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mercredi 28 juin 2017

Achats Récents #11

Je triche un peu, j'ai ressorti quelques disques plus anciens en plus d'achats très récents, l'occasion de faire une session 100% seventies !

The Atomic Crocus est probablement un groupe de studio monté spécifiquement pour cette sortie, la seule attribuée à la formation publiée en 1974. Il s'agit également de l'unique production de l'ambitieux label Daffodils International Records. Les plus attentifs noteront la thématique fleur entre crocus et jonquilles. Pas grand chose à dire sur la face A, de mémoire un slow pas franchement mémorable. L'intérêt du 45 tours réside dans la Face B, un excellent instrumental funky au tempo modéré à la production soignée. Un clavinet répond à une guitare en cocotte, un rhodes en arrière fond et bien sûr la mélodie principale jouée au synthé ! Le morceau est signé Bernard Estardy, un nom bien connu des collectionneurs pour les nombreuses raretés de qualité qui parsème sa discographie, notamment le fameux La Formule Du Baron qui s'échange dans les 100 euros...Au delà de ses productions propres, Bernard Estardy est une figure de l'ombre de la variété des années 60 et 70. Il démarre sa carrière dans le backing band de Nancy Holloway au coté d'un certain... Nino Ferrer. Il accompagne ensuite ce dernier à l'orgue dans les années 60 ainsi que sur les deux 45 tours des Gottamou. Co-fondateur du studio CBE il travaille avec la crème de la variété de l'époque de Claude François (et aussi), en passant par Françoise Hardy ou... Carlos ! The Ombilic Contact a notamment été compilé sur la première Cosmic Machine en 2013.


Information sur ce disque: le narrateur est Pierre Hégiel, le disque a été publié par le Reader's Digest en 1974 et se nomme Mais La Stéréophonie Qu'est-ce que C'est ? Et...c'est tout ! Globalement une curiosité avec des protocoles de test de stéréophonie sur la face B et une évocation de l'intérêt de cette dernière à travers des effets sonores (ping pong, train...) et la musique...classique. C'est tout ? Pas tout à fait, il y a environ une minute de jerk vraiment cool à partir de 4,30 (la seconde vidéo reprend le passage intéressant). Très frustrant mais néanmoins une curiosité comme on les aime non ?


Pierre Vassiliu réserve souvent de bonnes surprises. Sans connaître l'intéressé je l'imagine cultivé et aimant sincèrement la musique. Après Film que nous évoquions il y a quelques mois voici une autre face B qui me plaît beaucoup même si elle n'est peut être pas aussi culte que le morceau qui accompagne Qui c'est celui-là ?. En avant les petits enfants est une jolie chanson pop aux arrangements délicats (guitare sèche, électrique, percussions...). Très bien enregistrés (par Raymond Donnez qui a aussi bossé avec Cerrone par exemple), les chœurs apportent un beau relief à la composition de Vassiliu autour d'une structure d'accord très jolis. Pas si éloigné que ça de CS&N dans le style coté folk californien ensoleillé ou pour se rapprocher de nous, une version un peu plus variété des propositions d'Ilous & Decuyper ou Darras & Desumeur.  


Juan Carlos Cacérès est un musicien d'origine argentine. Après avoir étudié les Beaux Arts il s'établit à Paris en 1968. Au début des années 70 il publie deux albums avec Malon et sort un 45 tours sous son nom (celui que nous découvrons): Contigo Mi Vida avec en face B Rompe Con Todo enregistré à Mexico par le seul et unique Alain Goraguer (collaborateur de France Gall et bien d'autres !). Le premier album du chanteur sort sur Celluloïd en ... 1993. Dans les années 2000 il rejoint le label fondé par Eduardo Makaroff (Mano a Mano, Gotan Project). La face A ne présente pas d'intérêt particulier, en revanche Rompe Con Todo est une excellente surprise: un titre de latin-rock groovy typique de son époque (et très cool dans le genre) entre Santana des débuts (Oye Como Va, Evil Ways...), Titanic (Sultana), War ou encore Malo (suavecito). 


lundi 23 mai 2016

Les Bretell's : attachez votre ceinture

Il y a quelques semaines nous évoquions Henri Salvador. Ce dernier en plus de sa propre carrière produisit des groupes et artistes distribués par Philips, puis sous son propre label Rigolo. Parmi eux Tiny Young ou Les Bretell's qui nous intéressent plus particulièrement aujourd'hui. La description au dos de leurs premiers EP sorti en 1963, signée de Salvador, explique le curieux choix de nom: à l'époque des chaussettes j'ai pensé que pour compléter l'habillement de la chanson il fallait des bretelles. Les voici donc en musique. Au delà d'un certain manque d’enthousiasme pour décrire ses poulains, Henri Salvador confirme que le rock n'est pas trop son truc, peut être une question de génération... 

S'il est un des premiers artistes à avoir enregistré du rock & roll en France en compagnie de Boris Vian et Michel Legrand sous le nom d'Henry Cording (youtube), le propos est ironique, les intéressés n'y voyant qu'une mode passagère (wiki) ! Il récidive donc sept ans plus tard en lançant une pique aux groupes twist et notamment les Chaussettes Noires d'Eddy Mitchell (et de Créteil, sisi!). Quoi qu'il en soit nos Bretell's n'évoluent pas tellement dans un registre rock & roll, nous restons dans le spectre d'influences chères à Henri Salvador: jazz, musique brésilienne et latine (notamment bossa nova) etc. et ce, malgré la volonté affichée de pasticher le twist des rockeurs français. Le résultat est néanmoins tout à fait charmant. Chacun des quatre morceaux est d'excellente facture. Deux évoquent des twists ("Lulu d'Honolulu" et "Ne Dis Pas"), "Vous" est un joli slow (youtube) et enfin "Marchand de Melons" est une reprise étrange et amusante du classique d'Herbie Hancock "Watermelon Man" (youtube). Au jazz se substitue un rythme latin, très certainement influencé par Mongo Santamaria (youtube) mais rien ne prépare aux paroles...Elles oscillent entre la connerie abyssale et le génie, elles semblent volontairement stupides et novelty ce qui les rends d'autant plus terribles. Notons les interventions d'Henri Salvador qui ponctuent la chanson de ses rires et enfin d'un très cool solo d'orgue, la dernière touche à cette fascinante reprise d'un classique ultime du jazz. 

vendredi 4 février 2011

Sergio Mendes & Brasil 66 - for what it's worth (1970)

A&M n'était pas dans les années 60 un label spécialement cool, on peut s'étonner d'ailleurs de ce que venait faire les excellents Merry-Go-Round dans une compagnie plus habituée à refourguer du Tijuana brass à l' Amérique tout entière plutôt que des groupes de petit jeunes avec le son qu'il faut. Néanmoins je dois avouer que j'ai une sorte de plaisir coupable (mais assumé, la preuve j'ose vous la dévoiler!) pour les disques de Sergio Mendes & Brasil 66.

On l'oublie un peu facilement maintenant au profit de référence plus sûres et de meilleurs gouts comme Jobim et cie (Deodato, Marcos Valle), mais dans les années 60 c'est Sergio Mendes qui a fait découvrir les musiques latines (en particulier la bossa) au public américain moyen blanc, et franchement c'est somme toute à son honneur. En dehors de reprendre des morceaux de pop à la sauce lounge-latine-légère, il a pas mal fait appel à des compositeurs brésiliens et donc a aussi contribué à mettre la musique de ce grand pays en lumière. Sergio Mendes vous connaissez forcément un de ces morceaux, le classique "mas que nada". C'est pas lui qui l'a écrite (Jorge Ben, à qui l'on doit aussi "Taj Mahal" emprunté par Rod the Mod qui n'a pris la peine de le crédité lui), mais il en a quand même fait un tube, il a su trouver et découvrir le potentiel de la chanson, se l'est approprié et on peut difficilement nier que la version définitive est celle estampillée Sergio Mendes & Brasil 66.

Pour en revenir aux reprises de chansons pop "du moment" à la sauce latine-lounge-légère, hé bien je dois dire que je les trouves plutôt cool voir même parfois excellentes, et quand j'ai vu ce 45 dans un disquaire de Rennes je m'en suis immédiatement emparé! For What it's worth est emprunté au répertoire du Buffalo Springfield (tiens quelle drôle de coïncidence hein?), Sergio Mendes en propose une version groovy avec une rythmique légèrement latine particulièrement bien foutue et arrangée, loin des mièvreries que l'on pourrait craindre avec ce genre de traitements. L'art du brésilien consiste à créer un crescendo dans la chanson, au début très minimale (une rythmique, une basse, la voix) progressivement les arrangements s'étoffent d'un piano électrique et d'un orgue, la sensation créée est excellente. En gros Sergio en fait une super version, par contre ne me demander pas de choisir entre les deux, des plaisirs différents, mais des plaisirs.

Sergio Mendes & Brasil 66 - for what it's worth


jeudi 1 mai 2008

Barrabas - woman (1972)

Après avoir été le batteur et le leader de los Brincos Fernando Arbex fonde le groupe Barrabas. La formation fusionne soul, musique latine, rock ou pop, dans un esprit proche des premiers Santana en néanmoins plus dansant et moins rock. En 1972 sort le premier album du groupe Wild Safari, l'un des morceaux, Woman devient un tube surprise aux États Unis , il est entre autre très apprécié par des Djs comme David Mancuso du Loft qui le joue au milieu de titres comme Love Train des O Jays ou Soul Makossa de Manu Di Bango. Par la suite Fernando Arbex quittera le line-up du groupe pour se concentrer sur la production et la composition (toujours pour Barrabas), il est clair que si aujourd'hui le groupe est peu connu en France, il reste une des formations espagnoles à avoir eu le plus de succès à l'étranger et une vrai reconnaissance internationale en apportant sa "petite pierre" à la création de la musique Disco.

Fernando Arbex was the leader of the beat combo los Brincos, after the split, he was in several bands before doing his own group: Barrabas. The band was fusionning elements of soul, funk, pop, rock with a latin feeling, in 1972 they released their fist LP "Wild Safari", Woman became a surprise hit for the group in the USA, it was supported by djs like David Mancuso from the Loft, wich included the track in his playlist with others cuts like "soul makossa" by Manu Di Bango or "love train" by the O jays. If now few people outside of spanish and dance music addicts remembers Barrabas , it was at that time one of the most successful act to coming from Spain.

écouter / listen to woman

lundi 23 juillet 2007

? and the mysterians - 96 tears (1966)

? (Question Mark) and the Mysterians sont un groupe de garage rock américain du Michigan, pas loin de Detroit. En 1966 ils ont un énorme tube aux Etats Unis avec le classique 96 tears et son riff tout simple mais terrible d'orgue "italien", ils sont ainsi un des premiers groupes latinos à avoir du succès même si ce n'est qu'un "one hit wonder", ceci dit le reste se défend très bien. D'après la légende ils ont choisi de signer avec le label cameo à cause de la couleur du label (orange) la préférée de Question Mark, à long terme ce choix n'a pas forcément été payant, car les ayants droits du catalogue ont bloqué pendant très longtemps les rééditions (2006 en fait je crois), ce qui explique l'absence de cet immense classique sur la mythique compilation Nuggets, parfois ça ne tient à pas grand chose hein?

écouter 96 tears

? and the Mysterians were a michigan garage band. In 1966 their tune 96 tears was a big hit in the United States, one of the first done by latino artists. They choose the cameo label because of the colour of the logo (orange) wich was Question Mark favorite, but not sure it was a so good idea, the owners of the producing rights never done reeditions of the band stuffs during years so they were not included and the Nuggets, a shame for this true garage classic! Indeed since one or two years an anthologie of ? and the mysterians with the original recording is available!

listen to 96 tears

jeudi 5 juillet 2007

Mandrill - mango meat (1973)

Mandrill est un groupe de funk de New York des années 70. Les carcans en musique dans les 60's ont totalement explosés, il règne un parfum de liberté qui impregne toute la musique qu'elle soit noire ou blanche. On ose de plus en plus les groupes mixtes et les fusions passionnantes. Les Booker T and the Mg's, Equals, Love, Chambers Brothers, Sly and the family stone, ou encore Santana contribuent chacun à leur manière à dépasser les frontières et aux rapprochement des genres. Mandrill dans un esprit similaire, et dans une démarche qui rappelle War infuse sa soul/son funk d'éléments de musiques latines, voir psychédéliques. Le résultat, si il n'est pas toujours parfait est sacrément jouissif à l'image de Mango Meat (classé au top 40 RNB aux EU) qui ouvre l'album Just Outside the Town, une tuerie intégrale mêlant des grosses rythmiques funky avec une petite touche de groove latin, des voix quasi-africaines, et des riffs de cuivres déments.

écouter mango meat

Mandrill is a seventies soul/funk band from New York named after an ape. As many others bands like Santana or War Mandrill put elements from latin music and psychedelia in their funk sound and it's just awesome! Mango meat (a top 40 hit in the USA) is the openner of their lp just outside the town, it's an amazing blend of soul, funk, african vibes and latin grooves!

listen to mango meat

lundi 18 juin 2007

Santana - waiting (1969)

Santana avant de retrouver le chemin des charts avec de la soupe rnb-latino-fm et autre niaiseries a commencé sa carrière avec un très bon premier album, alors oui il se la pète déjà un peu, mais c'est très largement contrebalancé par les excellents musiciens qui l'accompagnent (comme l'organiste ou le batteur). Il fusionne sans complexe la musique latine, avec le rock, voir la musique psychédélique en phase avec son époque, on ne sera guere étonné d'apprendre que ce groupe est issu de la prolifique scène de Los Angeles à qui l'on doit aussi Love, les Doors, et évidemment War, dont la fusion latine/soul se rapproche un peu de celle à l'oeuvre sur ce très bon premier disque. Waiting est le morceau d'ouverture, il donne une bonne idée de ce qu'on trouve sur cet album. Notez la pochette et ses effets d'optiques assez surprenants!

écouter waiting

Santana before doing some cheesy latin-rnb-fm was into a very good fusion of latin and rock stuff with a psychedelic touch. The Santana band was from LA as Love, the Doors or War. His first album is very good, with great licks of hammond, nice percussion and an awesome drummer, to my point of view one of the true classics of 69. Waiting the opening track is a good start to his sound during the woodstock period.

listen waiting

mercredi 9 mai 2007

Eric Burdon & War - Spill the wine (1970)

Eric Burdon, est d'abord le chanteur des Animals, après le split de ceux ci (leur bassiste Chas Chandler devient le manageur de Jimi Hendrix et plus tard de Slade), il part tenter sa chance aux Etats Unis et fini par tomber sur le groupe War de Los Angeles, les deux collaborent sur plusieurs disques (trois il me semble) , en live leur musique faite de blues, jazz, funk, soul, musique latine et rock prend tout son sens, comme la sublime version de "paint it black" de plus de 10 minutes... Il n'empêche que sur disque ça carbure bien comme par exemple sur ce Spill the wine, un single de 1970.

écouter spill the wine

Eric Burdon was the singer of british invasion band the Animals. Then he went to USA, and eventually sang with Los Angeles band War. They did a few records (something like 3 i think) and were one of the most amazing live act of their time.
Spill the wine is a single from 1970 and it shows well the sound of this guys, a blend of soul, jazz, rock blues, funk and latin music.

listen to spill the wine