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vendredi 24 février 2017

Chook Race "Around the House"

Chook Race fut une de mes découvertes majeures en 2016. Après un premier album auto-édité, la formation australienne a en effet publié l'un des albums les plus cool de l'année sur l'un des labels les plus cool (Trouble In Mind, que l'on cite souvent !). En dix chansons, le trio de Melbourne développe une pop sémillante mais jamais niaise équilibre parfait entre mélodies pastel et guitares anguleuses. Si Chook Race convoque une certaine indie-pop britannique canal historique (C86), notamment dans sa manière d'être plus virulent qu'il n'y paraît (pas si twee que ça, plus punk aussi), de nombreuses inflexions évoquent quant à elles l'Océanie des compatriotes de Dick Diver et Twerps, ou des cousins néo-zélandais du Dunedin Sound (The Verlaines, The Bats etc.). Il ne serait pas hors de propos non plus de se remémorer le premier album des Pains of Being Pure at Heart dans cet art de croiser les vocalises de garçons et filles. Chook Race n'est cependant jamais dans la posture de l'hommage ou du pastiche amusant, trop frais, trop vital pour cela. Around the House brille par l'évidence de ses chansons: chacune d'entre elles est écrite avec justesse et comporte toujours un élément la rendant attachante. Quelques morceaux se dégagent pourtant et sonnent comme des futurs hymnes du genre, de ces chansons que l'on a envie d'écouter dix fois à la suite. En effet, comment ne pas être enthousiasmé par Hard To Clean le fantastique morceau d'ouverture, hymne élancé et volontaire ? At Your Door ou Pink and Grey sont quelques un des autres temps fort de ce disque génial que l'on espère suivi de nombreux autres et peut-être d'une petite tournée en France ? Ce serait chouette en tout cas !


lundi 13 février 2017

Real Numbers "Wordless Wonder"

Il y a presque 4 ans nous évoquions les Real Numbers de Minneapolis sur ce blog avec leur excellent second EP 12 pouces Only Two Can Play (2013) sorti sur le label américain Three Dimensional Records (Mystery Date, Tuff Bananas etc.) co-géré par Eli Hansen, âme du groupe . Nous sommes ainsi heureux de les chroniquer à nouveau pour leur premier véritable album Wordless Wonder (2016) édité par l'un des labels les plus attachants du monde: Slumberland (The Pains of Being Pure at Heart, The Proper Ornaments, Violens, Big Troubles...).

Leur présence au catalogue du prestigieux label californien (installé à Oakland) n'a rien d'un hasard: la formation américaine a évolué doucement d'un punk teigneux vers une pop allègre. Le fil conducteur: un attachement aux Television Personalities, bien que leurs présences se fassent désormais moins sentir, ils restent influence en filigrane. Les esprits chafouins ne pourraient  d'ailleurs ne voir en Worldless Wonder (2016) qu'une ode à l'indie-pop C86 ou sa cousine américaine College. Pourtant il serait injuste de considérer les Real Numbers comme une simple bande de vils pasticheurs. Les guitares rickenbacker carillonnent et chantent comme des oiseaux par un beau matin (wordless wonder), les mélodies douces-amères sont interprétées avec une certaine retenue (sister's serving tray). L'ensemble dégage une énergie punk (new boy, just so far way) et une fraîcheur considérable. Les Real Numbers écrivent de chouettes chansons: vives, spontanées et sincères (failling out, only two can play) . Comment résister à l'appel de Frank Infatuation par exemple ? Voilà trois minutes et quatorze secondes de pur plaisir sans arrières pensées, des arpèges mémorables, des chœurs guillerets, quelques instants qu'il apparaît évident de répéter encore et encore. Wordless Wonder est un album attachant, trop honnête pour être branché, trop pétulant pour la prétention. Parfait pour nous, tant pis pour les autres.

vendredi 1 juillet 2016

Ultimate Painting ne fait pas de la figuration

Ultimate Painting et Woods ont réalisé une tournée commune et afin de célébrer l'affaire, leurs labels respectifs (le génial Trouble In Mind et Woodsist) ont édité ensemble un 45 tours. Ainsi chaque groupe occupe une face avec un titre inédit. 

Know Your Minute des américains de Woods est un honnête titre, une face B qui fait le job mais ça sent un peu le morceau écarté de With Light and With Love. La production évoque en tout cas d'avantage le précédent effort de cette fabuleuse formation que leur récent ouvrage au son ambitieux... City Sun Eater In the River Of Light a en effet tout d'une rupture avec une certaine idée du groupe, celle que nous défendions ardemment dans ces pages depuis cinq ans et l'excellent Sun & Shade (blog). Peut-être pas un adieu définitif mais beaucoup d'interrogation, puisse le prochain album nous refaire tomber amoureux de ces outsiders magnifiques.

Into the Darkness d'Ultimate Painting est la merveille du disque, peut-être même une des meilleurs compositions du groupe. N'ayant jamais évoqué ici cette passion revenons un peu sur le duo anglais. Formé par Jack (de Mazes) et James (ex-Veronica Falls et actuel Proper Ornaments), le groupe aligne les compositions délicates dans lequel les guitares s'entrelacent et les voix se marient avec précision. Leurs deux albums sont excellents, avec peut-être une légère préférence pour le premier et sa fraîcheur. Depuis leurs débuts, les anglais ont cette faculté d'arriver à faire quelque chose de personnel avec des références qui pourraient être pesantes pour beaucoup d'autres formations (le Velvet Underground en tête). Si leur musique est sobre voir raide à première vue, une écoute attentive en révèle l'absolue beauté, Ultimate Painting écrit de super chansons et Into the Darkness en est une magnifique illustration. Less Is More avait coutume de dire Ludwig Mies van der Rohe, la maxime semble aussi parfaitement rejoindre les aspirations du duo anglais.


mardi 8 mars 2016

Les Rythmeurs: Plaire Plaire ?

Il y a une quinzaine de jours sortait la compilation "Rouen, l'explosion Rock 1980-1990" (lien discogs) sur le récemment (2014) réactivé Smap Records, label qui avait édité au début des années 80 les (éphémères) Nouveaux Riches ou encore l'excellent 45T mod revival des Tweed "Fashion" que je vous recommande chaudement. Dans le reportage des Enfants du Rock de 1984, Dominique Laboubée a une très belle image pour décrire la scène qui électrise alors la ville "un peu de poussières d'étoiles"... Celle-ci est certainement tombé sur le disquaire Mélodies Massacre de Lionel Hermani dans lequel Dominique mais aussi les frères Tandy (avec en particulier un certain Gilles inconditionnel des Byrds!) viennent taper la causette et acheter des disques. L'histoire n'aurait pu n'en rester là et pourtant en 1977, un événement va changer la donne: les Dogs enregistrent leur premier 45 tours "Charlie was a good boy", il est publié par le disquaire, le premier d'une poignée de sorties séminales, en 1979 vient ainsi un second coup de grâce: l'unique 45T des Olivensteins, un des plus fantastiques disques du punk français (dans mon panthéon personnel au coté de Marie et les Garçons). Si les Olivensteins se séparèrent après 18 mois insensés, ils essaimèrent une poignée d'excellentes formations parmi lesquelles les Nouveaux Riches (avec Eric Tandy, parolier du groupe et Laboubée), les Gloires Locales (avec Antoine Masy-Perrier futur 6-cordiste des Dogs puis des Wampas ainsi que Gilles Tandy) ou encore les Rythmeurs. 

Les Rythmeurs ne laissèrent à la postérité qu'un mini album et une participation à une compilation ("Snapshots") aujourd'hui complété d'un huitième inédit sur "Rouen, l'explosion Rock". Ils se composaient de deux anciens Olivensteins (Gilles Tandy et le fabuleux guitariste Vincent Denis) ainsi que de Bruno Lefaivre à la batteur (futur Tupelo Soul) et Bruno Lecœur à la basse. "F.I.N.I" leur unique sortie individuelle est éditée en 1983 par le label mythique New Rose. Le format intermédiaire entre un EP et un LP évoque une autre sorti du label parisien faite un an plus tard par une autre formation de la compilation Snapshot(s): "À Bride Abattue" des géniales Calamités (chroniqué ici même). Le disque des Rouennais est un sans faute. Moins punk que les Olivensteins les Rythmeurs laissent les mélodies pop s'épanouir au grand jour sans négliger une certaine amertume et la hargne du punk. Le guitariste joue un récital de haut vol (classe, élégant et fin) quelque part entre les Byrds et pourquoi pas des formations new-yorkaises comme dBs ou Television, un parfait équilibre entre velléités mélodiques et un sens du phrasé moderne et anguleux. Le groupe, loin de copier les anglo-saxons en est très contemporain évoquant le Paisley Underground, les débuts de REM ou certaines formations anglaises C86 trois avant celles-ci (écouter "Un soupçon d'indifférence" pour se faire une idée) ! Si "Plaire Plaire" a mes préférence, de "Rêverie" (youtube) à "F.I.N.I" (youtube) les Rythmeurs s'imposent à travers ce disque comme un des meilleurs représentants du rock français des années 80, comme les Calamités on regrette qu'il n'y ait pas plus (en quantité) à se mettre sous la dent.

lundi 6 juillet 2015

CRM005: Triptides - Bright Sky / Darling (7)

CRM005
Triptides
A. Bright Sky
B. Darling
45 Tours (7') / 200 exemplaires / 26 novembre 2012 (11/26/12)
SOLD OUT

Un an après l'excellentissime Going Under (lien) extrait de leur premier album Psychic Summer, Triptides s'attela à enregistrer son successeur qui fut édité en 2012: Sun Pavilion. Si l'album est sorti chez Stroll On Records j'ai eu l'honneur de pouvoir sortir un des meilleurs morceaux du disque sous la forme de 45 tours, la géniale cavalcade Bright Sky. Pour éviter la redondance avec l'album nous décidâmes avec le groupe de proposer un inédit qui n'avait pas été retenu pour l'album. Darling, loin d'être un second choix, est un super morceaux ambiance pop pastel 50s rehaussée de doo wop et de cette charmante touche lo-fi. Le titre ne fut pas sélectionné pour l'album car il ne s'intégrait pas bien au rythme du disque.
Après quatre 45 tours à 500 copies, il fut décider de passer à un chiffre plus raisonnable (200), une excellente décision quand on constate que Bright Sky est enfin sold-out (depuis fin juin 2015) quand Going Under sorti presque un an avant est toujours disponible, cependant l'excellent premier simple pourrait lui aussi rejoindre assez rapidement Bright Sky. Signalons aussi la sublime pochette de Clément Buée (Agence Miracle), il a également réalisé celle du single de Cheap Riot (dont nous reparlerons bientôt).

RIYL: Real Estate, Beach Boys, Flying Nun Rcds, Buddy Holly, Surf music

"Bright Sky", brillant premier extrait du premier album physique de Triptides.
(Magic RPM)

L'inédit 'Darling' en face B promène son rythme plus lent, ses woo hoo et sa douceur langoureuse le long d'une plage sous le soleil couchant. Et ça fait du bien.
(Dans Le Mur du Son, lien)


mercredi 15 janvier 2014

Bilan 2013 : Les meilleurs albums de l'année (2/2)


1 Aline - Regarde Le Ciel (Accelera Son)
Regarde Le Ciel est le genre de disques avec lequel tu choisis tes copains. Aline a tout compris ou nous nous comprenons, je n'en sais rien. Le fait est, que Regarde Le Ciel, a et aura une résonance particulière pour nous, tout simplement parce qu'il réconcilie ce qui semblait inconciliable pour tous en France, alors pourtant que ça nous paraissait une évidence : la sensibilité et la mélancolie de Sarah Records, du C86 et des Smiths, notre belle langue trop souvent oublié du rock "made in France" et la trop sous-estimée pop (à guitares, pas Elli et Jacno quoi) française des années 80 comme Gamine, Les Avions, Les Calamités, Les Freluquets.
Romain Gueret et sa bande a écrit et sorti le disque que nous aurions rêver de faire.
L'interview d'Aline.


2 The Stevens - A History of Hygiene (Chapter Music)
Beaucoup de gens critiquent les tops, et ils n'ont pas tord quand l'exercice consiste à copier le voisin. En revanche les bilans peuvent devenir de très belles opportunités pour défendre des disques, et essayer encore une fois de les faire connaître. Etienne et moi sommes (nous l'espérons) dans cette seconde perspective. Notre top 10 est l'occasion de mettre en avant des disques coups de coeur. A History of Hygiene en est un énorme. Ce disque est génial et m'a accompagné une bonne partie de l'année. De l'indie-pop qui tire sur le lo-fi 90s mais avec une personnalité propre. Un album que j'ai envie d'offrir aux gens pour les embarquer avec moi. 




3 Homeshake - Homeshake Tape (Fixture)
Longtemps nous avons hésité pour la catégorie de ce disque. S'agit-il d'un EP ou d'un album ? Nous avons finalement opté pour l'album en estimant que le disque gagnerait en visibilité. Homeshake est un des sidemen de Mac De Marco. Sur cette cassette il vole clairement la vedette à son pote. C'est fantastique. Le son est amateur au possible mais comment ne pas être touché par la beauté de ces mélodies et cette voix aussi nonchalante que mélancolique? Homeshake Tape est un des plus beaux albums de 2013. Donnez lui une chance.



4 Scott & Charlene's Wedding - Any Port In A Storm (Fire)
Est-ce un disque de garage ? Est-ce un disque d'indie pop (ou rock) ? Je ne sais pas trop, sûr qu'on y entend du college rock 90 mais aussi un côté "Dunedin Sound" sans oublié un parler-chanter de story teller de la vie quotidienne qui n'est pas sans rappeler Dylan en moins frondeur. Vous vous doutez qu'avec ce genre de description le groupe rempli pile poil les critères de sélections précis pour plaire à Requiem Pour Un Twister. Dans le mille Emile.


5 Maston - Shadows (Trouble In Mind)
Le psychédélisme était le mot de 2013. Il y a des chances qu'en 2014 ce soit également le cas. Si nous avons été déçu par certains disques (à tel point qu'ils ne figurent pas dans ce top 50) d'autres nous ont émerveillés comme Shadows de Maston. Cet américain a pondu un disque transcendant ses influences. Un disque qui porte l'imaginaire loin et haut.


6 Jagwar Ma - Howlin' (Marathon Artists)
Juin 1997, la mythique Haçienda ferme définitivement ses portes, le club de Manchester sera a jamais ancré à la réconciliation quasi-impossible des popeux et des ravers. Dans un monde aussi segmenter et cliver que le nôtre, le club et ses DJs (ainsi que ses dealers d'acides) auront autant contribuer à la révolution techno qu'à la révolution indie, autant dire que c'est certainement l'un des lieux musicaux les plus important de notre ère. Si le terme "electro-rock" est fâcheusement galvaudé, presque une insulte pour nous (alors que nous aimons les deux mondes), or Jagwar Ma, à la manière des glorieux Happy Mondays et Stone Roses, réussi la synthèse idéale. Oui Howlin' est un disque revival baggy, mais putain qu'est ce que ça fait du bien d'entendre un groupe de rock qui sait faire de la musique électronique (à moins que ça soit l'inverse).



7 Dream Boys - s/t (Art Fag)
Ce blog est dévolue à la musique de genre. L'indie-pop est un de nos genres musicaux fétiches. Elle représente une pensée, une éthique au arrefour du DIY, la pop 60s des Byrds ou du Velvet, des idées du punk et post-punk et un tas d'autres trucs super cool à nos yeux. Dream Boys ont signé un disque indie-pop jangly , hymne à la 12 cordes aussi bandant que lumineux. RPUT aime les Dream Boys et l'indie-pop.
  

8 Thee Oh Sees - Floating Coffee (Castle Face)
Thee Oh Sees est un de nos groupes préférés depuis 4-5 ans, or jusqu'à maintenant, leurs sorties albums n'atteignaient pas toujours la qualité escompté (le très surestimé Carrion Crawler/The Dream) et certainement pas leurs prestations lives (cette année encore, celle du Trabendo, fut hallucinante), si on attend toujours d'eux l'album pierre angulaire, Floating Coffee s'en est vraiment approché. Thee Oh Sees ont rarement aussi bien tenu la longueur, ont rarement été aussi concis, efficace et complet, leur formule Garage-Kraut est vraiment maîtrisée à la perfection et ils peuvent même se permettre des formidables (Minautor) digressions. A notre avis, leur meilleur album depuis Help.


9 Orval Carlos Sibelius - Super Forma (Clapping Music)
Deux disques français dans le top 10 (dont le numéro un !), cinq de plus dans les 50, sans compter ceux qui s'en approchent. La France se porte très bien musicalement. On est par exemple tombé sous le charme de Super Forma magnifique disque psychédélique d'Orval Carlos Sibelius qu nous fait un effet un peu similaire à celui de Chris Cohen l'an passé: un pied dans la pop baroque, un autre dans le prog bizarre.



10 Boogarins - As Plantas que Curam (Other Music)
Invoquant le tropicalisme brésilien d'Os Mutantes ou de Sergio Mendes tout autant que le revival psych contemporain, le duo brésilien Boogarins fût l'une des plus belles découvertes surprises de l'année. Ah ce que la musique peut-être excitante lorsque le métissage, qui fait si peur à certaines franges extrême de notre beau pays, est intelligent ! Boogarins en sont la preuve : un groupe brésilien sorti sur un label new yorkais et adoubé par un blog français, la mondialisation a parfois du bon non ?

mardi 14 janvier 2014

Bilan 2013 : Top Album (1/2)

Voici venu le temps du top album, comme l'année dernière, on vous fait patienter le top 10 avec 40 autres albums qui nous ont plu. Comme chaque année, plein de choses à écouter, trop même, comme toujours des choix difficiles et des dilemmes. Nous avons tranchez, ce sont eux nos préférés. Comme toujours, notre choix se porte sur l'âme, les chansons, les couilles, est totalement subjectif et de mauvaise foi.

11 Dick Diver - Calendar Days (Chapter Music)
Voilà un Australien qui aurait du naître en Californie tant sa musique évoque le glorieux son jangly folk-rock étasunien. Malgré quelques chansons très agaçantes, Calendar Days est traversé par des chansons enivrantes, presque touchées par la grâce. Ce disque nous a tenu chaud tout l'hiver, nous faisant rêver à l'été indien et aux rayons du soleil couchant caressant le duvet de nos bras dénudés.

12 Jessica 93 - Who Cares ? (Teenage Menopause)
Boucles obsédantes, un album sombre à la violence contenue. Avec une mention aux deux morceaux en français.

13 The Lucid Dream - Songs Of Lies And Deceit (Great Pop Supplement)
Un de nos disques anglais favoris de l'année. Du shoegaze bien brutal mais inspiré mélodiquement. Mention au magnifique vinyle de Great Pop Supplement.
14 Foxygen - We Are The 21st Century Ambassador Of Peace And Magic (Jagjaguwar)
Ce groupe est fou, oui, il est siphonné du ciboulot, il n'a que faire des conventions et expérimente, parfois, on a l'impression qu'il ne sait pas où aller, perdu dans les méandres de leurs synapses, souvent tout ça conduit à une illumination, un moment magique puis, d'un coup, il peut retomber dans ses travers (le pastiche Rolling Stones). We Are The 21st Century machin est certes inégal, mais qui dans ses bons moments frise le sublime.

15 Triptides - Predictions (Stroll On)
On leur prédit un bel avenir à ces américains de Bloomington. Disque d'été à écouter même l'hiver.
16 Blackmail - Bones (Malditos)
Plus efficace que la josacine pour se démettre la cervelle.
17 The Mantles - Long Enough to Leave (Slumberland)
Les Mantles continuent leur trajectoire sans faute. Peut être l'un des groupes les plus méconnus et sous-estimés de la très riche scène de SF.

18 Halasan Bazar - Space Junk (Crash Symbols)
Zinzins de l'espace Danois en calvacade psych-folk-rock ? Attention, l'Ampli contre attaque.

19 Warm Soda - Someone For You (Castle Face)
On ne sait pas si Matthew Melton a trouvé quelqu'un pour lui mais ce Soda là n'est pas éventé.
20 The Courtneys - s/t (Hockey Dad)
Les années 90s, les chemises en jean, les cheveux longs, les casquettes, les jeans troués, les vans montantes, les copains, le skate, le surf, le punk-rock, le grunge, les t-shirts trop larges tie & dye, sub-pop, Slumberland, MTV, The Courtneys.
21 Bleached - Ride Your Heart (Dead Oceans)
Ce Blondisque est bien et javel dire à tout le monde.

22 Elephant Stone - s/t (The Reverberation Appreciation Society)
On se doute que les intéressés sont fans des Stone Roses, mais ils y mettent les formes. Un album psychédélique à la cool qui évoque autant le Madchester que la Californie voir l'Ecosse, le mieux c'est encore de l'écouter !

23 Holy Wave - Evil Hits (The Reverberation Appreciation Society)
Les 10 commandements du rock psychédélique nous ont emmenés sur le Mont Sinaï. Chantons leur un Alléluia.

24 Weekend - Jinx (Slumberland)
Weekend signe un des meilleurs disques édités par Slumberland cette année. Un Shoegaze puissant qui fait le pont entre Factory et Creation. Un album que l'on peut aussi écouter en semaine.

25 Joanna Gruesome - Weird Sister (Fortuna Pop)
Il est super ce deuxième album de Veronica Falls, ils ont changés de nom ?

26 Alba Lua - Inner Seasons (Roy Music)
27 Beaches - She Beats (Chapter Music)
28 Kelley Stoltz - Double Exposure (Third Man)
29 Wavves - Affraid of Heights (Mom+Pop)
30 Machinedrum - Vapor City (Ninja Tune)


31 The Sufis - Inventions (Ample Play)
32 Minks - Tides End (Captured Tracks)
33 Kaviar Special - s/t (Howlin Banana)
34 Fuzz - s/t (In The Red)
35 Jonathan Rado - Law and Order (Woodsist)


36 Beach Fossils - Clash the Truth (Captured Tracks)
37 Blackfeet Braves - s/t (Lolipop)
38 Proper Ornaments - Waiting For The Summer (Lo Recordings)
39 Kevin Morby - Harlem River (Woodsist)
40 Yuppies - s/t (Dull Tools)


41 Spray Paints - Rodeo Songs (S-S Records)
42 Burnt Ones - You'll Never Walk Alone (Burger Records)
43 Ty Segall - Sleeper (Drag City)
44 Night Beats - Sonic Bloom (The Reverberation Appreciation Society)
45 Soundcarriers - the Other world of (Great Pop Supplement)


46 The Mergers - Monkey See Monkey Do (Soundflat)
47 Mount Kimbie - Cold Spring Fault Less You (Warp)
48 Feeling of Love - Reward your Grace (Born Bad)
49 Cosmonauts - Persona Non Grata (Burger Records)
50 The History Of Apple Pie - Out Of View (Marshall Teller)


Ils ont été cités mais sont tombés au pied du podium : La Femme, Last Night, Dead Ghosts, Pins, La Luz, Dirbtombs, Mozes And The Firstborn, The Resonars, Jacco Gardner, Golden Grrrls, Ex Cops, Surf City, Veronica Falls, Mind Spiders, Pendentif, Bass Drum Of Death et Glitz

mercredi 8 janvier 2014

Bilan 2013 : Top labels

Il aurait été tentant de citer à nouveaux des labels des années précédentes tant certains se sont révélés en forme en 2013. Ainsi Trouble In Mind (top label 2011), Woodsist (top label 2012) ou Great Pop Supplement (2012) ont réalisé des disques somptueux cette année (Maston, Lucid Dream, Kevin Morby etc.) et on ne saurait que vous recommander de vous précipiter sur le catalogue il était cependant important pour nous de continuer à défricher en évoquant des nouveaux venus ou des labels historiques en renouveau. Voici notre top subjectif des labels de 2013.  

Chapter Music
Chapter Music a fêté ses 20 ans en 2012. Changer de décennie ne semble pas l'avoir freiner dans ses intentions, bien au contraire, le label australien a signé une année fabuleuse avec notamment de merveilleux disques des Stevens ou de Dick Diver. 2013 était placé sous le signe de la scène australienne et qui mieux que Chapter Music représente ce vent de fraîcheur qui souffle sur l'indie-pop depuis les antipodes ?




Reverberation Appreciation Society
Le revival psych rock doit beaucoup à ce label et à son proprio Christian Bland, il a nous dégôté une belle brochette de chevelus en goguette prêts à nous vriller l'esprit avec leur kaléidoscope. D'autant qu'en plus de Night Beats qu'on connaissait déjà, le label a sorti coup sur coup deux nouveaux groupes qui nous en mis plein la vue : Holy Wave et Elephant Stone, et si nous n'en avons par encore parlé, nous les avons pourtant largement rincé en 2013.


Lolipop Record
A l'instar de Captured Tracks, Burger est en train de devenir une super machine, des centaines de références, un travail (trop -à mon goût-) largement constitué d'édition cassettes de disques sortis par d'autres et un catalogue d'artistes piqués aux autres (Burnt Ones, Dead Ghosts,...). Si vous cherchez UN label dans le même esprit mais qui a gardé son travail de défrichage, c'est chez Lolipop Records qu'il faut aller voir maintenant, les sorties s’enchaînent, quasiment que des nouveaux venus et presque rien à jeter. Le label cassette de l'année sans hésitation.

Fire / Critical Heights
Fire Records est un de nos labels indie-pop historiques fétiches, ils avaient notamment les géniaux Close Lobsters au catalogue. Ils ont des goûts impeccables en matière de rééditions (Teenage Fanclub, The Boys, Television Personalities) mais surtout le label renoue avec ses premières amours via de nouvelles signatures excitantes comme Scott and Charlene's Wedding, Virginia Wing, Las Kellies, Surf City.


Castle Face Records
Castle Face contribue largement à la bonne santé de la scène de San Francisco, le catalogue du label est un véritable who's who avec des contributions de Ty Segall, Fuzz, White Fence, Warm Soda, Oh Sees, Total Control (oui, ils sont australiens), Fresh and Onlys etc. Qui plus est avec le premier Group Flex (sorti en 2012) ils ont marqué les esprits en proposant un des plus beaux objets musicaux de ces dernières années. Il était temps de les mettre à l'honneur sur le blog !


lundi 23 décembre 2013

The Stevens - a History of Hygiene (2013)

Dans notre précédent article (Dick Diver) nous évoquions la très belle année de Chapter Music. A History of Hygiene, premier album des Stevens confirme la très bonne santé d'une scène indie-pop australienne excitante et sacrément cool.

Quand la plupart des groupes se contentent d'une douzaine de chansons les Stevens en enquillent 24, mais rassurez vous, la plupart entre une et deux minutes. A History of Hygiene évoque tout autant les héros du coin (la scène voisine néo-zélandaise autour du label Flying Nun) qu'un certain son indie américain, soit une certaine idée du lo-fi et de la pop. On pense ainsi à Pavement, Guided By Voices ou Sex Clark Five qui rencontreraient The Clean, The Chills et The Bats. Les Stevens ont cette faculté d'ébaucher des chansons brillantes en quelques coups de crayon et laisser en l'état. La nature est profondément pop mais les guitares se font tour à tour jangly ou carrément abrasives sans perdre de vue les mélodies, gracieuses et intelligentes. Chaque morceau recèle du petit élément pour le rendre excitant et cool.

The Stevens signent un des meilleurs albums d'indie-pop de l'année. Un LP ancré dans une tradition 80s-90s mais avec sa personnalité propre et un vrai sens des mélodies. On espère le faire connaître tant il épouse la philosophie de ce blog à des milliers de kilomètres d'un certain "indie" qui tapine le like.





vendredi 20 décembre 2013

Dick Diver - Calendar Days (2013)

L'heure est au bilan un peu partout. Du coté de RPUT on attendra le début de l'année pour vous dévoiler notre analyse de 2013. Sans trop en dévoiler on a été cette année impressionné par la vigueur de la scène australienne et en particulier par les sorties du label Chapter Music parmi lesquelles le second album des excellents Dick Diver.

Calendar Days est un disque troublant, il alterne entre chansons mièvres et pures merveilles d'orfèvrerie. Le disque démarre péniblement mais enquille ensuite trois chansons limpides et brillantes. Dans les mauvais moments on a envie d'arrêter le disque et de coller un disque bien violent et bourrin sur la platine (au hasard le disque de Fuzz) mais la minute suivante on est époustouflé par la beauté d'une chanson pop limpide aux guitares cristallines. Dick Diver évoque alors le meilleur d'une tradition pop australienne et néo-zélandaise (Go Betweens, The Bats etc. et aujourd'hui Twerps, The Stevens, Scott & Charlene's Wedding). Que j'aime ce groupe quand ils pondent des "Lime Green Shirt" "Bondi 98" "Alice" "Calendar Days" ou "Water Damage" etc. moins quand ils balancent des "Boys" ou des "Blue and that". L'un dans l'autre nous préférons retenir de ce disque ses purs moments de grâce qui effacent les petits égarement ponctuels du groupe.

Dick Diver signe un disque inégal mais lumineux et majestueux dans ses meilleurs moments. Un très bel album à découvrir tout comme l'ensemble de cette fascinante scène pop australienne.



samedi 14 décembre 2013

Minks - Tides End (2013)

2012 avait été un excellent cru pour Captured Tracks grâce notamment à deux supers albums de Mac Demarco et Chris Cohen, ce dernier nous enthousiasmant particulièrement. On a eu le sentiment que 2013 fut plus calme pour les new yorkais, pour ma part j'ai surtout envie de retenir le second album de Minks, Tides End.

Si Factory Records est des modèles assumées du label américain, il est probable que New Order soit dans l'esprit de Minks au moment d'enregistrer le successeur de By The Hedge. Tides End est une ode à la synth-pop mâtinée d'indie-pop, on navigue quelque part entre 1983 et 1988 pour les influences sans pour autant s'y perdre, Minks est contemporain. L'équilibre entre guitares ligne claire, synthés analogiques et voix diaphane est aussi précaire que joli. Le disque a un tempo lent, presque langoureux, pas de démonstration de force pompière ici. Bien loin des standards d'un genre très souvent médiocre et putassier Minks signe un disque délicat oscillant entre contemplation (parfait pour accompagner un été naissant) et tubes en puissance sans forcer (le superbe single "Margot" ou "Painted Indian").

Tides End est une promesse, un album nonchalant mais très soigné et délicat. Minks y navigue avec aisance et langueur. Bien sûr l'intéressé n'est pas indemne de toutes références, loin de là. Comme le label qui l'héberge il est question d'héritage d'une certaine Angleterre (Factory, Creation etc.) mais à RPUT nous avons le sentiment que l'intéressé mérite mieux que des comparaisons et trace sa propre voie avec ce très réussi second album.


mardi 10 décembre 2013

The Mantles - Long enough to leave (2013)

Requiem Pour un Twister adore The Mantles. RPUT adore Slumberland Records. Quel délice de voir les deux associés pour le second album des californiens ! On avait déjà évoqué cette très belle formation de garage-rock aux accents folk-rock à l'occasion de deux précédents singles (Bad Design chez Slumberland, et Raspberry Thighs chez SDZ), Long Enough To Leave est une nouvelle chance pour nous d'évoquer un des meilleurs groupes actuels de la scène de SF aux cotés de figures plus connues comme les Oh Sees, Fresh and Onlys ou Ty Segall

La signature sur un des labels emblématique d'indie-pop (aux cotés des assez fiables Captured Tracks) n'a rien de l'aléa. Les Mantles font le pont entre le garage-rock et une certaine idée de l'indie-pop, ce que des esprits pourraient qualifier un peu trop rapidement de garage-pop. Pas faux certes mais on perd ce qui fait le sel et la subtilité des américains. Les Mantles doivent autant aux Nuggets et Black Lips qu'aux Byrds, la scène Flying Nun (Clean et Bats), le Paisley Underground de Rain Parade ou les circonvolutions C86 de certaines formations comme les Dentists, Mighty Lemon Drops ou les Sea Urchins. Pourtant point de mimétismes chez les Mantles, leur son est unique, à la croisée des chemins peut-être, mais avec une forte personnalité. Ils ont une intensité, une hargne dans la voix (sur le premier disque elle  me faisait même penser aux Libertines), un art à eux d'égrainer les arpèges jangly de guitares.

La production du patron Kelley Stoltz amène la clarté nécessaire pour valoriser les mélodies lumineuses du groupe. Si le premier disque était violent dans ses intentions, celui semble apaisé et plus serein. Initialement on est presque déçu de ne pas retrouver cette virulence dans Long Enough To Leave et progressivement les choses se mettent en place. Les compositions surprennent par leur évidence et leurs qualités, l'éclat laisse place à l'âpreté diffuse de la musique du combo californien. La violence est toujours présente, mais comme réprimée par la limpidité que les Mantles essaient d'insuffler. Le disque est ramassé et condense le savoir-faire de la formation.

Long Enough to Leave est plus long à apprécier en bouche que son prédecesseur. Ce qu'il perd en violence initiale il le gagne en splendeur. Un disque au charme discret , de ceux qui ne veulent pas vous épater à tout prix mais cherche à s'insinuer en vous.


mardi 3 décembre 2013

The Proper Ornaments - Waiting for the Summer (2013)

The Proper Ornaments est un de mes groupes anglais chouchou depuis un an ou deux. J'avais été sous le charme de leur EP chez No Pain in Pop au point qu'il se classe troisième de notre top singles et EP en 2011. On leur avait aussi attribué une place de choix dans nos espoirs pour 2012 au coté de La Femme, Pendentif ou Fear of Men. Ces derniers ont publié en 2013 un "Early Fragments" compilations de morceaux parus en singles et EP avec des bonus, Waiting for the Summer en est assez proche. Sur 10 titres seuls deux sont des inédits, et 7 sont issus de leur premier single et leur EP.

Il y a un petit regret à voir un groupe aussi terrible sortir un disque presque en catimini, uniquement en CD. On en vient à se demander s'il s'agit d'un premier pas avant le grand saut (un véritable album) ou une façon de conclure une belle histoire avortée. Je croise les doigts pour que ce soit le début plus que la fin de quelque chose, ce groupe est trop fantastique pour en rester là. 

Waiting for the Summer est un rappel salutaire des qualités évidentes de ce duo, leur capacité à sortir des lignes de guitares sublimes et des harmonies jolies comme des cœurs. On retrouve avec plaisir en ouverture le single waiting for the summer  (dont je ne suis pas sûr qu'il ait été édité en 7' finalement ?), sa face B (géniale) étant absente du disque. L'ossature du disque tourne donc autour de l'EP chez No Pain In Pop, l'ensemble des cinq morceaux se retrouve idéalement placé dans le cœur du réacteur. Si la musique de Proper Ornaments louche parfois vers Veronica Falls (le projet principal de James) notamment dans cette façon de tricoter les guitares, la touche psychédélique et west coast rend ce projet unique et si attachant. On est sous le charme des arpèges jangly à la Byrds de Shining Bright ou Drop Off, des tournures psychédéliques de Recalling, des boites à rythmes bancales (à la Cleaners from Venus) de Waiting for the summer etc. Les deux titres inédits concluent le disque avec un certain brio mais sans répondre à nos questions sur l'avenir du groupe. Nervous Breakdown est une excellente chanson d'obédience acoustique, un titre dépouillé et délicat. Take a Break est mignonne mais sonne plus comme une ébauche qu'une ouverture vers un futur radieux. L'ajout des deux faces B inédites (imagination et Candy) récentes aurait amené un peu de consistance à l'ensemble.

On l'attendait avec énormément de patience cet album de The Proper Ornaments, mais on ne peut s'empêcher d'être un peu déçu malgré les qualités évidentes du disque, les morceaux sont géniaux et il fait du bien de le rappeler. Proper Ornaments est un super groupe mais on veut en entendre plus ! On espère donc revoir notre duo fétiche avec de nouvelles compositions très vite !




samedi 23 novembre 2013

Triptides - Predictions (2013)

L'été 2011 fut bercé par Psychic Summer, le premier album (après deux EP) des Triptides. Dans la foulée nous avions interviewé le groupe puis sorti un 45 tours (leur premier vinyle) en décembre de la même année. Près de deux ans se sont écoulés. Le groupe a sorti un autre 45 chez moi, un album chez Stroll On (dans la lignée du premier) et revient ces jours-ci sur le label anglais avec leur troisième LP Predictions, le premier à être enregistré en studio après deux années à explorer les possibilités des Tascam 8 Pistes. 

Set you free ouvre l'album de la plus belle des manières, ce titre sonne comme une profession de foi. La chanson démarre dans la pure tradition Triptides mais une accélération digne des meilleurs rave-up des Yardbirds emballe la machine et envoie le titre dans une autre dimension. Prediction amène les Triptides dans un domaine moins exploré de leur part: la pop baroque. Le titre évoque ainsi des groupes les Zombies ou Left Banke (on pense ainsi à l'excellente face B garagy i' haven't got the nerve), un super morceau arrangé avec un certain sens du détail (même si je crois que je préfère légèrement la version démo). Can you see me évoque la rencontre entre le surf et le psychédélisme déjà à l'oeuvre dans leurs premiers EP. Couch Surfer est un ancien morceau revisité pour l'occasion, la chanson y perd sa boite à rythme au profit d'un tempo plus élevé, le titre y gagne en précision ce qu'il perd en charme lo-fi (qui évoquait en filigrane les Cleaners from Venus, un des groupes fétiches de Glenn), je crois que j'aime autant les deux versions, chacune ayant des qualités. Night Owl reprend l'approche de Set you free, le morceau démarre assez tranquillement avant d'embrayer sur un final apocalyptique, la recette est connue mais reste ultra efficace. Sundown est un des titres les plus jolis du disque avec une guitare clean magnifique. Tapestry est également un de mes morceaux favoris, une chanson jangly dans la pure tradition qui aurait encore gagné à être joué à la douze cordes. J'adore quand Triptides s'aventure dans la pop influencée par les Byrds, leur précédent disque contenait déjà le magnifique english rain, et il y a dans les démos un morceau très prometteur. Visions évoque le spectre de Real Estate, un morceau délicat légèrement psychédélique et onirique. Predictions se conclue sur le charmant My love , chanson dépouillée dont l'instrumentation n'est pas si éloignée de mes morceaux favoris de Big Star, une piste que pourrait éventuellement emprunter le groupe ?

Predictions est le premier album de Triptides enregistré en condition studio. Le groupe y gagne en précision et profite des possibilités supplémentaires pour soigner le son et les arrangements. Loin d'être une révolution ce disque est un pas supplémentaire dans la bonne direction pour un de nos groupes fétiches. Il ouvre beaucoup de possibilités à la formation. Peut être le meilleur album pour découvrir ce super groupe encore trop méconnu en France. On espère que le LP y sera un peu distribué.



jeudi 21 novembre 2013

Weekend - Jinx (2013)

Weekend joue ce soir à l'Espace B avec les excellents Venera 4, l'occasion de revenir sur leur second album Jinx édité cette année par le très fiable Slumberland Records.

Je vous avouerai que j'étais un peu passé à coté du premier LP du groupe. J'ai failli en faire de même avec ce second album si la vigilance de mon disquaire favori (Pop Culture) n'avait pas eu raison de moi. Le disque m'a pris par surprise et fait un effet comparable au second LP de Violens l'année dernière avec lequel il partage pas mal de points communs d'ailleurs. 
Weekend évolue dans un shoegaze sombre faisant le pont entre le début des 80s et la fin de la décennie, un peu comme une synthèse inédite entre Factory et Creation. Les lignes de basses sinueuses et mélodiques d'inspiration New Order se fracassent contre un mur de guitares. La production est soignée et très réussie donnant l'ampleur nécessaire à ces très bonnes chansons. Il se dégage de l'ensemble une cohésion rare, et l'impression d'être face à un bloc. Pourtant le disque est très accessible et on rentre facilement dedans.

Slumberland s'est fait piqué ses groupes stars (Crystal Stilts) mais comme Captured Tracks l'année dernière, les bonnes surprises sont à chercher du coté des noms moins connus. Jinx est un super disque et un magnifique témoignage de la vitalité d'un de nos labels favoris de tous les temps et dont la place au coté de Factory ou Creation est déjà assurée à nos yeux.

vendredi 25 octobre 2013

Prosperi Buri - Gloria (2013)


Je ne sais pas grand chose de Prosperi Buri, si ce n'est que c'est son second 45 tours, qu'il dessine et qu'il est français (breton apparemment), j'ai acheté son disque un peu au pif parce que la pochette m'intriguait et après que mon disquaire préféré (pop culture pour ne pas le citer) m'ait fait écouter un extrait. Il est assez rare de voir des groupes évoluer dans ce genre d'indie pop en France. J'aime tout particulièrement la chanson titre Gloria, avis aux amateurs des Pastels, on y retrouve la même ambiance étudiant nerd et timide chantant à moitié à côté, cette musique de jeunes gens discrets et (un peu trop souvent) bien élevés. Le reste de l'EP lorgne plutôt vers un noise pop lo-fi, slacker jusqu'au bout des ongles, qui a certes un peu du mal à se défaire de ses influences (est-il vraiment nécessaire de les citer ?), mais le groupe le fait et l'assume avec tellement d'honnêteté (voir de naïveté) qu'on s'en fout. En dehors, de cet accent anglais un peu approximatif, cet EP est vraiment bien, le même en français et je vous embrassais sur la bouche (et avec la langue). 



On l'achète sur le label : Inmybed