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samedi 17 août 2013

Jessica 93 - Who Cares ? (2013)

On s'est fait prendre par surprise par Jessica 93. Voilà que de nulle part débarque ce mec tout seul avec ses pédales (dont un sampler) et une boite à rythmes. Il a sorti il y a quelques semaines de ça un premier album (mini-lp ? ep ?) en 12 pouces sur diverses labels, tourneurs, disquaires associés pour l'occasion (Teenage Menopause, Music Fear Satan etc.). 

En 6 morceaux le type balance un shoegaze sombre et glaciale comme rarement entendu en France (peut être un peu chez Future ?). Des boucles de guitares saturées en apesanteur rencontrent une boite à rythme martiale, la voix est diffuse, comme si la radio émettait depuis l'au delà ou l'espace... Chaque morceaux est une pierre à l'édifice, une cathédrale sonore devant autant au Metal qu'à MBV, le français se permet même le luxe de sortir deux super morceaux ( french to the bone et junk food) dans notre langue, une démarche à laquelle on est très sensible sur le blog. Si sweet dreams a du mal à trouver une direction, les 5 autres morceaux fonctionnent incroyablement bien. Who Cares est un disque obsédant et intrigant. Un disque aussi rongé par la rouille que céleste. On est happé par cette musique dont la noirceur n'assombrit pas la brillance.

Jessica 93 signe un premier disque passionnant qu'il retranscrit à la perfection en live. Sur un tapis de guitares bouclées à la volée il construit des titres hypnotiques plongés dans le noir mais striés de lumière aveuglante. 



vendredi 22 février 2013

Joanna Gruesome - HHBTM 7' (2012)

Joanna Gruesome est une formation galloise de Cardiff, ceci est leur premier single propre après la participation à un split EP et cela sort chez l'excellent label américain indie-pop Happy Happy Birthday to Me (dont on parlait il y a quelques jours seulement pour le super LP d'Orca Team).

La face A Do you really wanna know why your still in love with me ? est un super morceau indie-pop avec ce qu'il faut de papier verre (des guitares qui se brisent sur un mur noisy) pour éviter une overdose de sucre. Les harmonies filles-garçons évoquent la filière "écossaise" Veronica Falls (50% kilt) ou Golden Grrrls, on souhaite d'ailleurs aux gallois le même parcours (des albums chez Slumberland héhé). Le final tout en accélération jusqu'à la tachycardie est une vraie surprise, un petit bonheur. En B Lemonade Grrl fait le boulot et complète bien la face A sans lui faire de l'ombre.

Si vous aimez: Soup Dragons, Beat Mark, The Primitives, Shop Assistants, Sexy Kids, Odio Paris, les Vivian Girls, Sea Lions, Summer Cats etc. courrez acheter cet excellent 45 d'indie-pop rappeuse !

On peut acheter ça sur HHBTM ou le demander à son disquaire favori.




samedi 20 octobre 2012

Conjuguons la Pop #16 : Interview Jesuslesfilles


Nous sommes heureux de pouvoir vous présenter le troisième et dernier groupe québécois que nous avons interviewé pour ce dossier Conjuguons La Pop. Après deux formations de garage-rock super cool (Ponctuation et Le Kid et les Marinellis) on accueille les excellents Jesuslesfilles pratiquant une noisy pop d'inspiration 90s mais pas revivaliste pour autant, un super groupe avec un son unique dans l'univers francophone.

Pouvez vous nous présenter le groupe ?
Dans Jesuslesfilles, il y a une fille et quatre garçons (Azure au chant, Martin au chant et à la guitare, Philippe à l’autre guitare, Guillaume à la basse et Benoit aux tambours). On a/a eu d'autres groupes (Les Vautours, Le monde dans le feu, Ponctuation), et/donc ce projet-là a commencé avec l’intention d’essayer autre chose que le rock garage : c’est un fond qui reste, mais qui a saumuré en masse dans les années 90. Mais on fait pas de grunge.
 
Certains membres de votre groupe jouent-ils dans d'autres formations ?
Martin joue dans Silver Dapple (fuzz pop 90s), Benoit dans Le monde dans le feu (électro-punk karaoké) et Guillaume dans Ponctuation (rock garage de frères)
 
Comment est venu le nom Jesuslesfilles ?
Y avait une toune qu’on jouait au début qui s’appelait Je suis les filles, pis Benoit a mal lu le nom à un moment donné qu’on cherchait un nom de band, pis on a trouvé ça ben brillant sur le coup.


Vous avez sorti Une Belle Table en 2010.

Comment s'est déroulé l'enregistrement ?
Avec nos cennes bien indépendantes, pas de subventions, pis Joe des Breastfeeders, en plusieurs sessions plutôt décontractées. On a tracké du drum pendant deux jours de temps dans le studio des Breastfeeders, pis les guitares, la basse et les voix à temps perdu les soirées et weekends. Le mix a été fait par Jean-Michel Coutu, assisté de Martin. Je veux dire, y a pas d’anecdote.
 
Quels retours avez vous eu sur le disque ?
Des ben bons : La Presse, l’un des plus grands quotidiens du Québec, nous a mentionné dans sa revue de fin d’année (pas pire pour un disque indé), on a aussi été remarqués aux États-Unis (Brooklyn Vegan entre autres), on a été nommé pour le Bucky award de « Best reason to learn French » par CBC Radio 3, et Bang Bang, l’un des principaux médias alternatifs du Québec, demandait, dans sa revue de fin d’année aussi, si « le jeune groupe rock [taillera] sa place dans les annales de la scène locale, aux côtés des Breastfeeders, Navet Confit et autres Wd-40 ? »


 
 Est-il sorti uniquement en digital ?
Non, en CD-R aussi, avec une pochette sérigraphiée qu’on pliait en digipak à la main. On voudrait ne plus jamais faire ça, c’était une tâche du tabarnac.

  
En Mai 2011 vous sortez une split-cassette avec les Peelies. 

Comment s'est faite la rencontre avec les Peelies ?
Dans les escaliers extérieurs de L’Esco (l’immanquable bar rock garage montréalais), Martin fumait une cigarette et Marie-Andrée des Peelies lui en a demandé une et ils se sont dits qu’on devait faire des choses. On a fait un show thématique déguisé sur la fête mexicaine des morts. Pis un split parce que ça adonnait qu’on s’aimait bien.
 
Un mot sur le choix du support (cassette) ?
Joli choix de couleurs, pas cher, c’est le fun peser sur play sur un lecteur cassette
 
Vous chantez en français, était-ce une volonté délibéré dès la naissance du groupe ?
C’est pour être élitiste, pour faire chier les autres francophones qui chantent en anglais ? On se sent bête de chanter en anglais. C’est une langue qu’on parle couramment mais on ne la maîtrise pas comme on maîtrise le français. Et on aime les Wampas. Toi aussi.
 
Un mot sur le chant fille-garçon que l'on retrouve sur la plupart de vos morceaux ?
On peut jouer avec les textures, et ça fait beau.
 
Vos textes sont assez surréalistes, quelles sont vos inspirations en matière d'écriture ?
Les objets en particulier, quelqu’un, mais de moins en moins les filles. C’est pas très surréaliste; post-romantique, peut-être. Ben post.
 
Avez-vous également cherché l'inspiration dans d'autres groupes francophones pour le placement de la voix ?
Le vieux Wampas, un peu, c’est resté, sinon, c’est pour coller à la mélodie, on travaille avec les intonations.
 
Quelles sont vos influences au niveau musical ? 
Le vieux Wampas, The Vaselines, Ty Segall, The Pixies

 
 
À quoi ressemble la scène indépendante au Québec ?
Il y a eu une scène rock garage assez marquée il y a 8-10 ans (Breastfeeders, Caféïne, Demon’s Claws, …), ça nous a marqués. Depuis 2006, à cause de Malajube et Arcade Fire, il y a beaucoup trop d’indie-pop, mais pas de scène indie-pop parce que ces gens-là sont introvertis et adressent leurs sentiments. Depuis 2-3 ans, il y a une scène folk/folk sale assez vivante et festive, aussi, avec Bernard Adamus, Canailles, Lisa Leblanc, Dany Placard, Keith Kouna et d’autres. Sinon, c’est bigarré en genres, et en langues aussi : franco et anglo, deux scènes qui aimeraient communiquer davantage et qui, malgré la volonté sporadique, ont plus ou moins de succès à le faire.
Au fait, vous savez qu’aux Francofolies de Montréal, on chante en français pour vrai ?
 
Quelles sont ses spécificités par rapport à la scène indé canadienne ?
Il y a un son rock/country-rock/indie-rock canadien qui rejoint quelques francophones par procuration, mais c’est aussi endormant que l’indie-pop québécois.
 
Comment y est perçu le français ?
En dehors de Malajube et Karkwa, la majorité des mélomanes canadiens-anglais ne connaissent pas de musique francophone. Pas qu’il n’y ait pas d’ouverture, juste pas de curiosité. Mais l’ouverture est là : on a joué à Toronto et Halifax devant des anglophones et ça a levé (comme ça peut lever au Canada anglais).
 
Et avez-vous de bons retours du coté anglophone du continent nord-américain ?
On a joué 3 fois à New York, devant une centaine de personnes à chaque fois, c’était cool. Et comme on disait, on a eu une mention sur Brooklyn Vegan pour notre album Une belle table, entre autres blogues anglos. C’est notable. Ceci dit, on a quelques fans plutôt fervents en Angleterre. Et on joue à Iceland Airwaves à la fin du mois, et on sait qu’on y est attendus.
 
Quels sont vos projets ?
Iceland Airwaves à la fin du mois, et après on prend une pause pour composer le deuxième album. Ça fait un an qu’on dit qu’on prend une pause pour composer le deuxième album, en fait. C’est un projet, ça.
 
En France, nous ne connaissons pas très bien la scène québécoise, quelques recommandations à nous faire ?
Vous connaissez Duchess Says. Y a aussi le rock garage de Ponctuation, le sludge-synth-punk de Meta Gruau, la fuzzy pop de Silver Dapple, l’indie-rock de Parlovr (ça peut être bon, l’indie-rock ; Parlovr c’est un bon exemple), le garunge de Solids, la folk sale et festive de Canailles, pis tous les bands ici  Forchristsake est un mini-label opéré par Martin et Jean-Michel, le gars qui a mixé notre premier album. 


 

jeudi 21 avril 2011

Yuck - georgia (2011)

Fat Possum semble signer tout ce qui bouge ces temps ci, l'année dernière c'était Wavves, pour 2011 on a déjà les Smith Westerns, Sonny and the Sunsets (sur lequel je compte revenir) et donc Yuck , notre objet d'étude du jour. Derrière ce nom minimaliste se cache une formation très récente, mais pas totalement inexpérimentée, la colonne vertébrale du groupe était dans Cajun Dance Party, une promesse qui ne s'était pas accomplie...

Ce premier album peut changer la donne pour les anglais, sans être parfait de bout en bout, c'est un disque encourageant et une des bonnes surprises de ce premier tiers de l'année. Le début de l'album me gonfle un peu, disons que quand Yuck sort les crocs et fait des morceaux un peu énervés j'accroche pas des masses, c'est pas une question de son mais de mélodies, je les trouve parfois un poil faibles. Je suis beaucoup plus client de leurs morceaux "calmes" comme "shook down" "suicide policeman" ou "suck", les Yuck y sont très à l'aise et font preuve d'une subtilité bienvenue. Le sommet du disque est georgia" que le label avait eu la bonne idée de balancer en éclaireur il y a quelque mois, une chanson enthousiasmante avec un jeux sur les voix fille/garçon très cool. On peut regretter le coup de mou de la fin (l'enchainement Rose Gives a Lilly, Rubber). Niveau référence, celles qui reviennent le plus les comparent à des formations noisy 90s (Pavement, Dinosaur Jr), une que j'ai vu moins citée et qui pourtant fait vraiment sens: Teenage Fanclub, à vous de voir ce que vous y trouvez, en tout cas j'y vois certaines affinités avec les écossais.

Si la musique est une question de raison, ce disque n'est pas mieux que le second Smith Westerns, mais comme c'est une question de cœur, je prends le Yuck, il est certes un peu inégal, parfois un peu inabouti, mais je lui trouve bien plus de charme, c'est un disque attachant et j'attends la suite avec impatience. Si j'avais tendance à penser que la scène britannique était un peu morose ces derniers temps, on peut espérer une certaine embellie.

Yuck - georgia


Achat: FRANCE / USA

vendredi 8 avril 2011

Brave Irene - hit the grass running (2011)

Brave Irene est le nouveau groupe de Rose Melberg ancienne membre des Softies ou Tiger Trap, pas une nouvelle venue donc. Elle s'est installée au Canada et s'est entourée de filles pour ce mini lp de 8 titres balancés en moins de 20 minutes (le disque vinyle tourne à 45 tours). Le disque s'inscrit très bien dans le catalogue de Slumberland, si vous aimez TPOBAH, Tender Trap, les Dum Dum Girls, Summer Cats vous ne serez pas trop dépaysé par ce girl band aux influences 60s (un orgue à l'italienne bien aigrelet comme il faut) et noisy.

L'ensemble s'écoute avec plaisir, c'est léger et ça passe très bien, c'est guilleret et frais, mais je serais tenté de dire presque trop, je suis en effet pas loin de rejoindre l'avis de Little Reviews sur ce disque. C'est bien mais ça manque peut être de la petite touche d'originalité pour vraiment se distinguer des autres groupes de filles, le petit truc qui va éclairer le regard et donner un grand sourire. Pour autant ne boudons pas notre plaisir "no fun" "tangled line" "hit the grass running" et les 5 autres titres sont de jolies ritournelles pop qui à défaut de tenir toute l'année me mettront de bonne humeur pendant quelques semaines quand je me lève, à condition de ne pas en abuser.

Brave Irene - hit the grass running

achat: SLUMBERLAND /

dimanche 2 janvier 2011

the Primitives - (we've) found a way to the sun (1986)

Bonne année 2011 à toutes et tous, nous revenons à la "normale" après cette période de bilan assez dense. Histoire de bien attaquer l'année RPUT vous propose aujourd'hui un morceau des Primitives, un groupe 80s anglais "C86". We found a way to the sun (ou we've found a way to the sun?) est l'autre face du single "stupid". J'aime autant les deux morceaux, ils sont assez différents en fait, stupid ressemble à du pop punk à la Buzzcocks en plus noisy avec une voix de fille, une très chouette chanson. We found a way to the sun est plus éthérée et vaporeuse mais conserve cette touche noisy, c'est mignon comme tout, en tout cas moi je fond. En ce moment je découvre pas mal le groupe, je risque donc d'en reparler un de ces jours, probablement pour leur premier album sur RCA ou un autre single de leur période "indé" sur Lazy (comme ici).

The Primitives were an UK indie band from late 80s affiliated with the C86 sound. They did some amazing pop song with a touch of noise, somewhere between the Buzzcocks and the Velvet Underground. They did several singles for Lazy, their own imprint before signing with RCA. Among thoses singles was "really stupid" a great pop punk song, on the other side you have "we've found the way to the sun" a great song too, that reminds me a lot of current indie bands. I'll hope to talk a little more about this band another time. Happy New Year 2011.

The Primitives - we found a way to the sun


The 7 inches is not too scarce to find, you can find it for pretty cheap on eBay (found my own copy for less than 5€)

dimanche 5 décembre 2010

Pop Will Eat Itself - the devil inside (1987)

Dans mon article sur les Chesterf!elds et leur super single "ask Johnny Dee" je mentionnais mes pistes de recherche du coté des groupes britanniques 80s. Dans le lot, les Pop Will Eat Itself, un groupe que l'on m'avait recommandé une fois sur 45 tours de rock français quand j'avais mentionné que j'aimais les Soup Dragons. Cette comparaison me parait toujours valable, même si leurs collègues écossais étaient me semble-t-il plus doués. C'est amusant, les deux groupes ont fait un virage vers les sonorités électroniques. Chez les écossais je me prononcerais pas sur la finalité et le sens de la démarche, pour PWEI je pense que c'était sincère et un peu par hasard, et ils s'y sont mis à fond.

Mais bon, là je vais vous parler de leur première période, quand ils faisaient du pop punk noisy assez débile (il suffit de voir les titres de chansons, par exemple "sick little girl" ou "titanic clown") mais plutôt pas mal, sous forte influence Buzzcockienne, un groupe dont on a parfois tendance à sous-estimé l'apport. Les PWEI virent electro-rock en 1987, on peut d'ailleurs entendre les prémices de cette nouvelle orientation sur le troisième (et réussi) titre de cet ep intitulé "runaround". Le groupe expérimente les samples pour la rythmique, mais garde leur caractère punky avec des guitares bien tranchantes et sec. Le reste du disque est de facture plus classique, je trouve la A franchement raté, en tout cas l'orgue me saoule assez vite. L'autre morceau de la B-side donne une bonne idée du son du groupe à cette époque. Devil Inside est une chanson pop punk efficace bouclée en moins de deux minutes break compris, on y ressent bien l'influence des mancuniens. Les PWEI n'avaient pas leur talent, mais leur amateurisme et leur coté foutraque leur donne quand même un certain charme.

Pop Will Eat Itself - the devil inside

vendredi 22 octobre 2010

Triàngulo de Amor Bizarro - amigos del género humano (2010)

Triàngulo de Amor Bizarro est une formation espagnole indie de La Coruña, ils (une fille et deux garçons) sont signés sur Mushroom Pillow (sr Chinaro, Sunday Drivers, Dolorean...), et año santo est leur second lp. Voilà pour les détails bibliographiques, on ajoutera que leur nom est une référence à au titre d'une chanson sur la coupe du monde de foot (et c'est pas the Dentists ou Tahiti 80!).

L'album est pas mal, j'aurais aimé dire que c'est une tuerie intégrale mais, il n'est que pas mal, et pourtant, l'entame est archi-prometteuse, les deux premiers morceaux sont carrément enthousiasmants, après ça se gâte. Attention c'est pas mauvais, c'est juste qu'en comparaison des deux titres qui ouvrent le disque c'est un peu moins bandant, ça manque un peu de "sucre" et de reliefs, bon, il y a quand même un autre morceau que j'aime beaucoup, c'est "el culto del cargo..." . Détaillons tout cela si vous le voulez bien!

La prod' est très "in your face", un peu dans le style de Don Flemming sur "Frosting on the Beater". Ici en gros c'est pas du son tout chétif qui va se casser en mille morceaux quand tu vas lui taper sur l'épaule. Nan c'est un grand gaillard, armoire pour reprendre l'expression de LP, le genre de type à jouer en première ligne, un vrai rouleau compresseur sonique, un mur en béton de guitares noisy et saturées. Évidemment ça ne plaira pas à tout le monde, ce n'est pas très subtile, mais moi j'adore le rendu. C'est viscéral, ne fait pas dans le détail mais quand les chansons suivent, devient une sacrée machine de guerre. La comparaison avec les Posies est intéressante, car sur Frosting Don Flemming avait totalement magnifié le songwritting d'Auer et Stringfellow, alors que précédemment Leckie avait conduit le groupe à se complaire dans une position dans laquelle ils ne donnaient pas le meilleur d'eux même. Les TdAB n'ont cependant pas toujours cette science de la mélodie parfaite et de la pop song fatale. A leur décharge ce n'est pas nécessairement ce qu'ils cherchent. Pourtant par deux fois ils excellent dans ce registre là, et on regrette finalement que l'ensemble n'est pas penché un peu plus vers ces morceaux enrichis en glucose et addictifs comme un paquet de nounours en guimauve.

Ce double-shot (doble chupitos? hmm) c'est donc, et vous le saviez déjà, les deux premiers titres. De La Mornarquia a la criptocracia a été choisi et pour ouvrir ce élépé et en single, tout à fait logique si l'on souhaite attraper les mouches avec du miel. Ce morceau est excellent, il est, malgré la prod, plus léger que les autres, c'est la fille qui assure le chant et franchement c'est bien, les guitares derrières tapissent mais restent relativement aériennes, l'ensemble sonne lourd mais pas pesant, on est dans la pop pur jus. Le sommet du disque est balancé juste après, c'est "amigos del genero humano". Le truc démarre énergiquement sur le couple basse (saturée) batterie (compressée) sur lequel un orgue se pose en retrait mais suffisamment présent pour se faire (res)sentir. Après c'est le lâché de guitares et c'est puissant. La voix (masculine ce coup ci) est quelque peu maniérée mais avec suffisamment de tact pour ne pas sonner comme une désagréable caricature. La fille vient en renfort dans les chœurs et apporte de l'eau au moulin pop. Cette chanson est vachement bien, on dirait un croisement transgénique entre la production de Male Bonding et les mélodies de the Pains of Being Pure at Heart. Ensuite l'enfant a été confié à un orphelinat quelque part en Espagne et a écouté plein de groupes des années 80 principalement anglais du genre MBV, the Jesus and Mary Chain ou les plus méconnus Telescopes, tous cités à juste titre dans la bio du groupe sur le site du label. Je crois que cela donne une assez bonne idée du son du groupe, et on appréciera le boulot du label d'avoir bien présenter ses poulains sans les vendre avec des comparaisons douteuses ou hors de propos.

Bref, je ne sais pas quoi au juste penser de ce disque, je dois reconnaître qu'il n'est pas à la hauteur de ce qu'il pourrait être (du moins de mes attentes à moi Alexandre le nerdy de pop), donc je le trouve pas mal, mais pas de quoi non plus totalement et définitivement m'emporter. Je sens que les types (et la typesse) ont les moyens de proposer un truc vraiment cool, parce que par deux ou trois fois ils montrent ce qu'ils ont dans le ventre, quand ils osent sortir d'un truc trop monolythique pour aller vers quelque chose de plus varié et pop. En gros le disque hérite un peu à regret d'une mention assez bien (12,31/20), mais avec une très bonne note dans quelques matières suggérant des lendemains intéressants, à suivre. Tout cela m'a donné envi de me plonger dans la discographie du groupe, je compte m'y mettre à l'occasion, et j'espère aussi pouvoir vous en reparler, ce qui sous-entend: pourvu que le reste soit cool, et je pense que oui, je l'espère et j'y crois d'autant plus qu'ils ont fait une photo promo absolument géniale avec des chemises d'été et un dauphin "aérosol", rien que pour ça ces espagnols méritent que vous alliez les écouter! (et aussi acheter leur disque pour qu'ils en fassent un autre encore mieux).

Triàngulo de Amor Bizarro is a spanish indie band influenced by 80s stuffs like MBV or the Telescopes. Their new LP (año santo, 2010, Mushroom Pillow), has got some impressive tunes, especially the two first one, the level after those is not as good but what a quite amazing start!

Tiàngulo de Amor Bizarro - amigos del género humano




Mushroom Pillow

mercredi 7 juillet 2010

Teenage Fanclub - shock and awe (2010)

Avec Teenage Fanclub on a souvent l'impression que leurs chansons tiennent sur rien du tout. Parfois la première écoute est un peu frustrante, on trouve que ça manque d'un peu de relief, et puis on persévère et on finit par être totalement happé par leur musique. Teenage Fanclub ne cherche pas une fusion inédite ou à repousser les limites sonores, nan ces gaillards écossais se sont fixés comme ambition d'écrire des bonnes chansons pop. C'est simple, comme leurs morceaux en fait, mais cette simplicité presque aride au premier abord se révèle sur la longueur être un vrai force, car Teenage Fanclub ne fait pas d'esbroufe: ils vont à l'essentiel et mettent le meilleur d'eux même dans la musique. Que dire sur ce cru? Il est excellent, à chaque écoute je l'aime de plus en plus, les TFC n'ont pas perdu leur don pour écrire des mélodies lumineuses et on peut les remercier d'être eux mêmes.

What can we expect from Teenage Fanclub in 2010? I don't know but Shadows in a great album, maybe not their best but still full of those lovely hooks and sunny harmonies. TFC are still awesome nowadays.

Teenage Fanclub - shock and awe

lundi 30 mars 2009

the Boo Radleys - Wish I was skinny (1993)

Les Boo Radleys démarrent leur carrière dans une veine shoegaze (le son de guitare qui transperce les tympans), avant de virer progressivement vers la pop plus classique et obtenir un certain succès en pleine vague brit pop. Giant Steps est peut être leur album le plus ambitieux, à la fois noisy, pop, et un peu tout ce qui se trouve entre les deux (sonorités dub, rythmiques de machines, morceaux se terminant en fracas bruitiste), il est un peu long, parfois bordélique, mais attachant, et gracieux dans les bons moments. Trois chansons explosent littéralement à la tête, le morceau d'ouverture "i hang suspended", le dr Jekyll and mr hyde "Barney (...and me)" combat entre la stratosphère et le magma, et le relativement plus sobre mais tout aussi inoubliable "wish i was skinny" que j'ai finalement choisi pour vous introduire à ce très beau et imparfait disque.

écoute wish I was skinny

samedi 21 février 2009

the Soup Dragons - girl in the world (1987)

Avant de se faire connaitre avec une reprise baggy / madchester de "i'm free" des Stones, les Soup Dragons étaient une de ces nombreuses formations "indie" britanique avec ce son amateur et noisy caractéristiques de ces années là (milieu des 80s). Cependant on sent chez eux un certain goût pour les mélodies enjouées et bien troussées, elles font des Soup Dragons, des héritiés légitimes d'une tradition power pop des îles britaniques perpetrée par les Who et confirmée par les Buzzcocks. A mon sens leur meilleur morceau dans cet esprit est "girl in the world", une face b sorti en 1987 qui figure également sur la (recommandée) compilation de leur premiers simples "hang ten!" qui pour l'anecdote a une pochette différente en France (dans le même esprit que la pochette de ce 45 tours) de l'original anglais (qui reprend la belle photo utilisée sur le 45t "hang ten!").

The Soup Dragons were a scotish indie band of mid 80s and early 90s. They were overall known for the baggy sound but they started as a noisy pop band with strong power pop songs. Among the best of them figures the awesome "girl in the world" a very catchy song wich was released as the b side of a 1987 single.

écouter / listen to girl in the world