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lundi 8 août 2016

L'infortune de Fortuna Pop!

Il y a une dizaine de jours Sean Price annonçait la fin de Fortuna Pop! lors du festival Indietracks (qui est un peu à l'indie-pop ce qu'est le Psych Fest d'Austin à la scène psychédélique actuelle). Cette nouvelle met fin à plus de 20 années d'activisme pop (le label avait été créé en 1995). Au delà de la tristesse d'apprendre la disparition d'un label, c'est aussi un pan de l'indie-pop - et pas le plus obtus - qui disparaît. Le catalogue du label en est une excellente illustration, des figures cultes comme Comet Gain (toujours impeccable), Tender Trap (avec l'unique Amelia Fletcher) ou Peter Astor (Weather Prophets, The Loft)  y fréquentent la jeune garde Let's Wrestle, The Proper Ornaments, September Girls ou Joanna Gruesome.

La structure fonctionnait souvent en binôme avec un autre de nos labels fétiches: Slumberland. Ainsi en plus de certains des groupes susmentionnés, les deux figures unirent leur force pour nombre d'excellents disques: The Pains Of Being Pure at Heart, Crystal Stilts, Allo Darlin'... Cette association était loin d'être anodine, l'axe ainsi constitué proposait en effet une indie-pop ouverte, vivante et mouvante et surtout un catalogue régulièrement exceptionnel. Fortuna Pop! était ainsi un de nos labels indie-pop britanniques fétiches au coté d'Odd Box, Fire Records ou Soft Power.

Histoire de rendre un modeste hommage à Fortuna Pop! voici une sélection hautement subjective de quatre disques que j'ai adorés et m'ont particulièrement marqué sur le label anglais.

Let's Wrestle - Let's Wrestle (2014)
Let's Wrestle fut un jour un espoir de la pop britannique, leur premier album paru en 2009 leur permit de signer chez Merge en 2011 un excellent Nursing Home. Six ans plus tard, ce disque de pop slacker conserve toute sa fraîcheur mais ne prépare en rien à son successeur sorti en 2014: Let's Wrestle. 
Le groupe, après avoir connu des fastes, semblait quelque peu déclinant. Le disque est ainsi imprégné d'une mélancolie diffuse et de nostalgie. Wesley Patrick Gonzalez s'y révèlent être un fabuleux songwriter, saisissant avec justesse et délicatesse les tourments de son époque. Par la force des choses, le dernier album de Let's Wreste fut aussi mon favori en 2014.


The Pains Of Being Pure At Heart - The Pains of Being Pure At Heart (2008)
Huit ans plus tard, le premier album des Pains Of Being Pure at Heart est certainement déjà culte. À la fois classique (dans ses influences et sa forme) et très frais (l'innocence et l'enthousiasme qui émanent du groupe), l'album est un enchaînement de tubes qui n'ont pas pris une ride. Le succès du disque fut bien au delà des cercles indie-pop, il donna certainement un gros coup de fouet à Fortuna Pop! et Slumberland. Le groupe n'a, selon moi, jamais réussi à dépasser ce premier jet sur la longueur mais peu importe: ce disque est fantastique. 


The Proper Ornaments  - Wooden Head (2014)
Je crois que c'est un secret pour personne que nous adorons Proper Ornaments sur ce blog et ce, depuis bien longtemps. Ainsi leur seconde sortie figurait dans notre top singles de 2011. Honnêtement au moment de la parution de Waiting For the Summer (2013), j'eus l'impression que cette compilation était plus un bilan définitif qu'un inventaire en court. 
La suite m'a heureusement donné tord, l'année suivante Fortuna Pop! publiait en effet le premier (réel) album du groupe, l'excellent Wooden Head. Pas d'effet de surprise mais une confirmation du talent immense du duo formé par James Hoare (au départ bien sûr dans les géniaux et malheureusement séparés Veronica Falls) et Max Claps. Si aujourd'hui le projet semble moins populaire que l'autre formation de James (Ultimate Painting) malgré de nombreux points communs (le Velvet en filigrane) et quelques différences (moins garage, plus pop) elle n'en demeure pas moins tout aussi réjouissante et excitante. J'espère ainsi que le groupe donnera une suite (en LP, puisqu'en 45T c'est déjà le cas) à ce disque.



Joanna Gruesome - Weird Sister (2013)
Les deux disques de Joanna Gruesome sont excellents et je pense les aimer tout autant l'un que l'autre. Par certains aspects (réducteurs) les gallois pourraient être une version survitaminé et sous stéroïde de Veronica Falls. Là ou les anglais sont délicats et toujours de bon goût, Joanna Gruesome donne l'impression de volontairement essayer de briser certains codes de l'indie-pop et de redonner au genre un peu de son abrasion qui fait le charme de nombreuses formations des origines (par exemple les Pastels). Il y a donc dans la musique de Joanna Gruesome, une combinaison unique de mélodies indie-pop et de puissance sonique (impossible de nier une certaine influence presque hardcore ou post-hardcore chez eux!). Bref Joanna Gruesome est un groupe à bien des égards jouissifs par son manque de respect aux règles d'un genre qui a bien besoin qu'on le bouscule.


lundi 3 août 2015

CRM007/008 - RPUT 1/2: The Young Sinclairs - Hurt My Pride EP / New Day SP

CRM007 / RPUT1
The Young Sinclairs
A1. Hurt My Pride
B1. Someone Like The Hawk 
B2. Nothin' To Say
45 Tours (7') / 300 exemplaires (200 noirs / 100 violets pochette alt.)  / 21 janvier 2013 (01/21/13)
SOLD OUT 
CRM008 / RPUT2
The Young Sinclairs
A. New Day
B. Turned Around
45 Tours (7') / 200 exemplaires / 21 janvier 2013 (01/21/13)
SOLD OUT 

Les deux 45 tours des Young Sinclairs marquent la première collaboration entre Croque Macadam et Requiem Pour Un Twister: les deux principaux auteurs (et frères dans la vie) du blog avaient maintenant chacun leur propre label, ils allaient réunir leur force au sein d'une même structure en mars 2014 (RPUT Disques qui chapeaute les deux labels).  
Ces deux disques sont une de nos plus grandes fiertés. Le groupe de Roanoke (Virginie, dans les montagnes) n'avaient rien sorti depuis près de trois ans (2010), nous pensions même qu'il avait splitté... En contactant Samuel (tête pensante du groupe, souvent seul ou avec son frère à l'enregistrement) pour acheter des disques il nous est venu l'idée un peu folle de lui demander s'il serait intéressé pour faire un disque avec nous, il répondit positivement, nous étions aux anges ! Rapidement ils nous avaient parvenir des titres inédits (dont la plupart a été publié dans les mois suivant notamment sur l'EP de Planting Seeds et la cassette single) et nous avons pu pioché dans les démos de Culled from the link qui n'avaient jamais été éditées sur un support physique ! Il y avait tant de matériel incroyable que nous avons assez vite pris la décision de partir sur deux 45 tours d'un coup ! 
Le premier s'ouvre sur un des meilleurs morceaux garage-rock des dernières années pour moi, dans la pure tradition du genre: Hurt My Pride, le pont est absolument sublime, le son est incroyable. Someone Like The Hawk est une pause folk-rock délicate, parfaite pour introduire l'autre tube de l'EP, le mortel Nothin' To Say (librement inspiré d'un morceau 60s, de mémoire les Guess Who). New Day ouvre le second disque, un très jolie morceau indie-pop à la guitare jangly qui évoque notamment les Church et toute l'école anglaise 80s (Razorcuts, Jasmine Minks etc.). Turned around complète le disque sur une touche plus powerpop et presque - osons le - Big Starienne, un très beau morceau.
Les 45 Tours se sont plutôt bien vendus, en moins d'un an nous avons écoulé les deux, depuis les Young Sinclairs ont sorti pas moins de trois 45 tours (et un morceau sur un split 45T avec... Triptides notamment) et un album, tous très bons évidemment, on adorerait pouvoir ressortir quelque chose de l'intéressé un jour, peut être dans une vibe plus pop et moins garage...qui sait ?

Ce n'est pas un mais deux singles des folk-rockeurs américains Young Sinclairs que publient en association deux jeunes labels français. Cinq morceaux répartis en deux disques, portés par une enchanteresse guitare 12 cordes qui évoquent les Byrds ("New Day", "Someone Like The Hawk") ou les groupes Paisley Underground ("Turned Around"). Tout simplement magnifique.
Rock and Folk (Mars 2013, numéro 547)

Thanks to the French labels Requiem Pour Un Twister & Croque Macadam there are two brand new singles from Lunsford’s Young Sinclairs.  Hurt My Pride is the single with attitude. It sounds like Lunsford has been listening to Love and Them. It’s full of spite, antipathy and of course tons of melody.  Second single New Day is softer sounding and jangles like early Church and REM. Perhaps it’s trying to heal the wounds inflicted by its mate.
I think if Lunsford ever really decided to go for it: tour like crazy,and  get a PR person that has friends at certain web sites. The Young Sinclairs would no longer just be this cool secret among pop geeks. For now file the them next to your Allah-Las, White Fence, People’s Temple and The See See records.
Finest Kiss (lien)




lundi 15 juin 2015

Prince Moondog - Prince Moondog (2013/ 2015)

Lorsque nous avons démarré le blog en 2007 (!) il était surtout question d'oldies. Nous n'étions guère intéressés par les nouveautés. Progressivement cependant l'orientation de nos articles se fit d'avantage en faveur des nouveautés au point d'inverser le ratio. La découverte d'une scène actuelle excitante et aussi doué que les groupes du passé que nous écoutions fut une révélation. Nous avons éprouvé le besoin de défendre ces groupes, de les interviewer pour les faire connaître. Parmi nos premiers gros coup de cœur se trouvait Triptides. En août 2011 Étienne fit une de leurs premières interviews , dans la foulée en décembre 2011 je sortais le premier vinyle de Triptides, l'excellent single Going Under/Outlaw (toujours disponible si jamais vous ne l'auriez pas encore acheté !). En 2012, j'éditais un second single du groupe (Bright Sky/Darling, attention ce sont les derniers exemplaires). 
Mai 2013, Glenn et son pote Alex Barrett voyagent en Europe, passage par chez nous à Paris ! Ce sera l'occasion de deux showcases dantesques (un au Motel et l'autre à la maison). Alex et Glenn avait aussi monté un groupe ensemble: Prince Moondog. Également composé d'Alex Bulli (l'ancien manager de Triptides) et Josh Menashe (l'autre songwritter de Triptides). Plus heavy que Triptides (mais s'en rapprochant parfois pas mal) Prince Moondog se sépara le jour où ces membres quittèrent Bloomington. Ainsi Alex, l'originaire du Kentucky est monté à New York, les autres à Los Angeles. Le disque fut ainsi enregistré mais jamais édité faute d'un groupe pour le défendre en live. Dommage, quoiqu'un peu décousu c'est un super album dont le contenue aura autant les faveurs des rockeurs qui aiment quand ça balance (en cadence) que des poppeux trop subtiles pour être compris. Parmi mes morceaux favoris "Indoor MTN" "Pyramid Eyes" "Night Walking" l'enchainement "Anthony""Last Song" etc. Bref un beau disque qui aurait mérité une véritable sortie (et j'aurais aimé le sortir sincèrement mais c'est un projet trop casse-gueule pour se lancer dedans sans actualité du groupe) mais qui a le mérite d'être maintenant disponible sur le net. Notre histoire commune continue à ce jour puisque nous allons sortir un album de Triptides sur Requiem Pour Un Twister en juillet prochain ! D'ailleurs certains morceaux de ce disque ( les plus pop avec des boites à rythmes) ne sont pas sans rapport avec Azur...


lundi 3 mars 2014

The Young Sinclairs - You're Tied (2013) K7

The Young Sinclairs est un de nos groupes fétiches, et on chronique avec assiduité leurs nouvelles sorties (interview, You know where to find me, We spoke our Mind, Engineer man)   . Ces américains de Virginie (Roanoke) dont a sorti deux disques reviennent avec une cassette single sur le label Tree Top Sorbet, une bonne occasion de reparler de cette très belle formation.

Mona Lisa sur la face B évoque Turned Around en peut être moins mélodique, un chouette morceau midtempo folk-rock, qui ne se placera pas dans mes favoris du groupe (la concurrence est rude !), mais qui tire bien son épingle du jeu. You're Tied démarre sur un arpège typiquement garage cousin d'un Abba des Paragons (en moins nerveux), la chanson enquille dans le registre 60s, avec la grâce si typique du groupe. Les Young Sinclairs sonnent merveilleusement bien, sans jamais donner la sensation de forcer. Leur musique est laidback, mais toujours soignée et élégante. Les guitares sont sublimes, elles carillonnent à tout va, le charme opère très vite. 

Les Young Sinclairs maintiennent leur niveau de qualité habituel sur cette très bonne sortie, la face A serait un excellent prétendant dans une compilation de leurs récents singles (tous de très haut niveau). Cette chronique est aussi l'occasion de réaffirmer que les Young Sinclairs sont un des groupes actuels les plus cool de la terre et qu'on les adore ici.


dimanche 9 février 2014

The Frowning Clouds - Whereabouts (2013)

Depuis que le psychédélisme truste les cœurs des amateurs de musique underground, le garage semble un peu en retrait (sauf en France où il se porte merveilleusement bien) à mon grand regret. Je n'ai pas eu tellement de super albums à défendre dans le registre en 2013 (peut être 3 ou 4) et coté groupes les déceptions ont été plus nombreuses que les bonnes surprises (citons tout de même le fameux single des Ar-Kaics, l'album de Kaviar Special etc.). Dans les derniers jours de 2013 - soit bien trop tard pour les tops de l'année - a débarqué le second Frowning Clouds précédé par un EP cassette plus tôt dans l'année et un single l'année précédente (dont la face A est ici reprise), le tout chez les presque toujours fiables Saturno.

Nous ne faisons pas mystère ici de notre admiration pour le groupe australien et Whereabouts confirme nos espérances voir les dépasse. Le premier album était en effet sous forte influence Stones circa 65-66, celui-ci prend certaines libertés avec le concept et ce n'est pas pour nous déplaire ! Cette mutation était déjà en marche sur leur cassette qui évoquait autant Bo Diddley que les Byrds, deux noms que nous pourrions aussi cité ici d'ailleurs (surtout les californiens). Le premier titre balancé, le bien nommé product of the peanut butter company laissait entrevoir un virage à 180 degrés vers la popsike de Tomorrow et des premiers pas de Pink Floyd. Le titre se révèle pourtant être un trompe l'oeil largement tempéré par des attaques garage en règle, c'est à dire en dessous de la ceinture. Propellers démonte toujours la tête, tandis que Submarine excelle dans cet art du midtempo spécialité des Frowning Clouds. Bien sûr il émane de ce disque un doux parfum de Californie à travers des orgies de guitares carillonnantes et quelques incartades mélodiques orientalisantes mais ne nous y trompons pas. Les Frowning Clouds restent ce groupe garage que nous chérissons, avec toujours un son parfait, et un sens de la chanson inaltérable. En signant une chanson aussi fabuleuse que much to much too soon, les australiens m'ont dans leur poche, un solo de guitare brillant, une compo énorme, les mecs savent transcender une matière première excellente pour en faire des véritables bombes.

Est-ce que les Frowning Clouds font du psyché ou du garage ? Probablement à mi-chemin entre les deux, ils sonnent comme un groupe de LA de 1966 mais le font avec un tel enthousiasme et un talent si isolent qu'on leur excuse ce classicisme. Ces mecs méritent mieux, ils ont une des discographies les plus exemplaires des groupes que nous chroniquons ici. Frowning Clouds on espère qu'un jour vous serez reconnu à votre juste valeur, c'est à dire loin loin au dessus de la stratosphère. Si certains groupes se parent de la modernité pour offrir des tranches sous cellophane de psychédélisme bon teint, les Frowning Clouds vous balancent eux des gros jambons à la gueule.




mercredi 5 février 2014

Bilan 2013: ce qu'en retiennent les blogs et fanzines


Planetgong / Mauvaise Foi (lien / lien)
Pour moi 2013 a avant tout été marquée par l'apogée (et la fin?) de la scène garage de San Francisco que je suivais de près depuis des années. Ty Segall, Thee Oh Sees et toute la clique Castle Face ont été partout cette année, du festival de Binic au City Sounds de Paris. Les albums ont continué à pleuvoir, les groupes ont atteint un niveau de notoriété à la hauteur de leur talent. Évidemment, cela coïncide au moment où les acteurs majeurs du mouvement quittent la ville, mais au moins cette scène aura eu son heure de gloire de son vivant.

2013 a aussi pour moi été l'année d'un étonnant revival, avec l'avènement de nombreux groupes versés dans le rock psychédélique. Des classicistes (Jacco Gardner, Maston, Doug Tuttle, Frowning Clouds, Foxygen), aux explorateurs plus déviants (Morgan Delt, Orval Carlos Sibelius), nombreux sont les groupes qui ont remis le son de 1967 à l'honneur. L'album de Temples qui sort ces jours-ci confirme cette tendance que ne peux que saluer.

2013 a aussi l'année du retour de certains de mes héros (non pas Bowie ni Daft Punk). King Khan a pondu son meilleur album, The Dirtbombs ont enfin sorti leur album bubblegum promis depuis si longtemps, et surtout The GO a publié Fiesta, un album superbe que nous sommes fiers d'avoir édité en version française avec Mauvaise Foi Records.

Un dernier mot : le Record Store Day, c'est le mal. Des maisons de disques qui vendent des éditions limitées au prix fort ? Des magasins emplis jusqu'à la gueule de spéculateurs levés tôt pour mettre leurs achats sur eBay ? Non merci. Comme le dit si bien Bruno de Dangerhouse : "Every day is record store day". Si vous vivez dans une grande ville, allez chez les disquaires indépendants ! Le "retour du vinyle" qu'on nous vend depuis des années ne doit pas être un trip de collectionneur fortunés mais une façon de vivre la musique au quotidien et de faire fonctionner les échoppes et labels de tailles modestes (NDR: notre expérience RSD 2012).


Foggy Girls Club (lien)

2013 : Sur un plan musical, on va dire que 2013 a été dans la continuité de 2012, donc plutôt réjouissante. De très belles choses ont été faites et développées au niveau des différentes structures DIY qui se sortent les doigts du cul pour proposer et promouvoir une scène musicale sous représentée. Je parle des petits label comme les vôtres à toi et Etienne (NDR: Croque Macadam et Requiem Pour un Twister), Howlin Banana, Eighteen, Retard, Azbin (NDR: interview Regal) etc. les salles comme la méca et l’Espace B, disquaires comme Pop Culture etc…  et les différents media web autour de tout ça (Hartzine, Gonzai, Foggy, Requiem, Drone, Walking With The Beast etc.)

Cette scène est souvent qualifiée de garage (à tort) mais en fait c’est un nouvel « indie » puisque l’appellation indie aujourd’hui ne veut plus rien dire et concerne des choses qu’on peut qualifier de mainstream…

Je pense clairement que tout ces gens font la musique d’aujourd’hui, aussi poussés par le dynamisme de la scène US d’une certaine manière, qui nous montre que c’est possible. J’aimerai que 2014 confirme, et que ces différents acteurs ne soient pas découragés (par le manque d’argent et de soutien). Je trouve par ailleurs qu’on manque cruellement de lieux vraiment adaptés, dans le sens ou nos salles fétiches ont un statut précaire (souvent menacées par des fermetures arbitraires) et on n’a toujours pas de lieu qui ferme tard (après 2h), qui ne soit pas élitiste et qui passe de la bonne musique…

J’ai pris énormément de plaisir au niveau musical, encore une fois, à voir de très bons groupes, à faire de belles rencontres, qu’elles soient artistiques et aussi amicales donc j’espère que nous continueront à défricher passionnément car tout ça n’est pas vain et dans un certain sens on représente une contre culture.   


Walking with the Beast (lien)
N’étant pas très doué pour dresser des bilans et avoir un quelconque recul sur les événements importants de l’année je vais évoquer quelques souvenirs en pagaille :
-Les Growlers. Un des groupes qui m’a le plus marqué ces dernières années sort deux disques fabuleux et débarque pour la première fois en France. C’était parfait.
-Les Volage, Travel Check, Pain Dimension, Dusty Musty, Os Noctàmbulos, Grand Guru, Cheap Riot et tous les nouveaux groupes rock’n’roll qui se sont un peu plus affirmés au cours de l’année. Ils en ont sous le capot, c’est vivifiant.
-Les soirées Psychotic Reaction à l’International, lancé avec la clique Howlin Banana, vous, Bong Magazine, Yummy. Pour l’instant ça marche bien et je suis assez fier de nos affiches.
-Des concerts marquants : Cosmonauts, Younolovebunny, Yo La Tengo, Jessica 93, Binic Folks Blues Festival, Dirty Beaches, Sic Alps, the Babies, Les Spadassins …
-Disques écoutés en boucle : Hung At Hurt, Growlers - Persona Non Grata, Cosmonauts - Experimental Jelly, Tomorrows Tulips - Calendar Days,Dick Diver - Tomorrows Tomorrows, Campfire - Into Unknown, Human Eye - Water On Mars, Purling Hiss - Fiesta, The Go - Any Port in a Storm, Scott & Charlene Wedding - Gotta Survice, Public Nuisance - I’m a Man, I’m a Flower, The Readymades - Double Exposure, Kelley Stoltz - Space Junk, Halasan Bazar - Simply Saucer, Cyborg Revisited…



Ductus Pop (lien)
Les frontières entre les années sont très floues dans ma tête, c'est sûrement pour cette raison que je suis peu familière des bilans et autre tops de fin d'année. Mais en réfléchissant bien, une flopée de choses m'arrivent en tête et me font dire que 2013 a été une belle année musicale.
Je retiens la nuit mémorable de la mise en vente du nouvel album de My Bloody Valentine, en février dernier, où le serveur de leur site a explosé sous le poids des demandes. J'ai réalisé que les gens attendaient déjà la suite de Loveless avant ma naissance ! Quelques mois plus tard, lorsque le groupe a nonchalamment pulvérisé les tympans de la salle du Bikini (Toulouse), j'ai été prise d'un sacré vertige. Dans la série spéciale « annonce de minuit », je n'oublie pas celle de Petit Fantôme offrant sa fabuleuse mixtape douce-amère « Stave ».
Côté concerts, je retiens mon petit tour au Madrid Popfest (cette année encore, il ne fallait pas oublier de regarder ce qui se passe chez nos voisins espagnols en matière de pop !) mais aussi la création du festival This Is Not A Love Song (Nîmes) dont la programmation pointue a fait oublier à plus d'un la frustration de ne pas pouvoir aller au Primavera Sound festival. D'une manière générale, j'ai été enthousiasmée par beaucoup de labels (Captured Tracks, Burger, Art Is Hard et son Poscard Club ou plus près de chez nous Beko, Atelier Ciseaux, etc.) dont l'actualité mérite d'être relayée. Pour écouter toutes ces sorties ça tombait bien, en 2013 j'ai non seulement fait réparer ma platine vinyle (belle ironie du sort, ma chaîne hi-fi a ensuite rendu l'âme) mais aussi concrétisé mon envie de fanzine (Ductus Pop) pour en parler !
En 2013, on a continué à écouter de l'indie pop (merci entre autres aux Pastels et aux Proctors, à Veronica Falls et à Alpaca Sports, à Sam Knee et à son livre A Scene In Between). Bonne nouvelle en 2014 on fera pareil, si j'en crois le teaser du documentaire consacré à Sarah Records !

samedi 25 janvier 2014

Bilan 2013: ce qu'en retiennent les labels (2)

Le Turc Mécanique (facebook, bandcamp)
Je vais pas faire d'introduction, avec des conclusions qui se veulent universelles, voire sociétales, voire un peu connes. Simplement, je vais poser deux bases qui m'ont semblé essentielles par rapport à 2013.

D'abord, le fait que l'ancien monde semble continuer de patauger pour éviter de se noyer, que les organisations subventionnées, que les structures du droit d'auteurs et que nombre de nos prédécesseurs semblent définitivement perdus face à la réalité des différentes sphères de la musique. Qu'ils abdiquent enfin et que nous puissions reconstruire des choses plus pertinentes en lieu et place.

Ensuite, qu'artistiquement, nous n'avons plus à nous servir de longues vues pour lorgner sur les groupes américains, anglais, ou étrangers en général. Sans chauvinisme aucun, il suffit actuellement de se pencher sur nos scènes actuelles pour découvrir des artistes géniaux, souvent bien plus inventifs que des Jacuzzi Boys et consorts. Exemple parmi pleins d'autres.

A Paris, Yann Canevet a prouvé avec Venera 4, Future et Maria False que c'était sûrement l'un des musiciens les plus talentueux de sa génération, et son collectif, Nothing, avec Dead, Avgvst, Dead Horse One ou encore le petit dernier Marble Arch font la nique aux anglo-saxons sans se poser de question, en bossant avec rien.

En province aussi, le mot est large, il suffit de poser les yeux sur les différentes scènes dites « undergrounds » pour s’émerveiller. La haine des quatre diables de Strasbourg, la violence d'Harshlove, les velléités arty/lo-fi de mecs comme Zadrien Cocquart, Ventre de Biche etc... et tout ceci n'est qu'un tout petit extrait de ce tout ce qu'on aurait pu citer de fascinant.

Notre rôle, en tant que label, c'est maintenant de servir de curateurs, de marqueurs, de fonder à travers nos catalogues une espèce de compilation idéale. De rassembler ces artistes. Du côté du Turc Mecanique, cette année a posé les bases : on s'acharnera à soutenir tous les OVNIs sonores qui en vaudront la peine, comme on l'a montré avec Punks Are Fags, ces mecs qui mettent Martin Mystère en musique, ou Backt Mariah, qui invente une cold wave dansante à paillettes en se rêvant diva MTV. Il en va de même avec Last Night. C'est flippant de ce dire que ces trois gars proposent l'un des albums punk les plus puissant que j'ai entendu cette année, et qu'aucun label spécialisé n'a daigné le sortir. C'est peut être que le temps est plus au « Garage » optimiste, et qu'ils ont cette ambiance dark glauque, j'en sais trop rien. En tout cas, on le ressort dans une version un peu différente bientôt, en 12' et en coprod avec l'excellent label corbeau Manic Depression.

En tout cas, on a essayé plein de choses cette année, et l'an prochain s'annonce superbe. J'arrête ici de parler des groupes qu'on a défendu, vous avez le bandcamp, suffit de cliquer sur Play. Je préfère causer des labels qui travaillent à inventer le futur, ce que j'ose appeler une nouvelle génération.

D'abord, cette année, je pense qu'il fallait écouter vraiment en boucle les sorties d'Anywave. On adore travailler avec eux, ils ont un studio dont ils sortent des choses excellentes. Leurs 2 premières compilations sont d'une audace que j'ai vu nulle part ailleurs cette année, et le EP de People of Nothing, particulièrement la piste 1, A Break To Cry est incroyable. Et les artworks défoncent.

Dans le même esprit aventureux, tu as aussi Stellar Kinematics. Opale, Dorcelsius, leur compilation capsule, en tape. C'est visuellement très beau, la sélection est géniale, les choix sont méga risqués, et ça paie. Leurs mixtapes sont vraiment bien aussi, il manquerait plus qu'ils les sortent en cassette.

Y a eu aussi Fin de Siecle, qui m'ont rendu dingue avec Milan. C'était tellement inattendu que quand je l'ai vu à l'Espace B, j'ai fait un rejet. Et puis j'ai écouté le single : c'est du génie, les mecs réinventent le Dub, en mêlant tout ça à Suicide, les synthés etc... C'est sublime.

Yuk Fü ont aussi aligné les claques, avec Blackmail et le « Krystall » de Sydney Valette. La track est hyper intelligente, les remixes sont tops par Unison ou Gyrls, l'EP est superbe.

Après, RPUT pour Venera, évidemment. Et Croque Macadam et Howlin'Banana, vous êtes un peu nos « correspondants-guitare », quelque chose comme ça. L'album de Seventeen At This Time m'a aussi beaucoup touché, c'est clairement l'un des disques de l'année.

Sinon, j'ai de plus en plus l'impression que le format concert ennuie tout le monde, et qu'il faut rendre tout ça beaucoup plus marrant, festif, même quand c'est de la wave la plus plombée. En parlant de fête, je suis méga impressionné par le « clubbing queer », l’énergie qui se dégage d'une Kidnapp', d'une Sale, etc... Tout ceci n'est pas forcément musical, encore que, mais c'est impressionnant de voir l'engouement des participants. C'est très inspirant, je pense qu'on gagnerait parfois à décompresser, quitter l'immobilisme public-scène-artiste un peu chiant.

Sinon, du côté des médias, c'est cool aussi. Gonzai en version papier-décalé, Hartzine qui s'est définitivement imposé, Bong pour les guitares, Novorama, Ground Control to Major Tom, vous... La presse web française se porte de mieux en mieux, j'ai l'impression. Et la radio, avec Yummy pour les guitares et la Trayeuse Électrique pour les synthés, c'est inratable.

Et j'oublie plein de monde, hein ? J'ai l'impression qu'on a pas arrêté cette année.

2014 va vraiment être une grande fête, très bordélique, mais on risque de s'en rappeler, je pense.


Gone with the Weed (facebook, soundcloud)
Petite vue d'ensemble pour 2013, avec de plus en plus de monde aux concerts et des bons groupes de powerpop au nord comme au sud comme les Crusaders Of Love à Lille, Sun Sick et Departure Kids à Marseille, et nos petits chouchous de Skategang à Paris qui sont hors catégorie (n'est ce pas Alex...). 

Il y a eu un paquet de bon concerts à Paris cette année, on a particulièrement aimé Dead Gaze à la Méca, The Hussy et Dinosaur Jr. Mention spéciale pour le doublé gagnant Rat Columns et Rank/Xerox à Vincennes l'été dernier, et un super concert de Yussuf Jerusalem au Picolo à St Ouen. 

Au niveau des disques plutôt de super découvertes que des nouveaux bons albums de groupes qu'on connaissait déjà. Le maxi des australiens Lace Curtain sorti sur Mexican Summer, le premier album des Courtneys de Vancouver (Hockey Dad records) et l'album de Radioactivity avec des mecs de Marked Men, Bad Sports et Mind Spiders sur Dirtnap. L'excellent Lp de Youth Avoiders (Destructure / Build Me A Bomb) reste un des meilleurs albums de 2013 et fait du groupe un truc aussi bon sur disque qu'en concert. Sorti en décembre, le nouvel album solo de Jeffrey Novak (Cheap Time, Rat Traps) est vraiment hyper bien et mérite d'être écouté plus d'une fois, autant que la splendide pochette pompée à Bananamour de Kevin Ayers mérite d'être regardée. 

Si il y a pas mal de trucs à faire en ce moment à Paris c'est quand même pas un hasard, à noter le fait que l'équipe de l'Espace B a réussi à un faire un endroit au poil pour aller mater des concerts tant et si bien que Corentin Cariou semble s'être rapproché comme par magie du centre de Paris. 

Niveau labels Teenage Menopause tire bien son épingle du jeu avec un catalogue qui grossit et devient de plus en plus cool. Poliment a aussi sorti deux très bonnes cassettes (Dame Blanche et une chouette compile). On termine en vous faisant remarquer que Ether & Crac, l'émission de Maxime sur Radio Campus un lundi sur deux est probablement la meilleure solution pour écouter des trucs cools à la radio, ça l'a été pour 2013 et ça le sera sans aucun doute pour 2014. 

On regrette quand même la perte de deux groupes aussi différents que géniaux, la séparation des belges de Périphérique Est (mais leur super mini album sur Modern Action vient de sortir et ça rattrape un peu le coup) et le split de Sic Alps après plus de dix années à sortir des méga bons disques et à donner de super concerts.



2013 fut la deuxième véritable année pour WeWant2Wecord, notre label monté pour la beauté du geste, mais pas que...

On sait désormais un peu mieux ce qu’on veut qu’il soit, c’est-à-dire :
  • un label qui publie des disques qu’on aime, faits par des gens qu’on aime… Il n’y aura peut-être pas toujours une cohérence musicale dans nos choix de sorties mais il faudra absolument qu’il y ait ce côté humain.
  • un label qui ne soit pas un simple passe-temps, qui se satisfasse juste de ses sorties... On veut que ce soit potentiellement rentable (pas gagner d’argent mais équilibrer les budgets) et que cela serve aux artistes pour gagner en notoriété, tourner et enfin être signés sur un “vrai” label.
  • un label qui sorte des eps en cassette audio et tout le reste en vinyle.
Aussi, plus ça va, plus on est convainfesses d’être dans le vrai en organisant un festival annuel (le #1 Festival (bundy)) pour faire jouer, à Caen (14) et à la ville lumière (75), des groupes qu’on aime et notamment ceux dont on sort des disques -c’est d’ailleurs à ce moment là qu’on en vend le plus.
Aussi, ce festival est devenu un moyen pour nous de financer une partie des coups de pressage des vinyles -principalement grâce à la date Caennaise au Cargö. Ça fait un peu 2660° à la Live Nation mais bon, c’est comme ça…
On vient également de lancer une résidence bimestrielle au Motel, pour notamment 1) tisser des liens entre le un quatre et le sept cinq plus d’une fois par an et 2) boire des bières (83) plus ou moins à l’œil de façon plus régulière.
C’est cool.

S’il y a un truc chiant dans cette activité par contre, c’est bien la promo. Ça bouffe un temps incroyable, ça coûte de l’argent et c’est une sacrée source de frustration. Au début, ça nous énervait (euphémisme) de ne pas recevoir de retours, maintenant on arrive à prendre du refesse. On se dit qu’il doit manquer quelque chose dans notre manière de procéder, qu’il faut être patient, que c’est un métier, que ça portera ses fruits à long terme, ce genre de choses…
En tout cas, si vous avez des tuyaux, on est preneurs.

A l’origine, on n’était qu’un mp3 blog et le label, le festival… nous prennent tellement de temps que le blog est moins actif que dans les années 00’s.
On écrit moins mais on achète toujours autant de disques (de plus en plus d’américains, ce moins en moins d’anglais) et toujours aussi peu de trucs en digital (=rien).
On n’a d’ailleurs (comme tous les acheteurs de disques) quasiment acheté que du vinyle en 2013. Cependant, cela pourrait changer au vu des frais de ports faramineux dont il faut désormais s'acquitter pour en recevoir, des USA notamment.
Surtout qu’on reste attaché au CD. C’est pas si moche, un cd, et on a découvert certains de nos albums favoris dans ce format (on a plus de 30 ans)…
Au passage, vu comme les gens ont l’air de vouloir se débarrasser de leurs compact disques, il va y avoir de bonnes affaires à faire au niveau CD d’occaz en 2014 (on est prêts).

Pour en revenir au label, on va normalement sortir un LP, notre premier, en 2014.
Ce sera une réédition d’un disque qu’on a toujours aimé et qui est épuisé. Il n’y aura, a priori, pas le même travail de promo à fournir que si c’était le premier album d’un artiste qu’il faut faire découvrir, mais cela s’en approchera plus que de publier un 45 tours… Cette sortie pourrait s’avérer être une nouvelle expérience enrichissante (sauf au niveau pognon bien sûr) même si elle sera avant tout la concrétisation d’un projet qui nous tient à cœur (on est un peu des fillettes).
On va voir ce que ça changera au niveau de notre organisation et si on est capable de faire ça bien.
Si on estime que oui, on réfléchira à sortir des “premiers” albums…

En tout cas, 2014, tiens-toi prêt(e), on est chauds comme la Bretagne et ça va chier.

Les Roubinard Wigoler

mercredi 15 janvier 2014

Bilan 2013 : Les meilleurs albums de l'année (2/2)


1 Aline - Regarde Le Ciel (Accelera Son)
Regarde Le Ciel est le genre de disques avec lequel tu choisis tes copains. Aline a tout compris ou nous nous comprenons, je n'en sais rien. Le fait est, que Regarde Le Ciel, a et aura une résonance particulière pour nous, tout simplement parce qu'il réconcilie ce qui semblait inconciliable pour tous en France, alors pourtant que ça nous paraissait une évidence : la sensibilité et la mélancolie de Sarah Records, du C86 et des Smiths, notre belle langue trop souvent oublié du rock "made in France" et la trop sous-estimée pop (à guitares, pas Elli et Jacno quoi) française des années 80 comme Gamine, Les Avions, Les Calamités, Les Freluquets.
Romain Gueret et sa bande a écrit et sorti le disque que nous aurions rêver de faire.
L'interview d'Aline.


2 The Stevens - A History of Hygiene (Chapter Music)
Beaucoup de gens critiquent les tops, et ils n'ont pas tord quand l'exercice consiste à copier le voisin. En revanche les bilans peuvent devenir de très belles opportunités pour défendre des disques, et essayer encore une fois de les faire connaître. Etienne et moi sommes (nous l'espérons) dans cette seconde perspective. Notre top 10 est l'occasion de mettre en avant des disques coups de coeur. A History of Hygiene en est un énorme. Ce disque est génial et m'a accompagné une bonne partie de l'année. De l'indie-pop qui tire sur le lo-fi 90s mais avec une personnalité propre. Un album que j'ai envie d'offrir aux gens pour les embarquer avec moi. 




3 Homeshake - Homeshake Tape (Fixture)
Longtemps nous avons hésité pour la catégorie de ce disque. S'agit-il d'un EP ou d'un album ? Nous avons finalement opté pour l'album en estimant que le disque gagnerait en visibilité. Homeshake est un des sidemen de Mac De Marco. Sur cette cassette il vole clairement la vedette à son pote. C'est fantastique. Le son est amateur au possible mais comment ne pas être touché par la beauté de ces mélodies et cette voix aussi nonchalante que mélancolique? Homeshake Tape est un des plus beaux albums de 2013. Donnez lui une chance.



4 Scott & Charlene's Wedding - Any Port In A Storm (Fire)
Est-ce un disque de garage ? Est-ce un disque d'indie pop (ou rock) ? Je ne sais pas trop, sûr qu'on y entend du college rock 90 mais aussi un côté "Dunedin Sound" sans oublié un parler-chanter de story teller de la vie quotidienne qui n'est pas sans rappeler Dylan en moins frondeur. Vous vous doutez qu'avec ce genre de description le groupe rempli pile poil les critères de sélections précis pour plaire à Requiem Pour Un Twister. Dans le mille Emile.


5 Maston - Shadows (Trouble In Mind)
Le psychédélisme était le mot de 2013. Il y a des chances qu'en 2014 ce soit également le cas. Si nous avons été déçu par certains disques (à tel point qu'ils ne figurent pas dans ce top 50) d'autres nous ont émerveillés comme Shadows de Maston. Cet américain a pondu un disque transcendant ses influences. Un disque qui porte l'imaginaire loin et haut.


6 Jagwar Ma - Howlin' (Marathon Artists)
Juin 1997, la mythique Haçienda ferme définitivement ses portes, le club de Manchester sera a jamais ancré à la réconciliation quasi-impossible des popeux et des ravers. Dans un monde aussi segmenter et cliver que le nôtre, le club et ses DJs (ainsi que ses dealers d'acides) auront autant contribuer à la révolution techno qu'à la révolution indie, autant dire que c'est certainement l'un des lieux musicaux les plus important de notre ère. Si le terme "electro-rock" est fâcheusement galvaudé, presque une insulte pour nous (alors que nous aimons les deux mondes), or Jagwar Ma, à la manière des glorieux Happy Mondays et Stone Roses, réussi la synthèse idéale. Oui Howlin' est un disque revival baggy, mais putain qu'est ce que ça fait du bien d'entendre un groupe de rock qui sait faire de la musique électronique (à moins que ça soit l'inverse).



7 Dream Boys - s/t (Art Fag)
Ce blog est dévolue à la musique de genre. L'indie-pop est un de nos genres musicaux fétiches. Elle représente une pensée, une éthique au arrefour du DIY, la pop 60s des Byrds ou du Velvet, des idées du punk et post-punk et un tas d'autres trucs super cool à nos yeux. Dream Boys ont signé un disque indie-pop jangly , hymne à la 12 cordes aussi bandant que lumineux. RPUT aime les Dream Boys et l'indie-pop.
  

8 Thee Oh Sees - Floating Coffee (Castle Face)
Thee Oh Sees est un de nos groupes préférés depuis 4-5 ans, or jusqu'à maintenant, leurs sorties albums n'atteignaient pas toujours la qualité escompté (le très surestimé Carrion Crawler/The Dream) et certainement pas leurs prestations lives (cette année encore, celle du Trabendo, fut hallucinante), si on attend toujours d'eux l'album pierre angulaire, Floating Coffee s'en est vraiment approché. Thee Oh Sees ont rarement aussi bien tenu la longueur, ont rarement été aussi concis, efficace et complet, leur formule Garage-Kraut est vraiment maîtrisée à la perfection et ils peuvent même se permettre des formidables (Minautor) digressions. A notre avis, leur meilleur album depuis Help.


9 Orval Carlos Sibelius - Super Forma (Clapping Music)
Deux disques français dans le top 10 (dont le numéro un !), cinq de plus dans les 50, sans compter ceux qui s'en approchent. La France se porte très bien musicalement. On est par exemple tombé sous le charme de Super Forma magnifique disque psychédélique d'Orval Carlos Sibelius qu nous fait un effet un peu similaire à celui de Chris Cohen l'an passé: un pied dans la pop baroque, un autre dans le prog bizarre.



10 Boogarins - As Plantas que Curam (Other Music)
Invoquant le tropicalisme brésilien d'Os Mutantes ou de Sergio Mendes tout autant que le revival psych contemporain, le duo brésilien Boogarins fût l'une des plus belles découvertes surprises de l'année. Ah ce que la musique peut-être excitante lorsque le métissage, qui fait si peur à certaines franges extrême de notre beau pays, est intelligent ! Boogarins en sont la preuve : un groupe brésilien sorti sur un label new yorkais et adoubé par un blog français, la mondialisation a parfois du bon non ?

mardi 14 janvier 2014

Bilan 2013 : Top Album (1/2)

Voici venu le temps du top album, comme l'année dernière, on vous fait patienter le top 10 avec 40 autres albums qui nous ont plu. Comme chaque année, plein de choses à écouter, trop même, comme toujours des choix difficiles et des dilemmes. Nous avons tranchez, ce sont eux nos préférés. Comme toujours, notre choix se porte sur l'âme, les chansons, les couilles, est totalement subjectif et de mauvaise foi.

11 Dick Diver - Calendar Days (Chapter Music)
Voilà un Australien qui aurait du naître en Californie tant sa musique évoque le glorieux son jangly folk-rock étasunien. Malgré quelques chansons très agaçantes, Calendar Days est traversé par des chansons enivrantes, presque touchées par la grâce. Ce disque nous a tenu chaud tout l'hiver, nous faisant rêver à l'été indien et aux rayons du soleil couchant caressant le duvet de nos bras dénudés.

12 Jessica 93 - Who Cares ? (Teenage Menopause)
Boucles obsédantes, un album sombre à la violence contenue. Avec une mention aux deux morceaux en français.

13 The Lucid Dream - Songs Of Lies And Deceit (Great Pop Supplement)
Un de nos disques anglais favoris de l'année. Du shoegaze bien brutal mais inspiré mélodiquement. Mention au magnifique vinyle de Great Pop Supplement.
14 Foxygen - We Are The 21st Century Ambassador Of Peace And Magic (Jagjaguwar)
Ce groupe est fou, oui, il est siphonné du ciboulot, il n'a que faire des conventions et expérimente, parfois, on a l'impression qu'il ne sait pas où aller, perdu dans les méandres de leurs synapses, souvent tout ça conduit à une illumination, un moment magique puis, d'un coup, il peut retomber dans ses travers (le pastiche Rolling Stones). We Are The 21st Century machin est certes inégal, mais qui dans ses bons moments frise le sublime.

15 Triptides - Predictions (Stroll On)
On leur prédit un bel avenir à ces américains de Bloomington. Disque d'été à écouter même l'hiver.
16 Blackmail - Bones (Malditos)
Plus efficace que la josacine pour se démettre la cervelle.
17 The Mantles - Long Enough to Leave (Slumberland)
Les Mantles continuent leur trajectoire sans faute. Peut être l'un des groupes les plus méconnus et sous-estimés de la très riche scène de SF.

18 Halasan Bazar - Space Junk (Crash Symbols)
Zinzins de l'espace Danois en calvacade psych-folk-rock ? Attention, l'Ampli contre attaque.

19 Warm Soda - Someone For You (Castle Face)
On ne sait pas si Matthew Melton a trouvé quelqu'un pour lui mais ce Soda là n'est pas éventé.
20 The Courtneys - s/t (Hockey Dad)
Les années 90s, les chemises en jean, les cheveux longs, les casquettes, les jeans troués, les vans montantes, les copains, le skate, le surf, le punk-rock, le grunge, les t-shirts trop larges tie & dye, sub-pop, Slumberland, MTV, The Courtneys.
21 Bleached - Ride Your Heart (Dead Oceans)
Ce Blondisque est bien et javel dire à tout le monde.

22 Elephant Stone - s/t (The Reverberation Appreciation Society)
On se doute que les intéressés sont fans des Stone Roses, mais ils y mettent les formes. Un album psychédélique à la cool qui évoque autant le Madchester que la Californie voir l'Ecosse, le mieux c'est encore de l'écouter !

23 Holy Wave - Evil Hits (The Reverberation Appreciation Society)
Les 10 commandements du rock psychédélique nous ont emmenés sur le Mont Sinaï. Chantons leur un Alléluia.

24 Weekend - Jinx (Slumberland)
Weekend signe un des meilleurs disques édités par Slumberland cette année. Un Shoegaze puissant qui fait le pont entre Factory et Creation. Un album que l'on peut aussi écouter en semaine.

25 Joanna Gruesome - Weird Sister (Fortuna Pop)
Il est super ce deuxième album de Veronica Falls, ils ont changés de nom ?

26 Alba Lua - Inner Seasons (Roy Music)
27 Beaches - She Beats (Chapter Music)
28 Kelley Stoltz - Double Exposure (Third Man)
29 Wavves - Affraid of Heights (Mom+Pop)
30 Machinedrum - Vapor City (Ninja Tune)


31 The Sufis - Inventions (Ample Play)
32 Minks - Tides End (Captured Tracks)
33 Kaviar Special - s/t (Howlin Banana)
34 Fuzz - s/t (In The Red)
35 Jonathan Rado - Law and Order (Woodsist)


36 Beach Fossils - Clash the Truth (Captured Tracks)
37 Blackfeet Braves - s/t (Lolipop)
38 Proper Ornaments - Waiting For The Summer (Lo Recordings)
39 Kevin Morby - Harlem River (Woodsist)
40 Yuppies - s/t (Dull Tools)


41 Spray Paints - Rodeo Songs (S-S Records)
42 Burnt Ones - You'll Never Walk Alone (Burger Records)
43 Ty Segall - Sleeper (Drag City)
44 Night Beats - Sonic Bloom (The Reverberation Appreciation Society)
45 Soundcarriers - the Other world of (Great Pop Supplement)


46 The Mergers - Monkey See Monkey Do (Soundflat)
47 Mount Kimbie - Cold Spring Fault Less You (Warp)
48 Feeling of Love - Reward your Grace (Born Bad)
49 Cosmonauts - Persona Non Grata (Burger Records)
50 The History Of Apple Pie - Out Of View (Marshall Teller)


Ils ont été cités mais sont tombés au pied du podium : La Femme, Last Night, Dead Ghosts, Pins, La Luz, Dirbtombs, Mozes And The Firstborn, The Resonars, Jacco Gardner, Golden Grrrls, Ex Cops, Surf City, Veronica Falls, Mind Spiders, Pendentif, Bass Drum Of Death et Glitz