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lundi 26 juin 2017

Achats Récents #10

Après une semaine de pause, le retour tant attendu de la rubrique ! Une spéciale musique instrumentale française pour bien démarrer la semaine !


Je n'ai pas énormément d'informations sur Jacques Hendrix et son Orchestre si ce n'est qu'il est connu pour avoir lancé la danse Le Climb. Il a également participé à d'autres orchestres comme les Barclay (avec Christiane Legrand, Jacques Denjean, etc.) ou les Jumping Jacques. Par ailleurs il fut semble-t-il également membre de l'orchestre de Jacques Hélian, un nom que l'on a déjà croisé deux fois ici (à propos de Gérard Lévêque et Jacky Bamboo). Voici un deux titres d'une tentative de danse dans l'esprit du Climb Le Snow-Cup. Les 4 morceaux de l'EP dont est extrait ce deux titres (avec En Dansant le Snow-Cup et le 4ème morceaux Je Ne Veux Plus) sont donc autour de cette thématique. Des deux du simple ma préférence va à la première En Dansant le Snow-Cup un chouette instrumentale typiquement début 60s avec des cuivres, une rythmique originale (percussions importantes, hand clap avec de la réverbération etc.), une petite guitare sympathique...


Continuons avec une autre obscurité: l'un des deux EPs du groupe Les Français. Discogs attribue deux autres simples à la formation, plus tardifs, personnellement je pense qu'il s'agit d'un second groupe sans lien avec le premier: label différent (Columbia et Decca), écart entre les couples de disques (1964, 1967/1968) et surtout absence des noms des participants au premier groupe dans les deux disques tardifs. Bref ces Français là sont vraisemblablement auteurs de deux EP en 1964 dans une veine instrumentale, les deux ayant leur charme. Le groupe se compose sur cet EP de: Mat Camison, Jacky Hythier et Jacky Rault. Si les Jacky n'ont pas fait de longues carrières dans la musique, arrêtons nous un instant sur celle de Mat Camison. On le retrouve par exemple avec Pierre Bachelet derrière Ok Chicago de Resonance, un classique funky de brocante vraiment excellent, avec une face B étrange et intéressante finalement. Avant cela (et après les Français) il est également membre des Sharks dont on retrouve Mongo sur plusieurs compilations. Produit par Ken Lean (Les Aiglons, Les Dauphins, Steff, les Ambitieux...), le Joe Meek Helvète, le 4 titres des Français contient deux bons morceaux: Suspenses et Palpitations. De l'instrumental certes, mais plutôt énergique et rentre-dedans (presque garage), assez éloigné des mélodies fleur bleus inspirés des Shadows de beaucoup de groupes français (Les Fantômes, Les Champions), peut-être est-ce une question d'époque ?


L'album de Pop Instrumental de France est une obscurité fort appréciée des collectionneurs internationaux. L'album se négocie en effet dans les cent euros environ en général. Le groupe est assemblé à l'occasion d'une session d'enregistrement de trois jours aux studios Wagram dont sera issu l'album. Disque à la fois groovy avec une tonalité progressive, avec notamment une reprise de Zappa. Il est mené par Laurent Petitgérard, anciennement des Masters (connus pour leur classique garage Mon Chameau) et d'Aleph (auteurs de deux 45 tours, je recommande particulièrement le second bien qu'un peu rare: je ne l'ai d'ailleurs pas !). Si l'album est une rareté assez exceptionnelle, le 45 tours extrait, comprenant les morceaux Soho et La Danse des Squelettes est nettement plus accessible aux communs des mortels ! Une chance, tant Soho est un super morceau instrumental groovy , probablement un de mes favoris en 45 tours français. Les arrangements sont excellents (relativement originaux et ambitieux), la rythmique est très présente et marquée (plutôt cool pour tenter de le jouer en soirée par exemple), le jeu d'orgue de superbe facture ! Bref un très très bon disque loin d'être cher compte tenu de sa qualité.


Finissons notre session de pop instrumental française avec un autre énorme classique bien connus des collectionneurs de disques funky/jerk/groovy: Campus N°8 des Requins. Ces derniers sont un groupe de studio ayant notamment accompagné Luc Harvet, apparemment il s'agirait des anciens Sharks, hypothèse sensée compte tenu du style musical des deux formations et de la ressemblance de nom (avec Mat Camison ou pas du coup ?). De mémoire les autres disques des Requins (en dehors d'un ou deux avec Harvet justement) ne sont pas particulièrement mémorables...Difficile de cataloguer le label Orly dont les productions semblent osciller entre variété yéyé, musique classique et musique proche de la Library (comme ce disque ou l'excellent 45 tours d'Héxagone). Campus N°8 est en tout cas une petite bombe instrumentale bien appréciée à juste titre des B-Boys , la production est simplement énorme: rythmique compressée ultra-puissante, arrangement top niveau et une très bonne composition, en tout cas bien plus fine et originale que la majorité de la musique instrumentale de ce style.


mercredi 14 juin 2017

Achats Récents #8

Déjà le huitième épisode d'achat de disques ! Celui-ci est partagé entre achats sur le net et en disquaires, profitons de l'occasion pour dire un mot sur ces derniers.

Born Bad est une institution parisienne, située initialement rue Keller (dans laquelle je vous recommande Pop Culture Shop), elle est désormais au 11 rue St Sabin, toujours dans le quartier de Bastille. Connue pour être une boutique orientée garage, punk, surf, rock&roll, les styles proposés évoluent régulièrement s'ouvrant au post-punk, à l'expérimental etc. éclectique à l'image des goûts de Mark et Maxime. Le disquaire mêle neuf et occasion. Coté nouveauté, Born Bad est l'une des boutiques les plus attentives au prix, il est probable que le catalogue de In The Red ou Castle Face y sera moins cher que dans la plupart des boutiques généralistes indépendantes françaises, la boutique travaille d'ailleurs régulièrement en direct avec les labels. Coté occasion, les prix sont très variables (depuis un euro jusqu'à des centaines) et généralement proches des prix du marché (en fonction de l'état bien sûr). N'espérez pas y faire une affaire de dingue mais par la sélection offre souvent de très belles pièces que l'on voit rarement chez les disquaires et généralement plutôt réservées au net ou aux conventions. De fait si vous cherchez à vous faire plaisir sur des disques de collection en sixties, punk, français etc. il y aura sûrement un vinyle pour vous chez Born Bad ! Personnellement c'est une de mes deux boutiques de neuf principales (avec Pop Culture) et un des mes endroits préférés pour le 60s d'occasion à Paris.

Plus de Bruit est une boutique également très connue des amateurs parisiens, situé au 35 rue de la Rochefoucauld. Nous sommes nombreux à nous accorder pour dire qu'il s'agit d'un des meilleurs spots d'occasion à Paris. Jean Paul a un choix très varié, pointu aussi bien en rock indé, punk, garage, jazz qu'en rock français. Les disques sont l'immense majorité du temps dans un état irréprochable: voir des EPs 60s français en EX/EX ça n'a rien d'une évidence ! Les prix sont très honnêtes, les collectors pas très chers (politique de prix de la maison) et on peut en plus y faire quelques bonnes affaires. En revanche Jean-Paul fait très rarement des prix sur l'addition finale mais honnêtement ce n'est pas bien grave car nous sommes toujours assuré de repartir avec des disques intéressants, pas courants et dans un état fantastique. Au fil du temps, j'y ai trouvé aussi bien de l'indie (des disques Sarah, AR Kane, Sneetches, Chapterhouse, Cast, Telescopes) que du français (Asphalt Jungle, X Ray Pop, Ticket,...). 

Alice Dona est une chanteuse bien connue des amateurs de sixties français. Si elle est absente de la célèbre série Swinging Mademoiselle référence absolue du genre, on la retrouve citée dans la série Ultra Chicks notamment avec le morceau principal que nous allons évoqué. Au rayon biographie, notons qu'Alice Dona écrit une grande partie de ses morceaux. Elle fait par la suite carrière dans le songwritting, dans les années soixante dix, signant pour Serge Lama, Joe Dassin, Dalida, Sylvie Vartan etc. Au milieu des années soixante elle se marie avec Bernard Ricci des Célibataires (groupe dont je pourrais éventuellement parler un jour) avec qui elle a Raphaëlle Ricci, coach artistique bien connue des gens qui ont regardé la télévision dans les années 2000 (je vous donne un indice: une émission qui a eu pendant une saison une reprise de Gilbert Bécaud en générique). C'est pas Prudent est une composition co-signée par Alice Dona et un certain Bob Roberts (en tout cas selon discogs). Je n'arrive pas à savoir s'il s'agit d'une reprise ou d'une composition originale, je penche plus pour la seconde option... Néanmoins voilà un super morceau early 60s groovy avec un excellent orgue et une orchestration réussie. Sur un tempo modéré dans un style qui me semble proche du pop corn oldies Alice Dona nous narre le plaisir de rouler vite, un sujet politiquement incorrect en 2017 ! 
 
 
Continuons avec cette curiosité de Georges Jouvin Trompette d'Or. Pendant les années 60 et 70, il fut un grand vendeur de disques en France à partir d'un répertoire de reprises effectuée à la trompette. Il fut administrateur et vice-président de la SACEM également. La demoiselle l'accompagnant sur la photographie semble être sa femme Dominique souvent présente sur les pochettes de ses disques. Il me semble que son répertoire habituel n'est guère au goût de ce blog, mais peut-être se cache-t-il quelques curiosités à découvrir en plus de celle-ci ? je vous promets d'enquêter ! Cet EP est très convenable dans l'ensemble avec une excellente surprise qui m'avait fait mettre le disque sur ma wantlist puis l'acheter le week-end dernier: Rhythm & Blues For Trumpet. Si l'arrangement légèrement Tijuana Brass à la Herb Alpert a un petit coté ringard, c'est largement contrebalancé par une super assise rythmique (le son de la batterie et de la basse sont excellents) et un excellent orgue ! Plaisir légèrement coupable mais étonnante curiosité bien groovy à l'image de la pochette !


Attention, un 45 tours non référencé sur discogs ! Cependant il est possible de trouver quelques informations sur le net et ... du son. Paul Sylvan de son vrai nom Léoni, n'a sorti sous ce pseudo que cet unique 45 tours en 1964 mais il a fait quelques 45 tours supplémentaires dans les années 70 sous son véritable nom. À noter qu'un article de 2012 du Parisien est consacré à son combat pour les séniors. L'EP dans l'ensemble est de bonne facture dans une veine twist mais le meilleur morceau est certainement Si Nous Portons Blouson un excellent morceau groovy avec de l'orgue, un peu dans une veine pop corn oldies comme le morceau d'Alice Dona mentionné précédemment. Il est accompagné par un orchestre dirigé par Gérard Levecque (orthographié ainsi sur le macaron), probablement le Gérard Lévêque qui fut membre du groupe de Django Reinhardt et de l'orchestre de Jacques Hélian.


Finissons cette huitième session par un groupe américain de funk des années 70 The Jimmy Castor Bunch. Luther The Anthropoid est un copié-collé réalisé un an plus tard du tube qui a fait connaître la formation: Troglodyte (Cave Man). Bien que la recette soit identique, cela fonctionne tout aussi bien ! La rythmique est sauvage et puissante, deux guitares se répondent dont une fuzz diabolique, Jimmy Castor hurle, nous conviant à une fête orgiaque et primitive... Pour l'instrumentation cela me fait penser à la phase psychédélique des Isley Brothers en plus dansant, tandis que la voix évoque Screamin' Jay Hawkins ou Arthur Brown dans cette manière de théâtraliser le chant. Excellent morceau (face b moyenne en revanche) !

lundi 12 juin 2017

Achats Récents #7

Je continue à explorer ma discothèque à la recherche de disques ayant un intérêt ! Dans cet épisode quelques découvertes récentes complétées d'une ou deux références que je connais depuis plus longtemps mais jamais évoquées ici précédemment...

Dans l'épisode 5 je vous mentionnais l'existence d'un autre 45 tours de Christophe vraiment cool. Celui-ci est, selon moi, même meilleur qu' Excusez Monsieur Le Professeur. Deux morceaux ont particulièrement retenus mon attention. Cette Musique est un morceau southern soul assez cool avec une guitare en contretemps au son très "Stax" et une basse ondulante...Les arrangements progressent au fur et à mesure de la chanson, signés par Jacques Denjean (comme le reste de l'EP): un très bon boulot comme d'habitude. Tu es Folle est cependant le meilleur morceau des quatre: super texte, orgue groovy et production staxienne à la française rehaussée de quelques notes de violons. Un super morceau !


Patrick Logelin est un musicien originaire du sud de la France. Il joua d'abord avec les Schtroumpfs, un groupe  instrumental dont il était le clavier ainsi que le compositeur principal. Le choix du nom du groupe fut autorisé par Peyo,  celui s'inspira en retour de la formation cannoise pour l'écriture de Schtroumpfonie en Ut. Après un désaccord avec les autres membres du groupe (qui devinrent par la suite les Sparks), il entama une carrière solo. Il ne publia que deux EP en 1964, un premier partiellement instrumental dont on ne peut écouter aucun morceau sur la toile et le second que je vous présente aujourd'hui. Accompagné par Ivan Jullien et son orchestre, les 4 titres (uniquement des reprises malheureusement) sont excellents et tirent vers un Rhythm & Blues de bonne facture. On notera une reprise très réussie des des Beatles (Encore une fois une danse avec moi adaptation de I'm Happy Just to dance with you). Ma favorite est certainement Encore Merci pour son texte particulièrement savoureux et ses arrangements très réussis.


Marcel Zanini en dehors d'être le père Marc-Edouard Nabe est un musicien de jazz accompli. Le grand public le connaît surtout pour ses morceaux humoristiques notamment son adaptation de Wilson Simonal tu veux ou tu veux pas. Il publie donc quelques 45 tours dans cette veine novelty parmi ceux-ci Madame des Astres. Cette face A ne présente pas d'intérêt particulier, en revanche retourner le disque amène une excellente surprise. Hey ! Hey ! Dis Dis est un jerk enlevé, amusant avec des paroles légèrement salaces !


Finissons cette septième session par un petit classique soul voir northern soul (bien que ce ne soit pas particulièrement rare): Ain't Nothing But A House Party des Show Stoppers. Le groupe est originaire de Philadelphie et comprend notamment deux des jeunes frères de Solomon Burke: Alex et Laddie Burke. Le line-up est complété par un autre fratrie: Timmy et Earl Smith. La formation a sorti une demi douzaine de singles mais le plus mémorable et célèbre d'entre eux est certainement celui-ci paru en 1967 initialement (je pense que le pressage français est plus tardif). Un morceau fantastique au tempo relevé, il donne des fourmis dans les gambettes ! arriverez vous à résister à l'appel de la piste de danse ?


jeudi 8 juin 2017

Achats (très) récents #5

Quatre autres disques trouvés dimanche dernier.

Claude Dubois est un artiste québécois connu, il est notamment célèbre pour sa participation à Starmania en 1978. En 1970 et 1971 il séjourne en France et enregistre des disques parmi lesquels Comme Un Million de Gens qui n'a pas été publié au Canada. Si la face A nous laisse assez indifférent, Boogaloo est une excellente surprise. Le morceau est arrangé par José Bartel: ce dernier a également enregistré et chanté de son coté, participé au doublage chant de nombreux films (Le Roi de la Jungle ou Les Demoiselles de Rochefort) et nous lui devons aussi la BO de Spermula , un film dont le scénario semble tout droit sorti de l'imagination fertile et torride des 70s. Sur un tempo intermédiaire, Boogaloo propose une pop funky et groovy avec une chouette orchestration (cuivre, orgue jazzy, guitare "staxienne"). 


Peut-être pas l'EP (1966) de Christophe à ramasser en priorité (je parlerai bientôt de mon chouchou) néanmoins j'ai beaucoup aimé Excusez-Moi Mr Le Professeur. Christophe y est particulièrement intense, la composition (co-signée par Jean Jacques Debout et Roger Dumas en plus de Christophe) est très bien mise en valeur par les superbes arrangements (traits de violons, percussions, section rythmique au groove impeccable) de l'unique Jacques Denjean.

 

Transition trouvée: évoquons Jacques Denjean. Plus le temps passe, plus ce dernier devient un de mes arrangeurs français favoris. Je vois assez peu de musiciens français à avoir saisi avec autant de justesse le son de la musique noir américaine. Bien sûr les enregistrements et arrangements de Denjean ne sonnent pas comme des disques Verve de Jimmy Smith ou Stax des Mar-Keys mais quand même, le français s'inspira de l'esprit de ces musique et l'intégra avec beaucoup de goûts à la production française variété de l'époque. J'en profite également pour évoquer le parcours de l'intéressé: musicien chevronné (1er prix du conservatoire de Paris), en plus de son propre big band il participe à l'aventure Double Six. Je n'ai jamais ici évoqué ce groupe, il sort un peu de mon registre habituel puisque la formation pratiquait le Vocalese, un jazz vocal où les voix chantent des textes en se rapprochant au plus possible de la diction originale des instruments. 

 

Ce groupe est passionnant. Mimi Perrin, leader de la formation y fit participer de nombreux talents de la musique française. Ainsi en plus de Jacques Denjean mentionnons quelques musiciens très cool. Eddy Louiss, mon organiste français chouchou, a enregistré avec Nougaro. Jef Gilson, un étonnant musicien de jazz auquel j'ai déjà consacré un article (qui évoquait... Eddy Louiss). Christiane Legrand est la sœur de Michel Legrand et une surtout choriste recherchée ainsi que doubleuse chant film de haut niveau (... Les Demoiselles de Rochefort, Les Parapluies de Cherbourg). La personnalité de Mimi Perrin elle même est fascinante mais je pense que j'y reviendrai un jour en détail en évoquant moins succinctement les Double Six. 

 

Revenons en à Jacques Denjean: arrangeur demandé, on retrouve son nom au dos de nombreux disques de variétés (Richard Anthony, Christophe, Henri Salvador, etc.), il sort des disques sous son propre nom en parallèle, majoritairement (totalement?) instrumentaux avec un succès cependant moindre. Certains de ses morceaux ont été utilisés pour des indicatifs d'émissions de radio et doivent donc appartenir au patrimoine de la génération baby-boomers... Ce 4 titres (de 1964) est un parfait exemple du son Denjean des années soixante. Cela groove sévère sans être aussi poisseux et sensuel que du Stax, il y a toujours un son un peu jazz et sec français en arrière plan. Les musiciens sont excellents, les compositions classiques mais avec toujours un petit twist d'originalité. Des 4 seule une me semble un peu moins intéressante (blue horizon). Le Train Fou et Mistral 20h30 sont plus uptempo et très réussi. Enfin Dans la Nuit est une version instrumentale (antérieure? postérieure?) au titre composé par Denjean pour les Bab's. J'adore les deux versions, assez différentes, celle ci est peut être plus originale (écoutez la manière dont sonne la rythmique, le jeu sur les charlestons) et jazz !

   

Finissons cette cinquième session sur une très étonnante curiosité signée pourtant d'un groupe particulièrement connu: The Sweet. J'imagine que vous associez spontanément le groupe à ses hits glam bubblegum comme Ballroom Blitz ou Block Buster (blog) pourtant avant de connaître le succès à partir de 1971, le groupe se cherche pendant les quatre premières années de son existence, publiant des simples dans des styles différents.  I'm on my Way , face A du simple ci-dessus, publié en 1973 mais enregistré vers 1968 par Sweetshop (groupe pré-Sweet avec trois membres de la future formation) est un témoignage de cette période d'ajustement. Sympathique mais pas non plus indispensable, la chanson (probablement une démo) atteste de l'influence de la soul sur les Sweet des débuts. Avec une rythmique plus puissante, le morceau aurait certainement eu un petit potentiel dancefloor, en l'état c'est une chouette (mais dispensable) curiosité.


Attention, l'histoire se complique quand on aborde la face B ! My Little Girl From Kentucky n'est pas à proprement parlé un enregistrement de The Sweet, à l'inverse de la face A (pour laquelle le lien est réel malgré tout). En effet, il s'agit d'une version d'un morceau de The Closed, un groupe belge sixties de Liège formés par des Italiens, avec Brian Connelly au chant. Ainsi le morceau est publié une première fois par le groupe en question en simple en 1967 (ou 1969 selon d'autres sources) sur Hebra Records en face B, dans une version presque identique à l'exception du fameux chant. Selon, toute vraisemblance, Brian Connelly aurait enregistré pour 15 pounds deux morceaux avec le groupe mais ces pistes n'auraient pas été utilisées à l'époque ! Ces deux enregistrements de sources différentes faits quelque part entre 1967 et 1969, ressortent opportunément en un unique 45 tours d'assemblage pour surfer sur le succès du groupe. La face B est le vrai bon morceau du disque. My Little Girl From Kentucky est un tempo relevé, accompagné de guitare fuzz, d'orgue criard et d'une très bonne performance vocale. Pour vous faire une idée de la chose, voici en tout cas les deux versions (The Closed - que je n'ai pas en vinyle héhé/The Sweet), la similitude est plus qu'évidente !

mardi 6 juin 2017

Achats (très) récents #4

Les puces restent un de mes endroits préférés à Paris pour trouver des disques inhabituels, originaux. Je ne suis généralement pas assez courageux pour regarder les stands brocantes avec quelques bacs de disques non triés au milieu de choses diverses (vaisselles, bibelots, livres etc.), je me concentre donc sur les disquaires (ou les stands de disques) avec une préférence pour la zone autour de la rue Jules Valles qui comportent quelques figures comme le Yéti ou Copa Music. Je vais moins souvent dans la zone du Marché Dauphine (marché consacré à la collection) car j'y trouve les prix généralement un peu trop chers. 

Hier, j'étais donc aux Puces, je vous présente quelques unes de mes trouvailles chez Beatsqueeze, un de mes arrêts favoris à Clignancourt. Bien que la boutique soit plutôt réputée pour le hip hop, elle offre un choix vraiment intéressant en 60s/70s (notamment français) pour ceux qui aiment se faire surprendre et préfèrent trouver ce qu'ils ne cherchaient pas. Ajoutons que les proprios sont très cultivés (et curieux), comprennent mes goûts et sont réglos sur les prix: un très bon endroit !

Les Furys sont une formation québécoise (Montréal) auteurs de deux singles en 1965: Aide Moi et Michelle (qui comprend à nouveau Aide Moi en face B). Ils ont également sorti deux singles sous le nom de Joyce Germain and The Fabulous Furys en 1964, a priori deux fois le même couplage mais chanté en anglais puis en français ! Aide Moi, paru sur le label Trans-Canada, est une excellente composition originale aux inflexions beat/garage avec une touche r&b ! L'autre face ne présente en revanche aucun intérêt.


Continuons avec les Countdown Five un groupe américain (a priori du Texas) auteurs de six simples entre 1965 et 1969. Shaka Shaka Na Na est leur dernier et le seul à avoir bénéficié de pressage européen notamment en Suède, Italie ou Allemagne (sur Hansa, le pressage que j'ai). Groupe souvent présent sur les compilations garage (la liste), ce dernier simple ne fait pas exception à la règle bien qu'étant tardif: Shaka Shaka Na Na contient en effet quelques éléments typiquement garage (voix arrogante, guitare fuzz, orgue criard...) cependant impossible de ne pas noter la petite touche bubblegum (voir proto-glam si l'on veut ?) notamment grâce à une rythmique très puissante parfaite (et une ligne de basse très Cool Jerk des Capitols) pour danser ! Bref ce sera sûrement pas assez garage pour les puristes, pour ma part j'aime beaucoup!

 

Gérard Brent est un musicien français, auteur de quatre quarante-cinq tours entre 1964 et 1965. Il participe par la suite à l'aventure Chats Renaissances et les Visitors deux projets lié au fameux producteur JP Massiera. La Fille Qui Me Plait est une très bonne version du classique Hippy Hippy Shake dont on connaît souvent plus la reprise merseybeat par les Swinging Blue Jeans que l'original rock & roll de Chan Romero. Avec une instrumentation réussie (notamment un très bon orgue) signée Bernard Gérard (un habitué de ces colonnes), Gérard Brent signe une très bonne adaptation de ce classique du répertoire beat dans une version assez différente de l'original ou de la reprise de référence.

 
Finissons cet article sur The Mojo Men un groupe garage/folk-rock de San Francisco surtout connu pour leur classique Sit Down I Think I Love You (une reprise de Buffalo Springfield) que l'on peut notamment entendre sur la compilation Nuggets originale (voir mon article à ce sujet) ! Le groupe travaille avec le label Autumn dans lequel on retrouve les géniaux Beau Brummels et...Sly Stone en producteur avant qu'il ne monte sa Family ! L'intéressé enregistre d'ailleurs ce 45 tours. Si la face B ne présente pas d'intérêt majeur (un peu trop niais), Dance With Me est un très bon petit morceau garage-rock avec ce qu'il faut de niaque !


mardi 30 mai 2017

Achats récents #1

J'ai la flemme d'écrire des articles argumentés et fouillés en terme d'informations mais très envie de vous faire découvrir quelques découvertes récentes ou anciennes mais dont le souvenir a été ravivé à l'occasion d'un achat... Voici donc une nouvelle rubrique qui ne dépassera probablement pas les quatre entrées mais au moins cela animera ce blog et vous donnera matière à creuser et chiner lors de vos prochaines sessions disquaires ou brocantes!

Commençons par l'un de mes chanteurs favoris de Blue Eyed Soul le gallois Tom Jones à l'organe vocal chaud et puissant. Au delà d'excellents tubes (It's Not Unusual par exemple), le britannique a également dissimulé de nombreux bons morceaux en face B de ses EPs. J'ai été ainsi très content de mettre la main sur ma deuxième copie (en meilleur état que la première a priori) de l'EP français de What's New Pussycat pour la somme particulièrement douloureuse de cinquante centimes. Il s'agit probablement l'un des premiers disques que j'avais acheté quand j'ai commencé à m'intéresser aux sixties, il y a quelques années déjà... Si le morceau phare de l'EP m'a toujours un peu gavé (pourtant j'adore Burt et Hal) impossible de résister l'excellente I've Got A Heart. La chanson a en effet tout ce qui me plaît dans la blue eyed soul : mélodie soignée, arrangements somptueux, tempo rapide et dansant, voix déchirante. Un super morceau de dj set !


Continuons notre tour du Royaume Uni avec le groupe bubblegum Dave Dee Dozy Beaky Mick & Tich dont vous connaissez forcément Hold Tight notamment à cause de la BO d'un Tarantino. Leur catalogue est inégal et je ne sais pas si je me lancerai dans l'achat au pif de leurs 45 tours cependant il y a quelques excellents morceaux à signaler parmi lesquels Shame présent sur l'EP français de Save Me (et également sur l'autre face du SP anglais pour ceux qui voudraient le morceau avec un meilleur son mais sans le visuel). Si les puristes seraient outrés de qualifier DDDBM&T (ce sont un peu les Monkees anglais) de freakbeat vous ne trouvez pas que cette chanson y ressemble fortement ? Morceau beat aux accents psychédéliques avec des montées puissantes, de la fuzz... Bref un excellent morceau quoi que peut être un peu difficile à jouer en soirée du fait de la production assez extrême.


Changeons de rive de l'Atlantique en nous déplaçant aux États Unis d'Amérique à la découvert de l'organiste Toussaint McCall. Les plus attentifs d'entre vous auront peut-être repéré que j'ai déjà évoqué le même morceau il y a presque quatre ans, pour les autres séance de rattrapage ! Shimmy est un des morceaux instrumentaux groovy à l'Hammond favoris ! Comment ne pas succomber au minimalisme du morceau ? Un batteur, un organiste et roule ma poule! ça dégaine sévère pour que tu transpires sur la piste. Je ne saurais dire si le disque est rare, je suppose que non, en tout cas il vaut pas très cher (dans les 5 à 10€) et à ce prix là comment se refuser un aussi bon morceau (à part d'avoir peur que tout le monde le joue ? mais qui le joue au juste ?). 


Avion pour l'Europe, direction le Portugal et plus précisément Porto en 1964. Os Tàrtaros est une formation instrumentale portugaise dans la mouvance des Shadows auteurs de trois 45 tours. L'EP est globalement honnête mais en dehors du morceau que je vais évoquer je n'ai pas trouvé ça non plus mémorable, disons dans la moyenne de ce que l'on trouve dans le genre mais plus en plus tardif (d'un ou deux ans, ne soyons pas mauvaise langue) et avec un son globalement plus amateur. Les défauts peuvent parfois se transformer en qualité, ici cela fonctionne notamment sur l'excellente Tartaria. Morceau le plus enlevé et sauvage des quatre, la production ajoute un je ne sais quoi garage des plus coolos ! Acheté au hasard pour 10€ (je suis taré) j'ai failli m'en vouloir avant de tomber sur le morceau. Pas indispensable (à moins d'être collectionneur de rock instrumental ou lusitanos)  mais le genre de curiosité que j'adore, aussi bien pour la dimension historique (il y a assez peu de disques portugais sixties) que le morceau en lui même qui trouvera certainement sa place dans un set un jour ou l'autre et constitue une belle addition à ma collec' !


Finissons cette première sélection par une curiosité typique des EP français des années soixante: une compilation de deux singles de... deux artistes différents. Le cas n'est pas courant mais il existe (je dois au moins en avoir un ou deux autres exemples en tête dont un 45T de Tommy James and the Shondells). Sur la face A nous trouvons ainsi le single de Mister Gamma Goochee lui même avec le bien nommé The Gamma Goochee: un très bon single novelty soul et funky dans la mouvance des nombreuses danses des années 60 notamment celles de James Brown (popcorn). Punchy et efficace, un excellent morceau de DJ set ! Autre face, autre ambiance avec le simple de Nooney Rickett (qui correspond en réalité à Nooney Rickett and The Nooney Rickett Four). Si le second morceau laisse penser qu'il s'agira à nouveau de musique soul et funky (une reprise de James Brown) force est de constater que Bye Bye Baby n'a pas grand chose à voir avec The Gamma Goochee ! Il s'agit en effet un très bel exemple de folk rock aux accents beat/garage, pas le genre de trucs à te démonter le cerveau avec une fuzz démoniaque mais plutôt à opter pour la douceur de jolies harmonies et d'une guitare égrenée à la Beau Brummels. Bref remercions les labels français pour leurs associations étranges, elles font parfois mon bonheur bien que le disque soit forcément difficile à classer !

  

mardi 16 février 2016

Monty: plus yeh yeh que yéyé

Jacques Bulostin est-il un trésor caché de la pop française sixties? Vous connaissez mon intérêt de longue date pour les disques de l'hexagone de cette période si particulière, pourtant je n'avais jamais réellement pris le temps d'écouter Monty...Son image de jeune premier renvoie immédiatement à celle de Frank Alamo temple de la niaiserie et toute l'horreur yéyé (quoi qu'on doit probablement pouvoir sauver une ou deux choses chez lui comme le "mods & rockeurs" de Sardouille). Pourtant Monty, à bien des égards, est un cas à part dans la pop française: il a la classe et des arrangements qui  tabassent. Il y a bien sûr pas mal d'adaptations (le lot de nombreux d'entre eux, avant que la classe 66 ne vienne foutre le dawa et redistribuer les cartes) mais elles balancent, ça joue ! L'intéressé a aussi écrit de super originaux d'ailleurs ("j'ai traversé l'enfer" et sa fuzz bien sentie)... 

Entre 1964 et 1966 chaque EP de Monty contient donc au moins un (très) bon morceau ("que me reste-t-il", "même si je suis fou"...), bonne nouvelle: ils sont courants et donc peu chers (à part "j'ai traversé l'enfer" bien que simple à trouver à moins de 10€ en réalité). Prenons par exemple "Un verre de Whisky" - un disque de 1964 que l'on voit assez régulièrement à quelques euros (0,5-1,2...) - il s'agit d'une excellente adaptation de "Can I Get a Witness" classique Motown écrit par les immenses Holland-Dozier-Holland et interprété avec une certaine sensualité par Marvin Gaye... Le petit français se défend très bien face à l'ancien boxer américain, plus nerveuse et jazzy sa version tient très bien la comparaison. Monty y est élégant et sobre, son vibrato pastel  y faisant des merveilles. Le répertoire rhythm and blues qu'explore Monty dans les premiers eps lui convient particulièrement bien, il évoque ainsi un croisement heureux entre Ray Charles, Dion et Georgie Fame. À ce difficile exercice du chant en Français Monty adapte avec ses mots, les fait sonner sans forcer ni chercher l'absolue fidélité à l'originale: une excellente stratégie. Bien que le reste de l'EP soit assez anodin, "Un verre de Whisky" est une excellente cover faisant honneur à l'original dont l'orgue plus proche de... "yeh yeh" que des yéyés ! Oserions nous dire que Monty est esthétiquement plus proche de la musique qu'écoutaient les mods que Dutronc?


lundi 12 août 2013

Playlist été #1 - Hammond Parfait

C'est l'été et j'ai un peu la flemme d'écrire de vrais articles (mais promis je vais en faire quelques uns j'ai beaucoup de disques sur le feux !). Pourquoi pas une playlist ? J'écoutais en boucle ce matin un super morceau des Peddlers , d'où l'envie de vous parler de l'orgue Hammond honorable.
Dans le panthéon des orgues Hammond est un peu Zeus, le B3 est une des Rolls Royce du genre, un truc aussi intransportable (quatre roadies ?) que soyeux et chaud en matière de son. Bien sûr les spécialistes vous diront qu'un Vox Continental ou un Farfisa ça pète, oui mais c'est plus criard et agressif, ça n'a pas le velouté unique de la grosse ber-trois dont l'association avec une cabine Leslie a tout du mariage d'amour.
En dix titres on va tenter d'explorer les contours délicieusement lascifs de la pop groovy et jazz-soul des années 60-70. Si tous ces morceaux n'ont probablement pas été enregistré avec le vénérable instrument ils partagent tous un savoir-faire du laidback prêt à vous donner des fourmis dans les gambettes, aujourd'hui grâce à des groupes comme les Spadassins on sait que la relève est assuré !

Brian Auger Tiger (1968)
Brian Auger est un des maîtres de l'orgue anglais avec Georgie Fame, il est un piètre chanteur (comme l'atteste d'ailleurs cette chanson) mais a eu la bonne idée d'enregistrer la plupart de ses disques avec l'aide de la fantastique Julie Driscoll, des reprises de Let the sunshine in ou encore l'incroyable season of the witch de Donovan transfiguré en une sensuelle ode poisseuse. Sur Tiger Auger s'éclate à imiter le rugissement du tigre sur son clavier chéri, c'est génial !


Georgie Fame Somebody Stole my Thunder (1969)
Comme Auger, Fame est meilleur organiste que chanteur mais le type a quand même une voix qui fait un peu plus illusion que son collègue ! Quand Fame enregistre Somebody stole my thunder sa meilleure période (sur Columbia avec les Blue Flames en backing band) est derrière lui mais il jette suffisamment d'énergie dans ce titre (où l'orgue n'est pas proéminent) pour le rendre irrésistible, probablement un des meilleurs de sa carrière !
Écouter sur Youtube.


The Peddlers Tell the World we're not in (1970)
Les Peddlers ne sont pas le groupe le plus cool de la terre, et ils ont pas mal de morceaux lounge un peu nases à leur répertoire, cependant il se glisse ici et là quelques petites pépites comme l'incroyable tell the world we're not in dont on préférera la version album sans les cuivres à l'édition single. Ce titre est un concentré de pop groovy avec un orgue déchaîné passé à la wha-wha, et pour une fois l'organiste en chef est aussi un remarquable chanteur !


Les Gottamou Gribouille (1966)
Les plus attentifs reconnaitront peut être la bouille de Nino sur la couv' de l'EP 45 tours. En effet derrière ce nom un peu curieux (tiré de "got to move") se cache un trio dans lequel joue Nino Ferrer à la basse et Estardy (aka Le Baron) à l'orgue ! Il existe deux 45 tours de cette formation, un vocal sur le thème du Monkiss et celui-ci dans la lignée de gens comme Jimmy Smith. Bien sûr l'orgue est un peu plus criard qu'un hammond mais voilà une tuerie groovy made in France qu'il était difficile de ne pas citer !

The Nilsmen Le Winston (1968)
Derrière ce nom se cache un groupe suédois dont je doute de l'existence réelle...J'opterai plus pour des mercenaires de studio mais qui sait ? Ce 45 tours (l'unique du groupe) est clairement orienté vers la promotion pour le tabac puisqu'une face est dédiée à Camel et l'autre à Winston ! Il n'empêche ce 2 titres carbure sévère en particulier la face dédié à Winston ! Ultra groovy et péchu, ce 45 tours se trouve pour une dizaine d'euros et fera danser vos copines mods !


Jimmy Smith The Cat (1964)
Il était difficile de faire l'impasse sur un des maitres de l'instrument: l'américain Jimmy Smith. Son touché est incroyablement léger et inspiré, un des dieux du Hammond. Sur la BO de The Cat il est accompagné par un autre dieu: Lalo Schifrin à qui l'on doit une autre célèbre BO (Mission Impossible). Autant dire que la rencontre entre deux génies a de quoi émoustiller les sens, et le résultat est à la hauteur des attentes: une explosion chat-oyante !

Toussaint McCall Shimmy (1967)
Probablement un de mes instrumentaux groovy favoris. Ce morceau est à la fois simple, avec énormément de feeling et très sauvage. Toussaint se fait juste accompagner d'un batteur, et les deux envoient la sauce à fond ! Il assure la basse grâce aux pédales de l'instrument ! Le reste de l'album qui a accompagné la sortie du 45 (face B d'ailleurs) me semble pas du même niveau, mais objectivement ce n'est pas grave quand on grave un truc aussi radical !


Booker T and the MG'S Outrage (1965)
Il aurait été difficile de faire l'impasse sur Booker T qui au même titre que Jimmy Smith est un des plus grands organistes de l'histoire de la musique pop. Si Jimmy Smith flirtait avec le jazz, le truc de Booker c'est la soul poisseuse. Membre du groupe maison du label STAX il a enregistré avec ses MGs quelques un des grands classiques du genre comme le fabuleux Green Onions ou Hip-Hug Her. Outrage est un peu moins connu mais c'est une grosse décharge prête à électriser le corps de haut en bas !

Serge Gainsbourg Requiem pour un Twister (1962)
Une de mes chansons favorites de Gainsbourg, qui  a également donné son nom à ce blog il y a maintenant six ans de cela. Il était difficile de faire l'impasse sur cette merveille de pop aux accents jazz et à l'orgue hammond époustouflant. Les textes sont fantastiques et derrière (comme toujours avec Serge) ça joue incroyablement bien ! C'est net et précis mais avec beaucoup de subtilité, bref c'est un des nombreux coups de maitres du génie de la pop française dont on ne parle pas assez souvent dans ces pages.

France Gall Jazz à Gogo (1964)
France Gall n'a pas attendu Gainsbourg pour exister et enregistrer de la pop de qualité, la preuve avec ce Jazz à gogo de 1964 co-écrit par son père (Robert Gall) et Alain Goraguer (également arrangeur / directeur musical de l'EP). Je suis très fan de France Gall dans les années 60, elle a réussi à avoir une discographie de très grande qualité et un succès public énorme. Que ce soit dans la pop pure jus ou du jazz chanté groovy elle a souvent su se montrer pertinente et juste. Ce morceau est terriblement cool !

lundi 25 octobre 2010

the Boys - I want you (1965)

Dans la nuit de samedi à dimanche, en sortant de la méca je me suis retrouvé à discuter avec un collectionneur très pointu de beat 60s, on a notamment évoqué les Action qui sont aujourd'hui une des formations mod préférées de tous, avec évidemment des groupes comme les Small Faces ou the Creation.

L'un des points forts des Action, c'est leur chanteur Reg King, c'est simple il est haut la main dans mon top 10 des chanteurs blancs 60s, ce mec a vraiment capté l'esprit de la soul music, sa voix est sublime, et à part un Steve Marriott, Steve Ellis ou dans un autre genre Van Morrison, il y en a pas beaucoup pour lui faire de l'ombre.

Selon une rumeur il viendrait malheureusement de nous quitter ce dimanche, c'est triste, à croire que les "bons" tombent comme des mouches depuis un ou deux ans: Sky Saxon, Peter Quaife, Alex Chilton, Doug Fieger, Jay Reatard, ou en dehors de la musique Tony Curtis... Ils sont nombreux à nous abandonner à notre sort et nous faire perdre un peu de nos illusions sur ce monde déjà pas si marrant que ça.

Enfin bref, étant relativement affecté par cette possible mort, disons comme on peut l'être de quelqu'un que l'on ne connaît pas mais que l'on a quand même beaucoup écouté, il fallait que je partage cela avec vous.

Plutôt que de piocher dans les inédits nombreux (un album entier "rolled gold" + des démos compilés sur "action packed" les deux sont archi-recommandés) ou dans les quelques singles du groupe (8 si j'ai bien compté) j'ai décidé de vous proposez un morceau des Boys.

Les Boys, c'est un peu comme les Mark Four pour les Creation, c'est le premier nom de the Action. Ils étaient alors 4: Reg King, Alan King, Mike Evans et Roger Powell, et accompagnaient Sandra Barry. Ils deviennent les Action avec l'ajout de Peter Watson.

En dehors d'un single en backing band, ils ont eu aussi l'occasion de sortir un deux titres sur Pye en leur nom propre, les deux faces étant co-composés par Reg King, des originaux maisons donc, à la différence du matériel utilisé pendant la période George Martin constitué pour la plupart de reprises (plutôt cool) de morceaux soul américain. Ces deux originaux sont de bonnes factures, j'apprécie en particulier I want you, la voix de Reg King y rayonne déjà, la rythmique a un petit coté ska des plus appréciables, et le tout sonne nerveux, un super morceaux que je regrette de ne pas voir apparaître dans les anthologies des Action (il figure sur la compilation beatbeatbeat 5, malheureusement un peu dure à dénicher maintenant).

Pour finir sachez que Phil Collins compte parmi les grands supporteurs de ce groupe, il a aura donc fait au moins une bonne chose dans sa vie musicale!

the Boys - I want you


ps: j'ai mis une photo de the Action et non des Boys, n'ayant pas trouvé de photos du groupe à cette époque

vendredi 24 octobre 2008

Hector - La Femme De Ma Vie (1964)


Requiempouruntwister aime la France vous ne le saviez pas ? mais ici on n'est pas dans un match de foot, on parle, on vit, on kiffe la musique et puis c'est tout. Alors, hop un deuxième morceau français à la suite, tiré de l'excellent EP Alligator de 1964, La Femme De Ma Vie est un excellent morceau de beat yéyé farfelue et désopilant. Les paroles sont un vrai délice d'humour noir, le tout posé sur une rythmique qui swingue tel un diable qui danse sur des flammes. C'est Hector, sans ses médiators, l'auteur de cette excellente adaptation, d'ailleurs si vous connaissez l'original, j'appelle à contribution les crédits sont Hammans - Mathiews - G. Sire - Hector, on connait les deux derniers mais qui sont les premiers ? Le reste de l'EP est assez génial, une face A orienté beat, twist de premier ordre et une face B hommage à Screaming Jay Hawkins avec des blues tarés et quasi psychedeliques. On connait l'intérêt que portait Hector, lui aussi, aux ambiances théâtrales, ici tout y est.

RPUT loves France, don't you know it ? Here's again a french song comming from the great 1964' Alligator EP, La Femme De Ma Vie is an incredibly funny beat track. Lyrics are really funny "j'ai trouvé, ça vous étonne la femme de ma vie, elle pèse pas moins d'une tonne et elle n'est pas très jolie, elle a moins de cheveux que moi et elle chausse du 43" which could be like "I found, you're surprised, the girl of my life, she weights about 1 ton and she's not good looking, she's got less hair than me and she takes size 9", hilarious. Hector, without his Médiators, is behind this great song. This a cover and if someone knows the original, tell me, the credits are Hammans - Mathiews... The others songs of the EP are also sounding great, A side is more beat / twist orientated and b side is more like a crazy psych blues highly influenced by Screaming Jay Hawkins. Hector was also loving theatre atmospheres.

Télécharger / download La Femme De Ma Vie


ps : nouveauté, j'ai rajouté un widget blogger sur le côté avec les Feed RSS et des liens pour nous ajouter à votre netvibes.

jeudi 30 août 2007

Candy and the Kisses - the 81 (1964)

Candy and the Kisses sont un girls group américain de soul 60's. En 1964 elles sortent un 45tours pour la firme Cameo de Philadelphie (déjà évoqué ici pour ...Question Mark and the Mysterians) la face a est signé Kenny Gamble et Jerry Ross tandis que sur l'autre coté l'écriture est assurée par Leon Huff avec Cindy Scott, en un sens ce disque annonce le futur son de Philadelphie et 4 ans plus tard Huff et Gamble enfin réunis font leurs premiers top 5 avec les Soul Survivors puis Archie Bell and the Drells, la machine est en route. En dehors de l'aspect quasi-historique, the 81 est un excellent titre de soul uptempo, le genre de morceaux dont rafole la scène Northern où cette pépite est devenue un des grands classiques des clubs anglais.

The 81 was the sole 7inches of Candy and the Kisses published on legendary philly label Cameo (Question Mark and the Mysterians among others), it was written by Kenny Gamble and Jerry Ross, the other side was the work of Leon Huff and Cindy Scott. 4 years laters Gamble and Huff were reunited and achieved a first top 5 hit with the blue eyed soul band the Soul Survivors, but this tune is not only good for those historical reasons, it's a fine piece of uptempo soul, the kind of stuff the Nothern crowd loved and loves so enjoy and do the 81!

écouter / listen to the 81

lundi 20 août 2007

Op Art

L'Op Art est un mouvement d'art moderne. Le terme apparait pour la première fois dans le magazine Times en 1964 et l'année suivante le succès l'exposition The Responsive Eyes confirme la grande popularité du genre. L'Op(tical) Art est comme son nom l'indique un style qui cherche à provoquer des réactions visuelles "physiques", les tableaux sont toujours d'inspiration géométriques et abstraits, d'une certaine façon ce courant est une continuation d'un esprit développé dans les années 20/30 par le Constructivisme Russe ou encore le Bauhaus. L'un des fondateurs du genre et figure emblématique le hongrois Victor Vasarely partage en partie ses convictions avec l'approche sociale de l'école allemande, et dès les années 30 on perçoit dans son travail les futures caractéristiques de l'Op Art (Zebra en 1938). L'autre artiste majeure du genre est l'anglaise Bridget Riley, elle devient célèbre pour ses tableaux dans les 60's en noir et blanc comme Movement in Squares, son style est influencé par le hongrois mais aussi le futurisme, le pointillisme (George Seurat - un des premiers à expérimenter l'idée de "tromper l'oeil"), son travail va évoluer en intégrant un vocabulaire plus large notamment la couleur.
L'Op Art a été un courant très populaire son esprit a été décliné sur de nombreux formats notamment les pochettes de disques, son influence aujourd'hui reste importante comme en témoigne par exemple cet Artwork pour le groupe Shy Child, disque sortie cette année.
Illustrations: (1) Bridget Riley Movement in Squares - 1961 (2) pochette du groupe Shy Child - 2007 (3) Victor Vasarely - 1970