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mardi 1 novembre 2016

Tina et les Fairlanes

Réflexes, entre 1983 et 1986, publia une trentaine de références principalement en 45 Tours. Le label, co-fondé par Patrice Fabien (ex-producteur pour CBS notamment d'Edith Nylon, Shakin' Street, WC3 ou Blessed Virgins), tenta d'imposer de nouveaux groupes tels que les Bandits, les Infidèles, les Ablettes ou les Désaxés (auteurs de la fameuse chanson tout ce que je veux que reprend Aline sur scène). Les visuels (très colorés voir fluo, beaucoup d'aérographe...) de l'ensemble des sorties dénotent de l'ambition du projet: une certaine modernité pop sans non plus trahir l'essence du style. 

Parmi mes sorties préférées du label figure en très bonne place l'unique 45 tours des rafraichissants Tina et les Fairlanes. Si Panique à Orly, un honnête instrumental surf, est à juste titre relégué en face B, Un été sur la Plage est une petite merveille pop syncrétique mais typique de son époque. La chanson associe en effet une production 80s à une ambiance marquée par les années soixante. L'innocence des Girls groups et des chanteuses yéyés (France Gall période Avant La Bagarre etc.) rencontre ainsi les boites à rythmes et les synthétiseurs de Taxi Girl sans oublier une bonne dose de guitare surf (au son twangy plongé dans la reverb' évidemment) dans l'esprit de ce qu'avait pu faire Indochine sur L'aventurier. La sauce prend parfaitement et on ne peut être que séduit par l'efficacité et le charme légèrement suranné d'une chanson qui aurait certainement mérité mieux. Le tout évoque aussi peut-être le dernier 45 Tours des Calamités Le Vélomoteur...

Le groupe (mais en était-ce un ?) ne publia que ce simple (aussi repris sur une compilation du label) mais on retrouve par la suite la chanteuse au sein du trio Tina Cartier (avec un futur membre des Soucoupes Violentes) pour un simple et un mini LP, s'agit-il du nom du groupe ou du sien  ? Mystère et boule de gomme !

mardi 12 juillet 2016

Une partie de Mikado

Mikado était un duo français formé de Pascale Borele et Grégori Czerkinsky. Ils ont sorti un unique album (Mikado) en 1985, celui-ci a la particularité d'avoir été produit par un label japonnais (Non-Standard, créé par un des membres de Yellow Magic Orchestra) avant d'être pris en licence en France par Vogue alors proche du dépôt de bilan. Le duo sort un premier single en 1982, un an après leur rencontre, sur le label underground Les Disques du Crépuscules. Ce disque leur permet de participer à une tournée au Japon et d'aboutir donc quelques années plus tard à l'enregistrement de Mikado.

Naufrage en Hiver (single extrait de l'album) est un des morceaux les plus connus du duo, il est aussi très représentatif de l'univers du groupe: l'esthétique vive, camp et pop de Pierre et Gilles, des arrangements délicats et synthétiques, au service de textes légèrement précieux, mais sans manquer d'un petit peu d'autodérision et de douceur. Mikado a beaucoup été comparé à d'autres duos (Elli & Jacno ou les Rita Mitsouko), pourtant ils sont uniques, leur musique est moins immédiate et frontale, plus subtile aussi. Elle a un je ne sais quoi de charmant, étrange et un peu désuet, naufrage en hiver et ses colliers de varech en sont une excellente illustration.

dimanche 10 juillet 2016

(Sans) Rancune

Juvenile Deliquent (bandcamp) est un label nantais au catalogue plutôt orienté punk en général. On leur doit notamment deux 45T et l'album d'Asphalt ainsi qu'un split 45T de l'excellent groupe powerpop Protokids. Leur dernière sortie, un 45 Tours (mon format préféré et malheureusement de moins en moins fréquent...) du groupe Rancune (installé à Berlin?) se place dans un tout autre registre: celui d'une synth-pop tirant volontairement sur les années 80, aux boites à rythmes analogiques, lignes mélodiques synthétiques et mécaniques... Le truc pourrait virer méchamment à l'exercice de style mais le groupe s'en sort plutôt bien en particulier sur la très réussie face B en français Putain de Problèmes. Les paroles contribuent pleinement à ce succès: elles sont drôles, justes et évoqueront ainsi à tous des situations vécues. L'humour du morceau, l'excellent travail sur les voix apportent ainsi une fraîcheur et une originalité bienvenues à un genre parfois un peu trop sérieux. Bref un excellent morceau qui justifie pleinement l'achat de ce 45 tours !

vendredi 13 mai 2016

Telex: une vision pour l'Eurovision

Demain aura lieu la finale du concours de la chanson de l'Eurovision en Suède (wikipedia). La première édition fut organisé en Suisse en 1956. L'événement, retransmis dans de nombreux pays, était à l'époque une prouesse technique, elle marqua ainsi de nombreux européens (wikipedia). Aujourd'hui si dans quelques pays le programme garde une certaine aura, il est devenu particulièrement ringard en France, un équivalent ponctuel des dimanche en compagnie de Jacques Martin... Soyons honnêtes: c'est peut être en partie du à notre manque de victoire depuis 1977, l'année de Marie Myriam. Reconnaissons cependant que la variété kitsch qui y est généralement proposée est assez laide et peu plaisante. Le concours est donc rarement pris au sérieux ici et nous y envoyons nos talents - parfois second degrés histoire de ne pas avoir à regretter - au casse pipe. Rassurons-nous sur un certain nombre de points (que ne nous donne pas les autres pays): une victoire dans l'Eurovision ne signifie plus grand chose depuis bien longtemps. D'ailleurs êtes vous capables de citer des artistes ayant gagné ce célèbre concours ? Pour ma part spontanément il m'en est venu deux. Ironiquement, aucune n'a chanté pour sa nation d'origine: Céline Dion (canadienne rappelons-le) en 1988 pour la Suisse et surtout France Gall en 1965 pour le Luxembourg (et oui!) avec l'incroyable "Poupée de Cire Poupée de son". Bref la seule chanson mémorable française à avoir gagné ne l'a même pas été sous notre bannière ! En regardant de près les vainqueurs quelques autres évidences me sont apparues (ABBA par exemple) mais dans l'ensemble ce n'est pas fou voir assez déprimant.

L'une des rares chansons de l'Eurovision que je trouve géniale a fini avant dernière l'année de sa présentation gagnant quelques modestes points grâce à la Grèce, la bien nommée "Euro-Vision" du groupe belge Telex. Ce trio composé de Marc Moulin, Dan Lacksman et Michel Moers est particulièrement connu des amateurs pour leur classique synthétique "Moskow Diskow". Il démarra un peu au hasard sur une blague: une  reprise de "Twist à St Tropez" dans la lignée de ce que fera un peu plus tard les Silicon Teens de Daniel Miller (wikipedia). Le groupe est un des enfants les plus doués des allemands de Kraftwerk. À l'humour froid et distant des robots, les Belges ajoutent une certaine douceur et légèreté tout en conservant certains traits du son germanique. "Euro-vision", ironiquement un de leurs plus grands succès commerciaux, est ainsi une chanson enjouée et futuriste au texte dans la lignée de "Trans Europe Express" vantant les mérites du concours. Par certain coté cette participation serait aujourd'hui considéré comme un trollage en règle, pourtant je ne suis pas certain qu'elle soit entièrement ironique et qu'au fond les intéressés n'auraient pas aimé créer la surprise en gagnant le concours, une belle conclusion assurément mais les juges en ont décidé autrement ! Tant pis pour eux, personne n'écrira dans les prochaines semaines sur les autres participants de cette année-là, par contre Telex sera encore longtemps un groupe génial et chéri par plein de gens. Je vous laisse avec la vidéo d'archive du concours qui est un régal en soi (la présentation avant le passage du groupe est absolument délicieuse).

mardi 23 février 2016

Heaven 17: TB or not TB

Dans le dernier Trax, deux pages étaient consacrées à la mythique Roland TB303, l'un des instruments électroniques les plus fondateurs de la house et techno au même titre que les TR808/909. Produite entre 1982 et 1983 cette bassline à destination des guitaristes pour répéter (et produite en même temps que la TR606) fut un énorme échec commercial... Le son irréaliste, le séquenceur très particulier furent probablement les principales raisons de ce sabordage économique pour la marque culte japonaise. Pourtant, l'instrument après avoir fait le bonheur des soldeurs, se retrouva entre les mains de quelques mecs géniaux et désargentés de Chicago (Phuture: Herbert J, Spanky et bien sûr DJ Pierre) qui inventèrent l'Acid House ! Ce séquenceur mal-fichu (et ses capitales fonctions "slide" et "accent"), ce son résonant absolument démoniaque (merci le filtre très particulier de la bécane: un passe-bas avec une pente de 18 dB) furent alors les guides d'une résurrection spirituelle et psychédélique...

Si "Acid Tracks" est le morceau fondateur de l'Acid House ("I've lost control" de Sleezy D peut lui contester le titre!), beaucoup d'amateurs considèrent que "Ten Ragas To A Disco Beat" de Charanjit Singh comme peut-être l'exemple le plus probant de proto-acid house. Publié en 1982 selon la plupart des sources (discogs indique néanmoins 1983 ce qui aurait son importance comme on va le voir), c'est en tout cas une écoute intrigante  à défaut d'être si excitante que ça (désolé mais ça reste très kitsch non?). En tout cas, si la TB303 n'a pas marqué au départ la musique pop comme le Jupiter 8 ou la LinnDrum (qui étaient littéralement partout) je relève malgré tout quelques usages dans des tubes de l'époque, deux de 1982 me semblent particulièrement notables: "Rip it Up" d'Orange Juice et "Let me go" d'Heaven 17. J'aurais tendance qu'ils précèdent au niveau sortie "Ten Ragas" mais ils sont en revanche plus pop et classique dans leur usage du petit synthé de Roland (et donc techniquement moins proto-acid house !). Les écossais d'Orange Juice dégaine ainsi un de leurs plus grands singles avec une basse absolument fantastique programmée sur la petite boite argenté qui évoque curieusement "Chameleon" d'Herbie Hancock (qui n'a pas été programmé sur une TB303 évidemment). Autre usage dans un tube pop, les britanniques d'Heaven 17 et leur classique "let me go". Ce groupe fondé par deux ex-Human League (Martyn Ware et Craig Marsh) et Glenn Gregory au chant utilise ainsi la TB303 comme un gimmick tout au long du morceau, son usage s'apparente alors d'avantage à une séquence électronique comme pourrait en proposer Kraftwerk (une de leurs grandes influences même si ici déjà plus diluées que dans leurs premiers disques). Cet élément acide et presque menaçant tranche avec une production électronique soyeuse (pas si éloignée que ça d'ABC) et une composition qui une fois joué au piano pourrait tout à fait prétendre être un classique soul. Heaven 17 ont ainsi su trouver un équilibre entre pop et expérimentation en enregistrant ce classique absolu de la synth-pop. Enfin terminons ce petit texte sur les usages pop de la TB303 dans les années précédents la house en mentionnant l'incroyable "program for light"  de Section 25 (un groupe de Factory Records) de 1984: ce morceau sans être tout à fait de la techno (ou de la house) en prend dangereusement le chemin: instrumental, abstrait, mental et vrillé. Moins cité que "looking for the hilltop (megamix)" il est pourtant plus élégant et fin. N'hésitez pas à citer d'autres morceaux utilisant une TB303 dans ces années là (82-85) !

samedi 14 décembre 2013

Minks - Tides End (2013)

2012 avait été un excellent cru pour Captured Tracks grâce notamment à deux supers albums de Mac Demarco et Chris Cohen, ce dernier nous enthousiasmant particulièrement. On a eu le sentiment que 2013 fut plus calme pour les new yorkais, pour ma part j'ai surtout envie de retenir le second album de Minks, Tides End.

Si Factory Records est des modèles assumées du label américain, il est probable que New Order soit dans l'esprit de Minks au moment d'enregistrer le successeur de By The Hedge. Tides End est une ode à la synth-pop mâtinée d'indie-pop, on navigue quelque part entre 1983 et 1988 pour les influences sans pour autant s'y perdre, Minks est contemporain. L'équilibre entre guitares ligne claire, synthés analogiques et voix diaphane est aussi précaire que joli. Le disque a un tempo lent, presque langoureux, pas de démonstration de force pompière ici. Bien loin des standards d'un genre très souvent médiocre et putassier Minks signe un disque délicat oscillant entre contemplation (parfait pour accompagner un été naissant) et tubes en puissance sans forcer (le superbe single "Margot" ou "Painted Indian").

Tides End est une promesse, un album nonchalant mais très soigné et délicat. Minks y navigue avec aisance et langueur. Bien sûr l'intéressé n'est pas indemne de toutes références, loin de là. Comme le label qui l'héberge il est question d'héritage d'une certaine Angleterre (Factory, Creation etc.) mais à RPUT nous avons le sentiment que l'intéressé mérite mieux que des comparaisons et trace sa propre voie avec ce très réussi second album.


vendredi 19 octobre 2012

Conjuguons la Pop #15 : Interview Superets


Aujourd'hui on accueille les Superets, une excellente formation de Rennes qui mêlent électronique, surf, musique 80s à des textes en français ! Des mecs bien cool dont on vous recommande chaudement le premier simple à paraître le 22 octobre (digital) et dans la foulée en vinyle.

Qui sont les Superets ?
Pour reprendre une parole de journaliste, juste et précise : Les Superets sont de jeunes gens modernes qui donnent dans un twist entre eighties növö et surf music boostée à l’électro, à mi-chemin entre candeur yéyé des sixties en frenchy dans le texte et humour au dix-septième degré.
L'article était titré « Saint-Tropez Növö », ce qui nous va assez bien je trouve.

Comment s'est formé le groupe ?
4 loustics qui se connaissent et n'ont pas assez de thunes pour passer leur temps libre dans des cafés.
La grande classique de l'ennui couplé à l'amour de la musique. Mais on a vraiment ce coté Sex Pistols : Hugo par exemple n'avait jamais touché un synthé de sa vie avant les Superets.

Vous jouez (jouiez) dans d'autres groupes à coté ?
Oh oui. Quand ado tu apprends un instrument c'est souvent pour draguer les chicks... Mais quand tu te rends compte en jouant de la batterie ou du synthétiseur que les filles n'ont d'yeux que pour la guitare, former un groupe reste la dernière option.
On y est tous allé de nos groupes de lycée, et certains d'entre nous faisaient des bruits électroniques dans un groupe susnommé Asian Porn Stars.

ça ressemble à quoi Superets sur scène ?
Un dresscode d'apparat, façon défilé sur les champs, des câbles et des machines de par et d'autres du plateau, 4 mecs en sortie d'échauffement. On aime le coté rock'n'roll, pas de fioritures, pas de visuel ou de décor. Cela dit, si on monte sur les planches, on n'en descend pas avant d'avoir fait le travail. On est pas des clowns, mais on mouille le maillot.

Vous êtes du sud (Montauban) et de l'ouest (Rennes), pas trop difficile de s'organiser ?
A vrai dire, on est surtout Rennais. Dans le genre produit local, on est pas mal : Seul un quart du groupe n'est pas né au bastion. Sinon on aime Toulouse (et Montauban) parce qu'on y a vécu pour certains d'entre nous et parce que c'est une antithèse de Rennes. On a un pied a terre aux deux endroits, alors on fait des aller retours. Du 50/50. On pourrait demander la double nationalité.
Cela dit, on le dit fièrement : Superets est un groupe Rennais.

Quelles sont vos influences ?
On peut évoquer le triptyque central : Surf-music – Synth Wave – Yéyé. C'est le postulat de base. Il y a ces guitares puisées chez les Marketts, Dick Dale ou Ventures, les textures électroniques chourées à Jacno, Pierre Henry ou Telex et évidemment le goût des mots et des sixties de Gainsbourg, Dutronc, Coutin...
Mais comme on est assez musicophages, on a digéré pas mal d'autres courants. On aime beaucoup l'electro, qu'il soit techno ou big beat, le shoegaze ou encore le hip-hop. Je crois que ça s'entend : Il y a forcément au fil de nos chansons un instant, un détail qui trahirait une influence moins évidente.

De quels groupes actuels vous sentez-vous proche ?
Humainement et musicalement, les premiers avec qui on a eu des atomes crochus c'est La Femme. On nous a souvent comparé à eux d'ailleurs, et du fait que c'était nos potes, ça nous a poussé à aller chercher notre différence. On a partagé la scène une fois dans un rade et c'était excellent.
A Rennes on répète dans un lieu bientôt mythique ou l'on partage les créneaux avec O Safari, Wankin Noodles, Success, Juveniles, Popopopops et bien d'autres. Des groupes bien différents.
Puis il y a un bar, le Melody Maker, ou trainent les musiciens en after work. On y a beaucoup parlé synthé et moustache avec Juveniles. Mais on y croise aussi Mermonte, Splash Wave, Bumblebees.
Nous on se sent proche de notre scène locale.
Outre le coté humain, il est évident qu'on se retrouve dans cette vague française avec des gens comme Lescop, Pendentif (que l'on a rencontré, ils sont excellents), Granville, Lafayette et autres.
A l'international il y a Django Django dont le postulat nous ressemble. C'est différent, c'est pas le même niveau mais je pense qu'on boirait des bières avec plaisir. Peut être même trop.

Avez l'impression de faire partie d'une scène ?
On ne peut pas nier cette conjoncture du retour du français dans les textes. Ni ce goût du mélange des époques. Mais j'ai du mal à taxer ça de nouvelle scène française : quelque chose se profile mais n'est pas encore à maturité.
Pour le moment, ça reste une bonne idée marketing de faire penser qu'on fait tous parti d'un mouvement... Mais un vrai mouvement, une vraie scène, se s'appuie pas strictement sur des vagues idées esthétiques qui rapprochent telles ou telles formations.
Les Anti-Yéyés tout comme les Jeunes Gens Modernes c'est presque un état d'esprit, une manière de penser.

Le mélange entre électrique et électronique était-il une volonté du groupe dès le départ ?
Oui et non. L'idée des Superets c'était d'abord de faire un groupe de musique yéyé. Cela dit, avec nos ordinateurs nous habillions un peu nos chansons avec quelques synthétiseurs discrets. On a eu un coup de chance inouï puisqu'un voisin nous a légué un synthétiseur Korg Ms20, un monstre sacré. Comme c'est une machine qui ne peut jouer que des basses, des mélodies ou des bruits, son arrivée à changé la place des machines dans le groupe et donc notre plan sonore. Ca met souvent en branle tout le travail accompli, parce qu'une chanson c'est une histoire de compromis, et pas un amas de mélodies : Ces machines ne devait pas forcément s'ajouter mais parfois remplacer ou compléter.
Je crois qu'aujourd'hui on est toujours plus content de ce choix de l'électronique, la création du son, de la texture, c'est notre terrain de jeu préféré.

Et le chant en français ?
On a jamais pensé chanter en anglais, mais l'éternel débat sur « quelle est la langue la plus légitime pour un groupe français » ne nous intéresse pas. C'était même pas un choix, c'était juste comme ça et pas autrement.
Rentrent surement en ligne de mire les influences, l'attrait pour la littérature, le niveau en anglais insuffisant pour écrire quelque chose d’intéressant.
On est fier de notre parti pris et surtout on aime vraiment le son de cette langue dans cette musique, mais on est pas réactionnaires : On ne jugera jamais la musique des autres sur le choix ou non du français.


Que penses tu que cela vous apporte de chanter en français ?
Même si ça revient en masse, c'est très encore très original. Les sonorités et l'approche des couplets et des refrains, de la manière de chanter, tout est différent.
Déjà on identifie tout de suite le propos de ta chanson, contrairement à l'anglais, ce qui change la donne complètement : Fini les punchlines à la « come on » et les refrains catchy sans aucun sens. À contrario on peut tout de suite se créer un univers et une écriture, codifier ou référencer le texte. Par exemple, La Femme à cet univers très urbain et froid tandis que Pendentif aborde des thèmes plus ensoleillés, des romances.
Quand on y réfléchi, c'est partie intégrante de leur musique.
On a pas besoin d'écrire un pamphlet, les mots doivent simplement sonner et faire ressentir quelque chose ou donner un ton, une atmosphère : C'est une plus-value au sex-appeal du groupe.

Est-il plus difficile de faire sonner le français que l'anglais ?
Non, a partir du moment ou l'on n'espère pas le faire sonner comme de l'anglais. Comme je le disais, c'est une autre musique, d'autres sonorités. Si on chante le français comme de l'anglais, ne serait ce que pour l'articulation ça pose problème.
Je ne peux pas donner de cours d'écriture, surtout que j'écris de la pop et pas de la littérature, mais je pense que je français est à la portée de qui veut le chanter.
Ce qui est étrange, c'est qu'on peut presque chanter n'importe quoi, tant qu'on l'assume, tant qu'on le fait avec style.
Ce pourquoi l'anglais nous paraît plus sonner que le français, c'est surtout qu'on ne l'identifie pas de la même manière.

Comment composez vous ?
Les chansons sont souvent composées par Léo puis elle repasse dans les mains du groupe. Le brainstorming qui s'en suit est important, ça permet de fluidifier le morceau, peaufiner des structures et revoir certains arrangements. A l'exception, certains morceaux vont être composés de manière commune : On va s'asseoir dans le home studio et bidouiller pendant des heures, maquetter au fur et à mesure, comme un puzzle. On a pas de schéma particulier. On a énormément de petits morceaux de musique, très peu arrivent à maturité.


Vous sortez un premier EP en vinyle et digital.
C'est le passage obligé pour concrétiser tout le travail d'un groupe. On a surtout pu travailler avec Sebastien Lorho qui est l'un des meilleurs à Rennes, il a su capter les références et modeler l'EP en conséquence. Il à contribué à donner une direction complètement à l'opposé de ce qu'on avait dans la tête. C'est ce qui est intéressant dans le travail de studio c'est que de notre coté on arrive avec des idées, mais la volonté de tout mettre en branle, lui arrive, écoute, et donne sa vision. On est arrivé à un truc très typé, coloré, une batterie très vintage, des synthés bruts, les guitares plus trash que prévues...
Et derrière, c'est Croque Macadam qui réceptionne. Petit label qui n'édite qu'en vinyle, on peut difficilement minimiser son impact, parce que sortir un vinyle se sont des frais et de l'organisation. Je sais pas si on aurait pu se permettre ça seuls dans notre coin.
On est assez fier du résultat, parce que du choix des chansons jusqu'au choix du visuel, tout était une prise de risque qui fini par avoir de la gueule.

Que pensez-vous du format vinyle ?
Le vinyle c'est le dernier support physique à avoir vocation à exister. Il en faut un, parce qu'aussi bête que ça en ai l'air, aux yeux des gens ta musique n'existe vraiment que si elle est éditée sur un support physique. Même dans la sphère professionnelle d'ailleurs.
Et le vinyle c'est grand, c'est cartonné, c'est beau, ça peut faire dessous de plat. C'est un bel objet qui craque quand tu bouges la tête de lecture. Y'a un rituel, on peut en être fétichiste.
Le cd c'est plus lisse et moins joli. Ca aurait pu être pas mal si ils avaient tous étés cartonnés, mais la boite en plastique c'est une horreur.
Et le support physique c'est le sauveur de l'album. Un album en mp3 ça n'existe pas, on écoute plus que le single puis on passe à autre chose.

Comment avez vous choisi les morceaux ?
On était limité à deux morceaux, alors comme c'était le premier on voulait montrer l'étendu du groupe. Il fallait qu'on montre d'un coté l'aspect pop et festif, avec du texte et le second degré, l'amour était la plus indiquée. D'un autre coté, il fallait qu'on entrevoie un univers plus personnel, aérien et métaphorique avec Parachute. Tout bonnement le ying et le yang, la chanson qui tabasse et celle qui apaise.

Comment ont-ils été enregistré ?
Pour faire simple on a joué par dessus nos maquettes. On avait préparé des versions home-made des chansons et au fur et à mesure des prises on enlevait les éléments pour en arriver au morceau final. On avait aussi enregistré les claviers au préalable pour gagner du temps, puisqu'on avait que deux jours, mixage compris. En terme de réalisation, on a beaucoup utilisé de matériel analogique, mais nous ne sommes pas restés fermés aux technologies numériques, on a combiné toutes ces possibilités.
Tout est très instantané dans l'EP, et ça se sent.

Un mot sur la couverture ?
C'est notre amie Pauline Henric qui a réalisé la cover. On adore son travail et on a tout de suite pensé à elle. C'est fait main, dessiné et scanné. On voulait ni y apparaître, ni se retrouver avec un logo réalisé en 3 coups de photoshop. Les pérégrinations de l'âme d'un artiste, ça nous paraît plus cool, surtout si tout est fait sur un coin de papier. Du coup c'est original et décalé, un brin kitch et plutôt coloré.
Si on en a l'occasion, on fera à nouveau appel à elle.

Quels sont vos projets ?
On pensait qu'il ne se passerait pas grand chose en novembre, que ça serait une période creuse avec la sortie du 45t, mais en fait on nous demande pas mal de jouer. On va monter à Paris une première fois, parce que certaines personnes nous y attendent au tournant. A coté de ça, on va tourner un clip, on a d'ors et déjà maquetté en prévision d'un autre EP ou quelque chose comme ça. Et puis il va falloir faire la promo du vinyle aussi. Parce qu'il nous faut des thunes. Plein de thunes.




dimanche 14 octobre 2012

Conjuguons La Pop #10 : Bengale - le dernier tramway (2012)

Derrière le pseudonyme Bengale se cache un ancien des excellents Pendentif (dont on compte aussi vous parler vu qu'on les adore). On a découvert l'intéressé par l'intermédiaire d'un des morceaux du jour de JD Beauvallet sur les Inrocks. Aujourd'hui il est également dans le tracklisting de la compilation "Éducation Française" à paraitre demain aux cotés de quelques autres de nos chouchous, à commencer par La Femme ou Granville. Si on se pose des questions sur la validité de la démarche d'une compilation qui se veut un instantané de la scène (ou plutôt un "écrin pour rassembler le meilleur de ces agités du local") mais faisant l'impasse sur quelques uns de ses plus fiers espoirs (Aline, Pendentif, Mustang, Cracbooms etc.) on ne peut pas nier que cette fenêtre est bienvenue pour les quelques groupes que nous soutenons présents comme Bengale.

Pour le moment de ce tigre bordelais nous avons eu l'occasion de n'écouter que les titres présents sur le bandcamp, mais un album serait déjà enregistré donc je suppose qu'on en aura plus à se mettre sous la dent très bientôt! Ocean Sun est pas mal , mais ne m’enthousiasme pas non plus, la faute à des chœurs féminins en anglais qui sont un peu too much pour le fan d'indie-pop et garage que je suis habituellement. Le Dernier Tramway est en revanche une belle réussite. Affichant une longueur respectable (pas loin de 5 minutes), le morceau est construit très subtilement, la production est également très jolie avec un bon équilibre entre les guitares et les synthétiseurs. Je pense qu'on peut parler d'indie-pop avec des petits cotés synth-pop 80s mais c'est fait avec beaucoup de délicatesse, c'est mignon comme tout, et incite à la rêverie. Bref cher Bengale on attend ton album! 


mercredi 4 juillet 2012

Paradis - Hémisphère (2012)



Comme vous le savez depuis le temps, nous sommes de très fervent de la pop française et de la pop en français, par pop, nous y entendons une acceptation simple, musique populaire, une musique accessible peut-elle être exigeante en même temps, la réponse est oui évidemment et nos colonnes le démontrent chaque semaine. Il semblerait que depuis quelques temps, le français redevienne l'idiome de prédilection des popeux hexagonaux (Aline, Pendentif, La Femme, Granville, Cracbooms, Spadassins et autres Guillotines ne diront pas le contraire) et c'est une excellente nouvelle. Dans la série, je veux l'enfant disco / synth-pop. Cet enfant c'est PARADIS.

Sorti en mai sur le label de Tim Sweeney (Beats In Space, un mec proche de la bande New Yorkaise de DFA), c'est le deuxième single du groupe, je l'ai découvert grâce au clip de Jem'ennuie. Mais parlons d'abord d'Hémisphère. C'est une superbe chanson, mélancolique et élégamment écrite, très accrocheuse malgré 7 minutes 13 (il est rarissime que nous parlions de morceaux aussi long ici). Paradis me rappelle beaucoup ces groupes réconciliant pop, influences disco et musique électronique de la première moitié des années 2000 : Metro Area, Lacquer, Swayzak (souvenez vous Another Way) ou même Chromatics. La plus grosse différence c'est que personne ou presque à l'époque ne l'avait fait en Français, en tout cas pas aussi bien. Avec sa production simple mais millimétrée, ses boucles de claviers électriques, sa basse rebondie, c'est un morceau idéal pour danser timidement en début de soirée, le vague à l'âme mais les fesses chahutées. J'accroche un peu moins à Je m'ennuie, pourtant la recette n'est pas trop différente, la production est même sûrement plus ambitieuse, il me semble que ça tient à un gimmick moins catchy à l'hypnotisme qui ne prend pas trop, mais encore faudrait-il que je teste ça sur un dancefloor, peut-être est ce que je changerai d'avis. Elle n'en demeure pas moins une très bonne chanson. Mais, avec une telle face A, difficile de rivaliser.

Je recommande également chaudement le premier single Parfait Tirage / La Ballade de Jim, si la face A est un vrai morceau de club, très disco, la reprise d'Alain Souchon en Face B est absolument formidable, qui eu cru qu'on pourrait donner une telle relecture à Souchon ? Ce n'est pas une histoire d'eden mais ce Paradis a du cœur, toucher l'âme et faire danser, voilà quelque chose qui nous parle.

Vous pouvez trouver le vinyle sur : Nuloop / Rvng / Phonica / et dans plein d'autres boutiques en ligne
Et une fois n'est pas coutume, nous mettons en ligne le clip, à l'image de ce single, très réussi !



jeudi 10 juin 2010

Tahiti 80 - world cup (2010)

L'autre jour nous avons weçu sur notre boite e-mail un message pour la sortie d'un vinyle 10 inches... mais pas de n'importe qui... nos camarades de l'excellent blog WeWant2Wigoler, une lecture très wecommandée sans effet secondaire à haute dose, sauf peut être pour les finances. Ils nous avaient parler de cette idée à l'occasion de wécents concerts et on est très heureux de voir le projet se concrétiser! et pour fêter cela ils font une soirée de lancement le 15 juin prochain dans le super bar le Motel. Bref acheter le ce disque (directement ou sur leur bandcamp), il est super cool (4 morceaux - 4 groupes différents). Voici donc un titre inédit de Tahiti 80, une très bonne chanson aux accents electro-pop (la basse me wappelle Moroder non?) parfaite pour accompagner les prochaines semaines!

Our friends at WW2W will release a 10 inches EP with four french artists in those next days. It includes that awesome tune by the not-less awesome Tahiti 80, so go check now their bandcamp and get your copy fast.

Tahiti 80 - world cup


BUY IT / ACHETER CE DISQUE (et aussi écoute en stream)

Plus d'infos sur le projet

vendredi 28 août 2009

Et le gagnant de l'été est ... Zoot Woman - Saturation (2009)



Mesdames et messieurs, Zoot Woman revient fort, leur nouvel album est une grande réussite ! Et en particulier il contient ce morceau "l'un des singles de l'année, l'immense Saturation, six minutes de longue montée extatique, intense et hédoniste d'une puissance quasi-sexuelle qui ferait passer les éructations poussives de LA ROUX pour les soupirs d'une vierge effarouchée" (tiré de ma chronique sur SoV, avis que je défends vigoureusement). Ce morceau est juste une bombasse, de celle qu'on écoute en boucle, encore et encore...

Télecharger / écouter Zoot Woman - Saturation (2009)

My dear friends, one of my late 90s, early 2000s band is coming back with a fantastic album... and they easily did my fav song of the summer, Saturation is incredible... a intense, long and extatic song that makes you forgot all the shitty 80s electro pop revival like the boring virgin whispers of LA Roux... Saturation is full of sexuality and makes you want to make love during hours and hours. Summer anthem.

Download or listen Zoot Woman - Saturation (2009)

jeudi 18 juin 2009

Spining Twisters !

Vos chers amis twisters Alex Twist dit LEKS et Zootime dit HYBU vont vibrer les murs du SHOWCASE et du TRUSKEL les prochaines semaines !

//// 25 Juin, Kapsi @ Showcase avec également à l'affiche Blackjoy, Heartbeat, Victor Vea et Dekade // Facebook

//// 30 Juin, ABSTRACT @ Truskel avec un live du super groupe anglais The Wild Mercury Sound et les résidents, Nungy, LoFiPhil, Leks et Hybu. // Facebook

jeudi 30 août 2007

Octet - Hey Bonus (2004)

En 2004, un clip bizarre passe sur M6, on y entend une musique étrange, de l'electro pop baroque sous influences Beatles période psyché emplie de blip, de crack, de frup, et autres shraput et d'un chant mélancolique à la limite de la justesse. Ce clip (réussi d'ailleurs) c'est Octet, une duo composé par Benjamin Morando et François Goujon) et le morceau Hey Bonus, excellent single de leur premier album "Crash & Carry Songs". Depuis cet album, peu de nouvelles du duo, un ou deux remix par ci par la (Beck, TTC...) mais pas vraiment plus. Nous esperons bien ré-entendre ces deux un jour avec quelque chose d'aussi enthousiasmant que ce Hey Bonus.

écouter Hey Bonus (2004)

Year 2004, a weird video clip was broadcasted on the french TV, we can heard in it a strange music, baroque synth pop under Beatles psych era influences, some crunchy blips and detoned spleen singing. This is Octet - Hey Bonus, the fabulous single from their first album "Crash & Carry Songs". Since that, we havn't news about them. We hope to have some soon.

listen Hey Bonus (2004)

jeudi 26 avril 2007

les claviers vintages (1)

Les synthétiseurs.

Les synthétiseurs ne fonctionnent pas tous sur le même principe. Ils ont été popularisé à la fin des sixties et utilisés très régulièrement depuis.

moog prodigy

La synthèse soustractive vise à générer un signal riche en fréquence pour ensuite supprimer des éléments du signal avec des filtres (qui modifie la texture du son donc). Ce sont les synthés les plus fréquents, on y retrouve tous les grands classiques tels que les moog (le prodigy par exemple), roland (jupiter, juno,sh...), korg (ms20, minikorg)...
Ils fonctionnent selon des principes electriques (oscilateurs, lfo etc), certains sont monophoniques (on ne peut faire qu'une seule note à la fois) ou polyphoniques (plusieurs voix à la fois).
Ce types de synthétiseurs a été énormément utilisé au cours des années 70 dans le funk, le jazz ou encore dans le krautrock ils sont aussi très populaire dans la musique électronique moderne.
On peut citer par exemple Herbie Hancock (sur l'album Headhunter entre autre), Kraftwerk, ou encore Giorgio Moroder (the chase).

roland Jupiter 8

La FM permet de modulé un oscillateur avec d'autre oscillateur, ce qui modifie la forme de l'onde globale, c'est Yamaha et son célèbre DX7 qui ont popularisé ce type de fonctionnement, très populaire dans les années 80, difficile de donner un exemple précis, mais souvent les pianos electriques ou les instruments percussif mélodiques (xylophone, marimba) étaient imités avec ce type de machine. Ceci dit on peut aussi s'en servir pour faire de belles choses.

Yamaha dx 7

Il existe d'autres formes de synthèse, parfois propre à un constructeur, dans les dernières années le concept de "modélisation analogique" s'est développé, il s'agit de synthétiseur basé sur l'électronique imitant la technologie analogique (et particulierement la synthèse soustractive).

Aujourd'hui il est assez difficile de distinguer un synthétiseur d'un autre compte tenu du très large choix de synthèses et d'instruments , mais les plus grands ont comme pour les guitares un son bien à eux reconnaissable entre tous.

Un petit tour dans les libellés pour écouter des artistes en rapport.