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mardi 26 septembre 2017

Jack Cooper "Sandgrown"

Seul, le visage morne, l'homme s'éloigne avec langueur de la ville et ses lumières. Le portrait de Jack Cooper dépeint en couverture de Sandgrown (2017, Trouble In Mind) est annonciateur : le jeune gouailleur découvert au micro de Mazes en 2009 s'est apaisé et a accordé ses guitares. Derrière lui, Blackpool, la station balnéaire de la Fylne Coast (Lancashire, Angleterre) qui l'a vu grandir.

Résidant désormais à Londres où il incarne aux côtés de James Hoare (Veronica Falls, Proper Ornaments) la seconde moitié de l'épatant projet Ultimate Painting, le musicien a pris une pause cet hiver pour revenir sur ses souvenirs. Equipé d'un simple quatre pistes, il s'est entouré de quelques amis après Noël pour donner vie à ces ballades folk, dans une démarche DIY qui lui est chère depuis ses débuts. Écrites au cours des dernières années, toutes s'inspirent de ses moments passés à Blackpool. Cooper ne convoque pas la vie nocturne réputée, le côté populaire et frivole de la surnommée « Las Vegas du Nord » mais nous propose plutôt une promenade en bord de mer, un instant de répit.

Le minimalisme de l’instrumentation - composée de guitares claires et de percussions aux accents jazz (jeu au balais, maracas) - permet à la voix de se dévoiler entièrement. Il n’hésite pas à explorer toute sa tessiture sur Gynn Square, un deuxième single bien choisi que l’on se surprend vite à fredonner. Comme chez Kevin Morby, les textes sont denses mais les mélodies jamais sacrifiées. Le tempo modéré évoque inévitablement Mac Demarco et tout particulièrement le dernier opus de ce dernier, This Old Dog (A Net , On A Pier In The Wind). Le très mélancolique  Estuary , qui rappelle la fragilité de Christopher Owens période Broken Dreams Club, se détache par la présence d’un clavier qui complète par nappes la formation instrumentale initiale, demeurée jusque là imperturbables.

La cohérence, c’est ce qui caractérise en effet ce cycle de chansons douces et feutrées, dont le sentiment d’harmonie est renforcé par un couple d’interludes instrumentales (Sandgrown Part 1 et Sandgrown Part 2) exposant le même thème. Grâce à ces ponctuations et à son petit format (29:51min), Sandgrown évite l'écueil de la longueur. Si les amateurs de pop à guitares qui constituent habituellement le public du britannique regretteront peut-être le manque d’aspérité de ces ballades, ils en reconnaîtront tout de même sans doute le charme.



lundi 23 janvier 2017

Aguaviva "Cantaré"

Voici un disque que je croisais souvent mais j'évitais tout autant. Pochette peu engageante, un look laissant présager d'une pop générique... Une fois quelqu'un (un excellent disquaire) a eu l'idée de me le faire écouter, ce fut une bonne idée ! Comme quoi il ne faut pas toujours se fier aux pochettes.

Aguaviva est un groupe de pop qui tire vers le rock progressif, le folk et la musique espagnole. Le groupe a la particularité d'avoir eu de nombreux changements de membres au cours de son existence, le cœur de la formation étant José Antonio Muños et Manolo Diaz. Ce dernier, en plus d'écrire la plupart des compositions du groupe, n'est pas un inconnu: ancien membre du groupe beat Los Sonor, il a écrit quelques classiques de la pop sixties espagnole comme La Moto une chanson interprétée par Los Bravos mais aussi Los Pasos. Il travailla d'ailleurs assez régulièrement avec ces deux formations (y compris en participant à la production de Los Bravos) ainsi que ponctuellement avec Los Canarios, ou Los Pop Tops...Aguaviva est en quelque sorte son bébé, il fonde le groupe à la fin des années soixante en compagnie de José Antonio Muños dont le rôle dévoile la principale spécificité du groupe: il interprète des textes plus qu'il ne les chante. En effet, Aguaviva adapte de nombreux poètes espagnols en musique, la plupart d'entre eux ayant une connotation politique, une manière pour le groupe de contester la dictature. On compte ainsi par exemple Rafael Alberti dont l'exil se prolongea de 1939 (fin de la guerre civile) jusqu'à 1977 (en 1975 Franco décède, il est remplacé par Juan Carlos 1er qui va assurer une transition démocratique du pays) adapté sur la face A de ce simple Poetas Andaluces. Cependant, j'ai une préférence pour la face B écrite par le seul Diaz: Cantaré. Basse au médiateur, rythmique funky, guitares acoustiques légèrement nuageuses, chœurs féminin à la Mamas & Papas, construction alambiquée typique de l'époque, la chanson est une jolie démonstration du savoir faire espagnole de la fin de décennie soixante et du début de la suivante. Si Aguaviva a du mal à décoller dans son propre pays au début, l'attrait pour leur musique à l'étranger (notamment en France et leur participation au fameux festival de chanson de Sanremo) leur permet de finalement acquérir un statut de classique de l'autre coté des Pyrénées.  


vendredi 6 janvier 2017

Olivier Bloch-Lainé "Des Mots"


Olivier Bloch-Lainé commence sa carrière à la fin des années soixante auprès de chanteurs transgressifs comme Mouloudji ou Brigitte Fontaine. Il écrit une grande partie de Brigitte Fontaine est folle en 1968, même si tout le monde retient plutôt les arrangements de Jean-Claude Vannier. Il publie un 45 tours arrangé par François De Roubaix sur le label de Mouloudji, sans doute dans les mêmes moments, mais je ne l’ai pas entendu.


Le disque qui m’intéresse ici parait en 1976, alors qu’Olivier a déjà pas mal bourlingué pour d’autres artistes notables, ou du moins pas inintéressants (Pierre Vassiliu, Michel Zacha, Pierre Barouh…). Il est distribué par CBS qui, décidemment, se permettait quelques largesses avec des artistes peu conventionnels qui avaient toutes les promesses de faire un bide (qui se souvient de Lone ou Patrick Beauvarlet ?). Pour être plus précis, il est publié sur Marginal, un sous-label, ou plutôt une collection de chez CBS, qui se décrit comme suit : « la collection Marginal a été créée pour faire connaître différents courants de musiques et de chansons situés "en marge" d'une expression traditionnelle. » Cette ambitieuse série franco-québécoise, qui a perduré à peine une année le temps de huit longs-jeux, propose également un album solo de Claude Engel, le jazz-fusion de West African Cosmos ou encore le troisième disque de Gilbert Montagné (eh oui !).

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos dromadaires. Des mots présente un étrange métissage de variété, de pop, et… de jazz fusion (ne partez pas en courant !). Comme à l’accoutumée pour ce type d’album, le personnel se compose de fins limiers/requins de studios : Claud Engel et Jean-Pierre aux guitares (rien que ça !), Jean Shulteis à la batterie, Georges Rodi aux claviers, etc. Même Gilbert Montagné participe à quelques chœurs (eh oui !). La voix suave d’Olivier s’incorpore à merveille à la délicatesse des compositions (Mercredi). Les arrangements son alambiqués, mais fort heureusement jamais boursouflés, si bien que l’album conserve une grande cohérence, presque comme un concept-album (je me demande même s’il n’a pas été pensé comme tel). D’une certaine manière, la quiétude qui s’en dégage évoque les disques de Daevid Allen de la même période (Good Morning et Now Is The Happiest Time Of Your Life).


Enfin, il faut noter cette pochette très réussie de Folon – un dessin représentant  quatre dromadaires dans le désert sous un soleil aux tons pastels (en référence aux paroles du premier titre qui donne son nom à l’album). Cet écrin poétique correspond tout à fait à la tonalité de cet album plein de douceur, idéal pour réchauffer les cœurs en plein hiver. Il n’a jamais été réédité.

dimanche 25 décembre 2016

Françoise Hardy "Le Martien"

Nous n'avions jamais dédié d'article à Françoise Hardy une des plus grandes artistes française de pop. Dès le début des années soixante elle écrit (ou co-écrit) nombre des chansons qu'elle interprète, phénomène rare à une époque où en France (comme ailleurs) il existe une division entre les équipes de compositions et les chanteurs. La figure du singer-songwritter est en effet encore naissante à ce moment là, se développant surtout dans la fin de la décennie et le début de la suivante (Carole King, Nick Drake, Neil Young, Leonard Cohen, Jackson Browne etc.). Je dois admettre que je connais mal la carrière de l'intéressée et je n'ai pas encore osé m'y frotter de près... 

Deux éléments récents pourraient me faire basculer et me plonger à corps perdu dans la riche discographie de la plus élégante et classe des chanteuses française: la proposition de concevoir une playlist autour de la bossa-nova française et avoir trouvé en faisant mes courses de Noël le 45 tours dont je vais vous parler aujourd'hui. Il était en effet question de proposer à Laurent Bajon de La Souterraine une sélection de morceaux francophones autour de la bossa-nova et du jazz, ainsi avais-je envisagé le fabuleux Il Faut Tenir des Masques (youtube), une rareté que je n'ai pas l'honneur de posséder en vinyle ou encore un morceau extrait du premier album des Double-Six de Mimi Perrin (que j'avais d'ailleurs découvert en creusant le parcours des musiciens qui composent Les Masques). Ce travail fut l'occasion de découvrir de nouveaux morceaux et notamment Histoire d'O de Françoise Hardy... Chanson que l'on trouve en face B du 45 Tours et que je n'avais pas retenue dans ma liste (surtout car essentiellement instrumental et sans texte). Voyant le 7 pouces au mur d'un de mes disquaires parisiens favoris (Plus de Bruit pour ne pas le citer), j'ai quand même pris soin de l'écouter... Bonne pioche, je suis reparti avec !  

Chanson d'O est en réalité excellente même si je préfère encore d'avantage...Le Martien chanson d'une grâce incroyable. L'orchestration est sobre et dépouillée: guitare acoustique magnifique, une voix en arrière plan soufflant au gré des accords, quelques notes de flute et bien sûr la voix pure et cristalline d'Hardy tout en retenu et délicatesse. La prise de son de Bernard Estardy (collaborateur de longue date de Nino Ferrer et auteur du classique prog La Formule du Baron) est impeccable: le son est vivant, présent, charnu voir charnel... Le Martien oscille ainsi entre la bossa nova brésilienne et le folk dépouillé de Nick Drake. Peut-être est-ce du à la principale compositrice du morceau et collaboratrice d'Hardy sur l'ensemble de La Question (les deux morceaux du 45T en sont extraits): Tuca. Cette musicienne brésilienne enregistre en effet deux albums dans son pays d'origine avant de fuir la dictature comme de nombreux autres musiciens, la plupart s'installant en Angleterre ou en France... Elle publie quelques disques en France mais sans succès, son troisième album est enregistré au célèbre studio du château d'Hérouville quand elle repart finalement au Brésil où l'album est édite. Tuca co-signe la plupart des morceaux de La Question, son jeu de guitare subtile illumine les deux chansons de ce 45 tours, petite merveille de pop franco-brésilienne.

lundi 25 avril 2016

Ilous et Decuyper: folk des cieux

Le patrimoine français pop au sens large (j'y compte le rock voir la soul) souffre d'une terrible méconnaissance de notre part. Cela contribue à maintenir cette désespérante illusion que les français n'entendent rien à cette musique. Ainsi la fatalité ce serait abattue sur le berceau hexagonal dans les années 50: aux français la tradition du texte issu de notre si belle littérature (qui a tout de même "produit" Musso-piquette ou Marc Levy-tamine), aux anglo-saxons les chansons aux textes ineptes mais sacrément accrocheuses. Bien évidemment, la vérité est plus complexe mais également belle: les anglo-saxons ont des auteurs de chansons fantastiques (Bob Dylan ou les Kinks pour n'en citer que deux parmi d'autre) et les français sont capables de construire une chanson sur une mélodie plus qu'autour de son texte. Pourtant le salmigondis littéraire d’élèves condescendants en hypocagne reste vivace en 2016, parfois ils se transmettent même le patrimoine de père en fils, passant d'un support à l'autre ! On préfère aussi encore ces troisièmes couteaux anglais de freakbeat ayant composé un bon morceau (et repris correctement un groupe US bubblegum) aux groupes (français ou) francophones: The Attack plutôt que les Lutins ou les 5 Gentlemen...

Ilous et Decuyper, une collaboration ayant abouti sur un album et deux simples en 1972, ne va certainement pas aider à combler le déficit d'amour pour notre pop et pourtant que la tentative est belle ! Voilà deux musiciens, dont un au CV chargé (Bernard Ilous des Rover et dans la dernière version du Système Crapoutchik) qui se lancent dans un disque de folk-rock aux harmonies divines. En ligne de mire le supergroupe Crosby Stills and Nash (& Young s'il est d'humeur)  évidemment mais Ilous et Decuyper y apportent une sensibilité unique et très française. "L'élu" seul simple extrait du disque en est une très belle illustration. Élégantes guitares acoustiques, orgue discret, délicat travail des voix...tout concourt ici à créer un sommet de folk-rock francophone dont la cime fait de l'ombre à bien des formations anglo-saxonnes ô combien adulées.

mercredi 12 décembre 2012

The Babies - Our House On The Hill (2012)



Tous ceux qui comme nous ont vu le groupe en vrai, sur scène, le confirmera, The Babies n'a (plus ?) rien d'un side-project pour le fun, Kevin Morby (Woods) et Cassie Ramone (Vivian Girls) l'ont muté en groupe à part entière,  avec son identité propre qui tient d'ailleurs très largement de Morby (Woods étant surtout le bébé de Earl et Taveniere). Ce n'est d'ailleurs pas un hasard s'ils font désormais partis du très prestigieux catalogue Woodsist du copain Earl et ne font plus dans le tourisme sur des labels variés.  

Comme tout le monde et à raison, j'étais tombé amoureux de premier album du groupe, truffé de petits tubes accrocheurs au charme fait maison, aux imperfections palpables, ce petit côté bancal qui fait que je m'en sens proche comme d'un bon pote à qui je raconte mes galères. Sur Our House On The Hill, si la production est nettement plus léchée, cette proximité ne s'est pas évanouie, au contraire, ce LP est incroyablement confortable, The Babies ne me malmènent que très peu (si ce n'est par des changements de rythmes périlleux -Aligator),  il tient chaud les soirs d'hiver, il me berce dans son tendre garage poppy (qui virerait presque indie-pop) et j'ai souvent envie de l'écouter pour me remettre d'une journée ennuyeuse ou harassante, ça me permet de me réapproprier l'espace, de me sentir chez moi. Les deux songwriters ont en plus particulièrement soigné le tracklisting qui file à la vitesse de la lumière avec une rare évidence, à peine chahuté en fin de face par le folk de Mean et Grave. Our House On The Hill est un disque homogène et très cohérent, bon du début à la fin, mais s'il n'a pas de ventre mou, il lui manque peut-être, et c'est sûrement là son seul défaut, un vrai single pour le porter, le tirer, le remettre au dessus de la pile ou pour que je puisse faire danser les minettes au Truskel ! Aussi excellents soient-ils, Moonlight Mile et Baby ne tiennent pas vraiment la comparaison avec Meet Me In The City ou All Things Come To Pass dans ce domaine. 

Plus homogène, plus sérieux, plus propre... Ahah ça pourrait-être la débandade, quand on commence à sortir ce genre d'adjectifs dans une chronique de deuxième album, ça sent en général, le sapin. Ne vous inquiétez, jetez-vous sur Our House On The Hill, c'est du bon Babies pur-jus comme on les aime, sans l'effet du surprise et sans le single monumental qu'ils devront bien nous pondre un jour, je sais qu'ils en sont capables. 


Le LP se trouve un peu partout, tentez votre chance au Silence de La Rue, à Pop Culture ou Gibert Joseph, Woodsist est un label très bien distribué vous savez.

lundi 24 septembre 2012

Jacco Gardner - Where Will You Go (2012)


Allongé sur votre lit, le vinyle crépite, les yeux rougis et mi-clos, le palpitant ralentissant vous plonge progressivement vers un état de quasi-sommeil paradoxal éveillé et béat, c'est l'ambiance dans laquelle vous met ce sublime second single de Jacco Gardner. Si le psychédélisme noir rincé au whisky et aux Spacemen 3 à la Cosmonauts, Night Beats, Black Angels est plutôt monnaie courante depuis quelques années, une  intarissable nouvelle génération de chevelus est en train de faire son nid dans un psyché plus ouvertement kaléidoscopique, ensoleillé, pop et baroque à l'instar de The Sufis, Allah-Las, Paperhead, The Spyrals ou autres Resonars. C'est également cas de ce petit hollandais, digne héritier d'une grande tradition psychédélique néerlandaise (Boudewijn De Groot, Dragonfly, Q65...) et internationale, on pense à The Zombies (particulièrement sur la b-side Summer's Game), Love, Donovan et Syd Barrett bien sûr. Chez RPUT, on lui prédit un avenir radieux, car dépassant l'imitation, il adapte le patrimoine de ses ainés avec singularité, aisance et évidence. Sa signature sur le formidable label étasunien Trouble In Mind devrait lui ouvrir des portes. Nous, nous sommes déjà prêt à lui ouvrir nos oreilles et nos cœurs.

Le 45 tours se trouve sur Trouble In Mind et vérifiez également à Born Bad et Pop Culture qui reçoivent régulièrement du Trouble In Mind.



jeudi 29 mars 2012

Les Pharaons - EP (2012)

Derrière Les Pharaons se trouvent Eddy des excellents Fair Ohs que l'on aime beaucoup sur RPUT. Le projet de voir Eddy chanter d'avantage en français avait de quoi attiser ma curiosité et franchement je dois dire que le résultat est vraiment cool.

Pour situer on est dans un registre allant de Bardot à Françoise Hardy, en passant par pourquoi pas Big Star dans les morceaux acoustiques ou le folk-rock des Byrds... La production est assez crados et lo-fi et finalement je trouve cela presque dommage car les mélodies semblent comme cachées par cet excès de saturation que l'on dirait propre à un vieux disque 45 tours usé jusqu'à la corde.
Je suis bien sûr fan des disques bricolés avec trois bouts de ficelles mais je crois vraiment que ces chansons auraient méritées un traitement un peu moins radical pour laisser leur beauté parler d'elle même dans le dénuement et sans artifices.

Dans tous les cas ce nouveau projet d'un membre des Fair Ohs me plait beaucoup et j'ai du mal à lui trouver un équivalent en France... Dès 4 titres ma préférence va aux chansons plus qu'à l'instrumental "Gourmette" (qui est plutôt cool avec un effet de phaser qui me rappelle Real Estate) je suis en particulier fan d'Amandine et Kosma qui sont de très belles chansons. Une cassette qui mérite quelques menues finances pour voir se concrétiser d'autres projets sous cette nouvelle appellation fort prometteuse.

ACHAT

vendredi 23 décembre 2011

Dan Melchior - Dogbite Meltdown #01 (2011)

Le label SDZ continue de sortir d'excellents disques après les Bellas l'année dernière et le tir groupé Mantles / Limiñanas il y a quelques mois.
Je ne sais pas grand chose de Dan Melchior, à vrai dire j'ai déjà vu pas mal de fois son nom mais je ne m'y suis jamais vraiment intéressé pour le moment, il semblerait que ce soit un tord à l'écoute de cet excellent 45 tours, et en particulier sa face B "dogbite meltdown #01" dont l'ambiance évoque clairement les errances folk-psychédéliques d'un Syd Barrett voir pourquoi pas Kevin Ayers aussi, un morceau mystérieux et prenant. Un très joli 45 que je vous recommande chaudement en tout cas, notamment si vous aimez des choses comme Woods, White Fence ou Castlemania des Oh Sees.

achat: SDZ

Dan Melchior - Dogbite Meltdown #1 by sdzrecords

mercredi 7 septembre 2011

Thee Oh Sees - Castlemania (2011)

Dans la prolifique scène de Frisco je demande les Oh Sees, on avait pas encore évoqué ce groupe, plutôt étonnant quand on connait leur rythme de sorties effréné : deux albums cette année. Le premier Castlemania est sorti il y a quelque mois, à peu près au même moment qu'une compilation de singles et un peu avant leur projet flexi discs... Le suivant est déjà prévu pour octobre! Bref ils arrêtent pas et trouvent en plus le moyen de tourner un peu partout, pour un peu on aurait presque du mal à les suivre... Ils suivent ceci dit la logique de leurs potes comme les Fresh & Onlys.

J'ai tendance à abuser de cette formule, mais on se pose toujours la qualité de la qualité quand il y a une telle quantité, et dans l'ensemble les Oh Sees lèvent assez bien les doutes que nous pourrions avoir face à un groupe qui sort autant de musique. Castlemania est un très beau cru, il demande du temps à être approché, c'est un disque assez rêche et sa longueur (16 titres: trois faces de vinyles, sur la dernière il y a un dessin!) est un obstacle pour bien l'appréhender. Une fois que l'on est dedans par contre on y découvre un groupe capables de fulgurances. Il faut être capables de faire le tri entre certaines demi-idées et vrais réalisations mais il y a de la matière, de la vie, de la folie, or la musique actuelle en manque parfois et ces mecs (et il y a une nana) n'en font qu'à leur tête. Ils arrivent à rendre un truc d'obédience 60s (on pense au garage rock, aussi à Syd Barrett, l'acild folk barré, le psychédélisme déviant...) sacrément excitent et contemporain. Ils sont forts, intelligents et ont décidé de ne pas jouer les règles "normales" des groupes comme celle qui consiste à attendre deux ans entre les albums...avec eux c'est un flux continu de musique souvent réussie. Évidemment il y a toujours ce coté bancal et à l'arrache mais dans une période qui valorise à ce point là un son uniforme et surpuissant sans un pet de travers, c'est réjouissant et tellement frais. J'ai oublié de vous dire que la dernière face était constituée de reprises plutôt réussie en particulièrement une vachement bien des Creation.

Alors oui il y a trop de morceaux pas assez aboutis pour faire de Castlemania un sérieux classique mais voici tout de même un disque qui donne envi de croire que l'on vit définitivement quelque chose en matière de musique ces temps-ci , c'est frondeur , courageux, en roue libre et sans filet, on retrouve un peu du danger qui faisait le sel du rock n roll des origines.

IN THE RED

Thee Oh Sees - aa warm breeze

dimanche 6 septembre 2009

Pic-Nic - callate niña (1967)

Les Pic-Nic sont une formation de Barcelone, au départ uniquement masculine, Jeanette les rejoint en les entendant dans le quartier, ils partagent alors ce gout pour le folk "californien" les douces harmonies des Mama's and Papa's ou les mélodies pop de Donovan... Jeanette est née en Angleterre (ce qui explique cet accent chou en espagnol) elle rejoint l'Espagne avec ses parents alors qu'elle est adolescente, et écrit des chansons dans son coin. Parmi celles ci "callate niña" dont le thème grave peut surprendre de la part d'une jeune fille de 14 ans (à l'époque de l'écriture - 17 quand cela sera un tube), aidé par le reste du groupe, elle tappe dans l'oeil d'un responsable de maison de disque, et malgré son caractère triste la chanson devient un gros tube en Espagne. Le groupe se sépare après un album, reste ce disque et cette chanson, douce et mélancolique...

Pic-Nic were a barcelonese band from the second part of the 60s. At the start they were only between men, but they were joined by Jeanette, she shared with them her taste for folk pop music like the Mama's and Papa's or Donovan... Jeanette wrote this song when she was only 14, the text is quite sade, but it became a massive hit in spain, sadly the band disbanded after only one lp, but this song is still great nowadays.

Pic-Nic - callate niña

dimanche 24 mai 2009

Donovan - season of the witch (1966)

Donovan est un chanteur anglais de folk tirant très souvent sur la pop ou la musique psychédélique ce qui n'est pas pour me déplaire, je pense que la plupart de nos lecteurs reconnaitrons au moins l'air d'un de ses tubes, que ce soit le folky "catch the wind", le jazzy "mellow yellow" ou le psyché "sunshine superman"... Parlons justement un peu de cette dernière chanson, titre phare de l'album du même nom (sorti en 1966), on trouve également sur ce même disque un autre standard - légèrement moins connu - de Donovan, le superbe "season of the witch", presque 5 minutes autour d'une guitare, et une pointe d'orgue! En 1967 Julie Driscoll accompagnée de Brian Auger et son groupe the Trinity, en font une reprise bluesy lanscinante centrée sur la voix de Djools et l'orgue hammond d'Auger, le moins que l'on puisse dire c'est que c'est très réussi, tout autant que l'original...ne pouvant me décider à n'en choisir qu'une, voici les deux!

Donovan is a very known 60s british singer, mainly of "folk" but with a pop / psych / jazz touch, his most-known songs are "catch the wind" "mellow yellow" or "sunshine superman", on the same lp of that last tune, you'll find another Donovan's classic, the awesome "season of the witch", wich was also covered with a lot of talent by Julie Driscoll, Brian Auger and the Trinity, a years later (1967), two great versions of the same tune, today on RPUT!

écouter / listen to season of the witch by Donovan (1966)
écouter / listen to season of the witch by Julie Driscoll, Brian Auger and the Trinity (1967)


jeudi 1 mai 2008

Nazz - letters don't count (1969)

Nazz est surtout connu pour être le premier groupe important de Todd Rundgren énorme star pop dans les 70s aux Etats Unis. Leur noms est inspiré du groupe de beat anglais the Yardbirds (the nazz are blue), une influence évidente du combo sur de nombreux morceaux. En 1969 sort leur second album, les membres du groupe ont du le produire eux même et ont du avorté leur idée de double lp. Il en résulte un disque un peu bancal et inégal mais avec néanmoins quelques grands moments comme le superbe et parfait "forget all about it" pour ma part je vous ai choisi le très beau "letters don't count" très acoustique avec un jeux sur les voix.

Nazz was the first important band of 70s pop star Todd Rundgren. Their name was inspired by a Yardbirds song (the nazz are blue). In 1969 they released their second album called "nazz nazz" the band members produced it and they couldn't do the double lp they would have done. The result isn't perfect, but sometimes it's great, for exemple on the perfect pop single "forget all about it" or the great "letters don't count".

écouter / listen to letters don't count

mardi 11 mars 2008

Mystery Jets - The Tale (2005)


Quoi comment ce fait ce (se fesse) ?! Je n'ai pas encore parlé des Mystery Jets, et pourtant mon pseudo sur blogspot ne laisse aucun (jet) mystère sur la force de mon admiration pour le groupe. Je ne sais pas les MJs sont une histoire particulière pour moi. Retour en 2005, j'ai seulement redécouvert le rock grâce à Franz Ferdinand, Interpol et les Raptures quelques mois plus tôt, puis Bloc Party émerge, les Futureheads aussi et tout ça s'emballe, je me mets à chercher avec frénésie les prochains trucs dont les guitares vont titiller mes oreilles. En reprenant mon habitude très particulière de DJ, je cherche par label et producteur, forcement 679 attire mon attention. Et paf je tombe sur Zootime sur un cd promo choppé pas très légalement quelques mois avant la sortie de You Can't Fool Me Dennis. Au début, je me dit tiens c'est cool ce morceau, puis peu à peu, il s'installe durablement dans mon esprit, puis sort You Can't Fool Me Dennis, première écoute "humm c'est très pop mais j'aime bien", deuxième "putain en fait ça tue ce truc", troisième pareil, et ça tourne en boucle, j'en parle à tout le monde autour de moi animé d'un excitation que je n'avais plus ressentie depuis longtemps.
Aujourd'hui je vous sélectionne The Tale, car en dehors de Zootime, du fabuleux Drowing Not Waving et du délire psyché d'On My Feet, cette chanson est un vrai morceau de bravoure, simple, innocent voir naïf, avec cette une production pas top et ces voix pas toujours parfaites, il en ressort un vrai charme. Et puis il aurait été trop facile de parler d'un de leur single.

écouter Mystery Jets - The Tale (2005)

How this can be ?! I still havn't talk about Mystery Jets. My blog nickname is directly influenced by this band ! Flashback ! Back in 2005, I just discovered back rock music, I'm into Franz Ferdinand, Interpol, The Raptures and the new next big thing Bloc Party. Thanks to that I'm animated by a brand new curiosity, I was very excited about all this new wave of Bands comming ! Keeping my (good) DJ habits I was looking for the label and producer I liked (679, Paul Epworth...) And finding on the internet the next band to be released by 679 : Mystery Jets thanks to Zootime. A few months later You Can't Fool Me Dennis was released and I bought the record. Then I thought on the first listening "this song is so -pop- (typically french way of thinking), but I like it", second listening : "Oh my gosh, this song rocks totally", then I was totally in love with and so excited about them that I talked about to everyone converting new fans, meeting french other listeners on myspace ...
Today, I choose The Tale, because it's one of my favorite songs made by Mystery Jets in their early days, sure I love Zootime / Alas Agnes etc. But this one is so charming, that you should listen it if you don't know it. Not very similar to their other works because it's sounding more simple, innocent, just like an indie psych folk fairy tale...

Listen to Mystery Jets - The Tale (2005)

dimanche 25 novembre 2007

Los Vidrios Quebrados - La Primavera de Miss L'O.B. (1967)


1967 est une superbe année, vous le saviez surement c'est l'année du sergent poivre de son club de coeurs solitaires. Mais pas seulement, de l'autre côté de l'Atlantique dans des contrées où la langue de Shakespeare n'est pas parfaitement maîtrisée, un sublime album de pop psyché sort Fictions. Los Vidrios Quebrados sortent le single Friend / She'll Never Know I'm Blue sur la division chilienne du label Odéon puis l'année suivante leur seul et unique album (sur RCA). En effet, les musiciens du groupe peut à l'aise dans leur pays d'origine souhaitent partir sur la terre de leurs idoles l'Angleterre, mais 3 d'entre eux ne feront pas le voyage, retenus au pays. Seul l'un des cerveaux du groupe, Hector Sepulveda prit le départ pour Londres en 1969 et le groupe se sépara par le force des choses. La Primavera de Miss LOB est un de mes morceaux préféré sur l'album, il est lent presque folk, il y a des harmonies vocales, un chant à la limite de la justesse, de très belles mélodies et un charme un peu fait-à-la-maison. D'ailleurs, on raconte une anecdote amusante sur le groupe, compte tenu de leur manque de moyen et de la difficulté de trouvé le materiel au chili, ils avaient fabriqué eux mêmes leurs instruments.

écouter la primavera de miss lob


1967 was a beautif year, you know that! There was not Sgt Pepper's club but also on the other side of the sea, one of the best south american kept secret gem of the psych era: Fictions. Los Vidrios Quebrados was probably the best chilean beat band. They released in '66 a single (Friend / She'll Never Know I'm Blue) on Odeon and then their only LP on RCA. The musicians wanted to go live in the UK but only one, Hector Sepulveda did the trip in 1969, so the band split. La primavera de Miss LOB is one of the best track they did, it's a bit sounding like vocal harmonie psych folk with a big made-at-home flavour which make all the charm of this song. It isn't really suprising because was known the make their own instruments.

listen to la primavera de miss lob

samedi 12 mai 2007

Boudewijn de Groot - Eva (1968)

Boodewijn de Groot est un artiste hollandais populaire des 60's et 70's. Picknick (sortie en 1968 dixit mon cd et 1967 dixit rateyourmusic.com) est son album le plus ouvertement psychédélique à l'image de la pochette très colorée, une sorte de Sgt Pepper hollandais.
La production est magnifique, des cuivres, des clavecins, des sitars...tout y est, au service de compos d'excellente qualité, ce qui fait de Picknick un album plus que recommandable pour tous les amateurs de pop 60's qui se respectent, certe c'est en néerlandais, la première fois est étrange, mais difficile de résister à cet excellent disque.
Merci à the strange experience of music pour la découverte et en écoute Eva, un des sommets du disque.

écouter Eva


Boodewijn de Groot is a popular dutch artist from the 60's/70's. Picknick is his most psychedelic album, a kind of dutch Sgt Pepper.
It's a very good album with an awesome production (sitar, horns, organ...) and nice writing.
If you're into 60's pop (Beatles, Zombies, ...) check this album, even if it's in dutch (a bit strange the first time) it's one of the best albums from that time.

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