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mercredi 14 juin 2017

Achats Récents #8

Déjà le huitième épisode d'achat de disques ! Celui-ci est partagé entre achats sur le net et en disquaires, profitons de l'occasion pour dire un mot sur ces derniers.

Born Bad est une institution parisienne, située initialement rue Keller (dans laquelle je vous recommande Pop Culture Shop), elle est désormais au 11 rue St Sabin, toujours dans le quartier de Bastille. Connue pour être une boutique orientée garage, punk, surf, rock&roll, les styles proposés évoluent régulièrement s'ouvrant au post-punk, à l'expérimental etc. éclectique à l'image des goûts de Mark et Maxime. Le disquaire mêle neuf et occasion. Coté nouveauté, Born Bad est l'une des boutiques les plus attentives au prix, il est probable que le catalogue de In The Red ou Castle Face y sera moins cher que dans la plupart des boutiques généralistes indépendantes françaises, la boutique travaille d'ailleurs régulièrement en direct avec les labels. Coté occasion, les prix sont très variables (depuis un euro jusqu'à des centaines) et généralement proches des prix du marché (en fonction de l'état bien sûr). N'espérez pas y faire une affaire de dingue mais par la sélection offre souvent de très belles pièces que l'on voit rarement chez les disquaires et généralement plutôt réservées au net ou aux conventions. De fait si vous cherchez à vous faire plaisir sur des disques de collection en sixties, punk, français etc. il y aura sûrement un vinyle pour vous chez Born Bad ! Personnellement c'est une de mes deux boutiques de neuf principales (avec Pop Culture) et un des mes endroits préférés pour le 60s d'occasion à Paris.

Plus de Bruit est une boutique également très connue des amateurs parisiens, situé au 35 rue de la Rochefoucauld. Nous sommes nombreux à nous accorder pour dire qu'il s'agit d'un des meilleurs spots d'occasion à Paris. Jean Paul a un choix très varié, pointu aussi bien en rock indé, punk, garage, jazz qu'en rock français. Les disques sont l'immense majorité du temps dans un état irréprochable: voir des EPs 60s français en EX/EX ça n'a rien d'une évidence ! Les prix sont très honnêtes, les collectors pas très chers (politique de prix de la maison) et on peut en plus y faire quelques bonnes affaires. En revanche Jean-Paul fait très rarement des prix sur l'addition finale mais honnêtement ce n'est pas bien grave car nous sommes toujours assuré de repartir avec des disques intéressants, pas courants et dans un état fantastique. Au fil du temps, j'y ai trouvé aussi bien de l'indie (des disques Sarah, AR Kane, Sneetches, Chapterhouse, Cast, Telescopes) que du français (Asphalt Jungle, X Ray Pop, Ticket,...). 

Alice Dona est une chanteuse bien connue des amateurs de sixties français. Si elle est absente de la célèbre série Swinging Mademoiselle référence absolue du genre, on la retrouve citée dans la série Ultra Chicks notamment avec le morceau principal que nous allons évoqué. Au rayon biographie, notons qu'Alice Dona écrit une grande partie de ses morceaux. Elle fait par la suite carrière dans le songwritting, dans les années soixante dix, signant pour Serge Lama, Joe Dassin, Dalida, Sylvie Vartan etc. Au milieu des années soixante elle se marie avec Bernard Ricci des Célibataires (groupe dont je pourrais éventuellement parler un jour) avec qui elle a Raphaëlle Ricci, coach artistique bien connue des gens qui ont regardé la télévision dans les années 2000 (je vous donne un indice: une émission qui a eu pendant une saison une reprise de Gilbert Bécaud en générique). C'est pas Prudent est une composition co-signée par Alice Dona et un certain Bob Roberts (en tout cas selon discogs). Je n'arrive pas à savoir s'il s'agit d'une reprise ou d'une composition originale, je penche plus pour la seconde option... Néanmoins voilà un super morceau early 60s groovy avec un excellent orgue et une orchestration réussie. Sur un tempo modéré dans un style qui me semble proche du pop corn oldies Alice Dona nous narre le plaisir de rouler vite, un sujet politiquement incorrect en 2017 ! 
 
 
Continuons avec cette curiosité de Georges Jouvin Trompette d'Or. Pendant les années 60 et 70, il fut un grand vendeur de disques en France à partir d'un répertoire de reprises effectuée à la trompette. Il fut administrateur et vice-président de la SACEM également. La demoiselle l'accompagnant sur la photographie semble être sa femme Dominique souvent présente sur les pochettes de ses disques. Il me semble que son répertoire habituel n'est guère au goût de ce blog, mais peut-être se cache-t-il quelques curiosités à découvrir en plus de celle-ci ? je vous promets d'enquêter ! Cet EP est très convenable dans l'ensemble avec une excellente surprise qui m'avait fait mettre le disque sur ma wantlist puis l'acheter le week-end dernier: Rhythm & Blues For Trumpet. Si l'arrangement légèrement Tijuana Brass à la Herb Alpert a un petit coté ringard, c'est largement contrebalancé par une super assise rythmique (le son de la batterie et de la basse sont excellents) et un excellent orgue ! Plaisir légèrement coupable mais étonnante curiosité bien groovy à l'image de la pochette !


Attention, un 45 tours non référencé sur discogs ! Cependant il est possible de trouver quelques informations sur le net et ... du son. Paul Sylvan de son vrai nom Léoni, n'a sorti sous ce pseudo que cet unique 45 tours en 1964 mais il a fait quelques 45 tours supplémentaires dans les années 70 sous son véritable nom. À noter qu'un article de 2012 du Parisien est consacré à son combat pour les séniors. L'EP dans l'ensemble est de bonne facture dans une veine twist mais le meilleur morceau est certainement Si Nous Portons Blouson un excellent morceau groovy avec de l'orgue, un peu dans une veine pop corn oldies comme le morceau d'Alice Dona mentionné précédemment. Il est accompagné par un orchestre dirigé par Gérard Levecque (orthographié ainsi sur le macaron), probablement le Gérard Lévêque qui fut membre du groupe de Django Reinhardt et de l'orchestre de Jacques Hélian.


Finissons cette huitième session par un groupe américain de funk des années 70 The Jimmy Castor Bunch. Luther The Anthropoid est un copié-collé réalisé un an plus tard du tube qui a fait connaître la formation: Troglodyte (Cave Man). Bien que la recette soit identique, cela fonctionne tout aussi bien ! La rythmique est sauvage et puissante, deux guitares se répondent dont une fuzz diabolique, Jimmy Castor hurle, nous conviant à une fête orgiaque et primitive... Pour l'instrumentation cela me fait penser à la phase psychédélique des Isley Brothers en plus dansant, tandis que la voix évoque Screamin' Jay Hawkins ou Arthur Brown dans cette manière de théâtraliser le chant. Excellent morceau (face b moyenne en revanche) !

samedi 10 juin 2017

Achats (très) récents #6

Quelques achats internet !

Danyel Gérard est l'un des premiers rockeurs français avant même notre Johnny national: il publie son premier disque en 1958. Sa carrière est cependant mise entre parenthèse lorsqu'il part à la guerre d'Algérie. Entre 1962 et 1964 le français né d'un père arménien et d'une mère corse profite de la vague twist pour s'imposer comme une valeur sûre de la variété française. Le milieu des années soixante le favorise moins avant son grand retour en 1969 et l'énorme tube international Butterfly. Les collectionneurs connaissent Danyel Gérard pour le psychédélique Sexologie un classique des compilations Wizzz dont le 45 tours se négocie actuellement dans les 80€ ! Pensez à le prendre si vous le voyez en broc' quoi que la probabilité soit rare tant ce disque est bien identifié. Peut-être plus commun ou moins reconnu, je vous recommande également le fabuleux Le Vieux Sur La Montagne... Autre découverte: Monsieur Le Percepteur sur l'EP "66". Je n'ai pas l'impression que le disque soit particulièrement courant mais il n'est pas non plus très recherché, par conséquent il apparaît exagéré de le payer plus de 10€ à moins qu'il ne soit dans un état parfait... Ce morceau est un tempo intermédiaire porté par une fuzz et un excellent texte. La composition co-signée par Danyel Gérard est arrangé par... Jacques Denjean bien que l'on s'éloigne de son domaine de prédilection pour aller vers quelque chose de presque garage! Un excellent morceau pour compléter votre collection de rock français 60s.


Revenons un an en arrière, en 1965 avec les Moustaches pour un de leurs trois EPs enregistrés pour le label Monte-Carlo. Cette structure a-t-elle un lien avec la série Radio Monte-Carlo du label Président dans laquelle on trouve l'excellent EP de Michèle et ses Wouaps ? Compte-tenu des dates et de la présence dans les deux catalogues des premiers groupes de JP Massiera (Milords et Monégasques), la possibilité existe cela ne repose sur aucune information concrète, d'autant plus que la proximité entre Nice et Monaco rendrait assez aisé qu'un musicien vogue entre deux labels installés sur le rocher. Je n'ai pas non plus d'informations particulières sur les membres du groupe. On ne retrouve pas nécessairement dans les crédits des autres disques des noms en commun en dehors de l'arrangeur Gérard Poncet. Les deux morceaux les plus intéressants sont signés par Gilles Jérôme et Touladi. Le premier a contribué a quelques autres disques de pop notamment pour Delphine, Herman's Hermits ou encore Claude Righi. Plus amusant, nous pouvons retrouver les deux compositeurs associés à des disques catholiques d'Unidisc et Pastorale et Musique...Donne-Moi est un sympathique morceau twist/groovy, pas désagréable du tout, avec un bon orgue. Le meilleur selon moi est Les Copains de La Bande un tempo relevé avec une chouette fuzz et une bonne composition ! 


Plus le temps passe, plus je me surprends à chercher des disques de Sylvie Vartan. Cet EP de 1963 contient une excellente version du classique de Mel Tormé Comin' Home Baby. Si le disque est orchestré par le grand frère de Sylvie, Eddie Vartan (très présent sur les disques de sa sœur, de Johnny mais aussi Larry Greco), je ne peux déterminer avec certitude la présence de Mick Jones et Tommy Brown (collaborateurs très réguliers de Sylvie, Johnny mais aussi de Ronnie Bird par exemple). Ne t'en va pas mon amour est une excellente interprétation du classique de Mel Tormé, super solo d'orgue, super son, bref les disques français comme on les aime ! Par contre ne pas s'attendre à une dynamique de dingue sur l'EP 45 tours, d'autant plus que ceux de Sylvie sont souvent rincés !


Finissons cette sixième session en allant dans les 70s et plus précisément en 1973 avec Achille et les Slagmen. La face A Slag Solution est une tentative de morceau pour danser (comme Pop Corn, The Twist, The Jerk, etc.) médiocre.  La Face B en revanche mérite toute votre attention. Stop 27 signé de Claude Robert et son orchestre est en effet un excellent morceau instrumental funky/progressif...  À priori il s'agirait de la même version que sur le très rare 45T comportant Sunshine of Your Love du même Claude Robert.

 

samedi 31 décembre 2016

Jef Gilson "Christ Nous Venons à Toi"

En février dernier nous évoquions l'Abbé Noël Colombier auteur d'un mémorable jerk catholique bien connu des collectionneurs: Jette La Pierre. Aujourd'hui, en ce dernier jour de l'an 2016, découvrons un autre trésor du patrimoine catholique dans la musique populaire: Christ Nous Venons à Toi de Jef Gilson. Le disque est paru chez Pastorale et Musique dans la collection Louez Dieu, un label spécialisé dans la musique religieuse, la date de sortie est plutôt difficile à définir, l'année annoncée par discogs me semblant fantaisiste (1970). Pour ma part je pencherai pour la première moitié des années 60 compte tenu du son et du style de l'enregistrement, à noter que les disques de la collection qui l'encadrent (les volumes 3 et 5) sont de 1963, une date me semblant plus plausible à bien des égards.

La question de la date n'est pas anodine, en effet, la Jesus Music se développe à la fin des années soixante aux États Unis quand des hippies reborn se mettent à jouer la musique qu'ils écoutaient précédemment en louant Dieu. L'idée de marier musique populaire séculière et textes religieux pourrait donc être apparue en France avant. Elle se développe aussi en Angleterre avec l'explosion beat donnant lieu à de nombreux groupes chrétiens jouant dans le style des Beatles, parmi lesquels le plus connu étant peut-être les Joystrings au service de l'Armée du Salut... En France il existe ainsi des disques assez similaires dont un certain nombre aurait presque un son et un style garage, cependant la majorité de la production est plus orientée vers le jazz comme en témoigne Christ Nous Venons à Toi.

Le 45 Tours convie quelques figures bien connues de la musique catholique française des années 60 et 70 parmi lesquels Guy de Fatto (ici auteur des texte, musicien de jazz), l'aumônier des artistes et la chanteuse Christiane Oriol, invitée régulière des productions religieuses. Cependant le reste du casting réserve quelques surprises fort intéressantes. Il y a bien sûr Jef Gilson qui dirige la formation: un musicien de jazz émérite, qui s'il a toujours été un peu à la marge du milieu français, n'en constitue pas moins l'une des figures les plus libres et étonnantes. Ce dernier peut compter sur un ensemble de musiciens de très bonne tenue.  Jean Schulteis est à la batterie, dans les années 70 et 80, l'intéressé est un musicien très demandé (Johnny, Michel Berger, Michel Jonasz, Julien Leclerc...) , parmi mes contributions préférées du batteur je suis obligé de citer la reprise délirante de wild thing par Sublime De Luxe qu'il a produite avec Claude Putteflam pour Flamophone (Système Crapoutchik, Ilous et Decuyper). Jacky Bamboo aux percussions fut lui membre de l'orchestre de Jacques Hélian. Nous trouvons Guy Pedersen à la basse, musicien d'illustration sonore mais aussi dans de nombreuses formations de jazz, nous l'avions déjà croisé ici puisqu'il participa à l'aventure Henry Cording. À la guitare, Pierre Cullaz, autre musicien de jazz, présent notamment sur l'excellent disque Riviera Sound N1 de Big Jullien and His All Star. Enfin terminons ce tour par le fabuleux organiste Eddy Louiss, ancien membre des Double Six et certainement un de mes musiciens préférés à cet instrument en France. Je vous reparlerais de lui certainement un jour !

Si les 4 morceaux de l'EP ne sont pas tous fantastiques, deux s'en dégagent nettement. J'irai vers le Seigneur est un sympathique morceau groovy avec une légère influence latine. La pièce de choix est pourtant Christ Nous Venons à Toi où les musiciens sont particulièrement bons, notamment Eddy Louiss absolument irrésistible à l'orgue, il emballe le morceau d'une grâce folle. Bien sûr l'ambiance religieuse pourra en freiner certains mais écoutez la musique: vous n'entendez pas les échos de Jimmy Smith qui soufflent le long de ces 2 minutes et 17 secondes ? absolument superbe !

mardi 20 décembre 2016

Michèle et ses Wouaps "Dam-Dam"

L'explosion des Beatles ne doit pas nous faire négliger la musique produite avant. Il y a bien sûr le Rock & Roll, bande son de la jeunesse d'après guerre, musique de la révolte et l'affirmation d'une classe d'âge, mais nous pourrions aussi évoquer le doo-wop, une musique chantée par des ensembles vocaux noirs ou blancs (souvent d'origine italienne) américains dont les harmonies soignées résonnaient à travers les jukebox... 

En France, le démarrage du rock fut plutôt lent et laborieux mais au début des années soixante nous fûmes convertis au twist et yéyés. La plupart des productions locales furent calquées sur les tubes internationaux traduits, pourtant certaines versions nationales ont un charme unique qui les rendent parfois tout aussi agréables voir convaincantes que leurs homologues. Plus rare furent les créations originales, l'unique 45 Tours de Michèle et Ses Wouaps paru en 1963, est ainsi composé de 4 chansons inédites signées par ce qui semblent être des membres du groupe: Michèle Savey (chant), Gérard Gosselin (clarinette ?) et Robert Teller (guitare solo). Le 7 pouces est globalement agréable: jour de lumière est certainement le morceau que j'aime le moins (un peu trop fleur bleu), les deux titres de la face B sont charmants, en particulier le réussi wouap wouap. Un titre se dégage particulièrement des autres: la superbe Dam Dam. Elle est très bien interprétée: voix maîtrisée et touchante, chœurs doo-wop très réussis, la guitare solo a ce son twangy si cool, un peu sauvage et clinquant... J'adore également la composition: le texte est innocent et typique de l'époque, l'arrangement simple mais très efficace met parfaitement en valeur des mélodies au romantisme échevelé. Honnêtement j'ai envisagé que Dam Dam puisse être une reprise tant le morceau est accrocheur, pourtant tout laisse à penser que c'est une création monégasque ! Le tempo modéré est particulièrement propice à la danse, peut-être faudra-t-il juste penser à ne pas forcer trop sur la caféine et autres substances énergisantes pour pleinement en profiter.

Le groupe, n'a sorti que ce disque ainsi qu'un titre (wouap wouap dans une version différente? à vérifier...) sur une compilation 4 titres découverte "RMC" du label Président partagés avec d'autres formations du cru dont les Milord's (premier groupe de Massiera) et les Gardians (avec deux futurs Eden Rose et un futur Triangle !), dommage, heureusement l'Hexagone a moult morceaux charmants à nous offrir.


lundi 23 mai 2016

Les Bretell's : attachez votre ceinture

Il y a quelques semaines nous évoquions Henri Salvador. Ce dernier en plus de sa propre carrière produisit des groupes et artistes distribués par Philips, puis sous son propre label Rigolo. Parmi eux Tiny Young ou Les Bretell's qui nous intéressent plus particulièrement aujourd'hui. La description au dos de leurs premiers EP sorti en 1963, signée de Salvador, explique le curieux choix de nom: à l'époque des chaussettes j'ai pensé que pour compléter l'habillement de la chanson il fallait des bretelles. Les voici donc en musique. Au delà d'un certain manque d’enthousiasme pour décrire ses poulains, Henri Salvador confirme que le rock n'est pas trop son truc, peut être une question de génération... 

S'il est un des premiers artistes à avoir enregistré du rock & roll en France en compagnie de Boris Vian et Michel Legrand sous le nom d'Henry Cording (youtube), le propos est ironique, les intéressés n'y voyant qu'une mode passagère (wiki) ! Il récidive donc sept ans plus tard en lançant une pique aux groupes twist et notamment les Chaussettes Noires d'Eddy Mitchell (et de Créteil, sisi!). Quoi qu'il en soit nos Bretell's n'évoluent pas tellement dans un registre rock & roll, nous restons dans le spectre d'influences chères à Henri Salvador: jazz, musique brésilienne et latine (notamment bossa nova) etc. et ce, malgré la volonté affichée de pasticher le twist des rockeurs français. Le résultat est néanmoins tout à fait charmant. Chacun des quatre morceaux est d'excellente facture. Deux évoquent des twists ("Lulu d'Honolulu" et "Ne Dis Pas"), "Vous" est un joli slow (youtube) et enfin "Marchand de Melons" est une reprise étrange et amusante du classique d'Herbie Hancock "Watermelon Man" (youtube). Au jazz se substitue un rythme latin, très certainement influencé par Mongo Santamaria (youtube) mais rien ne prépare aux paroles...Elles oscillent entre la connerie abyssale et le génie, elles semblent volontairement stupides et novelty ce qui les rends d'autant plus terribles. Notons les interventions d'Henri Salvador qui ponctuent la chanson de ses rires et enfin d'un très cool solo d'orgue, la dernière touche à cette fascinante reprise d'un classique ultime du jazz. 

dimanche 3 avril 2016

Nancy Holloway: de Cleveland à Paris

J'adore la musique des années soixante. Cette phrase, j'en suis certain, ne surprendra personne. Pourtant mon obsession porte particulièrement sur une courte période: de l'émergence des Beatles jusqu'à l’avènement du psychédélisme et du format album. Je suis donc très heureux de pouvoir évoquer avec vous un disque de 1963, un fait plutôt rare sur ce blog: 4 autres entrées seulement à comparer au plus de 50 articles évoquant 1966 ! 

En rangeant mes disques tout à l'heure, je suis ainsi tombé dans le bac "twist, girl group et rock & roll" sur ce 45 Tours de Nancy Holloway, une chanteuse américaine de Cleveland qui s'est installée en France en 1960 et publiée par le label Decca. Ayant acheté récemment une autre copie (en état très moyen) j'ai eu ainsi l'agréable surprise d'avoir déjà en ma possession un 45T assez propre. Je me souviens des circonstances de l'achat et je suppose l'avoir pris pour le très bon morceau pêchu "Te Parler d'amour", pourtant c'est un autre morceau qui m'a poussé à le racheter une seconde fois (ignorant de facto ce premier geste): la sublime reprise de "Whirlpool" de Wanda Jackson francisée "Tu n'es pas venu". Bien qu'il existe une reprise par Little Clara, groupe de la recommandable maison Q-Sounds, je pense avoir flashé sur la chanson via youtube en écoutant des classiques Oldies Popcorn (le cousin belge très cool de la Northern Soul anglaise), par la magie d'un enchaînement. 

Chaque écoute confirme la précédente: "Tu n'es pas venu" est un super morceau. La composition certes est très forte au départ, mais chaque élément amène un petit truc à l'édifice. Le texte sera peut-être niais aux yeux des plus blasés d'entre vous, il est frais et innocent aux miens. La production et les arrangements sont terribles: l'enchaînement des deux soli (orgue puis guitare) est magique (une configuration déjà présente dans l'originale). Le tempo indolent est une invitation à une danse lascive: pas génial pour danser sous amphétamines, parfait pour chopper. 


mercredi 3 mars 2010

Dionne Warwick - anyone who had a heart (1963)

Burt Bacharach et Hal David ont signé quelques unes des plus grandes chansons de la musique pop, qui n'a pas siffloter un jour "what the world needs now is love" "walk on by" ou "the look of love"? Parmi leurs interprètes préférés une place de choix doit être faite à Dionne Warwick, le trio se fendit de nombreux tubes pendant son existence d'une quasi-décennie. Exemple pratique, avec le superbe "anyone who had a heart". Bacharach et David ont certainement réussi l'association difficile et magique entre musique accessible et subtilité (de la composition, des arrangements), bref la POP dans ce qu'elle a de plus génial et unique.

Burt Bacharach & Hal David did some of the best pop songs ever. Who has never sung a tune like "what the world needs now is love" "walk on by" or "the look of love"? Dionne Warwick was one of their favorite singer, and the three together did a big string of hits during their parternship. Here is an exemple with the awesome "anyone who had a heart" (also covered by Dusty Springfield), a smooth and great song.

Dionne Warwick - anyone who had a heart


samedi 3 janvier 2009

Sam Cooke - Live at the Harlem Square Club, 1963


Au nom de toute l'équipe de la rédaction, je vous souhaite une très bonne année 2009. Nous vous souhaitons une année riche en galettes, en découvertes musicales et tout le tralala!

Pour bien commencer, je vous propose de vous parler de mon disque préféré! Le disque parfait!

Voilà une galette très spéciale. C'est un qualificatif plutôt étrange pour parler d'un disque, mais je veux dire par là qu'il sort vraiment du lot. Ce n'est pas un chef d'oeuvre de plus, le terme est trop galvaudé pour ce disque. S'il est si spécial, c'est parce qu'il est le disque le plus joyeux que je connaisse. L'émotion dégagé ici ne frôle pas le divin, elle le dépasse. C'est à son caractère live, qu'il doit toute sa dimension. La portée n'aurait vraiment pas été la même en studio, parce que c'est bien en live, que Sam Cooke parvient réellement à se révéler. Il est fait pour ça et lui seul est capable de créer une fusion aussi parfaite entre lui-même, ses musiciens et le public. Ce public n'est pas simple spectateur, il fait véritablement partie du show, de la musique, si bien qu'il devient un instrument à part entière. Il chante et réagit aux appels du prédicateur tout en amplifiant sa puissance. Alors que la musique est définitivement profane, les manières et l'ambiance n'ont jamais été aussi divines. Enfin, un dernier ingrédient, loin d'être négligeable permet à ce trésor un décollage exponentiel! Ce sont les musiciens qui accompagnent Sam Cooke et en particulier le grand King Curtis, brillant saxophoniste. Ce soir là, ils se sont montré particulièrement brillants, créant un groove de folie et souvent jazzy.

Ce sont tous ces facteurs (qui relèvent presque du hasard) qui font de ce live, le meilleur disque de soul, et soyons fou, le meilleur disque tout court. Il n'y a vraiment aucune faiblesse (sauf le très classique "on en veut encore"), uniquement des sommets. Si l'on pouvait s'attendre à une brillante prestation, rien ne permettait de penser que nous allions atteindre un tel niveau. C'est une chance incommensurable d'avoir enregistré ce live mais surtout de pouvoir l'écouter! Mais pourquoi, pourquoi?? Oui pourquoi, avoir attendu 1983 pour le révéler? Maintenant, traite de blabla, lancez le disque, levez-vous (vous allez groover des pieds, alors anticipons), fermez les yeux et bienvenue dans mon rêve. Mr Soul arrive et l'on s'y croirait!

écouter un extrait

lundi 23 juillet 2007

Trini Lopez - unchain my heart (1963)

Trini Lopez est un guitariste américain. Il est néé en 1937 à Dallas. Il est repéré par Don Costa au Pj Club, et est signé sur le label de Frank Sinatra Reprise, en 1963 sort son premier album, qui rencontre un franc succès y compris en France, avec ses excellentes covers de If I had a hammer ou Unchain my heart. Ce dernier morceau est interprété dans une veine jazzy et groovy, subtile mais qui donne immédiatement envie de se déhancher.

écouter unchain my heart

Trini Lopez is an american guitarist born in Dallas in 1937. He was discovered by Don Costa at the Pj Club, and was signed on Frank Sinatra's label Reprise. In 1963 he had some chart successes with his live album and singles like if i had a hammer. Unchain my heart is a very good cover from the same period with a nice jazzy feeling.

listen unchain my heart

mardi 15 mai 2007

les Aiglons - stalactite (1963)

Les Aiglons sont un groupe suisse de rock instrumental, mais ils auront surtout du succès en France. Ils se forment en 1961 et en 1963 ils obtiennent un contrat après avoir joué au Golf Drouot à Paris. Ils obtiennent beaucoup de succès avec leur premier ep, grace au titre Stalactite, mais ils n'arriveront jamais à rééditer l'exploit et se séparent en 1966.
Stalactite, tout comme le titre de los Relampagos dont je parlais juste avant, a comme particularité d'être dominé par le son d'orgue, assez peu courant à l'époque (en particulier en 1963), c'est un excellent morceaux.

écouter stalactite

Les Aiglons are a swiss instrumental band, but their were recorded and released overall in France.
Stalactite was their only hit in 1963. As los Relampagos, the lead instrument is an organ.

listen to stalactite