Trouble In Mind n'a jamais eu en France le vent en poupe comme Captured Tracks ou Burger mais le label chicagoan garde une constance admirable à travers les années. 2016 fut à ce titre particulièrement mémorable: troisième album d'Ultimate Painting, second de Chook Race ou encore Deluxe, le premier album des nouveaux venus Omni. Trio d'Atlanta avec un membre passé par Deerhunter (Frankie Broyles), Omni est l'une des plus belles découvertes de l'année écoulée. Deluxe, album ancré dans une tradition rock indé américaine, n'en ai pas moins d'une étonnante fraîcheur. Ses principaux ingrédients en sont pourtant bien connus. Le son brille par sa chaleur, il est légèrement saturé, rustique et bancal. L'album a ainsi certainement été enregistré certainement dans des conditions non optimales chères à toutes les formations slackers (Pavement, Sebadoh...). Des guitares dissonantes grattent avec une certaine vigueur et ce qu'il faut de crunch, elles oscillent ainsi entre giclées post-punk et mélodies fringantes (Afterlife). La batterie explose et relance (Siam) avec entrain quand la basse alterne entre motifs lancinants et lignes entrainantes, presque funky, du moins comme Talking Heads envisageraient la chose (Wire). Omni n'est pas un paradoxe près: trop enjoué (Cold Vermuth) pour les purs et durs du bruit blanc, trop frénétique et indomptable pour les poppeux (Wednesday Wedding), Deluxe ne se laissera appréhender que par ceux qui ont envie d'écouter une musique se jouant des codes tout en ayant l'humilité de ne pas prétendre les dynamiter.
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vendredi 3 février 2017
vendredi 25 novembre 2016
Henri Salvador "sex man"
Henri Salvador est un cas à part dans la variété française, il a publié une quantité incroyable de disques et été très populaire pendant plusieurs décennies. On l'imagine généralement en chanteur pour enfants, comique ou au mieux en crooner aux inflexions bossa-nova. Il a été tout cela mais aussi tellement plus...
J'ai pour ma part un faible pour une période méconnue située entre la fin des années 60 et la première moitié des années 70. À cette époque Salvador a son propre label (Rigolo), probablement l'un des premiers labels indépendants français (!) et sort des disques à un rythme frénétique avec la complicité de sa femme Jacqueline (qui gère le business du label: pressage, distribution...). Salvador s'est ainsi presque totalement affranchi du milieu musical français et fonctionne quasiment en autonomie/autarcie. Il continue d'être très populaire et de vendre pas mal de disques notamment grâce à sa collaboration avec les studios Disney mais publie des disques délirants et vite fait en 45 tours à la chaîne. Dans la même logique, il n'est plus dépendant des studios et des musiciens: il enregistre souvent seul dans son home studio situé dans son appartement de la place Vendôme à l'aide notamment d'une boîte à rythmes. Les détails n'ont rien d'anodin: je n'ai pas d'autres exemples d'usage de boite à rythmes en France avant Henri Salvador. Élargissons le spectre: les premiers tubes avec de la boite à rythmes remontent à la toute fin des années 60 et enregistrer chez soit est tout aussi balbutiant (par exemple Something / Anything de Todd Rundgren fut certainement un des premiers, de même que les disques d'Emitt Rhodes...). Henri Salvador dans sa volonté de ne plus être dépendant des maisons de disque a une démarche d'une modernité étonnante et surtout sonne comme absolument personne d'autres à l'époque dans l'Hexagone, un authentique précurseur !
Salvador semble être aussi sans-filtre et écrit ainsi sur absolument tout et n'importe quoi, c'est notamment le cas de la face A (par ailleurs excellente musicalement) Ah La Garantie Foncière évoquant un scandale financier (comme évoquer sur le très bon article de mon collègue Pol Dodu). La face B est peut-être encore meilleure: Sex Man est un gros délire au texte bien relevé écrit pas le complice de toujours Bernard Michel autour du sexe évidemment. L'époque s'y prêtait particulièrement (l'amour libre, la pilule...) et Salvador avait la réputation d'y être assez porté sur la question, le choix du sujet n'est donc peut être pas si étonnant à l'inverse de l'instrumentation détonante ! Guitare fuzz au son crade, boite à rythmes sous amphétamine, voix perverse... Sur quelques accords jazzy et une mélodie largement pompée sur le thème de Batman, Salvador se lance ainsi dans un inventaire à la Prévert autour du sexe, c'est unique à bien des égards en plus de sonner comme absolument rien d'autre à l'époque en France.
mardi 31 décembre 2013
Jonathan Rado - Law and Order (2013)
Derrière cette pochette me faisant terriblement penser à Badfinger on trouve Jonathan Rado des Foxygen (dont l'album va se retrouver dans la moitié des top de blog pop dont probablement le nôtre). Ce disque solo a été édité par le toujours classe label Woodsist dont on suit ici les sorties avec beaucoup de plaisir (Real Estate, Art Museums, Woods, Babies, etc.).
Law and Order évoque énormément un collègue de label: White Fence. Comme le néo-californien Jonathan Rado a la fâcheuse habitude de saborder ses morceaux voir des les pourrir. Il partage aussi ce goût pour un psychédélisme teinté de folk bancal. Dans le genre inécoutable, on zappera sans scrupule les inaudibles "looking for a girl like you" ou "i wanna feel it now" pour cause de saturation, on peut aussi se passer de la très anodine conclusion "pot of gold" délire 80s boursouflé. Ces morceaux plombent et cassent le rythme d'un disque qui méritait mieux que ça, car Jonathan Rado est capable de petites merveilles de pop psychédélique. "Hand in Mine" est un très joli duo évoquant un Sonny and Cher sous LSD, "Faces" est une magnifique ode au folk-rock californien tandis que "Oh Suzanna" nous transporte en plein Londres plongé dans les volutes de Mellotron. On retiendra aussi les charmantes "all the lights went out in Georgia" ou "Would you always be at home".
Law and Order est un disque frustrant. Jonathan Rado donne l'impression de se saborder volontairement pour ne pas se prendre trop au sérieux, c'est dommage car il y a là matière à un très grand disque et on doit se contenter d'un bon (voir très bon) album. On le recommande tout de même aux amateurs de pop psychédélique lysergique et acide, à condition d'être à coté de la platine pour bouger le saphir de temps en temps.
dimanche 1 décembre 2013
Yuppies - s/t (2013)
Les Yuppies existent depuis 2007 mais n'ont sorti leur premier album qu'en septembre 2013 par l'intermédiaire du label des mecs de Parquet Courts (oui ceux dont l'album de 2012 est dans tous les classements de 2013) Dull Tools.
Il y a ces disques que l'on attend et nous déçoivent et une catégorie plus rare des bonnes surprises sorties de nulle part. L'album des Yuppies entre clairement dans cette seconde catégorie. Je vais avoir du mal à décrire le son du groupe du Nebraska, mais ce n'est pas si loin des collègues Parquet Courts. Les Yuppies maitrisent comme eux l'art de la décharge sauvage art-punk. On pense à Wire qui se battrait avec Fugazi dans un ascenseur. Ce disque est un gros coup de boule dans le bide. C'est déglingué de partout, en roue libre sans tomber dans l'auto-indulgence. Les Yuppies te veulent du mal, mais pour ton bien, ils hérissent tes poils, tu en as des frissons. Les guitares tranchent les jugulaires pendant que la batterie te martèle le cerveau. Si tu pensais que la basse allait te sauver c'est raté, entends-tu tous ces cris ?
Le bonheur se trouve parfois dans la douleur semble dire ce disque. Masochiste ? Peut être mais que c'est bon !
vendredi 25 octobre 2013
Prosperi Buri - Gloria (2013)
Je ne sais pas grand chose de Prosperi Buri, si ce n'est que c'est son second 45 tours, qu'il dessine et qu'il est français (breton apparemment), j'ai acheté son disque un peu au pif parce que la pochette m'intriguait et après que mon disquaire préféré (pop culture pour ne pas le citer) m'ait fait écouter un extrait. Il est assez rare de voir des groupes évoluer dans ce genre d'indie pop en France. J'aime tout particulièrement la chanson titre Gloria, avis aux amateurs des Pastels, on y retrouve la même ambiance étudiant nerd et timide chantant à moitié à côté, cette musique de jeunes gens discrets et (un peu trop souvent) bien élevés. Le reste de l'EP lorgne plutôt vers un noise pop lo-fi, slacker jusqu'au bout des ongles, qui a certes un peu du mal à se défaire de ses influences (est-il vraiment nécessaire de les citer ?), mais le groupe le fait et l'assume avec tellement d'honnêteté (voir de naïveté) qu'on s'en fout. En dehors, de cet accent anglais un peu approximatif, cet EP est vraiment bien, le même en français et je vous embrassais sur la bouche (et avec la langue).
jeudi 12 septembre 2013
Mujeres - Soft Gems (2012)
Mujeres est une des meilleures formations de garage-rock espagnoles. S'ils ne sont pas très connus ici (malgré quelques dates à Lyon ou Paris récemment), ils ont publié deux albums et plusieurs 45 tours depuis 3-4 ans. Soft Gems leur second lp est sorti l'année dernière mais mérite largement que l'on y revienne.
Les espagnols pratiquent un garage dans les règles de l'art, on pense aux Black Lips, Dead Ghosts etc. Ils y injectent une bonne dose de guitares country. L'album alterne entre morceaux nerveux et mid-tempos poisseux empruntant quelques détours pop charmants. La production est sauvage sans être confuse. Il y a de la clarté pour mettre en valeur les mélodies (l'excellente vignette pastelle 50s "i'm over with you") mais la cohésion du groupe est respecté. Sur les morceaux les plus calmes et avenants ("soft gems part 2") la production a quelque chose d'un Spector garage. On regrette un peu que le groupe n'ait pas proposé d'avantage de chansons dans sa langue maternelle car la seule présente (le tube "salvaje") est terrible et aurait mérité d'être accompagnée !
Mujeres propose avec Soft Gems un disque solide et inspiré qui évite l'enchainement "à fond" et s'autorise quelques respirations bienvenues. Le groupe a un grand sens des mélodies et un super son de guitare, on espère aussi qu'ils creuseront à l'avenir un peu plus du coté de l'espagnol ça pourrait en faire un des groupes de garage les plus cool de la terre.
mardi 13 août 2013
Teenage Moods - Grow (2012)
De Teenage Moods on avait chroniqué l'album précédent fin 2011, un peu plus d'un an et demis plus tard il est temps pour nous de chroniquer leur dernière livraison en date (parue fin 2012 arrivée à nos oreilles il y a quelques mois).
Grow ne changera pas vraiment la donne par rapport à son prédecesseur Mood Ring. On est toujours dans le registre de cette pop mal peignée un peu rude mais qui se laisse apprivoiser pour mieux dévoiler ses contours mélodiques. Les mecs sont toujours aussi fans d' indie 90s sans pour autant sonner comme un pastiche de Pavement, ce serait plus comme si le groupe avait été cryogénisé 20 ans et remis en service aujourd'hui. Le disque est peut être même un peu plus abouti et travaillé que l'album de 2011, une progression agréable et appréciée, malgré son coté 90s Grow est surtout assez intemporel dans son approche pop direct et sans superflu.
Grow ne sera pas un classique mais c'est un disque charmant qu'on se surprend à écouter souvent et à remettre régulièrement sur la platine avec des presque petits tubes comme rock man. Teenage Moods pourrait-il monter en première division, rien n'est moins sûr mais tant que l'équipe régale ses spectateurs et remplit le stade le dimanche, qu'importe non ?
samedi 29 décembre 2012
The Hairs - Birds Shit Then Sing (2012)
Plus le temps passe plus j'ai un faible
pour l'indie pop bancale, psych parce que lo-fi (ou l'inverse ?), bricolée avec un magneto, quelques
instruments pas chers et diffusée à tirages confidentiels sur
cassette. Ça tient sûrement d'une forme de snobisme, mais aussi que
ça m'amuse énormément d'acheter des trucs sur un format obsolète,
en parler avec trois personnes et les mettre sur des compilations
pour ma girlfriend (soit tout le paradoxe de mettre de la musique pas
vraiment sexy pour une fille qu'on veut séduire) ou dans des listes
à la con façon High Fidelity. The Hairs qu'on a beaucoup vu cette
année, notamment chez WeePop ou le single club de chez Odd Box a
également sorti une cassette 2 titres chez Old Flame Records (CloudNothings, Total Babes, The Pharmacy...) limitée à 100 exemplaires.
On retrouve donc ce goût prononcé pour les paroles à la con, les
fringues de friperie, le look moitié ringard moitié cool et cette
passion pour l'indie-pop néo-zélandaise 80s façon Flying Nun. La
face A, Birds Shit Then Sing est cool mais me gène un peu à cause de sa boite à rythme
caca d'oiseau. Par contre, j'adore vraiment la face B Finally !, qui bien
enregistré, bien joué, bien chanté aurait presque pu être un
tube, mais mal joué, mal enregistré, mal chanté comme ici devient
encore plus un tube. Si vous n'avez rien compris à cette chronique,
normal, c'est sûrement parce que j'assume mal d'aimer autant de la
musique de gros nerd qui mangent bio et font du commerce équitable, ça nuit à mon image de mâle viril.
mercredi 19 décembre 2012
Eets Feats – Ghost Slacks (2012)
Dead Ghost, Ranch Ghosts, Ghost Slacks, le fantôme c'est une tendance lourde chez les garageux apparemment. Eets Feats est un groupe d'Austin Texas dont je ne sais absolument rien (ça arrive, on ne lit pas toujours la bio des groupes avant d'acheter leurs galettes n'est ce pas), à part qu'il est plutôt nouveau dans le game. Ils ont sorti leur premier disque, un split single chez Aye Aye Aye, il y a tout juste un an. Je les découvre à l'instant par l'intermédiaire de ce flexi single carrément cool sorti chez Rotted Tooth Recordings et acheter parce qu'il y en avait également un de Heavy Times et un de Cave dans le pack. Inutile de tergiverser plus que ça, très addictifs, les deux titres envoient du garage-punk trashos et lo-fi sur-gonflé à la testostérone surf, qui donne envie de se mettre les uns sur les autres et de cogner du relou de pogo. Le riff du premier morceau est vraiment réussi et le chant félin sur Where's The Water At n'est pas sans rappeler les grognements et éructations psychédéliques de Cosmonauts sans le côté biker rincé au Jack Da, ou des Oh Sees pré-Kraut particulièrement nonchalants. Dans la série single qui défonce sorti de nulle-part, Eets Feats se pose bien en tout cas !
Ce disque se trouve chez Midheaven ou surtout directement chez Rotted Tooth Recordings et vous pouvez télécharger les deux morceaux sur les liens bandcamp ci-dessous. Ceci dit, vu la qualité des artworks sérigraphiés, je vous conseillerais bien de dépenser 5 balles intelligemment !
Ce disque se trouve chez Midheaven ou surtout directement chez Rotted Tooth Recordings et vous pouvez télécharger les deux morceaux sur les liens bandcamp ci-dessous. Ceci dit, vu la qualité des artworks sérigraphiés, je vous conseillerais bien de dépenser 5 balles intelligemment !
dimanche 9 décembre 2012
Burnt Ones - Meet The Golden One (2012)
Je ne vous en parle que maintenant de Burnt Ones et c'est un vrai scandale ! Sachez-le, ils font parti de ces groupes que j'aime vraiment bien, de mes petits chouchous pour tout vous dire. Et pourquoi ? Parce que c'est un groupe qui prend de vrai parti pris sonore et musical. S'il ne fait aucun doute que le groupe pompe outrageusement l'héritage glam, T-Rex en tête, j'aime leurs façons d'avoir des batteries en carton qui sonnent comme des sons de boites à rythmes cheap sous-mixées, de faire dans le psychédélique trompe-l'œil grâce cette voix baignées de reverb et qui donne parfois dans un coup d'échos à bandes et ces choeurs sous hélium. Ça donne un glam rock extra-terrestre, sexuel, un peu con, forcément théâtral et amusant, comme devrait toujours l'être le glam rock en fait. Sur ce single sorti en début d'année, le premier depuis le super album Black Teeth & Golden Tongues, la face A, Meet The Golden One est un mid-tempo chaudcacao où la fuzz te bourdonne dans la tronche avec au fond une chorale de travesti, le deuxième, LUV, fait encore monter ton niveau d'hormone dans une bonne vieille chanson d'amour, de « je te veux » comme on les aime toujours, celle qui te fait regarder cette fille ondulant court-vêtue à l'autre bout de la piste de danse avec ton regard le plus perçant et vicelard (un jour il faudrait que j'arrête de ne m'adresser qu'aux garçons, mais excusez-moi, je ne sais pas vraiment ce qu'est d'être une fille et d'écouter des chansons licencieuses).
Vous pouvez acheter le disque, sorti avec les toujours pertinents Burger Records, sur le site du groupe (n'hésitez pas à grouper vos achats avec leurs autres disques, tous aussi bons !).
PS : leur "rare" et très bon premier single est également en téléchargement gratuit ici.
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mercredi 5 décembre 2012
Ranch Ghost - New News (2012)
C'est marrant, il y a des disques comme ça qu'on laisse traîner à côté du tourne-disque et qu'on se retrouve à écouter souvent, très souvent, très très souvent... C'est exactement le cas de ce 45 tours de Ranch Ghost, pris un peu au pif sur Jeffery Drag, car je voulais le split Turbo Fruits / Bad Cop. Au final, si ça ressemble parfois beaucoup à du Black Lips ou les disques Slovenly, à l'instar des canadiens Sam Coffey & The Iron Lungs, je ne cesse de me le remettre encore et encore, la faute a un morceau titre fort efficace, balançant vaillamment ces saillies de guitares pseudo-country au milieu d'un rock poisseux et terreux qui fleure bon la cave sordide et humide d'un tripot de Nashville. New News est forcément la plus réussie des deux, mais The Water, même si elle commence comme un plagiat/hommage à What I'd Say ne démérite pas. Je ressens, en tout cas, un certains potentiel chez ce groupe de Nashville, ville très en verve ces derniers temps (qui après détroit et SF, est en train de devenir l'une des nouvelles plaques tournantes de la bonne came ricaine) et si, je ne peux être sûr que ce groupe percera un jour, ils nous réserveront certainement quelques bons vinyles (je n'ai pas encore eu l'occasion d'entendre celui sur Cass) à faire écouter au moment de la pause clope aux filles/garçons que vous faîtes monter dans votre garçonnière/chambre.
lundi 12 novembre 2012
Acid Baby Jesus - Hospitals (2011)
Slovenly est devenu maître de l'international garage, avec, si j'ai bien compris, des succursales situées un peu partout, des Etats-Unis à la Greece en passant par l'Italie, on est plus du tout surpris de les voir dégotés des garage band exotiques. Les grecques d'Acid Baby Jesus n'est pas non plus né de la dernière pluie acide, les Inch Allah en ont déjà d'ailleurs parlé pour leur cassette autoproduite, c'est là que j'ai découvert le groupe. Depuis, j'ai trouvé les disques, assez longtemps après leurs sorties d'ailleurs chez les copains Born Bad.
A défaut de parler de l'album parce que je suis une grosse feignasse et qu'en ce moment, je me fais une session de rattrapage des formats courts, voici le Hospitals EP sorti en avril 2011. Si j'émets quelques doutes sur le face B, très black lips de seconde division (malgré la bonne blague de l'écho au moment ou le chanteur dit « space », genre d'effet que je pourrais moi même utiliser), la double face A fait bien twister. Hospitals, son riff psychobilly, son rythme binaire et ses saillies fuzz fait son petit effet mais c'est surtout la A2 qui m'emballe. It's On Me transpire le vice et la sueur avec son riff d'ouverture pervers et ses complaintes quasi érotiques en font une chanson saisissante et licencieuse, le genre de trucs qui donnerait de l'eczéma à tout bon catholique.
Le groupe sort bientôt une collaboration avec Hellshovel sur le même label que vous pouvez écouter ici.
samedi 10 novembre 2012
Peach Kelli Pop - Panchito Blues II (2012)
Infinity Cat est le label monté par les frères Jeff The Brotherhood (encore un groupe dont nous n'avons jamais vraiment parlé) et leur papa. Ils tiennent le pavé de Nashville, Tennessee balançant les pépites rock'n roll à un rythme effréné. L'année dernière quand les frérots étaient venus par chez nous, sur la table de merchandising, on y avait trouvé deux flexi disques (oui oui des flexi) qui aujourd'hui valent une fortune. Depuis, ils ont sortis un troisième dans la série, cette fois ci signé par Peach Kelli Pop, originaire d'Ottawa, elle est désormais relogée en Californie. En attendant donc son prochain album chez les toujours aussi pertinents Burger Records (quelle surprise !), voici de quoi vous faire patienter... 1 minutes et 18 secondes AHAH.
Peach Kelli Pop balance la pop de plage de girls group, vaguement lo-fi dans une veine assez Best Coast du début ou Bleached ou des copains Triptides, c'est super rapide, c'est super efficace, ça donne envie de danser comme un couillon, faire du surf, draguer des minettes et boire des caipi en terrasse. C'est parfait pour l'été et donc d'autant plus indispensable au mois de novembre quand il commence à faire gris, froid et qu'on a déjà sorti le manteau de laine.
Ça s'achète sur le site du chat infini. Ouai, c'est un peu cher pour une simple chanson (quoique que ça peut être l'occasion de prendre plein d'autres trucs chez eux), alors vous pouvez aussi dépenser 1$ sur le bandcamp de la minette.
mardi 9 octobre 2012
Conjuguons La Pop #06 : Interview Ponctuation
En février dernier, on vous a causé de l'EP "lèche-vitrine" des québécois Ponctuation que nous avions vraiment adoré. Ce sujet a été l'occasion d'aller interviewer les deux frangins par le biais de quelques e-mails, sur leur actualité et aussi leur rapport aux français. Achetez leur EP, il est hyper bien, il est dispo à Paris chez Born Bad et bien entendu depuis leur bandcamp.
Quels sont vos influences ?
On ne s'inspire généralement plus d'un son ou d'une période que d'artistes en particulier. La musique des années 60's est évidemment incontournable pour nous mais également ce qui s'est fait à NYC et à Manchester entre 1977 et 1982.
Être frères change-t-il votre approche de la musique ?
Oui et non, il ya une sorte d'osmose et une authenticité inhérente à cela mais ultimement nous sommes deux personnes qui font de la musique ensemble. Une chose est certaine, on ne passe pas par quatre chemins pour se dire les... choses.
Le choix du français pour Ponctuation a-t-il été délibéré dès le départ ?
Oui, je ne pouvais plus entrevoir faire un groupe uniquement en anglais. Pour moi, l'authenticité est impérative pour faire de la bonne musique et la réalité est que nous sommes francophones. À quoi bon faire semblant d'être américain?
Avez vous rencontré des difficultés à utiliser cette langue ?
Le choix du français pour Ponctuation a-t-il été délibéré dès le départ ?
Oui, je ne pouvais plus entrevoir faire un groupe uniquement en anglais. Pour moi, l'authenticité est impérative pour faire de la bonne musique et la réalité est que nous sommes francophones. À quoi bon faire semblant d'être américain?
Avez vous rencontré des difficultés à utiliser cette langue ?
Comme tout bon franco, on est influencé par la scène rock anglophone. On s'est aussi demander s'il était vraiment possible de le faire en français. Par contre, une fois que l'on est arrivé à en faire une en français, on s'est rendu compte qu'il était en fait plus facile d'écrire ainsi puisque l'on est plus en mesure de juger de la qualité du texte.
La présence au Canada d'excellents groupes 60s francophones comme les Misérables, Lutins, Haunted vous a-t-elle aidés ?
La présence au Canada d'excellents groupes 60s francophones comme les Misérables, Lutins, Haunted vous a-t-elle aidés ?
On a beaucoup écouter la scène 60's Québécoise et Française également. Ça a certainement été un bon point de départ pour nous mais on a voulu aller plus loin. Notamment au niveau des textes, on s'influence plutôt d'auteurs Québécois contemporains. Stephane Lafleur du groupe Avec pas d'casque est un bon exemple.
Quel rapport entretiennent les groupes québécois avec la langue française ?
Quel rapport entretiennent les groupes québécois avec la langue française ?
Étant entouré d'anglophones en Amérique, les auteurs/compositeurs québécois sont peut-être plus sensibles au fait de défendre leur identité francophone dans leur musique qu'en France par exemple. Il y a malgré tout beaucoup de francophones ici qui ne conçoivent pas faire du rock en français. Certains penses que de chanter en français pourrait leur empêcher de jouer devant un publique Anglophone. Rien n'est plus faux. Chanter en français ne nous a pas empêcher de jouer aux États-Unis et dans le Canada anglais. Cela nous a même aidé à le faire.
Pensez-vous qu'il soit différent de celui que nous avons en France ?
Comme je disais plutôt, il ya la question de l'identité qui est différente ici mais malgré tout, j'imagine que ça doit se ressembler.
Comment la langue est-elle perçue au Canada dans la musique ? et à l'étranger ?
Ce que j'ai pu observer en jouant au Québec et ailleurs c'est que finalement, les gens veulent de la bonne musique fait de façon authentique. Peu importe dans quelle langue elle est chantée. Cessons d'agir en réaction constante à ce que font les américains. :)
Comment voyez-vous l'évolution de la scène québécoise ?
Je pense que l'on est à l'aube de quelque chose présentement. Il y a une effervescence actuellement autant à Québec qu'à Montréal et il me semble que pour la première fois, la scène anglophone et francophone se mélange. Les années 60 et les années 90 ont été très importante dans l'histoire de la musique Québécoise et quelque chose me dit que les années que nous vivons actuellement seront du même ordre.
Pensez-vous qu'il soit différent de celui que nous avons en France ?
Comme je disais plutôt, il ya la question de l'identité qui est différente ici mais malgré tout, j'imagine que ça doit se ressembler.
Comment la langue est-elle perçue au Canada dans la musique ? et à l'étranger ?
Ce que j'ai pu observer en jouant au Québec et ailleurs c'est que finalement, les gens veulent de la bonne musique fait de façon authentique. Peu importe dans quelle langue elle est chantée. Cessons d'agir en réaction constante à ce que font les américains. :)
Comment voyez-vous l'évolution de la scène québécoise ?
Je pense que l'on est à l'aube de quelque chose présentement. Il y a une effervescence actuellement autant à Québec qu'à Montréal et il me semble que pour la première fois, la scène anglophone et francophone se mélange. Les années 60 et les années 90 ont été très importante dans l'histoire de la musique Québécoise et quelque chose me dit que les années que nous vivons actuellement seront du même ordre.
Avez-vous eu de bons retours sur votre EP "Lèche-Vitrine" ?
Oui vraiment. Les critiques ont été pas mal unanime, au dessus de nos attentes!
Comment l'avez-vous enregistré ?
Faute d'argent, nous l'avions enregistré nous même avec peu d'équipement dans la maison de nos parents.
Avez-vous des sorties de prévu ?
Nous sortons un split avec « Le monde dans le feu » sur flexi disque au mois de novembre et nous entrons en studio pour faire un album complet au mois d'octobre. Nous enregistrons sur ruban à Hotel2tango à Montréal, studio ou ont enregistrés notamment King Khan et les Spaceshits. On a vraiment hâte. L'album devrait sortir sur 12 pouces ce printemps.
Faute d'argent, nous l'avions enregistré nous même avec peu d'équipement dans la maison de nos parents.
Avez-vous des sorties de prévu ?
Nous sortons un split avec « Le monde dans le feu » sur flexi disque au mois de novembre et nous entrons en studio pour faire un album complet au mois d'octobre. Nous enregistrons sur ruban à Hotel2tango à Montréal, studio ou ont enregistrés notamment King Khan et les Spaceshits. On a vraiment hâte. L'album devrait sortir sur 12 pouces ce printemps.
D'autres projets ?
Pour ma part, (Guillaume) je joue maintenant de la basse dans Jesuslesfilles et je travail sur un autre projet avec Jean-Michel du groupe de Québec Leafer.
Pour ma part, (Guillaume) je joue maintenant de la basse dans Jesuslesfilles et je travail sur un autre projet avec Jean-Michel du groupe de Québec Leafer.
En France, nous connaissons assez mal la scène canadienne, quelques recommandations à nous faire?
En vrac :
Jesuslesfilles
Le Kid et les Marinellis
Les Babalooneys
Cobrateens
Solids
Cousins
Leafer
Le monde dans le feu
Buddy Mcneil & the Magic Mirrors
Le Kid et les Marinellis
Les Babalooneys
Cobrateens
Solids
Cousins
Leafer
Le monde dans le feu
Buddy Mcneil & the Magic Mirrors
mercredi 26 septembre 2012
Night Beats / TRMRS - Split (2012)
Alors que nous venons d'apprendre la venue de Night Beats en France (Hourra !), à Paris le même jour que Ty Segall (moins hourra), c'est peut-être l'occasion de revenir sur leur seule sortie cette année : un sympathique split single avec un autre groupe ricain qu'on aime beaucoup (mais un peu moins) TRMRS (prononcer Tremors pour les têtes de noeud). Mais c'est une surprise le meilleur des deux morceaux, et de loin, est celui du TRMRS, qui dans un style assez similaire à Night Beats, ce qui n'était pas le cas de leur album, pousse les expérimentations garage rock nonchalantes sous acide un peu plus loin que ces derniers. Good Time Blues commence comme un morceau des Black Lips joué au ralenti, puis s'envole d'un coup, laissant la lenteur aux neurasténiques et balançant les saturations lo-fi avec vigueur et puissance; ça se finit sur un passage presque "tropical" que n'aurait certainement pas renié les copains Fair Ohs, marrant quoi. La A occupée par Messiah de Night Beats est juste bien, les rythmiques campent un peu sur leurs acquis et paressent en cours, peut mieux faire. Au final, un split single pour les fans et pour la collec, cool mais pas indispensable.
C'est sorti chez Volcom/Ressurection mais ça se trouvera sûrement au concert, sinon bonne chance sur internet, à chaque fois que je l'ai vu, les frais de ports étaient scandaleux.
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split,
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mardi 18 septembre 2012
King Tuff - Was Dead (2009)
Les grincheux et pointilleux viendront me dire, hey mais le Was Dead date de 2007, oui oui vous avez raison, si on parle du CDR introuvable et auto-produit c'est effectivement le cas. Mais parlons-ici du fait qu'il est sorti en 2009... Ce qui au final fait une paye non ? 3 ans, à l'époque j'écoutais encore Bombay Bicycle Club, c'est un exemple pris au hasard, non pas que c'était complètement pourri loin de là, le premier album était bien (après par contre....) mais c'est pour illustrer qu'en gros, à quelques exceptions près (les Black Lips, Smith Westerns -ceux par qui tout est parti pour moi-, Reatard et quelques autres trucs In The Red), je n'étais pas trop là dedans, mais je crois que c'est le cas de beaucoup d'entre-nous non ? Non seulement parce que ça traversait difficilement l'atlantique et aussi parce qu'à part quelques acharnés de Born Bad, les trucs lo-fi garage était complètement introuvable et il semblerait que la blogosphère en était moins friande qu'aujourd'hui. Tout ça pour dire "putain 2009 DEJA ?!".
Et oui en 2009, Kyle Thomas avant d'être dans Happy Birthday sortait un album d'un rock garage sale, virant power pop, glam(ouze, dédicace à Alex) et rock à papa-cool. Le tout était enregistré avec les pieds à la maison (pendant que les mains tenait un gros burger -records- et un joint ?), ce qui s'entend, même sur le vinyle. L'album ressemble beaucoup au dernier en fait, en plus intuitif, plus cochon et direct, ça ressemble parfois (un peu trop) à du Cheap Trick qui reprend Big Star (Lady). Mais le tuffy a de la ressource, il contient notamment ce qui est son meilleur morceau à ce jour, le génial Sun Medaillon, tube d'une incroyable immédiateté, tout le savoir faire du bonhomme y est, le charisme vocal, qui fait qu'on sait qu'on a le droit à une sorte de personnage un peu déjanté (à posteriori, impression confirmée lors du concert d'Happy Birthday à la Flèche d'Or en 2010), le riff catchy et les paroles mémorisables. Was Dead contient quelques autres tubes : Connection, Dancing On You, Freak When I'm Dead (avec son petit côté Psych à la White Fence) et le génial Kind Of Guy dont j'adore chanter les paroles sous la douche (je vous laisse imaginer). Mais, l'album a quelques longueurs également, 13 morceaux c'est beaucoup, ça fait presque 40min, une face le matin avant d'aller bosser c'est génial, tout l'album à la suite dans les écouteurs sur le chemin ça lasse un peu. Je pense que sans Stone Fox et Animal et avec un son un peu moins plat, l'album frôlait la perfection.
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| Ouai ouai, j'en ai un customisé Hibou ! |
D'une manière générale, alors qu'Alex s'attèle au sans titre, malgré mes quelques reproches formulés ici, j'ai une nette préférence pour Was Dead, qui est un excellent disque. Et puis Sun Medaillon quoi... Je pourrais l'écouter des jours entiers, c'est d'ailleurs ce que je fais et c'est depuis que j'ai le disque un indétrônable de mes DJ sets pop.
King Tuff - Sun Medallion
King Tuff - Freak When I'm Dead
Pour l'acheter... euh ebay ? Discogs ? Il sera sûrement ré-éditer en vinyle et cassette chez Burger Records dans un futur proche (dont ils auraient apparemment fait 5 ou 6 "pressages" soit selon les quantités habituelles entre 1 000 et 3 000, pour une cassette ça doit être un record). Il me semble avoir une cassette chez Pop Culture, mais j'en suis pas sûr.
mardi 4 septembre 2012
Guantanamo Baywatch - Oh Rats ! (2012)
Dans la série c'est complètement con mais c'est cool, voici Guantanamo Baywatch. En dehors d'avoir un des noms les plus crétins et marrants depuis The Muslims, ils font en gros du surf et du garage avec un son bien sale, enregistré avec les pieds et pourtant ça marche assez. Ce single n'a rien de particulièrement remarquable même si au final, je l'écoute souvent, ça ressemble à Dick Dale avec tout ce que ça a de fun et sauvageon à la fois. Ils ont appelés leur morceau Oh Rats, c'est Splinter qui doit faire la fête dans ses égouts. En b-side, le groupe de Portland a branché le micro et on y entend une voix nasale (qui rappellera vaguement celle de Kyle -King Tuff- Thomas) et du garage ensoleillé. Je crois que j'ai sûrement une large préférence pour cette face, le surf c'est distrayant, mais ça atteint vite ses limites. Ils viennent de sortir un album avec une pochette ignoble (et donc drôle) que je n'ai pas encore écouté, pour l'instant je m'occupais avec ça et puis j'ai toujours un peu peur que sur la longueur ce genre de trucs prennent l'eau, un comble pour du surf.
Le 7 est sorti sur Johnny Cat / Mutant Party Records (tout un programme), c'est à mon avis introuvable de ce côté-ci de l'Atlantique mais il me semble qu'il y a quelques mailorders qui ont ça genre celui de Dirtnap qui a sorti l'album.
mercredi 29 août 2012
Turbo Fruits / Bad Cop - Split (2012)
C'est la fête du split cet été sur RPUT, cette fois ci la galette nous vient direct du sud des Etats-Unis, Nashville, Tennessee mon ami ! Ça fait en gros un peu plus d'un an et demi que je suis avec grande attention les groupes du coin : Jeff The Brotherhood, Pujol, Heavy Cream, Natural Child et donc Turbo Fruits. Le groupe est loin d'être constitué de débutants puisqu'on y trouve dans ses rangs deux ex-Be Your Own Pet qui était un groupe que j'ai toujours adoré, séparé trop vite à mon goût, je me souviendrais toujours de mon excitation en découvrant Damn Damn Leash au moment de sa re-sortie sur XL, une belle claque et une belle leçon de vigueur adolescente.
Le kids ont certes grandis mais on y trouve toujours cette folle énergie rock'n roll dans Love Tennessee, amateurs des Who et des compilations Nuggets frottez-vous les mains, vous allez avoir le droit à du gros power-chord, on imagine même les gros moulinets à la Pete sur le riff d'ouverture, la rythmique bondissante et les solos de guitares, classiques mais bien gaulés remportent mes suffrages sans trop de peine. De bon garage comme on l'aime, rentre dedans avec des guitares catchy et un bon refrain. Sur l'autre face, je découvre pour la première fois Bad Cop, un autre groupe du coin, c'est plus tendu, plus punk, légèrement Cramps-ien (la batterie poum ta-ta poum ta-ta, la maxi reverb sur la voix), Wet Lips s'en tire très bien et je dois donc rajouter le groupe à ma liste ! Même si, pour chipoter, je les trouve un peu moins singulier et marquant que Turbo Fruits, la voix manquant un peu de charisme.
Tout ça est sorti chez le super label Jeffery Drag dont l'été est chargé, puisqu'ils sortent également un nouveau single de Natural Child (de famille Infinity Cat / Burger Records) que je n'ai pas encore reçu, j'attends d'avoir la galette sur le tourne-disque pour me faire mon avis ! Celui de Turbo Fruits également puisqu'ils s'apprêtent à sortir un nouvel album que je suis impatient d'écouter !
Et ça s'achète ICI, et je précise que les frais de ports sont assez raisonnables pour le France, profitez-en pour regarder le reste du catalogue (Pujol et Ranch Ghost notamment).
lundi 27 août 2012
Total Slacker / Friends - Split (2012)
Continuons notre exploration des singles sortis cet été et que vous avez sûrement ratés ! Le concept de ce split single est simple, chaque groupe reprend l'un des morceaux emblématique de l'autre formation. Total Slacker reprend Friends Crush et Friends : Magical Date Night. On ne pourra que se réjouir que les deux groupes de Brooklyn aient réellement fait leurs ces chansons sans les travestir complétement, une vraie reprise quoi ! Moins sensible à la pop-funky ultra sucrée de Friends (qui me rappellerait vaguement Magistrates ou Kindness chanté par une fille), c'est évidemment celle de Total Slacker, dont l'album m'avait enchanté l'année dernière, qui remporte mes suffrages. La chanson originale avait certes un sacré potentiel, mais ils en ont fait un petit tube en puissance avec la patte habituelle du groupe, des guitares saturées, la nonchalance assumée, pour ne pas dire une certaine insolence de gosses des 90s vaguement grungy, branleurs c'est certains, biberonnés à Beavis & Butthead, Daria et le skateboard. Alors enfile tes jeans déchirés et ton t-shirt trop large et usé, pas grave si tes cheveux sont trop longs, de toutes façons ce qu'on va faire c'est zoner à l'appart avec des comics, un film de Kevin Smith et des bons vieux disques Subpop.
C'est sorti fin juillet sur l'excellent label japonais Sixteen Tambourines et ça se trouve ici (oui c'est cher... merci le yen).
Je l'ai également choppé à un concert de Total Slacker en cassette homemade et je n'ai aucune idée si c'est trouvable sur le net, mais ça existe.
jeudi 23 août 2012
Sam Coffey And The Iron Lungs - All To Myself [Hosehead Records, 2012]
Non content d'avoir porté à bout de bras le renouveau garage des années 2000 avec leur équilibre pertinent entre héritage sixties, garage et country, nonchalance lo-fi et vrai désinvolture rock, voir limite white-trash, les Black Lips ont largement contribué à enfanter toute la vague lo-fi qui depuis a déferlé sur les Etats-Unis et fait le bonheur de ces colonnes. Forcément dans le girons de ces sales gosses du sud, un nombre incalculable de groupes s'est infiltrés dans la brèche béante, souvent pour donner leur propre interprétation, remisant souvent la country au passage. Mais dans la nuée de suiveurs, ceux dont le son s'approche autant des Black Lips sont assez rares, on pourrait cité Indian Wars et désormais, il faudra compter sur Sam Coffey And The Iron Lungs.
Vous l'aurez donc compris, ne chercher pas dans ce groupe canadien, une quelconque velléité de renouveler le genre, on ne joue certainement pas dans la catégorie des Oh Sees par exemple, mais ce single à le mérite d'être plus que plaisant, la faute à trois chansons d'un garage crasseux et amusant, fait pour danser et boire des coups avec ses potes, tirant parfois vers le surf et avec évidemment cette pointe de country si particulière dont je parlais au début. Non pas un disque révolutionnaire mais avouons le, All To Myself que j'avais remarqué sur la cassette Banana Split du groupe sur le même label (les très intéressants mecs de Hosehead records au Canada) est un sacré putain du tube, d'une rare immédiateté, impossible de ne pas se laisser aller à un pas de danse en entendant ça, à moins que vous soyez en fauteuil roulant. La Face B, exclusive, n'a peut-être pas autant d'impact, mais les deux morceaux sont également très bons, j'ai une petite préférence pour Lose That Bitch, parce que c'est fondamentalement un peu débile et estival. En tout cas, chez nous, le single a tourné tout l'été. Voilà pourquoi, je me dis que si vous aimez les Black Lips, que vous n'êtes pas rassasiés, pourquoi ne pas jeter une oreille sur ce très recommandable single !
ça s'achète ici : Hosehead Records
Notez qu'il y a quelques morceaux à télécharger gratuitement sur le soundcloud du groupe, notamment Lose That Bitch
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