'oldies. Nous n'étions guère intéressés par les nouveautés. Progressivement cependant l'orientation de nos articles se fit d'avantage en faveur des nouveautés au point d'inverser le ratio. La découverte d'une scène actuelle excitante et aussi doué que les groupes du passé que nous écoutions fut une révélation. Nous avons éprouvé le besoin de défendre ces groupes, de les interviewer pour les faire connaître. Parmi nos premiers gros coup de cœur se trouvait Triptides. En août 2011 Étienne fit une de leurs premières interviews , dans la foulée en décembre 2011 je sortais le premier vinyle de Triptides, l'excellent single Going Under/Outlaw (toujours disponible si jamais vous ne l'auriez pas encore acheté !). En 2012, j'éditais un second single du groupe (Bright Sky/Darling, attention ce sont les derniers exemplaires). 
Mai 2013, Glenn et son pote Alex Barrett voyagent en Europe, passage par chez nous à Paris ! Ce sera l'occasion de deux showcases dantesques (un au Motel et l'autre à la maison). Alex et Glenn avait aussi monté un groupe ensemble: Prince Moondog. Également composé d'Alex Bulli (l'ancien manager de Triptides) et Josh Menashe (l'autre songwritter de Triptides). Plus heavy que Triptides (mais s'en rapprochant parfois pas mal) Prince Moondog se sépara le jour où ces membres quittèrent Bloomington. Ainsi Alex, l'originaire du Kentucky est monté à New York, les autres à Los Angeles. Le disque fut ainsi enregistré mais jamais édité faute d'un groupe pour le défendre en live. Dommage, quoiqu'un peu décousu c'est un super album dont le contenue aura autant les faveurs des rockeurs qui aiment quand ça balance (en cadence) que des poppeux trop subtiles pour être compris. Parmi mes morceaux favoris "Indoor MTN" "Pyramid Eyes" "Night Walking" l'enchainement "Anthony""Last Song" etc. Bref un beau disque qui aurait mérité une véritable sortie (et j'aurais aimé le sortir sincèrement mais c'est un projet trop casse-gueule pour se lancer dedans sans actualité du groupe) mais qui a le mérite d'être maintenant disponible sur le net. Notre histoire commune continue à ce jour puisque nous allons sortir un album de Triptides sur Requiem Pour Un Twister en juillet prochain ! D'ailleurs certains morceaux de ce disque ( les plus pop avec des boites à rythmes) ne sont pas sans rapport avec Azur...


lundi 3 novembre 2014

CRM003: Triptides - Going Under / Outlaw (7)

CRM003
Triptides
A. Going Under
B. Outlaw
45 Tours (7') / 500 exemplaires / 21 Décembre 2011 (12/21/11)
Achat / Buy

On continue d'explorer le back catalogue de Croque Macadam à travers la troisième référence du label éditée en décembre 2011. Triptides est un groupe découvert par l'intermédiaire d'une balade sur Hype Machine, tout de suite Étienne me fait écouter, enthousiasmé par sa trouvaille. Il me convertit très vite et il semble évident de devoir les interviewer pour le blog ! Et oui le label n'existait pas encore à l'été 2011 (enfin si, il était en gestation). Après l'interview et surtout l'édition des deux premières références, il a semblé évident qu'il fallait que je sorte ce groupe. 
C'était un 45 Tours des premières fois, pour moi première sortie d'un groupe étranger, pour eux premier vinyle ! Trois ans plus tard Going Under et Outlaw, les deux tubes de l'album Psychic Summer (que j'aimerai rééditer un jour) n'ont pas perdu de leur verve ni de leur magie. Ce sont toujours deux incroyables bombinettes pop absolument irrésistibles. Le son du vinyle (mastering de Mathieu Berthet) est parfait et rend justice à ces deux super chansons. Le tout est pressé sur un très beau vinyle blanc qui fait toujours ma fierté trois ans plus tard ! (AGF)

RIYL: Real Estate, Tennis, Beach Fossils, Shadows, Beach Boys etc.

Depuis quelques mois sévit avec discrétion Triptides, un groupe de l'Indiana tout à fait dans le vent, et encore mieux, avec de vrais bons morceaux dans son baluchon. Quelque part entre Real Estate pour la mélodie détendue du gland et les Beach Boys pour l'entrain repris en chœur, Going Under est par exemple la face A d'un single édité par le micro label de chez nous Croque Macadam. À sourire. (Magic RPM, morceau du jour)

Going Under pourrait très bien être un titre twee de 1986 accéléré et réorchestré par les Beach Boys alors que Outlaw semble vouloir flirter avec le garage, guitare et voix bien plus mâles à l'appui, mais sans jamais vouloir conclure. (Dans Le Mur Du Son)

Vous faire écouter des morceaux pareils en janvier, c’est cruel, vous ne trouvez pas ? Je ne sais pas quel temps il fait chez vous, mais ici c’est gris, froid, humide et triste. Les arbres nus sont secoués par un vent frigorifiant et je suis pas loin de me faire un chocolat chaud. Les Triptides sont un groupe américain qui ne vient pas de Californie, mais de l’Indiana. C’est typiquement une musique facile à décrire donc je vous laisse faire le boulot dans votre tête. Je ne cesse d’être surprise de continuer à apprécier ce genre d’indie-pop, avec ces petites phrases mélodiques déjà entendues – à peu de choses près – des centaines de fois sur des compilations de groupes n’ayant connu qu’un ou deux 45 tours à succès dans les années 60. C’est comme les fraises Tagada, c’est de la friandise, ça se mange sans réfléchir et ça s’abuse avec plaisir. (Le Choix)

Based in the small city of Bloomington, Glenn and Josh are playing a vintage surf rock music. Going Under and Outlaw could have been summer hits in 1967. Whatever, we are happy to warm up today thanks to them. (Vocododo)



jeudi 23 octobre 2014

CRM002: Les Spadassins - EP2 (7)

CRM002
Les Spadassins
A1. Verrine, tu m'assassines
A2. L'Effet que ça Fait
B1. All Your Secrets
B2. This Heart of Stone
45 Tours (7') / 500 exemplaires / 2 Décembre 2011 (12/02/11)
SOLD OUT 

La sortie de la première référence fut une révélation et l'envie d'éditer d'autres vinyles se fit vite sentir. Les Spadassins se révélèrent comme une évidence. Le groupe m'avait totalement emporté sur scène aux Combustibles, un morceau m'avait particulièrement marqué Verrine, tu m'assassines, les textes étaient géniaux, et trois ans plus tard je trouve encore que ce morceau aurait mérité encore mieux. Quand le groupe m'a proposé de sortir leur nouvel EP, je n'ai pas hésité une seule seconde dès que j'ai appris que Verrine en serait ! Le mastering des 4 titres fut confié à François Terrazzoni qui fit un boulot incroyable pour faire tenir les deux chansons sur la face française, on ne cachera pas que L'effet que ça fait fut un peu édité pour des questions de place ! La lacque fut ensuite transportée en métro depuis Parélie dans le XVème jusqu'au studio de Mathieu Berthet (situé à l'époque dans le XIème) pour être expédié au pressage. 
Le 4 titres synthétise tout l'art du groupe, on y trouve une balade rugueuse dans un style proche des Animals (This Heart of Stone), un morceau d'obédience Northern Soul (All your Secrets) et les deux tueries en français déjà mentionnées, entre Nino Ferrer et Booker and The MGs. (AGF)

RIYL: Nino Ferrer, Jacques Dutronc, 5 Gentlemen, Booker T and The MGs, Georgie Fame, Animals, Artwoods etc. 

It's all banged out with feeling and purpose. (Shindig)

Deuxième référence du label indépendant Croque Macadam à qui on souhaite tout le bonheur du monde, Les Spadassins découpent sur cet objet de haute qualité leur attaque sonique en deux temps, le premier en français sur la face A, le second en anglais sur une face B qui n'a rien d'une B-side de remplissage. Quality is here, sound too...Le côté potache des paroles des titres en français (Verrine, tu m'assassines...L'effet que ça fait...) est contrebalancé par une musique influencée dans le bon sens du terme par les défuntes sixties, orgue hammond et riffs de guitares en tête, sur un All your secrets qui rappelle les grandes heures de la soul, avec un air de Ben E. King notamment. (Bandsmachine)

Leur musique, groovy à souhait, s'imprègne efficacement dans le cerveau de l'auditeur, l'invitant à remuer simultanément et  frénétiquement les parties les plus géographiquement éloignées de son anatomie. Si les Spadassins revendiquent haut et fort leurs influences anglo-saxonnes, leurs compositions lorgnent aussi parfois du côté des grands noms de la pop française. Difficile d'écouter Verrine, tu m'assassines sans penser à Jacques Dutronc, avec lequel les Rennais partagent à la fois l'élégance et le sens de l'humour. (J'ai tout lu tout vu tout bu)

La banda muestra otra buena dosis de inspiraciones sesenteras; soul, swing, beat, matices de r&b y todo pasado por un barniz genuinamente francés heredero de Nino Ferrer o Les 5 Gentelmen.
Les Spadassins son ante todo divertidos, algo que tampoco es incompatible con sonar bien y en sus temas lo demuestran, algunos cantados en su idioma natal y otros en inglés. Merecen la pena sus dos trabajos. (Ritmo, Soul y Otros Modernismos)

 

mercredi 22 octobre 2014

CRM001: Les Guillotines - L'Aube / L'Absinthe (7)

CRM001
Les Guillotines
A. L'Aube
B. L'Absinthe
45 Tours (7') / 500 exemplaires / 26 Septembre 2011 (09/26/11)
Achat / Buy

L'envi de monter un label était un loin rêve jusqu'à ce disque. Parti d'un défi avec le groupe (ils enregistrent, je sors quelque chose si les morceaux sont cools), le vinyle est masterisé dans les studios de Mathieu Berthet en juillet 2011 et arrive dans les bac le 26 septembre de la même année. Trois ans plus tard Croque Macadam existe toujours (et il bande encore!) de même que les Guillotines dont on devrait entendre reparler (sur support physique) dans l'année qui vient (2015).
Ces deux morceaux n'ont pas perdu de leur charme ni de leur puissance dans le laps de temps. Ils restent parmi les rares exemples de récente mémoire de garage en français. Seuls quelques autres groupes (Ponctuation, Le Kid et les Marinellis ou Sheetah et les Weissmullers) en font de même. L'Aube est une balade bancale au son twangy, L'Absinthe une charge fuzz en règle qui reste un des grands moments des sets du groupe encore aujourd'hui. (AGF)

RIYL: Les Coronados, Jacques Dutronc, Les Olivensteins, Black Lips, Strange Boys

Soit du garage rock en français dans le texte qui confirme la tectonique des plaques hexagonales. Sur la face A du 45 Tours, L'Aube, on pense à Mustang accompagné par La Femme et reprenant les Dogs. (Magic) 

L'absinthe, plein de fougue et de fuzz tranchante, illumine la face A, L'Aube, plus posée et mélodique, témoigne de la classe de ces jeunes gens.(Rock N' Folk)

What better way to inaugurate your label than with two sides of bone rattling garage rock? I totally love that they sing in French twisting the language of love into some demented freaky thing but still making girls weak in the knees.  This is one blistering single and makes 90% of 7-inch records seem like a waste of precious vinyl. (Finest Kiss

Car la musique des Guillotines est avant tout une musique de l’errance marquée par l’incertitude, la mélancolie et beaucoup de naïveté… Avec ses mots et ses bruits déséquilibrés, en clair-obscur, elle rappelle parfois le visage étrange de la banlieue parisienne. (Hartzine)

Their sound is invigorating, energetic and best of all, fresh and ambitious. When it comes to music, it doesn’t get much better than that. (Styrofoam Drone)


dimanche 6 juillet 2014

45 Tours français (3): Roxette - Natacha (1982)

Roxette Natacha / Tout, Tout, Tout (pour les petits vietnamiens) 1982

Roxette est une formation grenobloise ayant édité deux 45 tours entre 1982 et 1986, le premier sur KO Records et le suivant chez Tarass Production.

Mettre en avant une reprise est toujours un choix risqué ! Cette Natacha là est une relecture du classique écrit part Henry Glover et Morris Levy pour Joe Jones mais surtout connu à travers la version surfarfisa des Rivieras. Nous ne saurions dire laquelle des deux avaient en tête nos Roxette à l'enregistrement, peut-être plus simplement ont-ils usé leur disques punque des Ramones et Dictators ? Natacha tire malgré tout son épingle du jeu, le texte n'y est d'ailleurs pas étranger. On imagine bien volontiers une jeune fille éconduire un prétendant de la sorte. L'amoureux se saisit de sa guitare et tient sa revanche, joyeuse et exubérante ! Dans une esthétique punk, powerpop, mod revival cette version est aussi endiablée que maitrisée dans sa production. Le solo de guitare est concis et gicle comme le bouchon d'un magnum de champagne en boite de nuit. Les compilateurs des powerpearls et shake some action ne s'y sont pas trompés en glissant nos grenoblois dans leurs séries respectives ! Tout Tout Tout (pour les petits vietnamiens) est une composition originale du groupe (signée Guadaloppa-Minelli) d'excellente facture et tout à fait cohérente avec l'autre face de ce charmant 45 tours. Le texte est encore une fois tout à fait amusant, un petit cousin d'Et Moi Et Moi, Et Moi quand la musique évoque The Lambrettas ou The Jags. Ce titre mériterait tout autant que la face A d'avoir les faveurs des amateurs de pop mélodique et nerveuse.

Le groupe signe 4 ans plus tard un second 45 tours, un peu moins réussi mais pas honteux, manquant peut être de ce petit plus de concision et de précision à l’œuvre dans ce pétillant deux titres.

écouter Natacha
écouter Tout, Tout, Tout

samedi 5 juillet 2014

45 Tours français (2): Les Stagiaires - Le Cowboy de la Taïga

Les Stagiaires - Le Cowboy de la Taïga / Airport (1982)

Après Ticket de Nantes, nous restons sur la Ouest Coast avec Les Stagiaires de Bordeaux. Quelque part entre 1977 et 1979, le chef lieu de l'Aquitaine est secoué par le punk et la new wave, les groupes adoptent alors un patronyme en ST, en hommage aux Stooges selon la légende. Émergent ainsi des Standards, Stilettos (deux groupes présents sur la compilation Snapshot(s) quelques années plus tard), Stalag, Strychnine et donc les Stagiaires. Cette bande de potes en école de commerce prend les choses avec légèreté mais non sans un certain talent. Ils publient ainsi entre 1982 et 1984 un sept pouces et un album pour le label Tropical Production (que je suppose être le leur) édités respectivement à 2000 et 1000 copies. Il vous sera donc assez aisé de mettre la main sur leur simple à un prix raisonnable. Ils éditent également une de leurs chansons sur la compilation Bandes de France.

Le Cowboy de la Taïga est une danse du sabre interprété par un groupe post-punk de reprises des Shadows (un concept pas encore envisagé par Marc Collin à ma connaissance). Sur un rythme frénétique, une guitare électrique échappée d'un disque surf se fraie un chemin jusqu'aux neurones pour provoquer quelques crises d'épilepsie. Le texte improbable -mi-foutage de gueule mi-dadaïste- fonctionne étonnamment bien. Voilà un bien belle surprise alliant l'énergie du punk à des influences puisées ici et là dans la pop des 50/60s ainsi que les cartes postales exotiques de stations service. Airport est un peu plus classique, dans une veine post-punk sec et distant. Thématique moderne, synthétiseur analogique, rythmique de guitare coupante comme un rasoir, le tout balancer avec agitation dans l'incertitude de la guerre froide couplée à la crise.  Le son est étriqué comme le bikini qui tente de cacher la poitrine de Nabila en ayant bien plus de charme que cette dernière...

À ce premier simple succédera un album N°_ _ _ (chaque exemplaire ayant son propre numéro, le mien est le 907) deux ans plus tard. Les Stagiaires malgré le départ d'un de leurs membres fondateurs y pratiquent avec la même hargne et fantaisie leur pop survoltée. Autour de guitares clean, synthétiseurs et orgues cheesy les bordelais projets des textes plus que jamais incisifs et drôles (à écouter en priorité Charles-Hubert). Un album tout aussi recommandé que ce simple, bien qu'un peu plus difficile à trouver.


vendredi 4 juillet 2014

45 Tours français (1): Ticket - Funambule

Trois mois sans un seul article posté ! Il était temps d'écrire un petit quelque chose sur ce blog qui malgré les années (sept ans déjà ! On parle d'avril 2007) continue d'exister sous une forme ou une autre. Il est vrai que nous sommes bien plus actifs ces temps-ci sur le front de nos labels (Croque Macadam et Requiem Pour Un Twister) mais je suis aussi, plus que jamais aussi en pleine exploration de notre patrimoine francophone pop. J'avais ainsi envie de vous faire partager des acquisitions récentes vraiment cool dans la lignée de notre dossier Conjuguons la Pop de l'année dernière.

Ticket - Funambule / Pourquoi Moi ? (1982)

On Commence avec Ticket une formation de Nantes née en 1979. Quelques membres du groupe connaitront une belle carrière par la suite notamment Pascal Pérez avec IAM (!) et Luc Boisseau avec Elmer Food Beat, cependant ni l'un ni l'autre ne sont présents sur ce disque a priori enregistré en trio par Jean Michel Daniau, Cyril Wiet et Yves Le Roland selon Rock Made In France.

La discographie du groupe se résume à ce 45 tours, deux participations à des compilations (Rock'N'Rennes, Bandes de France Vol.1 , les deux en 1981) et un excellent mini-album en 1985 sur le label parisien Surfin' Bird (Coup de Bol à Marrakech , enregistré par JW Thoury, manager de Bijou mais également aux manettes du super premier album des niçois Les Playboys).
Funambule explore une pop anguleuse entre XTC et les Jam, aux textes soignés.On y retrouve une couleur jamaïcaine (un skank beat, le final dubby, le coté contretemps de la guitare) et les éléments d'une pop moderne et inspirée. Ainsi évoquera-t-on le cousinage avec un Making Plan for Nigel, écoutez donc le flanger sur la guitare rythmique ! Une petite merveille mélodique à la production soignée. Les nantais ont en effet, l'élégance de s'inspirer des meilleures formations d'outre-Manche (le groupe de Swindon, Squeeze, Joe Jackson Band), soit une certaine jeunesse à quatre épingles, nette et tranchante comme une paire de Chelsea Boots. Pourquoi Moi ? en face B taquine la scène Mod Revival chère aux Lambrettas. On sera ainsi guère surpris de retrouver cet excellent titre, compilé par la fameuse Powerpearls, bible des amateurs éclairés de gemmes powerpop balancée à toute berzingue. Chacun devrait ainsi trouver son compte sur ce très équilibré single même si votre serviteur a une petite préférence pour la pimpante face A.
Ticket tiendra bon quelques années de plus et leur mini album de 1985 est tout aussi recommandé que cet attachant 45 tours. On y dénichera l'enjoué "Jamais pour Toujours" (malheureusement amputé de son pont incroyable sur youtube) évoquant les sursauts merseybeat des Beatles ou la délicate "Toutes les filles" au tempo indolent.

lundi 7 avril 2014

Concours Quilt & Boogarins à l'Espace B


C'est une grande première pour Requiem Pour Un Twister, nous nous associons à l'Espace B pour vous proposer 2 x 1 place pour l'un des plus beau line-up de l'année : Quilt et Boogarins (dixième de notre top album 2013), deux groupes que nous portons dans nos coeurs.

BOOGARINS
Invoquant le tropicalisme brésilien d'Os Mutantes ou de Sergio Mendes tout autant que le revival psych contemporain, le duo brésilien Boogarins fût l'une des plus belles découvertes surprises de l'année. Ah ce que la musique peut-être excitante lorsque le métissage, qui fait si peur à certaines franges extrême de notre beau pays, est intelligent ! Boogarins en sont la preuve : un groupe brésilien sorti sur un label new yorkais et adoubé par un blog français, la mondialisation a parfois du bon non ?


QUILT
Issu d'une tradition folk-rock américaine (The Mamas & Papas, Jefferson Airplane), Quilt évoque autant les paysages bucoliques de l'Amérique rurale et verdoyante du Midwest, que la lumière irradiante des plages californiennes dans des mélodies de guitares carillonnantes aux relents psychédéliques.



CONCOURS TERMINE. les gagnants ont du recevoir un email.
Merci de votre participation.



lundi 3 mars 2014

The Young Sinclairs - You're Tied (2013) K7

The Young Sinclairs est un de nos groupes fétiches, et on chronique avec assiduité leurs nouvelles sorties (interview, You know where to find me, We spoke our Mind, Engineer man)   . Ces américains de Virginie (Roanoke) dont a sorti deux disques reviennent avec une cassette single sur le label Tree Top Sorbet, une bonne occasion de reparler de cette très belle formation.

Mona Lisa sur la face B évoque Turned Around en peut être moins mélodique, un chouette morceau midtempo folk-rock, qui ne se placera pas dans mes favoris du groupe (la concurrence est rude !), mais qui tire bien son épingle du jeu. You're Tied démarre sur un arpège typiquement garage cousin d'un Abba des Paragons (en moins nerveux), la chanson enquille dans le registre 60s, avec la grâce si typique du groupe. Les Young Sinclairs sonnent merveilleusement bien, sans jamais donner la sensation de forcer. Leur musique est laidback, mais toujours soignée et élégante. Les guitares sont sublimes, elles carillonnent à tout va, le charme opère très vite. 

Les Young Sinclairs maintiennent leur niveau de qualité habituel sur cette très bonne sortie, la face A serait un excellent prétendant dans une compilation de leurs récents singles (tous de très haut niveau). Cette chronique est aussi l'occasion de réaffirmer que les Young Sinclairs sont un des groupes actuels les plus cool de la terre et qu'on les adore ici.


jeudi 13 février 2014

Superets - 160 Caractères pour te dire adieu EP 10' (2014)

Superets comme Travel Check ou Forever Pavot commencent eux aussi à êtres des habitués de ce blog. Nous avions évoqué leur premier 45 tours (que j'ai aussi sorti, achetez-le !) et interviewé le groupe dans le cadre de notre dossier Conjuguons la Pop. Nous sommes ravis de les réentendre à travers un 10 pouces publié par le label Entreprise (Juniore, Moodoïd etc.) quelques semaines après leur passage aux Transmusicales.

160 caractères pour te dire adieu est un des grands moments du set live des Superets. Le morceau reçoit ici le traitement adéquat, plus musclé et fantasque dans sa production que la version démo que je connaissais. La chanson balance à fond la caisse, le texte est génial et esquisse notre époque en quelques coups de pinceaux. Le ton évoque verrine tu m'assassines des Spadassins dans cette manière de manier l'humour pour mieux prendre du recul sur nos comportements modernes. Les Histoires sans fin et Tapis Rouge offrent une facette plus pop des bretons, les titres effleurent en filigrane la pop ensoleillée de Pendentif avec une petite touche 80s plutôt chouette. La veuve mécanique est mon autre morceau favori, les Superets y pratiquent leur pop moustachue , énergique et inspirée. Le texte semble répondre à en avant en arrière des Mustang, une référence assez cohérente par rapport à l'ensemble de ce nouvel EP.

On est content de retrouver nos Superets, et ils sont particulièrement en forme sur ce nouvel EP. Les 4 mecs semblent avoir trouver leur voie, et tracent un petit bout de chemin qui commence à avoir une sacrée gueule. Je suis assez curieux de voir ce que donneront les Superets en long format !


mardi 11 février 2014

Travel Check - 66$ EP 7' (2014)

Les parisiens de Travel Check sont des habitués de nos colonnes. Ainsi nous avons eu l'occasion de chroniquer leur premier vinyle ainsi que les interviewer il y a quelques mois. Le groupe s'affirme comme un des noms à retenir de la scène garage parisienne, ce 45 tours 4 titres chez les très actifs Howlin' Banana en est d'ailleurs une éclatante preuve.

66$ attaque fort, du garage-rock fun aux influences country très bien foutu qui donne envie de faire le foufou. On pense forcément aux Black Lips, aux Dead Ghosts voir aux français de Regal. Ce serait dommage de les considérer comme une simple copie, les parisiens tirent très bien leur épingle du jeux sur ce titre classique mais efficace et catchy. Druggy Daddy est un peu plus pop et ce n'est pas pour me déplaire, un très bon morceau, peut être moins taillé pour le live mais tout aussi réussi. La face B s'ouvre sur La Gravière l'autre morceau pensé à 100% pour faire remuer les bassin en concert. Pas mon morceau préféré du disque mais il est clairement efficace et annonce de chaudes soirées. Feels alright ose diminuer le tempo et être plus mélodique, une belle réussite à mettre au compte des parisiens.

Avec 66$ EP enregistré dans le paradis du garage français (Lo' Spider) les Travel Check montrent une belle progression par rapport au premier vinyle. Le son est plus assumé et maitrisé, les compositions aussi. Le groupe est aussi à l'aise dans les titres uptempo taillés pour le live que des morceaux plus pop et mélodique. On espère que leur album sera aussi faire le pont entre les deux. Travel Check est un des groupes les plus attachants de la scène parisienne et avec ce disque ils font preuve d'une belle démonstration de savoir faire garage.


dimanche 9 février 2014

The Frowning Clouds - Whereabouts (2013)

Depuis que le psychédélisme truste les cœurs des amateurs de musique underground, le garage semble un peu en retrait (sauf en France où il se porte merveilleusement bien) à mon grand regret. Je n'ai pas eu tellement de super albums à défendre dans le registre en 2013 (peut être 3 ou 4) et coté groupes les déceptions ont été plus nombreuses que les bonnes surprises (citons tout de même le fameux single des Ar-Kaics, l'album de Kaviar Special etc.). Dans les derniers jours de 2013 - soit bien trop tard pour les tops de l'année - a débarqué le second Frowning Clouds précédé par un EP cassette plus tôt dans l'année et un single l'année précédente (dont la face A est ici reprise), le tout chez les presque toujours fiables Saturno.

Nous ne faisons pas mystère ici de notre admiration pour le groupe australien et Whereabouts confirme nos espérances voir les dépasse. Le premier album était en effet sous forte influence Stones circa 65-66, celui-ci prend certaines libertés avec le concept et ce n'est pas pour nous déplaire ! Cette mutation était déjà en marche sur leur cassette qui évoquait autant Bo Diddley que les Byrds, deux noms que nous pourrions aussi cité ici d'ailleurs (surtout les californiens). Le premier titre balancé, le bien nommé product of the peanut butter company laissait entrevoir un virage à 180 degrés vers la popsike de Tomorrow et des premiers pas de Pink Floyd. Le titre se révèle pourtant être un trompe l'oeil largement tempéré par des attaques garage en règle, c'est à dire en dessous de la ceinture. Propellers démonte toujours la tête, tandis que Submarine excelle dans cet art du midtempo spécialité des Frowning Clouds. Bien sûr il émane de ce disque un doux parfum de Californie à travers des orgies de guitares carillonnantes et quelques incartades mélodiques orientalisantes mais ne nous y trompons pas. Les Frowning Clouds restent ce groupe garage que nous chérissons, avec toujours un son parfait, et un sens de la chanson inaltérable. En signant une chanson aussi fabuleuse que much to much too soon, les australiens m'ont dans leur poche, un solo de guitare brillant, une compo énorme, les mecs savent transcender une matière première excellente pour en faire des véritables bombes.

Est-ce que les Frowning Clouds font du psyché ou du garage ? Probablement à mi-chemin entre les deux, ils sonnent comme un groupe de LA de 1966 mais le font avec un tel enthousiasme et un talent si isolent qu'on leur excuse ce classicisme. Ces mecs méritent mieux, ils ont une des discographies les plus exemplaires des groupes que nous chroniquons ici. Frowning Clouds on espère qu'un jour vous serez reconnu à votre juste valeur, c'est à dire loin loin au dessus de la stratosphère. Si certains groupes se parent de la modernité pour offrir des tranches sous cellophane de psychédélisme bon teint, les Frowning Clouds vous balancent eux des gros jambons à la gueule.