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vendredi 30 juin 2017

Achats Récents #12

Une spéciale Royaume Uni, Groovy Baby ! Les deux derniers disques ne furent pas édités en France à l'époque (d'où la présence de pressage anglais sans pochette).

Peut-on se lasser de Tom Jones ? Après une absence de quelques semaines, il revient dans notre rubrique Achats Récents plus fort que jamais le bougre ! Nous avions en effet évoqué l'excellente I've Got a Heart il y a un mois. Le Gallois a cependant plus d'un tour dans son sac à malice de faces B. Looking Out my Window (1968) est une autre tuerie groovy aux glorieux arrangements. Tom est dans la chanson, il emporte tout sur son passage. La rythmique tabasse sévère ! Très très bien. Pas si courant mais je suis sûr que les diggers du dimanche à la recherche de Dark Side Of The Moon ne penseront pas à le prendre, vous si maintenant !


Une autre face B de Tom Jones plutôt cool quoi que pas aussi dingue que Looking Out My Window : If I Had You sur l'EP Green, Green, Grass of Home paru en 1966. Un sympathique morceau groovy et assez beat dans l'esprit ! 


Like We Used To Be est un excellent Georgie Fame and the Blue Flames. Impossible de ne pas entendre l'influence de Mose Allisson sur le chant du britannique... Le jeu d'orgue est brûlant (inspiré probablement par Jimmy Smith, Booker T etc.), les cuivres rutilants (et utilisés avec goût ce qui n'est pas toujours le cas). Si Yeh Yeh qui l'a fait connaître était une reprise, voici un original de 1965 (signé de son vrai nom: Clive Powell) d'excellente facture à passer dans ses sets modernistes et sixties ! Promis on va essayer de ne pas remettre dix ans avant de reparler de l'un des meilleurs organistes mod anglais avec Brian Auger...



Dave Clark Five sont un groupe londonien de musique beat connu pour avoir inventé le Tottenham Sound une réponse au Mersey Beat des groupes liverpuldiens et plus particulièrement les Beatles ! Au delà de l'anecdote, le groupe est particulièrement populaire dans la première moitié des années soixante aux États-Unis, plus que dans leur pays natal en tout cas. La situation s'inverse vers 1967 grâce à des singles comme Everybody Knows. Particularité de la formation: la mise en avant du batteur Dave Clark, contribuant aussi à la particularité de leur son sur certaines de leurs chansons. Histoire d'être original, encore une fois, la face B retient particulièrement mon attention sur ce 45 tours. Concentration Baby est un morceau sauvage et brutal pas si éloigné des Troggs dans le délire hommes des cavernes qui martèlent leur batterie ! Dans une orgie de fuzz et orgue, pas de pitié, ça déménage ! Presque garage-rock non ? Le genre de morceau super cool et pas cher (comme le shame des DDDBM&T que j'évoquais l'autre jour dans la même session que le Tom Jones cité plus haut) à ajouter sans modération à sa collec' de rock 60s britannique !

samedi 10 juin 2017

Achats (très) récents #6

Quelques achats internet !

Danyel Gérard est l'un des premiers rockeurs français avant même notre Johnny national: il publie son premier disque en 1958. Sa carrière est cependant mise entre parenthèse lorsqu'il part à la guerre d'Algérie. Entre 1962 et 1964 le français né d'un père arménien et d'une mère corse profite de la vague twist pour s'imposer comme une valeur sûre de la variété française. Le milieu des années soixante le favorise moins avant son grand retour en 1969 et l'énorme tube international Butterfly. Les collectionneurs connaissent Danyel Gérard pour le psychédélique Sexologie un classique des compilations Wizzz dont le 45 tours se négocie actuellement dans les 80€ ! Pensez à le prendre si vous le voyez en broc' quoi que la probabilité soit rare tant ce disque est bien identifié. Peut-être plus commun ou moins reconnu, je vous recommande également le fabuleux Le Vieux Sur La Montagne... Autre découverte: Monsieur Le Percepteur sur l'EP "66". Je n'ai pas l'impression que le disque soit particulièrement courant mais il n'est pas non plus très recherché, par conséquent il apparaît exagéré de le payer plus de 10€ à moins qu'il ne soit dans un état parfait... Ce morceau est un tempo intermédiaire porté par une fuzz et un excellent texte. La composition co-signée par Danyel Gérard est arrangé par... Jacques Denjean bien que l'on s'éloigne de son domaine de prédilection pour aller vers quelque chose de presque garage! Un excellent morceau pour compléter votre collection de rock français 60s.


Revenons un an en arrière, en 1965 avec les Moustaches pour un de leurs trois EPs enregistrés pour le label Monte-Carlo. Cette structure a-t-elle un lien avec la série Radio Monte-Carlo du label Président dans laquelle on trouve l'excellent EP de Michèle et ses Wouaps ? Compte-tenu des dates et de la présence dans les deux catalogues des premiers groupes de JP Massiera (Milords et Monégasques), la possibilité existe cela ne repose sur aucune information concrète, d'autant plus que la proximité entre Nice et Monaco rendrait assez aisé qu'un musicien vogue entre deux labels installés sur le rocher. Je n'ai pas non plus d'informations particulières sur les membres du groupe. On ne retrouve pas nécessairement dans les crédits des autres disques des noms en commun en dehors de l'arrangeur Gérard Poncet. Les deux morceaux les plus intéressants sont signés par Gilles Jérôme et Touladi. Le premier a contribué a quelques autres disques de pop notamment pour Delphine, Herman's Hermits ou encore Claude Righi. Plus amusant, nous pouvons retrouver les deux compositeurs associés à des disques catholiques d'Unidisc et Pastorale et Musique...Donne-Moi est un sympathique morceau twist/groovy, pas désagréable du tout, avec un bon orgue. Le meilleur selon moi est Les Copains de La Bande un tempo relevé avec une chouette fuzz et une bonne composition ! 


Plus le temps passe, plus je me surprends à chercher des disques de Sylvie Vartan. Cet EP de 1963 contient une excellente version du classique de Mel Tormé Comin' Home Baby. Si le disque est orchestré par le grand frère de Sylvie, Eddie Vartan (très présent sur les disques de sa sœur, de Johnny mais aussi Larry Greco), je ne peux déterminer avec certitude la présence de Mick Jones et Tommy Brown (collaborateurs très réguliers de Sylvie, Johnny mais aussi de Ronnie Bird par exemple). Ne t'en va pas mon amour est une excellente interprétation du classique de Mel Tormé, super solo d'orgue, super son, bref les disques français comme on les aime ! Par contre ne pas s'attendre à une dynamique de dingue sur l'EP 45 tours, d'autant plus que ceux de Sylvie sont souvent rincés !


Finissons cette sixième session en allant dans les 70s et plus précisément en 1973 avec Achille et les Slagmen. La face A Slag Solution est une tentative de morceau pour danser (comme Pop Corn, The Twist, The Jerk, etc.) médiocre.  La Face B en revanche mérite toute votre attention. Stop 27 signé de Claude Robert et son orchestre est en effet un excellent morceau instrumental funky/progressif...  À priori il s'agirait de la même version que sur le très rare 45T comportant Sunshine of Your Love du même Claude Robert.

 

mardi 6 juin 2017

Achats (très) récents #4

Les puces restent un de mes endroits préférés à Paris pour trouver des disques inhabituels, originaux. Je ne suis généralement pas assez courageux pour regarder les stands brocantes avec quelques bacs de disques non triés au milieu de choses diverses (vaisselles, bibelots, livres etc.), je me concentre donc sur les disquaires (ou les stands de disques) avec une préférence pour la zone autour de la rue Jules Valles qui comportent quelques figures comme le Yéti ou Copa Music. Je vais moins souvent dans la zone du Marché Dauphine (marché consacré à la collection) car j'y trouve les prix généralement un peu trop chers. 

Hier, j'étais donc aux Puces, je vous présente quelques unes de mes trouvailles chez Beatsqueeze, un de mes arrêts favoris à Clignancourt. Bien que la boutique soit plutôt réputée pour le hip hop, elle offre un choix vraiment intéressant en 60s/70s (notamment français) pour ceux qui aiment se faire surprendre et préfèrent trouver ce qu'ils ne cherchaient pas. Ajoutons que les proprios sont très cultivés (et curieux), comprennent mes goûts et sont réglos sur les prix: un très bon endroit !

Les Furys sont une formation québécoise (Montréal) auteurs de deux singles en 1965: Aide Moi et Michelle (qui comprend à nouveau Aide Moi en face B). Ils ont également sorti deux singles sous le nom de Joyce Germain and The Fabulous Furys en 1964, a priori deux fois le même couplage mais chanté en anglais puis en français ! Aide Moi, paru sur le label Trans-Canada, est une excellente composition originale aux inflexions beat/garage avec une touche r&b ! L'autre face ne présente en revanche aucun intérêt.


Continuons avec les Countdown Five un groupe américain (a priori du Texas) auteurs de six simples entre 1965 et 1969. Shaka Shaka Na Na est leur dernier et le seul à avoir bénéficié de pressage européen notamment en Suède, Italie ou Allemagne (sur Hansa, le pressage que j'ai). Groupe souvent présent sur les compilations garage (la liste), ce dernier simple ne fait pas exception à la règle bien qu'étant tardif: Shaka Shaka Na Na contient en effet quelques éléments typiquement garage (voix arrogante, guitare fuzz, orgue criard...) cependant impossible de ne pas noter la petite touche bubblegum (voir proto-glam si l'on veut ?) notamment grâce à une rythmique très puissante parfaite (et une ligne de basse très Cool Jerk des Capitols) pour danser ! Bref ce sera sûrement pas assez garage pour les puristes, pour ma part j'aime beaucoup!

 

Gérard Brent est un musicien français, auteur de quatre quarante-cinq tours entre 1964 et 1965. Il participe par la suite à l'aventure Chats Renaissances et les Visitors deux projets lié au fameux producteur JP Massiera. La Fille Qui Me Plait est une très bonne version du classique Hippy Hippy Shake dont on connaît souvent plus la reprise merseybeat par les Swinging Blue Jeans que l'original rock & roll de Chan Romero. Avec une instrumentation réussie (notamment un très bon orgue) signée Bernard Gérard (un habitué de ces colonnes), Gérard Brent signe une très bonne adaptation de ce classique du répertoire beat dans une version assez différente de l'original ou de la reprise de référence.

 
Finissons cet article sur The Mojo Men un groupe garage/folk-rock de San Francisco surtout connu pour leur classique Sit Down I Think I Love You (une reprise de Buffalo Springfield) que l'on peut notamment entendre sur la compilation Nuggets originale (voir mon article à ce sujet) ! Le groupe travaille avec le label Autumn dans lequel on retrouve les géniaux Beau Brummels et...Sly Stone en producteur avant qu'il ne monte sa Family ! L'intéressé enregistre d'ailleurs ce 45 tours. Si la face B ne présente pas d'intérêt majeur (un peu trop niais), Dance With Me est un très bon petit morceau garage-rock avec ce qu'il faut de niaque !


vendredi 3 février 2017

Omni "Deluxe"

Trouble In Mind n'a jamais eu en France le vent en poupe comme Captured Tracks ou Burger mais le label chicagoan garde une constance admirable à travers les années. 2016 fut à ce titre particulièrement mémorable: troisième album d'Ultimate Painting, second de Chook Race ou encore Deluxe, le premier album des nouveaux venus Omni.  Trio d'Atlanta avec un membre passé par Deerhunter (Frankie Broyles), Omni est l'une des plus belles découvertes de l'année écoulée. Deluxe, album ancré dans une tradition rock indé américaine, n'en ai pas moins d'une étonnante fraîcheur. Ses principaux ingrédients en sont pourtant bien connus. Le son brille par sa chaleur, il est légèrement saturé, rustique et bancal. L'album a ainsi certainement été enregistré certainement dans des conditions non optimales chères à toutes les formations slackers (Pavement, Sebadoh...). Des guitares dissonantes grattent avec une certaine vigueur et ce qu'il faut de crunch, elles oscillent ainsi entre giclées post-punk et mélodies fringantes (Afterlife). La batterie explose et relance (Siam) avec entrain quand la basse alterne entre motifs lancinants et lignes entrainantes, presque funky, du moins comme Talking Heads envisageraient la chose (Wire). Omni n'est pas un paradoxe près: trop enjoué (Cold Vermuth) pour les purs et durs du bruit blanc, trop frénétique et indomptable pour les poppeux (Wednesday Wedding), Deluxe ne se laissera appréhender que par ceux qui ont envie d'écouter une musique se jouant des codes tout en ayant l'humilité de ne pas prétendre les dynamiter.


mardi 13 décembre 2016

Tommy James & The Shondells "Ginger Bread Man"

J'écoute du rock 60s depuis une dizaine d'année maintenant, ce blog en témoigne d'ailleurs. J'ai parfois l'impression que ma tranche d'âge fut la dernière à être très sensibilisée à cette époque: de nos jours, les Nuggets conservent-elles le pouvoir évocateurs qu'elles avaient sur nous quand nous avions une petite vingtaine d'années ? Le profil des collectionneurs 60s semble ainsi inexorablement vieillir au même rythme que les années passent...Les plus jeunes se rapprochent de la trentaine, les plus expérimentés autour du double. Il y a-t-il encore des gamins qui ont envie de prendre une guitare après avoir écouté Psychotic Reaction ou You're Gonna Miss Me ? Je n'en suis pas si sûr; pourtant l'influence du garage est toujours relativement présente en 2016, les Mystic Braves font le plein d'un Point FMR il y a quelques jours encore, s'abreuvant à la fontaine magique de la glorieuse décennie. Je dois me rendre à l'évidence, le cool de maintenant diffère probablement de celui d'il y a une douzaine d'années et je dois être proche du hors-jeu

Les années soixante ont pour moi un coté rassurant: je m'y sens toujours bien. Elles sont une valeur sûre à laquelle je reviens régulièrement, ponctuellement, comme lorsque l'on revoit ce vieil ami d'école et que les réflexes reviennent automatiquement sans forcer ni presser. Elles sont à n'en pas douter une décennie dorée: les groupes majeurs de cette époque restent des références importantes dans l'inconscient collectif (Stones, Beatles, Dylan, Hendrix...). Elles ont peut-être été tant fouillées par les diggers les plus obsessionnels qu'elles en ont perdu de leur magie et de leur caractère mystérieux, elles ont peut-être aussi été trop défendues à une certaine époque perdant alors leur caractère de révolte. Et pourtant... Comment en faire le tour ? Je n'y parviens pas même si heureusement le menu de mes écoutes comportent bien d'autres choses. Je continue de tomber sur des bons singles, parfois des choses un peu anodines mais qui immédiatement me séduisent par leur son, l'attitude qu'elles dégagent. Prenons par exemple ce simple de Tommy James and the Shondells, un groupe bubblegum vaguement garage auteur de quelques tubes mémorables (Mony Mony, Crimson and Clover, Hanky Panky, I Think We're Alone...). En A, il y a un honnête pastiche de Mony Mony appelé Do Something To Me , en retournant le disque nous tombons sur un très réussi Ginger Bread Man , il condense une partie de ce qui m'attire tant dans cette époque: énergie, morgue mais avec une certaine innocence... et me voilà retombé dans l'affreux piège tendu par le rock 60s.

mercredi 26 octobre 2016

The Beau Brummels

Les Beau Brummels sont souvent considérés comme un groupe américain relativement mineur des années soixante. Bien sûr le groupe n'évolue pas dans les mêmes sphères que Jefferson Airplane ou The Velvet Underground mais pourtant ils ne furent pas loin de décrocher la timbale folk-rock autour de 1965, se faisant souffler la place de peu par d'autres Californiens: The Byrds.

L'histoire a cela d'injuste qu'elle retient d'avantage le nom des vainqueurs pour mieux plonger dans l'oubli le nom des perdants et des outsiders. Les Beau Brummels de San Francisco furent comme leurs collègues de Los Angeles parmi les premiers à comprendre sur le continent américain les Beatles et à les dépasser d'une certaine façon. Plus que des pastiches, les deux formations californienne s'approprièrent le langage pop que créaient les Liverpuldiens pour mieux y intégrer leur propre référentiel (folk). Si Laugh Laugh (lien), excellente chanson beatlesienne mais avec une authentique touche américaine, sortit avant Mr Tambourine Man, les Byrds surent enflammer les esprits et furent très logiquement le GRAND groupe folk-rock malgré ne pas avoir été tout à fait les premiers...

The Beau Brummels firent une carrière raisonnable avec plusieurs albums à la clef (dont les très estimés Triangle et Bradley's Barn par les connaisseurs). Leurs premiers disques sont ainsi gorgés de petites merveilles pop aux harmonies vocales soignées et aux structures d'accords toujours un peu plus délicates et ambitieuses que la concurrence (Just A Little par exemple)... Parmi mes morceaux préférés du groupe figure certainement Don't Talk To Strangers (produite par...Sly Stone) je dois reconnaître qu'il est aussi probablement l'un des plus jangly mais comment ne pas adorer cette voix suave et élégante, ces harmonies absolument parfaites procurant de tels frissons quand elles sont à l'unisson ?

mercredi 29 juin 2016

Les One Hit Wonders qui n'en furent pas

Dimanche dernier j'étais aux puces, un de mes endroits favoris pour chercher des disques d'occasions à Paris (avec Plus de Bruit bien sûr). J'y ai dégoté une petite dizaine de 45 Tours, pas des choses forcément très rares mais amusantes, étonnantes et pas hors de prix. Ainsi ai-je pu continué d'alimenter ma récente obsession pour Henri Salvador, en effet après avoir découvert Carnaby Street ou Beta Gamma L'Ordinateur (blog), j'ai l'agréable surprise de constater que Salvador mérite bien plus que d'être réduit à l'éternel amuseur public ou dans le meilleur des cas à un chanteur revenu du purgatoire pour son come back incroyable. Nous aurons certainement l'occasion d'y revenir un jour, je vous donne néanmoins des indices: écouter ses disques de la première moitié des années soixante dix. Autre axe - bien involontaire cette fois-ci - d'achats: le glam ! En effet deux de mes prises sont dans cette veine que j'apprécie beaucoup mais ne collectionne pas prioritairement: j'adore tomber dessus mais je n'irai pas forcément enchérir sur une rareté sur eBay.

The One Hit Wonders n'en sont pas vraiment: leur unique single, sous ce nom, n'a guère obtenu le succès escompté. Ce groupe ou plus probablement projet studio est aussi connu sous le nom de Rusty Harness, il comprend dans ses rangs un nom pas inconnu des obsessionnels sixties: Mike Berry. Ce dernier fut en effet l’interprète d'un des plus gros hit de Joe Meek A Tribute to Buddy Holly en 1960. Le glam, fut ainsi une occasion inespérée pour d'anciennes gloires ou aspirants à la célébrité de se refaire une santé. En effet, si certains groupes s'éloignèrent des canons Rock & Roll (Roxy Music), le glam fut en partie un retour au source et aux années cinquante, avant les déferlantes psychédéliques.... Pensons au chanteur de Mud fan d' Elvis ou Alvin Stardust chanteur rock & roll britanique du début des 60s requinqué par cette vague de paillettes. L'unique simple de nos One Hit Wonders évoque quant à lui moins Buddy Holly que le garage et la musique beat des années 60. La face A de leur simple ressemble en effet à un croisement (voir un pastiche) entre Little Girl des Syndicate of Sound et Everybody needs somebody to love de Solomon Burke (ou la reprise des Stones). Petite différence de taille: un son énorme gonflé aux stéréoïdes avec un pied très présent, cela ne s'entendra pas forcément sur la vidéo yoututbe mais je vous assure qu'en 45T ça tranche nettement avec le son sixties. La face B, la très recommandable Goodbye conclue l'affaire dans le même registre, l'orgue est délicieusement garage mais la production bien plus musclée: ce sera aussi le mot de la fin pour le groupe !

jeudi 19 mai 2016

Johnny Hallyday ne prend pas de vacances

En rédigeant le dernier sujet de ce blog, j'ai cité "Noir c'est Noir" de Johnny Hallyday. Vous vous souvenez peut-être que j'avais évoqué il y a quelques années les morceaux instrumentaux du 45 Tours, interprétés par son groupe franco-anglais les Blackburds (archive). En fouillant les recoins de ce site fort bien fourni avec le temps (nous approcherions des 1000 articles murmure la régie), il n'a jamais été question de défendre directement le plus français des belges (ou le plus belge des suisses!). Il était temps de rendre hommage à ce monument du Rauque (fort) français qui malgré bien des défauts (vous les connaissez aussi bien que moi) impressionne par la longévité de sa carrière et son énergie sur scène. 

Vous l'avez remarqué, je n'ai pas insisté sur sa discographie, elle oscille entre peu attrayante pour l'esthète snob que je suis et franchement très cool. Cela peut surprendre, mais notre star nationale a enregistré d'excellentes choses ! Il y a bien sûr sa période twist/rock & roll , je ne la maîtrise pas assez pour vous dénichez ici les moments de bravoures d'Hallyday, mais il y en a sachez-le. En revanche j'ai eu un peu plus l'occasion de fouiller dans la seconde moitié des années 60 et je suis plutôt content de ce que j'y ai pêché. Là une très bonne reprise de "Hush" (francisé en "Mal"), meilleure probablement que la version de Deep Purple, ici d'honorables covers de soul de "Knock on wood" et bien sûr le rock chauffé à blanc, limiteurs dans le rouge, d' "À tout casser" (youtube). Autre temps fort de cette seconde moitié des années 60: "Psychedelic".

Resituons l'effort: 1966 marque l'arrivée en force d'une nouvelle génération de chanteurs, qui à l'inverse de leurs ainés, composent leurs propres morceaux. Antoine, Nino et Dutronc ringardisent ainsi les yéyés qui se contentaient souvent de reprendre les succès anglo-saxons en français. Antoine pousse le vice jusqu'à vouloir mettre Johnny en cage à Medrano (wikipedia), ce dernier lui répondra du tac au tac "Cheveux longs, idées courtes". Les déjà vétérans Johnny, Eddy et Dick doivent ainsi se réinventer: le rock & roll et le twist qui ont fait leur renommée appartient au passé et n'est pas encore assez ancien pour faire l'objet d'un revival (qui interviendra quelques années plus tard avec Sha Na Na mais aussi Au Bonheur des Dames en France). Si les intéressés sauront adaptés la soul music à la popularité grandissante, ils tentèrent, plus ou moins adroitement, de coller aux tendances. Il est ainsi rafraichissant de constater l'effort de Johnny en 1967 pour coller à la mode hippie fort éloigné du look blue jeans de ses premières années. Hallyday fait le même virage discographique en reprenant "San Francisco" du one-hit wonder Scott McKenzie (mais écrite par John Phillips des Mamas & Papas). Le résultat, sans être honteux, ne fait pas honneur aux qualités du rockeur français: le bagarreur devenu pacifique pour la (bonne) cause... de là à inspirer "Hippie Hippie Hourrah" de Dutronc ? Peut-être, néanmoins, vous le savez déjà, le temps fort de l'EP est ailleurs... 

"Psychedelic" est la bombe atomique du 45 Tours. Co-écrite par Johnny avec l'aide de Mick Jones, Tommy Brown (les lascars à l'origine du classique popsike/freakbeat "the Bird" - youtube) et du parolier Georges Aber et enregistré à Londres sous la supervision de Glyn Johns, la chanson est un monument de garage psychédélique francophone. C'est en partie grâce à Jimmy Page: l'infatigable session-man (la preuve) illumine la composition d'une fuzz fantastique ultra énervée. La prestation de Johnny est cependant impeccable. "Psychedelic" carbure plus aux amphets qu'à l'herbe: speed et violent comme une descente de trip, une grosse baffe sonique.

dimanche 17 avril 2016

The Greeks: macédoine garage

Les blogs eurent leurs heures de gloire il y a quelques années, ils sont aujourd'hui décimés et ringardisés au profit d'instagram ou periscope... Pourtant, aucun média ne me semble tout à fait comparable à celui-ci: personnel sans être narcissique, écrit et didactique sans être trop formel... Le blog a définitivement le cul entre deux chaises, comme un autre support que je n'ai généralement pas l'habitude de défendre: le CD. Ils sont les cendres chaudes d'une époque très récente mais déjà révolue, des objets has-been mais pas suffisamment vintage et hors de portée pour intéresser les gens... Néanmoins ils ont aussi leurs attraits et je continue de les pratiquer car je leur trouve quelques qualités. J'apprécie par exemple la liberté de format d'un blog, je peux ainsi moduler la longueur en fonction de ce que j'ai à dire sur le groupe sans me soucier d'être trop ou pas assez.

The Greeks sont précisément un de ces groupes sur lesquels il est difficile de beaucoup écrire: s'il est impossible de leur consacrer un bel article de fond cela ne présume pourtant pas de la qualité évidente de leur musique qui mérite d'être évoquée d'une manière ou une autre. Ce groupe formé en 1964 et originaire de Thessalonique en Macédoine (qui fait parti de la Grèce) n'a en effet que sorti que trois singles en 1967 dans une veine beat/garage. Coté biographie je pourrais vous donner les noms des membres (merci discogs) mais cela n'irait pas beaucoup plus loin. Difficile en effet de construire un récit séduisant autour de ces informations factuelles, cela ne laisse que plus de place à la musique... 

La face B de ce simple est honnête mais le vrai morceau de bravoure est pour une fois la chanson mise en avant par le label , la bien nommée "Μπαλάντα Ενός Μικρού" dont la traduction sur google ne m'apprend pas grand chose sur la signification. Deux minutes quarante de garage-rock moody que l'on pourrait tout à fait envisager compiler sur une Teenage Shutdown par exemple...si le chant n'était pas en grecque ! Il amène d'ailleurs un charme unique à l'ensemble tout comme le saxophone. La composition est inspirée de "House of the Rising Sun" et plus spécifiquement de la fameuse interprétation des Animals sans en être un pastiche: un cousinage. La production sobre voir dépouillée évoque quant à elle les productions américaines, une constante dans les productions du sud de l'Europe: Italie ou Yougoslavie sont probablement les nations dont le son évoque le plus le garage sur notre continent. J'ai la chance de posséder le disque (discogs...) cependant ma copie mériterait clairement d'être upgradée ! Je vous laisse en compagnie de ce charmant morceau pourtant sorti à une époque trouble pour la Grèce alors en prise avec une dictature naissante.

samedi 27 février 2016

Les Homards Violets: Homard m'a tuer

Un mini événement pour les amateurs de disques français sixties sérieux ! Caméléon réédite l'EP des Homards Violets ! La plupart des productions des années soixante français furent enregistrées dans les studios de gros labels comme Polydor, Barclay's, Vogue... Y compris une majorité des très rares et collectionnées ! Conséquence: les productions avec un son plus rugueux moins policées ne sont pas légion dans nos contrées. Parmi les rares exceptions les sorties de JBP de Lyon et DMF de Normandie, deux labels montés par des passionnés qui ont documenté leur région dans les années 60s et donc publié une quantité importante de groupes beat (les Fraises des Bois, les Bourgeois de Calais, Les Senders, Les Shattels pour en citer des vraiment bons/intéressants). La majorité des sorties n'est pas toujours d'un intérêt musical génial, beaucoup de groupes de reprises dans un anglais approximatif (et jouer avec tout autant d'aisance) mais elle donne aussi un excellent témoignage de l'impact qu'eut la British Invasion dans l'Hexagone...Certaines présentent même un charme proche des Shaggs dans leur innocence !

Le(s) Homard(s) Violet(s) est une autre histoire. Leur unique EP publié de leur vivant et paru en 1967 (après un premier single deux titres - pas mal - paru uniquement à 5ex et réédité depuis) comportent 4 titres originaux en français ! La pochette ambitieuse de Dieter Volroff (dont c'est à ma connaissance la seule réalisation ?) donne le ton: un surréalisme âpre et belliqueux. Les lyonnais ne sont pas là pour vous caresser dans le sens du poil mais vous provoquer ! Le contenu musical est à la hauteur de la pochette, deux morceaux se dégagent particulièrement "le sadique" et "le clodo". "Le Sadique" ferait très certainement le bonheur des scénaristes de séries criminelles actuelles... La musique évoque le R&B des Stones quand les textes ont un certain humour grinçant les rapprochant de "à dégager" des Fleurs de Pavot (dans leur provocation) en plus trash encore. "Le Clodo" est le chef d’œuvre de l'EP et une véritable pièce maîtresse du rock français. Un mur de feedback digne de "My Friend Jack" des Smoke, des paroles caustiques mais drôles, la chanson est d'une violence et une originalité rare dans le paysage français de l'époque. Si la production est un peu plus lo-fi que les contemporains britanniques, voilà un 45 tours qui se hisse sans problème au niveau des raretés freakbeat si vénérées (notamment de ce coté-ci de la manche). Bref on aime à dire pour se moquer des groupes français qu'ils sont comme le vin anglais (ou comme Rock & Roll de Lennon hihi), une bien belle preuve du contraire ! On ne saura probablement jamais le fin mot sur "Omar m'a tuer" mais les Homards Violets étaient en tout cas de sacrés tueurs (au sens figuré même s'ils avaient des haches et des crans d'arrêt sur scène !). 

lundi 3 août 2015

CRM007/008 - RPUT 1/2: The Young Sinclairs - Hurt My Pride EP / New Day SP

CRM007 / RPUT1
The Young Sinclairs
A1. Hurt My Pride
B1. Someone Like The Hawk 
B2. Nothin' To Say
45 Tours (7') / 300 exemplaires (200 noirs / 100 violets pochette alt.)  / 21 janvier 2013 (01/21/13)
SOLD OUT 
CRM008 / RPUT2
The Young Sinclairs
A. New Day
B. Turned Around
45 Tours (7') / 200 exemplaires / 21 janvier 2013 (01/21/13)
SOLD OUT 

Les deux 45 tours des Young Sinclairs marquent la première collaboration entre Croque Macadam et Requiem Pour Un Twister: les deux principaux auteurs (et frères dans la vie) du blog avaient maintenant chacun leur propre label, ils allaient réunir leur force au sein d'une même structure en mars 2014 (RPUT Disques qui chapeaute les deux labels).  
Ces deux disques sont une de nos plus grandes fiertés. Le groupe de Roanoke (Virginie, dans les montagnes) n'avaient rien sorti depuis près de trois ans (2010), nous pensions même qu'il avait splitté... En contactant Samuel (tête pensante du groupe, souvent seul ou avec son frère à l'enregistrement) pour acheter des disques il nous est venu l'idée un peu folle de lui demander s'il serait intéressé pour faire un disque avec nous, il répondit positivement, nous étions aux anges ! Rapidement ils nous avaient parvenir des titres inédits (dont la plupart a été publié dans les mois suivant notamment sur l'EP de Planting Seeds et la cassette single) et nous avons pu pioché dans les démos de Culled from the link qui n'avaient jamais été éditées sur un support physique ! Il y avait tant de matériel incroyable que nous avons assez vite pris la décision de partir sur deux 45 tours d'un coup ! 
Le premier s'ouvre sur un des meilleurs morceaux garage-rock des dernières années pour moi, dans la pure tradition du genre: Hurt My Pride, le pont est absolument sublime, le son est incroyable. Someone Like The Hawk est une pause folk-rock délicate, parfaite pour introduire l'autre tube de l'EP, le mortel Nothin' To Say (librement inspiré d'un morceau 60s, de mémoire les Guess Who). New Day ouvre le second disque, un très jolie morceau indie-pop à la guitare jangly qui évoque notamment les Church et toute l'école anglaise 80s (Razorcuts, Jasmine Minks etc.). Turned around complète le disque sur une touche plus powerpop et presque - osons le - Big Starienne, un très beau morceau.
Les 45 Tours se sont plutôt bien vendus, en moins d'un an nous avons écoulé les deux, depuis les Young Sinclairs ont sorti pas moins de trois 45 tours (et un morceau sur un split 45T avec... Triptides notamment) et un album, tous très bons évidemment, on adorerait pouvoir ressortir quelque chose de l'intéressé un jour, peut être dans une vibe plus pop et moins garage...qui sait ?

Ce n'est pas un mais deux singles des folk-rockeurs américains Young Sinclairs que publient en association deux jeunes labels français. Cinq morceaux répartis en deux disques, portés par une enchanteresse guitare 12 cordes qui évoquent les Byrds ("New Day", "Someone Like The Hawk") ou les groupes Paisley Underground ("Turned Around"). Tout simplement magnifique.
Rock and Folk (Mars 2013, numéro 547)

Thanks to the French labels Requiem Pour Un Twister & Croque Macadam there are two brand new singles from Lunsford’s Young Sinclairs.  Hurt My Pride is the single with attitude. It sounds like Lunsford has been listening to Love and Them. It’s full of spite, antipathy and of course tons of melody.  Second single New Day is softer sounding and jangles like early Church and REM. Perhaps it’s trying to heal the wounds inflicted by its mate.
I think if Lunsford ever really decided to go for it: tour like crazy,and  get a PR person that has friends at certain web sites. The Young Sinclairs would no longer just be this cool secret among pop geeks. For now file the them next to your Allah-Las, White Fence, People’s Temple and The See See records.
Finest Kiss (lien)




lundi 6 juillet 2015

CRM004: French Kissing - Wild Woman/ Love Is For (7)

CRM004
French Kissing
A. Wild Woman
AA. Love Is For
45 Tours (7') / 500 exemplaires / 19 Mars 2012 (03/19/12)
Achat / Buy


French Kissing est la quatrième sortie du label et seconde par un groupe étranger. Le point de départ de ce disque fut encore une fois une interview menée par mon frère sur ce même blog en mai 2010 (lien). Leur premier single (Oh Suzanne) était une petite bombe et reste à ce jour un de mes 45 tours favoris de ces dernières années, je le passe d'ailleurs encore régulièrement dans mes dj sets. 
Fin 2011 ou était-ce début 2012 ?Le groupe balance un e-mail, ils ont enregistré de nouveaux morceaux en compagnie de Rory Atwell (ex Test Icicles entre autres choses...) et cherchent un label pour les sortir... Une bouteille à la mer qui trouvera un destinataire: Croque Macadam.
On se met assez vite d'accord sur le deal, leur ami Danny Sangra conçoit la pochette, je m'occupe de faire masteriser le disque chez Mathieu Berthet, l'affaire est dans le sac ! Au niveau des choix des morceaux j'ai insisté pour avoir Wild Woman en face A, le groupe était plus partant pour Love Is For: on est tombé d'accord sur une double face A.
Trois ans et des poussières plus tard, ce simple a toujours très fière allure, que ce soit le garage entraînant de Wild Woman ou le plus cool Love Is For, l'été se prête particulièrement bien à ce deux titres mi-Black Lips mi-Buddy Holly. Les retours presse furent excellents malheureusement le groupe a depuis splitté laissant les autres titres de la session inédits: dommage, ils étaient tout aussi bien gaulés ! Une sortie à redécouvrir (et à mettre dans votre panier quand vous commanderez Azur) !

RIYL: Black Lips, Buddy Holly, Mujeres...

French Kissing, trio londonien qui pratique une pop ensoleillée gorgée de guitares surf, fait un sans-faute sur son premier single publié par un label français. À la spontanéité garage de "Wild Woman" succède l'évidence pop de "Love Is For". On adore. 
Rock & Folk (Septembre 2012)

Pop garage estivale rendant un hommage appuyé à nos spécificités amoureuses. Aux bons soins de Londoniens ne connaissant certainement du soleil que les lueurs blafardes de l'abat-jour. "Love Is For" la face B aura notre préférence pour son habile mix, brill building, girl-group et pop-surf soyeuse. Mais sur la seule question plastique "Wild Woman" l'emporte largement !
Abus Dangereux (Face 124)

Il y a un petit côté bande de mecs qui se lâche en été bien sympa et les ruptures dans le chant apportent une dynamique bienvenue. Bref, pas révolutionnaire (oui, c'est du garage...) mais diablement efficace au point de s'écouter en boucle même pour le non-fan.
Dans Le Mur du Son (lien)


 

mercredi 22 octobre 2014

CRM001: Les Guillotines - L'Aube / L'Absinthe (7)

CRM001
Les Guillotines
A. L'Aube
B. L'Absinthe
45 Tours (7') / 500 exemplaires / 26 Septembre 2011 (09/26/11)
Achat / Buy

L'envi de monter un label était un loin rêve jusqu'à ce disque. Parti d'un défi avec le groupe (ils enregistrent, je sors quelque chose si les morceaux sont cools), le vinyle est masterisé dans les studios de Mathieu Berthet en juillet 2011 et arrive dans les bac le 26 septembre de la même année. Trois ans plus tard Croque Macadam existe toujours (et il bande encore!) de même que les Guillotines dont on devrait entendre reparler (sur support physique) dans l'année qui vient (2015).
Ces deux morceaux n'ont pas perdu de leur charme ni de leur puissance dans le laps de temps. Ils restent parmi les rares exemples de récente mémoire de garage en français. Seuls quelques autres groupes (Ponctuation, Le Kid et les Marinellis ou Sheetah et les Weissmullers) en font de même. L'Aube est une balade bancale au son twangy, L'Absinthe une charge fuzz en règle qui reste un des grands moments des sets du groupe encore aujourd'hui. (AGF)

RIYL: Les Coronados, Jacques Dutronc, Les Olivensteins, Black Lips, Strange Boys

Soit du garage rock en français dans le texte qui confirme la tectonique des plaques hexagonales. Sur la face A du 45 Tours, L'Aube, on pense à Mustang accompagné par La Femme et reprenant les Dogs. (Magic) 

L'absinthe, plein de fougue et de fuzz tranchante, illumine la face A, L'Aube, plus posée et mélodique, témoigne de la classe de ces jeunes gens.(Rock N' Folk)

What better way to inaugurate your label than with two sides of bone rattling garage rock? I totally love that they sing in French twisting the language of love into some demented freaky thing but still making girls weak in the knees.  This is one blistering single and makes 90% of 7-inch records seem like a waste of precious vinyl. (Finest Kiss

Car la musique des Guillotines est avant tout une musique de l’errance marquée par l’incertitude, la mélancolie et beaucoup de naïveté… Avec ses mots et ses bruits déséquilibrés, en clair-obscur, elle rappelle parfois le visage étrange de la banlieue parisienne. (Hartzine)

Their sound is invigorating, energetic and best of all, fresh and ambitious. When it comes to music, it doesn’t get much better than that. (Styrofoam Drone)


lundi 3 mars 2014

The Young Sinclairs - You're Tied (2013) K7

The Young Sinclairs est un de nos groupes fétiches, et on chronique avec assiduité leurs nouvelles sorties (interview, You know where to find me, We spoke our Mind, Engineer man)   . Ces américains de Virginie (Roanoke) dont a sorti deux disques reviennent avec une cassette single sur le label Tree Top Sorbet, une bonne occasion de reparler de cette très belle formation.

Mona Lisa sur la face B évoque Turned Around en peut être moins mélodique, un chouette morceau midtempo folk-rock, qui ne se placera pas dans mes favoris du groupe (la concurrence est rude !), mais qui tire bien son épingle du jeu. You're Tied démarre sur un arpège typiquement garage cousin d'un Abba des Paragons (en moins nerveux), la chanson enquille dans le registre 60s, avec la grâce si typique du groupe. Les Young Sinclairs sonnent merveilleusement bien, sans jamais donner la sensation de forcer. Leur musique est laidback, mais toujours soignée et élégante. Les guitares sont sublimes, elles carillonnent à tout va, le charme opère très vite. 

Les Young Sinclairs maintiennent leur niveau de qualité habituel sur cette très bonne sortie, la face A serait un excellent prétendant dans une compilation de leurs récents singles (tous de très haut niveau). Cette chronique est aussi l'occasion de réaffirmer que les Young Sinclairs sont un des groupes actuels les plus cool de la terre et qu'on les adore ici.


mardi 11 février 2014

Travel Check - 66$ EP 7' (2014)

Les parisiens de Travel Check sont des habitués de nos colonnes. Ainsi nous avons eu l'occasion de chroniquer leur premier vinyle ainsi que les interviewer il y a quelques mois. Le groupe s'affirme comme un des noms à retenir de la scène garage parisienne, ce 45 tours 4 titres chez les très actifs Howlin' Banana en est d'ailleurs une éclatante preuve.

66$ attaque fort, du garage-rock fun aux influences country très bien foutu qui donne envie de faire le foufou. On pense forcément aux Black Lips, aux Dead Ghosts voir aux français de Regal. Ce serait dommage de les considérer comme une simple copie, les parisiens tirent très bien leur épingle du jeux sur ce titre classique mais efficace et catchy. Druggy Daddy est un peu plus pop et ce n'est pas pour me déplaire, un très bon morceau, peut être moins taillé pour le live mais tout aussi réussi. La face B s'ouvre sur La Gravière l'autre morceau pensé à 100% pour faire remuer les bassin en concert. Pas mon morceau préféré du disque mais il est clairement efficace et annonce de chaudes soirées. Feels alright ose diminuer le tempo et être plus mélodique, une belle réussite à mettre au compte des parisiens.

Avec 66$ EP enregistré dans le paradis du garage français (Lo' Spider) les Travel Check montrent une belle progression par rapport au premier vinyle. Le son est plus assumé et maitrisé, les compositions aussi. Le groupe est aussi à l'aise dans les titres uptempo taillés pour le live que des morceaux plus pop et mélodique. On espère que leur album sera aussi faire le pont entre les deux. Travel Check est un des groupes les plus attachants de la scène parisienne et avec ce disque ils font preuve d'une belle démonstration de savoir faire garage.


dimanche 9 février 2014

The Frowning Clouds - Whereabouts (2013)

Depuis que le psychédélisme truste les cœurs des amateurs de musique underground, le garage semble un peu en retrait (sauf en France où il se porte merveilleusement bien) à mon grand regret. Je n'ai pas eu tellement de super albums à défendre dans le registre en 2013 (peut être 3 ou 4) et coté groupes les déceptions ont été plus nombreuses que les bonnes surprises (citons tout de même le fameux single des Ar-Kaics, l'album de Kaviar Special etc.). Dans les derniers jours de 2013 - soit bien trop tard pour les tops de l'année - a débarqué le second Frowning Clouds précédé par un EP cassette plus tôt dans l'année et un single l'année précédente (dont la face A est ici reprise), le tout chez les presque toujours fiables Saturno.

Nous ne faisons pas mystère ici de notre admiration pour le groupe australien et Whereabouts confirme nos espérances voir les dépasse. Le premier album était en effet sous forte influence Stones circa 65-66, celui-ci prend certaines libertés avec le concept et ce n'est pas pour nous déplaire ! Cette mutation était déjà en marche sur leur cassette qui évoquait autant Bo Diddley que les Byrds, deux noms que nous pourrions aussi cité ici d'ailleurs (surtout les californiens). Le premier titre balancé, le bien nommé product of the peanut butter company laissait entrevoir un virage à 180 degrés vers la popsike de Tomorrow et des premiers pas de Pink Floyd. Le titre se révèle pourtant être un trompe l'oeil largement tempéré par des attaques garage en règle, c'est à dire en dessous de la ceinture. Propellers démonte toujours la tête, tandis que Submarine excelle dans cet art du midtempo spécialité des Frowning Clouds. Bien sûr il émane de ce disque un doux parfum de Californie à travers des orgies de guitares carillonnantes et quelques incartades mélodiques orientalisantes mais ne nous y trompons pas. Les Frowning Clouds restent ce groupe garage que nous chérissons, avec toujours un son parfait, et un sens de la chanson inaltérable. En signant une chanson aussi fabuleuse que much to much too soon, les australiens m'ont dans leur poche, un solo de guitare brillant, une compo énorme, les mecs savent transcender une matière première excellente pour en faire des véritables bombes.

Est-ce que les Frowning Clouds font du psyché ou du garage ? Probablement à mi-chemin entre les deux, ils sonnent comme un groupe de LA de 1966 mais le font avec un tel enthousiasme et un talent si isolent qu'on leur excuse ce classicisme. Ces mecs méritent mieux, ils ont une des discographies les plus exemplaires des groupes que nous chroniquons ici. Frowning Clouds on espère qu'un jour vous serez reconnu à votre juste valeur, c'est à dire loin loin au dessus de la stratosphère. Si certains groupes se parent de la modernité pour offrir des tranches sous cellophane de psychédélisme bon teint, les Frowning Clouds vous balancent eux des gros jambons à la gueule.




vendredi 7 février 2014

Forever Pavot - Miguel el salam 7' (2014)

Forever Pavot nous avait surpris avec un premier 45 tours ambitieux et super cool. On a eu l'occasion depuis de voir l'intéressé en live mais aussi de l'interviewer ici même. Avec ce nouveau sept pouce il fait plus que confirmer nos espoirs.

Miguel el salam démarre en trombe sur un thème orientalisant que l'on imaginerait volontiers illustrer Lawrence d'Arabie ou un film d'aventure dans des contrées lointaines et mystérieuses. Déboule un riff d'orgue super accrocheur, puis ... Émile chante ! l'intéressé prend confiance dans sa voix et c'est une bonne nouvelle. Le morceau défonce, ligne de basse au médiator super entrainante, batterie au son compressé sixties, et bim de nouveau on se retrouve en plus milieu d'une caravane au milieu de dunes à perte de vue (bruitages de fouet et hennissement de chevaux en bonus). La Rabla explore initialement un son plus proche du premier EP, un croisement entre Le Messager et Ennio Morricone. La fuzz dérègle la machine et nous entraine vers un son plus garage psyché... Cette face b est peut être un peu plus classique que sa collègue mais n'en reste pas moins particulièrement réussie.

Forever Pavot impressionne avec ce nouveau simple. La production est exemplaire, le sens de l'arrangement et des sons également. Le mec sait composer de super morceaux, et le voir assumer d'avantage le chant est une excellente nouvelle. Le future du psychédélisme se trouve peut être en France, en tout cas Paris prépare du lourd en 2014 avec Dorian Pimpernel et Forever Pavot !


 

mercredi 15 janvier 2014

Bilan 2013 : Les meilleurs albums de l'année (2/2)


1 Aline - Regarde Le Ciel (Accelera Son)
Regarde Le Ciel est le genre de disques avec lequel tu choisis tes copains. Aline a tout compris ou nous nous comprenons, je n'en sais rien. Le fait est, que Regarde Le Ciel, a et aura une résonance particulière pour nous, tout simplement parce qu'il réconcilie ce qui semblait inconciliable pour tous en France, alors pourtant que ça nous paraissait une évidence : la sensibilité et la mélancolie de Sarah Records, du C86 et des Smiths, notre belle langue trop souvent oublié du rock "made in France" et la trop sous-estimée pop (à guitares, pas Elli et Jacno quoi) française des années 80 comme Gamine, Les Avions, Les Calamités, Les Freluquets.
Romain Gueret et sa bande a écrit et sorti le disque que nous aurions rêver de faire.
L'interview d'Aline.


2 The Stevens - A History of Hygiene (Chapter Music)
Beaucoup de gens critiquent les tops, et ils n'ont pas tord quand l'exercice consiste à copier le voisin. En revanche les bilans peuvent devenir de très belles opportunités pour défendre des disques, et essayer encore une fois de les faire connaître. Etienne et moi sommes (nous l'espérons) dans cette seconde perspective. Notre top 10 est l'occasion de mettre en avant des disques coups de coeur. A History of Hygiene en est un énorme. Ce disque est génial et m'a accompagné une bonne partie de l'année. De l'indie-pop qui tire sur le lo-fi 90s mais avec une personnalité propre. Un album que j'ai envie d'offrir aux gens pour les embarquer avec moi. 




3 Homeshake - Homeshake Tape (Fixture)
Longtemps nous avons hésité pour la catégorie de ce disque. S'agit-il d'un EP ou d'un album ? Nous avons finalement opté pour l'album en estimant que le disque gagnerait en visibilité. Homeshake est un des sidemen de Mac De Marco. Sur cette cassette il vole clairement la vedette à son pote. C'est fantastique. Le son est amateur au possible mais comment ne pas être touché par la beauté de ces mélodies et cette voix aussi nonchalante que mélancolique? Homeshake Tape est un des plus beaux albums de 2013. Donnez lui une chance.



4 Scott & Charlene's Wedding - Any Port In A Storm (Fire)
Est-ce un disque de garage ? Est-ce un disque d'indie pop (ou rock) ? Je ne sais pas trop, sûr qu'on y entend du college rock 90 mais aussi un côté "Dunedin Sound" sans oublié un parler-chanter de story teller de la vie quotidienne qui n'est pas sans rappeler Dylan en moins frondeur. Vous vous doutez qu'avec ce genre de description le groupe rempli pile poil les critères de sélections précis pour plaire à Requiem Pour Un Twister. Dans le mille Emile.


5 Maston - Shadows (Trouble In Mind)
Le psychédélisme était le mot de 2013. Il y a des chances qu'en 2014 ce soit également le cas. Si nous avons été déçu par certains disques (à tel point qu'ils ne figurent pas dans ce top 50) d'autres nous ont émerveillés comme Shadows de Maston. Cet américain a pondu un disque transcendant ses influences. Un disque qui porte l'imaginaire loin et haut.


6 Jagwar Ma - Howlin' (Marathon Artists)
Juin 1997, la mythique Haçienda ferme définitivement ses portes, le club de Manchester sera a jamais ancré à la réconciliation quasi-impossible des popeux et des ravers. Dans un monde aussi segmenter et cliver que le nôtre, le club et ses DJs (ainsi que ses dealers d'acides) auront autant contribuer à la révolution techno qu'à la révolution indie, autant dire que c'est certainement l'un des lieux musicaux les plus important de notre ère. Si le terme "electro-rock" est fâcheusement galvaudé, presque une insulte pour nous (alors que nous aimons les deux mondes), or Jagwar Ma, à la manière des glorieux Happy Mondays et Stone Roses, réussi la synthèse idéale. Oui Howlin' est un disque revival baggy, mais putain qu'est ce que ça fait du bien d'entendre un groupe de rock qui sait faire de la musique électronique (à moins que ça soit l'inverse).



7 Dream Boys - s/t (Art Fag)
Ce blog est dévolue à la musique de genre. L'indie-pop est un de nos genres musicaux fétiches. Elle représente une pensée, une éthique au arrefour du DIY, la pop 60s des Byrds ou du Velvet, des idées du punk et post-punk et un tas d'autres trucs super cool à nos yeux. Dream Boys ont signé un disque indie-pop jangly , hymne à la 12 cordes aussi bandant que lumineux. RPUT aime les Dream Boys et l'indie-pop.
  

8 Thee Oh Sees - Floating Coffee (Castle Face)
Thee Oh Sees est un de nos groupes préférés depuis 4-5 ans, or jusqu'à maintenant, leurs sorties albums n'atteignaient pas toujours la qualité escompté (le très surestimé Carrion Crawler/The Dream) et certainement pas leurs prestations lives (cette année encore, celle du Trabendo, fut hallucinante), si on attend toujours d'eux l'album pierre angulaire, Floating Coffee s'en est vraiment approché. Thee Oh Sees ont rarement aussi bien tenu la longueur, ont rarement été aussi concis, efficace et complet, leur formule Garage-Kraut est vraiment maîtrisée à la perfection et ils peuvent même se permettre des formidables (Minautor) digressions. A notre avis, leur meilleur album depuis Help.


9 Orval Carlos Sibelius - Super Forma (Clapping Music)
Deux disques français dans le top 10 (dont le numéro un !), cinq de plus dans les 50, sans compter ceux qui s'en approchent. La France se porte très bien musicalement. On est par exemple tombé sous le charme de Super Forma magnifique disque psychédélique d'Orval Carlos Sibelius qu nous fait un effet un peu similaire à celui de Chris Cohen l'an passé: un pied dans la pop baroque, un autre dans le prog bizarre.



10 Boogarins - As Plantas que Curam (Other Music)
Invoquant le tropicalisme brésilien d'Os Mutantes ou de Sergio Mendes tout autant que le revival psych contemporain, le duo brésilien Boogarins fût l'une des plus belles découvertes surprises de l'année. Ah ce que la musique peut-être excitante lorsque le métissage, qui fait si peur à certaines franges extrême de notre beau pays, est intelligent ! Boogarins en sont la preuve : un groupe brésilien sorti sur un label new yorkais et adoubé par un blog français, la mondialisation a parfois du bon non ?