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lundi 3 septembre 2018

Achats Récents #20 post-disco/funk/boogie


The Ritchie Family est un trio féminin de chanteuses originaires de Philadelphie. Le groupe est surtout une création des seuls et uniques Jacques Morali et Henri Belolo: au milieu des années soixante dix les français s'intéressent au disco et montent cette formation de toute pièce en castant trois chanteuses. The Ritchie obtient ainsi un énorme succès avec une reprise de Brazil extrait d'une comédie musicale. Le duo français par la suite formera... les Village People ! Au début des années 80 le disco est en perte de vitesse et les producteurs français confient la destinée de The Ritchie Family à un autre duo européen: le Français Jacques Fred Petrus et l'Italien Mauro Malavasi alors au sommet de leur carrière avec des projets comme Change et BB&Q Band. J'avais toujours vu Ritchie Family comme un groupe euro-disco cheesy (et je pense que ce n'est pas nécessairement faux sur la première période) mais en tombant sur youtube (hé oui découvert grâce aux algorithmes...) sur I'll Do My Best j'ai pris une petite claque. Ce morceau est super élégant, la production somptueuse. Encore une fois, impossible de ne pas ressentir l'influence de Chic chère au duo Petrus-Malavasi mais prolongée dans une perspective définitivement plus 80s (le morceau est de 1982): tempo plus lent, basse funky synthétique, arrangements subtiles et presque aériens. Pour ne rien gâcher, le 45 tours est vraiment facile à trouver, une semaine après avoir découvert le morceau je l'achetais en vinyle pour une somme dérisoire. Quand on commence à avoir beaucoup de disques, il est rare d'avoir encore ce genre de surprise. La version 45 Tours est un édit bien fait de la version 12 pouces ci-dessous.


Les Whispers, groupe de soul de Los Angeles, ont déjà été évoqués sur ce blog à travers un excellent morceau de 1970. Comme je le mentionnais à l'époque, la formation est surtout connue pour sa production de la fin des années 70 - début quatre vingt et notamment le fameux And The Beat Goes On. Ce morceau est tellement connu que rien qu'en citant le titre vous devriez entendre la mélodie. De la même époque mais un chouïa moins connu (mais ça reste un énorme standard): It's a Love Thing. Que dire sur cette chanson ? évidente, classique, certes... mais cela reste une énorme balle avec un groove hallucinant. Un petit mot sur le label SOLAR (pour Sound Of Los Angeles Record), je pense qu'il contribue à définir le son de la première moitié des années 80 en matière de dance music/ R&B/disco. Fondé en 19 par Dick Griffey, un collaborateur de l'émission Soul Train, le label californien enquille les classiques dans la première moitié des années 80 avant de décliner. Parmi mes favoris citons Dance With You de Carrie Lucas, Friends de Shalamar ou Midas Touch de Midnight Star.  


J'avais tendance à associer Evelyn Champagne King surtout à son classique disco Shame découvrir Love Come Down , un autre de ses grands tubes (avec aussi I'm in Love) a été un petit choc. Cinq ans sépare les deux morceaux et ils tracent assez bien les évolutions de la musique disco/r&b sur la période. Love Come Down est une merveille de précision associant une production très synthétique (boîte à rythme, basse funky au moog, claviers...) à un groove destructeur. Love Come Down est un vrai marqueur de son époque et du virage fait par la dance music dans les 80s. Il consacre aussi son producteur: Kashif, malheureusement décédé en 2016 à quelques semaines d'intervalles d'un autre grand de la dance music (Rod Temperton).  


Il était trop tentant d'évoquer Rod Temperton juste après Kashif. Le musicien anglais se fait connaître avec le groupe Heatwave, auteur notamment de l'immense classique Boogie Nights qui fait parti de mes morceaux disco favoris. La formation contribue à l'émergence d'une scène au Royaume Uni connue sous le nom de Brit Funk, il est très probable que je revienne là dessus un jour prochain si j'ai le courage de m'y mettre ! Revenons à notre 45 tours. Il est donc écrit par Rod Temperton pour Quincy Jones avec Patti Austin au chant. Razzamatazz est extrait de l'album The Dude comme un autre classique de Quincy: Ai No Corrida. Même si cette dernière a eu plus de succès, j'ai une préférence nette pour Razzamatazz et je pense que Rod Temperton n'y est pas étranger. Elle évoque un autre classique du compositeur anglais (Give Me the Night de George Benson) avec quelque chose de plus élégant, notamment ce refrain sur le fil des plus aristocratiques. La paire Rod Temperton/Quincy Jones est une dream team du début des années 80. Les deux collaborent en effet sur deux albums de MJ (Off The Wall et Thriller) mais aussi sur Light Up The Night le classique des Brothers Johnson (porté par le single Stomp co-écrite par le Britannique avec le groupe et produite par l'Américain) . 


Chemise était un couple à la vie: Ricki Byars et Ronald Muldrow. Les musiciens, surtout de de jazz (Ricki Byars a chanté avec Pharoah Sanders par exemple), ont sorti un unique single sous ce nom en 1982. She Can't Love You est particulièrement intéressante dans sa manière de placer la basse par rapport à la rythmique avec un léger décalage créant un groove très particulier et cool. L'ensemble est à la fois très dansant mais avec une petite pointe de mélancolie. La production est également captivante: un poil plus lo-fi et moins ample que celle des 4 autres morceaux de cette sélection par exemple. 
 

vendredi 16 juin 2017

Achats Récents #9

The Whispers est un groupe américain de soul formé à Watts (près de Los Angeles) en 1964. La formation est particulièrement connue pour ses tubes de la fin des années 70 comme And the Beat Goes On. Comme de nombreux groupes ayant traversés les décennies (Temptations, Isley Brothers, Steve Wonder) leur musique a évolué en fonction des époques. Needle in a Haystack est la face B du tube Seems Like I Gotta Do Wrong (#6 des charts R&B). La chanson est une très jolie production soul de 1970, elle évoque à travers son tempo modéré et son groove irrésistibles les classiques de Billy Stewart ou de The Impressions. Plutôt étonnant compte tenu qu'il s'agit d'une production 100% californienne écrite par deux membres du groupe. Peut-être un peu lent pour être joué en soirée mais à tenter ne serait-ce que par l’irrésistible accélération...

 
Vous connaissez certainement les 4 Seasons pour leur magnifique classique Beggin repris depuis pas mal de fois dont quelques versions de sinistre mémoire. Ainsi, plutôt qu'évoquer ces Norvégiens avec "con" dans le nom qui ont profané cette superbe chanson, mentionnons la délicate reprise par Timebox. Au delà de la voix fantastique de Frankie Valli, rendons hommage à Bob Gaudio, clavier du groupe et co-auteur de nombreux classiques de la formation (Sherry, Rag Doll, Beggin, Can't Take my Eyes off You, Silence is Golden...). S'il ne participe pas à l'écriture de Let's Hang On! son camarade d'écriture Bob Crewe en est. Crewe n'est pas un membre officiel de la formation mais son rôle est essentiel dans la carrière du groupe par ses qualités d'écriture et de production. Il met également ses talents au service de Mitch Ryder and the Detroit Wheels. Profitons ainsi de ces quelques lignes pour saluer la mémoire d'un de ces hommes de l'ombre ayant façonné la pop des années soixante discrètement mais avec classe et élégance. J'ai d'ailleurs découvert cette chanson par l'entremise d'une version assez réussie de Richard Anthony, intrigué par les crédits de celle-ci et la présence de Crewe je remontais ainsi aux 4 Seasons. Let's Hang On! ressemble assez à l'idée que je me fais de la Blue Eyed Soul même si techniquement cela n'est pas considéré comme tel. Des arrangements délicats et groovy (cuivres, guitare fuzz, vibraphone), la voix haut-perchée de Valli, de superbes mélodies, l'ensemble constitue une invitation à la danse et au lâcher prise... 


The Reflections est un groupe blanc de doo wop/blue eyed soul du milieu des années 60 de Détroit. Ils cartonnent en 1964 avec (Just Like) Romeo & Juliet que vous connaissez peut-être à travers la version de Michael and the Messengers intégrée à la toute première compilation Nuggets. Le groupe peut-être considéré à certains égards comme un one hit wonder néanmoins nous pouvons apprécier le reste de leur discographie, notamment la face B de Poor Man's Son sorti en 1965. Comin' at You est un excellent morceau uptempo, groovy, avec de jolis arrangements et un excellent travail dans les voix (dans lequel on perçoit nettement l'influence doo-wop) !


The Paupers est un groupe canadien de Toronto de pop psychédélique des années 60. Ils ont sorti de deux véritables albums: Magic People en 1967 et Ellis Island en 1968. Magic People est donc le morceau-titre de ce premier ouvrage et surtout un excellent morceau de pop psychédélique. Les harmonies sont particulièrement réussis, le son de la guitare très chouette et le pont psychédélique avec l'écho si typique de l'époque ! Ce n'est pas forcément un grand morceau du genre mais néanmoins une bonne surprise qui rejoint ma collection avec grand plaisir et que j'aurais peut-être l'occasion de glisser dans une émission de radio ou un mix (voir les deux)...


samedi 21 mai 2016

The Byrds: jingle jangle

The Byrds est un de mes groupes fétiches avec Big Star, The Beatles et The Zombies, par conséquent il m'est difficile d'écrire sur eux, cette maudite peur de ne pas être à la hauteur ! Ainsi n'ai-je jamais consacré d'articles directement sur ces Oyseaux là et pourtant ils sont si souvent présents ici ! Je les mentionne en effet très régulièrement... En toute franchise, je ne suis pas un inconditionnel de tous leurs albums: j'ai toujours un peu de mal à être à fond sur la période Gram Parsons (Sweetheart Of The Rodeo en 1968) et bien sûr les albums tardifs (à partir de Ballad of Easy Rider en 1969) ne sont tout de même pas aussi bons malgré quelques morceaux fantastiques (par exemple "Gunga Din" écrite par le batteur Gene Parsons, à écouter ici). Deux albums ont spécialement mes faveurs: Younger Than Yesterday (1967) et The Notorious Byrd Brothers (1969), deux 33 tours proches de la perfection et parmi mes favoris de tous les temps, ce qui ne retire rien au mérite des autres que je chéris presque tout autant ! 

Contrairement à d'autres formations comme les Beatles ou dans une moindre mesure les Stones, les Byrds n'ont jamais été un groupe très stable en terme de line-up. Le seul membre permanent fut Roger McGuinn, le guitariste aux lunettes rectangulaires et au merveilleux son de 12 cordes. À l'inverse de The Fall (Mark E. Smith aurait dit quelque chose comme ta grand mère et moi c'est The Fall) les Byrds n'ont cependant pas été un prête-nom pour le seul McGuinn, chaque grande époque a ainsi vu l'émergence de super songwritters en plus des excellents contributions de Roger que nous aurions tord de négliger. Cette remarque en soulève une autre: les Byrds sont avant tout connus pou des reprises, en particulier de Dylan (Mr Tambourine Man ou My Back Pages) et savaient pourtant écrire de fabuleuses chansons...Parmi les songwritters les plus reconnus figurent en bonne place le facétieux David Crosby, sa moustache de gaulois, ses tenues d'elfe et le ténébreux beau gosse Gene Clark. Moins identifié Chris Hillman fut pourtant une pierre angulaire du groupe notamment sur mes deux albums fétiches.

 De g. à dr.: Crosby (gtr), Hillman (basse), Clark (tamb.), Clarke (bat.), Guinn (gtr 12)

Cette ouverture du groupe en terme d'écriture a certainement contribué à l'évolution passionnante de la musique des Byrds au long de la décennie. La formation fut en effet à la pointe de nombreux genres musicaux en quelques années seulement: des débuts folk-rock jusqu'à la country-rock en passant par le rock psychédélique qu'ils contribuèrent largement à définir avec le génial "8 miles high" en 1966. Mais revenons en un an plus tôt, le 12 avril de cette année là, les californiens publient leur premier single (certes précédé par le simple des Beefeaters en 1964), une reprise de Dylan ("Mr Tambourine Man") accompagné d'une composition de Gene Clark ("I knew I'd want you"). Le 45 tours est l'acte fondateur du folk-rock, il est certes devancé de quelques mois par "Laugh Laugh" des Beau Brummels, mais à l'inverse de ce dernier très marqué par la British Invasion, il contribue à créer une réponse américaine aux Beatles sans complexe vis à vis des Liverpuldiens. Il y a surtout LE son, celui des rickenbackers 12 cordes carillonnantes jouées en arpège...Le jangle est né ! Bien sûr, il existe des précédents ("Words of Love" de Buddy Holly, "what you're doing" des Beatles, "Needles & Pins" des Searchers), mais aucun ne met autant en valeur les 12 cordes et ne créé de fait un courant... Le son jangly ne doit pas être confondu avec d'autres sons clairs de guitare, notamment le twangy cher au Rock & Roll et à la Country: le jangly tire profit des demi-caisses des Rickenbackers, des cordes sympathiques (wikipedia), du chorus créé par l'accordage dans la même octave des cordes les plus aiguës et enfin est généralement compressé pour augmenter la portée du sustain, le tout avec un réglage très clair des amplis (voir directement dans la console) et surtout pas de saturation ou de crunch... Il en résulte ce son absolument magique, limpide, cristallin et si beau qui caractérise les disques des Byrds. Bien sûr ces derniers furent grandioses pour magnifier la sonorité en y amenant cette sensibilité folk américaine qui les caractérisent (jeu en arpège etc.)... 

"All I really want to do", second simple du groupe, précède de quelques jours la sortie du premier album des Byrds. Il suit les recettes de "Mr Tambourine Man" en associant une reprise de Dylan et une composition de Gene Clark, placée en face B, l'incroyable "I'll Feel a whole lot better". Le titre original est devenu un classique du groupe: il n'a pas le statut de tubes comme peuvent l'être "8 miles high" "turn turn turn" ou "I wasn't born to follow" mais jouit d'un culte chez les nombreux amateurs des Byrds. Il faut dire que la chanson est un bijou de pop typique de la première période de la formation. Dès les premières secondes, le motif de guitare jangly provoque les premiers émois, la voix country laidback de Gene continue de saper vos dernières résistances, les harmonies typiquement byrdsiennes du refrain vous enchantent et enfin le solo de guitare si original vous porte l'estocade. Très judicieusement inspiré de "needles & pins" des Searchers,  ils sont ainsi nombreux à avoir repris "I'll feel a whole lot better", des Flamin' Groovies (youtube) à The Coral (youtube) en passant par Tom Petty (youtube), autant de témoignages de l'énorme influence du groupe sur de nombreuses formations géniales.

dimanche 15 mai 2016

Sparks: la ville leur appartient

Longtemps les premiers cycles des années 70 furent ma hantise, un repoussoir à l'amateur de garage et de pop baroque que j'étais (et suis toujours!). J'avais à  n'en pas douter une image faussée de ce qu'est réellement le début de cette décennie. Je n'y voyais que ce rock conquérant et plutôt barbant que représente Led Zep' ou Deep Purple, éventuellement du rock progressif tout aussi lénifiant et prétentieux, idéalement avec une pochette de Roger Dean (Oui je parle de toi Yes)... J'étais jeune, j'avais besoin de me confronter à un ennemi, fut-il un peu trop monté en épingle pour apparaître plus féroce qu'il ne l'est réellement. En effet, j'ai appris à dissocier ces groupes de leur aura, j'ai ainsi pu aimer ce qu'ils étaient (dans une certaine mesure) en me détachant de ce qu'ils représentent aux yeux de beaucoup et qui m'horripile tant: des figures mythologiques vénérées comme le veau d'or, des vaches sacrées sur lesquelles il me tardait de blasphémer. Au fond il était peut-être plus question de guerre de religions que de défendre le libre arbitre: les années soixante peuvent à bien des égards devenir un culte de dévots zélés tout aussi peu ouverts sur le monde extérieur que les amateurs de Led Zep qui ne jurent que par le Jack Daniel's et la Les Paul gold top... Je ne prétends pas être totalement sortie de la chapelle sixties (mais en ai-je réellement envie?) cependant j'ai su, je l'espère, m'ouvrir à d'autres sensibilités...

Je suis ainsi tombé sous le charme d'une certaine pop 70s, loin d'être en rupture avec la précédente décennie, celle continue d'explorer des chemins ouverts quelques années plus tôt. Parmi mes figures favorites (et mon panthéon pop personnel) apparaissent ainsi ELO, Roy Wood (Wizzard), Emitt Rhodes (ex Merry-Go-Round), Big Star, Badfinger, Raspberries et bien sûr Todd. Parlons-en tiens du père Rundgren...Membre éminent des Nazz, l'américain créa une des plus passionnantes discographies des années 70 autour de fantastiques classiques comme "A Wizard A True Star" ou "Something / Anything ?", son label édite également un petit groupe californien (de Los Angeles): Halfnelson. Cette formation est une affaire de frangins, elle comporte ainsi deux fratries: les Mael (Ron et Russell) bien sûr mais aussi les Mankey (Earle et Jim). Devenu Sparks, le groupe sort deux albums pour le label de Todd avant que les frères Mael ne décident d'aller s'installer à Londres, Earle resté à LA produira (parmi d'autres comme 20/20 ou les Paley Brothers) quelques années plus tard, en 1976, "Mondo Deco" l'unique album de The Quick (blog) dont la ressemblance avec Sparks est frappante ! Signés par le label Island, Ron et Russell remontent la formation avec des musiciens du cru. Ils sortent en 1974, leur troisième album et grand classique "Kimono My House". Le disque est produit par Muff Winwood ex-Spencer Davis Group (et frère de Stevie Winwood évidemment), l'intéressé enregistrera l'année suivante un disque culte de powerpop: l'unique album des Milk N Cookies. "This Town Ain't Big Enough For Both Of Us" est LE single extrait de l'album qui permet aux Sparks de percer. Deuxième des charts anglais (quinzième en France), la chanson est un énorme succès mérité tant le morceau est original et imparable. Les frères Mael déboulent en effet avec une pop baroque voir rococo altière et scintillante: le chant de Russell est théâtral et excessif quand la composition de Ron est tout en cassures et crescendos délirants. Sparks est ainsi un lien intangible entre la pop aux inflexions classiques de Left Banke et le rock lyrique de Queen, la formation évoque aussi la pop post-Beatles d'ELO ou le glam rock déviant de Roxy Music. Follement plus vrillé que Michael Brown et ses accolytes, plus élégant que les dégoulinants soli de Brian May: Sparks est cependant unique.

dimanche 29 décembre 2013

Fuzz - Live in San Francisco (2013)

Ty Segall en plus de tourner incessamment (deux passages à Paris en 2013 !) est ultra-productif au niveau discographique. Cette année il a sorti un nouvel album en solo (Sleeper, Ty Segall acoustique et dépouillé) et un second avec son groupe Fuzz, un trio dans lequel il assure la batterie et le chant. Si on ajoute ce live, l'album des versions démos de Twins (Gemini) et un second live (pirate cette fois-ci) cela fait 5 lp en un an , pas mal pour un type qui n'a même pas trente ans au compteur.

Live in San Franscico est un mini album de 4 titres (pour environ 20 minutes !). Trois sont extraits des 45 tours et n'ont pas été repris sur l'album (les deux faces du premier single chez Trouble in Mind ainsi que la géniale face B "you won't see me" ). Le concert est enregistré depuis la table de mixage, le son est excellent, probablement meilleur que les premiers enregistrements en solo de Ty ! La prestation est incendiaire , ça barde dans tous les sens, chacun faisant son boulot à merveille. Il y a beaucoup de vie et d'énergie dans ce disque. Fuzz permet à Ty et ses potes de se muer en un Black Sabbath sous influences punk, grunge et garage. C'est absolument jouissif: gros riffs bien gras, soli dégoulinant, batterie frénétique et basse caverneuse sont de la partie.

A l'heure d'internet et de la multiplication des videos amateurs de live sur youtube on pourrait se poser la question de l'intérêt d'éditer un live en vinyle. Écoutez le disque et vous aurez la réponse. Ce groupe est taillé pour le live, et l'enregistrement rend justice à une prestation terrible. Indispensable pour les fans de Ty Segall, et excellent pour les autres (même si on leur recommande plutôt l'album évidemment).


samedi 28 décembre 2013

Thee Oh Sees - Floating Coffin (2013)

il y a quelques jours ces chers Oh Sees annonçaient un hiatus à durée indéterminée, une sorte de position intermédiaire entre la vie et la mort. Un album est prévu pour l'année prochaine mais j'imagine que le groupe n'ira pas le défendre dans une tournée marathon comme nous en avions pris l'habitude ces dernières années. 

Floating Coffin ultime lp à ce jour est aussi un de mes favoris même si comme ses prédécesseurs, il ne donne pas toute la mesure du talent de la formation américaine ni ce que représente l'expérience OCS en live. Il y a quelques choses de frustrant avec les albums des californiens, ce sentiment que le groupe est capable de mieux. Floating Coffin est un excellent disque, un des meilleurs sorties cette année, il sera même très bien placé dans mon top personnel. Le groupe est génial et probablement un des meilleurs de notre époque, il lui manque encore ce grand disque pour achever la concurrence et ce, malgré une discographie sans faute. Ce disque alterne entre les classiques cavalcades garage-motoriques qui font le succès des lives du groupe et quelques fulgurances mélodiques psychédéliques de premier ordre. Parmi mes titres favoris sur cette nouvelle livraison il y a le génial "minotaur" qui clôt le disque, une magnifique chanson pop, je suis également fan de "no spell" qui évoque les Byrds de 8 miles high croisés avec une formation germanique de Krautrock.   

Au moment de rédiger notre bilan les Oh Sees ne figureront encore une fois pas dans notre top 10 se contentant d'une place d'honneur, un crève-cœur quand on considère à quel point ce groupe aura marqué ma vie musicale depuis trois quatre ans. Les Oh Sees sont un groupe fantastique et Floating Coffin est peut être à ce jour un des plus beaux témoignages discographiques même si on espère toujours que le suivant sera ce grand disque qui les rendrait éternels aux yeux de tous (et pas uniquement les miens).


mercredi 16 octobre 2013

Dream Boys - s/t (2013)

Dream Boys est un nouveau groupe de LA signé sur le chouette label Art Fag. Ils ont sorti en septembre 2013 leur premier album que nous chroniquons aujourd'hui. Un LP qui intéressera une bonne partie des fans des Young Sinclairs, Real Estate ou Mantles

La pochette du disque illustre merveilleusement bien la musique du groupe, cette spirale de lumière colorée psychédélique est une métaphore fort bien choisie pour la pop jangly ligne claire des américains. En 10 morceaux ce jeune groupe signe tout simplement un des plus jolis disques d'indie-pop de l'année, un régal pour les oreilles sensibles aux délicatesses de Sarah Records ou Creation Records. Si les Razorcuts et Primal Scream (avant leurs découvertes des drogues psychédéliques) ne sont jamais loin les Dream Boys n'oublient pas de lancer quelques clins d'oeil aux héros locaux comme les Byrds et bien sûr la génération Paisley Underground (avec en tête les géniaux Rain Parade). Ce disque ne pourrait être qu'un poussif hommage à un éden perdu que serait les 80s underground, mais les mecs ont trop de talents pour tomber dans le pastiche. Le songwritting est solide et délicat, ils comprennent sans singer les codes de l'indie-pop. Les voix sont légères et mettent en valeur une orgie de jingle-jangle.  Les Dream Boys magnifient la 12 cordes, portée autour du coup comme un talisman aux propriétés peut être magiques...

Ce premier album des Dream Boys est d'une forme et d'un fond assez classiques mais le plaisir à l'écoute de ces 10 chansons est bien trop important pour passer à coté si vous avez les mêmes sensibilités que moi pour la 12 cordes, la scène de LA, la C86 etc. Les mecs arrivent à sonner frais et redonner de la brillance à cette musique qui se cherche de nouveaux apôtres. On se prend à rêver au coté des garçons pour qu'un peu plus de gens se mettent à jouer de l'indie-pop jangly aussi délicate que charmante. Un de mes albums favoris de la rentrée.

On trouve ce très joli disque sur le site du label ou chez les disquaires (Pop Culture par exemple).



mercredi 6 mars 2013

The Pop - Down on the Boulevard EP (1977)

The Pop est une formation powerpop de Los Angeles. En 1977 sort leur premier disque, un EP édité par le fanzine Back Door Man. Dans la foulée le groupe sortira deux albums et un EP (chez Back Door Man puis Arista puis Rhino). 

Down on the Boulevard est un de mes titres de powerpop favoris, car si le groupe ne pratique pas systématiquement ce genre musical (ce serait un peu réducteur) la chanson tire à l'essence du genre. Il y a un riff de guitare un peu lourd et frondeur, une voix plus mélodieuse et un refrain ultra-pop. Down on the Boulevard est un morceau mémorable, il fait écho à In the street des brillants Big Star, groupe que The Pop! appréciait particulièrement, à tel point qu'ils suggéreront aux Bangles de reprendre September Gurls (ce qu'elles feront sur leur second album).  

Si la discographie de The Pop! est un peu inégale (il faut surtout écouter le premier LP je pense), Down on the Boulevard est une grosse étoile dans la constellation powerpop, un morceau qui incarne ce que j'aime dans la powerpop: l'énergie, aller de l'avant, les belles mélodies pop.


The Pop - Down On The Boulevard


mardi 6 novembre 2012

Dillard and Clark - The Fantastic Expedition of (1968)

Vous le savez probablement si vous êtes un fidèle lecteur de RPUT mais je nourris une obsession pour les Byrds depuis quelques années déjà. Détail amusant je n'ai chroniqué à ce jour aucun disque des Oyseaux dans ces pages. Quand on tombe dans la marmite folk-rock de LA on finit toujours par écouter les nombreux disques solos (ou non) des diverses membres des Byrds avant ou après leur passage dans la mythique formation. Ainsi après s'être drogué à 5D ou Notorious attaque-t-on la discographie de David Crosby ou celle de Gene Clark.

Tiens on va justement parler de ce cher Eugene pas le moins doué du lot, mais peut être l'un des plus mal lotis en terme de succès post-byrd avec Gram Parsons. Pourtant l'intéressé avait tout pour lui: un regard ténébreux, une voix chaude et profonde et un songwritting impeccable. Pendant ses années au coté de Crosby, Hillman, Clarke et McGuinn  il est le principal compositeur du groupe et signe des classiques comme 8 miles high ou i'll feel a whole lot better. Si les Byrds se remettent du départ de Clark , l'inverse est un peu moins vrai en terme de succès commercial. Gene Clark n'a pas réussi à faire LE disque pour faire décoller sa carrière solo, résultat des courses sa discographie est aussi erratique que brillante. Les connaisseurs apprécient en particulier No Other et son prédécesseur  sans titre mais dit "White Light", cependant on aurait tord de sous-estimer les premiers disques en solo. On vous a déjà vanté les mérites de son premier album accompagné des Gosdin Brothers qui s'est pris en pleine gueule 5D des Byrds et n'a pas pu creuser son trou. Le scénario se répète pour le disque suivant. Gene co-signe l'album avec Doug Dillard banjoïste émérite (décédé dans un relatif anonymat en mai dernier) et ancien membres des ... Dillards, très bon groupe dont il faudra que je vous parle un jour aussi. 

Si les deux posent fièrement sur la pochette sur un side-car, The Fantastic Expedition of Dillard and Clark est un disque à la couleur bucolique et rural, tout juste éclairé de quelques flashs de modernités.  Je ne suis au départ pas forcément fan de la musique folk et traditionnelle américaine, mais à force d'écouter les Byrds et quand on sait d'où ils viennent, il y a un moment où on finit par se dire qu'en fait c'est probablement trop cool et qu'on devrait mettre ses a priori de coté et mettre les mains dans le cambouis du moteur (ah ah). La tonalité de cet album est bien plus acoustique que son prédécesseur. Il y n'y a - me semble-t-il - qu'un morceau accompagné d'une batterie "rock" et encore elle est utilisée avec beaucoup de parcimonie dans un registre presque abstrait (posée par touches). Le disque fait la part belle aux banjos, mandolines et guitares sèches. Le truc pourrait devenir aride entre les mains de certains mais pas celles de Gene. Son songwritting américain pop est immanquable et les harmonies des deux larrons  illuminent les compositions. Doug Dillard est un virtuose du banjo, son jeu donne le vertige mais ne tombe jamais dans la puérile (et stérile) démonstration. Les 9 morceaux sont extraordinaires, d'une sincérité étourdissante, ils sont beaux et arrangés avec élégance. Difficile de dégager des titres forts tellement l'ensemble est homogène mais j'ai un faible pour les morceaux d'ouverture de chaque face. "Out on the side" est une fabuleuse chanson de coin de feux, on imagine le vent s'engouffrer dans des tumbleweeds virvoltant pendant que le feux crépite et les bûches se consument. Les claviers en arrière plan (un orgue chantant et un piano discret) sont magnifiques, et comme d'hab il y a ces harmonies stellaires dont l'intéressé est coutumier. Le solo de guitare est génial, dépouillé pour en tirer son intensité, rien ne manque tout est là. "With care from someone" a quelque chose à voir avec les Beatles sans que je puisse identifier clairement quoi, peut être que Gene prend quelques intonations proches de Macca pour les verser dans une chanson de cowboys fiers. Encore une fois cette chanson brille de mille feux, les entrelacs de banjos, mandolines ou ce qui me semble être un harmonica forment un ensemble cohérent dans lequel chacun s'imbrique comme un pavé dans la chaussée. 

Si Fantastic Expedition n'est pas le disque le plus reconnu de Gene Clark il n'en demeure pas moins un fabuleux témoignage de la grâce de Gene Clark ici magnifiée par le jeux brillant de Doug Dillard, un superbe disque pour l'été, mais en hiver il passe aussi très bien.

Bonne nouvelle l'album a été réédité par Sundazed, et on peut même l'acheter sur amazon


Dillard & Clark - With Care from Someone  

samedi 27 août 2011

The Quick - Mondo Deco (1976)

The Quick sont une formation de Los Angeles de la fin des années 70. D'abord connu sous le nom de Young Republicans ils optent sur la suggestion de leur manager (nul autre que Kim Fowley!) pour le plus accrocheur Quick. En mai 76 ils enregistrent avec cette figure de LA (qui a monté les Runaways rappelons le) une démo 10 titres qui attire l'attention de Mercury (compilée sur Untold Stories). Dans la foulée sort, toujours en 1976, "Mondo Deco". Il est produit par Earle Mankey ex-Sparks (il faisait parti avec son frère du line up original du groupe avant que celui ci n'aille s'installer en Angleterre) devenu producteur notamment par la suite des Three O Clock, Long Ryders, 20/20, Paley Brothers, Dickies, the Pop... L'album n'obtient pas un succès à la hauteur des espoirs du label, peut être que le timing n'était pas bon et le disque trop en avance... Une démo pour Elektra est enregistrée mais sans aboutir sur un contrat, trois morceaux de cette session seront sauvés de l'obscurité pour un single à petit tirage avec en face A "pretty please me" repris par leurs potes des Dickies et plus tard Redd Kross. Après la séparation du groupe le chanteur Danny Wilde forme Great Buildings et obtient finalement du succès avec les Rembrandts au début des 90s grâce au générique de la série Friends. Steven Hufsteters fonde les Cruzados (aucune idée de comment ça sonne) et enfin Danny Benair devient batteur pour les Three O Clock pendant leur meilleure période (l'album Sixteen Tambourines etc.).

Cette bio permet d'un peu situer les Quick dans l'univers de la (power) pop de LA de la fin des 70s, scène presque précurseur du son Paisley Underground comme en témoigne de nombreuses connexions, mais rien ne laisse imaginer comment sonne Mondo Deco. Ce disque est généralement considéré comme de la power pop et en un sens ce n'est pas faux car les Quick ont été à l'école pop 60s (Beatles, Who, Move) mais pour autant ils ne sont absolument pas comme ces groupes peut être parce qu'ils ont aussi du écouter Sparks à coté. L'album s'ouvre sur "it won't be long", oui c'est une reprise du classique des Beatles. Sur le papier ce choix a de quoi surprendre, c'est hyper casse gueule d'ouvrir un album sur une reprise et qui plus est d'un morceau aussi connu. C'est mal connaître les Quick, la reprise dynamite l'original en règle et ne sonne pas du tout comme un hommage ampoulé, les américains lui font subir un traitement esthétique de choc sans non plus tuer la chanson , d'entrée de jeux ça fixe les choses. La suite est à la hauteur, les titres originaux signés du guitariste Steven Hufsteters sont remarquables, capable à la fois de sonner comme des hymnes tout en gardant des petites touches de folie et de délicatesse dans les arrangements. Il faut par exemple écoute la délicieuse "hi-lo", ça sonne comme un tube, la voix sous helium de Danny Wilde semble sorti de nulle part, tandis que ces compères le soutiennent dans des chœurs aux vagues réminiscences classiques. Les claviers appuient sur le baroque quand les guitares se font mordantes, comme si l'on décidait de mélanger une chanson de Left Banke et The Who et la faire jouer par un groupe de glam précieux. La production tout au long du disque est superbe mais Earle Mankey a eu un taff relativement simple car à l'écoute des démo une bonne partie du génie du disque s'y trouve déjà notamment ces claviers virevoltants et légers comme l'air, il a eu en tout cas le mérite de ne pas dénaturer le groupe et apporter de délicates trouvailles sonores comme les voix inversées sur "hi-lo" . L'album est presque un sans faute, certes l'autre reprise n'est pas aussi top ("rag doll"), "anybody" est un peu pataud (ce titre ne figurait pas sur la démo 10 titres) mais c'est un faible tribut face à des petits bijoux de pop comme "hillary" "no no girl" ou l'odyssée "purgatory years".

Je me doute que ce disque ne plaira pas à tout le monde car il a un coté maniéré et théâtrale mais à coté de ça il a des qualités rares, celle d'arriver à concilier l'énergie avec des arrangements originaux et d'excellentes factures, en un sens c'est injuste qu'il n'ait pas marché à sa sortie mais au fond ils étaient peut être trop en avance pour 1976. Même maintenant il reste difficile d'étiqueter ce disque qui a réussi malgré ses 35 ans a gardé beaucoup de sa fraîcheur et de sa légèreté.

The Quick - hi lo


L'album a été réédité en vinyle par Radio Heartbeat Records

mercredi 18 mai 2011

Rain Parade - you are my friend (1985)

Rain Parade est un de mes groupes favoris 80s je pense. J'avais déjà eu l'occasion d'évoquer leur premier album sur ces pages il y a quelque temps, c'est pour moi un des grands disques de cette décennie là. You are my Friend est sortie deux ans plus tard sous forme de single et d'ep, c'est un titre magnifique dans la lignée de cet album. On reconnaît toujours ce son de guitare typiquement jangly transposé aux années 80, accompagnant une très belle chanson. Un superbe single dont l'artwork est signé Phil Smee plus connu comme étant l'inventeur du terme freakbeat!

Rain Parade - you are my friend

mercredi 2 février 2011

Buffalo Springfield - sit down i think i love you (1966)

Buffalo Springfield est une de mes grandes découverte de 2010, par l'intermédiaire de ce best of acheté en vinyle sur un site d'enchère bien connu à un prix fort raisonnable, histoire de faire baisser les frais de ports d'un autre disque qui m'intéressait (un disque de powerpop ah ah) chez un vendeur américain. Je connaissais je dois dire super mal le groupe, disons que comme tout le monde j'adorai "for what it's worth" mais j'avais pas vraiment poussé mes recherches plus loin, je ne sais pas au juste pourquoi.

Bref une fois mon best of reçu, je l'ai écouté assez rapidement sur la platine, et bim , révélation! C'est vachement bien en fait, et en plus ça tombe pile poil au moment de mon obsession pour les Byrds qui sans sonner identique est quand même un parent proche. Les deux groupes partagent pas mal d'ADN en commun notamment dans leurs influences (folk, country) et évidemment leur ville: Los Angeles. Il y aurait beaucoup à dire sur cette scène angeleno, je suis en plein dedans en fait (lisant l'excellent Waiting for the Sun), sachez en tout cas que Love, les Doors sont de là, les Beach Boys et les Merry-Go-Round de proches voisins. Frisco est une ville à l'européenne, comprendre par là que c'est à taille humaine et on peut faire des trucs à pieds, LA non, c'est le royaume de la voiture et de la superficialité, de la plage et la blonde californienne. Dans cet endroit qui ne me fait guère rêver est pourtant apparu quelques uns de ces grands groupes que je mentionnais il y a quelques lignes de cela, dont cet amalgame bizarroïde qu'est le Buffalo Springfield. Apparemment le nom vient d'une marque de rouleau compresseur, un peu comme si un groupe choisissait de s'appeler Caterpilar aujourd'hui.

Amalgame car le Buffalo est constitué de mecs du cru et d'expat' canadiens. Ainsi le groupe ne serait jamais une entité aussi unie que ne l'ont eu été les Beatles, tiraillée entre les aspirations différentes d'un Stills et Neil Young (les autres n'étant pas des manchots hein?). L'écoute des trois LPs du groupe révèle ces incohérences. C'est quelque chose que l'on retrouve aussi sur ce best of, entre country rock nerveuse, folk rock, morceau presque soul ou expérimentations hardies le cœur du groupe balance. Dans tous les cas c'est vachement bien, ça sonne très américain à mes yeux (ce que je vois comme un compliment).

Sit down, i think i love you est extrait du premier LP du groupe sorti en 1966. Elle a été reprise en 1967 dans une intéressante (et fort différente) version par les Mojo Men (compilée sur la Nuggets originale de 1972). Si la reprise propose une orchestration très originale, la version Buffalo Springfield a un coté terre à terre bien plus énergique. Sans être du garage, le morceau est nerveux, les guitares se partagent entre une fuzz et des sonorités plus twangy - jangly, les harmonies ne sont pas aussi subtiles que celles des Mojo Men mais soutiennent parfaitement le morceau. Allmusic trouve la chanson très "Beatles", marrant, j'avoue que ça ne m'était pas venu à l'esprit en l'écoutant, mais en tout cas il est clair que c'est une des plus pop du groupe, et c'est peut être aussi pour ça que je l'aime autant!

Buffalo Springfield - sit down i think i love you


on trouve le best of vraiment pas cher sur un certain site d'enchère en vinyle, et sinon en cd c'est pas non plus la ruine (souvent à 5-6€)

lundi 16 novembre 2009

the Beat - don't wait up for me (1979)

Il y a pas si longtemps que ça, à peine un mois, j'évoquais le cas des Nerves à travers les Plimsouls, avec the Beat nous avons une deuxième formation issue de ce mythique groupe de LA et pas des moindres...the Beat, fondé par Paul Collins! En 1979 sort leur premier et meilleur album, un concentré de ce qu'on aime chez RPUT dans la Power Pop: l'association magique des mélodies accrocheuses soutenues par quelques choeurs bien sentis, et de l'énergie de la jeunesse! Bref "don't wait up for me" est une putain de chanson, rien à ajouter!

Like the Plimsouls the Beat is another band created after the split of the Nerves. Fonded by Peter Collins they released their best and first album in 1979, it includes the awesome single "don't wait up for me" a perfect mix of great pop hooks and youth energy!

the Beat - don't wait up for me

dimanche 10 août 2008

the Association - along comes Mary (1966)

The Association sont un groupe issu de la scène folk de Los Angeles du milieu des années 60, en 1966 sort leur premier album propulsé par le superbe single "along comes Mary" 2 minutes et 24 secondes de pure plaisir pop gorgé d'harmonies vocales californiennes produite par Curt Boettcher (Sagittarius, the Millenium). Cet excellent titre aujourd'hui en écoute permet en 1967 au groupe d'être une des têtes d'affiche du mythique festival Pop de Monterey.

The Association was band formed on the LA folk scene during the mid 60s. In 1966 they released their first album with the amazing single "along comes Mary" produced by Curt Boettcher (Sagittarius, the Millenium...) an awesome slice of sunshine pop with great harmonies, today on RPUT.

écouter / listen to Along comes Mary

lundi 18 juin 2007

Santana - waiting (1969)

Santana avant de retrouver le chemin des charts avec de la soupe rnb-latino-fm et autre niaiseries a commencé sa carrière avec un très bon premier album, alors oui il se la pète déjà un peu, mais c'est très largement contrebalancé par les excellents musiciens qui l'accompagnent (comme l'organiste ou le batteur). Il fusionne sans complexe la musique latine, avec le rock, voir la musique psychédélique en phase avec son époque, on ne sera guere étonné d'apprendre que ce groupe est issu de la prolifique scène de Los Angeles à qui l'on doit aussi Love, les Doors, et évidemment War, dont la fusion latine/soul se rapproche un peu de celle à l'oeuvre sur ce très bon premier disque. Waiting est le morceau d'ouverture, il donne une bonne idée de ce qu'on trouve sur cet album. Notez la pochette et ses effets d'optiques assez surprenants!

écouter waiting

Santana before doing some cheesy latin-rnb-fm was into a very good fusion of latin and rock stuff with a psychedelic touch. The Santana band was from LA as Love, the Doors or War. His first album is very good, with great licks of hammond, nice percussion and an awesome drummer, to my point of view one of the true classics of 69. Waiting the opening track is a good start to his sound during the woodstock period.

listen waiting

mardi 5 juin 2007

Music Emporium - Music Emporium (1969)


Music Emporium est encore l'un de ces groupes merveilleux qui n'a réalisé qu'un seul album. Mais quel album! Ce disque est absolument indispensable pour tout amateur de rock psychédélique. Sans trop de surprise la formation est californienne, plus précisément de Los Angeles. Elle se compose de Casey Cosby (au chant et à l'orgue hammond) de Dave Padwin (à la guitare et au chant), de Carolyn Lee (à la basse, au piano et à l'orgue) et enfin de Dora Wahl (à la batterie). Cet album est dominé du début à la fin par l'orgue hammond et non par la guitare. Néanmoins elle est présente et quelques passages font penser à Sam Andrews l'un des guitaristes de Big Brother & The Holding Company's (comme Velvet Sunsets par exemple). En ce qui concerne la batterie, elle est vraiment bien maîtrisée et c'est une femme qui s'en charge (c'est banal aujourd'hui, mais pas dans les 60's). Même remarque pour la basse.

L'album est assez court (30 minutes) et les musiques ne dépassent guère les 3 minutes (la plus longue, Cage ne fait que 5 minutes et des poussières). Ces points anecdotiques nécessitent d’être soulignés quant on sait que l'une des grandes caractéristiques du psychédélisme est la longueur des morceaux. Sans être tout à fait sûr, il me semble que l'album a été enregistré en seulement 16 heures et en 1969. Malgré la très grande qualité du disque (un chef d'œuvre psychédélique unique en son genre) l'album demeure marginalement connu. Pas très surprenant quand on sait que les rééditions sont récentes et que le premier pressage avoisine les 2000 euros (sur ebay actuellement). Mais désormais, le disque est accessible et la réédition comporte 5 instrumentaux bonus. Il serait vraiment dommage de passer à côté d’un tel disque.
Bien que très particulier, je le pense accessible et même à ceux n'étant pas habitué au genre psychédélique, Music Emporium comportant quelques passages pop. Après il y a des morceaux plus ou moins acides, mais franchement ça vaut le coup. Bref, n'hésitez pas et dénichez le très vite!


écouter nam myo renge kyo


mercredi 9 mai 2007

Eric Burdon & War - Spill the wine (1970)

Eric Burdon, est d'abord le chanteur des Animals, après le split de ceux ci (leur bassiste Chas Chandler devient le manageur de Jimi Hendrix et plus tard de Slade), il part tenter sa chance aux Etats Unis et fini par tomber sur le groupe War de Los Angeles, les deux collaborent sur plusieurs disques (trois il me semble) , en live leur musique faite de blues, jazz, funk, soul, musique latine et rock prend tout son sens, comme la sublime version de "paint it black" de plus de 10 minutes... Il n'empêche que sur disque ça carbure bien comme par exemple sur ce Spill the wine, un single de 1970.

écouter spill the wine

Eric Burdon was the singer of british invasion band the Animals. Then he went to USA, and eventually sang with Los Angeles band War. They did a few records (something like 3 i think) and were one of the most amazing live act of their time.
Spill the wine is a single from 1970 and it shows well the sound of this guys, a blend of soul, jazz, rock blues, funk and latin music.

listen to spill the wine

mardi 8 mai 2007

Love - she comes in color (1967)

Est il nécessaire de présenter Love groupe culte des 60's, mené par le brillant Arthur Lee?
Love c'est une trilogie d'albums indispensable (love, da capo et forever changes).
Love c'est l'un des rares groupes mixtes de l'époque.
Love c'est le groupe le plus malchanceux de la terre.
Love c'est c'est Forever Changes, un des plus beaux disques de pop de tous les temps.
Love c'est eux qui ont permis aux Doors de signer en maison de disque.
Love c'est cela et bien plus encore.
Et le mieux c'est encore d'écouter les merveilleuses chansons de ce groupe.

Da capo est le second album, la première face est parfaite 6 chansons géniales entre pop psychédélique et garage (7 and 7 is sur la Nuggets), malheureusement sur la seconde on trouve un jam inutile qui plombe le disque, et l'empêche d'atteindre le niveau de perfection de Forever Changes, il n'empêche que le disque reste indispensable (surtout qu'il est souvent à 7-9 euros chez les disquaires!).

écouter She comes in color
écouter Orange Skies

Love is on the most underrated band of the 60's. Forever Changes their third album is just perfect one of the true cult album (in my own top 10 of all time), and da capo their second, is also very good.
The A side contains 6 masterpieces of psych-pop, and garage (7 and 7 is on the nuggets), sadly the b side is boring (revelation a too long jam).

listen to she comes in color
listen to Orange Skies