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samedi 1 septembre 2018

Achats Récents #19

Pour cette troisième et dernière partie de mes achats à Barcelone, pas de thème spécifique. J'ai acheté d'autres disques bien sûr mais ceux là me semblaient plus intéressants à présenter pour diverses raisons. L'été a été une période assez faste d'acquisitions me concernant, si j'ai le courage d'écrire quelque chose, je vous présenterai peut être quelques trouvailles faites via discogs. 


Sir Henry and the Butlers est un groupe beat danois originaire de Copenhague. En 1967 Camp obtient un succès conséquent dans de nombreux pays européens et plus spécifiquement en Allemagne, aux Pays Bas et en Belgique. Le morceau est terriblement énervant, le genre de scie typique de la fin des années soixante (Winchester Cathedrale me vient en tête aussi) à se taper la tête contre les murs tant c'est mauvais (avec un kazoo histoire de rendre le truc encore plus difficile), en revanche la face B Pretty Style est vraiment très bonne: du psychédélisme lancinant montant cresdendo. Comme vous le savez j'ai une passion pour les morceaux squattant les bacs de drouilles , là on en tient carrément un bon exemple. J'avais déjà le disque bien sûr avec d'autres pochettes mais honnêtement en pressage espagnol ça ne se refuse pas... Curieusement le morceau y a été publié 4 ans après sa sortie initiale, un mystère intéressant à résoudre !



J'ai déjà évoqué Rocky Roberts ici même et devinez quoi ? La Face A du single que je vous avais présenté est en face B de celui ci. Curieux couplage donc de deux singles du chanteur originaire de l'Alabama. Cela reste de l'excellente came en tout cas, les deux morceaux sont cool, la A dans un registre assez midtempo quand la B relève un peu la cadence. De l'euro-soul en italien chanté avec un accent américain: est-ce que l'on peut faire plus sixties que ça ? Cela évoque en tout cas beaucoup d'autres productions européennes contemporaines: Jess & James, Pop Tops, Geno Washington & the Ram Jam Band, Jimmy James and the Vagabonds ou encore... los Canarios.



Los Canarios n'eurent pas le succès des Pop Tops ou de Los Bravos mais furent une des belles réussites du producteur Alain Milhaud (dont j'évoquais l'étonnant destin récemment à propos de Smash).  Le groupe était originaire... des Canaries. Après avoir enregistré un album aux USA, pour le label des Tokens (BT Puppy), en 1967 (une énorme rareté) le groupe revient en Espagne et obtient plusieurs tubes qui aident le groupe à s'installer définitivement dans le paysage du rock espagnol. Get On Your Knees, leur grand succès, est aussi un super morceau de soul, je vous recommande donc de partir à sa recherche (assez facile et peu dispendieuse) si vous allez faire un tour en Espagne... Le groupe s'oriente par la suite vers une musique progressive ambitieuse mais pas non plus abscons avec quelques très bons morceaux également... Pain date de la période soul du groupe et vaut surtout pour sa face B Three-Two-One-Ah légèrement garage et plutôt bien branlée. À noter que le single est arrangé par un nom bien connu des français: Jean Bouchety



Finissons cette session barcelonaise sur un 45 tours du duo James & Bobby Purify. Dans l'esprit de Sam & Dave, les Floridiens sont particulièrement connu pour leurs morceaux I am Your Puppet et leur reprise très punchy de Shake a Tail Feather (qui a probablement influencé la version des Blues Brothers de mon point de vue). Si j'ai pris ce single parce que particulièrement intrigué par leur reprise de Sixteen Tons morceau dont j'adore de nombreuses versions (dont certaines françaises) c'est finalement la A qui me semble la plus réussie.  Sans transcender la version de Sam & Dave, James & Bobby Purify en font une excellente interprétation (en 1967) avec une production moins crados et plus précise que l'original chez Stax. 


samedi 25 août 2018

Achats Récents #17 Groupes Espagnols

L'année dernière, j'avais préparé une sélection de 45 tours de groupes espagnols trouvés à Barcelone. Un an plus tard, j'y suis à nouveau, bien entendu, j'ai fait un crochet par les deux boutiques Revolver de la Carrer dels Tallers. Même lieu mais pas tout à fait les mêmes protagonistes, les trouvailles, cette fois-ci, sont marquées par leur primeur: plusieurs groupes dont je ne possédais rien encore. 

À ma grande surprise, les Sirex n'ont jamais été évoqués directement sur ce blog en dehors de quelques mentions pour d'autres groupes (Salvajes, Los No etc.). La chose est étonnante car la formation barcelonaise est une des plus importantes du pays pendant la période beat au coté de Los Brincos ou Los Mustang. Du coup j'ai ramassé pas mal de leurs disques en dix ans ! Né en 1959, le groupe joue dans la région (à Castelldelfels par exemple)  ne signe un contrat avec Vergara qu'en 1963. Leur carrière décolle avec La Escoba , morceau qu'ils n'aimaient pas, on peut les comprendre tant ils avaient mieux à offrir. San Carlos a été lui publié en 1964 ou 1965 selon les sources... J'aurais tendance à penser qu'il s'agit au moins de leur troisième EP puisque majoritairement composé par le groupe: contrairement, à l'indication, l'un des quatre titres est une reprise (Si Yo Canto). Le 45 tours est en tout cas un des meilleurs du groupe avec Yo Grito ou Acto de Fuerza. Deux titres s'en dégagent particulièrement : San Carlos Club et  Tus Celos (attention pour cette dernière la version disponible sur youtube n'est pas la bonne). Elles démontrent l'attachement du groupe au rock pur et dur, celui des 50s, de Presley. Associant un son très twangy à une fulminante morgue ,les deux morceaux sont des rushes d'énergie évoquant par exemple Vince Taylor (Shakin' all over en particulier). 



Continuons dans la musique Beat enregistré en Catalogne avec Els Dracs, un groupe originaire de Molins De Rei. Contrairement aux Sirex, Els Dracs n'eurent pas une carrière nationale mais eurent en revanche un succès régional. La raison en est assez évidente et fait tout l'intérêt de ce disque: le groupe chantait en catalan. Je ne sais pas si leur nom (les Dragons en français) a un quelconque rapport avec la Festa Major en tout cas je suppose qu'il est dans l'imaginaire catalan ? Le disque est sorti chez Concèntric, un label spécialisé dans la musique catalane. J'avais déjà eu l'occasion de les citer il y a fort longtemps pour le chouette 45 tours d'Eurogroup. Musicalement l'EP des Dracs présentent 4 reprises compétentes dont la plus intéressante me semble être celle des Animals (It's My Life devenant Es La Meva Vida). L'usage du catalan rend l'exercice intrigant même si évidemment, le groupe n'appartient pas à la même division que les Salvajes, Sirex et autres Brincos, capables d'écrire leurs propres morceaux. Un disque important pour les collectionneurs de rock catalan puisqu'ils sont parmi les pionniers du genre. 


Une trouvaille dont je suis particulièrement content même si malheureusement le disque n'est pas dans un état dingue: Cerca de las Estrellas de Los Pekenikes. J'ai finalement assez peu évoqué los Pekenikes ici (ils ont eu le droit à un article en 2009 et ont été mentionnés l'année dernière dans l'article sur les achats espagnols). Los Pekenikes a eu de nombreux line-up différents avec notamment Juan et Junior également passés par la case Brincos. Le groupe madrilène pratique généralement une musique instrumentale proche du style Tijuana Brass (c'est à dire avec des arrangements de cuivres un peu guilleret) mais il y a aussi beaucoup de choses intéressantes à retenir dans leur discographie: des morceaux rock n roll/beat/garage des débuts ou plus tardifs et funky. Je suis particulièrement fan de Cerca De Los Estrellas , la chanson mélange les influences classiques du groupe avec le psychédélisme chère à la fin de la décennie. Le tout est à la fois vaporeux et épique !


Màquina! est des groupes piliers de la scène underground espagnol de la fin des années soixante. Leur premier album Why? est considéré comme un classique en Espagne. Originaire de Barcelone, la formation choisit de chanter en anglais (approximatif !) en opposition à la variété (souvent en espagnol) et à la chanson (en catalan). Elle publie son premier 45 tours en 1969 avec l'excellente Lands of Perfection en face A.  La chanson convoque l'esprit de Brian Auger, The Nice ou Rare Bird, soit un morceau psychédélique groovy avec un orgue hammond surpuissant. Un disque pas courant que je suis très content d'avoir trouvé !


Autre groupe majeur à définir l'undeground espagnol de la fin des sixties et du début des 70s: Smash. La formation sévillane pratique une fusion entre flamenco et musique psychédélique en anglais à nouveau (avec un peu d'espagnol quand même). Le résultat est plutôt probant comme sur ce 45 tours entre arabesques hispaniques et guitares wah-wah ! À noter que le disque est produit par Alain Milhaud, un français (né en Suisse à Genève) bien plus connu en Espagne qu'en France qui a énormément contribué à la pop ibérique en produisant aussi Los Canarios, Los Pop Tops  et surtout Los Bravos (Black Is Black !). Décédé en avril 2018, ce dernier a eu une nécrologie dans l'un des quotidiens les plus importants d'Espagne


samedi 19 août 2017

Achats Récents #13 groupes espagnols

L'été n'arrête certainement pas les achats de disques. Si vous suivez ce blog régulièrement vous savez l'intérêt que je porte aux groupes espagnols, notamment ceux des années soixante. Il est vrai que d'une manière générale j'ai un faible pour les groupes de beat ne s'exprimant pas en anglais, ayant l'occasion d'aller assez souvent de l'autre coté des Pyrénées, j'ai une collection sympathique de disques locaux. Coté disquaires, je vais régulièrement à Revolver du coté de la Carrer dels Tallers (à deux pas seulement des événements tragiques de cette semaine...). Les prix ont un peu augmenté, notamment les 33 tours de rock indé, mais cela reste très raisonnable dans l'ensemble. Un excellent spot pour farfouiller pendant des heures... Ainsi les 4 disques que je vais vous présenter aujourd'hui m'ont coûté la somme de 12 euros, en tout ! Après soyons honnête: la plus belle pièce, qui vaut à elle seule ce prix là, n'est pas dans un état Mint (je dirai qu'elle est VG). Étant toujours sur place, je suis preneur d'autres disquaires spécialisés dans la seconde main et ayant une offre en 45 Tours, si jamais...

La scène espagnole de l'époque est marquée par la richesse du nombre de formations, une certaine qualité générale, y compris de groupes très populaires ou encore l'usage quasi-exclusif du castillan. Bien entendu certains groupes ont surtout pratiqué les reprises de groupes anglo-saxons, par exemple los Mustangs avec les Beatles (un peu l'équivalent de nos Lionceaux); cependant les compositions originales sont non négligeables, ainsi quelques formations créèrent leur propre répertoire en grande majorité (Los Brincos, Los Pasos etc.). Les épicentres de la musique beat furent assez logiquement Madrid (Los Brincos, Los Relampagos, Los Pasos etc.) et Barcelone (Sirex, Mustangs, Salvajes, Cheyenes), Valence ou les îles tirèrent également leur épingle du jeu (Los Huracanes, Los Canarios etc.). Les groupes espagnols ne s'exportèrent pas franchement dans le milieu des années soixante à l'exception notable de Los Bravos y plus généralement des productions liées à Alain Milhaud (Los Pop Tops). A la fin de la décennie, l'underground prend le contrepied de ses aînés en utilisant majoritairement l'anglais (Maquinà, Smash, Evolution etc.). Détail amusant: dans d'autres pays, la Suède notamment, cela sera l'inverse, passant de groupes anglophiles (Tages, Hep Stars, Mascots) au Progg. 

Commençons notre petit tour par le joyau de la sélection: Es La Edad des Salvajes. Un des morceaux les plus fantastiques du rock ibérique... Un pur concentré de jeunesse avec une composition dynamique et explosive rappelant les Who que l'on peut aisément qualifier de freakbeat. La chanson est un des très grands moments des Salvajes au coté de Las Ovejitas, Soy Asi ou Al Capone ... La majorité du répertoire du groupe est composé de reprises, ici par exemple les Rolling Stones (Todo Negro est une reprise de Paint It Black), les Troggs (Una chica Igual que Tu) et Spencer Davis Group (Somebody Help Me devenant que alguien me ayude ). Vu la qualité des compositions originales de la formation, il est probable qu'il s'agissait des consignes du label... 


Sortons du registre Beat quelques instants. Los Modulos est une formation pop typique de la fin de la décennie. Todo Tiene Su Fin parue en 1969 sur le label Hispavox est certainement leur plus gros succès. La chanson est un très beau slow dans la veine de Nights in White Satin des Moody Blues ou de Rain & Tears des Aphrodite's Child (en bien meilleure que cette dernière que je trouve crispante). Elle m'évoque aussi les débuts de Martin Circus (Le Matin des Magiciens)... Arrangements raffinés, composition ambitieuse et lyrique (ce qui peut évidemment agacé), production soignée: un vrai classique de la pop espagnole ! A noter que la face B Nada Me Importa est également excellente...


Los Brincos est un, si ce n'est le, groupe majeur espagnol des années soixante. Il a la particularité de composer l'essentiel de son répertoire, rare pour l'époque, en Europe continentale comme ailleurs ! J'adore leurs premiers 45 tours comme Flamenco ou Baila La Pulga qui sont un parfait équilibre entre mélodies ibériques et énergie des premiers Beatles. Le compositeur en chef n'est autre que le batteur Fernando Arbex qui se fera connaître à l'international avec son classique proto-disco Woman des Barrabas. Je ne suis pas nécessairement un fan absolu de Lola la face A de ce 45 tours et je lui préfère par conséquent l'excellente The Train. Les deux morceaux sont extraits de leur album classique Contrabando que l'on peut considérer comme leur Sgt Pepper. L'album est enregistré en Angleterre par Larry Page, producteur des Kinks et des Troggs. La pratique était courante à l'époque, notamment en France (Polnareff, Eddy Mitchell, Johnny...). The Train frôle le pastiche de Substitute des Who mais ça reste un super morceau beat. D'autres 45 tours sont extraits de l'album, notamment El Pasaporte ou Nadie Te Quiere Ya deux des meilleurs morceaux de Contrabando.


Le duo Juan & Junior est un autre monument de la pop ibérique malgré une carrière discographique relativement courte étalée sur deux ans (entre 1967 et 1969) pour 6 simples et un album qui les compile. Cela à tient aussi au parcours des intéressés. Juan Pardo et Antonio Morales Junior (né aux Philippines à Manille pendant la seconde guerre mondiale, d'un père espagnol et d'une mère philippine) font en effet successivement parti de deux groupes majeurs des années soixantes: Los Pekenikes et Los Brincos. Dans les Pekenikes, l'un succède à l'autre au chant... En revanche ils font tous les deux partis du line up original des Brincos (qui inclut aussi le susnommé Fernando Arbex). Ils en partent en 1967 pour former leur propre duo qui obtiendra énormément de succès. Chacun des 45 tours du groupe présente au moins un très bon morceau. C'est le cas de ce simple de 1967 dont j'aime particulièrement la face B Bajo El Sol. Si la chanson démarre sur une fuzz au son menaçant, il s'agit avant tout d'une excellente composition pop psychédélique aux harmonies soignées.

lundi 23 janvier 2017

Aguaviva "Cantaré"

Voici un disque que je croisais souvent mais j'évitais tout autant. Pochette peu engageante, un look laissant présager d'une pop générique... Une fois quelqu'un (un excellent disquaire) a eu l'idée de me le faire écouter, ce fut une bonne idée ! Comme quoi il ne faut pas toujours se fier aux pochettes.

Aguaviva est un groupe de pop qui tire vers le rock progressif, le folk et la musique espagnole. Le groupe a la particularité d'avoir eu de nombreux changements de membres au cours de son existence, le cœur de la formation étant José Antonio Muños et Manolo Diaz. Ce dernier, en plus d'écrire la plupart des compositions du groupe, n'est pas un inconnu: ancien membre du groupe beat Los Sonor, il a écrit quelques classiques de la pop sixties espagnole comme La Moto une chanson interprétée par Los Bravos mais aussi Los Pasos. Il travailla d'ailleurs assez régulièrement avec ces deux formations (y compris en participant à la production de Los Bravos) ainsi que ponctuellement avec Los Canarios, ou Los Pop Tops...Aguaviva est en quelque sorte son bébé, il fonde le groupe à la fin des années soixante en compagnie de José Antonio Muños dont le rôle dévoile la principale spécificité du groupe: il interprète des textes plus qu'il ne les chante. En effet, Aguaviva adapte de nombreux poètes espagnols en musique, la plupart d'entre eux ayant une connotation politique, une manière pour le groupe de contester la dictature. On compte ainsi par exemple Rafael Alberti dont l'exil se prolongea de 1939 (fin de la guerre civile) jusqu'à 1977 (en 1975 Franco décède, il est remplacé par Juan Carlos 1er qui va assurer une transition démocratique du pays) adapté sur la face A de ce simple Poetas Andaluces. Cependant, j'ai une préférence pour la face B écrite par le seul Diaz: Cantaré. Basse au médiateur, rythmique funky, guitares acoustiques légèrement nuageuses, chœurs féminin à la Mamas & Papas, construction alambiquée typique de l'époque, la chanson est une jolie démonstration du savoir faire espagnole de la fin de décennie soixante et du début de la suivante. Si Aguaviva a du mal à décoller dans son propre pays au début, l'attrait pour leur musique à l'étranger (notamment en France et leur participation au fameux festival de chanson de Sanremo) leur permet de finalement acquérir un statut de classique de l'autre coté des Pyrénées.  


mardi 3 mai 2016

Los Faros: Seat 500

L'Espagne tient une place particulière dans mon cœur... Il y a quelques années de cela ce fut certainement le premier pays (en dehors de la France voir l'Angleterre) dont j'explorais les disquaires à la recherche de productions locales. Les premières pioches furent aussi les plus abondantes: tout était encore à faire ! Aujourd'hui mes bacs de 45 Tours ibériques sont bien garnis, je pense avoir facilement une centaine de disques, du coup découvrir de nouvelles choses excitantes et encore inconnues est devenu plus complexe... L'été dernier, probablement, je prenais un 45T de Los Faros sur un coup de tête, le prix était élevé (8€ comme vous pouvez le constater) mais la pochette bien trop intrigante pour ne pas me laisser tenter...

La surprise fut agréable, les deux titres de ce 7 pouces sont tout à fait cool et recommandable dans le genre beat/garage. Bien entendu ce n'est pas aussi décisif et fou que Los Salvajes (blog) ou Los Brincos (blog) mais c'est une prise bienvenue dans ma collection de rock 60s européen ! Le groupe était originaire de Barcelone lancé par le label Novola comme une version catalane de Los Brincos (qui partageait la même maison de disque), il a sorti 10 simples, un EP et un LP, une discographie conséquente pour une formation sur laquelle il est difficile de trouver des éléments biographiques au delà des noms des membres (lien). Leurs visuels évoquant l'autoroute (je pense que vous avez saisi la signification de leur nom héhé) sont carrément cool, notamment la photo utilisée ici légèrement floue et prise de nuit. "Ojos sin vida" (yeux sans vie) comme "A todo gas" (plein gaz) tiennent bien la route (pardon) toutes les deux. Ainsi la face A a un agréable coté garage avec son orgue criard (youtube) tandis que l'autre coté, qui a ma préférence, évoque d'avantage une version amateur de Los Brincos en amenant cette touche flamenco à leur musique beat relevée sans toute fois faire de l'ombre à la formidable formation madrilène.


jeudi 12 septembre 2013

Mujeres - Soft Gems (2012)

Mujeres est une des meilleures formations de garage-rock espagnoles. S'ils ne sont pas très connus ici (malgré quelques dates à Lyon ou Paris récemment), ils ont publié deux albums et plusieurs 45 tours depuis 3-4 ans. Soft Gems leur second lp est sorti l'année dernière mais mérite largement que l'on y revienne.

Les espagnols pratiquent un garage dans les règles de l'art, on pense aux Black Lips, Dead Ghosts etc. Ils y injectent une bonne dose de guitares country. L'album alterne entre morceaux nerveux et mid-tempos poisseux empruntant quelques détours pop charmants. La production est sauvage sans être confuse. Il y a de la clarté pour mettre en valeur les mélodies (l'excellente vignette pastelle 50s "i'm over with you") mais la cohésion du groupe est respecté. Sur les morceaux les plus calmes et avenants ("soft gems part 2") la production a quelque chose d'un Spector garage. On regrette un peu que le groupe n'ait pas proposé d'avantage de chansons dans sa langue maternelle car la seule présente (le tube "salvaje") est terrible et aurait mérité d'être accompagnée ! 

Mujeres propose avec Soft Gems un disque solide et inspiré qui évite l'enchainement "à fond" et s'autorise quelques respirations bienvenues. Le groupe a un grand sens des mélodies et un super son de guitare, on espère aussi qu'ils creuseront à l'avenir un peu plus du coté de l'espagnol ça pourrait en faire un des groupes de garage les plus cool de la terre.



vendredi 28 septembre 2012

Terrier - EP (2012)

Parfois je découvre des trucs en trainant sur twitter, un re-tweet d'un label espagnol que je suis (et dont j'ai chroniqué un 45 tours récemment: Coach Station Reunion) m'amène à écouter ces Terrier. Une demi-heure plus tard je commande le 45 T et leur cassette, et une dizaine de jours plus tard (aujourd'hui donc) ils sont dans ma boite aux lettre. Internet dans toute sa splendeur! En tout cas un des bons aspects de cette chose qui a changé nos vies sans non plus avoir tout le temps réinventé la roue.

Voici donc des espagnols, et ils chantent principalement dans leur langue! En effet 3 des 4 morceaux sont en espagnol / castillan (choisissez le terme qui vous convient le mieux), et c'est très appréciable les groupes qui chantent dans leur langue non? Bon évidemment si c'était nul je vous en parlerai pas, et ça tombe bien c'est un chouette EP (en vinyle chez Sonido Muchacho, et en k7 auto-éditée par le groupe), en particulier la Face A est vraiment très bien.

Musicalement j'aurais du mal à vous décrire le truc, disons que c'est de l'indie-pop un peu lo-fi mais pas trop crade, un peu bancale mais attachante, avec des voix filles/garçons. Je suis très client de "Benidorm" et "Fuera de Aqui", et la face B sans être aussi bien ficelée a aussi son charme et fait de l'ensemble un ensemble que je vous recommande vraiment!



achat vinyle / achat K7

jeudi 13 septembre 2012

Coach Station Reunion - Eli EP (2012)

Après ce tir groupé d'Etienne, je reviens aux affaires avec ce charmant EP de l'espagnol Xavi Rosés sous le nom de Coach Station Reunion emprunté aux Field Mice sorti sur le micro-label artisanal Discos de Kirlian.

Chaque année je vais du coté de Barcelone, si je me lasse parfois des journées de plage, je ne manque sous aucun prétexte mon expédition en train dans les disquaires de la carrer de Tallers. Cet été j'ai prévu le coup en y allant deux fois, la première pour le repérage et acheter ce que je voulais (la dernière "sensacional soul" ou l'album d'Odio Paris en vinyle), la seconde pour compléter avec les éventuelles découvertes. Je crois que la plus jolies d'entre elles est ce très cool EP.

L'objet est artisanal, la pochette pliée en trois permet de laisser découvrir le disque et son numéro (le 230/300 pour moi) ainsi qu'une petite pochette plastique contenant un bon mp3, une carte de visite du label et surtout un petit texte introductif sur l'artiste et pourquoi le label avait choisi de faire ce disque, une excellente idée. Autant dire que j'ai été emballé par la présentation générale, une façon très intelligente de faire des objets avec une dimension personnelle. 

"I'll find out tomorrow" et "A matter of time"  m'ont particulièrement plu. L'EP propose une indie-pop délicate faite avec amour. On pense à la pop écossaise d'Orange Juice ou Aztec Camera pour les guitares légèrement jazzy, elles donnent envie de se poser dans un parc au soleil et mater les gens qui passent en discutant de tout et rien. Les synthés aux couleurs 80s évoquent The Wake et peut être encore plus Craft Spells. L'ensemble est réjouissant, plein de promesse, il serait un compagnon idéal d'un été indien qui se fait désirer ces temps-ci du coté de Paris, malgré le superbe week end dernier. 







mardi 16 août 2011

Els Trons

Els Trons sont une formation catalane de garage rock. Ils ont sorti entre 2009 et 2011 trois eps 4 titres, uniquement des reprises de classiques 60s mais... chantées en catalan! Ils se placent en héritiers de formations comme Eurogrup, Els Xocs ou Els Dracs. Les résultats sont plutôt pas mal en général , le concept est cool, et le choix de morceaux impec'.

Corro com el vent by ELS TRONS

RES A FER by ELS TRONS

Butterfly Records

vendredi 22 octobre 2010

Triàngulo de Amor Bizarro - amigos del género humano (2010)

Triàngulo de Amor Bizarro est une formation espagnole indie de La Coruña, ils (une fille et deux garçons) sont signés sur Mushroom Pillow (sr Chinaro, Sunday Drivers, Dolorean...), et año santo est leur second lp. Voilà pour les détails bibliographiques, on ajoutera que leur nom est une référence à au titre d'une chanson sur la coupe du monde de foot (et c'est pas the Dentists ou Tahiti 80!).

L'album est pas mal, j'aurais aimé dire que c'est une tuerie intégrale mais, il n'est que pas mal, et pourtant, l'entame est archi-prometteuse, les deux premiers morceaux sont carrément enthousiasmants, après ça se gâte. Attention c'est pas mauvais, c'est juste qu'en comparaison des deux titres qui ouvrent le disque c'est un peu moins bandant, ça manque un peu de "sucre" et de reliefs, bon, il y a quand même un autre morceau que j'aime beaucoup, c'est "el culto del cargo..." . Détaillons tout cela si vous le voulez bien!

La prod' est très "in your face", un peu dans le style de Don Flemming sur "Frosting on the Beater". Ici en gros c'est pas du son tout chétif qui va se casser en mille morceaux quand tu vas lui taper sur l'épaule. Nan c'est un grand gaillard, armoire pour reprendre l'expression de LP, le genre de type à jouer en première ligne, un vrai rouleau compresseur sonique, un mur en béton de guitares noisy et saturées. Évidemment ça ne plaira pas à tout le monde, ce n'est pas très subtile, mais moi j'adore le rendu. C'est viscéral, ne fait pas dans le détail mais quand les chansons suivent, devient une sacrée machine de guerre. La comparaison avec les Posies est intéressante, car sur Frosting Don Flemming avait totalement magnifié le songwritting d'Auer et Stringfellow, alors que précédemment Leckie avait conduit le groupe à se complaire dans une position dans laquelle ils ne donnaient pas le meilleur d'eux même. Les TdAB n'ont cependant pas toujours cette science de la mélodie parfaite et de la pop song fatale. A leur décharge ce n'est pas nécessairement ce qu'ils cherchent. Pourtant par deux fois ils excellent dans ce registre là, et on regrette finalement que l'ensemble n'est pas penché un peu plus vers ces morceaux enrichis en glucose et addictifs comme un paquet de nounours en guimauve.

Ce double-shot (doble chupitos? hmm) c'est donc, et vous le saviez déjà, les deux premiers titres. De La Mornarquia a la criptocracia a été choisi et pour ouvrir ce élépé et en single, tout à fait logique si l'on souhaite attraper les mouches avec du miel. Ce morceau est excellent, il est, malgré la prod, plus léger que les autres, c'est la fille qui assure le chant et franchement c'est bien, les guitares derrières tapissent mais restent relativement aériennes, l'ensemble sonne lourd mais pas pesant, on est dans la pop pur jus. Le sommet du disque est balancé juste après, c'est "amigos del genero humano". Le truc démarre énergiquement sur le couple basse (saturée) batterie (compressée) sur lequel un orgue se pose en retrait mais suffisamment présent pour se faire (res)sentir. Après c'est le lâché de guitares et c'est puissant. La voix (masculine ce coup ci) est quelque peu maniérée mais avec suffisamment de tact pour ne pas sonner comme une désagréable caricature. La fille vient en renfort dans les chœurs et apporte de l'eau au moulin pop. Cette chanson est vachement bien, on dirait un croisement transgénique entre la production de Male Bonding et les mélodies de the Pains of Being Pure at Heart. Ensuite l'enfant a été confié à un orphelinat quelque part en Espagne et a écouté plein de groupes des années 80 principalement anglais du genre MBV, the Jesus and Mary Chain ou les plus méconnus Telescopes, tous cités à juste titre dans la bio du groupe sur le site du label. Je crois que cela donne une assez bonne idée du son du groupe, et on appréciera le boulot du label d'avoir bien présenter ses poulains sans les vendre avec des comparaisons douteuses ou hors de propos.

Bref, je ne sais pas quoi au juste penser de ce disque, je dois reconnaître qu'il n'est pas à la hauteur de ce qu'il pourrait être (du moins de mes attentes à moi Alexandre le nerdy de pop), donc je le trouve pas mal, mais pas de quoi non plus totalement et définitivement m'emporter. Je sens que les types (et la typesse) ont les moyens de proposer un truc vraiment cool, parce que par deux ou trois fois ils montrent ce qu'ils ont dans le ventre, quand ils osent sortir d'un truc trop monolythique pour aller vers quelque chose de plus varié et pop. En gros le disque hérite un peu à regret d'une mention assez bien (12,31/20), mais avec une très bonne note dans quelques matières suggérant des lendemains intéressants, à suivre. Tout cela m'a donné envi de me plonger dans la discographie du groupe, je compte m'y mettre à l'occasion, et j'espère aussi pouvoir vous en reparler, ce qui sous-entend: pourvu que le reste soit cool, et je pense que oui, je l'espère et j'y crois d'autant plus qu'ils ont fait une photo promo absolument géniale avec des chemises d'été et un dauphin "aérosol", rien que pour ça ces espagnols méritent que vous alliez les écouter! (et aussi acheter leur disque pour qu'ils en fassent un autre encore mieux).

Triàngulo de Amor Bizarro is a spanish indie band influenced by 80s stuffs like MBV or the Telescopes. Their new LP (año santo, 2010, Mushroom Pillow), has got some impressive tunes, especially the two first one, the level after those is not as good but what a quite amazing start!

Tiàngulo de Amor Bizarro - amigos del género humano




Mushroom Pillow