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mardi 1 novembre 2016

Tina et les Fairlanes

Réflexes, entre 1983 et 1986, publia une trentaine de références principalement en 45 Tours. Le label, co-fondé par Patrice Fabien (ex-producteur pour CBS notamment d'Edith Nylon, Shakin' Street, WC3 ou Blessed Virgins), tenta d'imposer de nouveaux groupes tels que les Bandits, les Infidèles, les Ablettes ou les Désaxés (auteurs de la fameuse chanson tout ce que je veux que reprend Aline sur scène). Les visuels (très colorés voir fluo, beaucoup d'aérographe...) de l'ensemble des sorties dénotent de l'ambition du projet: une certaine modernité pop sans non plus trahir l'essence du style. 

Parmi mes sorties préférées du label figure en très bonne place l'unique 45 tours des rafraichissants Tina et les Fairlanes. Si Panique à Orly, un honnête instrumental surf, est à juste titre relégué en face B, Un été sur la Plage est une petite merveille pop syncrétique mais typique de son époque. La chanson associe en effet une production 80s à une ambiance marquée par les années soixante. L'innocence des Girls groups et des chanteuses yéyés (France Gall période Avant La Bagarre etc.) rencontre ainsi les boites à rythmes et les synthétiseurs de Taxi Girl sans oublier une bonne dose de guitare surf (au son twangy plongé dans la reverb' évidemment) dans l'esprit de ce qu'avait pu faire Indochine sur L'aventurier. La sauce prend parfaitement et on ne peut être que séduit par l'efficacité et le charme légèrement suranné d'une chanson qui aurait certainement mérité mieux. Le tout évoque aussi peut-être le dernier 45 Tours des Calamités Le Vélomoteur...

Le groupe (mais en était-ce un ?) ne publia que ce simple (aussi repris sur une compilation du label) mais on retrouve par la suite la chanteuse au sein du trio Tina Cartier (avec un futur membre des Soucoupes Violentes) pour un simple et un mini LP, s'agit-il du nom du groupe ou du sien  ? Mystère et boule de gomme !

vendredi 28 octobre 2016

Bruits Défendus N°001

Comme tout bon collectionneur qui se respecte j'ai tendance à être un peu complétiste sur les bords... Ainsi mon intérêt pour les Stilettos m'a-t-il fait acheté l'ensemble de leurs sorties... Celle que je vous présente aujourd'hui est un peu particulière, Les Bruits Défendus N°001 en plus d'être le dernier témoignage discographique des rockeurs bordelais est surtout un sampler 4 titres d'autant de groupes du cru: Stilettos, Scurs et Les Exemples pour la capitale d'Aquitaine et les Flamingos de la plus bretonne des villes de Loire Atlantique (LA, Ouest Coast pour les intimes...). 

Édité en 1984 par ce qui semble être une émission radio (sur Radio Angora) géré par un certain Bruno Select, ce 45 tours est un témoignage intéressant sur le rock underground de ces années là, très complémentaire de la compilation Snapshot(s) paru un an plus tôt. Si les Stilettos sont ici en fin de carrière, avec d'ailleurs un titre plutôt moyen comparé au reste de leur excellente discographie, il s'agit probablement de la première apparition pour les trois autres groupes. Flamingos et Scurs œuvrent dans un garage anglophone de facture correcte mais pas suffisamment originale pour me séduire. Assez typique de l'époque (dans la mouvance Dogs, Flamin' Groovies...) ils sont peut être un peu desservi par la production assez sèche. Les Flamingos feront la même année un EP sur Surfin Bird (Ticket, Gamine...) tandis que les Scurs semblèrent plus populaires de l'autre coté des Pyrénées en éditant leur unique mini-album sur un label espagnol dont je pense reparler très bientôt pour un excellent groupe post-punk ibérique... 

La vraie surprise du disque provient donc du dernier groupe: les Exemples. Derrière cette formation peu connue nous retrouvons les premiers pas d'une figure importante de l'underground français 80s: Thierry Duvigneau plus connu sous le nom de Kid Pharaon. Les Exemples publia cet unique single ainsi qu'un album ( Paris Londres ou Berlin) l'année suivante... Avant que Thierry Duvigneau se mette à l'anglais et abandonne notre chère langue. Un regret à l'écoute de la sublime Juste Une Dernière Fois ! Le titre exprime l'essence même de ce qui me plaît dans le rock français: l'énergie, la hargne, la morgue le tout en sachant garder son élégance et un certain raffinement... On pense ainsi aux Dogs (et oui encore), à Gamine période Shandy Street ...mais avec un peu plus sec et nerveux ! Un morceau fantastique et une vraie merveille du rock français underground 80s. Reste à savoir ce que vaut l'album, quelques morceaux (ici et ) sur youtube (et une vidéo sur FR3 !) mais difficile de se faire une idée précise à leur écoute. Vous trouverez plus d'infos sur Rock Made In France et dans les disques rayés de François Gorin.


lundi 15 août 2016

Les Dogs (en français)

Les Dogs, au cours de leur longue et tumultueuse histoire, illustrent peut-être mieux qu'aucune autre formation la singularité d'être un groupe de rock français. Ainsi, sont-ils peut-être l'une des figures emblématiques d'une scène underground nationale dans les années 80.

Dans les années 80 la vague punk originelle (celle de76/77) appartient déjà au passé. Certes les crêtes et les perfectos sont toujours de sortie dans les puces de Camden mais ils font désormais plus parti d'un folklore que des forces vives de la musique. Le mainstream, après avoir été bousculé par ces morveux accoutrés bien étrangement, a absorbé la révolte et l'a recrachée dans une musique bien plus tolérable pour le grand public. Il en est de même pour le revival mod: les jeunes personnes élégantes et arrogantes ont grandi, les groupes se séparent presque tous, le dernier album des Jam paru en 1982 semble ainsi marqué la fin d'une époque soldée par la victoire de MTV. Les années 80 sont une décennie où le synthétiseur et les clips (les images) sont hégémoniques. Bien sûr ces outils peuvent produire des choses fantastiques mais ils n'en démodent pas moins instantanément le rock, bien souvent pour le pire. Celui-ci pour la première fois de sa courte existence n'est plus sous la lumière des projecteurs. Il s'en accommode et 1983 marque ainsi au niveau mondial, l'émergence d'un  underground qui prend diverses formes pendant la décennie: Paisley Underground (Rain Parade, Bangles, 3 O'Clock, Dream Syndicate), indie-pop (Pastels, Television Personalities...), garage revival (The Crawdaddys, The Miracle Workers...), College Rock (Replacements), Hardcore (Black Flag) etc. Deux figures tutélaires s'imposent aux États Unis et en Angleterre: REM et The Smiths. Ces deux groupes ont de nombreux points communs, enfants du punk ils n'en sont pas moins plus traditionalistes et revendiquent un héritage, notamment des années 60 (Byrds, Velvet...).


La France n'est pas à l'écart et bien que plus âgés, les Dogs sont peut-être l'équivalent français de ces formations. Les normands n'ont pas le même background ni le même son mais pourtant ils viennent aussi de cette culture sixties et s'imposent comme l'un des groupes de référence de l'époque. L'histoire des Dogs croisent ainsi de nombreuses autres: Olivensteins, Snipers, Calamités... Leur parcours raconte également en creux une décennie d'évolution du rock français de la fin des années 70 à la fin des années 80, du mirage du succès à leur retour à l'activisme. Une France rock underground qui vénère les Flamin' Groovies, les Cramps, les Real Kids, les groupes Pub Rock anglais ou de rock australien et les voient jouer dans de petites salles. La scène locale se développe fortement, elle est soutenue par des fanzines (Nineteen en tête) et quelques labels (New Rose, Closer). Tous sont amoureux des Nuggets, beaucoup admirent Alex Chilton, Stiv Bators ou Johnny Thunders.... 

Jusqu'au décès de leur leader, Dominique Laboubée, en 2002, les Dogs n'ont eu de cesse de jouer, soit presque trois décennies (le groupe s'était formé en 1973) ! L'essentiel de leur discographie se fait cependant sur une dizaine d'années s’étalant entre la fin des années 70 les années 80 durant lesquelles ils suivent de près l'évolution du rock. Les Dogs, après des débuts sur le label de Rouen Mélodies Massacre (du nom du magasin situé... dans la rue Massacre), sont repérés par Philips. Le label, comme tous les gros de la place, cherche son "groupe punk", ils signent les normands et leur font enregistrer deux albums Different (1978) et Walking Shadows (1980). Les ventes étant insuffisantes selon les pontes, le groupe est relâché dans la nature avant d'être signé chez Epic. Chez ces derniers les Dogs enregistrent Too Much Class (1982), Legendary Lovers (1983), Shout (1985) et More More More (1986) avant d'être à nouveau débarqués pour les mêmes raisons...Une histoire terriblement banale que beaucoup de groupes français connaissent encore aujourd'hui (Mustang en tête).


Les Dogs ont gagné leur statut de groupe culte français à la dure, ils n'ont jamais renoncé et ont toujours défendu une idée du rock pur et proche de ses racines. Si les disques ou les concerts ne sont pas toujours égaux et géniaux (les 4 premiers albums sont cependant des classiques), la pugnacité du groupe et sa volonté d'exister en font une sorte de figure ultime du rock, un rock humain et humble, porté par la foi et la passion dans l'électricité. Cette authenticité les Dogs la cultivaient aussi en chantant en anglais (assez approximatif), un choix délibéré de coller le plus possible à l'essence de cette musique y compris son idiome. Ainsi ce fut systématiquement les maisons de disque qui poussèrent les Dogs à s'essayer au français, le besoin d'avoir des singles diffusables en radio. À la fin des années 2000, le choix de l'anglais ne fut plus un frein pour obtenir un succès conséquent souvent pour le pire (par exemple les tièdes Pony Pony Run Run ou Cats on Trees), inversant même le rapport de force (le français devenant la position des outsiders), jusque là l'anglais était proscrit pour les petits français...

Les Dogs n'enregistrèrent, à ma connaissance, que 4 morceaux dans notre langue, deux pour chaque gros labels: Philips (1980) et Epic (1984). Pour pousser Walking Shadows la maison de disque incite les normands à enregistrer un simple promotionnel avec les morceaux Cette Ville est un Enfer et Trouble Fête. Epic en fait de même à l'époque de Legendary Lovers avec une version en français de Secrets et l'inédit Mon Coeur Bat Encore. Si le groupe rechignait à utiliser le français (la peur de perdre une partie de leur essence?) ces quatre chansons constituent pourtant parmi mes préférées du groupe et démontre le savoir faire de la formation y compris en français (pour le faire sonner naturellement et fluide).

Cette Ville Est Un Enfer (1980) est un de mes morceaux de rock français favoris, autour d'une ligne de basse menaçante, sinueuse et d'une mélodie économe de guitare, les Dogs se rapprochent de l'esprit et du son du post-punk, la chanson est ainsi sombre, la tonalité cafardeuse mais non sans quelques giclées de lumière. La face B Trouble Fête s'approche du punk, elle est  rentre-dedans et agressive, elle est aussi plus classique mais portée par un texte d'Eric Tandy. La diction se rapproche d'ailleurs de celle des Olivensteins ou des Rythmeurs. C'est un bon morceau mais probablement celui que j'aime le moins des 4.

 
Secrets (1984) est une version en français du morceau du même nom, extrait de l'album Legendary Lovers produit par Vic Maile, un ingénieur anglais expérimenté qui a notamment travaillé avec de nombreux groupes pub rock (Dr Feelgood, Eddie and the Hot Rods, Pirates, Inmates) mais aussi de punk (Vibrators, 999, Lurkers) et quelques autres formations cohérentes avec les genres susnommés (Motorhead et les Godfathers). Si le CV de l'intéressé laisse à présager du muscle et de la sueur, Secrets (version française) est pourtant une chanson délicate, son rythme nonchalant et légèrement sautillant évoque le galop d'un cheval et les grands espaces américains, le chant légèrement maniéré de Laboubée rend justice à l'excellent (et juste) texte français (écrit ou co-écrit par Tony Truand?). Secrets serait-il le trésor caché de l'indie-pop française? Certes le groupe n'est pas habituellement relié au genre mais quand on voit la parenté entre Vélomoteur (1987) des Calamités et Crash (1988) des Primitives, est-ce si idiot de voir en Secrets un autre exemple français ?

Mon Cœur Bat Encore est l'ultime tentative des Dogs de se frotter à notre langue et quelle réussite ! Un super morceau rythmé et enjoué que l'on a envie de reprendre à tue-tête en dansant frénétiquement. Il évoque  A Millions Miles Away des Plimsouls, Natasha des Roxette ou encore What I Like About You des Romantics, soit une certaine idée de la fête, de l'optimisme, de l'envie d'aller de l'avant... Peut-être le texte est-il en lien avec l'état d'esprit du groupe à l'époque? L'envie d'encore y croire.

Par la suite le groupe ne fit plus d'autres tentatives en français, il continua à creuser le même sillon inlassablement et ce, jusqu'à la fin, tels des missionnaires ne sachant rien faire d'autre. Le parcours des Dogs, en plus d'être exemplaire, n'est que trop symptomatique du rock en France, celui qui préfère Téléphone à Bijou, Trust à Edith Nylon etc. Ainsi le rock français en plus d'être tiraillé entre le besoin de se rapprocher de l'idiome et celui de s'en émanciper est-il confronté à l'absence totale de compréhension de la part des grandes maisons de disques et de la plupart des très grands médias (trop agressif, pas assez sérieux, trop adolescent, pas assez intelligent...). Quelle meilleure conclusion par conséquent que Mon Cœur Bat Encore ? Un message d'une folle actualité en 2016 en France quant au rock et à sa perception.


lundi 19 août 2013

Playlist été #2 - Byrdsian nam nam


Comme vous le savez je suis un inconditionnel des Byrds et je ne manque pas de les citer régulièrement ! Si eux même n'étaient pas indemnes de références (les Beatles en tête) ils ont fait du son de la 12 cordes une marque de fabrique que de nombreux groupes intégreront à leur tour dans leur musique, voici 25 (j'ai du me limiter ahah) exemples de formations super cool inspirées des glorieux Oyseaux de 1978 à nos jours !

The See See The Rain and the Snow (2013)
Les See See ont sorti deux albums, on recommandera en particulier le premier même si le second est également très chouette. Ce single paru en début d'année sur Sundazed, label d'avantage tourné vers les rééditions d'habitude, est une petite merveille et figure parmi leurs meilleures chansons avec le sublime Keep your Head.




The Young Sinclairs You can have her (2010)
On adore les américains Young Sinclairs sur RPUT comme vous le savez, et quel groupe a su le mieux retrouver l'essence des Byrds ? Ce morceau de 2010 sur leur album Chimneys a aussi des petits accents Beatles (le "oh yeah") absolument irrésistibles. Ils ont sorti trois 45 tours en 2013, tous géniaux (dont deux chez nous), et j'attends le prochain chez PSR avec une grande impatience !




Rain Parade You are my Friend (1984)
Je nourris une passion presque obsessionnelle pour le Paisley Underground et Rain Parade est probablement un de mes groupes fétiches du genre. Ce groupe psychédélique a fait quelques chansons dans une veine proche des géniaux Byrds comme ce très beau You are my Friend sorti après leur premier album absolument formidable ! Ajoutons que la pochette du 45 Tours a été conçue par monsieur Freakbeat en personne.


The Mantles Raspberry Thighs (2010)
Les Mantles de SF sont une de mes formations actuelles favorites. Moins connue (et moins productive !) que leurs collègues de la Bay Aera comme les Oh Sees, Ty Segall, Fresh and Onlys etc. ils ont développé dans leur deux albums un garage rock imprégné de folk qui les rapprocheraient des formations néo zélandaises 80s et parfois des Byrds comme sur ce magnifique single de 2010 édité par SDZ, qui figure (dans un nouvel enregistrement) aussi sur leur album de 2013 chez Slumberland.

The Optic Nerve Ain't that a Man (1986)
The Optic Nerve n'aura sorti de son vivant que deux 45 tours. Depuis l'erreur a été partiellement corrigée avec la sortie d'un album inédit époustouflant sur Soundflat en 1993. Les Optic Nerve était un groupe américain folk-rock / garage de grande classe, peut être un peu trop fin et délicat pour les hordes de fan de garage punk cryptique avec des colliers d'os et des dessins de Rat Fink sur leurs grattes vox. 



Allah-Las Vis-A-Vis (2012)
Les Allah-Las ont pas mal fait parlé d'eux avec leur premier album. Même si sur la longueur il est peu trop détendu du gland, les mecs savent écrire de super morceaux garage avec un son incroyablement sixties (merci Nick Waterhouse pour la prod aux petits oignons !). Parmi mes morceaux favoris du disque figure le très réussi Vis-a-Vis hommage assez évident aux Byrds qui pourrait presque aussi évoquer les groupes C86 !


Thee Oh Sees No Spell (2013)
Les OCS resteront le grand groupe de notre génération. J'assume à 100% ce que je dis, et ceux qui les ont vu en live seront de mon avis je crois. Impossible de ne pas être pris par cette machine de guerre incroyablement puissante en live. Leur musique fait le pont entre le garage, le punk, le krautrock mais n'hésite pas à aller vers la pop la plus douce aussi. Citer les Oh Sees dans un article à propos des Byrds me surprend moi même mais impossible de ne pas noter les airs de 8 Miles High dans cet incroyable morceau.

Primal Scream Gentle Tuesday (1987)
Je sais que Primal Scream gagnera ses lettres de noblesse en mêlant électronique et rock mais il n'empêche: mon préféré c'est le premier ! Gentle Tuesday est une petite merveille d'indie-pop sous perfusion de Byrds, une obsession partagé par le label manager en chef Alan McGee également !




Biff Bang Pow ! There must be a better life (1984)
Quand je vous disais que le chef en personne était un inconditionnel des Byrds ! Biff Bang Pow est un hommage au groupe The Creation, et surprise, le nom du label aussi ! Alan McGee et moi je pense qu'on a plein de goûts en commun, en tout cas les Byrds, Big Star et Rain Parade (et bien sûr les groupes qu'ils sortaient sur Creation).




Beachwood Sparks Something I don't recognize (2001)
L'année dernière Beachwood Sparks faisait un retour apprécié et reconnu par la critique avec The Tarnished Gold, un disque d'excellente facture ! Cependant je continue de lui préférer leur premier album sorti en 2001 chez Sub Pop et Bomp, à la pochette évocatrice de la musique du groupe (Cosmic American Music). Parmi les plus grandes réussites de l'album on notera le magnifiquement byrdsien Something I don't Recognize.


The Church Unguarded Moment (1981)
Parmi mes formations australiennes favorites je pense que je citerai les Church, en particulier pour leur premier album, le super réussi Of Skins and Heart. Cet album contient leur premier tube, le génial Unguarded Moment qui fait de chouettes appels du pieds aux Byrds !





The Long Ryders and she Rides (1983)
Parmi mes autres groupes fétiches du Paisley Underground figurent les remarquables Long Ryders probablement les plus dingues des Byrds du lot (on notera d'ailleurs le discret hommage dans leur nom grâce à un Y groovy). And she Rides est le morceau phare de leur premier EP 10-5-60, un morceau psychédélique de grande classe qui tire vers le Byrds sans le pasticher, une superbe chanson.



The Records Starry Eyes (1978)
Les Records sont une des plus fantastiques formations powerpop anglaises, leurs deux premiers albums sont des classiques du genre. Starry Eyes est un de leurs grands singles, il y a des guitares jangly et ces mélodies à tomber par terre ! A noter qu'il est un petit peu inspiré d'un titre d'Eddie and the Hot Rods (do anything you wanna do).




The Lears Coming Home Today (1994)
Dans les groupes 90s de Garage j'ai un petit faible pour les Lears, des gros fans des Byrds qui ont écrit d'excellentes chansons aux sonorités rickenbacker et douze cordes. The Story so Far sorti chez Get Hip (le label des Cynics) compile l'ensemble de leurs sorties (ou presque) ainsi que des inédits d'excellentes factures. Coming Home today était à l'origine sorti sur un EP du label italien Misty Lane (qui a réédité les Dovers !).


The Stone Roses Mersey Paradise (1989)
On ne reviendra pas sur le fait que les Stone Roses soit un des grands groupes de pop du tournant des années 80-90. Ils ont parfois glissé de super morceaux en face B de leur tubes comme le superbe (et très byrdsien malgré le titre !) Mersey Paradise que l'on retrouve sur le 12 pouces de She bangs the Drums !




The High Box Set Go (1990)
Un groupe directement lié aux Stone Roses ! Bien sûr les High ne jouent pas dans la même catégorie (on serait plus en seconde division) mais impossible de ne pas trouver un certain charme à leur unique album Somewhere soon et en particulier au magnifique single box set go, dont le riff est dans la tradition byrdsienne.




Teenage Fanclub Start Again (1997)
TFC est un grand groupe, osons le: un des plus grands des années 90. Ils ont sorti un paquet d'albums qui devraient être des classiques de la pop au rang desquels Bandwagonesque et Songs from Northern Britain me rendent dingue. Sur ce dernier album, sorti en 1997, les Teenage Fanclub se font lumineux et brillants. Impossible de ne pas entendre l'influence discrète mais sincère aux Byrds dans le magnifique Star Again et ses harmonies super jolies.



Twerps Work it Out (2012)
Twerps doit probablement plus à la scène néozélandaise des 80s qu'aux Byrds mais il y a dans ce morceau quelque chose de Byrds, que ce soit dans les guitares ou dans la diction (qui évoque aussi Dylan d'ailleurs). 





Triptides English Rain (2012)
J'adorerai entendre une version enregistrée de ce morceau avec une douze cordes, après avoir entendu Glenn la faire en live. Sur leur prochain album il devrait y avoir quelques autres morceaux dans lesquels survole l'esprit des Byrds (c'est déjà le cas sur le super set you free), j'ai hâte qu'il sorte !




Ducktails Ivy Covered House (2013)
Je suis un peu moins sensible à Ducktails qu'à Real Estate mais l'album contient quelques chansons fantastiques comme Ivy Covered House dans laquelle l'arpège de guitare jangly me fait penser aux Byrds.






R.E.M. Sitting Still (1983)
Je crois que Murmur est mon album favori de REM, c'est un GRAND disque dans lequel le groupe injecte du Byrds dans le post-punk, le college-rock. Un des grands disques des 80s pour moi. Sitting Still est une super chanson avec un riff jangly de Peter Buck mémorable.





The Last She Don't Know Why i'm here (1979)
Il parait que les Last trouvent leur premier album trop clean, peut être ... mais quel disque ! Un de mes albums favoris de powerpop, un groupe qui fait du punk, du surf, du merseybeat, ou du folk-rock le tout avec une touche unique, un super disque méconnu à redécouvrir !





Gamine Shandy Street (1983)
On ne répétera jamais assez que Gamine est un des meilleurs groupes français de pop ! Avant de signer en major le groupe aura l'occasion de sortir quelques singles et EP dont un magnifique format court sur Snapshot en 1983 produit par Robin Wills des Barracudas. Ce disque contient notamment le superbe Shandy Street dans lequel on reconnaît la touche jangly des glorieux américains.



Vetiver Any and All (2012)
Je ne suis pas très familier avec la musique de Vetiver mais ce morceau de la compilation In A Cloud II (dont il est de loin de le sommet) est une merveille de pop aux accents folk-rock et à la guitare jangly à souhait.





The Barracudas Dealing with today (1984)
Alors que Closer est ré-activé il est temps d'évoquer (et de finir en beauté) les excellents Barracudas, héros d'un certain underground des années 80. Leur troisième album Endeavour To Persevere contient le superbe dealing with today aux guitares 12 cordes enchanteresses.






Encore plus ?
Essayez ceux-là:
Sea-Urchins, Mighty Lemon Drops, Jasmine Minks, Olivensteins, Proper Ornaments, Cleaners from Venus, Bangles, Paul Messis , dBs, Woods, La's, Sadies, Razorcuts, The Coral , The Stands , los Planetas , Matthew Sweet , Velvet Crush , Flamin Groovies, Tom Petty, Sudden Death of Stars etc.

lundi 22 octobre 2012

Conjuguons la Pop #17 : Gamine - EP (1983)

Voici un article qui me tient particulièrement à cœur, défendre l'un des meilleurs groupes français de pop des 80s: Gamine de Bordeaux. 

Le groupe se forme au début des années 80 dans la foulée des formations en ST (Strychnine, Stilletos, Stalag, Standards, Stagiaires etc.) et s'en démarque en adoptant le nom de Gamine, peut être aussi pour accentuer leur dimension plus pop. Félix Visconti et Paco Rodriguez constituent l'ossature du groupe pendant toute son existence. Entre 1982 et 1984 le groupe sort diverses singles et EP sur des labels indépendants comme Surfin Bird ou Snapshot avant de signer en major et d'obtenir un succès critique et public avec l'album Voilà les Anges en 1988 (toujours pas réédité à ce jour). L'association bordelaise Art Pop a eu la bonne idée de compiler l'ensemble des morceaux de la "période indé" du groupe avec quelques inédit sur CD (Gamine - revisité 1980-86). 

1982 Gamine auto-édite son premier 45 Tours, le simple "Filles du soir" accompagné de "Simon Templar" (le héro d'une des meilleures séries de la terre!). En A le groupe démontre un certain savoir pop même si le résultat n'est pas aussi évident et limpide que la suite de leur discographie. Le titre en b est curieux, il est largement influencé par le dub (jusque dans le choix d'un harmonica et de petits sons de synthétiseurs en arrière plan), l'un des inédits ("couloir") a cette même tonalité. Peut être une question d'époque? On retrouve le même feeling pour la musique jamaïcaine dans certains titres des Fils de Joie ("adieu Paris" en particulier) et pourquoi pas aussi sur les trois premiers albums de Joe Jackson. Sur ce simple le groupe affiche de bonnes dispositions mais on le sent qui se cherche encore, cependant, dès l'année suivante va émerger le Gamine qui marquera les esprits 5 ans plus tard avec leur premier album. 

En 1983 le groupe participe en effet à l'excellente compilation Snapshot(s) au coté des Calamités, Stilettos, Standards, Coronados, Rythmeurs et quelques autres francs tireurs venus de toute la province (le seul groupe francilien étant les susnommés Coronados). La même année sort leur premier EP produit - comme la compilation - par l'anglais Robin Wills des Barracudas (qui la même année travaille sur le premier Sting Rays) un autre adepte du folk-rock (par exemple "dealing with today" sur Endeavour to Persevere). Gamine se révèle à travers ces deux disques: un groupe pop avec des guitares claires et limpides comme du cristal. 

Gamine, le morceau titre ouvre la face A, il est amusant de noter que les excellentes Calamités avait aussi un morceau titre et que les deux se retrouvent sur la compilation Snapshot(s). Les guitares carillonnent, l'esprit du folk-rock transpire de cette chanson mais avec une classe toute personnelle, un super titre pour ouvrir l'EP même si la suite est encore meilleure. La pluie poursuit le travail démarré avec Gamine en y ajoutant une petite coloration psychédélique notamment à travers un pont réussi, les guitares y sont encore une fois superbe...
On retourne le disque, on pose le saphir sur le sillon et démarre "je veux rester sur la plage", définitivement un de mes deux morceaux préférés de l'EP. Un super titre à l'ambiance rock n roll pas très éloigné de ce que pouvait faire les Calamités, voir les Coronados en plus pop. Le texte est trop cool et le morceau défonce sérieusement. Pas forcément le plus "typique" du son Gamine mais un des plus réjouissant et somme toute cohérent avec la couleur générale du groupe (le "twang" n'est jamais loin du "jangly" après tout ). "Elle tue" est toute aussi enlevée que la précédente, un des morceaux les plus énergiques du groupe à ma connaissance, il est super réussi également. On termine sur "Shandy Street" l'un des chefs d'oeuvre présent sur la compilation "Revisité". Voilà les Gamine folk-rock, les guitares sont jangly au possible, la chanson est géniale! Le rythme est uptempo, les harmonies très soignées, la production limpide met parfaitement en valeur ces guitares (pas d'abus du son de batterie "80s" à signaler, héhé), bref je suis fan.

En 1984 Gamine poursuit son chemin en indé avec deux sorties supplémentaires, le superbe single "Julie Julie" / "Sans effet" et l'EP "Harley Davidson" (oui une reprise de la chanson écrite par Gainsbourg) qui contient deux excellents titres originaux "Paris Paris" et "Bleu pâle". Ensuite le groupe réapparait en 1987 avec le single "le voyage" annonciateur du LP , mais ceci est une autre histoire ... Que l'on aimerait voir rééditée !

Pour compléter un peu ce que l'on trouve sur "Revisité" il y a deux titres démos (une cover des Stones ok, et l'original "couloirs"), et diverses morceaux issus de compilations notamment une excellente reprise du Zebra Club des Bongos, groupe contemporain pas si éloigné dans ses intentions de nos bordelais. 

Plus d'informations par ici.
Achat du CD via la page facebook de l'association



Gamine - Shandy Street

vendredi 12 octobre 2012

Conjuguons La Pop #09 : Les Calamités - à bride abattue (1984)

Les Calamités naissent au début des années 80 à Beaune, pas très loin de de Dijon quand Odile (Repolt), Isabelle (Petit) et Caroline (Augier) monte un groupe pour échapper à l'ennui. L'aventure se terminera en duo en 1988 avec un tube des ondes FM "le Vélomoteur" produit par Daniel Chenevez. Entre les deux: quelques titres sur des compilations ("calamités" sur Snapshots en 1983 et un "envers et contre tout" sur une cassette que je n'ai jamais pu entendre), un mini-lp, un EP puis le fameux tube. Pas mal pour une aventure qui a démarré sans se prendre la tête mais pas si étonnant à l'écoute des disques qui près de 30 ans après restent parmi les plus belles réussites de la pop française en particulier le mini-lp dont on vous parler aujourd'hui: à bride abattue sorti en 1984 sur le mythique label New Rose.

Si le grand public se souvient des Calamités pour Vélomoteur, jolie ritournelle pop pas si éloignée que ça de Crash des Primitives qui fit une belle incursion dans les charts en 1988 ce morceau tardif ne doit pas faire passer au second plan le reste de la discographie d'un des premiers (et meilleurs) "girls groups" (avec un garçon à la batterie) français. A bride abattue, à tombeau ouvert, et sans se poser de question: le titre annonce la couleur (rose et bleu pastel). Les Calamités ne tergiversent pas, elles foncent à toute allure. Elles ne sont pas les meilleures musiciennes du monde mais ce n'est pas l'important, l'essentiel est ailleurs, dans l'envie, la sincérité qui émane de ces 9 chansons. 

Le disque se compose de 5 chansons en anglais et 4 dans notre langue. Sur les 5 titres anglophones 4 sont des reprises. Le British Beat s'empare de la moitié des morceaux avec des reprises féminisées de "The Kids are all right" (The Who) et "with a boy like you" (Troggs). Les deux autres morceaux sont empruntés à Phil Upchurch (via les Shangri-Las très certainement) et aux Isley Brothers (teach me how to shimmy, écrite par le duo magique Leiber-Stoller). Ces 4 reprises souffrent à mon avis du défaut de la plupart des covers: elles sont chouettes, permettent d'en savoir plus sur les influences et le cheminement du groupe mais n'arrivent pas forcément à amener un vrai truc en plus par rapport aux originaux. Ainsi  "the kids are all right" est charmante mais je ne peux m'empêcher de penser à la version géniale des Who à chaque fois que je l'entends.  Le dernier morceau anglophone (behind your sunglasses) est un original avec la participation de Dominique Laboubée des Dogs à l'harmonica, il est assez cool.

 Les 4 chansons francophones sont géniales et font de ce disque un classique de la pop française, elles expriment à mon avis encore mieux la personnalité des Calamités ou en tout cas ce que je préfère chez elles. "Toutes les nuits" est un morceau énergique narrant l'histoire d'un somnambule. Les chœurs sont très réussis, le solo de guitare aussi, le morceau avait été choisi comme single de l'album et c'est un choix logique même si les trois autres titres sont tout aussi excitants et frais. "Nicolas" raconte l'histoire d'amour entre un garçon et ... sa guitare, détail que l'on apprend à la fin de la chanson. Le texte est très réussi laissant le doute subsister jusqu'au dénouement, c'est amusant sans être niais, fin sans être maniéré, léger sans être superficiel. Ce titre résume ce que j'adore chez les Calamités, cet art de l'équilibre pour faire à la fois quelque chose de très féminin sans tomber dans le cucu, c'est assumé mais pas dupe. "Le Supermarché" est encore une très jolie réussite, une chanson pop particulièrement addictive avec un solo de guitare très rockab' absolument délicieux. Et enfin il y a "malhabile" co-signée par la manageuse du groupe, encore une fois le texte est très drôle soutenu par une musique pop bien énergique et abrasive malgré ses "papapa" très girls group. On en regretterai presque de ne pas avoir un ou deux titres francophones en plus!

Une fois j'avais posté une vidéo des Calamités sur fb et un de mes contacts aux goûts sûrs avait laïké assorti d'un "les Shop Assistants" françaises" et effectivement il y a de ça chez les Calamités. Elles partagent avec la C86 ce même détachement pour le bien-joué et bien-produit assorti d'une envie irrésistible de faire de la musique pop. Tout comme chez les groupes C86 les Calamités arrivent à un subtile équilibre entre des mélodies sucrées mais joué avec une bonne dose de hargne et de papier de verre. Elles ont aussi à voir avec les Bangles américaines, notamment ce goût pour la pop 60s. Dans tous les cas l'esprit du punk ou du garage est bel et bien présent dans cette musique pop et c'est pour ça que l'on aime tant A Bride Abattue. 

Pour celles et ceux qui souhaiteraient encore d'avantage creuser je recommande le super site Calamiteux que j'ai pas mal consulté pour rédiger cette chronique. 


Les Calamités - Malhabile

vendredi 18 mai 2012

Les Coronados - N'importe Quoi (1984)

Il y a un ou deux ans j'ai lu l'ouvrage dirigé par Manœuvre sur le rock français, une grosse déception. C'était donc ça le rock en français? Vraiment? J'ai bien peur de ne pas souvent m'y retrouver dans ce bouquin et pourtant, j'ai qu'une envie: défendre notre langue face à une horde de snobs convaincus que français et rock sont incompatibles.

Plutôt que me lancer dans une diatribe contre cette opinion aujourd'hui fort en vogue y compris chez les "décideurs" (par exemple les mecs qui organisent des événements aussi chiants et peu représentatifs que les Victoires de la Musique) je vais vous parler d'un groupe qui me tient particulièrement à cœur: Les Coronados. Dans mon panthéon personnel quand il s'agit de conjuguer violence avec élégance en français dans le texte au coté des Olivensteins ou Marie et les Garçons (deux autres groupes absolument fabuleux déjà évoqués ici). 

Pour le moment j'ai pas trop eu le temps de me pencher dans leur seconde salve "un Lustre" mais je commence à avoir bien rôdé leur premier album N'importe Quoi sorti en 1984 chez Romance. On ne va pas vous raconter d'histoires: voilà un des meilleurs disques de rock n roll que l'on puisse trouver dans la langue de Joachim du Bellay. 11 brûlots vont vous prendre au plexus vous secouer puis vous relâcher en miette explosés sur le sol en confettis.

Pour situer je dirai que les Coronados pratiquent le garage-rock, mais pas un garage-rock respectueux de la tradition de papa, non un truc violent agressif, et foutrement jouissif. Le chant est languissant, trainant et particulièrement nonchalant, le vocabulaire est simple et sans effet de manche, les Coronados font beaucoup plus avec moins, ils multiplient les pains (dans la gueule) avec trois mots bien sentis. Ils n'ont pas besoin de s’embarrasser d'un vernis prétention littéraire pour épater la galerie, ils ne sont pas là pour ça, ont dépassé ce stade pour envoyer du rock n roll, viscéral et sincère. Derrière le chanteur c'est une orgie de guitare, mais pas de la gratte à papa et du solo de tonton façon Clapton, non de l'énergie en fusion, des amplis au son clair chauffés à blanc, pas de saturation grassouillette, régime protéiné avec la dose de réverb' qui faut pour que tu te sentes bien. Les Coronados envoient du bois, ils sont violents mais toujours avec grâce et un sens de l'économie qui les honorent. Les guitares sonnent merveilleusement bien et les mecs derrière savent s'en servir, les soli sont toujours courts, brefs mais surtout intenses. Ils agissent sur le cerveau comme une drogue qui te rend fou et agressif. Les Coronados ont définitivement un son sur N'importe Quoi, un truc bien à eux avec les guitares bien en avant, une production moderne mais sans gadget. Ils ont le son, et dans 20 ans ce disque continuera de sonner comme maintenant à savoir une dose de charge de rock n roll classieux.

La reprise de Chilton par les Coronados (non présente sur l'album mais d'un EP précédent), est peut être un indice sur leurs inclinaisons personnelles, il relève un besoin de brouiller les pistes, de s'inscrire dans un rock n roll agressif encrée dans une tradition pour mieux la tordre et lui rendre de sa subversion initiale. Plutôt que de faire allégeance aux années 50s 60s, les Coronados reprennent les armes pour les dévier, les pervertir et les raviver comme jamais. 27 ans plus tard, ce disque sonne brillamment, il n'a pas perdu de sa verve, et son venin est encore capable d'empoisonner quelques esprits égarés. Des Coronados je ne sais pas grand choses, de Limoge, rencontrés en prépa d'ingénieur, montés à Paris et intégrés à la scène bouillonnante de l'époque (Didier Wampas prendra à son tour les armes en entendant "revanche" il parait) ils n'en sont pas moins l'un des plus beaux exemples de groupes de rock en français, tout simplement parce qu'ils sont uniques et sonnent comme eux-mêmes.


Les Coronados - j'en veux, j'en veux plus

mercredi 8 juin 2011

Jasmine Minks - cut me deep (1988)

Jeudi dernier avait lieu la première française du documentaire sur Creation Records au festival "filmer la musique" à la gaité lyrique. Je n'ai pas encore vu le film en question, je me suis contenté d'aller ce soir là voir un Ty Segall loin d'être aussi brillant qu'au point FMR, la faute peut être à des soucis techniques. Enfin revenons à nos moutons: 1984, les Jasmine Minks signent la 4ème sortie du label d'Alan McGee nommé en référence à un groupe mod 60s: Creation, oui, ce même label que l'on encense aujourd'hui par un documentaire projeté dans une salle culturelle étatique et subventionnée. A l'époque, c'était pas le même délire je suppose, le label en était à ces débuts, amateurisme, bricolage: sur les premiers disques Alan mettait les vinyles dans les pochettes lui même.

Les écossais étaient dans l'aventure à ses tous débuts mais n'eurent pas la chance de faire une carrière aussi glorieuse que la structure qui les accueillait, pourtant les types étaient doués, c'est en tout cas ma conclusion à l'écoute de cette compilation bancale (et à la limite de l'opération commerciale non?) sorti en 1991 et comprenant des titres divers et variés enregistrés entre 1984 et 1988. On y trouve un bon quota de leur premier mini-lp, quelques morceaux des lps suivants, et des titres de singles (notamment les faces A des deux premiers si j'ai bien regardé). Pas nécessairement l'idéal pour découvrir un groupe mais bon on fera avec.

Cut Me Deep, sorti en 1988 est peut être le morceau le plus tubesque du disque, une tuerie indie pop dont les arpèges de guitare tirent irrémédiablement vers les Byrds sans que jamais cela ne soit qu'un pastiche ou un hommage trop scolaire, on est dans l'appropriation. Initialement sorti en 1987 sur un ep en version live, il était également prévu d'en faire un single dans les règles de l'art mais les Jasmine Minks n'ont semble-t-il pas réussi à venir à bout de l'enregistrement de la nouvelle version. Pour la postérité on se contentera donc de la version studio de l'album, celle ici présentée également, elle est déjà sacrément bonne en l'état...

Somers Town est un morceau de 1984 sorti sur le premier 12 inches du groupe, un mini album dont Alan McGee a semble-t-il modifié le tracklisting (viré "cold heart" et remplacé par des titres du second single si j'ai bien suivi) au détriment de la cohérence. Reste que ce morceau est absolument génial, il est teigneux, on ressent une certaine influence punk et post-punk, tout en gardant une petite touche 60s délicieuse mais jamais invasive. L'ensemble sonne de façon tout à fait unique, et c'est vachement bien.

Tout cela pour vous dire que j'espère bien vous reparler de cette formation prochainement, avec peut être plus de détails, en tout cas ce Soul Train malgré son incohérence m'a introduit à un très bon groupe qui aurait certainement mérité mieux... Par ailleurs j'espère que Pol Dodu passera dans les parages (en fait j'en doute pas trop) et amènera quelques précisions ou corrections, car je sais qu'il est très fan des Jasmine Minks!

Jasmine Minks - Somers Town (1984)


Jasmine Minks - cut me deep (1988)

mercredi 27 octobre 2010

the Long Ryders - I had a dream (1984)

Pour le moment je ne peux vous dire grand chose des Long Ryders, je suis en pleine découverte de ce groupe, en tout cas j'aime beaucoup ce single de 1984, extrait de leur premier album "native sons". Je suppose que la modification de leur nom est en parti un clin d'oeil à un autre groupe à avoir opéré un tel changement, une filiation que l'on peut en tout cas ressentir musicalement. Officiellement ce changement a été effectué car les producteurs de "the Long Rider" (un long métrage) s'étaient opposé à l'usage de ce nom. Appartenant à la scène "Paisley Underground" ils partagent avec leurs collègues un goût pour les 60s sans non plus chercher à être fidèles. Les Long Ryders diffèrent quand même par leur orientation très proche des racines américaines, notamment de la country filtrée par le son californien 60s (Buffalo Springfield, Flying Burrito Brothers etc.). En tout ce single est très bien, et j'espère avoir l'occasion de reparler bientôt de ce groupe, d'un de leurs deux premiers albums en tout cas (les plus réputés de ce que j'ai pu tirer de les différentes sources).

the Long Ryders - i had a dream

mardi 31 août 2010

the Pandoras - cry on my own (1984)

Bon balançons les détails bibliographiques: les Pandoras sont un groupe de filles plutôt moches (la clavier a l'air quand même pas si mal) américaines qui faisaient du garage rock revival et sont sur voxxx le label ultime du genre, celui de Greg Shaw. It's about time est leur premier album, sorti en 1984 et il contient une dizaine de morceaux dans une veine très back from the grave, Byrds (oui c'est possible de faire les deux dans un même disque) ou encore un instru typique, voilà maintenant on passe aux choses sérieuses et ouvrons la boite de Pandoras (ah ah).
Cry on my own est une ballade mélancolique ("moody" diraient les anglo-saxons) pas si éloignée que ça dans l'esprit de "remember when i loved her" des Zombies. Le premier truc qui marque à l'écoute de la chanson c'est cette bonne dose d'amateurisme qui parcourt le morceau. Au lieu de desservir cry on my own, ça la magnifie: à chaque fois on a l'impression que cela va s'écraser, ne pas tenir et puis non ça reste sur le fil... Cet équilibre précaire est charmant, il est fragile. C'est rempli d'une naïveté et d'une sincérité aussi maladroite qu'attachante et vivifiante.
Le plus génial dans ce morceau c'est peut être le "somptueux" solo d'orgue, avec la mythique technique dite du "one finger" extrêmement difficile à réaliser même pour de grands virtuoses. Ca consiste à jouer un riff (ou ici un solo) avec un doigt, bon je suppose que même les brêles intégrales en anglais avaient vu l'idée, mais par contre vous vous demandez sûrement pourquoi c'est hyper difficile à jouer.
Parce que pour la plupart des musiciens la tentation serait trop grande de rajouter des notes, et bam, on brise le magnifique équilibre de la chose, on détruit toute la magie de ces trois pauvres notes toutes simples. Et puis surtout on se cache, on se cache derrière un déluge de do-ré-mi-fa-sol-la-si-do pour montrer qu'on a un gros manche et ne surtout rien dévoiler et rien montrer, en essayant de cacher la mélodie derrière une couche de note pour la rendre à peine visible voir l'abandonner au milieu de la forêt.
Bref les Pandoras sont pas loin d'être incompétentes, mais elles, elles ne se cachent pas, elles assument tout à fait de faire du garage rock super connoté, elle se cache pas derrière des concepts aussi peu inventifs que fumeux malgré des beaux écrins, non elles vont à l'essentiel, et cherche pas l'esbroufe. C'est bancal mais malgré cela ou même à cause de cela, c'est super cool (même si l'album en entier n'est toujours aussi bien).

the Pandoras - cry on my own


réédité sur Voxxx, donc va chez ton marchands de journaux (pardon de disques) et achète le, fais attention ne confond pas avec les Shadows of Knight!!! Ensuite rentre chez toi (en courant ou si tu as les moyens en Jaguar Type E) et pose le bout de plastique dans le mange-disque et c'est parti mon kiki.

dimanche 8 août 2010

Bangles - all about you (1984)

Des Bangles on retient généralement leurs tubes fm comme "walk like an egyptian" ou "manic monday" (excellente chanson au demeurant), pourtant ce groupe a plus à offrir. Prenons ce premier album (après un mini lp en 1982) "All over the place", sorti en 1984. Que voit-on sur la pochette en dehors de 4 jolies filles dans un hangar? Une Rickenbacker! ça devrait en dire un peu plus sur les influences du groupe, et on est précisément dedans: ce disque est marqué par l'influence des Beatles, Byrds, et Big Star (les fameux groupes en "B"). Si deux des meilleurs morceaux sont des reprises exécutées avec beaucoup de classe ("Live" emprunté aux Merry-Go-Round et "going down to Liverpool" aux Katrina and the Waves) les 4 savent également écrire d'excellentes chansons ("all about you" "james" "tell me"...). La production très sobre rend largement justice aux magnifiques harmonies vocales et au son de ces très belles lignes de guitares souvent inspirées. En bref ce disque sans être un classique est un très bel album, qui mérite largement qu'on s'y penche.

The Bangles were a great girl-band from the 80s. Their first LP "all over the place" (1984) is a great deal, full of cool pop hooks and nice harmonies with that jangly guitar sound. So if you like the Beatles, the Byrds or Big Star give a try to this album!

the Bangles - all about you


samedi 19 juin 2010

the Replacements - I will dare (1984)

I will dare est une chanson géniale, beaucoup de gens pensent que les 80s ont été une période d'obscurantisme profond pour la bonne musique, il se trompe. Les Replacements, et d'autres (R.E.M. par exemple, d'ailleurs Pete Buck joue sur notre morceau du jour) ont fait d'excellents disques. Ils ont su trouvé un bon équilibre entre un rock contemporain et des influences plus classiques (sur ce morceaux les Byrds par exemple). Ils n'ont pas céder aux modes de production (les caisses claires horribles) mais n'ont pas non plus cherché à imiter le son des 60s.

Too many people thinks 80s suck musicaly speaking. Don't trust theses guys, they're wrong, well at least some bands were really great at this time. For exemple you need to hear "I will dare" by the Replacements (and featuring Pete Buck from R.E.M.), it's a great song, and a good proof that all in the 80s wasn't crap but also very cool!


the Replacements - I will dare