Paru fin décembre, sur un label américain et les français de Gone With The Weed (Maraudeur, Police Control, etc.) la cassette 5 titres des américains de Marbled Eye est une très bonne surprise. Le groupe d'Oakland considère, semble-t-il, Marbled Eye (2016) comme une démo, pourtant à l'écoute de ce format court, nous ne pouvons qu'être impressionné par la qualité de la proposition. Projections post-punk ardentes sur une toile de guitares cinglantes, la formation américaine maîtrise l'art d'esquisser l'asphyxie (Primrose). Marbled Eye excelle dans les tempi modérés: à l'agression, le groupe préfère créer des tensions non résolues (Oddity). Si lignes de basse obsédantes (Corners) et voix menaçantes (Coated) constituent l'essence de la musique des américains, celle-ci n'exclue pas une certaine luminosité, de celle qui émerge de nuits électrisées (Numb). La hargne et les climats amers de Marbled Eye cache en effet une propension à préférer la mélodie au bruit pur. Ce n'est pas nous qui nous en plaindrons.
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vendredi 17 février 2017
lundi 3 mars 2014
The Young Sinclairs - You're Tied (2013) K7
The Young Sinclairs est un de nos groupes fétiches, et on chronique avec assiduité leurs nouvelles sorties (interview, You know where to find me, We spoke our Mind, Engineer man) . Ces américains de Virginie (Roanoke) dont a sorti deux disques reviennent avec une cassette single sur le label Tree Top Sorbet, une bonne occasion de reparler de cette très belle formation.
Mona Lisa sur la face B évoque Turned Around en peut être moins mélodique, un chouette morceau midtempo folk-rock, qui ne se placera pas dans mes favoris du groupe (la concurrence est rude !), mais qui tire bien son épingle du jeu. You're Tied démarre sur un arpège typiquement garage cousin d'un Abba des Paragons (en moins nerveux), la chanson enquille dans le registre 60s, avec la grâce si typique du groupe. Les Young Sinclairs sonnent merveilleusement bien, sans jamais donner la sensation de forcer. Leur musique est laidback, mais toujours soignée et élégante. Les guitares sont sublimes, elles carillonnent à tout va, le charme opère très vite.
Les Young Sinclairs maintiennent leur niveau de qualité habituel sur cette très bonne sortie, la face A serait un excellent prétendant dans une compilation de leurs récents singles (tous de très haut niveau). Cette chronique est aussi l'occasion de réaffirmer que les Young Sinclairs sont un des groupes actuels les plus cool de la terre et qu'on les adore ici.
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samedi 2 novembre 2013
Halasan Bazar - How to be ever happy ? (2012)
Halasan Bazar est un projet solo qui prend la forme d'un excellent groupe sur scène. Le danois à travers ses deux disques (how to be ever happy en 2012 et space junk cette année) ajoutent deux belles briques à l'édifice psychédélique qui se construit un peu partout en ce moment y compris donc en Europe continentale (Jacco Gardner aux Pays Bas ou Orval Carlos Sibelius en France).
Ces dernières semaines How to be ever happy a été un de mes disques de chevet. Même si comme White Fence les disques ne donnent pas la mesure des live ce premier album (uniquement sorti à l'origine sous forme de cassette et réédité depuis en cd) a beaucoup de charmes et de qualités pour lui. Le chant est un peu hésitant mais pas de quoi vous détourner d'un disque chatouillant les cimes. Le bougre est inspiré, il a le don de trouver des arpèges de guitare somptueux évoquant parfois en filigrane un Nick Drake qui aurait pris de l'helium. Les arrangements façonnés avec amour sont un régal, ils ne détournent pas l'attention mais aident au contraire à se focaliser sur la beauté des mélodies et les trouvailles de composition du bonhomme. Titres après titres on pense avoir trouvé le meilleur morceau et à chaque fois on est surpris et séduit par les idées les changements d'accords, les mélodies, les sons etc. Il y a une aisance du discours psychédélique chez ce danois, les guitares se font soyeuses, fuzz ou jangly, les orgues crient comme des bons vieux farfisa, les batteries accompagnent le mouvement. On navigue quelque part entre la Californie des sixties et notre bonne vieille Europe de maintenant avec délicatesse.
How to be ever happy est un magnifique disque, une fois acclimatée à la voix vous devriez percevoir la grâce mélodique du bonhomme qui mérite qu'on s'y penche très sérieusement. On va suivre l'intéressé de très près (et probablement vous reparlez de son second album tout aussi méritant à l'occasion).
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jeudi 25 juillet 2013
Conquerors - s/t (2013)
J'ai trouvé une solution abordable pour étancher votre soif de bizarreries désormais bien ralentie par les frais de ports américains scandaleux : la cassette. Dans mes pérégrinations sur bandcamp (et sa vicieuse fonction recherche par format), je suis entré sur Digitalis Recordings par la porte de derrière (de la Basic House), un label pas si méconnu mais plutôt spécialisé dans les musiques électroniques et expérimentales. Il se trouve qu'en farfouillant je découvre que ce label a sorti une cassette de rock psychédélique par un groupe de Kansas City : Conquerors. Ma curiosité est piquée, j'écoute 2 minutes et la sauce prend. Le groupe y joue des longs jams répétitifs, choux-krautesques et lancinants, emmenant mon esprit dans un état proche de la transe. Il y a ici suffisamment de progression et d'évolution pour que je puisse m'oublier et me laisser aller à des mouvements lascifs, tel un baba dépoitraillé en pleine danse de l'amour avec de multiples partenaires de sexes indéfinis. Je vous épargne les détails mais tout ce que je sais c'est que certains sont barbus et velus. Le Missouri, ce n'est pas encore San Francisco certes, mais dans leur conquête de l'ouest, le groupe avance a de grandes enjambées (de moto ?), car si bien sûr il n'est pas encore exempt de défauts, on frôle parfois un peu trop l'hommage (ils citent Can, Hawkwind, 13th Floor Elevators, Jimi Hendrix... j'avoue), et le cassette est parfois un peu longuette (Bung Shui). N'empêche qu'au final, on s'amuse bien. Cette soirée estivale de libération de mes chakras avec des barbus s'annonce vraiment super.
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