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lundi 3 août 2015

CRM007/008 - RPUT 1/2: The Young Sinclairs - Hurt My Pride EP / New Day SP

CRM007 / RPUT1
The Young Sinclairs
A1. Hurt My Pride
B1. Someone Like The Hawk 
B2. Nothin' To Say
45 Tours (7') / 300 exemplaires (200 noirs / 100 violets pochette alt.)  / 21 janvier 2013 (01/21/13)
SOLD OUT 
CRM008 / RPUT2
The Young Sinclairs
A. New Day
B. Turned Around
45 Tours (7') / 200 exemplaires / 21 janvier 2013 (01/21/13)
SOLD OUT 

Les deux 45 tours des Young Sinclairs marquent la première collaboration entre Croque Macadam et Requiem Pour Un Twister: les deux principaux auteurs (et frères dans la vie) du blog avaient maintenant chacun leur propre label, ils allaient réunir leur force au sein d'une même structure en mars 2014 (RPUT Disques qui chapeaute les deux labels).  
Ces deux disques sont une de nos plus grandes fiertés. Le groupe de Roanoke (Virginie, dans les montagnes) n'avaient rien sorti depuis près de trois ans (2010), nous pensions même qu'il avait splitté... En contactant Samuel (tête pensante du groupe, souvent seul ou avec son frère à l'enregistrement) pour acheter des disques il nous est venu l'idée un peu folle de lui demander s'il serait intéressé pour faire un disque avec nous, il répondit positivement, nous étions aux anges ! Rapidement ils nous avaient parvenir des titres inédits (dont la plupart a été publié dans les mois suivant notamment sur l'EP de Planting Seeds et la cassette single) et nous avons pu pioché dans les démos de Culled from the link qui n'avaient jamais été éditées sur un support physique ! Il y avait tant de matériel incroyable que nous avons assez vite pris la décision de partir sur deux 45 tours d'un coup ! 
Le premier s'ouvre sur un des meilleurs morceaux garage-rock des dernières années pour moi, dans la pure tradition du genre: Hurt My Pride, le pont est absolument sublime, le son est incroyable. Someone Like The Hawk est une pause folk-rock délicate, parfaite pour introduire l'autre tube de l'EP, le mortel Nothin' To Say (librement inspiré d'un morceau 60s, de mémoire les Guess Who). New Day ouvre le second disque, un très jolie morceau indie-pop à la guitare jangly qui évoque notamment les Church et toute l'école anglaise 80s (Razorcuts, Jasmine Minks etc.). Turned around complète le disque sur une touche plus powerpop et presque - osons le - Big Starienne, un très beau morceau.
Les 45 Tours se sont plutôt bien vendus, en moins d'un an nous avons écoulé les deux, depuis les Young Sinclairs ont sorti pas moins de trois 45 tours (et un morceau sur un split 45T avec... Triptides notamment) et un album, tous très bons évidemment, on adorerait pouvoir ressortir quelque chose de l'intéressé un jour, peut être dans une vibe plus pop et moins garage...qui sait ?

Ce n'est pas un mais deux singles des folk-rockeurs américains Young Sinclairs que publient en association deux jeunes labels français. Cinq morceaux répartis en deux disques, portés par une enchanteresse guitare 12 cordes qui évoquent les Byrds ("New Day", "Someone Like The Hawk") ou les groupes Paisley Underground ("Turned Around"). Tout simplement magnifique.
Rock and Folk (Mars 2013, numéro 547)

Thanks to the French labels Requiem Pour Un Twister & Croque Macadam there are two brand new singles from Lunsford’s Young Sinclairs.  Hurt My Pride is the single with attitude. It sounds like Lunsford has been listening to Love and Them. It’s full of spite, antipathy and of course tons of melody.  Second single New Day is softer sounding and jangles like early Church and REM. Perhaps it’s trying to heal the wounds inflicted by its mate.
I think if Lunsford ever really decided to go for it: tour like crazy,and  get a PR person that has friends at certain web sites. The Young Sinclairs would no longer just be this cool secret among pop geeks. For now file the them next to your Allah-Las, White Fence, People’s Temple and The See See records.
Finest Kiss (lien)




lundi 3 mars 2014

The Young Sinclairs - You're Tied (2013) K7

The Young Sinclairs est un de nos groupes fétiches, et on chronique avec assiduité leurs nouvelles sorties (interview, You know where to find me, We spoke our Mind, Engineer man)   . Ces américains de Virginie (Roanoke) dont a sorti deux disques reviennent avec une cassette single sur le label Tree Top Sorbet, une bonne occasion de reparler de cette très belle formation.

Mona Lisa sur la face B évoque Turned Around en peut être moins mélodique, un chouette morceau midtempo folk-rock, qui ne se placera pas dans mes favoris du groupe (la concurrence est rude !), mais qui tire bien son épingle du jeu. You're Tied démarre sur un arpège typiquement garage cousin d'un Abba des Paragons (en moins nerveux), la chanson enquille dans le registre 60s, avec la grâce si typique du groupe. Les Young Sinclairs sonnent merveilleusement bien, sans jamais donner la sensation de forcer. Leur musique est laidback, mais toujours soignée et élégante. Les guitares sont sublimes, elles carillonnent à tout va, le charme opère très vite. 

Les Young Sinclairs maintiennent leur niveau de qualité habituel sur cette très bonne sortie, la face A serait un excellent prétendant dans une compilation de leurs récents singles (tous de très haut niveau). Cette chronique est aussi l'occasion de réaffirmer que les Young Sinclairs sont un des groupes actuels les plus cool de la terre et qu'on les adore ici.


dimanche 9 février 2014

The Frowning Clouds - Whereabouts (2013)

Depuis que le psychédélisme truste les cœurs des amateurs de musique underground, le garage semble un peu en retrait (sauf en France où il se porte merveilleusement bien) à mon grand regret. Je n'ai pas eu tellement de super albums à défendre dans le registre en 2013 (peut être 3 ou 4) et coté groupes les déceptions ont été plus nombreuses que les bonnes surprises (citons tout de même le fameux single des Ar-Kaics, l'album de Kaviar Special etc.). Dans les derniers jours de 2013 - soit bien trop tard pour les tops de l'année - a débarqué le second Frowning Clouds précédé par un EP cassette plus tôt dans l'année et un single l'année précédente (dont la face A est ici reprise), le tout chez les presque toujours fiables Saturno.

Nous ne faisons pas mystère ici de notre admiration pour le groupe australien et Whereabouts confirme nos espérances voir les dépasse. Le premier album était en effet sous forte influence Stones circa 65-66, celui-ci prend certaines libertés avec le concept et ce n'est pas pour nous déplaire ! Cette mutation était déjà en marche sur leur cassette qui évoquait autant Bo Diddley que les Byrds, deux noms que nous pourrions aussi cité ici d'ailleurs (surtout les californiens). Le premier titre balancé, le bien nommé product of the peanut butter company laissait entrevoir un virage à 180 degrés vers la popsike de Tomorrow et des premiers pas de Pink Floyd. Le titre se révèle pourtant être un trompe l'oeil largement tempéré par des attaques garage en règle, c'est à dire en dessous de la ceinture. Propellers démonte toujours la tête, tandis que Submarine excelle dans cet art du midtempo spécialité des Frowning Clouds. Bien sûr il émane de ce disque un doux parfum de Californie à travers des orgies de guitares carillonnantes et quelques incartades mélodiques orientalisantes mais ne nous y trompons pas. Les Frowning Clouds restent ce groupe garage que nous chérissons, avec toujours un son parfait, et un sens de la chanson inaltérable. En signant une chanson aussi fabuleuse que much to much too soon, les australiens m'ont dans leur poche, un solo de guitare brillant, une compo énorme, les mecs savent transcender une matière première excellente pour en faire des véritables bombes.

Est-ce que les Frowning Clouds font du psyché ou du garage ? Probablement à mi-chemin entre les deux, ils sonnent comme un groupe de LA de 1966 mais le font avec un tel enthousiasme et un talent si isolent qu'on leur excuse ce classicisme. Ces mecs méritent mieux, ils ont une des discographies les plus exemplaires des groupes que nous chroniquons ici. Frowning Clouds on espère qu'un jour vous serez reconnu à votre juste valeur, c'est à dire loin loin au dessus de la stratosphère. Si certains groupes se parent de la modernité pour offrir des tranches sous cellophane de psychédélisme bon teint, les Frowning Clouds vous balancent eux des gros jambons à la gueule.




mardi 10 décembre 2013

The Mantles - Long enough to leave (2013)

Requiem Pour un Twister adore The Mantles. RPUT adore Slumberland Records. Quel délice de voir les deux associés pour le second album des californiens ! On avait déjà évoqué cette très belle formation de garage-rock aux accents folk-rock à l'occasion de deux précédents singles (Bad Design chez Slumberland, et Raspberry Thighs chez SDZ), Long Enough To Leave est une nouvelle chance pour nous d'évoquer un des meilleurs groupes actuels de la scène de SF aux cotés de figures plus connues comme les Oh Sees, Fresh and Onlys ou Ty Segall

La signature sur un des labels emblématique d'indie-pop (aux cotés des assez fiables Captured Tracks) n'a rien de l'aléa. Les Mantles font le pont entre le garage-rock et une certaine idée de l'indie-pop, ce que des esprits pourraient qualifier un peu trop rapidement de garage-pop. Pas faux certes mais on perd ce qui fait le sel et la subtilité des américains. Les Mantles doivent autant aux Nuggets et Black Lips qu'aux Byrds, la scène Flying Nun (Clean et Bats), le Paisley Underground de Rain Parade ou les circonvolutions C86 de certaines formations comme les Dentists, Mighty Lemon Drops ou les Sea Urchins. Pourtant point de mimétismes chez les Mantles, leur son est unique, à la croisée des chemins peut-être, mais avec une forte personnalité. Ils ont une intensité, une hargne dans la voix (sur le premier disque elle  me faisait même penser aux Libertines), un art à eux d'égrainer les arpèges jangly de guitares.

La production du patron Kelley Stoltz amène la clarté nécessaire pour valoriser les mélodies lumineuses du groupe. Si le premier disque était violent dans ses intentions, celui semble apaisé et plus serein. Initialement on est presque déçu de ne pas retrouver cette virulence dans Long Enough To Leave et progressivement les choses se mettent en place. Les compositions surprennent par leur évidence et leurs qualités, l'éclat laisse place à l'âpreté diffuse de la musique du combo californien. La violence est toujours présente, mais comme réprimée par la limpidité que les Mantles essaient d'insuffler. Le disque est ramassé et condense le savoir-faire de la formation.

Long Enough to Leave est plus long à apprécier en bouche que son prédecesseur. Ce qu'il perd en violence initiale il le gagne en splendeur. Un disque au charme discret , de ceux qui ne veulent pas vous épater à tout prix mais cherche à s'insinuer en vous.