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mardi 19 novembre 2013

Interview Forever Pavot


Forever Pavot, un nom dont il émane du mystère, le brouillard s'épaissit encore quand on entend la musique du français (chronique de l'EP), on se devait de mener l'enquête et d'interroger Émile, le cerveau de ce braquage sonore réalisé dans les règles de l'art.

Quelle est la genèse de Forever Pavot ?
J'enregistre des compos sous ce nom depuis maintenant 3 ans,au début je voulais surtout expérimenter l'enregistrement sur bande, j'ai donc commencé sur un 4 pistes K7 puis j'ai acheté un 8 pistes à bande, je me suis cherché pendant un bon moment, j'ai commencé par des compos garage pour m'amuser, mais aussi des morceaux juste avec mes synthés analogique…Je suis donc arrivé a un mix entre des BO de films et de la musique 60's. j'avais fait presser une cinquantaine de 45 tours pour mes amis et moi, puis on m'a contacté pour le ressortir et faire des concerts donc il a fallu s'organiser.

Comment différencies-tu tes interventions dans Arun Tazieff et Forever Pavot ?

Je suis uniquement claviériste dans Arun Tazieff, c'est un travail collectif, comparé au Pavot qui est vraiment mon projet perso dans lequel je contrôle tout.

Tu sembles être particulièrement influencé par les BO de films et notamment des Giallo italiens ?
Oui je suis passionné par les compositeurs de musique de films en général. Bruno Nicolai et Morriconne me fascinent complètement, ces mecs là ont écrit une quantité invraisemblable de morceaux. Il y a un coté parfois très sacré dans la musique italienne qui la rend terrorisante je trouve , j'adore ça , les choeurs d'église, les clavecins, les fuzz qui baignent dans la reverb'. Mais des compositeurs français comme Alain Goraguer, De Roubaix ou Vannier me passionnent tout autant.

Ta musique est essentiellement instrumentale, est-ce un choix volontaire de ta part ?

J'essaye de faire 50/50, j'adore les BO, les disques de Library donc ca paraissait logique qu'une partie de mon travail soit instrumentale. J'ai eu du mal à assumer ma voix pendant un bon moment, j'essaye d'en ajouter de temps en temps. Je ne suis pas du tout fermé a quoi que ce soit, peut être même que je chanterais en français un jour. Mon premier Ep était très instrumental, le 2nd l'est beaucoup moins et l'album sera un mix des 2.

De quelles formations actuelles te-sens tu proche ?
Aquaserge sans hésitations, ils ont tout compris, Ils m'ont apporté énormément, autant musicalement qu'humainement.
Le travail d'Anthony-Cedric Vuagniaux ou Fred Pallem me parle beaucoup pour la passion des vieilles BO, et ce que font  aujourd'hui The Superimposers ou même Jacco Gardner ne me parait pas si éloigné de ce que j'essaye de proposer même si je suis dans un registre beaucoup moins pop.

As-tu l'impression que le psychédélisme intéresse davantage en ce moment ?
Oui c'est évident, à partir du moment où tu as des pubs dans les rues d'un parfum qui joue sur cette vague là, c'est que ça intéresse vraiment beaucoup…Après le terme psychédélisme est utilisé un peu a toutes les sauces, dès qu'il y a un peu de reverb sur une voix ou du delay sur quoique ce soit c'est psyché… Je suis partagé mais si ça peut permettre aux gens d'être curieux et de découvrir des artistes intéressants c'est cool. Entendre Tame impala à la radio quand je fais mes courses au supermarché il y a bien pire non ?

Quels retours as-tu sur ce premier EP ?
Les chroniques sont plutôt bonnes, j'ai reçu beaucoup de soutien dans le milieu des collectionneurs/diggers bien friands du délire Library/BO. Notamment grâce à mon ami Damien 45addict de La Rochelle, Dj/vendeur de disques rares, grâce à lui le disque est tombé à plusieurs reprises entre de bonnes mains. Cela nous a permis de faire une petite tournée en France et quelques dates en Allemagne ainsi que de super rencontres.

Comment s'est fait le rapprochement avec le label Frantic Records ?
Bart et moi venons de La Rochelle, Nous nous connaissons depuis un moment, notamment parce qu'il sort avec une de mes meilleurs potes.
C'est un mec passionné, qui se bouge. Après avoir écouté mon EP autoproduit il m'a proposé de le ressortir avec 2 morceaux supplémentaires, j'étais ravi de le faire avec lui. On partage beaucoup de choses tous les deux, on se poke régulièrement sur Facebook.


Un mot sur le graphisme de la pochette ?
C'est mon pote Marc Zory-Casali qui l'a réalisé (membre d'Arun Tazieff),  un mec très doué en graphisme et illustration. Il joue également de la basse sur le morceau le Pénitent le passe. J'avais dans l'esprit de faire quelque chose en rapport avec la mer (Christophe Colomb etc.)Il a eu l'idée de dessiner ce bateau un peu naïf.

As-tu une nouvelle sortie en vue (EP ou LP) prochainement ?
Je sors un nouvel EP 2 titres sur un label anglais "The Sound Of Salvation" en janvier.
Et j'espère sortir l'album courant 2014.

Tu enregistres seul mais en live Forever Pavot devient un groupe soudé, que peux tu nous dire sur les musiciens qui te rejoignent en concert et donnent vie à ta musique ?
Ce sont mes amis depuis longtemps, Cedric et Benoit jouent avec moi dans Arun Tazieff. Arnaud jouait déjà avec Cedric dans d'autres formations, il paraissait logique que l'on joue tous ensemble. À la base j'avais envisagé que le line-up change régulièrement, faire jouer les amis musiciens de mon entourage mais ce n'est pas si évident pour le moment. De toute façon ils savent tous les trois qu'ils sont sur la sellette, je leur mets régulièrement des notes afin d'entretenir un malaise entre nous, on verra bien s'ils s'améliorent au 3ème trimestre.

As-tu quelques souvenirs mémorables de concert à nous raconter ?
Pas vraiment lors d'un concert, mais une petite anecdote d’après concert.
A Nantes en rentrant après notre concert on se baladait dans les rues et on est tombé sur une voiture qui miaulait. Un petit chaton était coincé dans le moteur d'une voiture, on a passé 1 heure à essayer de le faire sortir… on a laissé un mot sur le pare-brise afin que le propriétaire ne démarre pas et ouvre son capot. On est tombé sur un fait divers un mois plus tard racontant une histoire similaire, une nana avait conduit avec un chaton dans son moteur pendant 100km en Bretagne, en arrivant le chat était encore en vie, miraculé. On ne saura jamais si c'était notre chaton.

As-tu des concerts de prévus prochainement ?
Oui, pour la sortie du prochain EP nous sommes en train de booker une petite tournée en France/Belgique/Allemagne pour janvier/février et quelques dates au Royaume-Uni en mars. Les dates seront annoncées très prochainement.

lundi 7 octobre 2013

Interview : Venera 4


VENERA 4 ont été un vrai coup de cœur pour moi, à peine j'avais écouter Sun et Seabed Terror, je leur proposais de faire un disque chez nous, la raison, un son incroyable dense et vivant, extrême mais aussi fondamentalement pop tout en gardant un goût pour l'expérimentation (écoutez l'incroyable Haunted Summer). Je suis donc très fier de les avoir dans la bande RPUT. Il me semble que la meilleure manière de vous les présenter est tout simplement de les interviewer.

Présentez nous votre groupe ?
Morgane : Deux filles, deux garçons. Une main de fer dans un gant de velours.
Qu'est ce qui vous a donné envie de faire de la musique ?
Fred : Moi, c’est beaucoup passé par mon frère. Pareil pour mon « éducation musicale ». Pendant au moins 4 ans, il écoutait Sgt Pepper’s tous les matins avant d’aller en cours. Je pense qu’il l’aimait beaucoup. En tout cas moi, même si j’ai rapidement été à fond dans les Beatles, j’ai eu vachement de mal à le réécouter jusqu’il y a quelques années ! Mais ça a beaucoup contribué à ma « culture » musicale. Je me dis même parfois qu’il le faisait peut être exprès.

Morgane : Je n'ai jamais eu envie de faire de la musique, comme je n'ai jamais eu envie de faire des « images ». Sans me poser de question, j'ai manipulé, expérimenté, agencé. Parfois ça prend forme, parfois non. La musique comme la peinture interrogent et ont besoin des regards, taquinent les sens, racontent des histoires. En gros c'est mon moyen d'interagir avec les autres.
Je rejoins Fred, il y a toujours des personnalités et des évènements qui nous poussent à nous engager dans la création, dans le « faire de la musique ». Je repense à mes tantes qui m'emmenaient à Londres, dans les pubs à 4 ou 5 ans ; au diamant de la platine vinyle de mes parents que j'ai cassé en voulant écouter Love on the beat de Gainsbourg à 9 ans,  la découverte de personnages comme David Bowie, Marilyn Manson, qui sont, pour moi, à la fois les artistes et leur propre oeuvre. Tout se fait petit à petit.

Anna : J’ai commencé, sans trop savoir pourquoi,  sans réfléchir, par le synthé puis le piano. Ensuite jouer du classique et du jaaaaaaazz commençait à m’ennuyer, alors j’ai tout arrêté jusqu’à Venera 4. Mais ce qui marque certainement mon envie de « jouer en groupe » c’est quand j’ai commencé à fréquenter les bons lieux, les concerts à Rennes, j’aimais aussi beaucoup l’ambiance qu’il y avait à l’époque, une sacrée effervescence autour des groupes locaux et beaucoup de fêtes ! L’arrivée à Paris et le nombre incalculable de concerts vus n’a fait que confirmer et concrétiser ce que je pensais jusqu’alors hors de ma portée. Yann, qui jouait déjà dans Maria False depuis plusieurs années, a fini par me convaincre de jouer du clavier dans Venera 4.

Et de monter un groupe de shoegaze ?
Morgane : Chacun s'est amené avec son bagage et on a mis en place notre groupe. On n'a rien contre le shoegaze, c'est juste que pour nous on a jamais été dans l'optique de répondre à un genre, d'appartenir à une scène etc. On veut faire notre petit truc et toucher les gens.

Anna : c’était naturel je crois, personne ne s’est dit « tiens on va monter un groupe shoegaze », le terme de shoegaze arrange tout le monde car il englobe certaines caractéristiques communes (saturations, mélodies sucrées), s’il n’existait pas nous aurions beaucoup de mal à définir le son de venera 4, en tout cas en un seul mot…
Sur le style en lui-même, j’imagine que cette envie de shoegazing vient probablement de nos influences communes, My bloody valentine, Jesus and mary chain, Ride pour ne citer qu’eux..Et puis Maria False a été je pense le déclencheur de cette envie, s’en est suivi Venera 4.


Comment avez-vous commencé à jouer ensemble ?
Yann : Avec Anna et Fred, on se connaissait depuis longtemps depuis nos études à Rennes. J’avais fait des démos et je cherchais à monter le groupe sur Paris et puis nous avons tous rencontré Morgane et nous avons directement commencer à retravailler les démos, puis à enregistrer le premier EP, puis à répéter, puis à jouer…un truc classique comme tout les groupes.

Fred : Oui, avec Yann, on se connaît depuis nos premières années rennaises (2004 ou 2005), au départ on jouait dans des groupes différents mais je crois me souvenir qu’on a rapidement voulu faire de la musique ensemble. 

Morgane : J'étais assez loin de la France à ce moment là... J'avais entendu dire que Yann aurait bien aimé avoir un groupe avec une voix féminine, j'ai tenté le coup car j'aimais beaucoup se qu'il faisait. J'ai tout de suite accroché !
Je suis revenue quelques mois plus tard et on a concrétisé tout ça autour de bières et d'idéalisme dans notre bar préféré.

Anna : donc on a commencé grâce aux bières de ce fameux bar…

Jouez vous dans d'autres groupes ?
Yann : Oui, dans future et maria false.

Yann, n'est ce pas trop dur d'avoir trois groupes ? Comment arrives-tu à concilier les trois ?
Yann : Non, il faut juste s’organiser pour pouvoir composer, mixer, enregistrer, répéter. Les trois groupes ont des formations différentes, des processus de composition différents, des sons différents et puis on sort nos EP / LP jamais en même temps…Tant qu’il y a des idées c’est facile, c’est sur après quand tu n’as plus d’idées, ça complique tout.  

Comment composez-vous vos chansons ? seul(e) ? à plusieurs ?
Yann : Généralement Morgane et moi on donne quelques idées de chansons, des bases, après quand ça nous plait à tous, on continue à enrichir les chansons ensemble. Donc pour te répondre c’est seul et à plusieurs.

Fred : Et même si on n’est pas forcément à la base, chacun apporte de toute façon sa ligne, sa touche personnelle. Parfois cela peut faire évoluer complètement le morceau, sa structure etc.

Et les enregistrements, comment ça se passe ?
Morgane : Tout va très vite, on peut dire qu'on est dans une certaine forme de spontanéité, on corrige les choses qui ne vont pas pendant l'enregistrement. On ne part pas avec une idée fixe, tout évolue toujours (très bien). 

Vous semblez apporter un soin particulier au son ?
Yann : Oui, heureusement, je pense que chaque groupe apporte une importance à leur son. Enfin j’espère. On cherche quelque chose qui nous plait, en restant toujours dans nos moyens qui sont assez réduits pour produire les chansons. On bidouille, on bidouille…

Parlez-nous un peu de votre collectif nothing ?
Yann : C’est un collectif qui regroupe différentes formations entre Paris, Rennes, Hossegor, Limoges et Lannion. En ce moment il y a 10 groupes. Il y a dans chacun de ces groupes une vocation à chercher un son, une esthétique oscillant entre l’Acide noise jusqu’à la Dream Pop, le tout dans une démarche DIY totalement libre. On fait ce que l’on veut, comme on veut et surtout quand on veut. En Juin dernier, nous avons réalisé une compilation regroupant 2 chansons de chaque groupe et nous avons comme projet de faire différentes choses pour l’année 2014. En gros c’est tout simple, c’est juste que à plusieurs on sera toujours plus fort que tout seul. Nothing peut être aussi un prescripteur, si tu aimes Maria False par exemple tu pourrais aimer Dead Horse One et puis découvrir Venera 4. Ou l’inverse. 

Fred : A la base, l’idée est surtout de pouvoir regrouper un certain nombre de projets partageant une identité sonore en commun. En aucun cas il ne s’agit d’un label, d’une agence de booking ou de promotion. Pour l’instant, ce n’est une sorte de vitrine. À terme, je trouve qu’il serait super intéressant de créer une émulation en faisant travailler chaque groupe autour d’une contrainte. Une contrainte fixant un objectif commun, un peu comme un Oulipo à base de larsens et de reverb.

Morgane : C'est marrant, je pensais à l'Oulipo ce matin.

Il y a-t-il une sorte de concurrence au sein du collectif ?
Yann : je pense qu’il y a une effervescence. Mais pas de concurrence, ça serait stupide. 

Morgane : Quelle question sournoise !

Vous pensez quoi du shoegaze en France ? J'ai l'impression qu'il y a une petite Emulation en ce moment notamment via Cranes Records ?
Fred : Ca fait en effet quelque temps que je suis les différentes sorties Cranes Records, des Dead Mantra, de Dead Horse One ou des Seventeen At This Time. C’est à chaque fois du bon boulot.  

Morgane : Contrairement à Fred, pour être franche, je ne suis pas toutes les sorties des groupes de shoegaze. J'y suis attentive, mais j'écoute d'autres choses.



Vous aimeriez faire un tour dans l'espace comme la sonde Venera 4 ?
Morgane : À ce qu'il paraît, on ne revient jamais de l'espace, je n'ai pas envie de devenir un cosmonaute un peu halluciné. L'espace me terrifie, même si je trouve magnifique la naissance des planètes, les nébuleuses, je me sens bien plus à l'aise dans mon espace intérieur.  
Venera 4 est une sonde mais Venera signifie aussi Venus en russe. Il y a une symbolique un peu cachée.

Anna : Venera 4 s’est décomposée en y revenant il me semble…Moi dans l’absolu oui j’aimerai visiter cette immensité, mais je suis claustro, je deviendrai folle dans une fusée malheureusement...

Il paraît que vous travaillez sur des versions acoustiques ?
Yann : on travaille sur pas mal de choses, oui.



Parlez nous un peu de votre nouveau single qui vient de sortir chez nous ? et de votre prochain EP ?
Fred : On est super contents du résultat, même si on n’a pas encore eu l’EP entre les mains ! Au-delà du simple fait d’avoir un support physique comme le vinyle, on voulait avoir un bel objet. Ce n’est que mon avis personnel, mais je trouve que Morgane est parvenue à nous sortir deux superbes artworks.

Anna : Quand vous nous avez proposé de sortir un 2nd EP, il nous semblait dommage de ne pas aussi sortir Seabed Terror et Sun en vinyle (malgré leur sortie digitale 1 an plus tôt). On y rêvait et RPUT l’a fait, on est trop content du résultat et maintenant on a hâte de voir ce que ça donne pour l’EP ! On est comme des enfants, merci à RPUT d’ailleurs ;)

Pourquoi avez-vous choisi l'anglais pour chanter ?
Morgane : J'ai toujours aimé le Royaume-Uni pour sa culture, ses artistes, sa langue. J'ai donc toujours écouté de la musique anglophone. Par mimétisme peut-être, je m'y suis mise.
Il ne faut pas se mentir, l'anglais est la langue conventionnelle pour un tas de choses.
Mon père me demande souvent pourquoi je renie mes racines en chantant de cette façon, j'ai envie de lui dire que la langue a peu d'importance, d'abord parce que la majorité des gens se fichent des paroles (aussi bien les artistes que les auditeurs). Que ça soit en anglais, en chinois ou en allemand, écrire des paroles de merde c'est universel. Gainsbourg et ses « Variations sur Marilou », Alex Turner avec « My mistakes were made for you », Morissey et « Hand in glove », c'est peu d'exemples, mais ÇA c'est de l'art. 

Alors plutôt que la langue, ce qui compte pour moi c'est de chanter des mots qui me parlent, des mots qui sonnent, qui s'entremêlent, j'aimerais bien travailler plus le texte à long terme. 
C'est un peu comme si tu demandais à Pollock « pourquoi tu utilises un saut percé plutôt qu'un pinceau ? » La finalité est la même.

Ca serait drôle d'avoir du shoegaze en français, ça ne vous tente pas ?
Yann : Tout nous tente mec.

Précommandez le EP Deaf Hearts du groupe ici :
 http://requiempouruntwister.bandcamp.com/album/deaf-hearts 
Si vous n'êtes pas assez impatient, vous pouvez aussi dores et déjà prendre le 7" : 
http://requiempouruntwister.bandcamp.com/album/seabed-terror

vendredi 6 septembre 2013

Interview: Travel Check

Après leur excellente prestation en juillet dernier à la première Psychotic Reaction on a pensé que ce serait cool d'interviewer un des meilleurs groupes de garage-rock de la capitale, on vous laisse en bonne compagnie avec Travel Check.

Présentez nous le groupe ?
Thibaut : On s'appel Travel Check, on est maintenant quatre dans le groupe, il y a un petit nouveau Mathieu à la basse. On a sorti un 45 tours début 2013 sur Howlin Banana Records.
David : Et on vient de Paris.

Depuis quand existe la formation ?
Thibaut : La formation existe depuis début 2012, ont a commencé a deux guitares, ont a enregistré des demo pop psyché chez nous, puis Kevin est venu jouer la batterie on a enregistré a ce moment un EP auto-produit dans un home studio. Puis le groupe a vraiment commencé quand on a sorti notre premier 45 tours "Wild Tropics" en Mars 2013.

Comment qualifieriez vous votre musique à quelqu'un qui ne vous a jamais entendu ?
David : flower Punk, garage Pop, garage Psyché, country déglingué , psychédélisme tropical. C'est dur de se qualifier, le plus simple est de nous écouter soit sur disque soit en concert et de se faire son propre avis.
Matthieu : Moi qui suis dans le groupe depuis peu j'ai surement un avis plus objectif. Lorsque j'ai vu le groupe pour la première fois a la Mécanique Ondulatoire, j'ai aimé leur énergie sur scène. Au delà de ça je trouve que la particularité de Travel Check, est de proposer un garage mélodique et je trouves que ça donne de la personnalité au groupe, et c'est ce qui m'a plu.

Penses-tu qu'il existe une scène garage en région parisienne ?
Thibaut : J'espère que oui, il commence a avoir pas mal de groupe et de labels motivés qui ne font pas parti de la scène Born Bad.  Du coup, je penses qu'une autre scène se forme, on joue souvent avec les Dusty Mush et Pain Dimension, même s'ils viennent de Melun on les aime bien. On va jouer avec les Guillotines bientôt aussi on est content.
Matthieu : Il y a plusieurs groupes qui proposent ce genre de musique sur Paris c'est évident. Jusqu'à présent c'était plutôt dispersé et chacun de son côté. Mais certains labels commence a faire du bon boulot en organisant des soirées et une scène commence a se structurer petit à petit. Reste a savoir si le public existe.

Et au niveau national ?
Thibaut : On va faire une tournée française en Novembre avec le duo Go!zilla, a ce moment la on pourra rencontré la scène nationale et se faire un avis autre qu'avec bandcamp. Mais on a joué à Rennes on garde bon souvenir de la scène rennaise avec Kaviar Spécial et Dragster. Il y aussi Los Dos Hermanos de Bordeaux qu'on aime beaucoup.

c'est quoi votre tribu indienne favorite ?
Thibaut : Pokayoké, on est un gang de 8 indiens civilisé et très motivé. On cherche des gens prêt a faire leur preuve pour rejoindre notre gang et pouvoir partagé des calumets de la paix.
Matthieu : La tribu qui était à coté du parking du Formule 1 de Muret ou on passé une nuit pendant la session d'enregistrement, ils avaient de belle caravane et de belle motocross.

Est-ce que vous pensez comme les indiens qu'une partie de votre âme s'envole à chaque photographie de vous ?
Thibaut : Je penses même que le fait de porter une casquette ou un bonnet sur une photo permet de retenir la partie d'âme qui cherche a s'envoler par le crâne.
David : Oui, on a projet de jouer avec des hologrammes à la rentrée.
Matthieu : Moi, j'aime pas les indiens.

Ce serait quoi vos noms indiens ?
David : Po
Matthieu : Ka
Thibaut : Yo
Kevin : Ké

Avez-vous le sentiment que les choses bougent ?
David : La scène garage parisienne se développe peu a peu avec pas mal de label, de sites internet ou encore de radio consacré exclusivement à ce genre de musique. On espère que ça va continuer.
Thibaut : Des soirées comme Psychotic Reaction apparaissent et c'est une bonne chose pour les groupes, ça permet d'être vu et écouter. Après j'ai l'impression que chaque groupe se bouge aussi dans son coin. Nous on sort un nouveau 45 tours, les Pain Dimension vont sortir un 45 tours aussi et les Dusty Mush viennent de sortir un vidéoclip très cool du morceau Space Cat.

Parlez nous de votre premier EP vinyle chez Howlin Banana, avez vous eu de bons retours dessus ?
David : Apres l’enregistrement on a rencontré Tom de Howlin banana Records et il a bien accroché. Il a decidé de faire sortir le vinyle sous howlin ce qui a été notre première satisfaction et par la suite il s'est retrouvé dans pas mal de disquaire parisien et à l'étranger. Il s'est bien écoulé, ils nous reste une trentaine je crois.
Thibaut : On a aussi eu un bon retour dans la presse, on était content qu'on parle de nous sur des webzine qu'on aime lire. Et aussi c'était cool d'être dans Rock n Folk à côté de Fuzz et The Growlers. 



Je crois savoir que vous allez enregistrer avec Lo'Spider bientôt ?
David : Oui, c’est bien pour nous quand on voit tout ce qu’il a sorti ces dernières années. Avec lui on a pu donner une autre dimension à notre son pour qu’il sonne plus authentique.
Thibaut : On a fait ça mi-aout, c'est allez vite et ça s'est bien passé. On est content du rendu, on a enregistré 4 morceaux qui caractérise bien le son qu'on a envie d'avoir définitivement.

A quoi vont ressembler les nouvelles chansons de cet ep ?
David : Ce sera un 45 tours de 4 chansons orienté garage flower punk mais avec des styles différents. On pourra y retrouver des influences surf, psyché et flower punk.
Thibaut : Les nouvelles chansons ressemble au son qu'on a envie d'avoir depuis longtemps, Lo Spider nous a permis de trouver notre son, ça sera plus lo-fi que l'ancien 45 tours. Mais on garde l'influence pop et psyché qui est présente depuis le début. 

Vous avez récemment joué à Bayonne, c'était cool ?
David : On a joué le dernier des jours des fêtes de Bayonne et ça s'est bien passé. On a eu un très bon public et les mecs de la pena dans laquelle on a joué ont été plus que généreux au niveau de la bière et de la sangria.
Matthieu : C'était important pour moi de jouer là bas car je viens de Bayonne… En plus je savais que notre musique correspondrait à l'esprit des fêtes. Au final ça c'est très bien passé, on jouait dans une des rues les plus fréquentés de Bayonne pendant les fêtes. Et puis ça m'a permis de faire découvrir les fêtes aux autres et je pense qu'ils ont apprécié.

Vous avez aussi joué pour la première Psychotic Reaction à l'Inter vous en gardez un bon souvenir ?
David : C’était vraiment sympa. Je m’attendais pas a jouer devant autant de monde. On a aussi pu rencontrer les Pain dimension qui jouait juste avant nous et avec qui on s’entend bien maintenant.
Thibaut : On était content de jouer pour Psychotic Reaction. En plus le public à répondu présent sur cette soirée pour les trois groupes, c'est à partir de cette soirée qu'on a commencé a pensé que les choses pouvaient bouger au niveau de la scène parisienne grâce au label, webzine et émission de radio.

Quels sont vos projets pour la rentrée ?
Thibaut : A la rentrée, Kevin va laissé sa place pendant 6 mois à Xavier l'ex batteur du groupe espagnol Time Machine. Puis, on joue pour la première soirée de Pont St Esprit au Gibus Café avec les Guillotine et Cheap Riot, le lendemain on va jouer avec Go!zilla dans un festival en Suisse. On jouera aussi avec Future Primitive au Bikini Test en Suisse le 5 octobre, et va suivre en Novembre normalement la sortie du prochain 45 tours avec quoi on espère avoir de bons retour comme "Wild Tropics". Et enfin la tournée fin Novembre en France avec les Go!zilla.
Matthieu : Après ça, on verra ce qu'il se passera pour nous et on commencera a bosser sur un LP.

NDR: également en concert le 22 septembre à la Méca avec Night Beats ! (event)

mercredi 13 mars 2013

The Young Sinclairs - Interview


Comme vous le savez, nous venons de sortir deux 45 tours des Young Sinclairs, qui étaient depuis plusieurs années, un de nos groupes préférés. Plutôt calmes depuis 2 ans, ils nous paraissaient incroyable que ce groupe n'ait pas plus d'impact, d'autant que le succès de groupes comme The See See, Foxygen, Beachwood Sparks ou Allah-Las laisse entendre qu'il y a vraiment une place pour le son jangly sixties à la cool. Nous sommes donc particulièrement fier d'inaugurer notre label avec cette formidable formation américaine.
Au lieu de vous faire du langage promotionnel à la con, nous avons préféré interviewer l'homme à l'origine de tout ça : Sam Lunsford.

Can you introduce The Young Sinclairs project ?
The Young Sinclairs project started in 2005 when me and two of my best friends, John Thompson and Daniel Cundiff, all started renting a warehouse space together.  We moved all of the musical instruments and rudimentary recording gear we owned at the time into the space and began making some kind of noise every day.  Eventually I started writing and recording all these songs inspired by The Velvet Underground, Spacemen 3, The Stooges, The Jesus & Mary Chain, The Byrds, Rolling Stones, etc. and that's what ended up becoming The Young Sinclairs project.

Who are exactly The Young Sinclairs ? You and some friends ?
The Young Sinclairs started out as me, John Thompson and Daniel Cundiff.  They are two of my best friends.  I met John around 2003 and through him I met Daniel around 2004.  They both grew up together in Franklin County, Virginia and are really tight bros.  We later added Sean Poff on guitar - I went to school with him and John worked with him at the time.  We also added Jay Wilson on tambourine and percussion - I had worked with him at a record store and he also played music in another part of the same warehouse we were in.  Later we briefly added a keyboard player, John Lindsay - his family and my family have known each other for years and a few of us worked with him at a movie theatre around the time he joined.  He was replaced by Jonathan Coward, a dear friend who I was rooming with at the time.  After a while he moved to Richmond and he was replaced by Jonathan Woods, a mutual friend of all ours who played in another band, Sad Cobras, with Daniel. At present, we don't have a keyboard player any more. Currently my older brother Joe Lunsford plays drums now and Kyle Harris plays bass. 


You also have tons of other musical project (solo, other bands...) maybe you could introduce us to some of them ?
Being that I am fortunate enough to be proficient on many different instruments, I have always played in a plethora of bands.  Right now besides The Young Sinclairs I play fiddle, banjo, guitar and harmonica in a group called Rootstone Jug Band - we play early American roots music: old-time music, jug band music, and Piedmont blues.  We play some original compositions, and obscure tunes we learned off of old 78 R.P.M. records and field recordings.  I also play guitar and sing in a band called The Funk Cousins (No Relation), we play funky R&B and jazz, we've got a monster keyboardist and some amazing horn players.  I also currently play drums in a group called Cinematheque - we play instrumental music with live video projections, mostly inspired by surf and exotica records, Western movies and horror flicks.  I also do have a solo album that I just released - singer-songwriter stuff I guess - and I play the occasional solo gig here and there.  I am hoping to do more of that, actually.  It's a lot of fun.  I'm also an avid DJ, MC, and beatmaker that performs and records under the moniker of Joneski.  I have been DJ'ing and making Hip-Hop music since 1998, around the time I was in 8th grade.  Being a multi-instrumentalist and a record collector, I have always had a deep love for any kind of good music - whatever the genre. 

 Can you tell us more about the magic twig community and all your Roanoke friends ?
 The Magic Twig Community was comprised of about 10 people that, in different combinations, made up the personnel for bands such as The Young Sinclairs, Sad Cobras, Boys Lie, SuNKING!, Power Animals, The Missionaries, Yeah Propeller and many others.  It was basically just a bunch of friends that all shared the same practice space and all performed and recorded music together.  It was kind of like a gang.  We all came together in about 2006.  Since then we kind of scattered to a degree - we're all still making music but not as incestuously and intimately as we once did in our "salad days".  Some people have drifted.  Some people are in their own world, a world seperate from Magic Twig.  It's hard to sustain a "commune" of any kind over a prolonged period of time.  Ask anyone who lived in the 60's and 70's.


What is the Mystic Fortress ?
It's our personal analogue recording studio that we have been operating since 2005.  From the moment John, Daniel, and I got a warehouse space together we immediately started making recordings with Radio Shack mics and Tascam Portastudios.  From that seed has grown a full-fledged professional quality hit factory.  In late 2005 my older brother Joe Lunsford, who has been recording music since the 90's, brought in his reel-to-reel tape machine, some decent microphones and a tube preamp that he built himself.  From there we just kept acquiring more gear and upgrading our facilites with Joe's help.  All of The Young Sinclairs' recordings have been made there.  Artists such as Reading Rainbow (note: now called Bleeding Rainbow), Inter Arma, Eternal Summers, Super Vacations, The Bastards Of Fate, and Joe Jack Talcum have all recorded there as well.  The studio has moved a couple of times since its inception, but we have maintained basically the same kind of set-up and approach to recording over the span of 8 years.

How did you get in contact with the Brian Jonestown Massacre ?
Around 2006 or 2007 we sent some of our music to a band called Sunsplit in Philadelphia, members of whom also play in a band called The Asteroid #4.  They loved it.  We were in contact with them for a while and in 2009 they asked if we could take their place on the bill opening for Australian band The Lovetones who were touring the States.  Rob Campanella, long-time BJM member, was playing guitar with The Lovetones for the tour so we got in touch with him and ended up opening the shows.  Then in 2010 Rob called me kind of out of the blue and left me a message saying to get in touch with him.  I spoke with him and he asked if The Young Sinclairs would be able to open for The Brian Jonestown Massacre for a portion of their 2010 summer tour.  We played 4 shows with them to sold-out crowds and it was amazing.

Can you tell us a bit the story of this tour with them ? it must be something right ?
No crazy stories of brawls and hard drugs, fortunately.  They're all super nice guys - everyone got along and the music was a great fit.  No antics to speak of, really.  At the first show we played with them in Boston, Anton became very fascinated with our keyboardist's Korg synth and came up during our soundcheck and was fiddling with it.  He said he used to have one like it but it had been stolen, and he was showing us all these weird sounds on it.  They played great every night and vibes were good.  Anton had a couple temper tantrums onstage.  Whatever it was that pissed him off, they always ended up forgetting it and carrying on with the set.


Tell us more about the songs on the singles we released ?
"Hurt My Pride" is actually a pretty old Sinclairs song.  I wrote it and recorded a very raw version of it in 2005.  Though it was never on a proper album and we actuallynever played it live in those days.  "Someone Like The Hawk" is a tune that John Thompson recorded on cassette 4-track.  It was just an instrumental, but I really liked it so I added vocals and 12-String Rickenbacker to it.  "The Hawk" was the nickname of this guy David Wolinski who played in the band Shadows Of Knight - he was apparently a gifted multi-instrumentalist.  "Nothin' To Say" is about people that are closed up, people that don't dance and don't know how to have fun - specifically at concerts.  The recording on the 7-inch version is pretty raw, it'll probably be re-recorded for an upcoming album.  "New Day" is obviously inspired by one of Australia's greatest bands of all time: The Church.  Lyrically it is about touring and traveling with my buddies.

How do you decide a song you wrote is for The Young Sinclairs or your solo project or anything other ?
Well it used to be that pretty much any song I wrote on guitar was for The Young Sinclairs - but now I sometimes do save things for my solo project, and I can't really explain the process behind that.  Songs just come from thin air sometimes and I just try and get them down, then figure out where they should go after the fact. 

I know you got some quite good supports since the released of the singles, did you have some new propositions since then ?
Yes, we are currently talking to the people from Ample Play records [ndr : Beat Mark, Paperhead, The Sufis, Sudden Death Of Stars...] in the U.K. - it's the guys from the band Cornershop's label.  We may be releasing an LP with them - keep your fingers crossed, kiddies.

Are you thinking about going on tour again with The Young Sinclairs ?
Most definitely.  It's hard when people in your band have jobs, girlfriends, etc. but we're going to make it work - even if we have to hire some mercenary musician friends to pull it off.  It'll definitely happen, no matter what - and we'll try our hardest to get everyone from our current lineup on board.

How did you went into the sixties kind of sound ?
Me and my brother Joe got into it pretty heavy around 2001 or so.  We found this website called "60's Alternative Jukebox" that had streaming audio of all these more obscure 60's singles and stuff.  That was the first place we heard The Brogues, The Seeds, The Standells, The Sonics, etc. and it totally blew our minds.  Since then we have been crazy about that era of music and drawn so much inspiration from it.  It truly was a special time in the history of recorded sound that will never quite be the same.  Being a fan of punk music, and just real raw rock & roll music in general since a very young age - it was a total revelation to hear all these records from '65 - '67 and find that some of them were much cruder, raunchier and more powerful than any so-called "punk", "metal", or "hardcore" music I'd ever heard.


What are your main influences for the Young Sinclairs project ? and more generally ?
Neil Young, Nickelodeon in the 90's, bossa nova music, jazz music, The Ramones, ninja movies, comic books, American Indians, India Indians, The Byrds, 12-string guitars, tube amps, reverb, fuzz, Echo & The Bunnymen, total darkness, blinding light, The Seeds, Adam West-era Batman soundtrack music, Brian Jonestown Massacre, Nintendo games, Phil Spector, The Church, the occult, the supernatural, women, men, animals, nature, the elements, fruits, vegetables, herbs, Star Wars, The Who, a billion random 60's bands from billions of 60's comps, Hip Hop music & culture, sampling, graffiti, DJ'ing, Television Personalities, 80's horror flicks, The Jam, The Band, Bob Dylan, The Kinks, The Beatles, Rolling Stones, Yardbirds, blah blah blah  

How do you produce your songs ? Do you use vintage hardware ?
We use tube preamps and vintage gear.  We've been collecting instruments and gear for years and we all have amassed a pretty decent assortment of equipment.  We like the old stuff, the funkier the better.  My brother built a lot of our equipment actually.  He built our bass amp, a couple of guitar amps, our tube preamps, our reverb unit, our mixing desk, the list goes on!  We do all kinds of things to make the music sound interesting.   We run microphones through amps or pedals, place mic's in corridors and halls, and generally just do all kinds of weird things.  Happy accidents a lot of the time!





  • Hurt  My Pride EP (7") is available in two version.
    The mailorder only version on solid purple wax with an alternative cover, limited to 120 copies worldwide
    The classic black version limited to 200 copies worldwide
  • New Day / Turned Around (7") is limited to 200 copies worldwide on black wax. 

Find the records here / Vous pouvez acheter les disques des Young Sinclairs sur :
but also Pop Culture (Paris), Born Bad (Paris), Radio City Discos (Madrid) and more to come.

The records has been supported so far by : Little Steven Underground Garage Radioshow, Styrofoam Drone, Finest Kiss, Rock & Folk Magazine, Action Time & Vision, Record Turnover...

Vous êtes une boutique de disque / you own a record shop / Tienes una tienda de disco :
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jeudi 1 novembre 2012

Interview : Jacco Gardner


Tout simplement notre coup de coeur de cette fin d'année, si nous avions raté la sortie de son premier single, le second sorti chez Trouble In Mind nous a vite mis sur la piste de ce petit prodige de la Pop Baroque et Psych. Jacco Gardner a des doigts d'or, ses deux singles sont absolument sublimes. Ici, nous croyons énormément à son avenir et c'est pour ça que nous voulions absolument l'interviewer !

Easily, one of our crush of the year, we missed his first spanish-released single but since the release of his TiM second SP, we went crazy about Jacco Gardner. This is exactly the kind of music we love, Baroque & Psych Pop with a golden touch. A incredibly sensitive and smart music that go straight to heart and makes you want to listen to it during hours just laying down on your bed, the stereo going loud shrouding you in the sound.


Hi Jacco, can you introduce your solo project ?
Well it started out as a 60's influenced psychedelic baroque pop studio project but now I'm also doing live shows with a 4-piece band. I'm currently finishing an album with songs written and performed by me, with exception of the drums which are played by good friend Josh van Tol

Can you tell us how did you come into making Music and writing songs ?
My family influenced me in this. I'm the youngest of two brothers and a sister, they had been playing instruments before me, so it seemed natural to start playing instruments as well.
I started writing songs when I joined my first band when I was about 13 years old.

What inspires you while writing songs ?
While writing songs I get inspired by interesting chord structures that I'm trying out while playing an instrument. Sometimes playing some chords and trying out a melody can really set a mood which I will then try to work out more clearly.

You are also part of a freakbeat duo called The Skywalkers, what made you want to go solo ?
I was actually already doing things as a solo act before The Skywalkers but I had never released anything solo. The Skywalkers were the first project I started taking more seriously. After a while of playing with The Skywalkers I felt the urge to finish the songs I had written for my solo project and make an album, that's when I picked that up again.

- Are you still making music with The Skywalkers or are you going to focus on Jacco Gardner at the moment ?
For the moment I am more focused on my Solo Project and it feels like it will remain that way. The Skywalkers was a short lived project, a lot of fun, but there are not enough ambitions there.

What is your creative process, how do you write songs ?
Well like I said before, chord structures inspire me and I start trying out melodies and then write lyrics to them. Sometimes it starts just with lyrics though. Or I hear a chord structure in a song with a completely different context and I think it would work great with another feel and instrumentation. Then I might "steal" some chords here and there and turn it into something new.

What's your secret to create this warm sixties sound ?
Tape machines and tube preamps. I mix my music digitally, on my laptop, but surrounding that I am using a lot of analog gear to process the sound. Tape echo machines, tape machines, tube preamps, spring reverbs, things like that.
Also it's a matter of what you want. I think I would be able to achieve a pretty warm sound by just using plugins in my computer as long as I hear the right sound in my head.


What instruments do you use ?
I mostly work on a basic instrumentation like acoustic or electric guitar with drums and bass. Then I add layers of more unusual instruments like harpsichord, mellotron, optigan, organs, sometimes synths even.

What's your live set ? are you by yourself ?
I'm doing live shows now with a 4-piece band. Jos van Tol on drums, Keez Groenteman on guitars and Jasper Verhulst or Hugo van de Poel on bass.

What are your biggest influences ?
Curt Boettcher, Syd Barrett, Brian Wilson, The Zombies

Here at Requiem Pour Un Twister are big fan of the nederbiet / psych scene in your country, acts like Q65, Boudewijn de Groot, Shocking Blue, Dragonfly... do these people had an influence on your music ? Anything to advice we should know ?
Actually the guy who recorded Q65, Golden Earrings, Dragonfly etc is a great friend of mine called Jan Audier. He also did part of the mastering process on all my recordings. I wrote my graduation paper on the recording techniques used on those bands in the Nederbiet scene where I met him. There are some great compilations out there with Nederbiet bands on it like "Waterpipes & Dykes" and a lot more, really worth checking out to discover some of the more unknown bands of that scene. One band I really enjoy that you might not know is "The Mega's" from Rotterdam.

Tell me about about Dutch garage / psych / beat music scene  nowadays ? Again, tell us if we had to listen some things we may don't know !
Nowadays there is nothing interesting happening in the dutch garage/psych scene. Not that I know of anyway, maybe I've missed something of course.

Have you ever think about singing in Dutch ?
This was never an option. English has always felt so natural to me that I've never really considered singing in Dutch. I also really prefer the sound of English so I don't think singing in Dutch will ever happen for me.

How did you get in contact with the amazing label Trouble In Mind ?
They found me after I released my first 45 on the Spanish Action Weekend Records called "Clear The Air". I did some promotion for that single and it got shared by many people including The Horrors which helped a lot. I think that little bit of promotion made it more easy for Trouble In Mind to find my music.


You released two singles this year, what's next for you ? any album in the making ?
Yes, I'm currently adding the finishing touches to a full-lenght. This will be released on two labels including Trouble In Mind around January/February 2013, more information on this very soon! Also the live shows are getting more and more and we're planning a tour in the US next spring..

Thanks you so much for your time !
No problem !

Le fabuleux premier single de Jacco Gardner est de nouveau disponible chez Sunny Day Records / Action Weekend Records (avec un nouvel artwork). On en a trouvé aussi quelques copies chez notre vendeur préféré Pop Culture à Paris. Allez-y c'est vraiment grand. Quant au second, c'est sorti chez Trouble In Mind et c'est donc "disponible" (s'il en reste) chez tous les gens qui reçoivent le label. 





dimanche 28 octobre 2012

Conjuguons la Pop #24 : Interview avec Philippe Lavergne des Freluquets 2/2


Suite de notre interview avec Philippe Lavergne, la première partie ici .

En 1992 vous sortez Discorama, tu passes au chant, pas trop difficile ? 
Super difficile ! Une semaine entière à chercher ma voix et à l’enregistrer. Nous nous étions séparés de Stoyan peu de temps auparavant car je ne supportais plus son attitude de diva (à mes yeux), son caractère hyper compliqué et torturé et ses textes qui ne me parlaient pas beaucoup. De plus l’attitude de la presse à son égard (« le nouveau Philippe Pascal ») ne me plaisait guère. Je ne cherchais pas à faire des nouveaux Freluquets des Marquis de Sade ou Marc Seberg bis, et cela me gênait que l’image du groupe soit à ce point faussée. J’essayais de créer les Pale Fountains français et on était loin du compte. Donc en passant au chant je tentais de me rapprocher de mon objectif.
Avant l’enregistrement du second album Lionel Beuque (Welcome To Julian) nous a dépanné au chant quelques mois jusqu’à ce qu’il parte fonder son propre groupe. Dommage qu’il ne soit pas resté car il avait une super attitude et nous avons joué nos meilleurs concerts avec lui dans le groupe (Route du Rock 1991 notamment). Il était un véritable aimant à groupie en plus…

As-tu cherché des inspirations pour le placement de ta voix ?  
Non, pas vraiment. Il ne s’est passé que quelques jours entre le départ de Lionel et le début des sessions de l’album donc je n’ai pas eu le temps de réfléchir. Il n’y avait pas d’autre candidat non plus. J’ai essayé de faire de mon mieux et c’était quasiment de la torture : une semaine non-stop de chant (par exemple, avec Aujourd’hui Madame pour l’album qui n’est jamais sorti, j’ai fait toutes les voix en une session, sans souffrir une seconde comme j’ai souffert lors de Discorama). Encore une fois mes références sont anglo-saxonnes donc si je fouille un peu je crois que j’ai inconsciemment puisé l’inspiration chez Michael Head, Pete Shelley, Bernard Sumner, et Malcolm Eden notamment.

Comment s'est déroulé l'enregistrement de Discorama ? 
Le plus difficile que j’aie jamais connu. La première mauvaise idée : chosir un producteur novice et sociopathe. Deuxième mauvaise idée : enregistrer en Allemagne car ses amis y avaient un studio. On aurait dû rester en France ou aller en Angleterre (Ian McCulloch était intéressé). Il y avait beaucoup de tensions dans le groupe car le départ de Stoyan avait déclanché quelque chose de négatif. Rosebud ne nous soutenait plus vraiment (d’où certains choix malheureux de notre part), on n’avait pas de budget logistique pour l’enregistrement donc on s’est retrouvé à ne s’alimenter que de pain turc et d’eau gazeuse jusqu’à ce qu’un ami proche (merci encore Pascal Alidra !) nous envoie un mandat et que l’on puisse enfin manger (et re-boire) convenablement. J’ai perdu 3 kilos… En plus la plupart des morceaux n’était même pas terminé ou sans texte avant d’entrer en studio donc on s’est mis une pression très forte. On se disputait pour des broutilles (« Tu as marché sur mon jack ! », véridique…), Denis devait passer des exams à Jussieu et avait donc la tête ailleurs et n’est resté que 4 jours. Patrice a dû rejouer la plupart de ses guitares car cela n’allait pas. Rodolphe a décidé de ne plus jouer de la batterie au milieu des sessions pour privilégier des programmations. Ensuite il est parti car il s’ennuyait. Patrice et moi avons été les seuls à ne pas baisser les bras. Mon enthousiasme et ma foi dans le groupe avaient un temps convaincu les autres membres que l’on pouvait arriver à quelque chose malgré tous les problèmes que nous affrontions mais je crois qu’ils étaient plus réalistes que moi et c’est pour cela qu’ils ont quitté le navire à ce moment-là. Je me suis obstiné, et bien secondé par Patrice, on a quand même fini l’album. Mais à un moment, on s’est fait virer du studio par le producteur pendant deux jours parce que nous n’étions pas d’accord avec sa production (synthés partout) et il l’a très mal pris.  

Votre son a pas mal évolué entre La Débauche et Discorama, as-tu été influencé par ce qui se passait en Angleterre (Madchester, Shoegaze) ?
J’écoute toujours beaucoup de nouveautés et bien sûr nous n’étions pas insensibles aux Happy Mondays et Stone Roses. Nous aimions beaucoup Galliano (sur Talkin’ Loud) également et Electronic. Mais les influences principales pour ma part étaient Shack, McCarthy et The La’s. Rodolphe était le plus branché électronique et dance music. Je ne me souviens plus très bien ce qu’écoutait Denis mais Patrice aimait surtout Anton Dvorak. Donc on essayait d’assimiler tout ça, en français. De plus nous étions passés d’une session d’enregistrement de 4 jours pour « La Débauche » à une de 3 semaines pour « Discorama », dans un meilleur studio qui plus est.

Discorama me semble avoir une tonalité plus légère et joyeuse que La Débauche, étiez-vous dans un état d'esprit différent ? 
Oui et non. A l’époque du premier LP on ne se connaissait pas encore tous très bien, et Stoyan était le portrait type de l’artiste maudit, ce qui se ressentait dans ses textes qu’il avait écrits depuis un certain temps déjà. Mais on était assez optimiste par rapport à notre potentiel, avec des chansons du calibre de « Les Portes » ou « Mémorie » notamment. Les Freluquets étaient sur une bonne voie.
Les textes de « Discorama » étaient plus légers car écrits laborieusement en studio, et je me disais à ce moment-là, avant d’entrer en studio, que si nous ne parvenions pas à enregistrer cet album le groupe se désintègrerait à cause des dissensions qui apparaissaient de plus en plus. Ce qui est arrivé malgré tout un peu plus tard. Donc l’état d’esprit était beaucoup plus négatif un an plus tard seulement.

Sur les deux disques tu as un son souvent très clair et parfois jangly ("Les portes" ou "Chanson du Nord"), quels guitaristes t'ont influencé ? 
J’étais le guitariste rythmique donc je ne sais pas si mon son avait une grande importance mais comme je le disais plus haut, ceux que j’appréciais étaient Tim Gane, Edwyn Collins, Paul Weller bien sûr, Will Sargeant, Paul Handyside (Hurrah !), John Head. J’attache souvent plus d’importance au son d’un guitariste plutôt qu’à sa technique même si je ne peux pas nier que Stuart Adamson, Richard Lloyd et Dominique Laboubée m’impressionnaient considérablement.

De quels groupes te sentais-tu proche à l'époque des Freluquets? 
Sincèrement, à part Gamine qui sont devenus des copains, aucun. Naïvement je pensais que nous pourrions créer une sorte de scène pop française avec nos contemporains mais la compétition (et ce au sein-même de Rosebud) était trop forte. Il n’avait pas vraiment d’esprit d’équipe (les European Sons exceptés) et le cynisme et la prétention de certains me désolaient. Par exemple, j’étais plus proche de St Christopher (que j’ai aidé à enregistrer chez Lenoir) que de n’importe quel groupe de l’Hexagone.

Les Freluquets se séparent en 1992…
Après « Discorama » et ses faibles ventes, Rodolphe et Denis ont arrêtés. Les répétitions post-album étaient tristes, infructueuses et toujours tendues. La certaine euphorie des premiers mois avait disparu pour ne laisser place qu’au doute. On a tourné avec Franck et Dilip des Chaplinn’s comme remplaçants pour promouvoir le disque mais Rosebud ne croyait plus en nous et nous a lâchés. Pourtant notre single « Un Souhait » passait pas mal en radio et BMG Publishing nous avait signés mais Alan a dû sentir que la direction que nous étions sur le point de prendre ne lui plairait pas (Patrice et moi adorions « Seamonsters » de The Wedding Present). Enfin, je suppute car il ne nous a jamais rien dit à ce sujet et c’est un coup de fil de mon frère (designer en chef pour le label) qui m’a appris que nous n’étions plus des artistes Rosebud. On donc décidé de passer à autre chose et de durcir le son, par réaction de colère en quelque sorte.

Tu montes ensuite Qu4tre…
Assez vite en fait, puisque suite à une annonce Patrice et moi recrutons le guitariste Thierry Volver qui nous amène le batteur Pierre-Jean Grappin (qui officiera ensuite chez Holden). Mais après le 1er concert au Rex Club Thierry nous quitte suite à un désaccord vestimentaire. Je n’avais jamais connu ça auparavant ni depuis. Nous sommes quand même restés bons amis. On ne savait pas trop où nous tourner pour trouver un remplaçant et c’est après une interview avec le regretté Pierre Golfier pour le magazine Another View que nous le convainquons de nous rejoindre.

Vous changez de nom, besoin d'un nouveau départ ?
Tout à fait. On aurait déjà dû le faire pour les Freluquets quand j’ai rejoint Rodolphe à Paris. Là la musique était une nouvelle fois bien différente puisque Pierre a amené avec lui son goût prononcé pour la noisy-pop, Sonic Youth et My Bloody Valentine entre autres, et Pierre-Jean une précision et une technique absentes des précédentes formations. Et il était clair que j’étais à nouveau le patron même si j’acceptais toute forme de collaboration de la part des autres membres du groupe. Du coup plus de tensions et un vrai plaisir de se retrouver pour faire de la musique ensemble.

  
Vous sortez le mini-lp Un Jour, J'irai en Norvège…
Nous avons obtenu 20 000 francs de BMG Publishing en leur faisant croire que nous allions enregistrer des démos. Puis j’ai financé le reste pour créer Hype !, notre label et sortir le disque.

Un mot sur le titre du disque ?
C’est une référence à un EP des Membranes acheté par mon frère Patrick, « All Roads Lead To Norway » qui est un jeu de mots qui signifie « all roads lead to nowhere ». Comme pour « Discorama » qui m’est venu tout de suite quand Christophe m’a téléphoné pour savoir quel titre mettre sur la pochette, celui-ci à l’humour un peu absurde s’est imposé tout seul. Je n’y suis toujours pas allé d’ailleurs.

Comment s'est déroulée la collaboration avec Damian O’Neil (Undertones, That Petrol Emotion) ?
Quand j’ai lu que That Petrol Emotion dont j’aimais beaucoup le dernier album autoproduit se séparait, j’ai contacté JD Beauvallet (qui avait chroniqué positivement notre 1re démo, me surnommant à tort le « Johnny Marr français ») pour avoir le numéro de Damian. Je lui ai envoyé notre démo la plus récente et sans attendre sa réponse je me suis rendu à Londres pour le voir et le convaincre. A ma grande joie il a accepté tout de suite et ce fut le début d’une grande amitié. Avec lui tout s’est très bien passé puisqu’il a en plus accepté de jouer sur le disque et nous a guidés vers un résultat dont je suis encore fier aujourd’hui. On a passé 10 jours intenses en Normandie, à supporter l’Eire pendant la Coupe du Monde 1994 aux USA, à manger super bien à la ferme et à boire tous les jours à 17 h des tonnes de bières pas chères. Et à enregistrer accessoirement les bases de l’album. Les finitions ont été faites à Londres, au studio Bang Bang, en une semaine, avec un magnéto analogique 16 pistes dont la location avait été payé en herbe.
Malheureusement, on n’a pas eu les moyens de sortir tous les titres mis en boîte et c’est bien dommage. Nous n’avons pas réussi à trouver davantage de fonds malgré la participation à plusieurs compilations et la crédibilité que cela a pu nous donner.

Était-ce un rêve qui se réalise? 
Complètement. Je me souviens encore du jour où mon grand-frère apporta en 1979 le 45 tours « You’ve Got My Number » des Undertones à la maison. Ce fut le coup de foudre, alors me retrouver aux côtés du guitariste principal de ce groupe des années plus tard pour travailler sur mes chansons est quelque chose que j’ai du mal à réaliser encore aujourd’hui.
Quels ont été les retours sur ce mini-lp ?
Les Inrocks l’ont ignoré mais tous les autres magazines rock ou fanzines de l’époque en ont dit du bien. Nous n’avons eu que des chroniques positives, chose qui n’était pas arrivée avec les Freluquets. Lenoir encore une fois l’aimait bien lui aussi. On avait décidé d’être original avec les journalistes et au lieu de leur faire parvenir le CD tout de suite (par souci d’économie aussi), on leur demandait de nous contacter si notre bio les interpellait. Ça a bien marché. 

Je crois que vous avez eu des problèmes de distribution ?
Oui, malheureusement le distributeur avec lequel nous nous étions mis d’accord, Média 7, a cessé de distribuer le CD au bout de 6 mois, sans raison et sans nous prévenir. Donc, les gens qui entendaient le disque sur les radios associatives, chez Lenoir, lisaient les articles qui nous étaient consacrés, ou venaient nous voir en concert, ne pouvaient plus se le procurer. On en a donc encore un stock...
Comme tout le monde, on en a vendu une centaine au Japon.

Comment se termine l'aventure Qu4tre ?
Au bout de 4 ans, Pierre ne pouvait plus supporter la pression qu’il s’imposait en tant que guitariste lead (il se sous-estimait sans cesse) et il a quitté le groupe. On a engagé quelqu’un d’autre et c’est ensuite Pierre-Jean qui nous a laissé tomber pour rejoindre Holden (eux avaient un vrai label). Pascal Delbano, qui joue de  la batterie sur mon prochain disque, nous a donc rejoints et nous nous sommes alors tournés vers Stoyan que j’étais content malgré tout de retrouver, pour créer autre chose : Mars (comme le mois), avec comme influence principale Cornershop, mais toujours en français.

Et depuis qu'as tu fait de beau ?
Vers la fin des Freluquets Rodolphe et moi avons accompagné Dominique Dalcan sur les routes et un peu en studio pendant 6 mois, puis en 1997, après une année de Mars, j’ai arrêté la musique pendant quelques mois suite au décès de ma mère (et Stoyan était tombé d’une fenêtre pendant l’été). J’avais perdu la motivation. A la fin de l’année j’ai retrouvé Rodolphe qui s’essayait à la musique électronique dans son coin pour créer Bassmati (hommage à Bassomatic et au riz qui est la principale nourriture de Rodolphe le Malgache). Plusieurs compilations, des remixes pour des artistes internationaux et français (Tommy Hools, Concorde Music Club), deux 25 cm chez Kung Fu Fighting Recordings, du djing, on avait la cote en Allemagne, cela a duré deux/trois ans.
Puis il y a eu la création d’Aujourd’hui Madame en 2000. J’avais envie de composer et d’écrire à nouveau. Un bassiste, François Jazkarzek, a été trouvé grâce à Internet, et j’ai demandé à Pierre-Jean de nous aider. Il a amené le clavier de Holden avec lui et après deux démos et un concert ils nous ont quittés. Franchement, j’étais soulagé car l’atmosphère dans le groupe était devenue irrespirable : divergences d’attitudes et d’objectifs. J’ai donc rappelé Pascal de Mars et après un an de recherche, Fabrice Vidal nous a rejoints à la guitare. Je vais essayer de faire court : pour une fois dans ma vie on a trouvé un management, qui s’est avéré catastrophique, et on a enregistré un album qui bien entendu n’a jamais vu le jour, à part 3 titres sur le label Susy Records qui sortira un autre EP un peu plus tard et l’album de mon nouveau projet, Country Club, en 2013 je suppose. Aujourd’hui Madame s’est donc arrêté à mon départ pour raisons familiales aux USA en 2006. Anecdotiquement, François joue aujourd’hui avec Thierry Volver au sein des New Beatniks, et cela s’est fait par hasard.
Grâce à Thomas Deligny (Concorde Music Club), qui produisait son album, j’ai joué en 2005 sur 6 titres de l’album « By Paris, By Taxi, By Accident » de Bill Pritchard. Une super expérience puisque j’étais fan (surtout de ses premiers albums).

Je crois que tu t'intéresses encore pas mal à la musique actuelle, j'ai vu que tu étais fan de Woods ou Craft Spells (deux formations dont nous sommes également fans) sur ta page fb, quel regard jettes-tu sur la scène pop actuelle ?
Je suis surpris par le nombre de groupes qui sonnent comme The Field Mice ou The Wake époque Sarah, la réverb longue en plus. Et que la musique qui me passionnait dans la 2e moitié des 80’s soit encore au goût du jour. Donc je suis plutôt ravi.
Mais à cause d’Internet il faut des mois entiers pour écouter tout ce qui se fait aujourd’hui (alors qu’adolescent je pouvais passer 6 mois sur un seul album) et c’est donc une tâche de longue haleine que de se maintenir à jour sans suivre aveuglément des magazines ou des sites qui te mangent le travail.

Y-a-t-il des formations françaises actuelles qui te parlent ?  
Pas des masses vu que je vis aux USA mais j’aime bien Aline, qui mérite son succès (même s’ils sont marseillais…) et A Part Time Punk qui avait fait la 1re partie d’Aujourd‘hui Madame à Paris (il est aussi le guitariste de Lescop). Par ailleurs j’ai du mal à ne pas considérer Mustang comme un groupe de variété donc je n’accroche pas du tout. Le culte voué à Biolay me surprend aussi. Mais là, on n’est plus dans la pop qui nous intéresse.
Je crois que la différence que je peux ressentir avec les groupes pop moderne français en général est que je me considère comme un artisan et non pas comme un artiste. Une différence de classe sociale sans doute…
Je suis donc à distance et grâce à Magic cette nouvelle scène française mais rien ne me bouleverse comme Sea Pinks, The Pale Lights, Magic Bullets, The Drums, The Sea And Cake, Peasant, Beat Connection, Orca Team, Minden, Jens Lekman, Two Wounded Birds, Exlovers, Teenage Fanclub, The Orange Peels, Elephant Stone, Kelley Stoltz, Lightships, Weird Dreams, Woods, Low, The See See, White Birds, Craft Spells, le dernier Dexys, The Jungle Giants, Matt Pond Pa, Lace Curtains, Letting Up Despite Great Faults, Seapony, Richard Hawley, Princeton et j’en passe, peuvent le faire.
En bon provincial (et ce même si j’ai vécu 17 ans à Paris), je recherche toujours sans doute cet exotisme que je trouvais dans les groupes britanniques (pour la plupart) qui ont bercé mon adolescence et me permettaient de sortir de la banalité de mon quotidien.

écouter Aujourd'hui Madame, le groupe  de Philippe Lavergne sur myspace.  
Philippe est actuellement dans Country Club

Un énorme merci !


Les Freluquets - la spirale


Qu4tre - Les Orgueilleux


Qu4tre - Confessions D'un Homme Moderne