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mardi 28 mars 2017

Police Control "Sentimental"

Fait exceptionnel je vais reparler d'un EP déjà évoqué ici il y a moins d'un an: le 4 titres de Police Control. Ce qui n'était en effet qu'un fichier numérique posté en catimini sur un bandcamp l'été dernier est devenu par la grâce de nos amis de Gone With The Weed (Marauder, Marbled Eye, Skategang, Sun Sick, Téléphérique...) et des Nantais de Juvenile Deliquent (Cathédrale, Rancune) un 45 Tours. 

Six mois ce sont ainsi écoulés depuis leur découverte un jour d'été. L'hiver loin de nous éloigner a, au contraire, confirmé, l'espoir suscité. Les 4 morceaux de Police Control sont tous des tubes et ils ont un super son. La musique de Police Control exprime ainsi la quintessence du genre powerpop: une subtile balance entre l'énergie foudroyante du punk (voir du hard rock) avec ce goût prononcé pour les mélodies pop fougueuses et enlevées. Le tout (bien) écrit en français s'il vous plaît ! À l'heure où la pop nationale prend parfois des chemins qui m'éloigne d'elle (la variété, la chanson) il est jouissif de voir un groupe arriver avec quatre titres aussi vifs que spontanés. Bloqué sur la touche répétition, pardonnez moi de citer Nick Lowe en guise de conclusion: Pure Pop For Now People.


lundi 24 octobre 2016

Police Control

Police Control est un des nombreux projets impliquant Mathis (ex-Jolis, mais aussi Skategang, Jeanne et Olivier etc.) cette fois ci en duo guitare/batterie. On connaît les appétences de l'intéressé pour la powerpop, ce projet confirme à quel point il est une des personnes qui comprend le mieux cette musique en France avec quelques autres Marseillais (feu les Departure Kids entre autre). 

Réduire Police Control à maîtriser les codes d'un genre qui en déborde parfois (à en devenir chiant) n'est cependant pas rendre justice à l'incroyable qualité de ces 4 titres publiés en catimini cet été sur bandcamp... Nous sommes mi-août, on voit un lien partagé par un pote sur un célèbre réseau sociaux que l'on finit par écouter nonchalamment et dès les premières secondes de sentimental on sait que l'on tient un truc.

J'ai adoré Police Control dès que je les ai vu sur scène, leur fraîcheur incomparable, la simplicité de la formule (dans l'esprit de Bikini Gorge), la qualité des chansons, le choix courageux (dans ce genre de musique) du français... La démo "à l'arrache" avait le mérite de fixer les idées mais ne donnait pas la mesure et l'ampleur nécessaire aux chansons du groupe. C'est désormais chose faite, Maxime (ex-Youth Avoiders, de Skategang, Rixe...et producteur du second EP de Rendez Vous) a su saisir l'essence du duo avec justesse: batterie minimale mais très efficace, jeu de guitare pop et musclé...

4 chansons et 4 tubes, chaque morceau brille par la qualité de son écriture, son énergie, sa vivacité...Tout simplement un des trucs les plus excitants et cool que j'ai entendu en 2016. Morceaux uptempo punk ou plus lourd et powerpop: le groupe gagne à chaque fois. Seul regret: l'EP est trop court, du coup je me le passe généralement trois fois de suite...

Police Control est un antidote fantastique à toute forme de défaitisme, reste plus qu'à voir ces morceaux (et d'autres ensuite!) publiés en vinyle, il semblerait que nos amis de Gone With The Weed y pensent et ce serait une excellente nouvelle, je serai parmi les premiers à l'acheter bien sûr !


jeudi 25 février 2016

The Raspberries: gardiens powerpop

Dimanche dernier je regardai nonchalamment Capital sur M6, je fus particulièrement surpris de reconnaître les premières notes du riff de "Go all the way" des Raspberries dans une bande annonce pour une émission quelconque. Ce classique ultime de 1972 de la powerpop à la télévision française, quelle révolution ! En y réfléchissant bien, mon petit doigt m'a susurré à l'oreille la présence de la dite chanson dans un énorme blockbuster en 2014: Les Gardiens de la Galaxie. Cette rédemption d'un classique du genre par la culture mainstream en rappelle une autre: l'usage de "Baby Blue" en 2013 dans le dernier épisode de Breaking Bad. D'un coup ce morceau retrouvait ses attributs de tube pourtant effacé par les décennies d'ignorance... 

Badfinger et les Raspberries ont plus que cette réhabilitation en commun: ils sont, au coté de Big Star, Blue Ash ou Todd Rundgren, les premiers véritables groupes powerpop (bien que le terme sera effectif qu'à la fin des 70s via le militantisme de Greg Shaw et Bomp). Ils expriment d'ailleurs à mon sens mieux que quiconque à cette époque la quintessence du genre. En effet, les gallois comme les américains combinent à la perfection les éléments du style: des riffs musclés (powerchords?) à mi-chemin entre les Who (circa "I can't explain") et le hard-rock 70s (j'ai toujours trouvé qu'il existait une parenté entre "go all the way" et "alright now" de Free par exemple) avec une sensibilité British Invasion prononcée (harmonies vocales, d'excellentes accroches...). Dans les grandes lignes les Raspberries pourraient être les Small Faces 70s (plus que les Faces en tout cas!), Badfinger les Beatles (plus que les Wings ou John Lennon !). 

La powerpop est un genre génial et encore assez peu connu en France, aux USA j'ai le sentiment que le travail de labels actuels comme Burger ou Captured Tracks (qui réédite les excellents Milk N Cookies) porte ses fruits et d'un intérêt pour le genre. Parmi mes derniers coups de cœur: l'excellent album des EZTV porté par le superbe single "dust in the sky".  Il existe une scène française autour d'excellents groupes comme les Protokids, Crusaders of Love ou Departure Kids mais elle est plutôt confidentielle (comparée à la scène psyché ou garage en tout cas), d'autant plus qu'une partie des groupes en question est inactive ou joue très peu.

Revenons-en à "go all the way", c'est loin d'être mon Raspberries préféré ! Le groupe de Cleveland, fusion de deux groupes locaux très cool (The Choir "it's cold outside" et Cyrus Erie "get the message") a en effet enregistré une quantité incroyable de bons singles ("Let's Pretend" , "Overnight Sensation" évoqué ici même il y a ...8 ans et demi !). Si le riff de "go all the way" est absolument génial et prend tout de suite aux tripes mais j'ai toujours trouvé le refrain un peu niais... Je lui préfère largement "Tonight" (que je viens d'ailleurs récemment de trouver en 45T pressage français hihi) qui constitue selon moi un parfait équilibre entre énergie et sensibilité pop, bref l'essence de la powerpop ! 


dimanche 6 juillet 2014

45 Tours français (3): Roxette - Natacha (1982)

Roxette Natacha / Tout, Tout, Tout (pour les petits vietnamiens) 1982

Roxette est une formation grenobloise ayant édité deux 45 tours entre 1982 et 1986, le premier sur KO Records et le suivant chez Tarass Production.

Mettre en avant une reprise est toujours un choix risqué ! Cette Natacha là est une relecture du classique écrit part Henry Glover et Morris Levy pour Joe Jones mais surtout connu à travers la version surfarfisa des Rivieras. Nous ne saurions dire laquelle des deux avaient en tête nos Roxette à l'enregistrement, peut-être plus simplement ont-ils usé leur disques punque des Ramones et Dictators ? Natacha tire malgré tout son épingle du jeu, le texte n'y est d'ailleurs pas étranger. On imagine bien volontiers une jeune fille éconduire un prétendant de la sorte. L'amoureux se saisit de sa guitare et tient sa revanche, joyeuse et exubérante ! Dans une esthétique punk, powerpop, mod revival cette version est aussi endiablée que maitrisée dans sa production. Le solo de guitare est concis et gicle comme le bouchon d'un magnum de champagne en boite de nuit. Les compilateurs des powerpearls et shake some action ne s'y sont pas trompés en glissant nos grenoblois dans leurs séries respectives ! Tout Tout Tout (pour les petits vietnamiens) est une composition originale du groupe (signée Guadaloppa-Minelli) d'excellente facture et tout à fait cohérente avec l'autre face de ce charmant 45 tours. Le texte est encore une fois tout à fait amusant, un petit cousin d'Et Moi Et Moi, Et Moi quand la musique évoque The Lambrettas ou The Jags. Ce titre mériterait tout autant que la face A d'avoir les faveurs des amateurs de pop mélodique et nerveuse.

Le groupe signe 4 ans plus tard un second 45 tours, un peu moins réussi mais pas honteux, manquant peut être de ce petit plus de concision et de précision à l’œuvre dans ce pétillant deux titres.

écouter Natacha
écouter Tout, Tout, Tout

vendredi 4 juillet 2014

45 Tours français (1): Ticket - Funambule

Trois mois sans un seul article posté ! Il était temps d'écrire un petit quelque chose sur ce blog qui malgré les années (sept ans déjà ! On parle d'avril 2007) continue d'exister sous une forme ou une autre. Il est vrai que nous sommes bien plus actifs ces temps-ci sur le front de nos labels (Croque Macadam et Requiem Pour Un Twister) mais je suis aussi, plus que jamais aussi en pleine exploration de notre patrimoine francophone pop. J'avais ainsi envie de vous faire partager des acquisitions récentes vraiment cool dans la lignée de notre dossier Conjuguons la Pop de l'année dernière.

Ticket - Funambule / Pourquoi Moi ? (1982)

On Commence avec Ticket une formation de Nantes née en 1979. Quelques membres du groupe connaitront une belle carrière par la suite notamment Pascal Pérez avec IAM (!) et Luc Boisseau avec Elmer Food Beat, cependant ni l'un ni l'autre ne sont présents sur ce disque a priori enregistré en trio par Jean Michel Daniau, Cyril Wiet et Yves Le Roland selon Rock Made In France.

La discographie du groupe se résume à ce 45 tours, deux participations à des compilations (Rock'N'Rennes, Bandes de France Vol.1 , les deux en 1981) et un excellent mini-album en 1985 sur le label parisien Surfin' Bird (Coup de Bol à Marrakech , enregistré par JW Thoury, manager de Bijou mais également aux manettes du super premier album des niçois Les Playboys).
Funambule explore une pop anguleuse entre XTC et les Jam, aux textes soignés.On y retrouve une couleur jamaïcaine (un skank beat, le final dubby, le coté contretemps de la guitare) et les éléments d'une pop moderne et inspirée. Ainsi évoquera-t-on le cousinage avec un Making Plan for Nigel, écoutez donc le flanger sur la guitare rythmique ! Une petite merveille mélodique à la production soignée. Les nantais ont en effet, l'élégance de s'inspirer des meilleures formations d'outre-Manche (le groupe de Swindon, Squeeze, Joe Jackson Band), soit une certaine jeunesse à quatre épingles, nette et tranchante comme une paire de Chelsea Boots. Pourquoi Moi ? en face B taquine la scène Mod Revival chère aux Lambrettas. On sera ainsi guère surpris de retrouver cet excellent titre, compilé par la fameuse Powerpearls, bible des amateurs éclairés de gemmes powerpop balancée à toute berzingue. Chacun devrait ainsi trouver son compte sur ce très équilibré single même si votre serviteur a une petite préférence pour la pimpante face A.
Ticket tiendra bon quelques années de plus et leur mini album de 1985 est tout aussi recommandé que cet attachant 45 tours. On y dénichera l'enjoué "Jamais pour Toujours" (malheureusement amputé de son pont incroyable sur youtube) évoquant les sursauts merseybeat des Beatles ou la délicate "Toutes les filles" au tempo indolent.

lundi 13 janvier 2014

Bilan 2013 : espoirs 2014 !

Venera 4
Alors en pleine convalescence d'une quasi-catastrophe, mes pérégrinations en ligne m'ont emmené un peu par hasard chez Venera 4. Coup de coeur immédiat, c'est quoi ce son, oh putain chaque chanson est un tube. Depuis Venera 4 et nous avons ouvert une relation particulière, oui ce sont mes petits protégés et vous verrez leur premier album (qui sera aussi notre premier album), attendu pour cette année, devrait en mettre plus d'un sur le cul !
Interview de Venera 4.


Moodoïd
Le psychédélisme était un temps fort de 2013 et le sera très certainement en 2014. Dans le registre barré et en roue libre on a adoré l'EP de Moodoïd et en particulier le brillant "Je suis la montagne". Si Moodoïd peut s'attendre à pas mal de concurrence il a pour lui une originalité et une fraicheur qui le distingue beaucoup, on apprécie aussi beaucoup l'usage du français, un aspect que nous défendons depuis longtemps à RPUT.
Chronique de l'EP


Pain Dimension
De la scène de Melun les Pain Dimension sont nos chouchous (même si Dusty Mush ne déméritent pas), encore pas mal influencé par Ty Segall on sent chez ces mecs là l'envie d'en découdre et un potentiel qu'ils n'ont pas encore fini d'explorer. Leur guitariste est un fanatique de guitare et de pédales de distorsion, on sent chez lui une envie et une curiosité qui laisse entrevoir de beaux lendemains pour ce très jeune groupe, on y croit énormément chez RPUT !

Volage
Qui aurait cru avant 2013, que la France deviendrait l'un des épicentres du garage ? Les ondes telluriques de San Francisco se sont propagées à grande vitesse à travers les mers, ont vites fait trembler les murs des caves françaises et ont créé un véritable raz de marrée. Cette vague de petits jeunes à la capilarité fournie se sont armés d'une fuzz et d'une guitare, pour nous jouer la bande son de notre ère. Il se passe quelque chose d'excitant en ce moment en  France et Volage en sont l'un des étendards.


Horrible Houses
La découverte de Daniel Johnsson m'a fait un peu le même effet que celle de Triptides, il y a presque 3 ans. Derrière ses faux semblants expérimentaux et lo-fi, probablement autant par nécessité que par choix, se cache une vraie évidence pop comme on les aime chez RPUT, quelque chose qui pourrait le situer dans les eaux troubles de l'international indie pop sensible, mélancolique et légèrement vrillé, proche d'un Ducktails ou d'un Martin Newell des années 2010. Vous risquez en tout cas d'en entendre parlé bientôt, si vous voyez ce que je veux dire.


Forever Pavot
Le renouveau psychédélique passera par la France par des formations comme Dorian Pimpernel ou Forever Pavot. Ce dernier a signé en 2013 un des plus prometteurs 45 tours de l'année. 4 titres évoquant autant les BO sixties que les obscurs 45 de garage californien. Le son est aussi intrigant que frais. Le nouveau single dévoilé ces derniers jours confirme les talents de l'intéressé.

The #1s
En deux 45tours et demi les #1s d'Irlande se sont imposés comme un des plus beaux espoirs de la powerpop. On attend beaucoup de ces petits gars qui œuvrent aussi à la production sur les singles de September Girls aidant ainsi toute une scène à se cimenter.

Departure Kids 
On pensait à Marseille pour Aline, il faudra aussi compter avec les mélodistes Departure Kids. Loin d'usurper leur nom ces Kids à peine dans la vingtaine peuvent compter sur des chansons parmi les plus inspirées que nous ayons écouté en matière de powerpop ces dernières années. Il y a du Real Kids chez eux, mais aussi du Beatles, la grande classe option Rickenbacker.
Chronique du single 

The Ar-Kaics
Leur single a fait l'effet d'une bombe qui explose à même vos tympans. On a pas entendu grand chose de plus salace et efficace en matière de garage-rock en 2013. She does those things to me est primitif, brutal et terriblement sexy. La fuzz la plus assassine de 2013 , on espère que ce single ne sera pas qu'un one shot et sera suivit d'autres salves tout aussi méchantes et bandantes.
Chronique du single


Morgan Delt
On a été subjugué tous les deux par le single de Morgan Delt sur TiM. Le type tord le psychédélisme et en tire quelque chose d'absolument unique, sauvage et déréglé. Il y a du mystère, de l'étrange dans la musique de ce mec. Son premier album sera certainement un des temps fort de 2014 comme le fut Shadows de Maston en 2013.
Chronique du single


Rappel:
Espoirs 2013 : Jacco Gardner / Pendentif / Ranch Ghost / Marc Desse / Sam Coffey and the Iron Lungs / Paradis / Superets / Cold Warps / Pale Spectres / Cracbooms

Espoirs 2012: Weird Dreams / Proper Ornaments / La Femme / 123MRK / Night Manager / Triptides / Beaters / Radar Eyes / Fear of Men / Pendentif

Jacco Gardner et La Femme ont sorti en 2013 des albums acclamés par la presse généraliste. Radar Eyes et Ranch Ghost ont édité des singles sur le label Requiem Pour un Twister. Triptides continu de tracer sa voie avec un dernier album en date très réussi (Predictions). On attend toujours les premiers LPs de Marc Desse ou Fear of Men. Sam Coffey a signé sur Southpaw, les Superets chez Entreprise. Pale Spectres a édité un nouvel EP sur un label espagnol, Proper Ornaments un album dans un relatif anonymat malgré d'évidente qualité. On est sans nouvelle de Cold Warps (à notre grand regret).

lundi 25 novembre 2013

The Choosers - Hanging up on you 7' (2013)

La mondialisation et l'internet ont bouleversé vos habitudes. Au lieu de regarder vidéo-gag sur vos téléviseurs dernier cri Thomson vous êtes entrain de faire une overdose de chats mignons sur l'écran de votre samsung. Un gouffre aussi profond que la différence entre le 51 et le Ricard. Néanmoins reconnaissons à ces changements de bons aspects, quand par exemple un groupe japonais chantant en anglais (The Choosers) sort un 45 tours sur un label autrichien (Bachelor), une découverte faite par l'intermédiaire du camarade Albert.

Hanging up on you fait écho au merveilleux classique des Nerves (Hangin' on the telephone), un choix volontaire et assumé de la part des japonais qui s'inscrivent dans la powerpop pure jus. L'art de s'inspirer sans tomber dans le pastiche est délicat mais les japonais maitrisent à merveille en proposant une très bonne chanson , ultra catchy et mélodique dans la pure tradition merseybeat passée au shaker 70s. Les harmonies sont soignées, la mélodie colle aux dents comme du caramel, c'est sucré à souhait mais difficile de ne pas se laisser tenter... La face B est un peu moins réussie mais rien de honteux non plus, disons qu'on la repassera moins souvent que l'excellente surprise en A.

Les Choosers signent un excellent 45 tours qui ravira les fans de powerpop. Pas le 45 tours de l'année peut être mais un shot euphorique de pop qui émoustillera les sens des fans du genre.


samedi 16 novembre 2013

The #1s - Sharon EP (2013)

Les #1s sont une formation powerpop de Dublin, un des rares groupes actuels que j'associe à la ville avec les September Girls et The Urges. Ils ont déjà sorti trois 45 tours (dont un split), celui ci est leur second, sorti il y a quelques semaines seulement sur deux labels: les allemands de Alien Snatch Records et les américains de Sorry State.

La pochette donne le ton, les 4 gaillards balancent une powerpop débauchée par le garage et le punk. "Sharon" et "Boy" sont des chansons uptempo et nerveuses très réussies. La première s'ouvre sur un riff bien senti, les choeurs en "woho" sont bien cools. Le titre évoque en filigrane les meilleures formations mod revival croisées avec les groupes actuels de powerpop dépositaires de l'esprit des Exploding Hearts. "Boy" maintient le rythme mais sur un registre plus joyeux aux inflexions 50s (pas si éloigné que ça de ce que faisaient les excellents Cave Weddings ou Harlem), une charmante chanson d'une minute et vingts deux secondes ! Le disque se conclue sur "Girl" un très jolie slow et l'un des meilleurs titres de l'EP (lequel choisir ?). Les #1s s'y montrent aussi à l'aise que sur les titres les plus enlevés.

The #1s est une formation à suivre pour les amateurs de powerpop, on est content de voir des groupes britanniques comme eux ou Virals s'attaquer au genre. Peut-on voir en eux des successeurs des Undertones qui savaient aussi conjuguer simplicité et fraicheur ? L'avenir nous le dira, mais cet EP est une très bonne entrée en matière !



jeudi 14 novembre 2013

Departure Kids - First 7' (2013)

On essaie tant bien que mal de consulter l'ensemble de nos courriels sur la boite mail du blog à tel point que cela en est parfois désespérant. Il y a les groupes qui citent leurs formations préférées (en général des trucs archi-évidents à la lisière du mainstream mais avec une street cred quand même) sans soucis de cohérence, le syndrome dit de l'annonce musicien de RnF. Tu as aussi des gens qui veulent révolutionner la musique en mélangeant si possible les deux genres qui iraient le moins bien ensemble (cas vécu: dubstep et rock n roll), le résultat est souvent à  l'inverse des espérances des intéressés. 

Oui plonger dans ses e-mails promo est une quête, celle de l'aiguille dans la botte de foin, la perle au milieu des huitres pas fraiches. On le fait parce que parfois elle est là, cachée entre deux e-mails promotionnels pour un remix d'un tube de pop de Lama del Rey et d'une vidéo super novatrice tournée avec un Canon 5D. 
Voilà comment je suis tombé sur les Departure Kids. Des mecs d'une petite vingtaines d'années de Marseille potes avec les Kaviar Special de Rennes (via le 94) et Sun Sick. Après une première cassette en split avec les bretons ils viennent d'éditer un premier 45 tours trois titres sur leur propre label Rat Pop.

"Oh Please" engage la discussion et très vite le sujet tourne autour de notre amour pour la pop des Beatles, quand ils pondaient deux albums par ans entre les tournées. Dès que l'accord est égrainé on se fait happé par le charme de la chanson. Les types ont compris l'essence de la powerpop, il émane de ce morceau ce qui nous rend si accroc du Fab Four ou des Flamin' Groovies période Shake some Action, un truc ultra mélodique et accrocheur, une vraie sensibilité contrebalancée par une énergie débordante. Cette chanson est fantastique. 
"Whore like you" enfonce le clou avec un riff bien costaud évoquant la filière Raspberries-Badfinger comme leur descendance actuelle (Mother's Children). Le morceau envoie un cran d'énergie au dessus d' "Oh Please" sans que les Departure Kids renient leur amour de la mélodie. Un super morceau au potentiel de tube évident (si les radios et les médias se décident à faire une petite place à la powerpop). 
Le 45 tours se conclue sur la balade "She's gone" au charme surannée, dans les tons pastels. L'orgue part en vrille dans le dernier tiers ajoutant un petit grain de folie à cette chanson très classique (mais fort chouette).

Leur split K7 (que l'on a découvert en même temps que le 45) montrait déjà de bonnes dispositions mais était peut être encore un peu trop influencé par des groupes comme les Strokes. Sur ce premier 45 les Departure Kids font un sacré bon en avant et signe un magnifique EP de pure pop pour les gens de maintenant. Incontestablement un des meilleures surprises que j'ai eu cette année !  




 

mardi 12 novembre 2013

The Wind - Where It's at with the Wind (1982)

Il y a bien longtemps que ce blog n'a pas fait honneur à une petite obscurité de ces 50 dernières années. On est largement à flux tendu sur les nouveautés (avec le retard inévitable quand on attends d'avoir les disques entre les mains pour les écouter) du coup les oldies de derrière les fagots passent un peu à la trappe à mon grand regret ! The Wind est un groupe de pop de Floride des 80s. Ils ont sorti un premier album en 1982 (que nous chroniquons aujourd'hui) suivi d'un EP deux ans plus tard (Guest of the Staphs) et un dernier LP en 1986 pour le fameux label garage rock Midnight Records (le plutôt cool Living in a new World). 

Vous le savez peut-être mais la fin des 70s et le début des 80s constitue un petit d'âge d'or pour la powerpop et plus généralement la pop nerveuse et mélodique. On trouve ainsi moult obscurités fascinantes à évoquer dans ces pages entre 1976 et 1982 (rassurez-vous: avant et après aussi !). Where it's at with the Wind est assez typique de l'époque, le groupe fait clairement une fixette sur un fameux combo liverpuldien:  les Beatles. Les Wind ont donc un sens de la mélodie qui ne laissera pas insensibles les amateurs des Poppees, Toms ou Pleasers qui cultivaient également la ressemblance avec le mythique groupe. Ceci dit il serait un peu injuste de faire des Wind de vulgaires pasticheurs, il y a bien sûr de la fantaisie typiquement merseybeat dans leur musique mais je crois qu'on peut leur laisser le bénéfice du doute dans leurs motivations. Leur amour de la pop nerveuse 60s ne les conduit pas non plus vers une imitation canada dry bas de gamme. Les types ont une fraîcheur et un sens de la composition qui les rendent sacrément attachants et charmants. En 14 titres les mecs évoquent clairement une powerpop débarrassée de ses prétentions new wave sans pour autant sonner datée. Il y a quelques incursions dans un univers soul plutôt réussies (comme "you changed") mais bien sûr les Wind ne sont jamais aussi à l'aise et cool qu'en balançant de petites vignettes pop aussi éphémères que réjouissantes, des petits morceaux d'énergie jubilatoire à consommer dans les 24 heures mais pour longtemps si vous avez une appétence pour ces choses là.

Vous pourrez vous procurer un original pour une quarantaine d'euros (bien dépensés si vous aimez la powerpop fraîche et légère), ou une réédition pour la moitié du prix (chez Vinyl Countdown). Pour les amateurs de digital le groupe vend aussi l'album sur son bandcamp. Where It's at the Wind est une jolie obscurité à placer pas très loin du premier album des Toms dans la catégorie "on fait du merseybeat dans les 80s" ou quelque chose approchant !


mardi 1 octobre 2013

Skategang - Freya Police EP (2013)

Après avoir organisé un paquet de concerts super cool à Paris Erika et Émile se lancent dans l'aventure du label sous le nom de Gone with the weed. Parmi leurs premières sorties une cassette 7 titres des franciliens (mais avec un marseillais ex-Dolipranes dedans si j'ai bien suivi) Skategang, un objet fait-maison bien cool (dont on peut modifier la couverture par un système d'ouverture qui permet de changer la tête du perroquet !).

Freya Police propose une powerpop musclée mais super mélodique qui ravira les fans de Bad Sports , Youthbitch ou White Wires (et plus généralement les esthètes du son Douchemaster), j'aurais même tendance à les trouver plus inspirés que les gaziers de Denton! Quinze minutes dans lesquelles les Ramones tapent le bœuf avec les Real Kids et bien d'autres formations historiques ultra-cool. On pense aussi à d'autres formations frenchies comme les Sun Sick, les Protokids et pourquoi pas aussi les excellents Crusaders of Love. Tout ceci m'enchante énormément et suggère l'émergence d'une possible scène powerpop dans le pays du calendos et du rouge. 

Chaque morceau de la cassette est un tube en puissance (critical girl, gumble, freya police, efficient lover etc.) , et j'aurais bien du mal à départager mes préférés malgré une quinzaine d'écoutes au compteur. Bref choppez vous la cassette d'urgence chez Pop Culture ou en passant par la page fb du label !





vendredi 27 septembre 2013

Mystery Date - Dreaming in Black and White 7' (2013)

Mystery Date est une relative obscure formation de St Paul / Minneapolis que je suspecte d'avoir des membres en commun avec les excellents Real Numbers. Ils ont sorti cet excellent 45 tours sur le très bon label local Three Dimensional Records (Real Numbers, Boys Club, Tuff Bananas etc.).

Dreaming in Black and White serait sorti en 1979 de l'autre coté de l'Atlantique, la presse aurait qualifié le groupe de locomotive du Mod Revival pas loin des Purple Hearts ou des Chords. Cette chanson est un petit tube en puissance, une base bien nerveuse, une mélodie pop soyeuse et cette basse pour assurer le liant qui fait monter la mayo comme il se doit ! Une tuerie qui rappelle les collègues de label Real Numbers en moins marqué par les TVP et l'indie-pop DIY mais avec ce même sens de l'énergie et de la chanson ! En face B les américains proposent Endless Nights dont la courte durée (2 minutes 40 , le timing parfait ?) n'est pas proportionel au plaisir que vous pouriez prendre à l'écouter ! Dans la veine de la face A la chanson est au moins aussi accrocheuse, et donne envie de danser toute la nuit et de d’enquiller les pintes plus vites que les bouteilles de bordeaux quand Depardieu traine avec son pote Poutine.

Mystery Date ne propose pas une musique révolutionnaire (ils laissent ça à Fauve - rire) mais wahou ça fout une (tuff) banane de dingue à minuit un lundi soir ! Bref un super 45 que tout amateur de powerpop, de punk de poppeux, d'indie-pop pour punk etc. se doit d'acheter et chérir dans sa précieuse collection de disques, les plus téméraires pourraient même avoir envie de passer ce disque en soirée à des pauvres âmes innocentes pas encore atteintes par ce mal incurable qu'est la pure pop.




mardi 13 août 2013

Teenage Moods - Grow (2012)

De Teenage Moods on avait chroniqué l'album précédent fin 2011, un peu plus d'un an et demis plus tard il est temps pour nous de chroniquer leur dernière livraison en date (parue fin 2012 arrivée à nos oreilles il y a quelques mois).

Grow ne changera pas vraiment la donne par rapport à son prédecesseur Mood Ring. On est toujours dans le registre de cette pop mal peignée un peu rude mais qui se laisse apprivoiser pour mieux dévoiler ses contours mélodiques. Les mecs sont toujours aussi fans d' indie 90s sans pour autant sonner comme un pastiche de Pavement, ce serait plus comme si le groupe avait été cryogénisé 20 ans et remis en service aujourd'hui. Le disque est peut être même un peu plus abouti et travaillé que l'album de 2011, une progression agréable et appréciée, malgré son coté 90s Grow est surtout assez intemporel dans son approche pop direct et sans superflu.

Grow ne sera pas un classique mais c'est un disque charmant qu'on se surprend à écouter souvent et à remettre régulièrement sur la platine avec des presque petits tubes comme rock man. Teenage Moods pourrait-il monter en première division, rien n'est moins sûr mais tant que l'équipe régale ses spectateurs et remplit le stade le dimanche, qu'importe non ?




vendredi 7 juin 2013

The Finders - Finders Keepers (2012)

Après les Vertebrats on replonge dans la powerpop avec les Finders. La Californie  peut s'enorgueillir de quelques belles figures du genre comme les Last, The Quick, The Plimsouls, The Knack, The Beat etc. et bien sûr LE LABEL (ai-je besoin de le citer? Who put the...). Les Finders étaient donc de San Francisco ville riche pour sa scène psychédélique dans les 60s (Jefferson Airplane, Beau Brummels, Moby Grape etc.), elle hébergeait aussi deux formations cultes powerpop, les géniaux Nerves et les incroyables Flamin' Groovies. On serait malhonnête si on vous vendait ces Finders du niveau de ces formations mais les petits gars se débrouillent très bien et déroulent une pure pop de grande classe. Cette compilation éditée par Cheap Rewards (le label de réédition powerpop qui monte et va rejoindre le cœur des fans du genre au coté des géniaux Sing Sing) donne un excellent aperçu du talent des californiens.

Formés sur les cendres des Rockers (dont on recommande aussi l'EP réédité par le même label) les Finders ne sortiront que deux singles. Ce disque compile certains morceaux des 45 tours ainsi que des inédits de studios ou des démos enregistrés au début des 80s. Le son oscille entre excellent (production soyeuse calibrée pour les radios) et assez moyen (sur un ou deux morceaux c'est un peu limite) mais globalement ça envoie du lourd les enfants. Le son est à l'image de ce que suggère la pochette: de la pure pop "skinny tie" dans l'esprit des Knack ou des Romantics  par exemple. C'est de l'excellente came, les mecs mettent de l'enthousiasme dans leur musique et arrivent à trouver la petite touche magique des meilleurs chansons pop 60s (celles des Who, Move etc.). Ils ont ce parfait équilibre entre énergie et mélodies pop, l'alpha et l’oméga de la powerpop. Parmi les belles réussites, le début de l'album est une tuerie (l'enchainement "talk to me" "i'm the one" et "wich way" idéalement placés ensemble pour un maximum d'impact) tout comme la jonction entre les deux faces (je suis absolument fan de "Calling dr Howard" et "Summer Love"). Tout n'est pas de ce niveau mais le LP s'écoute avec beaucoup de plaisir et une moitié de morceaux vraiment bandant c'est une belle moyenne.

Finders Keepers s'adresse avant tout aux fans de powerpop mais ceux-là seront reconnaître les mérites du groupe, la qualité des mélodies, l'innocence, l'énergie communicative de mecs qui détestaient (comme nous sur ce blog hihi) Styx, REO Speedwagon et tout autre suppositoire de Satan comme l'époque en déversait par tonne dans des torrents de boues fétides. Bref laissez votre mauvaise humeur chez vous, buvez vous un coup (deux, trois...), et commencez à vous laisser porter par la musique des Finders !



mercredi 5 juin 2013

The Vertebrats - Screaming like a mad Choir (2011)

L'Illinois serait-elle une terre powerpop ? Les Shoes sont de Zion, Cheap Trick de Rockford, Pezband d'Oak Park, et nos Vertebrats de l'ensemble Champaign-Urbana. Ces mecs là n'ont sorti du vivant du groupe qu'un single (autoproduit) et quelques morceaux sur des compilations dont le génial "left in the dark" sur la première Battle of the Garages sur Bomp/Voxx records. Pourtant cet LP composé au deux tiers d'inédits (on retrouve les titres publiés sur les supports mentionnés plus haut) est une tuerie. 

Les Vertebrats pratique une powerpop vibrante aux inflexions garage, un truc élégant et racé, des mecs qui n'ont pas peur de se servir de leur manche pour balancer des salves de guitares bourdonnantes. Il y a de la rage dans leur musique mais une rage maîtrisée dans un entonnoir pour lui donner une force de frappe maximale. On pense aux Bongos ou les dB's, des gens qui pratiquent cette pop moderne et anguleuse en s'appuyant sur des références sixties sans les pasticher. Les Vertebrats ont des étincelles dans les doigts, une envie, une âme. Ils jouent comme si leur vie en dépendait, à fond sans se poser de question mais appuyant bien fort sur les mélodies. Ils n'auront peut être jamais le niveau des références du genre mais ils ont autre chose, s'en foutent, ont la passion et l'enthousiasme.

Screaming like a mad Choir est une compilation de leurs principaux morceaux enregistré en studio, lors de deux sessions (une dans leur ville en 1980-81, l'autre en Californie en 1982), des chansons prévues pour un LP chez les inégalables Bomp. L'association des deux fait rêver. En 12 chansons les Vertebrats balancent autant de mélodies mémorables que de cavalcades sauvages et indomptées. Ils fument de toute part, comme une locomotive lancée à pleine vitesse sur une voix déserte la nuit. Ils respirent la vie de toute leur pores. Capables de brûlots rageurs ( le brillantissime "how come", un orgasme en soit), de subtilité violentée ("robbery" et son usage malin du riff de gloria) ou de chansons pop mémorables ("jackie's gone"), les Vertebrats sont vifs et lumineux.   

Vous pensiez que la powerpop n'était pas pour vous, mais les Vertebrats le seront, dans leur chaudron on trouve de quoi satisfaire les âmes les plus exigeantes, quelque soit leur addiction (punk, powerpop, indiepop, garage). One sera pas surpris que les mecs de Parasol (dirigé par un Velvet Crush) ait pris la peine de rééditer et faire découvrir ce fantastique groupe.




jeudi 30 mai 2013

The Young Sinclairs - Engineer Man (2013)


Chez Requiem Pour Un Twister on est super fan des Young Sinclairs, ce groupe de Roanoke qui depuis quelques années développe un folk-rock teinté de garage et de psychédélisme superbe et racé. Après les deux 45 Tours que nous avions édité début janvier (et presque sold-out pour le superbe "new day" !) les américains reviennent sur Market Square un label anglais fondé par Paul Messis, un autre adepte de la 12 cordes. Selon la légende il aurait découvert le groupe ici même à travers notre chronique du superbe 45 paru chez Planting Seeds Rcds. De notre coté on aime aussi beaucoup l'intéressé et notamment la première sortie de son label, une collaboration avec les Sufis !

Engineer Man est une chanson déjà connue des adeptes du groupe puisqu'elle figurait sur l'album autoproduit Feel Bad en 2007 ! Cependant Samuel a réenregistré le morceau à l'occasion de ce 45 tours et le résultat est époustouflant. Quand la version originale souffre d'une production un peu rachitique et chiche, ici le titre explose en une déflagration psychédélique et colorée faisant honneur à l'excellente composition, les harmonies byrdsiennes apportant une petite touche de classe supplémentaire à l'ensemble. Le morceau serait sorti en 1967 il serait probablement un classique ou figurerait sur le coffret Nuggets assorti de commentaires particulièrement élogieux. Problems en face B est une pure concoction Young Sinclairs, un titre absolument magnifique de folk-rock avec un arpège délicat et clair comme de l'eau de roche. La voix de Sam y est particulièrement émouvante et le titre rejoint facilement les meilleurs morceaux de la formation. Ce morceau me rend toute chose ...

2013 sera-t-elle l'année des Young Sinclairs ? C'est tout le bien que l'on souhaite à cette fantastique formation qui fait revivre et briller l'héritage des Byrds en osant s'en affranchir avec beaucoup d'élégance. Après ces trois 45tours de haute volée j'attends de pied ferme la prochaine livraison annoncée chez Planting Seeds, il se murmure aussi qu'un Lp serait en préparation chez un de nos labels anglais favoris (indices: ils ont édité en vinyle le groupe qui a collaboré avec Paul Messis). 

On peut pré-commander le disque sur le bandcamp du label.




vendredi 24 mai 2013

Real Numbers - Only Two can Play EP (2013)

Les Real Numbers ne se pressent pas, depuis 2008 ils livrent chaque année un single ou un EP. Elli Hansen le leader joue par ailleurs dans les excellents Cozy dont nous avions causé pour leur premier (et unique à ce jour) single sur Hozac il y a quelques mois. Les trois derniers disques de la formation américaine reprennent une esthétique similaire assez cool d'ailleurs, formant une sorte de triptyque musical.

Only two can play , leur second EP en format 12 pouces est sorti en avril dernier et il est archi-chouette. Avez vous déjà imaginé une chanson de moins d'une minute ? Les Real Numbers l'ont faite et ça n'est pas si perturbant que ça , c'est même franchement cool. Les 6 morceaux sont balancés en une douzaine de minutes au grand max, chez les américains on ne se perd pas en digression, tout est calculé au plus juste, pas de gras que du muscle ! Sur la base punk / powerpop de leurs premiers disques les Real Numbers ajoutent à leur musique des éléments d'indie-pop, quelque chose d'assez Television Personalities, peut-être ces très jolies lignes de guitare au son clair et cristallin !

Cet EP confirme la bonne trajectoire du groupe, qui sortie après sortie affine sa musique. Si les influences du groupe sont connues et assumées, ils en tirent un truc vraiment cool et personnel, quelque chose de punk et énergique mais avec une certaine fraîcheur et naïveté. Un charmant disque d'un excellent groupe à découvrir.

Three Dimensional Records







lundi 13 mai 2013

Youthbitch - Don't fuck this up (2012)


Youthbitch est un groupe de Portland, Don't Fuck This Up est leur premier album après une cassette. La pochette ne doit pas vous faire renoncer à l'écouter de cet excellent petit disque !

Le groupe pratique une powerpop assez musclée avec de sérieuses inflexions punk voir garage-rock. On pense à des formations comme Crusaders of Love, Sun Sick ou encore les excellents Cold Warps, ça plaira aussi aux adeptes du label Dirtnap (Bad Sports, White Wires, Exploding Hearts etc.) chez qui ils ont apparemment sorti un 45 ! Don't Fuck This Up enchaîne 11 titres à toute berzingue, des jets de guitares sortent de partout en soli dégoulinants avec ce qu'il faut de mauvais goût (c'est à dire un petit peu), les riffs sont bien gras et consistants, les mélodies entraînantes. La production est à l'os, un peu sale mais suffisamment convaincante pour ne pas vous rebuter d'envoyer ça dans vos esgourdes à plein volume (et si possible en vinyle comme le fait remarquer très justement le bandcamp). Le groupe enrobe sa hargne avec de la pop mais ne voyez pas dans ces Youthbitch des tendres, ils balancent plus d'énergie qu'une centrale nucléaire en surchauffe. 

Don't Fuck this Up est le genre de petit disque sur lequel on est heureux de tomber. Un plaisir simple, des types qui se réunissent pour balancer la purée avec les amplis à fond et jouent comme si leur vie en dépendait. Ce genre de disque qui ne paient pas de mine et que l'on se surprend à écouter plus que de raisons, beaucoup moins chiant il va s'en dire que les crottes prétentieuses de Fauve...


  

vendredi 26 avril 2013

Warm Soda - Someone for You (2013)

Matthew Melton nous avait brisés le cœur en annonçant la séparation de Bare Wires ce groupe boogie-glam-garage super cool en live, mais à peine le temps de souffler il revient déjà avec un nouveau groupe les biens nommés Warm Soda.

La pochette ainsi que la description annonce la couleur ! Someone for You sera un disque de pop aux accents powerpop, glam et garage, étonnamment on y entend même parfois de l'indie-rock soit une mixture pas si éloignée que ça de formations comme Mother's Children ou King Tuff. Si certains vont regretter le rock poilu de Bare Wires, ce projet de Melton met mon cœur en émoi en balançant des chansons pop aussi évidentes que spontanées.

Violent Blue ouvre les hostilités, on remarque d'office la production voulue par Melton. Le son est brut et direct, très peu d'overdub, une rythmique assez martiale, une basse mixée assez devant, et des guitares style micros double-bobinage. Le ton est donné mais le meilleur reste à venir, et pas besoin d'attendre bien longtemps, le morceau titre en deuxième position dégaine l'artillerie lourde et fait figure d'un des gros tubes potentiels de ce disque. Sur Someone for you Melton nous pond la meilleure chanson des Strokes depuis des années, celle que nous rêverions qu'ils fassent au lieu de nous balancer des albums avec des pochettes moches. Dans un monde idéal cette chanson serait un tube, une fois entendu impossible de ne pas se repasser dix fois le morceau, on se sent pris d'un rush d'euphorie, on perd dix ou quinze ans d'un coup et on retrouve nos premiers émois adolescents. D'un coup plus rien d'autres ne compte et on est happé par cette putain de chanson pop aussi simple et directe que réussie. Le titre tient sur rien, un riff de guitare simple mais géniale, quelques accents de voix glam à la Milk N Cookies et nous voilà accroc. Melton trouve le moyen de refaire le coup deux-trois morceaux plus tard à la fin de la face A avec le tout aussi incroyable Waiting for your call. Impossible de ne pas succomber au gimmick de guitare sur le refrain et au petit "oho" de circonstance. Vous ne pouvez pas savoir à quel point j'ai envie de passer ce morceau en soirée et voir comment les gens vont réagir. J'imagine que ça peut donner un truc cool, c'est tellement immédiat, simple et en même temps Melton trouve le moyen de doser cela avec le bon équilibre pour que la sauce prenne. Il y a des groupes qui cherchent le tube et veulent le provoquer à grand coups d'effet de manche, et puis il y a des Melton qui semble les trouver sans l'avoir réellement voulu, avec Warm Soda tout semble aisé et couler de source, c'est très fort.

La face B n'est pas portée par deux tubes de la trempe de Someone for you et Waiting for your call mais propose 6 titres d'excellente facture et peut être plus conforme avec ce que l'on attendrait d'un groupe se revendiquant glam et powerpop. A vrai dire cette face est globalement un peu meilleure que la première, les titres s'enchainent parfaitement et Warm Soda arrive encore à nous surprendre avec quelques très belles réussites. Diamond Ring envoie la sauce à fond, 1m23 pour faire le débile sur un titre glam bien nerveux. Only in your Mind renoue avec les racines powerpop de Milk n Cookies et The Quick, au moins pour les inclinaisons précieuses mais salaces de la voix de Melton. Busy Lizzy est peut être un peu moins évidente que les tubes de la face A mais bon nombre de groupes actuels de powerpop en ferait l'un des temps forts de leur set. Le disque se ferme sur deux excellentes chansons, les super Sour Grapes et Lola. Le solo de Lola est grandiose de dégoulinant il conclue le disque avec panache nous laissant aussi vidé qu'heureux d'avoir pris dans la gueule ces douze chansons.

Le premier album de Warm Soda va en laisser un certain nombre sceptique, mais il peut aussi servir la cause powerpop et plus généralement la pop à guitare. A-t-on entendu en 2013 de chansons pop aussi réussies et immédiates que waiting for your call ou someone for you ? Bon je retourne les écouter une bonne dizaine de fois avant de m'en aller affronter les métros parisiens le sourire aux lèvres et l'esprit léger. On peut espérer de belles choses du coté de la powerpop pour 2013 (Virals, The Cry!, Crusaders of Love, Cold Warps etc.) !











dimanche 14 avril 2013

Virals - Strange Fruit EP (2013)

Virals a déjà eu les honneurs de figurer dans les colonnes de RPUT à travers un excellent single paru l'année dernière chez le label SEXBEAT et acheté à la période du RSD à la boutique Rough Trade éphémère.Strange Fruit EP nouveau 4 titres (en 7 pouces) sort chez Zoo Music (label géré notamment par Dee Dee des Dum Dum Girls et son amoureux dans Crocodiles) et on est toujours aussi fan de la musique de l'intéressé !

Pour ceux qui avaient suivi les précédentes productions de l'intéressé pas de révolution annoncée. Virals reste définitivement une sorte de rejeton de Teenage Fanclub et Pavement. Des premiers il garde les mélodies pop, les petites harmonies marmonnées, les guitares aussi lumineuses que crasseuses. Des seconds il prend l'attitude slacker et le goût pour la production bancale lo-fi (mais malgré tout puissante et rentre dans le bide). On pense évidemment à quelques formations actuelles qui remettent à l'honneur les 90s comme Yuck, Paws, et surtout la pop musclée de Big Troubles sur son dernier album. 

Les 4 titres ont tous des potentiels de face A mais deux morceaux émergent en particulier et sonnent comme des putains de tubes powerpop passée à la moulinette 2013. "Heartbreaker" illumine totalement la face A, une superbe composition pop avec des mélodies de guitares à tomber, et un refrain qui malgré son évidence n'a rien de convenu. "Lola" n'est pas la petite amie de Ray Davies mais un autre magnifique tube powerpop, un morceau enjoué et brillant. Même si les deux autres titres ne sont pas aussi accrocheurs ils n'en restent pas moins de premier choix et presque aussi excitants, ils feraient déjà un très solide single mis ensemble.

Soyons fou ! Faisons de Virals un chouchou pour 2013. Prenons nous à rêver ! Et si la powerpop faisait un retour inespéré dans le cœur des amateurs de musique ? Et si Teenage Fanclub devenait aussi cool que Joy Division dans la presse spécialisée ? Du fantasme peut être, mais avec des disques comme ça , on se prend au jeux et on se dit qu'un tel avenir et possible, il y a en tout cas la bande son qui va avec. Des chansons aussi fraîches qu'excitantes, qui du rock prennent la puissance et de la pop ses fulgurances mélodiques.