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jeudi 2 mai 2013

Jacco Gardner - Cabinet Of Curiosities (2013)


L'érudition en musique peut à la fois être une mine d'or comme un fardeau dont il est difficile de se défaire. A force de convoquer les esprits lointains de brillants fantômes, à force de leur vouer une déférence indéfectible proche de la vénération, on finit par avoir à du mal à se singulariser, du mal à les transfigurer, du mal à les gérer. Aussi séduisant et gracieux, puisse-t-il être, le petit prodige Jacco Gardner fléchit sous le poids de ses références (s'il est encore nécessaire de les citer : Syd Barret, The Zombies, Sagittarius...) et sonne bien trop souvent comme un très joli et très talentueux pastiche de ses ainés. Il y a quelques choses de frustrant de voir un tel potentiel sauter la tête la première dans une telle collection de clichés, à ce titre le nom de l'album : Cabinet Of Curiosities frise le ridicule d'ailleurs.

Alors oui tout ça n'enlève rien au son incroyable de ce disque, au talent insolent du jardinier néerlandais, ni à ses formidables compositions, mais il y a quelque chose de frustrant dans cette attitude revivaliste, quelque chose qui tendrait à confirmer les thèses faisandées du retromania de Simon Reynolds, or nous les combattons avec férocité ici. J'ai désormais bien du mal à être aussi enthousiaste que je n'avais pu l'être après les singles. Il y avait pourtant un petit truc en plus sur A House On The Moon, la B-side de Clear The Air, un truc un peu bricolo, qu'on ne retrouve malheureusement jamais sur l'album.

Vu son succès, on trouve le disque partout et c'est sorti chez Trouble In Mind (US) / Excelsior (NL).


Jacco Gardner - Lullaby

lundi 24 septembre 2012

Jacco Gardner - Where Will You Go (2012)


Allongé sur votre lit, le vinyle crépite, les yeux rougis et mi-clos, le palpitant ralentissant vous plonge progressivement vers un état de quasi-sommeil paradoxal éveillé et béat, c'est l'ambiance dans laquelle vous met ce sublime second single de Jacco Gardner. Si le psychédélisme noir rincé au whisky et aux Spacemen 3 à la Cosmonauts, Night Beats, Black Angels est plutôt monnaie courante depuis quelques années, une  intarissable nouvelle génération de chevelus est en train de faire son nid dans un psyché plus ouvertement kaléidoscopique, ensoleillé, pop et baroque à l'instar de The Sufis, Allah-Las, Paperhead, The Spyrals ou autres Resonars. C'est également cas de ce petit hollandais, digne héritier d'une grande tradition psychédélique néerlandaise (Boudewijn De Groot, Dragonfly, Q65...) et internationale, on pense à The Zombies (particulièrement sur la b-side Summer's Game), Love, Donovan et Syd Barrett bien sûr. Chez RPUT, on lui prédit un avenir radieux, car dépassant l'imitation, il adapte le patrimoine de ses ainés avec singularité, aisance et évidence. Sa signature sur le formidable label étasunien Trouble In Mind devrait lui ouvrir des portes. Nous, nous sommes déjà prêt à lui ouvrir nos oreilles et nos cœurs.

Le 45 tours se trouve sur Trouble In Mind et vérifiez également à Born Bad et Pop Culture qui reçoivent régulièrement du Trouble In Mind.