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jeudi 13 février 2014

Superets - 160 Caractères pour te dire adieu EP 10' (2014)

Superets comme Travel Check ou Forever Pavot commencent eux aussi à êtres des habitués de ce blog. Nous avions évoqué leur premier 45 tours (que j'ai aussi sorti, achetez-le !) et interviewé le groupe dans le cadre de notre dossier Conjuguons la Pop. Nous sommes ravis de les réentendre à travers un 10 pouces publié par le label Entreprise (Juniore, Moodoïd etc.) quelques semaines après leur passage aux Transmusicales.

160 caractères pour te dire adieu est un des grands moments du set live des Superets. Le morceau reçoit ici le traitement adéquat, plus musclé et fantasque dans sa production que la version démo que je connaissais. La chanson balance à fond la caisse, le texte est génial et esquisse notre époque en quelques coups de pinceaux. Le ton évoque verrine tu m'assassines des Spadassins dans cette manière de manier l'humour pour mieux prendre du recul sur nos comportements modernes. Les Histoires sans fin et Tapis Rouge offrent une facette plus pop des bretons, les titres effleurent en filigrane la pop ensoleillée de Pendentif avec une petite touche 80s plutôt chouette. La veuve mécanique est mon autre morceau favori, les Superets y pratiquent leur pop moustachue , énergique et inspirée. Le texte semble répondre à en avant en arrière des Mustang, une référence assez cohérente par rapport à l'ensemble de ce nouvel EP.

On est content de retrouver nos Superets, et ils sont particulièrement en forme sur ce nouvel EP. Les 4 mecs semblent avoir trouver leur voie, et tracent un petit bout de chemin qui commence à avoir une sacrée gueule. Je suis assez curieux de voir ce que donneront les Superets en long format !


lundi 30 décembre 2013

Volage - Maddie EP (2013)

En juillet dernier la Psychotic Reaction faisait jouer les excellents Volage avec Pain Dimension et Travel Check. Howlin' Banana a récemment réédité leur premier EP (Maddie) initialement sorti en cassette sous la forme d'un beau dix pouces blanc avec un nouveau morceau inédit. Une excellente occasion de chroniquer ce très bon premier disque.

Le vinyle s'ouvre sur méga-tubesque "not enuff", un des temps fort du disque. Un concentré de garage hyper accrocheur, pas trop propre sur lui et séduisant. Les Volage y vont à l'énergie mais sans jamais négliger les mélodies. "Many Hopes" renouvelle une seconde fois l'exploit, une autre excellente chance qui démontre les dispositions pop du groupe. "Wall of Smoke" et "I'm a Fool" confirment les qualités de la formation. On est un peu moins séduit par "Bob is alive" plus confus mais le nouveau titre inédit "heart healing" est très encourageant pour un album qui s'annonce selon les intéressés influencé par les Beatles (et franchement j'ai hâte d'entendre ce que cela donne !).

Maddie garde toute sa fraîcheur et son intensité initiale. Ce premier EP place Volage dans les groupes garage français à suivre, en espérant qu'ils arrivent à transformer ce premier essaie un excellent album.


 


lundi 4 novembre 2013

Moodoïd - EP (2013)


La France construit peu à peu son monument psychédélique. Peut-être moins orthodoxes et plus iconoclastes que certains de leurs homologues européens, nos compatriotes n'hésitent pas à chatouiller les dangereux territoires de l'œkoumène kaléidoscopique : le prog-rock, à l'instar de Orval Carlos Sibelius et Forever Pavot, Pablo Padovani alias Moodoïd fait parti de ceux là. 

Là où Moodoïd innove, c'est que contrairement au reste de la scène psych nationale (en plus de ceux déjà cités : Wall Of Death, Dorian Pimpernel et Sudden Death Of Stars), il est l'un des premiers à utiliser le français ! Si les paroles sont presque secondaires, quoique maniant avec succès les allégories, la poésie de l'absurde et les références cinématographiques (Jodorowsky), elles viennent surtout illustrer le propos instrumental. Extrêmement exigeante, le partie instrumentale fourmille de détails, d'effets, de couches et de sur-couches, oh une sitar, des nappes de cordes par ici, des chœurs baignés de reverb là. Le charme de Moodoïd est aussi dans cette surcharge rococo, dans ces volutes mélodiques et ces virées tiers-mondistes qui pourtant ne font pas oublier le propos pop (les immenses Je Suis La Montagne, Je Sais Ce Qui Tu Es, malgré ses 7 minutes). Félicitons à ce titre la production de mon ami Adrien Pallot dont le travail, exemplaire en tout point, a du lui donner des sueurs froides. 

Comme beaucoup, je n'ai pas voulu y croire, agacé par le bruit fait autour de lui, mais je dois m'y contraindre, cet EP de Moodoïd est absolument fascinant, malgré le morceau gwadada (De Folie Pure, intéressant mais un peu trop). La France peut hisser son étendard sur son monument psychédélique, nous pouvons partir à la conquête du monde. Tremble Jacco Le Batave, tremble. 

PS paresseux :
Pablo Padovani est le fils du jazzman Jean-Marc Padovani et le guitariste de Melody's Echo Chamber.
Kevin Parker est à la table de mixage du disque.


Le disque est sold-out mais faites le tour des disquaires parisien, il en reste sûrement quelques copies  égarées.
Ou sinon bandcamp d'Entreprise pour le digital.

mercredi 9 octobre 2013

The Young Sinclairs - You know where to find me EP (2013)


Les Young Sinclairs on est super fan sur ce blog, Etienne et moi avons sorti deux de leurs 45 tours ("Hurt my Pride" et "New Day"), et avons également chroniqué plusieurs de leurs autres sorties (leur précédent EP chez PSR ou leur magnifique 45 tours Engineer Man). Ils reviennent avec un 4ème disque pour l'année 2013 (un record pour eux je pense!) sur le label américain Planting Seeds Records.

You know where to find me est un morceau emblématique du son Young Sinclairs, de la 12 cordes, du folk-rock, de belles mélodies, et un midtempo qui rappelle autant les Byrds que les Beatles. Un joli titre dans la lignée des meilleurs morceaux de leurs LP. La face A est complétée par too young, la chanson évoque également ces deux groupes, elle est charmante, pas un tube mais un très joli morceau avec une guitare solo dans le pur esprit merseybeat.

Ear to the ground se démarque du son Young Sinclairs le plus typique et vogue vers des contrées très Rolling Stones, Sam s'y fait plaisir, la guitare fuzz conclue le titre dans un excellent solo. Remember this song est aussi courte que cool, en 1 minute et 35 secondes les Young Sinclairs se réapproprient le meilleur du garage 60s, fuzz agressive, refrain drogué, voix hargneuse des grands jours. On regretterait presque le morceau ne soit pas un peu plus long ! Une preuve supplémentaire des capacités du groupe à sortir du registre purement folk-rock qui fait leur spécialité ! Avec "Hurt my pride" (toujours disponible) ou encore "i make my own laws" les américains tiennent un des meilleurs son garage entendu ces dernières années.

Ce quatrième 45 tours de l'année 2013 est une réussite de plus à l'actif des Young Sinclairs, des 4 titres on retiendra un peu plus la face B qui voit le groupe sortir de son registre classique (où ils excellent par ailleurs) au profit d'une approche un peu plus poisseuse. Un 4 titres d'excellente facture à ajouter au crédit d'un des meilleurs groupes sousestimés du moment.

 Pour acheter le disque direction le bandcamp du label.




lundi 7 octobre 2013

Interview : Venera 4


VENERA 4 ont été un vrai coup de cœur pour moi, à peine j'avais écouter Sun et Seabed Terror, je leur proposais de faire un disque chez nous, la raison, un son incroyable dense et vivant, extrême mais aussi fondamentalement pop tout en gardant un goût pour l'expérimentation (écoutez l'incroyable Haunted Summer). Je suis donc très fier de les avoir dans la bande RPUT. Il me semble que la meilleure manière de vous les présenter est tout simplement de les interviewer.

Présentez nous votre groupe ?
Morgane : Deux filles, deux garçons. Une main de fer dans un gant de velours.
Qu'est ce qui vous a donné envie de faire de la musique ?
Fred : Moi, c’est beaucoup passé par mon frère. Pareil pour mon « éducation musicale ». Pendant au moins 4 ans, il écoutait Sgt Pepper’s tous les matins avant d’aller en cours. Je pense qu’il l’aimait beaucoup. En tout cas moi, même si j’ai rapidement été à fond dans les Beatles, j’ai eu vachement de mal à le réécouter jusqu’il y a quelques années ! Mais ça a beaucoup contribué à ma « culture » musicale. Je me dis même parfois qu’il le faisait peut être exprès.

Morgane : Je n'ai jamais eu envie de faire de la musique, comme je n'ai jamais eu envie de faire des « images ». Sans me poser de question, j'ai manipulé, expérimenté, agencé. Parfois ça prend forme, parfois non. La musique comme la peinture interrogent et ont besoin des regards, taquinent les sens, racontent des histoires. En gros c'est mon moyen d'interagir avec les autres.
Je rejoins Fred, il y a toujours des personnalités et des évènements qui nous poussent à nous engager dans la création, dans le « faire de la musique ». Je repense à mes tantes qui m'emmenaient à Londres, dans les pubs à 4 ou 5 ans ; au diamant de la platine vinyle de mes parents que j'ai cassé en voulant écouter Love on the beat de Gainsbourg à 9 ans,  la découverte de personnages comme David Bowie, Marilyn Manson, qui sont, pour moi, à la fois les artistes et leur propre oeuvre. Tout se fait petit à petit.

Anna : J’ai commencé, sans trop savoir pourquoi,  sans réfléchir, par le synthé puis le piano. Ensuite jouer du classique et du jaaaaaaazz commençait à m’ennuyer, alors j’ai tout arrêté jusqu’à Venera 4. Mais ce qui marque certainement mon envie de « jouer en groupe » c’est quand j’ai commencé à fréquenter les bons lieux, les concerts à Rennes, j’aimais aussi beaucoup l’ambiance qu’il y avait à l’époque, une sacrée effervescence autour des groupes locaux et beaucoup de fêtes ! L’arrivée à Paris et le nombre incalculable de concerts vus n’a fait que confirmer et concrétiser ce que je pensais jusqu’alors hors de ma portée. Yann, qui jouait déjà dans Maria False depuis plusieurs années, a fini par me convaincre de jouer du clavier dans Venera 4.

Et de monter un groupe de shoegaze ?
Morgane : Chacun s'est amené avec son bagage et on a mis en place notre groupe. On n'a rien contre le shoegaze, c'est juste que pour nous on a jamais été dans l'optique de répondre à un genre, d'appartenir à une scène etc. On veut faire notre petit truc et toucher les gens.

Anna : c’était naturel je crois, personne ne s’est dit « tiens on va monter un groupe shoegaze », le terme de shoegaze arrange tout le monde car il englobe certaines caractéristiques communes (saturations, mélodies sucrées), s’il n’existait pas nous aurions beaucoup de mal à définir le son de venera 4, en tout cas en un seul mot…
Sur le style en lui-même, j’imagine que cette envie de shoegazing vient probablement de nos influences communes, My bloody valentine, Jesus and mary chain, Ride pour ne citer qu’eux..Et puis Maria False a été je pense le déclencheur de cette envie, s’en est suivi Venera 4.


Comment avez-vous commencé à jouer ensemble ?
Yann : Avec Anna et Fred, on se connaissait depuis longtemps depuis nos études à Rennes. J’avais fait des démos et je cherchais à monter le groupe sur Paris et puis nous avons tous rencontré Morgane et nous avons directement commencer à retravailler les démos, puis à enregistrer le premier EP, puis à répéter, puis à jouer…un truc classique comme tout les groupes.

Fred : Oui, avec Yann, on se connaît depuis nos premières années rennaises (2004 ou 2005), au départ on jouait dans des groupes différents mais je crois me souvenir qu’on a rapidement voulu faire de la musique ensemble. 

Morgane : J'étais assez loin de la France à ce moment là... J'avais entendu dire que Yann aurait bien aimé avoir un groupe avec une voix féminine, j'ai tenté le coup car j'aimais beaucoup se qu'il faisait. J'ai tout de suite accroché !
Je suis revenue quelques mois plus tard et on a concrétisé tout ça autour de bières et d'idéalisme dans notre bar préféré.

Anna : donc on a commencé grâce aux bières de ce fameux bar…

Jouez vous dans d'autres groupes ?
Yann : Oui, dans future et maria false.

Yann, n'est ce pas trop dur d'avoir trois groupes ? Comment arrives-tu à concilier les trois ?
Yann : Non, il faut juste s’organiser pour pouvoir composer, mixer, enregistrer, répéter. Les trois groupes ont des formations différentes, des processus de composition différents, des sons différents et puis on sort nos EP / LP jamais en même temps…Tant qu’il y a des idées c’est facile, c’est sur après quand tu n’as plus d’idées, ça complique tout.  

Comment composez-vous vos chansons ? seul(e) ? à plusieurs ?
Yann : Généralement Morgane et moi on donne quelques idées de chansons, des bases, après quand ça nous plait à tous, on continue à enrichir les chansons ensemble. Donc pour te répondre c’est seul et à plusieurs.

Fred : Et même si on n’est pas forcément à la base, chacun apporte de toute façon sa ligne, sa touche personnelle. Parfois cela peut faire évoluer complètement le morceau, sa structure etc.

Et les enregistrements, comment ça se passe ?
Morgane : Tout va très vite, on peut dire qu'on est dans une certaine forme de spontanéité, on corrige les choses qui ne vont pas pendant l'enregistrement. On ne part pas avec une idée fixe, tout évolue toujours (très bien). 

Vous semblez apporter un soin particulier au son ?
Yann : Oui, heureusement, je pense que chaque groupe apporte une importance à leur son. Enfin j’espère. On cherche quelque chose qui nous plait, en restant toujours dans nos moyens qui sont assez réduits pour produire les chansons. On bidouille, on bidouille…

Parlez-nous un peu de votre collectif nothing ?
Yann : C’est un collectif qui regroupe différentes formations entre Paris, Rennes, Hossegor, Limoges et Lannion. En ce moment il y a 10 groupes. Il y a dans chacun de ces groupes une vocation à chercher un son, une esthétique oscillant entre l’Acide noise jusqu’à la Dream Pop, le tout dans une démarche DIY totalement libre. On fait ce que l’on veut, comme on veut et surtout quand on veut. En Juin dernier, nous avons réalisé une compilation regroupant 2 chansons de chaque groupe et nous avons comme projet de faire différentes choses pour l’année 2014. En gros c’est tout simple, c’est juste que à plusieurs on sera toujours plus fort que tout seul. Nothing peut être aussi un prescripteur, si tu aimes Maria False par exemple tu pourrais aimer Dead Horse One et puis découvrir Venera 4. Ou l’inverse. 

Fred : A la base, l’idée est surtout de pouvoir regrouper un certain nombre de projets partageant une identité sonore en commun. En aucun cas il ne s’agit d’un label, d’une agence de booking ou de promotion. Pour l’instant, ce n’est une sorte de vitrine. À terme, je trouve qu’il serait super intéressant de créer une émulation en faisant travailler chaque groupe autour d’une contrainte. Une contrainte fixant un objectif commun, un peu comme un Oulipo à base de larsens et de reverb.

Morgane : C'est marrant, je pensais à l'Oulipo ce matin.

Il y a-t-il une sorte de concurrence au sein du collectif ?
Yann : je pense qu’il y a une effervescence. Mais pas de concurrence, ça serait stupide. 

Morgane : Quelle question sournoise !

Vous pensez quoi du shoegaze en France ? J'ai l'impression qu'il y a une petite Emulation en ce moment notamment via Cranes Records ?
Fred : Ca fait en effet quelque temps que je suis les différentes sorties Cranes Records, des Dead Mantra, de Dead Horse One ou des Seventeen At This Time. C’est à chaque fois du bon boulot.  

Morgane : Contrairement à Fred, pour être franche, je ne suis pas toutes les sorties des groupes de shoegaze. J'y suis attentive, mais j'écoute d'autres choses.



Vous aimeriez faire un tour dans l'espace comme la sonde Venera 4 ?
Morgane : À ce qu'il paraît, on ne revient jamais de l'espace, je n'ai pas envie de devenir un cosmonaute un peu halluciné. L'espace me terrifie, même si je trouve magnifique la naissance des planètes, les nébuleuses, je me sens bien plus à l'aise dans mon espace intérieur.  
Venera 4 est une sonde mais Venera signifie aussi Venus en russe. Il y a une symbolique un peu cachée.

Anna : Venera 4 s’est décomposée en y revenant il me semble…Moi dans l’absolu oui j’aimerai visiter cette immensité, mais je suis claustro, je deviendrai folle dans une fusée malheureusement...

Il paraît que vous travaillez sur des versions acoustiques ?
Yann : on travaille sur pas mal de choses, oui.



Parlez nous un peu de votre nouveau single qui vient de sortir chez nous ? et de votre prochain EP ?
Fred : On est super contents du résultat, même si on n’a pas encore eu l’EP entre les mains ! Au-delà du simple fait d’avoir un support physique comme le vinyle, on voulait avoir un bel objet. Ce n’est que mon avis personnel, mais je trouve que Morgane est parvenue à nous sortir deux superbes artworks.

Anna : Quand vous nous avez proposé de sortir un 2nd EP, il nous semblait dommage de ne pas aussi sortir Seabed Terror et Sun en vinyle (malgré leur sortie digitale 1 an plus tôt). On y rêvait et RPUT l’a fait, on est trop content du résultat et maintenant on a hâte de voir ce que ça donne pour l’EP ! On est comme des enfants, merci à RPUT d’ailleurs ;)

Pourquoi avez-vous choisi l'anglais pour chanter ?
Morgane : J'ai toujours aimé le Royaume-Uni pour sa culture, ses artistes, sa langue. J'ai donc toujours écouté de la musique anglophone. Par mimétisme peut-être, je m'y suis mise.
Il ne faut pas se mentir, l'anglais est la langue conventionnelle pour un tas de choses.
Mon père me demande souvent pourquoi je renie mes racines en chantant de cette façon, j'ai envie de lui dire que la langue a peu d'importance, d'abord parce que la majorité des gens se fichent des paroles (aussi bien les artistes que les auditeurs). Que ça soit en anglais, en chinois ou en allemand, écrire des paroles de merde c'est universel. Gainsbourg et ses « Variations sur Marilou », Alex Turner avec « My mistakes were made for you », Morissey et « Hand in glove », c'est peu d'exemples, mais ÇA c'est de l'art. 

Alors plutôt que la langue, ce qui compte pour moi c'est de chanter des mots qui me parlent, des mots qui sonnent, qui s'entremêlent, j'aimerais bien travailler plus le texte à long terme. 
C'est un peu comme si tu demandais à Pollock « pourquoi tu utilises un saut percé plutôt qu'un pinceau ? » La finalité est la même.

Ca serait drôle d'avoir du shoegaze en français, ça ne vous tente pas ?
Yann : Tout nous tente mec.

Précommandez le EP Deaf Hearts du groupe ici :
 http://requiempouruntwister.bandcamp.com/album/deaf-hearts 
Si vous n'êtes pas assez impatient, vous pouvez aussi dores et déjà prendre le 7" : 
http://requiempouruntwister.bandcamp.com/album/seabed-terror

mercredi 25 septembre 2013

The Frowning Clouds - Gospel Sound From the Church of Scientology (2013)

Les médias grand public se sont épris d'amour pour un bien anodin groupe du nom de Strypes, pendant ce temps là les à-peine-plus-âgés australiens des Frowning Clouds remplissent les petites caves humides et rassasient un public de connaisseurs d'un Rhythm N Blues plus authentique qu'authentique qui renvoient inexorablement aux maitres du genre qu'ils soient de la glorieuses décennie ou postérieurs comme les non-moins fabuleux Crawdaddys ou les feux-Vicars.

Pendant que certains minots se pavanent dans des clips aussi risibles que tocs avec des guitares qui valent trois SMIC au bas mot, ces gars là parcourent l'Europe dans un van proche de la retraite. Aux irlandais de devenir les chouchous de papis croulants comme Elton John ou Pépé Weller (on t'a connu plus sagace dans tes choix mon coco) aux australiens les bières tièdes et les mauvais fish and chips (et les éventuelles touristas qui vont avec sans supplément de prix). 

Frowning Clouds, rassurez-vous, les vrais savent que vous sonner divinement bien, que vous maniez les 12 cordes comme des esthètes et non des singes savants. Vous écrivez des chansons rendant grâce à une tradition que nous voulons ici aussi perpétuer. Vous et nous savons ce que le garage, le British RnB, la beat, le rock n roll, le punk ou quelque soit son nom signifie, de la sueur, du sang, des larmes mais cette passion intacte pour une énergie et un esprit qui transcendent les décennies. Aux autres laissons les pâles imitations, à nous gardons ces formations capables de faire brûler une flemme d'un rouge aussi intense que les croupes joufflues des Strypes après la fessée qu'ils méritent.

PS: ça sort chez l'excellent label Saturno Records (Living Eyes, Cobwebbs etc.) comme les précédents disques du groupe qu'on vous recommande également chaudement (all night long, propellers etc.).


lundi 23 septembre 2013

Les Spadassins - EP3 (2013)

Lundi dernier sortait la 5ème référence des fiers bretteurs bretons les Spadassins. Après un EP chez Triptyc, un chez CroqMac et deux singles toujours à la maison, les fines lames de la soul s'associent à un troisième label francilien (après Paris 75 et Montrouge 92 voici Montreuil 93 héhé) Q-Sounds Recordings spécialisé dans la soul charnue et charnelle (mais aussi de fins producteurs de House Music comme on l'aime chez RPUT) pour éditer leur troisième EP. 

Cette nouvelle livraison propose 4 titres en anglais de premier choix. "Baby it's you" lance les hostilités en douceur, sur un mid-tempo porté par les percussions de M. Moustache, le groupe développe une soul douce-amer, faisant toujours une place de choix à de magnifiques envolées d'orgue (parfois soutenu par un très joli piano électrique, je vote pour un wurlitzer), Antoine à la guitare joue toujours à la perfection sa partition en retenu, amenant ce qu'il faut de rythme et de présence. "What goes on" complète à merveille la face A en augmentant un peu le tempo, le morceau risque de faire son petit effet en live.

"Two Times" démarre sur un splendide piano électrique que l'on croirait s'échapper d'un Ray Charles période Atlantic ("what'd i say"), le tempo est relevé et donne immédiatement envie de se déhancher en cadence (un twist ?), un morceau super cool parmi les plus belles réussites du groupe. La couleur très Rhyhtm n Blues du titre est un parfait complément au second titre "Captain Beat" qui évoque clairement les Zombies période She's not there. Il y a du "summertime" et du Rod Argent dans cette magnifique chanson voir aussi du Stranglers (le rythme me fait penser à "Golden Brown") On attendait pas forcément les Spadassins dans un registre aussi anglais et pop mais on est content qu'ils s'y soient essayer, le résultat est charmant et délicat.

Cet EP maintient le niveau de qualité des précédentes sorties du groupe, le mixage et la production sont très réussies et mettent en valeur les talents instrumentaux de cette dream team de musiciens bretons. On regrettera l'absence d'un titre en français registre dans lequel les Spadassins excelle mais on est plus que charmé par une face B fantastique et une face A de très bonne facture (mais peut-être moins surprenante que la B). On a hâte d'entendre ces nouvelles chansons (ainsi que celles des précédents EPs et singles) en live le 31 octobre à l'Espace B !

acheter l'EP sur le site du label


lundi 2 septembre 2013

Future - Abyss EP (2013)

Future est un duo formé de Brice (Dead) et Yann (Maria False et Venera 4), Abyss est leur second EP, un premier album est en préparation. 

Comme dans certaines de leurs autres formations on rattachera le son du groupe à la galaxie Shoegaze. Cependant ce projet a sa propre identité, un truc sombre et malsain. Les guitares tournent dans les amplis comme des scies à métaux s'attaquant à une barre rouillée éclaboussant d'étincelles le sol. La batterie (boite à rythme) est martiale et puissante, chaque coup évoque les oscillations d'une énorme presse. De cette crasse noirceur émerge des mélodies plus lumineuses qu'il n'y parait, le duo manie le chaud froid avec une dextérité ondoyante. 

Future maitrise les ambiances pesantes, maniant les guitares pour en tirer des textures abstraites, cependant le duo n'oublie jamais d'écrire des chansons. La production DIY (de très bonne facture) ajoute un charme certain à cet excellent EP à rapprocher par certains aspects du remarquable Mini-LP de Jessica 93



jeudi 25 juillet 2013

Conquerors - s/t (2013)


J'ai trouvé une solution abordable pour étancher votre soif de bizarreries désormais bien ralentie par les frais de ports américains scandaleux : la cassette. Dans mes pérégrinations sur bandcamp (et sa vicieuse fonction recherche par format), je suis entré sur Digitalis Recordings par la porte de derrière (de la Basic House), un label pas si méconnu mais plutôt spécialisé dans les musiques électroniques et expérimentales. Il se trouve qu'en farfouillant je découvre que ce label a sorti une cassette de rock psychédélique par un groupe de Kansas City : Conquerors. Ma curiosité est piquée, j'écoute 2 minutes et la sauce prend. Le groupe y joue des longs jams répétitifs, choux-krautesques et lancinants, emmenant mon esprit dans un état proche de la transe. Il y a ici suffisamment de progression et d'évolution pour que je puisse m'oublier et me laisser aller à des mouvements lascifs, tel un baba dépoitraillé en pleine danse de l'amour avec de multiples partenaires de sexes indéfinis. Je vous épargne les détails mais tout ce que je sais c'est que certains sont barbus et velus. Le Missouri, ce n'est pas encore San Francisco certes, mais dans leur conquête de l'ouest, le groupe avance a de grandes enjambées (de moto ?), car si bien sûr il n'est pas encore exempt de défauts, on frôle parfois un peu trop l'hommage (ils citent Can, Hawkwind, 13th Floor Elevators, Jimi Hendrix... j'avoue), et le cassette est parfois un peu longuette (Bung Shui). N'empêche qu'au final, on s'amuse bien. Cette soirée estivale de libération de mes chakras avec des barbus s'annonce vraiment super.

ça s'achète ici et il n'en reste pas beaucoup.