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mercredi 14 mars 2018

Ariel Kalma, l’osmose mystique.



 


Lorsque l’on évoque la musique électronique en France, on pense instinctivement à la french touch des années 1990 et 2000 ou, pour les plus téméraires, aux expérimentations électro-acoustiques pionnières de Pierre Schaeffer et Pierre Henry. Pourtant, à partir des années soixante-dix, parallèlement aux recherches abruptes de l’INA-GRM (Groupe de Recherches Musicales), une génération de musiciens entreprend l’exploration des nouvelles possibilités offertes par les synthétiseurs. La musique électronique s’extirpe du champ strictement savant pour se diffuser auprès de jeunes gens réceptifs aux voyages intérieurs et aux trips cosmiques. Contrairement à nos voisins teutons (Popol Vuh ou Faust bénéficient, de manière encore inexpliquée aujourd’hui, des largesses financières de leurs maisons de disques), la scène électronique française se développe dans la marginalité, voire presque dans la clandestinité. Elle est, la plupart du temps, le fruit de démarches autonomes. Seuls quelques cas épars comme Jean-Michel Jarre parviennent au succès (n’oublions pas le bide de ses premiers disques). Ainsi, certains choisissent le confort relatif de la musique d’illustration (Bernard Fèvre, Jean-Pierre Decerf…), quand d’autres créent leurs propres labels (Richard Pinhas/Heldon, Pôle…). Ariel Kalma fait partie de ce second camp, celui de l’autoproduction et des petites maisons d’édition underground.




À la fin des années soixante, Ariel Kalma, de son vrai nom Ariel Kalmanowicz, est étudiant en informatique à Paris. Pratiquant le saxophone depuis l’adolescence, il délaisse progressivement son appétence pour le Rock & Roll quand il découvre le Free-jazz et les musiques d’avant-garde. Toutefois, comme nombre de ses contemporains, il doit cachetonner auprès des vedettes de la variété. C’est ainsi qu’il se retrouve à tourner un temps avec Salvatore Adamo, le musicien brésilien Baden Powell, ou encore David McNeil, chanteur aujourd’hui quelque peu oublié du label Saravah (et fils de Marc Chagall !). En 1974, il participe à la tournée mondiale de Jacques Higelin. Lors d’une escale en Inde, il est introduit à la musique classique indienne ainsi qu’à une certaine philosophie mystique qui le bouleverse profondément. C’est, dit-on, par l’intermédiaire d’un charmeur de serpent qu’il apprend la respiration circulaire, une technique qui lui permet de souffler des notes longues et continues à travers ses instruments.

 
De retour à Paris, il travaille sur l’enregistrement d’un premier album. Son titre, Le temps de moissons, évoque immédiatement les chaleurs estivales écrasantes, mais également l’abondance, et le repos bientôt mérité. La première face ne contient qu’un seul titre, éponyme. Il s’agit d’un mélange entre les ragas indiens et les boucles répétitives des maîtres du minimalisme américain. Dans une formule analogue à Terry Riley, il superpose des pistes de saxophone à travers des filtres de reverb, d’échos et de wah wah. La seconde face s’ouvre quant à elle vers les territoires de la musique Gnaouas (Maroc) pour se conclure dans un jam électronique que n’aurait pas renié Urban Sax. Profondément original et personnel, ce premier album, tiré à 1000 exemplaires au milieu des années soixante-dix, s’offre dans un écrin « fait-main » (sans mauvais jeu de mots) : une simple pochette blanche numérotée au stylo sur laquelle il dessine les contours de sa main droite, accompagnée parfois de symboles ésotériques.

En 1976, Ariel Kalma participe à l’éphémère projet Nyl, une espèce de « super-groupe » de l’underground, avec d’anciens membres de Cheval Fou (formation psychédélique complètement délurée à la Gong) et d’Âme Son. Leur unique album est publié sur Urus, le label d’Heldon. 


 
C’est néanmoins deux ans plus tard qu’Ariel Kalma produit son disque le plus audacieux, Osmose. Il s’agit d’une œuvre élaborée à quatre mains avec l’aide de Richard Tinti. Ce dernier participe durant les années soixante-dix à des missions de field recordings dans les forêts primaires. Ses captations de chants d’oiseaux tropicaux, de bruits d'insectes, des sons de la pluie et du vent sur la canopée, servent de trame de départ au travail d’Ariel. Autour de l’atmosphère sonore de ces contrées impénétrables, il tisse des pièces profondes et captivantes, dont la force est de ne pas employer les enregistrements de Richard Tinti comme un simple alibi exotique. Bien au contraire, il met en valeur une luxuriance sonore naturelle grâce à des bourdons contemplatifs et des expérimentations acoustiques étonnement modernes. Moins lo-fi et sans doute plus maitrisé que son premier disque, Osmose est le genre d’album dont le foisonnement harmonique se révèle au fil des écoutes.


L’article pourrait continuer plus longuement, mais, d’une part, cela fait déjà beaucoup à digérer, et, d’autre part, Ariel Kalma tombe petit à petit dans une New Age mollassonne qui semble d’un intérêt moindre, ou alors pour les plus curieux ou les plus gourmands. Son œuvre énigmatique ne témoigne pas moins d'une remarquable modernité, aussi bien dans le traitement sonore que dans la démarche. Les deux disques évoqués ont été réédités (avec des titres en plus et en moins...), tandis que sa discographie est en écoute libre sur son bandcamp.

dimanche 3 juillet 2016

Plus vraiment Soft mais plus Machine que jamais

Les algorithmes sont aussi fascinants qu'agaçants: ils peuvent vous glisser d'affreuses peaux de bananes sur la route sinueuse de la découverte mais sont aussi capables de vous surprendre ponctuellement. Je consulte ainsi de temps en temps les playlists de Spotify, à ce jour je n'y ai fait aucune réelle découverte mais j'ai pu apprécier que ce satané ordinateur était capable d'identifier une partie de mes goûts avec une précision étonnante. Citons en vrac dans celle de cette semaine: The dBs (blog), Todd Rundgren, Make Up, Ultimate Painting, Miracle Religion (avec mon morceau préféré all the best) etc. Pointu et cool !

Les algorithmes se plantent aussi parfois sévèrement, ainsi Spotify est-il convaincu que j'aime les tubes de variété parce que j'écoute certains titres (précis) de chanteurs français, ils me proposent ainsi un hit disco de Dalida, supposant qu'ayant écouté Monty, Johnny ou Nino cela devrait être ma came. Les algorithmes n'arrivent donc pas ici à identifier mon comportement d'écoute car il est probablement noyé dans une masse d'informations ne faisant pas la subtile distinction que j'opère. Pour prendre un exemple un peu analogue, il suffit de regarder la liste des recommandations pour les Beatles sur last fm , les choix se portent naturellement sur des groupes très écoutés comme les Beatles plutôt que sur des groupes ressemblant aux liverpuldiens comme pourraient l'être les Searchers, Gerry and the Pacemakers etc. Ainsi les Hollies apparaissent-ils après Led Zeppelin.

Soyons honnête, je ne pense pas les algorithmes d'aujourd'hui pas capable de précéder le travail humain d'analyse et de rapprochement, c'est à dire le conseil du disquaire, le partage entre passionnés, les chroniques de disques, les compilations, les playlists etc. cependant la qualité des recommandations bénéficient aujourd'hui d'une acuité surprenante voir troublante. Le développement de l'intelligence artificielle n'en est ainsi qu'à ses débuts et le deep learning laisse entrevoir un futur peut-être dirigé par Bêta Gamma l'Ordinateur... Il risque en tout cas d'améliorer la qualité des recommandations, peut-être en analysant directement la musique (accords, instruments, tempo...).

Revenons-en à nos moutons... Cette longue digression m'amène à une excellente découverte effectuée grâce à un algorithme et aux écoutes d'autres internautes sur youtube: Soft Space de Soft Machine. Le morceau s'en effet naturellement enchainé à une de mes écoutes récentes: Chaos de Quartz. Je ne sais pas si les deux titres sont dans la même veine, il est évident en tout cas que Soft Space des britanniques est exactement dans ce que j'ai envie d'écouter (électronique, planant, abstrait, voir cosmique...) et une très belle découverte ! Le morceau est une rencontre fantasmée entre Moroder (l'influence d'I Feel Love sur la basse me semble évidente) et des séquences songeuses et mouvantes de Tangerine Dream période Phaedra avec un soupçon de Terry Riley peut-être... Autant dire que la chose a de quoi m'émoustiller mais en revanche elle énerve profondément les amateurs de Soft Machine. En effet à l'époque d'Alive and Well (l'album sur lequel figure ce morceau également publié en single - coupé en deux parties assez harmonieusement), le groupe britannique ne ressemble guère à la formation majeure de l'école de Canterbury qu'elle était une décennie plus tôt. Il ne reste aucun membre de la formation originale, Karl Jenkins en est le leader mais il n'est évidemment pas aussi apprécié que Wyatt, Ayers, Allen, Hopper ou Ratledge... Pour ne rien arranger à son cas, le Karl a commis une bien vilaine chose dans les années 90. Mais voilà, que ce ne soit pas le Soft Machine original ou que Karl se soit perdu en chemin importent au fond peu. Soft Space est un super morceau électronique, hallucinant pour 1978 et d'une modernité que n'a pas forcément tout le répertoire plus jazz rock du groupe ! Concluons sur une boutade: pensez vous qu'un algorithme va désormais associer Monty et Soft Machine ?

samedi 11 juin 2016

Quartz: à l'heure de la disco cosmique

L'autre jour, j'étais chez mon vendeur préféré aux puces, je regardais machinalement le bac soul/funk/disco et mes yeux se sont posés sur cet album de Quartz. La pochette a tout de suite captivé mon imaginaire, une pointe de science fiction, l'arrière plan solaire contrebalancé par la froideur et la géométrie du quartz: je savais avant même d'écouter la moindre note qu'il s'agirait de disco cosmique française ! Les enfants au milieu de colossaux cristaux évoquent très certainement l'un des succès de l'année 1978, également la date de publication de ce premier album, Superman et plus particulièrement la planète d'origine de Clark Kent: Krypton (trailer).

Quartz semble être en particulier l'alias de Saint-Preux, un compositeur d'inspiration classique ayant eu un énorme à la fin des années 60 avec "Concerto pour une voix" (pour les curieux: wikipedia et youtube). La plupart des morceaux de l'album sont également co-signés par Max Gazzola, peut-être un peu plus expérimenté en matière de disco puisqu'il a écrit pour The Ritchie Family (discogs). Notons aussi la participation de Patrick Langlade, probablement le frère de Saint-Preux... Un des morceaux de Quartz est une réadaptation d'un thème du second mouvement de Symphonie pour la Pologne (information trouvée ici) du compositeur contemporain. Le projet sort deux albums en 1978 et 1979, soit en plein dans la vague Space, Space Art ou Moon Birds.
Un morceau a particulièrement retenu mon attention "Chaos", après quelques écoutes de l'ensemble du LP c'est de loin le morceau que je préfère... Les autres ont un peu trop subit à mon goût les épreuves du temps et ont quelques traits qui me les rendent moins attachants (des voix redoutablement eurodisco etc.). Pourtant, à l'époque, "Chaos" ne fut pas publié en maxi et "Beyond the Clouds" eut ainsi les faveurs des djs de Détroit (la preuve), ceux-là même qui par leurs audacieux mélanges contribuèrent quelques années plus tard à influencer inconsciemment l'esprit des kids du Belleville Three...La Techno des origines a en effet plus que quelques instruments en commun avec beaucoup de musique électronique européenne de la fin des années 70: une forte appétence pour le futur. "Chaos" fut en revanche choisi par les compilateurs de Cosmic Machine en 2013, je les rejoins totalement dans ce choix: le morceau a une modernité unique. Réduit à l'essentiel à travers une basse mécanique et synthétique, une rythmique discoïde puissante, quelques traits mélodiques et enfin cette sublime section de string machines, "Chaos" est d'une redoutable élégance: il fait beaucoup avec peu... À cinq euros, le LP est bien sûr reparti chez moi !

vendredi 3 juin 2016

Trans Volta: ordisconateur

Aujourd'hui une sympathique obscurité de la fin des années 70 ramené de Lyon "Disco Computer" de Trans Volta. Derrière cet anonyme pseudonyme se cache Dan Lacksman. L'intéressé est un des trois membres fondateurs de l'excellent groupe de pop synthétique Telex. Je ne sais pas si ce disque est postérieur ou antérieur à la création de la formation (1978 pour les deux) néanmoins il ne s'agit pas de la première trace discographique de l'intéressé. Loin de là !

En 1978, Lacksman a déjà une dizaine d'année d'expérience dans les studios et enregistré plusieurs disques dont certains ayant eu du succès (biographie). Il s'achète en effet un synthétiseur en 1970 et enregistre comme beaucoup de pionniers de la musique électronique des hits novelty avec l'instrument comme "Flamenco Moog" (youtube). Sur l'album figure bien entendu une reprise de "Pop Corn", passage obligé de l'époque auquel n'a pas non plus échappé Jean Michel Jarre (on y reviendra) ! À la fin des 70s il enregistre donc en compagnie de Douglas Lucas (au CV chargé: le JJ Band de Jess & James, les Chakakas...) ce deux titres (variantes de la même chanson) dans une mouvance à mi-chemin entre Kraftwerk (le vocoder, la thématique futuriste) et Moroder (la rythmique puissante et dansante), une excellente surprise qui devrait combler d'aise les fans de Telex (ceci dit je pense que la majorité d'entre eux connaissent déjà le morceau!).

vendredi 15 avril 2016

Asphalt Jungle: macadam cowboys

Le rock français a, depuis ses débuts, eu des difficultés à exister. Les problèmes se sont présentés très vite: dès que le Rock & Roll fut en fait. Les français - Boris Vian, Salvador et d'autres - eurent en effet la brillante idée de le parodier. Cette musique n'était pas assez sérieuse pour eux, pas assez bien, pas assez jazz. Depuis les choses se sont améliorées pourtant des scories sont restées: peut-on faire du rock en français ? Peut-on être premier degrés quand on fait du rock ou de la pop en France ? Des générations de groupes s'échinèrent à répondre par l'affirmative. Dans les années 60 se fut d'abord les groupes twist (Chats Sauvages, Chaussettes Noires...), puis les Ronnie Bird ou Noël Deschamps, et enfin la génération Antoine-Dutronc-Nino-Polnareff. La vague Punk eut aussi ses ardents défenseurs, comment aurait-il pu en être autrement? Les Halles ne furent-elles pas le centre du monde pendant quelques instants ?  

Le Punk français a eu ses vainqueurs et ses perdants. Si Bijou de Juvisy ou Starshooter purent laisser des discographies à l'honorable portée, moult groupes durent se contenter de traces. Quelques 45 tours et peut-être un album en fin de parcours, voir après. Ils étaient de toute la France et nous donne du baume au cœur près de quarante ans plus tard. La France giscardienne enfanta de fantastiques formations. En Normandie les Olivensteins furent fier de ne rien faire, à Lyon Marie et les Garçons restèrent certainement sur la banquette quand Asphalt Jungle ne trouva pas qui se cachait derrière Polly Maggoo... Ces quatre-là étaient de Noisy-le-Sec mais trainaient à Paname. Eudeline, au chant, était encore ce jeune homme vif et arrogant, loin de ressassé le passé dans de longues litanies gênantes. Ricky Darling ferraillait à la guitare, les deux étaient à la tête d'un groupe élégant, réellement viscéral.

Asphalt Jungle ne publia que trois simples, le dernier d'entre-eux s'ouvre sur "Poly Magoo", à n'en pas douter un classique du rock français mais certainement pas classic rock! Racé, hargneux et pop, il est la matrice d'une élégance à la française, celle dont héritera quelques années plus tard, l'un des meilleurs groupes français: Les Coronados. Belle passation de flambeau en quelque sorte... 

samedi 26 mars 2016

Too Much: Too Soon?

Sans être si courant que ça, voici une curiosité pas bien chère (deux-trois euros) et très cool. Too Much est un éphémère projet punk belge autour de deux chanteuses (dont les noms ne sont pas inscrits sur la pochette) et auteur de cet unique 45 Tours en 1978.

"Silex Pistols" en face A joue à fond la carte du texte punk bien crétin (dans le bon sens), le saxophone amène une touche glam amusante mais pourra rebuter certain. La face B "Photo Photo" a ainsi ma préférence, du punk d'exploitation à mi-chemin entre Soda Fraise et... Plastic Bertrand. Cette dernière comparaison ne doit rien au hasard car si Lou (Deprijck) - le chanteur réel de "ça plane pour moi" (et bien sûr de "jet boy jet girl" d'Elton Motello sorti en réalité avant la version française) - ne semble pas de la partie, son collègue Yves Lacomblez écrit les deux morceaux de cet unique 45T. Produit par Sylvain Vanholme de Wallace Collection ("Daydream" etc.) voici un 7 pouces plutôt chouette et amusant qui ravira les amateurs de plastic punk accrocheur et fun !


lundi 19 août 2013

Playlist été #2 - Byrdsian nam nam


Comme vous le savez je suis un inconditionnel des Byrds et je ne manque pas de les citer régulièrement ! Si eux même n'étaient pas indemnes de références (les Beatles en tête) ils ont fait du son de la 12 cordes une marque de fabrique que de nombreux groupes intégreront à leur tour dans leur musique, voici 25 (j'ai du me limiter ahah) exemples de formations super cool inspirées des glorieux Oyseaux de 1978 à nos jours !

The See See The Rain and the Snow (2013)
Les See See ont sorti deux albums, on recommandera en particulier le premier même si le second est également très chouette. Ce single paru en début d'année sur Sundazed, label d'avantage tourné vers les rééditions d'habitude, est une petite merveille et figure parmi leurs meilleures chansons avec le sublime Keep your Head.




The Young Sinclairs You can have her (2010)
On adore les américains Young Sinclairs sur RPUT comme vous le savez, et quel groupe a su le mieux retrouver l'essence des Byrds ? Ce morceau de 2010 sur leur album Chimneys a aussi des petits accents Beatles (le "oh yeah") absolument irrésistibles. Ils ont sorti trois 45 tours en 2013, tous géniaux (dont deux chez nous), et j'attends le prochain chez PSR avec une grande impatience !




Rain Parade You are my Friend (1984)
Je nourris une passion presque obsessionnelle pour le Paisley Underground et Rain Parade est probablement un de mes groupes fétiches du genre. Ce groupe psychédélique a fait quelques chansons dans une veine proche des géniaux Byrds comme ce très beau You are my Friend sorti après leur premier album absolument formidable ! Ajoutons que la pochette du 45 Tours a été conçue par monsieur Freakbeat en personne.


The Mantles Raspberry Thighs (2010)
Les Mantles de SF sont une de mes formations actuelles favorites. Moins connue (et moins productive !) que leurs collègues de la Bay Aera comme les Oh Sees, Ty Segall, Fresh and Onlys etc. ils ont développé dans leur deux albums un garage rock imprégné de folk qui les rapprocheraient des formations néo zélandaises 80s et parfois des Byrds comme sur ce magnifique single de 2010 édité par SDZ, qui figure (dans un nouvel enregistrement) aussi sur leur album de 2013 chez Slumberland.

The Optic Nerve Ain't that a Man (1986)
The Optic Nerve n'aura sorti de son vivant que deux 45 tours. Depuis l'erreur a été partiellement corrigée avec la sortie d'un album inédit époustouflant sur Soundflat en 1993. Les Optic Nerve était un groupe américain folk-rock / garage de grande classe, peut être un peu trop fin et délicat pour les hordes de fan de garage punk cryptique avec des colliers d'os et des dessins de Rat Fink sur leurs grattes vox. 



Allah-Las Vis-A-Vis (2012)
Les Allah-Las ont pas mal fait parlé d'eux avec leur premier album. Même si sur la longueur il est peu trop détendu du gland, les mecs savent écrire de super morceaux garage avec un son incroyablement sixties (merci Nick Waterhouse pour la prod aux petits oignons !). Parmi mes morceaux favoris du disque figure le très réussi Vis-a-Vis hommage assez évident aux Byrds qui pourrait presque aussi évoquer les groupes C86 !


Thee Oh Sees No Spell (2013)
Les OCS resteront le grand groupe de notre génération. J'assume à 100% ce que je dis, et ceux qui les ont vu en live seront de mon avis je crois. Impossible de ne pas être pris par cette machine de guerre incroyablement puissante en live. Leur musique fait le pont entre le garage, le punk, le krautrock mais n'hésite pas à aller vers la pop la plus douce aussi. Citer les Oh Sees dans un article à propos des Byrds me surprend moi même mais impossible de ne pas noter les airs de 8 Miles High dans cet incroyable morceau.

Primal Scream Gentle Tuesday (1987)
Je sais que Primal Scream gagnera ses lettres de noblesse en mêlant électronique et rock mais il n'empêche: mon préféré c'est le premier ! Gentle Tuesday est une petite merveille d'indie-pop sous perfusion de Byrds, une obsession partagé par le label manager en chef Alan McGee également !




Biff Bang Pow ! There must be a better life (1984)
Quand je vous disais que le chef en personne était un inconditionnel des Byrds ! Biff Bang Pow est un hommage au groupe The Creation, et surprise, le nom du label aussi ! Alan McGee et moi je pense qu'on a plein de goûts en commun, en tout cas les Byrds, Big Star et Rain Parade (et bien sûr les groupes qu'ils sortaient sur Creation).




Beachwood Sparks Something I don't recognize (2001)
L'année dernière Beachwood Sparks faisait un retour apprécié et reconnu par la critique avec The Tarnished Gold, un disque d'excellente facture ! Cependant je continue de lui préférer leur premier album sorti en 2001 chez Sub Pop et Bomp, à la pochette évocatrice de la musique du groupe (Cosmic American Music). Parmi les plus grandes réussites de l'album on notera le magnifiquement byrdsien Something I don't Recognize.


The Church Unguarded Moment (1981)
Parmi mes formations australiennes favorites je pense que je citerai les Church, en particulier pour leur premier album, le super réussi Of Skins and Heart. Cet album contient leur premier tube, le génial Unguarded Moment qui fait de chouettes appels du pieds aux Byrds !





The Long Ryders and she Rides (1983)
Parmi mes autres groupes fétiches du Paisley Underground figurent les remarquables Long Ryders probablement les plus dingues des Byrds du lot (on notera d'ailleurs le discret hommage dans leur nom grâce à un Y groovy). And she Rides est le morceau phare de leur premier EP 10-5-60, un morceau psychédélique de grande classe qui tire vers le Byrds sans le pasticher, une superbe chanson.



The Records Starry Eyes (1978)
Les Records sont une des plus fantastiques formations powerpop anglaises, leurs deux premiers albums sont des classiques du genre. Starry Eyes est un de leurs grands singles, il y a des guitares jangly et ces mélodies à tomber par terre ! A noter qu'il est un petit peu inspiré d'un titre d'Eddie and the Hot Rods (do anything you wanna do).




The Lears Coming Home Today (1994)
Dans les groupes 90s de Garage j'ai un petit faible pour les Lears, des gros fans des Byrds qui ont écrit d'excellentes chansons aux sonorités rickenbacker et douze cordes. The Story so Far sorti chez Get Hip (le label des Cynics) compile l'ensemble de leurs sorties (ou presque) ainsi que des inédits d'excellentes factures. Coming Home today était à l'origine sorti sur un EP du label italien Misty Lane (qui a réédité les Dovers !).


The Stone Roses Mersey Paradise (1989)
On ne reviendra pas sur le fait que les Stone Roses soit un des grands groupes de pop du tournant des années 80-90. Ils ont parfois glissé de super morceaux en face B de leur tubes comme le superbe (et très byrdsien malgré le titre !) Mersey Paradise que l'on retrouve sur le 12 pouces de She bangs the Drums !




The High Box Set Go (1990)
Un groupe directement lié aux Stone Roses ! Bien sûr les High ne jouent pas dans la même catégorie (on serait plus en seconde division) mais impossible de ne pas trouver un certain charme à leur unique album Somewhere soon et en particulier au magnifique single box set go, dont le riff est dans la tradition byrdsienne.




Teenage Fanclub Start Again (1997)
TFC est un grand groupe, osons le: un des plus grands des années 90. Ils ont sorti un paquet d'albums qui devraient être des classiques de la pop au rang desquels Bandwagonesque et Songs from Northern Britain me rendent dingue. Sur ce dernier album, sorti en 1997, les Teenage Fanclub se font lumineux et brillants. Impossible de ne pas entendre l'influence discrète mais sincère aux Byrds dans le magnifique Star Again et ses harmonies super jolies.



Twerps Work it Out (2012)
Twerps doit probablement plus à la scène néozélandaise des 80s qu'aux Byrds mais il y a dans ce morceau quelque chose de Byrds, que ce soit dans les guitares ou dans la diction (qui évoque aussi Dylan d'ailleurs). 





Triptides English Rain (2012)
J'adorerai entendre une version enregistrée de ce morceau avec une douze cordes, après avoir entendu Glenn la faire en live. Sur leur prochain album il devrait y avoir quelques autres morceaux dans lesquels survole l'esprit des Byrds (c'est déjà le cas sur le super set you free), j'ai hâte qu'il sorte !




Ducktails Ivy Covered House (2013)
Je suis un peu moins sensible à Ducktails qu'à Real Estate mais l'album contient quelques chansons fantastiques comme Ivy Covered House dans laquelle l'arpège de guitare jangly me fait penser aux Byrds.






R.E.M. Sitting Still (1983)
Je crois que Murmur est mon album favori de REM, c'est un GRAND disque dans lequel le groupe injecte du Byrds dans le post-punk, le college-rock. Un des grands disques des 80s pour moi. Sitting Still est une super chanson avec un riff jangly de Peter Buck mémorable.





The Last She Don't Know Why i'm here (1979)
Il parait que les Last trouvent leur premier album trop clean, peut être ... mais quel disque ! Un de mes albums favoris de powerpop, un groupe qui fait du punk, du surf, du merseybeat, ou du folk-rock le tout avec une touche unique, un super disque méconnu à redécouvrir !





Gamine Shandy Street (1983)
On ne répétera jamais assez que Gamine est un des meilleurs groupes français de pop ! Avant de signer en major le groupe aura l'occasion de sortir quelques singles et EP dont un magnifique format court sur Snapshot en 1983 produit par Robin Wills des Barracudas. Ce disque contient notamment le superbe Shandy Street dans lequel on reconnaît la touche jangly des glorieux américains.



Vetiver Any and All (2012)
Je ne suis pas très familier avec la musique de Vetiver mais ce morceau de la compilation In A Cloud II (dont il est de loin de le sommet) est une merveille de pop aux accents folk-rock et à la guitare jangly à souhait.





The Barracudas Dealing with today (1984)
Alors que Closer est ré-activé il est temps d'évoquer (et de finir en beauté) les excellents Barracudas, héros d'un certain underground des années 80. Leur troisième album Endeavour To Persevere contient le superbe dealing with today aux guitares 12 cordes enchanteresses.






Encore plus ?
Essayez ceux-là:
Sea-Urchins, Mighty Lemon Drops, Jasmine Minks, Olivensteins, Proper Ornaments, Cleaners from Venus, Bangles, Paul Messis , dBs, Woods, La's, Sadies, Razorcuts, The Coral , The Stands , los Planetas , Matthew Sweet , Velvet Crush , Flamin Groovies, Tom Petty, Sudden Death of Stars etc.

jeudi 13 octobre 2011

Les Olivensteins

Les Olivensteins n'auront existé que pendant 18 mois, mais leur unique 45 tours - un ep 3 titres - reste un des plus beaux témoignages du punk français, même si l'étiquette est réductrice. Tirés à 2000 copies et sortie sur le label local Mélodies Massacre (qui a aussi édité le premier 45 d'un autre groupe de Rouen: les Dogs) il est aujourd'hui un collector très recherché, mais l'important ne se situe pas là mais dans ce qu'il renferme: "fier de ne rien faire", un véritable hymne en tout cas il en a toutes les qualités requises.

Formés autour du duo Gilles et Eric Tandy (le premier chante les paroles du second, pas membre du groupe officiellement mais vrai conseiller) les Olivensteins creusent le sillon d'un punk loin d'être standard, sur l'ep on pense tout autant aux Damned qu'à Magazine (à cause de l'usage des synthétiseurs) ou aux ... Byrds. Impossible de ne pas entendre dans ces arpèges égrainés à la ricken' l'influence (plus ou moins consciente) des californiens, le résultat est détonnant, les rouennais injecte une bonne dose de pop dans une chanson qui ne perd rien de sa hargne bien au contraire. Les Olivensteins n'étaient pas un groupe punk parmi d'autres, ils étaient des esthètes, leurs paroles nihilistes ont un humour que peu de groupes français de l'époque avaient.

Leur carrière fut météorique et s'acheva sur un concert en janvier 80 avec sous le bras ce trois titres mythique. En 2011 Born Bad, l'un des plus beaux labels français, a eu la bonne idée de rééditer les morceaux du 45 accompagnés de démos, d'inédits et de morceaux live. Le disque (à se procurer d'urgence) confirme que les Olivensteins étaient une des formations les plus intéressantes de son époque à travers des titres comme "je suis négatif" (presque du Real Kids!) ou "je hais les fils de riche". A noter une version démo de "fier de ne rien faire" assez différente de la version définitive que l'on trouve sur le 45, elle apporte un éclairage différent au morceau avec des synthés sérieusement déglingués d'une modernité saisissante. La version démo d'euthanasie aussi est énorme.

achat du 33 tours: BORN BAD /


Les Olivensteins - Fier de ne rien faire by quelqu'un

plus d'infos:
interview gonzai / interview abus dangereux / rock made in FranceLien

lundi 4 avril 2011

The Paley Brothers - you're the best (1978)

Si vous êtes un lecteur régulier de ce blog, vous avez peut-être eu l'occasion de prendre connaissance d'un fait amusant sur les disques power pop 70s lors de ma chronique de Ba-Fa des Hudson Brothers. En substance je disais que la pochette "moche" (disons plutôt pas sexy pour un amateur de pop habitué aux poses en costard de dandy) du disque en question faisait fuir les gens peu motivés, et à sa façon, dans un autre registre, celle de l'unique album des Paley Brothers (encore des frères!) peut avoir ce même effet dissuasif. Il y a quand même une différence et de taille, les Hudson avaient des looks plutôt ringards et de pépés, quand les Paley ressemblent à des idoles de jeunes filles de 14 ans, ils sont beaux et ont l'air de respirer la santé. Ils sont donc forcément un peu suspect aux amateurs de rock nourri au blues crasseux, possible, mais franchement moi ça me pose pas de problème d'acheter un disque avec du rose sur la couverture, mais comme vous le savez mon âme appartient à la musique pop.

Les Paley auraient effectivement, tout comme les Rubinoos (avec qui je trouve une certaine parenté musicale d'ailleurs) pu devenir les stars bubblegum de la new wave, et je dis ça sans aucune ironie ou arrière pensée cynique. Andy et Jonathan étaient des figures de la scène de Boston et devaient devenir les idoles des jeunes (filles américaines). Leurs mélodies ont un pouvoir sucrant bien supérieur à 1, elles ont le goût d'un milk shake à la vanille dans lequel on a versé du caramel chaud. On est loin d'une musique volontairement niaise bourrée d'aspartame pour conquérir le cœur sensible des adolescentes, ici la démarche est bien trop premier degrés pour s'embarrasser de ce genre de considérations mercantiles. Ils sont POP, tout simplement, et leur disque est un régal pour les papilles des amateurs de sucreries, évidemment il faut aimer le genre pour être sensible à cette débauche digne de la maison en pain d'épice, mais si on rentre dedans on ne le regrette pas. Alors oui il y a quelques morceaux que je trouve moins bons que les autres, le disque n'est pas une perfection de bout en bout, mais ce qu'il en ressort est somme toute fier et plein de vie.

"you're the best" qui ouvre les hostilités (bataille de bisous) est aussi un de mes titres préférés de cet unique album (paru en 1978), c'est un excellent messager du son Paley, et de leur formidable vitalité. Enfin je ne sais pas si cette info vous sera d'une quelconque utilité mais ils ont aussi enregistré un single avec les Ramones, et c'est logique, au fond les Ramones auraient probablement rêver d'être un peu comme Andy et Jonathan même si au final ils s'en sont pas si mal sortis que ça.

The Paley Brothers - you're the best


jeudi 17 février 2011

The Boyfriends - i'm in love today (1978)

The Boyfriends sont un éphémère groupe créé par Pat Collier après son départ des Vibrators. Ils n'ont sorti que trois singles sur United Artists, le meilleur étant à mon avis le premier. I'm in love today est en effet une petite perfection de power pop à l'anglaise avec des claviers (pas si éloigné que ça du Costello de this year's model), on regrette que le groupe n'ai pas eu un peu plus de succès car forcément ils auraient pu nous refaire le coup de cette petite tuerie d'autres fois... On se contentera des trois singles, pas si difficile que ça à trouver d'ailleurs, et puis Pat Collier a ensuite mené une carrière en tant que producteur loin d'être ridicule, produisant les premiers Katrina and the Waves (période "indépendante") les Soft boys ou encore les Soup Dragons!


The Boyfriends - i'm in love today


lundi 19 juillet 2010

Yachts - look back in love (1978)

Les Yachts sont une formation anglaise de la fin des 70s début des années 80. Ils ont sorti deux albums, et une poignée de singles notamment sur Stiff (suffice to say) et Radar. Je dirai que leur style se classe dans la new wave avec une petite touche powerpop. et parfois même 60s. Ce single est un de leurs meilleurs, on appréciera le petit riff cheesy d'orgue et le pont terriblement délirant porté par des ouhou du meilleur effet! La face B est également très bonne, et donc je vous recommande très largement ce petit 45 tours, et pourquoi pas aussi le premier album, quoiqu'il ne soit pas toujours aussi catchy que cette douceur.

Yachts was an english new wave band. They did some great singles on Stiff and Radar, and their first lp is also recomanded even if it's not always as good as their singles. Look back in Love (not in anger) is one of my fav' by this band, but there is several other cool cuts (love you love you, suffice to say, yachting type...).

Yachts - look back in love