Affichage des articles dont le libellé est french beat. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est french beat. Afficher tous les articles

jeudi 19 mai 2016

Johnny Hallyday ne prend pas de vacances

En rédigeant le dernier sujet de ce blog, j'ai cité "Noir c'est Noir" de Johnny Hallyday. Vous vous souvenez peut-être que j'avais évoqué il y a quelques années les morceaux instrumentaux du 45 Tours, interprétés par son groupe franco-anglais les Blackburds (archive). En fouillant les recoins de ce site fort bien fourni avec le temps (nous approcherions des 1000 articles murmure la régie), il n'a jamais été question de défendre directement le plus français des belges (ou le plus belge des suisses!). Il était temps de rendre hommage à ce monument du Rauque (fort) français qui malgré bien des défauts (vous les connaissez aussi bien que moi) impressionne par la longévité de sa carrière et son énergie sur scène. 

Vous l'avez remarqué, je n'ai pas insisté sur sa discographie, elle oscille entre peu attrayante pour l'esthète snob que je suis et franchement très cool. Cela peut surprendre, mais notre star nationale a enregistré d'excellentes choses ! Il y a bien sûr sa période twist/rock & roll , je ne la maîtrise pas assez pour vous dénichez ici les moments de bravoures d'Hallyday, mais il y en a sachez-le. En revanche j'ai eu un peu plus l'occasion de fouiller dans la seconde moitié des années 60 et je suis plutôt content de ce que j'y ai pêché. Là une très bonne reprise de "Hush" (francisé en "Mal"), meilleure probablement que la version de Deep Purple, ici d'honorables covers de soul de "Knock on wood" et bien sûr le rock chauffé à blanc, limiteurs dans le rouge, d' "À tout casser" (youtube). Autre temps fort de cette seconde moitié des années 60: "Psychedelic".

Resituons l'effort: 1966 marque l'arrivée en force d'une nouvelle génération de chanteurs, qui à l'inverse de leurs ainés, composent leurs propres morceaux. Antoine, Nino et Dutronc ringardisent ainsi les yéyés qui se contentaient souvent de reprendre les succès anglo-saxons en français. Antoine pousse le vice jusqu'à vouloir mettre Johnny en cage à Medrano (wikipedia), ce dernier lui répondra du tac au tac "Cheveux longs, idées courtes". Les déjà vétérans Johnny, Eddy et Dick doivent ainsi se réinventer: le rock & roll et le twist qui ont fait leur renommée appartient au passé et n'est pas encore assez ancien pour faire l'objet d'un revival (qui interviendra quelques années plus tard avec Sha Na Na mais aussi Au Bonheur des Dames en France). Si les intéressés sauront adaptés la soul music à la popularité grandissante, ils tentèrent, plus ou moins adroitement, de coller aux tendances. Il est ainsi rafraichissant de constater l'effort de Johnny en 1967 pour coller à la mode hippie fort éloigné du look blue jeans de ses premières années. Hallyday fait le même virage discographique en reprenant "San Francisco" du one-hit wonder Scott McKenzie (mais écrite par John Phillips des Mamas & Papas). Le résultat, sans être honteux, ne fait pas honneur aux qualités du rockeur français: le bagarreur devenu pacifique pour la (bonne) cause... de là à inspirer "Hippie Hippie Hourrah" de Dutronc ? Peut-être, néanmoins, vous le savez déjà, le temps fort de l'EP est ailleurs... 

"Psychedelic" est la bombe atomique du 45 Tours. Co-écrite par Johnny avec l'aide de Mick Jones, Tommy Brown (les lascars à l'origine du classique popsike/freakbeat "the Bird" - youtube) et du parolier Georges Aber et enregistré à Londres sous la supervision de Glyn Johns, la chanson est un monument de garage psychédélique francophone. C'est en partie grâce à Jimmy Page: l'infatigable session-man (la preuve) illumine la composition d'une fuzz fantastique ultra énervée. La prestation de Johnny est cependant impeccable. "Psychedelic" carbure plus aux amphets qu'à l'herbe: speed et violent comme une descente de trip, une grosse baffe sonique.

mardi 5 avril 2016

Edouard: le blues de Léon

Après une parodie - l'une des meilleures - des Élucubrations d'Antoine (chroniquée sur le blog), Edouard récidiva avec un second 45 tours toujours à mi-chemin entre novelty et beat musclée. Une des deux faces du 45 Tours ne présente pas un grand intérêt ("La Plagia" et "Rock Russe") mais l'autre est absolument terrible et indispensable (selon moi) pour les fans de french beat.

Difficile en effet de choisir entre "Girouette" et "Leon's Blues" quel morceau a notre préférence. C'est une orgie de fuzz et d'orgue accompagnés des textes décalés et drôles de notre ami Jean-Michel Rivat. Le disque n'est pas très courant, moins que le premier EP, il s'échange donc un peu plus cher mais rien de bien fou non plus comparé à la qualité de deux des morceaux du 45 Tours, bien plus agressifs dans leur son que les autres productions de l'intéressé. Il existe un pressage espagnol (comme pour le premier EP d'ailleurs) un peu moins recherché, je pense qu'il est possible de le payer entre 15€ et 20€ en état satisfaisant. N'étant pas capable de choisir ma favorite, vous avez le droit aux deux: amusez vous bien en compagnie d'Edouard mes amis ! 

samedi 27 février 2016

Les Homards Violets: Homard m'a tuer

Un mini événement pour les amateurs de disques français sixties sérieux ! Caméléon réédite l'EP des Homards Violets ! La plupart des productions des années soixante français furent enregistrées dans les studios de gros labels comme Polydor, Barclay's, Vogue... Y compris une majorité des très rares et collectionnées ! Conséquence: les productions avec un son plus rugueux moins policées ne sont pas légion dans nos contrées. Parmi les rares exceptions les sorties de JBP de Lyon et DMF de Normandie, deux labels montés par des passionnés qui ont documenté leur région dans les années 60s et donc publié une quantité importante de groupes beat (les Fraises des Bois, les Bourgeois de Calais, Les Senders, Les Shattels pour en citer des vraiment bons/intéressants). La majorité des sorties n'est pas toujours d'un intérêt musical génial, beaucoup de groupes de reprises dans un anglais approximatif (et jouer avec tout autant d'aisance) mais elle donne aussi un excellent témoignage de l'impact qu'eut la British Invasion dans l'Hexagone...Certaines présentent même un charme proche des Shaggs dans leur innocence !

Le(s) Homard(s) Violet(s) est une autre histoire. Leur unique EP publié de leur vivant et paru en 1967 (après un premier single deux titres - pas mal - paru uniquement à 5ex et réédité depuis) comportent 4 titres originaux en français ! La pochette ambitieuse de Dieter Volroff (dont c'est à ma connaissance la seule réalisation ?) donne le ton: un surréalisme âpre et belliqueux. Les lyonnais ne sont pas là pour vous caresser dans le sens du poil mais vous provoquer ! Le contenu musical est à la hauteur de la pochette, deux morceaux se dégagent particulièrement "le sadique" et "le clodo". "Le Sadique" ferait très certainement le bonheur des scénaristes de séries criminelles actuelles... La musique évoque le R&B des Stones quand les textes ont un certain humour grinçant les rapprochant de "à dégager" des Fleurs de Pavot (dans leur provocation) en plus trash encore. "Le Clodo" est le chef d’œuvre de l'EP et une véritable pièce maîtresse du rock français. Un mur de feedback digne de "My Friend Jack" des Smoke, des paroles caustiques mais drôles, la chanson est d'une violence et une originalité rare dans le paysage français de l'époque. Si la production est un peu plus lo-fi que les contemporains britanniques, voilà un 45 tours qui se hisse sans problème au niveau des raretés freakbeat si vénérées (notamment de ce coté-ci de la manche). Bref on aime à dire pour se moquer des groupes français qu'ils sont comme le vin anglais (ou comme Rock & Roll de Lennon hihi), une bien belle preuve du contraire ! On ne saura probablement jamais le fin mot sur "Omar m'a tuer" mais les Homards Violets étaient en tout cas de sacrés tueurs (au sens figuré même s'ils avaient des haches et des crans d'arrêt sur scène !). 

dimanche 21 février 2016

L'abbé Noel Colombier: Jerk la pierre

1968...le Printemps de Prague, les révoltes estudiantines en France, Amérique du Nord... et un abbé chante une ode à la tolérance face à l'adultère ! décidément une drôle d'année ! Il s'appelle Noël Colombier et est bien connu des milieux catholiques (plutôt progressistes) pour sa production musicale importante notamment dans les années 60/70 sur de nombreux labels spécialisés (Pastorale et Musique, Unidisc...). 

Cette année là, AZ, une maison de disque généraliste importante, publie ainsi un 4 titres du religieux, évoluant largement dans la chanson française comme le suggère "Merci Brassens". L'abbé y croque des personnages, les incitant à la tolérance et bienveillance. Les textes sont drôles et réussis à défaut d'être portés par une musique exceptionnellement dynamique...à une exception près, l'incroyable "jette la pierre" un jerk endiablé (hihi) où un orgue possédé (hihi) croise le fer avec guitares et flûtes. Aux manettes, nous ne sommes guère surpris de retrouver Bernard Gérard, un nom bien connu des amateurs de 60s pour sa participation à la magnifique BO de "Ne Nous Fâchons Pas" ("Rosbif Attack" etc.). Les disques catholiques français même s'ils n'ont pas la richesse des disques "Xian" (christian avec X pour cross) américains ou anglais (pas mal de disques de beat chrétiens!) réservent de très belles surprises d'une époque où le rapport entre séculier et religion était peut être moins tendu qu'aujourd'hui. J'aurais ainsi certainement l'occasion d'en évoquer d'autres de la même période... Pour ceux qui ne pourraient attendre la compilation Alleluia Garanti offre quelques pistes intéressantes et une bonne introduction aux saintes écritures pop !

    

mardi 16 février 2016

Monty: plus yeh yeh que yéyé

Jacques Bulostin est-il un trésor caché de la pop française sixties? Vous connaissez mon intérêt de longue date pour les disques de l'hexagone de cette période si particulière, pourtant je n'avais jamais réellement pris le temps d'écouter Monty...Son image de jeune premier renvoie immédiatement à celle de Frank Alamo temple de la niaiserie et toute l'horreur yéyé (quoi qu'on doit probablement pouvoir sauver une ou deux choses chez lui comme le "mods & rockeurs" de Sardouille). Pourtant Monty, à bien des égards, est un cas à part dans la pop française: il a la classe et des arrangements qui  tabassent. Il y a bien sûr pas mal d'adaptations (le lot de nombreux d'entre eux, avant que la classe 66 ne vienne foutre le dawa et redistribuer les cartes) mais elles balancent, ça joue ! L'intéressé a aussi écrit de super originaux d'ailleurs ("j'ai traversé l'enfer" et sa fuzz bien sentie)... 

Entre 1964 et 1966 chaque EP de Monty contient donc au moins un (très) bon morceau ("que me reste-t-il", "même si je suis fou"...), bonne nouvelle: ils sont courants et donc peu chers (à part "j'ai traversé l'enfer" bien que simple à trouver à moins de 10€ en réalité). Prenons par exemple "Un verre de Whisky" - un disque de 1964 que l'on voit assez régulièrement à quelques euros (0,5-1,2...) - il s'agit d'une excellente adaptation de "Can I Get a Witness" classique Motown écrit par les immenses Holland-Dozier-Holland et interprété avec une certaine sensualité par Marvin Gaye... Le petit français se défend très bien face à l'ancien boxer américain, plus nerveuse et jazzy sa version tient très bien la comparaison. Monty y est élégant et sobre, son vibrato pastel  y faisant des merveilles. Le répertoire rhythm and blues qu'explore Monty dans les premiers eps lui convient particulièrement bien, il évoque ainsi un croisement heureux entre Ray Charles, Dion et Georgie Fame. À ce difficile exercice du chant en Français Monty adapte avec ses mots, les fait sonner sans forcer ni chercher l'absolue fidélité à l'originale: une excellente stratégie. Bien que le reste de l'EP soit assez anodin, "Un verre de Whisky" est une excellente cover faisant honneur à l'original dont l'orgue plus proche de... "yeh yeh" que des yéyés ! Oserions nous dire que Monty est esthétiquement plus proche de la musique qu'écoutaient les mods que Dutronc?


jeudi 25 octobre 2012

Conjuguons La Pop #21 : Edouard - Les Hallucinations EP (1966)

Second 45T de la journée sixties et francophone: le très chevelu Edouard !

De son vrai nom Jean Michel Rivat, l'intéressé est par la suite parolier de Joe Dassin mais avant cela il commet sous le nom d'Edouard une parodie terribles des Elucubrations d'Antoine qui lui valu un procès d'ailleurs. 

Les hallucinations d'Edouard est une parodie du fameux titre d'Antoine. Ce dernier a créé un vrai séisme dans la musique et engendré une belle descendance de pastiches comme celui-ci ou de mecs lancés plus ou moins pour surfer sur l'état d'esprit (comme Evariste). Le titre est irrésistible, à la fois drôle et rythmé, il est au moins aussi cool que le titre qui l'a inspiré voir d'avantage. La face A est complétée par le très folky (y compris jusqu'à l'harmonica) "tu pleures alors je reste" , le titre que j'aime le moins des 4 mais il est pas si mal que ça (et toujours mieux que la plupart des yéyés !). 
"My name is Edouard" est une sorte de réponse à Michelle des Beatles, c'est encore une fois très drôle et particulièrement groovy, notamment grâce à d'excellents arrangements (l'orgue est vraiment super). Ce morceau est top! La face B se clôt sur l'excellent "qu'est-ce qui tourne en rond chez moi", une autre parodie d'Antoine (d'un autre titre de l'EP "les élucubrations"). Les textes sont encore une fois à mourir de rire et la musique super! C'est rythmé avec une bonne gratte et encore une fois une super partie d'orgue. Cette face B est un sans-faute!

Bref Edouard fait certes dans la parodie et le disque humoristique mais avec une qualité que peu de 45T novelty peuvent se targuer. C'est peut être pour ça que cette pièce est assez apprécié des collectionneurs sans non plus atteindre des côtes vertigineuses (mais bon ils vous en coûtera une quinzaine d'euros tout de même si jamais vous étiez tentés). Ah oui, et le titre que je vous ai mis en écoute est compilé sur la très bonne Gentlemen de Paris tout comme le Larry Greco de l'autre jour, youpee ! La vidéo est super drôle aussi (youtube).


Edouard - My name is Edouard


lundi 15 octobre 2012

Conjuguons la Pop #11 : Larry Greco - Jette-là (1965)

Voici un disque que je suis très fier d'avoir (et probablement un des 10 ou 20 disques que j'ai payé le plus cher ah ah). Un pote américain qui cherchait aussi absolument à avoir "jette-là" en 45T  considère ce titre comme un des meilleurs morceaux français. Je lui donnerais bien raison, j'irais même plus loin peut être en faisant de cet EP de Larry Greco dans son intégralité un des meilleurs des 60s en France.

Larry Greco de son vrai nom Roger-Claude Degallier démarre avec ses potes les Mousquetaires au début des années 60 du coté de Genève. Ils obtiennent un certain succès avec Marylisa y compris en France. En 1965 il sort ces meilleurs disques: deux EPs à couper le souffle accompagné par l'orchestre avec Eddie Vartan. Ce dernier est le frère de Sylvie, la connexion avec la famille Vartan se fait aussi du coté de Johnny: on peut ainsi apercevoir les deux (Johnny et Larry) faisant un bœuf au dos de la pochette, Larry écrira également quelques chansons pour le monstre sacré du "rock" français. L'autre EP contient une reprise hyper cool de "You've got what i want" intitulée "comme au poker" empruntée aux Boys Blue (les Sorrows l'ont aussi interprétée). L'EP Jette-là contient aussi une reprise mais accompagnée, fait assez rare pour le signaler, de trois originaux.

Le disque s'ouvre sur une composition originale, un slow intitulé "Jette-là". La thématique de la chanson est un classique du rock: un garçon éconduit alors qu'il est fiancé, un de ses amis lui conseille de ne pas chercher à recoller les morceaux. Les mots sont simples mais viennent du cœur. C'est un slow donc, l'idée peut faire peur pourtant il ne faut pas. Jette-là a quelque chose du "House of the Rising Sun" des Animals ou "I put a spell on you" de Screamin' Jay Hawkins. Sur un tempo lent et bluesy la voix de Larry Greco prend toute son ampleur, il arrache les mots de ses tripes, se met sur le fil à chaque syllabe, vit ce qu'il raconte . Les arrangements sont superbes, l'orgue est hanté, le solo de saxophone est très réussi et le jeux de batterie particulièrement raffiné. Larry Greco prouve aussi à travers ce titre qu'il était un vrai "shooter" de la race des Eric Burdon ou Van Morrison période Them. "C'est fini, bien fini" explore les mêmes thématiques (amour perdu, amitié etc.) mais sur un tempo bien plus enlevé. L'instrumentation se structure autour d'un duo piano-cuivre détonnant et apportant une touche rhythm n blues à l'ensemble. On pense aussi au rock pré-Beatles de groupes comme les Lafayettes.  Le titre est très réussi, Larry y injecte la dose de violence et de hargne qu'il faut.
La face B s'ouvre sur l'excellente "Je m'en vais demain". Seule reprise du lot le titre est emprunté à la star italienne Adriano Celentano. Ciao Ragazzi est à l'origine un titre au tempo plutôt lent, la chanson est superbe et la reprise à la hauteur. Larry Greco l'accélère et lui donne une pulsation dansante, les cuivres achèvent le boulot pour un ensemble de très bonne qualité loin de l'affadissement en vigueur chez les yéyés habituellement. Je trouve le choix de la reprise pertinent avec le répertoire de Larry Greco, il y a chez certaines chansons de Celentano ce que je retrouve dans la voix du suisse, une certaine forme de violence et de sauvagerie. Tu l'as voulue clôt l'EP en beauté, la chanson explore encore la thématique de la déception amoureuse, le tempo est enlevé, il y a une guitare bien rock n roll, des cuivres rutilants, ça balance un max, super morceau!

Larry Greco est un des petits miracles du rock français des 60s, si sa carrière a été bref il a eu le temps de commettre quelques uns des plus intenses morceaux que nous ayons pu entendre dans nos contrées. Sa voix le place dans le registre des shooters et il tient largement la comparaison. Que ce soit dans un registre lent et presque lugubre comme sur jette-là ou plus dynamique comme tu l'as voulue Larry Greco assure terriblement bien, on peut regretter que ce talent n'ait pas été utilisé plus souvent à sa juste valeur. Si vous souhaitez plus d'infos n'hésitez pas à faire un tour sur le site Rétrojeunesse.


Larry Greco - Je m'en vais demain

jeudi 11 octobre 2012

Conjuguons La Pop #08: Les Gypsys - Prolétaire (1967)

Voilà un 45Tours qui me tient énormément à cœur, probablement un de mes disques français préférés des 60s, du vrai rock dans la langue de Jean Baptiste Poquelin. Je suis très fier aujourd'hui de pouvoir évoquer avec vous l'unique simple des excellents Gypsys.

Les Gypsys était une formation de la banlieue parisienne, ils se sont rencontrés dans un bar de Malakoff (92, c'est pas loin de chez moi!), et apparemment ils avaient un sacré niveau! Sur disque on entend d'ailleurs tout de suite que les mecs savent jouer et devaient envoyer la sauce sur scène où ils reprenaient par exemple les Sorrows. Leur unique 45Tours est sorti en 1967 sur le label néerlandais Relax (voir cette interview pour plus d'informations) et fut l'une des deux seules sorties françaises de cette maison de disques très importante chez les bataves: les géniaux Outsiders étaient chez eux par exemple. Cette aventure du  45 Tours fut semble-t-il compliquée pour le groupe qui n'a pas vraiment eu toutes ses chances niveau promotion avec un label pas vraiment actif derrière qui les a pas un laisser se débrouiller dans la nature... C'est dommage car ce disque est vraiment super et aurait mérité mieux (mais c'est malheureusement le cas de beaucoup de groupes dans l'histoire de la pop en France).

En face A les Gypsys signent un "Prolétaire" au texte abrasif. Ce midtempo avec une guitare particulièrement réussi explore la condition sociale des classes populaires avec des mots simples et effectifs. Peut être que parfois le texte a des petits cotés naïfs, ils sont cependant contrebalancés par la sincérité qui en émane. Les mecs n'essaient pas de s'inventer une conscience politique mais décrivent ce qu'ils ressentent au plus profond d'eux: cette honnêteté vaut bien plus que des théories politiques.
"Je ne te pardonnerai pas" en B revient sur une thématique bien connue du rock n roll depuis ses origines: une fille, des soucis, se sentir tromper. Je suis à peu près sûr que le texte est proche de ce que l'on pourrait trouver chez des groupes anglais ou américains de la même époque, encore une fois les mecs ne trichent pas. Il ne cherchent pas à s'inventer une vie mais à décrire la leur. Le morceau est basé sur un riff bien méchant, une tournerie qui fonctionne très bien et permet aux musiciens de s'exprimer pleinement. Les cimes sont atteintes lors des soli de guitare particulièrement inspirés d'une dimension presque psychédélique (on est en 1967).

On est triste pour les Gypsys que ce 45T ne fut pas suivi d'autres. Aujourd'hui le pressage original se négocie à des prix à trois chiffres, pas illogique quand on sait la rareté et la qualité de ce simple. Heureusement pour les gens "normaux" Triptyc a eu la bonne idée de rééditer ce beau témoignage de la vitalité du rock français dans les 60s. Par ailleurs, allez jeter un œil sur le site du groupe, il est intéressant et honore la mémoire ce super groupe!


 

jeudi 4 octobre 2012

Conjuguons La Pop #03 : Dominique Walter - Les Petits Boudins (1967)



Dominique Walter avait tout du petit chanteur / interprête mi minet mi belle gueule propre sur lui vainqueur du concours de chant de Remo (ce qu'il fût). Mais c'est son nom qu'on voit sur la pochette de ce classique de beat made in France. Je ne sais pas si c'est sa maison de disque (Disc'Az) ou lui même, mais sur cet EP, il a su s'entourer du meilleure de la musique pop française de l'époque puisque le morceau titre n'est autre qu'une des meilleurs compositions de Serge Gainsbourg. Je ne vous apprends pas grand chose puisque ce morceau est un classique parmi les classiques, mais c'est certainement un des exemples les plus flagrants de conjugaison idéale du langage pop à la française mariant avec bonheur exigence de composition et surtout cette malice et espièglerie très française, ce truc qui vous fait danser un sourire en coin, les yeux posés sur une belle nana dont vous convointer les courbes. Le reste de l'EP n'est pas vraiment à la hauteur des Petits Boudins, mais on y trouve malgré tout une honorable reprise des Beatles dont les paroles signées Pierre Saka sont un peu ratées "Tu sais la mode ça se démode"... vive la rime de rappeur et une autre adaptation du même Saka d'un morceau italien, pas formidable mais l'orchestre et l'arrangement de cordes y sont assez en verve, elle mérite en tout cas de laisser le disque se finir.

Serge Gainsbourg a souvent eu une plume et des doigts d'or et c'est absolument le cas de ces petits boudins qui reste pour moi, l'un de ses morceaux que je préfère et ce n'est pas un hasard si notre blog tire son nom d'une chanson du bonhomme (on aimait bien le jeux de mots avec Twister le jeux, si vous n'aviez toujours pas compris pourquoi on utilisait des ronds vert - rouge - jaune et bleu, voici l'explication !).


Dominique Walter - Les Petits Boudins


Dominique Walter - Penny Lane

mardi 2 octobre 2012

Conjuguons La Pop #02 : Evariste - E=mc² (1967)



S'il y a bien un disque qui pourrait résumer l'esprit de ce blog, c'est bien cet EP d'Evariste, nous avons commencé à écrire ce blog avec l'objectif de faire re-découvrir ce genre de disque. Il est d'ailleurs surprenant que nous n'en aillons jamais parlé auparavant tant cet EP fait définitivement parti de l'indispensable panoplie des amateurs de French Beat que nous sommes et classique parmi les classiques des soirées sixties.

Après le succès d'Antoine, signé chez Vogue, les labels français se sont mis à la recherche de « leur antoine », Disc'Az fait fort en dégotant Evariste, un scientifique français expatrié aux Etats-Unis, docteur en physique théorique et ovni de la pop française. 

A l'exception peut-être de l'expérience Morricone-sque Dans La Lune sur la deuxième face, cet EP ne contient quasiment que des killers. Le plus connus est évidemment Connais-tu l'animal qui inventa le calcul intégral ? dialogue surréaliste et improbable entre un oiseau et Evariste sur fond de rythme voodoo répétitif et hoquetant qui n'est pas sans rappeler la folie théâtrale d'un Screamin Jay Hawkins (également grande influence d'Hector) au moment même où on re-découvre justement son répertoire (repris par Nina Simone et Alan Price Set notamment), esprit qu'on retrouvera d'ailleurs chez Arthur Brown l'anglais l'année suivante. L'une des grandes forces d'Evariste ce sont évidemment ses textes, d'une rare intelligence, bourrés de blagues et de jeux de mots. D'ailleurs, alors que je suis en train d'écouter le disque, les gens passent dans le couloir et rentre pour me demander qu'est ce que c'est que ce truc, avec Evariste, ce genre d'effet est garanti. Evariste Aux Fans devrait plaire aux amateurs de garage (et je sais qu'ils sont nombreux parmi nos lecteurs), la fuzz ne devrait pas y être indifférente, de même que les textes savoureux dont je vous donne un extrait :
Et mon corps a agi très très fort
Comme domaine d'opérateur sur ton corps
En moins d'une plombe, je suis devenu
Un espace vectoriel sur ton corps nu

Quant à Si J'ai Les Cheveux Longs, C'est Pour Pas M'Enrhumer, le morceau est certainement le plus à-la-Antoine (sans les problèmes) du disque et rappelle également un autre Antoine-like dont on parlera bientôt : Edouard.

Il est possible que la récente compilation (presque) intégrale du garçon ait fait un peu augmenter la cote des disques mais en cherchant un peu vous devriez pouvoir trouver ce disque autour d'une quinzaine - vingtaine d'euros.


Evariste - Connais-tu l'animal qui inventa le calcul intégral ?


Evariste - Evariste Aux Fans

lundi 11 avril 2011

Interview: Les Spadassins

Hé bien le temps passe vite, notre dernière interview remonte déjà à 2010, depuis quatre mois se sont écoulés mais nous n'avons pas chômé pour autant, et on est heureux de vous présenter aujourd'hui les Spadassins, une des nombreuses formations super cool que nous envoie à la figure Rennes en ce moment!

Ils viennent de sortir leur premier EP sous forme d'un joli 45 tours 4 titres chez Tryptic. Deux morceaux en français et deux en anglais, trois originaux si j'ai bien compté. J'ai une petite préférence pour les deux titres en français. Diabolique est une reprise francisée de la petite obscurité super groovy "all you" du Sonny Burke Outfit. Les textes prennent des libertés bienvenues par rapport à l'original et sont super réussis, ils apportent une petite touche de folie à cette reprise déjà très bien envoyée, le solo d'orgue est dantesque. Christine est un titre original, il est super très chouette, la voix me rappelle pas mal les 5 Gentlemen, mais derrière c'est un poil plus groovy que nos corses favoris. Les deux titres anglais sont à mon sens un peu moins originaux mais tirent bien leur épingle du jeu. "Pussy cat calls" est dans une veine très british RnB, l'harmonica est inspiré et bien vu. "Black Gloves" est au moins aussi bien que pussy cat calls, je pense même que je la préfère, on reste dans cette veine mod groovy hammond/bongos mais la fuzz amène une petite touche acide du meilleur effet . Ils complètent bien ce très bon 45 qui sort en même temps qu'un ep de reprises de Sheetah et les Weissmüller sur le petit label parisien qui avait marqué les esprits en rééditant le classique des Gypsys "prolétaires".

Et maintenant laissons la parole aux principaux intéressés Docteur Love (guitare), Mr Moustache (bongos) et Captain Beat (batterie).


Qui sont les Spadassins?


Docteur Love : Les SPADASSINS sont des bretteurs, des tueurs à gages qui ne combattent qu'à l'arme blanche. On les rencontre dans les drames romantiques de Musset ou dans la vieille mafia sicilienne. Sinon, nous sommes un groupe mod/soul/freakbeat chic et choc existant sous sa forme définitive depuis novembre 2010.

Monsieur Moustache: Les Spadassins sont six fiers gaillards qui, malgré leur lourd passé, sont aujourd'hui au sommet de leur art. Fred Ernest qui «jouait» dans un groupe de punk, sait aujourd'hui chanter à l'envers et fume des Gauloises. Bloody Bulga, qui collectionnait des timbres du Congo Belge et de république centrafricaine, joue maintenant dans quatre formations sans posséder ni basse ni ampli, Docteur Love, qui pensait conquérir le monde grâce à une année sabbatique octroyée par l'Éducation Nationale, est aujourd'hui encore plus endetté et attend toujours le succès, Captain Beat, qu'un passé militaire a contraint à porter le poil et la chevelure courts, fait aujourd'hui des chorégraphies chrétiennes en jouant de la batterie et imite l'accent québécois comme personne. Zorino, qui se faisait arnaquer par des vendeurs de cuir, se coupe aujourd'hui les cheveux tous les jours et sait réciter l'alphabet en commençant par la lettre K, enfin, moi-même, qui ai osé un jour lointain porter le bouc pendant plusieurs jours consécutifs mais qui aujourd'hui comme mon nom ne l'indique pas, porte des favoris des plus distingués et possède un pantalon que je suis le seul à trouver jaune.

Captain Beat: Les Spadassins sont de gros branleurs ... Certains sont mêmes un peu trop hypeux mais c'est comme ça... En même temps, ils peuvent être branleurs vu qu'on botte le cul de pas mal de groupes. Moi, je ne suis ni branleur ni hypeux, je suis Captain Beat, mon talent et ma modestie m'ont fait capitaine.


Comment sont nés les Spadassins? Sont-ils la "suite logique" des Dadds auxquels certains d'entre vous ont appartenu?

Docteur Love : Le groupe a débuté pendant les chaleurs de l'été 2009 avec les cinq musiciens. Nous avons ensuite été rejoints début 2010 par Charles, vocaliste émérite des COMBOMATIX qui nous a régalé jusqu'au mois de septembre de son organe puissant et granuleux. Il a ensuite quitté le groupe qui a donné son premier concert sous sa forme actuelle en novembre 2010 avec Fred au chant, en première partie du BRIAN AUGER'S OBLIVION EXPRESS. LES SPADASSINS ne sont pas spécialement la suite logique des DADDS, plutôt une suite chronologique. Nous jouons une musique plus soul, groovy, plus mod que les DADDS qui étaient plutôt un groupe garage/yéyé. Qu'ils reposent en paix.

Monsieur Moustache: Au départ il y avait Zorino, Charles et moi, on s'appelait Pascal La Dalle et les émaciés, et puis les autres sont arrivés, et ça n'a plus été possible.

Captain Beat: Non, les Dadds étaient des tocards orgueilleux en provenance de Normandie. Les Spadassins portent fièrement leurs origines bretonnes sous un costume trois pièces. Pour l'histoire du groupe de Monsieur Moustache, c'est des cracks... C'est normal, c'est un mec de droite et il prend certaines libertés avec l'Histoire, comme tous les mecs de droite. Sa moustache n'est pas hype mais réactionnaire.


Qui a eu l'idée du nom, pourquoi ce nom?

Docteur Love : Le nom vient de P.M. il me semble. A la base, je voulais faire une sorte de groupe conceptuel avec des paroles très 19e ne traitant que de duels, d'amantes éplorées, de romantisme gothique et de chevalerie médiévale. On s'est aperçu bien vite que le challenge était difficile et que l'idée pouvait nous limiter musicalement. On a gardé le nom qui, en plus de bien sonner, rend justice au caractère royal et ancien de notre musique.

Monsieur Moustache: Comme Pascale la Dalle ne pouvait plus fonctionner, nous avons opté pour quelque chose de plus ramassé et rebondi, plus à l'image des nouveaux arrivants. Cela a donné Les Spadassins, ce qui impliquait paradoxalement de faire de la musique fine et acérée dans un français élégant. Je n'avais jamais fait cela avant, l’exercice de style me plaisait beaucoup, et puis c'était un bon prétexte pour se replonger dans Musset et Chateaubriand. Et comme je viens du berceau du Romantisme... Mais notre chanteur ne se sentait pas de porter cela, ce n'était pas son truc, et c'est dur, voire impossible, de livrer un chant convaincant si l'on est pas soi-même convaincu par ce que l'on chante. On a donc conservé le nom Spadassins, mais opté pour des paroles un peu moins surannées. De toute façon je crois que le reste du groupe n'aurait pas suivi sur l'imagerie culottes de velours, jabots et cravate Lavallière.

Captain Beat: Qu'est ce que je vous disais! La moustache fantasme un brin... Le voir lire du Musset ou du Chateaubriand, c'est mission impossible. La dernière fois qu'il a ouvert un livre, il a eu une crise d'hémiplégie. De plus, l'homme est jaloux et frustré... Il est vert de rage à la vision de nos muscles saillants. On lui pardonne bien volontiers ces félonies tant l'individu est petit et frêle.


Fred des Bikini Machine est votre chanteur, comment a eu lieu la rencontre?

Docteur Love : Fred nous a enregistrés et produits l'été dernier, il aimait notre musique et nous connaissions la légendaire élégance de ses harmonies soul. Nous avions pensé à lui dès le départ, nous l'avons séquestré puis menacé, à l'arme blanche bien sûr, pour qu'il rejoigne le groupe. La franc-maçonnerie suisse a bien évidemment facilité le travail.

Monsieur Moustache: Cela me fait repenser à cette bonne vieille blague de la vache et des trois vieillards suisses sur un banc.

Captain Beat: Je ne savais pas que Fred Ernest collaborait avec un groupe de variétés et je ne connais pas la blague de la vache et des vieillards suisses... J'ai rencontré Fred alors que le sieur Moustache faisait la roue en écoutant Percublabla et que Docteur Love découvrait la sexualité avec les titres d'Étienne Daho. A l'époque, je crois que Bloody Boulga ne parlait que le bas Finistérien et que Zorino ne parlait déjà pas... mais dans les bouquins d'Hergé. Avec Fred, on a déjà fait de la musique ensemble et c'était vachement bien.


Comment définiriez vous votre musique? Si je vous dis que j'y entends un peu de Nino ou des 5 Gentlemen ça vous semble juste? Quelles sont vos autres influences?

Docteur Love : Cela me semble tout à fait pertinent. En plus, j'adore les 5 Gentlemen. Je crois que la particularité du groupe est d'être influencé par plusieurs genres de musique des 60's. Nous écoutons de la northern soul, de la soul plus rugueuse et primitive, de la pop baroque, du Doo-wop, du freakbeat, du garage bien sûr, du R'n'B', du jerk francophone d'époque, des Bo de films. Je suis pour ma part particulièrement friand de sons 60's orientaux ou africains. J'aime beaucoup le garage turc ou les trucs asiatiques. Je pense que l'on retrouve de petites touches de tout cela dans LES SPADASSINS.

Monsieur Moustache: Personnellement j'écoute beaucoup de techno minimale, des trucs genre Stewart Walker sur Persona Records ou Luciano sur Cadenza, je crois que ça s'entend assez dans mon jeu de bongos. Sinon, j'écoute tout comme Dr. Love bon nombre de sixtiseries, dont un florilège peut se retrouver sur mon émission de radio de qualité supérieure: Blousons Noirs et Boudins Blancs. J'aime aussi le bordeaux et le réglisse.

Captain Beat: "Des trucs asiatiques"... Mmmhh... la seule fois où j'ai vu Docteur Love avec un truc vaguement asiatique entre les mains, c'est quand il a braqué des sushis dans une supérette d'autoroute. Donc oui, il y a eu présence de sushis une fois dans la vie des Spadassins. Et c'est vrai que je joue avec des baguettes...


Vous chantez en anglais et français, quels avantages trouvez vous à chaque langue? Comment décririez vous vos textes?

Monsieur Moustache : L'anglais est une langue qui sonne naturellement, ce n'est pas un hasard si elle est autant utilisée dans la musique pop. C'est bien cependant de pouvoir revenir à sa langue maternelle, c'est une tradition qui se perd un peu à mon goût, même si nous sommes un peu tous inégaux face à cela; cela n'engage que moi mais je trouve que le beat allemand sonne tout de même nettement moins bien que du garage chanté en arabe ou de la soul en espagnol. Le français n'est pas une langue facile à manier en chanson et certains morceaux s'y prêtent alors que d'autres impliquent d'y travailler, pour que les mots rebondissent et sonnent aussi facilement qu'ils peuvent le faire en anglais. Pour l'instant nous tombons un peu dans la facilité selon moi, si un morceau se prête à l'anglais, on l'écrit et le chante en anglais. J'aimerais qu'à l'avenir nous nous fassions un peu plus violence, mon idéal absolu serait vraiment deux tiers des chansons en français, mais je ne suis pas le seul à décider.

Captain Beat : Os Mutantes chantent en portugais du Brésil et ça ne dérange pas beaucoup de monde. Je ne sais pas si la langue utilisée est si importante que ça... Chanter en français pour un groupe français, c'est plus vendeur et exotique pour l'export... Avec Docteur Love, on a en projet de mettre en musique des textes d'un poète breton ou gaélique... L'important, c'est la pose!


Vous allez sortir votre premier EP sur Tryptic Records, comment s'est faite la rencontre, comment se présente la sortie?

Docteur Love : Nous avons enregistré une dizaine de chansons et Didier du label a accepté de sortir notre premier EP. Nous en sommes ravis et l'en remercions. Tout se présente bien et nous jouons au Mondo Bizarro de Rennes, le samedi 7 mai pour la sortie officielle du disque. Il serait d'ailleurs judicieux d'acheter ce disque. SUPPORT YOUR LOCAL RECORD DEALER ! Nous espérons sortir un 45 tours tous les six mois.

Monsieur Moustache : Tryptic a sorti une ré-édition des Gypsys, l'excellent Prolétaire. Forcement ça nous a botté, je n'ai malheureusement été au courant que trop tard. J'espère que Didier refera des sorties de ce type. Notre disque à nous est superbe, les titres sonnent, j'ai hâte de le tenir en main, et quand je pense que certains heureux parisiens l'auront deux semaines avant nous...

Captain Beat : Je ne connaissais pas ce label. Je ne crois pas que les parisiens peuvent être heureux. Je suis contre Paris. Je suis contre la France jacobine.


A-t-on une chance de vous voir jouer un peu partout en France ces prochains mois pour venir présenter ce 45?

Monsieur Moustache: Ça serait sacrement chouette. Tu nous bookes une tournée?

Docteur Love : Nous avons quelques dates en France d'ici l'été et en Octobre nous tournerons en Suisse, en Allemagne et en Belgique.

Captain Beat: C'est vrai que les gens qui nous voient en show ont de la chance.


Vous êtes de Rennes, et un certain nombre d'entre vous appartient à d'autres formations de la ville (Bumble Bees, Sudden Death of Stars) un mot sur la scène? avez vous le sentiment qu'il y en a une?

Docteur Love : Il est vrai qu'environ 80% de nos amis rennais jouent dans des groupes, c'est amusant. Il semble y avoir qqch par ici. Nous sommes ravis du dynamisme musical de la ville, même si parfois nos emplois du temps sont un peu surchargés avec tous ces projets. C'est cool de pouvoir jouer ensemble, de se prêter du matériel, de s'entraider pour l'enregistrement, les concerts. Le truc, c'est que notre «scène» est très DIY, nous n'avons que peu de relations avec les partenaires institutionnels. Nous perdons en visibilité ce que nous gagnons en autonomie et en liberté. Par contre, comme tu pourras le constater, nous formons plus une communauté amicale qu'une communauté artistique, les groupes ne se ressemblent pas. En vrac quelques autres groupes: A CAKE A ROOM, COMBOMATIX, SPLASH WAVE, FIFTY MILES FROM VANCOUVER, PANOPLIE...



Monsieur Moustache : Je trouve ca super cool d'être autant entouré de musiciens, on joue tous dans plusieurs groupes, et tout le monde joue dans le groupe de tout le monde. Il y a vraiment une chouette émulation, un dynamisme enivrant. Et puis cela permet aussi d'assouvir ses divers penchants musicaux. Mais il est certain que pour la plupart de nos formations, cela reste très underground, on sort des LPs, des 45s, des K7, mais c'est soit auto-produit, soit sorti sur une petite structure, de fait nous sommes peu diffusés; le monde ne connaitra peut être jamais notre génie. Je pense cependant que nous serons culte en 2066.

Captain Beat: Il y a ce qui se passe dans les médias et ce qui se passe sur le terrain... C'est là une différence notable! Il y a en effet quelques groupes cools dans le coin mais peu relayés par les journaux. Il y a une forme d'ingérence de la part de certaines personnes qui jouent avec les musiciens comme avec des Playmobil. Après, tu acceptes ou pas de rentrer dans le jeu mais c'est pas ça qui créée une scène. A Rennes, il n'y a pas une scène mais des scènes avec des circuits différents.


Que peut on vous souhaiter de mieux à l'instant précis?

Docteur Love : Du temps et des dates de concerts !

Monsieur Moustache : Des dattes c'est bien, mais égyptiennes alors, ce sont les meilleures. Et puis des figues aussi.

Captain Beat: Nous souhaiter tout, au mieux, et à taux fixe.


Quelle question ai-je oublié de poser?

Docteur Love: T'as pas une clope?

Monsieur Moustache : Si le train pour Quimper quitte Brest à 16h25, combien coûte le sandwich norvégien au wagon restaurant?

Captain Beat: Connaissez vous l'impact de l'amiante sur la discographie des Beatles? Quand est-ce qu'on mange un bœuf bourguignon? Avez vous déjà eu peur de vous réveiller en nain zébré? Plein de questions trop cools que personne ne pose jamais...

FACEBOOK / BANDCAMP / TRYPTIC


mercredi 6 avril 2011

Les Mersey's - si tu m'aimes (1967)

Comme vous le savez j'ai un petit faible pour les disques de beat chantés dans d'autres langues que l'anglais, notamment le français. A ce petit jeux les québécois se débrouillaient sacrément bien , peut être à cause de la présence rapprochée du cousin américain. J'ai déjà eu l'occasion de mentionner les géniaux Lutins il y a quelques temps, il faudrait aussi parler des Misérables ou des Hou-Lops (j'étudie mon grec avec Normand Fréchette est une tuerie) mais aujourd'hui on s'intéresse aux Mersey's. Ils ont sorti un unique album que je n'ai pas eu l'opportunité d'écouter, en revanche j'ai mis la main sur ce single il y a quelques temps, et je dois dire que "si tu m'aimes" est un sacré morceau pour danser dans la pure tradition british beat, revue et corrigé en français, très bon single! Par ailleurs si vous souhaitez approfondir la question, je vous recommande la lecture des blogs Patrimoine Québec et Vente de Garage.

Les Mersey's - si tu m'aimes

mercredi 14 octobre 2009

Antoine - Le Marchand De Temps (1967)


Ah la French Beat et RPUT c'est une longue histoire d'amour, chez requiem, on aime déterrer et réévaluer des artistes parfois sous-estimés... On pense évidemment à Dutronc, bien trop souvent boudé ou sous-estimé pour nombre de nos congénères français, pensant que le rock héxagonal se résume vulgairement à Noir Desir et les Bérus... Nous pourrions donc aussi cité Antoine, pour la jeune génération dont je fais parti, on l'associe évidemment aux Élucubrations mais aussi aux publicités et pitreries optiques...de quoi gâcher une image ! Pourtant, le mec est responsable d'une grosse poignée de tueries sixties beat assez monumentale, on pense aux LP et EP réalisés en compagnie des Problèmes, au EP un élephant me regarde et d'autres. Sur ce EP facile à se procurer pour pas trop cher, on trouve le Marchand De Temps, morceaux incroyablement addictif, des paroles malines, un gros groove, un orgue sauvage, un riff de guitare fougueux soutenu par une caisse claire qui fleure bon le garage rock. Ça cartonne quoi !




French Beat & Requiem Pour Un Twister is like a long love story as you may already know. We love to re-evaluate some underrated frenchbeaters... We often think to Dutronc which is less famous that he should be in the french rock scene... An other example is definitly Antoine, for sure every sixties lover know his collab with the rocking Problèmes, or the famous psych beat anthem un élephant me regarde, but no one knows this fantastic song called Le Marchand De Temps, released on an quite easy to find EP. IMO, it's a must have, cheap original and twisting as hell, check that incredible organ and this violent snare drum. Enjoy !


Télécharger / Download Antoine - Le Marchand De Temps

vendredi 18 septembre 2009

José Salcy - je bois trop (1966)

J'avoue avoir entendu parler de José Salcy que très récemment, bien après en tout cas avoir écouter les Boots, 5 Gentlemen, et autres Problèmes... Ce titre a été compilé sur got the go vol1 (le 2 est encore dispo) une compilation réalisée par les dj résidents (Topper & Ivan) des soirées Bastille Bastille (juste LA meilleure soirée 60s de Paris, à ma connaissance!) . José Salcy est originaire de Nice et a sorti pas mal de disques, notamment sur vogue à partir de 1962, les collectionneurs recherchent en particulier celui ci (dont je n'avais jamais vu la pochette avant début septembre!) et "j'en parlerais à mon cheval" (de mémoire compilé sur "ils sont fous les gaulois" vol 4), pour plus d'infos allez faire un tour sur le Myspace réalisé par Clem des Carpet Sellers. J'ai choisi "je bois trop", un titre de rnb (au sens Stones pas Stax hein?) super bon, avec une guitare mortelle, c'est enlevé et puissant, bref ça démonte!

José Salcy was unknown to me before recently, this guy is far less popular than let's say les 5 Gentlemen, les Boots or les Problèmes, but he did some great stuff, including this track "je bois trop" a ferocious rnb-beat tune with an awesome guitar part wich was comped on "got the go" vol1!

Jose Salcy - je bois trop

jeudi 16 juillet 2009

L'idole de la galaxie c'est .... Perkins


Cet obscur Perkins sort un unique EP en 1967 sur la firme Barclay, sans doute à la recherche d'un chanteur capable de rivalisé avec les Ronnie Bird et compagnie. Son look ressemble est en effet assez ressemblant à celui de la vedette. Sur ce disque, 4 originaux signés Perkins allant du sympa au très bien. En particulier, C'est ça le monde est une excellente chantée en français, un poil cheesy mais qui groove assez pour faire secouer les fesses à la Mécanique Ondulatoire. Les autres morceaux sont plutôt sans intérêt, c'est pas étonnant que seul celui ci ait été compilé (worldbeaters notamment). Notons que le disque est plutôt très rare et plutôt cher mais moins indispensable que n'importe quel ep des 5 Gentlemen...

Ecouter Perkins – C'est ça le monde


This obscur singer called Perkins just released one EP in '67 under Barclay label. It could be described as a sort of Ronnie Bird, his look is very similar, and his british beat infused songs are quite in the same vain but not as wild as Ronnie could be. On this hard to find EP, 4 original songs sing in French, most of them are so so but C'est ça le monde is definitly a very song to make dance any 60s club around the world, a bit cheesy but catchy as hell. It's not surprisingly the only track from this EP to have been compiled (Worldbeaters).


Listen to Perkins – C'est ça le monde