Affichage des articles dont le libellé est acide. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est acide. Afficher tous les articles

vendredi 29 novembre 2013

Morgan Delt - Barbarian Kings (2013)


2100, la race humaine est quasi anéantie, elle vit ses derniers instants agonisants sur les cendres d'un monde autrefois prospère, les illuminatis, les chemtrails, le réchauffement climatique, la fin des énergies fossiles, tout ça c'était vrai. Apple, Facebook et Google ont fusionnés et sont devenus le grand souverain interplanétaire, nous avons envoyer les parias, les minorités ethniques et les bagnards peupler la lune et mars, au travail la racaille... Pourtant, sur Terre, vivent reclus des petites communautés peuplant l'oekoumène des terres connues, les montagnes, les îles, les déserts de glace, de sel ou de sables. Terrés dans ces lieux, ces quelques êtres humains insoumis et libres se passent et se racontent les bandes d'une civilisation désormais révolue, voulant garder la mémoire, préserver l'Histoire et peut-être, transmettre ces objets, livres, enregistrements à leur progéniture. C'est elle, qui peut-être après le Jour du Grand Bug, repeuplera lentement une planète épuisée et désœuvrée mais toujours vivace, se nourrissant d'herbes, d'insectes de culture vivrière et de cueillette. Parmi ces objets, un trésor, une relique qu'on se passe sous le manteau, un microsillon qu'on écoute soigneusement une aiguille grattant sa surface. Il vous envoie au milieu de l'espace planer dans les paradis artificiels, nul besoin d'avoir été dans l'Espace ou de potion de guérisseur pour voir les étoiles. Ce disque, c'est Morgan Delt – Barbarian Kings. 



Disque SOLD OUT malheureusement, achetez l'album qui devrait sortir au mois de janvier chez TROUBLE IN MIND.

mercredi 7 septembre 2011

Thee Oh Sees - Castlemania (2011)

Dans la prolifique scène de Frisco je demande les Oh Sees, on avait pas encore évoqué ce groupe, plutôt étonnant quand on connait leur rythme de sorties effréné : deux albums cette année. Le premier Castlemania est sorti il y a quelque mois, à peu près au même moment qu'une compilation de singles et un peu avant leur projet flexi discs... Le suivant est déjà prévu pour octobre! Bref ils arrêtent pas et trouvent en plus le moyen de tourner un peu partout, pour un peu on aurait presque du mal à les suivre... Ils suivent ceci dit la logique de leurs potes comme les Fresh & Onlys.

J'ai tendance à abuser de cette formule, mais on se pose toujours la qualité de la qualité quand il y a une telle quantité, et dans l'ensemble les Oh Sees lèvent assez bien les doutes que nous pourrions avoir face à un groupe qui sort autant de musique. Castlemania est un très beau cru, il demande du temps à être approché, c'est un disque assez rêche et sa longueur (16 titres: trois faces de vinyles, sur la dernière il y a un dessin!) est un obstacle pour bien l'appréhender. Une fois que l'on est dedans par contre on y découvre un groupe capables de fulgurances. Il faut être capables de faire le tri entre certaines demi-idées et vrais réalisations mais il y a de la matière, de la vie, de la folie, or la musique actuelle en manque parfois et ces mecs (et il y a une nana) n'en font qu'à leur tête. Ils arrivent à rendre un truc d'obédience 60s (on pense au garage rock, aussi à Syd Barrett, l'acild folk barré, le psychédélisme déviant...) sacrément excitent et contemporain. Ils sont forts, intelligents et ont décidé de ne pas jouer les règles "normales" des groupes comme celle qui consiste à attendre deux ans entre les albums...avec eux c'est un flux continu de musique souvent réussie. Évidemment il y a toujours ce coté bancal et à l'arrache mais dans une période qui valorise à ce point là un son uniforme et surpuissant sans un pet de travers, c'est réjouissant et tellement frais. J'ai oublié de vous dire que la dernière face était constituée de reprises plutôt réussie en particulièrement une vachement bien des Creation.

Alors oui il y a trop de morceaux pas assez aboutis pour faire de Castlemania un sérieux classique mais voici tout de même un disque qui donne envi de croire que l'on vit définitivement quelque chose en matière de musique ces temps-ci , c'est frondeur , courageux, en roue libre et sans filet, on retrouve un peu du danger qui faisait le sel du rock n roll des origines.

IN THE RED

Thee Oh Sees - aa warm breeze

mardi 22 mai 2007

Haymarket Square - Magic Lantern (1968)


C'est en écoutant le conseil d'un vendeur lors d'une convention que j'ai découvert, un peu par hasard Haymarket Square, une grosse pointure du psychédélisme. A l'origine de la formation, il y a en fait les Real Thing que l'on doit au batteur John Kowalski et au bassiste Bob Homa, référence directe aux Pretty Things. Puis, ils donnent naissance avec le guitariste Marc Swenson et la chanteuse Gloria Lambert à Haymarket Square. Nous sommes dans le Chicago de la fin des 60's, ville dans laquelle le groupe se fait rapidement connaître.

Magic Lantern se caractérise par l'harmonie entre un rythme marqué, une bonne dose de guitare fuzz wha-wha et la superbe voix de Gloria Lambert. Elle rappelle d'ailleurs celle de Grace Slick, chanteuse du Jefferson Airplane. Globalement, le groupe est assimilable aux meilleurs formations de la côte ouest. Sur les six pistes dont se compose l'album, on remarque un très bon cover d'un classique blues The Train-Kept-A-Rollin'. Magic Lantern semble être la seule création du groupe. Ce n'est pas grave, puisque ce premier et ultime disque est un chef d'oeuvre. Néanmoins, il nécessite peut être plusieurs écoutes. En ce qui me concerne, je n'ai pas accroché immédiatement (c'est le signe d'une certaine longévité). Le premier pressage est très rare ce qui justifie sa forte cotation. Heureusement, il existe quelques rééditions vinyles et dans le pire des cas on le trouve facilement en CD.

samedi 19 mai 2007

Quicksilver Messenger Service - Happy Trails (1969)

Quicksilver Messenger Service est sans doute le plus méconnu des groupes de San Francisco, et pourtant, il signe avec Happy Trails l'un des meilleurs albums de tous les temps. C'est un peu l'équivalent des Zombies mais au rock psychédélique. Rien que la pochette, que l'on doit à George Hunter est magnifique. Elle offre une remarquable vision d'un far-west romantique et désabusé (ambiance que l'on retrouve à la fin de l'album). Le nom du groupe dérive de Mercure, à la fois métal et dieu messager. Le cavalier sur la pochette est peut être une référence subtile à ce dernier. Enfin là, c'est de la pure spéculation.

Happy Trails fait partie de ces grands albums chargés d'histoire et la pochette y contribue largement. En 1969, année magique, étoile de l'été de l'amour, le groupe est à son apogée, comme le mouvement hippie en général. La formation est une très grande figure du psychédélisme, bien supérieure aux autres groupes de San Francisco (Jefferson Airplane, Grateful Dead). Elle se compose pour cet album de deux guitaristes (John Cipollina et Gary Duncan), d'un bassiste (David Freber) et d'un batteur (Greg Elmore). Happy Trails, album de guitare dopé au amphets (plus que Leary) est un pure chef d'oeuvre, un sommet de la musique, que seule les 60's peuvent nous offrir. Il est l'un des rares qui ne lassent pas, même après des centaines d'écoute. Bien au contraire, on l'apprécie toujours plus, et à chaque monté d'acide, on s'étonne toujours, presque bêtement devant le génie du groupe. Rare sont les galettes à offrir un tel concentré de tonicité, de solos parfaitement léchés, de finesse, et de riffs trempés à l'acide. Chaque seconde est un véritable plaisir, les thèmes s'allongent sans cesse mais n'ennuient pas. Le jeu de John Cipollina à quelque chose d'unique, les notes glissent parfaitement et fusionnent entre elles de façon admirable. Tout est bien pensé. La maîtrise de l'improvisation est totale. Une pluie de sentiments, mêlant quiétude, joie, plaisir, anxiété et tristesse résume à merveille cet mer d'acide, cet mer d'amour.

Le coeur du disque, c'est en fait Who Do You Love, composé par Bo Diddley. A partir de là, décline le reste de l'album. La liberté d'expression est totale (il n'y pas pas d'entrave rythmique et seul le son compte), l'improvisation, débridée. Mais l'ensemble reste toujours très cohérent! Alors bien sûr, être réceptif à Happy Trails suppose d'avoir un intérêt minimum pour ce genre de musique. Si vous ne le connaissez pas encore, écoutez le, plusieurs fois si nécessaire (écoutez aussi le premier album du groupe Quiksilver Messenger Service). Une bonne baffe de temps en temps ça ne fait pas de mal. Mais attention! Après l'écoute de cet album, nombre de vos disques vous paraîtront bien fades.

vendredi 18 mai 2007

Deviants - Ptooff ! (1967)

La pochette de Ptooff !, plutôt bordélique, mais surtout très pop art attire l'oeil. Quoi de mieux pour illustrer un chef d'oeuvre anglais des années 60? A l'origine des Deviants, il y a en fait les Social Deviants, un nom plutôt évocateur. Le groupe se compose du chanteur Mick Farren, du guitariste Sid Bishop et du batteur Russel Hunter. Avant d'être activiste musical, le leader du groupe est journaliste pour des journaux de l'alternative à la fois politique, sociale, sexuelle et bien sûr musicale. La formation est anarchiste, et naturellement psychédélique.

Ptooff ! (quel drôle de nom), est le premier album du groupe (et à mon avis le meilleur sur les trois). C'est un disque basé sur un rock agressif, travaillé, et bien poudré. Le début du voyage débute par I'm Coming Home, un son très fuzz avec une grosse distorsion et se termine par le délire paranoïaque de Deviation Street. Au milieu, on trouve un passage folk, ethnique, et même cosmique. Bref, un régal pour les oreilles. Le groupe utilise de nombreux bruitages, parmi lesquels des mitraillettes, des sirènes et des voitures (le côté moderne de l'album?).
D'une richesse incroyable, Ptooff ! peut se résumer par la distorsion, la liberté, l'énergie, sans oublier le sexe. Je recommande ce disque (un classique du genre), particulièrement en vinyle notamment parce qu'il contient un très beau poster pop art. Bon, ce poster formant la pochette en général on préfère ne pas l'utiliser. Si vous aimez les Fugs, Captain Beefheart, ou la musique psychédélique en général, vous devriez apprécier cet album. En 1971, le groupe se transforme en Pink Fairies (avec Twink en plus).