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samedi 1 septembre 2018

Achats Récents #19

Pour cette troisième et dernière partie de mes achats à Barcelone, pas de thème spécifique. J'ai acheté d'autres disques bien sûr mais ceux là me semblaient plus intéressants à présenter pour diverses raisons. L'été a été une période assez faste d'acquisitions me concernant, si j'ai le courage d'écrire quelque chose, je vous présenterai peut être quelques trouvailles faites via discogs. 


Sir Henry and the Butlers est un groupe beat danois originaire de Copenhague. En 1967 Camp obtient un succès conséquent dans de nombreux pays européens et plus spécifiquement en Allemagne, aux Pays Bas et en Belgique. Le morceau est terriblement énervant, le genre de scie typique de la fin des années soixante (Winchester Cathedrale me vient en tête aussi) à se taper la tête contre les murs tant c'est mauvais (avec un kazoo histoire de rendre le truc encore plus difficile), en revanche la face B Pretty Style est vraiment très bonne: du psychédélisme lancinant montant cresdendo. Comme vous le savez j'ai une passion pour les morceaux squattant les bacs de drouilles , là on en tient carrément un bon exemple. J'avais déjà le disque bien sûr avec d'autres pochettes mais honnêtement en pressage espagnol ça ne se refuse pas... Curieusement le morceau y a été publié 4 ans après sa sortie initiale, un mystère intéressant à résoudre !



J'ai déjà évoqué Rocky Roberts ici même et devinez quoi ? La Face A du single que je vous avais présenté est en face B de celui ci. Curieux couplage donc de deux singles du chanteur originaire de l'Alabama. Cela reste de l'excellente came en tout cas, les deux morceaux sont cool, la A dans un registre assez midtempo quand la B relève un peu la cadence. De l'euro-soul en italien chanté avec un accent américain: est-ce que l'on peut faire plus sixties que ça ? Cela évoque en tout cas beaucoup d'autres productions européennes contemporaines: Jess & James, Pop Tops, Geno Washington & the Ram Jam Band, Jimmy James and the Vagabonds ou encore... los Canarios.



Los Canarios n'eurent pas le succès des Pop Tops ou de Los Bravos mais furent une des belles réussites du producteur Alain Milhaud (dont j'évoquais l'étonnant destin récemment à propos de Smash).  Le groupe était originaire... des Canaries. Après avoir enregistré un album aux USA, pour le label des Tokens (BT Puppy), en 1967 (une énorme rareté) le groupe revient en Espagne et obtient plusieurs tubes qui aident le groupe à s'installer définitivement dans le paysage du rock espagnol. Get On Your Knees, leur grand succès, est aussi un super morceau de soul, je vous recommande donc de partir à sa recherche (assez facile et peu dispendieuse) si vous allez faire un tour en Espagne... Le groupe s'oriente par la suite vers une musique progressive ambitieuse mais pas non plus abscons avec quelques très bons morceaux également... Pain date de la période soul du groupe et vaut surtout pour sa face B Three-Two-One-Ah légèrement garage et plutôt bien branlée. À noter que le single est arrangé par un nom bien connu des français: Jean Bouchety



Finissons cette session barcelonaise sur un 45 tours du duo James & Bobby Purify. Dans l'esprit de Sam & Dave, les Floridiens sont particulièrement connu pour leurs morceaux I am Your Puppet et leur reprise très punchy de Shake a Tail Feather (qui a probablement influencé la version des Blues Brothers de mon point de vue). Si j'ai pris ce single parce que particulièrement intrigué par leur reprise de Sixteen Tons morceau dont j'adore de nombreuses versions (dont certaines françaises) c'est finalement la A qui me semble la plus réussie.  Sans transcender la version de Sam & Dave, James & Bobby Purify en font une excellente interprétation (en 1967) avec une production moins crados et plus précise que l'original chez Stax. 


mercredi 23 août 2017

Achats Récents #15 soul music

Troisième épisode de ma session catalane d'achats de disques vinyles... Cette fois-ci nous allons nous concentrer sur la Soul Music, au sens plutôt large comme vous allez le voir ! Ces disques ont été publiés entre 1966 et 1969, ils constituent en quelques sortes des témoignages de différentes orientations du genre à l'époque, quoi que le tableau est loin d'être complet bien sûr !

Est-ce utile de présenter Wilson Pickett, monument de la Soul Music ? Après avoir signé avec Atlantic en 1963, il chante l'un des plus grands succès de sa carrière en 1965 avec In the Midnight Hour qu'il co-écrit. Enregistrée dans les studios de Stax à Memphis (le label était en contrat avec Atlantic), on y retrouve le son unique du label américain: un son poisseux, authentique et dansant. Il enregistre plusieurs 45 tours là bas (par l'entremise de Jerry Wexler) mais Stax change de politique quant aux enregistrements d'artistes extérieurs à la maison. Par conséquent Land of Thousand Dances est enregistré aux studios FAME de Muscle Shoals, l'autre épicentre de la Southern Soul. Parmi les musiciens de la session on retrouve par exemple Spooner Oldham le partenaire d'écriture de Dan Penn (ils écrivent notamment ensembles Cry Like A Baby pour les Box Tops d'Alex Chilton). Land of Thousand Dances est une reprise. Écrite par Chris Kenner, qui en est aussi le premier interprète en 1962, la chanson n'acquiert son potentiel qu'entre les mains du groupe de Los Angeles Cannibal and the Headhunters en 1965. Ces derniers improvisent en effet un nouveau chorus de voix (la lalala etc.) car ils oublient les paroles. Sur le plan de l'écriture, l'ajout transforme l'honnête titre R&B en une bombe prête à se frotter aux charts pop. Certains y parviennent presque (les Thee Midniters notamment, un autre groupe de chicanos de LA). Wilson ne s'y trompe pas un an plus tard et enregistre ce qui est la version la plus aboutie et éclatante de la chanson. De Kenner il conserve l'énergie du R&B, de Cannibal and the Headhunters il tire le hook mémorable. La combinaison heureuse des deux fait de Land of Thousand Dances de Wilson Pickett un énorme tube et un classique instantanée de la soul, la chanson pulse à deux cents à l'heure, le chanteur est survolté, autant dire que même cinquante après sa sortie, l'enregistrement conserve toute sa verve et sa gloire! À noter que la face B de ce pressage (Mustang Sally) est aussi un grand classique du chanteur.


En terme de street cred les 5th Dimension ont certainement pas mal de handicaps. Trop groovy pour les amateurs de Sunshine Pop, trop poli pour les amateurs de soul. Je trouve que cela fait tout leur charme, une musique pop aux arrangements sophistiqués, des entrelacs de voix soignés, le tout avec un coté lounge mais gai, enjoué et rythmé... Sur un plan plus snob on ajoutera que le groupe a fortement influencé l'un des plus fantastiques producteurs de soul psychédélique de tous les temps: Norman Whitfield. En effet, son groupe, Undisputed Truth, prit les 5D en modèle. Je ne sais pas si ce fut aussi le cas de Rotary Connection mais cela ne serait pas impossible tant les projets fonctionnent au fond dans un registre proche... Ce single est une bonne pioche en tout cas. La face A, empruntée à Laura Nyro, Stoned Soul Picnic est excellente. La face B propose une amusante et réussie reprise de Ticket To Ride un registre où les 5th Dimension ont par exemple proposé une superbe version du classique de Cream Sunshine of Your Love . Bref un excellent simple ! 


En compulsant les archives de ce site, opération moins compliquée qu'il n'y paraît (merci les moteurs de recherche), je me suis rendu compte qu'il était finalement très peu mention des fantastiques Booker T and The MGs... Il était question quelques lignes plus haut de Stax. Ce groupe instrumental en fut un des piliers jouant sur de nombreuses productions de Sam & Dave, Otis Redding etc. sans oublier leur propre carrière démarrée en fanfare avec le génial classique mod Green Onions. De fait le son Stax/Memphis est largement lié à l'aventure Booker T and the MGs bien qu'il ne faille pas négliger l'apport des Mar-Keys et des Bar-Kays. Time Is Tight de 1967 est enregistré par le line up classique du groupe: Booker T Jones à l'orgue, Steve Cropper à la guitare, Al Jackson Jr à la batterie et Donald Duck Dunn à la basse. On retrouve un certain nombre de ses musiciens dans le film Blues Brothers ! Rendons hommage au jeu de guitare à la Télécaster de Cropper, économique, reconnaissable entre tous, et redoutablement efficace. Un très grand guitariste qui n'est pas toujours reconnu à sa juste valeur ! Bien sûr le reste de l'équipe est au moins aussi bonne et tout ce beau monde joue à merveille sur ce classique. Certes il n'est pas dansant comme Green Onions mais il démontre l'étendu de la palette de la formation.


Nous avions déjà évoqué Jess & James ici même il y a huit ans ! Pour les absents, réaffirmons à quel point ce groupe est européen dans son essence. Les frères Lameirinhas (Wando et Toni) naissent au Portugal. Jeunes ils fuient la dictature, d'abord en Angleterre, puis en Belgique. Là, ils montent l'une des plus belles formations de soul du continent: Jess & James. Le groupe est un melting pot de nationalités... Populaires en Belgique, ils le sont aussi en Espagne (où le groupe enregistre des versions spécifiques de certains morceaux comme move ou something for nothing). Après la séparation avec le JJ Band, Jess & James s'installent aux Pays Bas. Change est un de leurs classiques: nerveux, dansant, super accrocheur ! Un excellent morceau qui prouve que l'Europe continentale savait se défendre en matière de soul music !  La face B Julie's Doll est dans un registre plus psychédélique, elle est également très intéressante.
  

vendredi 30 juin 2017

Achats Récents #12

Une spéciale Royaume Uni, Groovy Baby ! Les deux derniers disques ne furent pas édités en France à l'époque (d'où la présence de pressage anglais sans pochette).

Peut-on se lasser de Tom Jones ? Après une absence de quelques semaines, il revient dans notre rubrique Achats Récents plus fort que jamais le bougre ! Nous avions en effet évoqué l'excellente I've Got a Heart il y a un mois. Le Gallois a cependant plus d'un tour dans son sac à malice de faces B. Looking Out my Window (1968) est une autre tuerie groovy aux glorieux arrangements. Tom est dans la chanson, il emporte tout sur son passage. La rythmique tabasse sévère ! Très très bien. Pas si courant mais je suis sûr que les diggers du dimanche à la recherche de Dark Side Of The Moon ne penseront pas à le prendre, vous si maintenant !


Une autre face B de Tom Jones plutôt cool quoi que pas aussi dingue que Looking Out My Window : If I Had You sur l'EP Green, Green, Grass of Home paru en 1966. Un sympathique morceau groovy et assez beat dans l'esprit ! 


Like We Used To Be est un excellent Georgie Fame and the Blue Flames. Impossible de ne pas entendre l'influence de Mose Allisson sur le chant du britannique... Le jeu d'orgue est brûlant (inspiré probablement par Jimmy Smith, Booker T etc.), les cuivres rutilants (et utilisés avec goût ce qui n'est pas toujours le cas). Si Yeh Yeh qui l'a fait connaître était une reprise, voici un original de 1965 (signé de son vrai nom: Clive Powell) d'excellente facture à passer dans ses sets modernistes et sixties ! Promis on va essayer de ne pas remettre dix ans avant de reparler de l'un des meilleurs organistes mod anglais avec Brian Auger...



Dave Clark Five sont un groupe londonien de musique beat connu pour avoir inventé le Tottenham Sound une réponse au Mersey Beat des groupes liverpuldiens et plus particulièrement les Beatles ! Au delà de l'anecdote, le groupe est particulièrement populaire dans la première moitié des années soixante aux États-Unis, plus que dans leur pays natal en tout cas. La situation s'inverse vers 1967 grâce à des singles comme Everybody Knows. Particularité de la formation: la mise en avant du batteur Dave Clark, contribuant aussi à la particularité de leur son sur certaines de leurs chansons. Histoire d'être original, encore une fois, la face B retient particulièrement mon attention sur ce 45 tours. Concentration Baby est un morceau sauvage et brutal pas si éloigné des Troggs dans le délire hommes des cavernes qui martèlent leur batterie ! Dans une orgie de fuzz et orgue, pas de pitié, ça déménage ! Presque garage-rock non ? Le genre de morceau super cool et pas cher (comme le shame des DDDBM&T que j'évoquais l'autre jour dans la même session que le Tom Jones cité plus haut) à ajouter sans modération à sa collec' de rock 60s britannique !

vendredi 16 juin 2017

Achats Récents #9

The Whispers est un groupe américain de soul formé à Watts (près de Los Angeles) en 1964. La formation est particulièrement connue pour ses tubes de la fin des années 70 comme And the Beat Goes On. Comme de nombreux groupes ayant traversés les décennies (Temptations, Isley Brothers, Steve Wonder) leur musique a évolué en fonction des époques. Needle in a Haystack est la face B du tube Seems Like I Gotta Do Wrong (#6 des charts R&B). La chanson est une très jolie production soul de 1970, elle évoque à travers son tempo modéré et son groove irrésistibles les classiques de Billy Stewart ou de The Impressions. Plutôt étonnant compte tenu qu'il s'agit d'une production 100% californienne écrite par deux membres du groupe. Peut-être un peu lent pour être joué en soirée mais à tenter ne serait-ce que par l’irrésistible accélération...

 
Vous connaissez certainement les 4 Seasons pour leur magnifique classique Beggin repris depuis pas mal de fois dont quelques versions de sinistre mémoire. Ainsi, plutôt qu'évoquer ces Norvégiens avec "con" dans le nom qui ont profané cette superbe chanson, mentionnons la délicate reprise par Timebox. Au delà de la voix fantastique de Frankie Valli, rendons hommage à Bob Gaudio, clavier du groupe et co-auteur de nombreux classiques de la formation (Sherry, Rag Doll, Beggin, Can't Take my Eyes off You, Silence is Golden...). S'il ne participe pas à l'écriture de Let's Hang On! son camarade d'écriture Bob Crewe en est. Crewe n'est pas un membre officiel de la formation mais son rôle est essentiel dans la carrière du groupe par ses qualités d'écriture et de production. Il met également ses talents au service de Mitch Ryder and the Detroit Wheels. Profitons ainsi de ces quelques lignes pour saluer la mémoire d'un de ces hommes de l'ombre ayant façonné la pop des années soixante discrètement mais avec classe et élégance. J'ai d'ailleurs découvert cette chanson par l'entremise d'une version assez réussie de Richard Anthony, intrigué par les crédits de celle-ci et la présence de Crewe je remontais ainsi aux 4 Seasons. Let's Hang On! ressemble assez à l'idée que je me fais de la Blue Eyed Soul même si techniquement cela n'est pas considéré comme tel. Des arrangements délicats et groovy (cuivres, guitare fuzz, vibraphone), la voix haut-perchée de Valli, de superbes mélodies, l'ensemble constitue une invitation à la danse et au lâcher prise... 


The Reflections est un groupe blanc de doo wop/blue eyed soul du milieu des années 60 de Détroit. Ils cartonnent en 1964 avec (Just Like) Romeo & Juliet que vous connaissez peut-être à travers la version de Michael and the Messengers intégrée à la toute première compilation Nuggets. Le groupe peut-être considéré à certains égards comme un one hit wonder néanmoins nous pouvons apprécier le reste de leur discographie, notamment la face B de Poor Man's Son sorti en 1965. Comin' at You est un excellent morceau uptempo, groovy, avec de jolis arrangements et un excellent travail dans les voix (dans lequel on perçoit nettement l'influence doo-wop) !


The Paupers est un groupe canadien de Toronto de pop psychédélique des années 60. Ils ont sorti de deux véritables albums: Magic People en 1967 et Ellis Island en 1968. Magic People est donc le morceau-titre de ce premier ouvrage et surtout un excellent morceau de pop psychédélique. Les harmonies sont particulièrement réussis, le son de la guitare très chouette et le pont psychédélique avec l'écho si typique de l'époque ! Ce n'est pas forcément un grand morceau du genre mais néanmoins une bonne surprise qui rejoint ma collection avec grand plaisir et que j'aurais peut-être l'occasion de glisser dans une émission de radio ou un mix (voir les deux)...


samedi 10 juin 2017

Achats (très) récents #6

Quelques achats internet !

Danyel Gérard est l'un des premiers rockeurs français avant même notre Johnny national: il publie son premier disque en 1958. Sa carrière est cependant mise entre parenthèse lorsqu'il part à la guerre d'Algérie. Entre 1962 et 1964 le français né d'un père arménien et d'une mère corse profite de la vague twist pour s'imposer comme une valeur sûre de la variété française. Le milieu des années soixante le favorise moins avant son grand retour en 1969 et l'énorme tube international Butterfly. Les collectionneurs connaissent Danyel Gérard pour le psychédélique Sexologie un classique des compilations Wizzz dont le 45 tours se négocie actuellement dans les 80€ ! Pensez à le prendre si vous le voyez en broc' quoi que la probabilité soit rare tant ce disque est bien identifié. Peut-être plus commun ou moins reconnu, je vous recommande également le fabuleux Le Vieux Sur La Montagne... Autre découverte: Monsieur Le Percepteur sur l'EP "66". Je n'ai pas l'impression que le disque soit particulièrement courant mais il n'est pas non plus très recherché, par conséquent il apparaît exagéré de le payer plus de 10€ à moins qu'il ne soit dans un état parfait... Ce morceau est un tempo intermédiaire porté par une fuzz et un excellent texte. La composition co-signée par Danyel Gérard est arrangé par... Jacques Denjean bien que l'on s'éloigne de son domaine de prédilection pour aller vers quelque chose de presque garage! Un excellent morceau pour compléter votre collection de rock français 60s.


Revenons un an en arrière, en 1965 avec les Moustaches pour un de leurs trois EPs enregistrés pour le label Monte-Carlo. Cette structure a-t-elle un lien avec la série Radio Monte-Carlo du label Président dans laquelle on trouve l'excellent EP de Michèle et ses Wouaps ? Compte-tenu des dates et de la présence dans les deux catalogues des premiers groupes de JP Massiera (Milords et Monégasques), la possibilité existe cela ne repose sur aucune information concrète, d'autant plus que la proximité entre Nice et Monaco rendrait assez aisé qu'un musicien vogue entre deux labels installés sur le rocher. Je n'ai pas non plus d'informations particulières sur les membres du groupe. On ne retrouve pas nécessairement dans les crédits des autres disques des noms en commun en dehors de l'arrangeur Gérard Poncet. Les deux morceaux les plus intéressants sont signés par Gilles Jérôme et Touladi. Le premier a contribué a quelques autres disques de pop notamment pour Delphine, Herman's Hermits ou encore Claude Righi. Plus amusant, nous pouvons retrouver les deux compositeurs associés à des disques catholiques d'Unidisc et Pastorale et Musique...Donne-Moi est un sympathique morceau twist/groovy, pas désagréable du tout, avec un bon orgue. Le meilleur selon moi est Les Copains de La Bande un tempo relevé avec une chouette fuzz et une bonne composition ! 


Plus le temps passe, plus je me surprends à chercher des disques de Sylvie Vartan. Cet EP de 1963 contient une excellente version du classique de Mel Tormé Comin' Home Baby. Si le disque est orchestré par le grand frère de Sylvie, Eddie Vartan (très présent sur les disques de sa sœur, de Johnny mais aussi Larry Greco), je ne peux déterminer avec certitude la présence de Mick Jones et Tommy Brown (collaborateurs très réguliers de Sylvie, Johnny mais aussi de Ronnie Bird par exemple). Ne t'en va pas mon amour est une excellente interprétation du classique de Mel Tormé, super solo d'orgue, super son, bref les disques français comme on les aime ! Par contre ne pas s'attendre à une dynamique de dingue sur l'EP 45 tours, d'autant plus que ceux de Sylvie sont souvent rincés !


Finissons cette sixième session en allant dans les 70s et plus précisément en 1973 avec Achille et les Slagmen. La face A Slag Solution est une tentative de morceau pour danser (comme Pop Corn, The Twist, The Jerk, etc.) médiocre.  La Face B en revanche mérite toute votre attention. Stop 27 signé de Claude Robert et son orchestre est en effet un excellent morceau instrumental funky/progressif...  À priori il s'agirait de la même version que sur le très rare 45T comportant Sunshine of Your Love du même Claude Robert.

 

mardi 30 mai 2017

Achats récents #1

J'ai la flemme d'écrire des articles argumentés et fouillés en terme d'informations mais très envie de vous faire découvrir quelques découvertes récentes ou anciennes mais dont le souvenir a été ravivé à l'occasion d'un achat... Voici donc une nouvelle rubrique qui ne dépassera probablement pas les quatre entrées mais au moins cela animera ce blog et vous donnera matière à creuser et chiner lors de vos prochaines sessions disquaires ou brocantes!

Commençons par l'un de mes chanteurs favoris de Blue Eyed Soul le gallois Tom Jones à l'organe vocal chaud et puissant. Au delà d'excellents tubes (It's Not Unusual par exemple), le britannique a également dissimulé de nombreux bons morceaux en face B de ses EPs. J'ai été ainsi très content de mettre la main sur ma deuxième copie (en meilleur état que la première a priori) de l'EP français de What's New Pussycat pour la somme particulièrement douloureuse de cinquante centimes. Il s'agit probablement l'un des premiers disques que j'avais acheté quand j'ai commencé à m'intéresser aux sixties, il y a quelques années déjà... Si le morceau phare de l'EP m'a toujours un peu gavé (pourtant j'adore Burt et Hal) impossible de résister l'excellente I've Got A Heart. La chanson a en effet tout ce qui me plaît dans la blue eyed soul : mélodie soignée, arrangements somptueux, tempo rapide et dansant, voix déchirante. Un super morceau de dj set !


Continuons notre tour du Royaume Uni avec le groupe bubblegum Dave Dee Dozy Beaky Mick & Tich dont vous connaissez forcément Hold Tight notamment à cause de la BO d'un Tarantino. Leur catalogue est inégal et je ne sais pas si je me lancerai dans l'achat au pif de leurs 45 tours cependant il y a quelques excellents morceaux à signaler parmi lesquels Shame présent sur l'EP français de Save Me (et également sur l'autre face du SP anglais pour ceux qui voudraient le morceau avec un meilleur son mais sans le visuel). Si les puristes seraient outrés de qualifier DDDBM&T (ce sont un peu les Monkees anglais) de freakbeat vous ne trouvez pas que cette chanson y ressemble fortement ? Morceau beat aux accents psychédéliques avec des montées puissantes, de la fuzz... Bref un excellent morceau quoi que peut être un peu difficile à jouer en soirée du fait de la production assez extrême.


Changeons de rive de l'Atlantique en nous déplaçant aux États Unis d'Amérique à la découvert de l'organiste Toussaint McCall. Les plus attentifs d'entre vous auront peut-être repéré que j'ai déjà évoqué le même morceau il y a presque quatre ans, pour les autres séance de rattrapage ! Shimmy est un des morceaux instrumentaux groovy à l'Hammond favoris ! Comment ne pas succomber au minimalisme du morceau ? Un batteur, un organiste et roule ma poule! ça dégaine sévère pour que tu transpires sur la piste. Je ne saurais dire si le disque est rare, je suppose que non, en tout cas il vaut pas très cher (dans les 5 à 10€) et à ce prix là comment se refuser un aussi bon morceau (à part d'avoir peur que tout le monde le joue ? mais qui le joue au juste ?). 


Avion pour l'Europe, direction le Portugal et plus précisément Porto en 1964. Os Tàrtaros est une formation instrumentale portugaise dans la mouvance des Shadows auteurs de trois 45 tours. L'EP est globalement honnête mais en dehors du morceau que je vais évoquer je n'ai pas trouvé ça non plus mémorable, disons dans la moyenne de ce que l'on trouve dans le genre mais plus en plus tardif (d'un ou deux ans, ne soyons pas mauvaise langue) et avec un son globalement plus amateur. Les défauts peuvent parfois se transformer en qualité, ici cela fonctionne notamment sur l'excellente Tartaria. Morceau le plus enlevé et sauvage des quatre, la production ajoute un je ne sais quoi garage des plus coolos ! Acheté au hasard pour 10€ (je suis taré) j'ai failli m'en vouloir avant de tomber sur le morceau. Pas indispensable (à moins d'être collectionneur de rock instrumental ou lusitanos)  mais le genre de curiosité que j'adore, aussi bien pour la dimension historique (il y a assez peu de disques portugais sixties) que le morceau en lui même qui trouvera certainement sa place dans un set un jour ou l'autre et constitue une belle addition à ma collec' !


Finissons cette première sélection par une curiosité typique des EP français des années soixante: une compilation de deux singles de... deux artistes différents. Le cas n'est pas courant mais il existe (je dois au moins en avoir un ou deux autres exemples en tête dont un 45T de Tommy James and the Shondells). Sur la face A nous trouvons ainsi le single de Mister Gamma Goochee lui même avec le bien nommé The Gamma Goochee: un très bon single novelty soul et funky dans la mouvance des nombreuses danses des années 60 notamment celles de James Brown (popcorn). Punchy et efficace, un excellent morceau de DJ set ! Autre face, autre ambiance avec le simple de Nooney Rickett (qui correspond en réalité à Nooney Rickett and The Nooney Rickett Four). Si le second morceau laisse penser qu'il s'agira à nouveau de musique soul et funky (une reprise de James Brown) force est de constater que Bye Bye Baby n'a pas grand chose à voir avec The Gamma Goochee ! Il s'agit en effet un très bel exemple de folk rock aux accents beat/garage, pas le genre de trucs à te démonter le cerveau avec une fuzz démoniaque mais plutôt à opter pour la douceur de jolies harmonies et d'une guitare égrenée à la Beau Brummels. Bref remercions les labels français pour leurs associations étranges, elles font parfois mon bonheur bien que le disque soit forcément difficile à classer !

  

vendredi 27 mai 2016

Nicoletta: plusieurs visages

J'ai de plus en plus de difficultés à trouver des 45T dans les bacs non triés pourtant quel plaisir que de découvrir un bon morceau sur un 7 pouces payé cinquante centimes ou un euro ! Dans mes récents bonheurs bon marché le 45 tours de Nicoletta que je vous présente aujourd'hui: édité en 1969, pris pour un modeste euro en 2016.  

Une règle tacite de la variété française des années 60 voudrait qu'il existe au moins un bon morceau pour chaque chanteur français, y compris les plus farouchement à l'opposé de ce qui nous intéresse ici ! Nicoletta est clairement loin d'être la plus éloignée de notre univers. Son style vocal, expressif tourbillonnant et ample est parfois exagéré pour mes chastes oreilles mais elle est une dame de la chanson qui sait mettre des tripes et du cœur dans ses interprétations. Nicoletta est ainsi presque à l'opposé de certaines chanteuses yéyé nunuches et creuses pourtant presque du même âge (bien sûr je ne pense pas à France Gall qui est la grâce incarnée pour moi à cette époque). À la niaiserie de l'adolescence elle oppose une certaine maturité probablement inspirée par sa biographie complexe et dure (wikipedia). J'avais jusqu'ici repéré en 45 tours "Visage" (youtube) enregistré en compagnie des proggeux de Zoo (décidément abonnés aux backing bands des chanteurs de variété notamment Eddy Mitchell), je peux aujourd'hui y ajouter "Qu'est ce que tu fais sans moi" arrangé par l'un des hommes de l'ombre essentiel de la variété frenchy de ces années là: Jean Bouchéty (wikipedia). Si le morceau aura du mal à trouver sa place dans un dj set pour danser, il est très agréable dans le cadre d'une écoute domestique. L'orchestration est superbe (notamment l'usage délicat de la sitar et des percussions), elle sert une très belle composition ambitieuse évoquant en filigrane (selon moi) le travail de Burt Bacharach (et Hal David bien sûr). Bref on s'éloigne certes du freakbeat et du garage cher à ce blog mais parfois il est agréable de reposer les oreilles avec de la musique bien enregistrée et pensée non ?

jeudi 5 mai 2016

Los Flechazos: mini-Cooper

L'Espagne peut se targuer d'avoir eu une importante scène mod et garage revival à partir des années 80. Parmi les formations les plus connues: Brighton 64 de Barcelone ou un peu plus tard los Flechazos de Leòn. Ces derniers furent un des groupes les plus emblématiques du rock indé espagnol durant leur décennie d'existence (1987-1997). Ils éditèrent ainsi leurs disques sur quelques uns des labels les plus importants du pays comme DRO (fondé par l'excellent groupe Aviador Dro dont je parlerai un jour) ou Elefant (qui édita le premier EP de Los Planetas). Deux de ses membres sont à l'origine du fameux rassemblement mod Purple Weekend (site). Le groupe bénéficia aussi d'une certaine reconnaissance internationale publiant des disques sur un label mod anglais comme le disque que nous allons évoqué aujourd'hui.

Cet EP, de 1996 est l'une des dernières publications du groupe qui se sépara l'année suivante. Alejandro Diez Garin continue depuis dans la musique sous le nom de Cooper. Si la majorité de la discographie du groupe est en espagnol, notamment leurs classiques "a toda velocidad" ou "viviendo en la era pop", le groupe a également enregistré des reprises et des compositions originales en anglais. J'ai un petit faible pour le premier morceau de ce 45 tours paru sur Detour "One more Try". Léger et ondoyant, les espagnols proposent une pop psychédélique gorgée de soul, c'est très réussi. Il est très probable que nous revenions sur ce groupe prochainement tant il y a à explorer chez eux !



jeudi 24 mars 2016

Maciej Kossowski: ne pas se fier aux apparences...

Avant de partir à la chasse aux disques, je fis une rapide recherche sur discogs afin d'identifier quelques disques à particulièrement surveiller. "Ocz ci zaslonie" se révéla un de ceux qui me plut le plus, ainsi  ce fut un ravissement de tomber dessus dans le dernier disquaire à un prix décent (en dessous de la cote de discogs qui nous allons le voir est justifiée !).

Maciej Kossowski, l'auteur de ce 45 tours à la pochette relativement anodine (sans grand rapport avec la musique qui s'y trouve) démarra sa carrière musical comme trompettiste de la formation Beat Czerwono-Czarni dans leurs premières années. Il quitta le groupe en 1966 et publia quelques 45 tours dont celui ci en 1969.

Ce disque est excellents de bout en bout. Les deux balades sont d'excellentes factures avec une préférence pour la seconde "Nie Mowie Zegnaj" et sa guitare fuzz. Slow rugueux et bluesy, l'orgue criard est un délice pour les oreilles. Les deux autres morceaux sont aussi les meilleurs: "Oczy Ci Zaslonie" et "Domowe Strachy". Qui eut cru que le chemin de Gdansk à Memphis fut aussi court ? Rythmique funk, cuivres rutilants, solo de flute ultra groovy "Oczy Ci Zaslonie" est une pépite pour les dancefloors avides de curiosité. Sans être aussi bien branlé "Domowe Strachy" tire également sacrément bien son épingle du jeu, ça swingue du popotin sévère. Bon avouons que l'intéressé est peut-être un poil meilleur musicien/compositeur que chanteur mais quel très bon disque ! Pour la peine je mets les deux morceaux, en espérant que vous soyez aussi conquis que je le suis de cette belle trouvaille polonaise !



mardi 16 février 2016

Monty: plus yeh yeh que yéyé

Jacques Bulostin est-il un trésor caché de la pop française sixties? Vous connaissez mon intérêt de longue date pour les disques de l'hexagone de cette période si particulière, pourtant je n'avais jamais réellement pris le temps d'écouter Monty...Son image de jeune premier renvoie immédiatement à celle de Frank Alamo temple de la niaiserie et toute l'horreur yéyé (quoi qu'on doit probablement pouvoir sauver une ou deux choses chez lui comme le "mods & rockeurs" de Sardouille). Pourtant Monty, à bien des égards, est un cas à part dans la pop française: il a la classe et des arrangements qui  tabassent. Il y a bien sûr pas mal d'adaptations (le lot de nombreux d'entre eux, avant que la classe 66 ne vienne foutre le dawa et redistribuer les cartes) mais elles balancent, ça joue ! L'intéressé a aussi écrit de super originaux d'ailleurs ("j'ai traversé l'enfer" et sa fuzz bien sentie)... 

Entre 1964 et 1966 chaque EP de Monty contient donc au moins un (très) bon morceau ("que me reste-t-il", "même si je suis fou"...), bonne nouvelle: ils sont courants et donc peu chers (à part "j'ai traversé l'enfer" bien que simple à trouver à moins de 10€ en réalité). Prenons par exemple "Un verre de Whisky" - un disque de 1964 que l'on voit assez régulièrement à quelques euros (0,5-1,2...) - il s'agit d'une excellente adaptation de "Can I Get a Witness" classique Motown écrit par les immenses Holland-Dozier-Holland et interprété avec une certaine sensualité par Marvin Gaye... Le petit français se défend très bien face à l'ancien boxer américain, plus nerveuse et jazzy sa version tient très bien la comparaison. Monty y est élégant et sobre, son vibrato pastel  y faisant des merveilles. Le répertoire rhythm and blues qu'explore Monty dans les premiers eps lui convient particulièrement bien, il évoque ainsi un croisement heureux entre Ray Charles, Dion et Georgie Fame. À ce difficile exercice du chant en Français Monty adapte avec ses mots, les fait sonner sans forcer ni chercher l'absolue fidélité à l'originale: une excellente stratégie. Bien que le reste de l'EP soit assez anodin, "Un verre de Whisky" est une excellente cover faisant honneur à l'original dont l'orgue plus proche de... "yeh yeh" que des yéyés ! Oserions nous dire que Monty est esthétiquement plus proche de la musique qu'écoutaient les mods que Dutronc?


jeudi 23 octobre 2014

CRM002: Les Spadassins - EP2 (7)

CRM002
Les Spadassins
A1. Verrine, tu m'assassines
A2. L'Effet que ça Fait
B1. All Your Secrets
B2. This Heart of Stone
45 Tours (7') / 500 exemplaires / 2 Décembre 2011 (12/02/11)
SOLD OUT 

La sortie de la première référence fut une révélation et l'envie d'éditer d'autres vinyles se fit vite sentir. Les Spadassins se révélèrent comme une évidence. Le groupe m'avait totalement emporté sur scène aux Combustibles, un morceau m'avait particulièrement marqué Verrine, tu m'assassines, les textes étaient géniaux, et trois ans plus tard je trouve encore que ce morceau aurait mérité encore mieux. Quand le groupe m'a proposé de sortir leur nouvel EP, je n'ai pas hésité une seule seconde dès que j'ai appris que Verrine en serait ! Le mastering des 4 titres fut confié à François Terrazzoni qui fit un boulot incroyable pour faire tenir les deux chansons sur la face française, on ne cachera pas que L'effet que ça fait fut un peu édité pour des questions de place ! La lacque fut ensuite transportée en métro depuis Parélie dans le XVème jusqu'au studio de Mathieu Berthet (situé à l'époque dans le XIème) pour être expédié au pressage. 
Le 4 titres synthétise tout l'art du groupe, on y trouve une balade rugueuse dans un style proche des Animals (This Heart of Stone), un morceau d'obédience Northern Soul (All your Secrets) et les deux tueries en français déjà mentionnées, entre Nino Ferrer et Booker and The MGs. (AGF)

RIYL: Nino Ferrer, Jacques Dutronc, 5 Gentlemen, Booker T and The MGs, Georgie Fame, Animals, Artwoods etc. 

It's all banged out with feeling and purpose. (Shindig)

Deuxième référence du label indépendant Croque Macadam à qui on souhaite tout le bonheur du monde, Les Spadassins découpent sur cet objet de haute qualité leur attaque sonique en deux temps, le premier en français sur la face A, le second en anglais sur une face B qui n'a rien d'une B-side de remplissage. Quality is here, sound too...Le côté potache des paroles des titres en français (Verrine, tu m'assassines...L'effet que ça fait...) est contrebalancé par une musique influencée dans le bon sens du terme par les défuntes sixties, orgue hammond et riffs de guitares en tête, sur un All your secrets qui rappelle les grandes heures de la soul, avec un air de Ben E. King notamment. (Bandsmachine)

Leur musique, groovy à souhait, s'imprègne efficacement dans le cerveau de l'auditeur, l'invitant à remuer simultanément et  frénétiquement les parties les plus géographiquement éloignées de son anatomie. Si les Spadassins revendiquent haut et fort leurs influences anglo-saxonnes, leurs compositions lorgnent aussi parfois du côté des grands noms de la pop française. Difficile d'écouter Verrine, tu m'assassines sans penser à Jacques Dutronc, avec lequel les Rennais partagent à la fois l'élégance et le sens de l'humour. (J'ai tout lu tout vu tout bu)

La banda muestra otra buena dosis de inspiraciones sesenteras; soul, swing, beat, matices de r&b y todo pasado por un barniz genuinamente francés heredero de Nino Ferrer o Les 5 Gentelmen.
Les Spadassins son ante todo divertidos, algo que tampoco es incompatible con sonar bien y en sus temas lo demuestran, algunos cantados en su idioma natal y otros en inglés. Merecen la pena sus dos trabajos. (Ritmo, Soul y Otros Modernismos)

 

lundi 23 septembre 2013

Les Spadassins - EP3 (2013)

Lundi dernier sortait la 5ème référence des fiers bretteurs bretons les Spadassins. Après un EP chez Triptyc, un chez CroqMac et deux singles toujours à la maison, les fines lames de la soul s'associent à un troisième label francilien (après Paris 75 et Montrouge 92 voici Montreuil 93 héhé) Q-Sounds Recordings spécialisé dans la soul charnue et charnelle (mais aussi de fins producteurs de House Music comme on l'aime chez RPUT) pour éditer leur troisième EP. 

Cette nouvelle livraison propose 4 titres en anglais de premier choix. "Baby it's you" lance les hostilités en douceur, sur un mid-tempo porté par les percussions de M. Moustache, le groupe développe une soul douce-amer, faisant toujours une place de choix à de magnifiques envolées d'orgue (parfois soutenu par un très joli piano électrique, je vote pour un wurlitzer), Antoine à la guitare joue toujours à la perfection sa partition en retenu, amenant ce qu'il faut de rythme et de présence. "What goes on" complète à merveille la face A en augmentant un peu le tempo, le morceau risque de faire son petit effet en live.

"Two Times" démarre sur un splendide piano électrique que l'on croirait s'échapper d'un Ray Charles période Atlantic ("what'd i say"), le tempo est relevé et donne immédiatement envie de se déhancher en cadence (un twist ?), un morceau super cool parmi les plus belles réussites du groupe. La couleur très Rhyhtm n Blues du titre est un parfait complément au second titre "Captain Beat" qui évoque clairement les Zombies période She's not there. Il y a du "summertime" et du Rod Argent dans cette magnifique chanson voir aussi du Stranglers (le rythme me fait penser à "Golden Brown") On attendait pas forcément les Spadassins dans un registre aussi anglais et pop mais on est content qu'ils s'y soient essayer, le résultat est charmant et délicat.

Cet EP maintient le niveau de qualité des précédentes sorties du groupe, le mixage et la production sont très réussies et mettent en valeur les talents instrumentaux de cette dream team de musiciens bretons. On regrettera l'absence d'un titre en français registre dans lequel les Spadassins excelle mais on est plus que charmé par une face B fantastique et une face A de très bonne facture (mais peut-être moins surprenante que la B). On a hâte d'entendre ces nouvelles chansons (ainsi que celles des précédents EPs et singles) en live le 31 octobre à l'Espace B !

acheter l'EP sur le site du label


jeudi 3 janvier 2013

Les Spadassins en concert à Paris ce samedi

Coucou les ami(e)s et bonne année ! Ouai c'est le premier post sur le blog en 2013, mais ne vous inquiétez pas on bosse assidûment sur notre bilan 2012. En attendant ces réjouissances il me semblait important de vous faire part d'une nouvelle tout à fait charmante. Les Spadassins joueront ce samedi à Paris à la Mécanique Ondulatoire (8 passage Thiéré dans le 11ème) ils seront accompagnés des Guillotines, les locaux de l'étape. 

Cette affiche me rend particulièrement fier car comme vous le savez peut-être déjà, j'ai eu l'occasion d'éditer des 45 tours de ces groupes (ici et ici), c'est d'ailleurs dans ce contexte que les Spadassins viennent de l'Ouest nous rendre visite à quelques pas seulement de la Bastille (ou les Guillotines ont du pas mal sévir aussi !). En effet ce n'est pas un vinyle mais deux que je sors (à travers Croque Macadam, l'entité RPUT label étant le fait de mon frangin) ces jours ci du meilleur groupe de soul breton de l'univers.

Ces 2 45T rejoignent donc l'EP édité en 2011 (ma seconde référence) et proposent 4 titres, deux en anglais et deux en français.

Le Single #1 propose en face A le titre le plus northern soul du groupe à ce jour, la ligne de basse semble tout droit surgir d'un disque de Jackie Wilson mais les Spadassins n'y perdent aucunement de leur mordant habituel et ajoutenr au sucre une bonne rasade de british beat ! En face B les Spadassins proposent un slow absolument fantastique, on pense aux Animals mais sans pour autant avoir l'impression d'avoir une copie, non les mecs ont saisi le truc et le font vibrer.



A ce single anglais succède un single 100% francophone, Complexe en face A s'annonce comme un super morceau de live, très efficace, plutôt enjoué et sacré bien envoyé ! Ce n'est pas la question est un des titres les plus atypiques du groupe. Antoine y trouve une occasion en or de balancer une fuzz assassine , la rythmique avec un tom très grave est vraiment cool tout comme ces chœurs presque gothiques. 



Bref achetez les trois d'un coup ! héhé
(ou à l'unité sur bandcamp)

mardi 23 octobre 2012

Conjuguons la Pop #18: Nino Ferrer - Enregistrement Public (1966)

Le hasard fait bien les choses, en rangeant mon bureau pour retrouver un truc je suis retombé sur la réédition cd d' Enregistrement Public de Nino Ferrer, l'occasion était trop belle pour ne pas la saisir: Nino est dans notre dossier Conjuguons la pop!

Que dire sur Nino? Oui je l'appelle Nino même si je ne le connais pas, et que je n'ai même pas eu conscience de sa mort quand il s'est suicidé en 1998. Je l'ai découvert bien plus tardivement en fait, quand mon intérêt pour les 60s en France a été décuplé par diverses sources (la Nuggets 2, le livre Antiyéyé), et depuis il fait parti de mes chouchous de cette époque au coté de Dutronc ou Polnareff. Nino Ferrer s'est semble-t-il toute sa vie senti incompris, en tout cas artistiquement parlant. Quand il écrivait des chansons aux textes subtiles, parfois acides et souvent remplis de non-sens (il faut écouter les textes fabuleux de Madame Robert par exemple) le grand public l'a associé à des hits novelty comme Mirza ou le Téléfon , pas nécessairement représentatifs de son répertoire. La blague s'est reproduite diverses fois, y compris dans les 70s quand Métronomie fait un bide mais qu'un single extrait de l'album (la maison près de la fontaine) devient un énorme succès. La grande méprise autour de Nino Ferrer est de la prendre pour un chanteur de variété rigolo alors que ce mec avait un amour profond pour la musique et aurait aimé être pris un peu plus au sérieux (et à juste titre, certains textes très premier degrés peuvent être particulièrement touchants).

Avant son virage progressif et rock des années soixante-dix Nino Ferrer était un gros fan de soul américaine, sa musique dans les 60s transpire souvent du son Stax (en particulier Otis Redding et Booker T and the MGs), du Rhythm n blues de Ray Charles ou James Brown. Cette facette est largement représentée dans Enregistrement Public. L'erreur serait de considérer ce disque comme de la variété, non Nino fait de la blue eyed soul et avec un talent stellaire. La formation faire la part belle aux cuivres et à l'orgue hammond inspiré de Bernard Estardy "le Baron" bien groovy et jazzy, on est jamais loin de Jimmy Smith ou Georgie Fame. Si ce live est probablement un faux comme de nombreux enregistrements publics de l'époque (enregistré en studio avec des rajouts de bruits de foule pour donner l'impression du direct) les musiciens se donnent à fond, la tension est presque palpable. Nino dirige les débats avec grâce et vigueur. Lui qui était si élégant (et en un sens il est tout autant mod que ne peut l'être Dutronc!) emporte tout sur son passage. Je veux être un noir est un aveux de sa part: il aurait aimé pouvoir chanter comme Ray Charles ou James Brown, cependant s'il n'a pas le coffre de ses idoles Nino n'en a pas moins une voix incroyable, on le sent sur le fil, profondément honnête, terriblement intense! Non Nino tu n'étais pas un noir mais tu avais saisi l'âme de la soul et tu es un de ceux qui l'a le mieux adaptée à sa culture de part le monde. Nino Ferrer se place très facilement parmi les meilleurs chanteurs blancs de son époque dans la catégorie des Eric Burdon, Reg King ou Steve Marriott. Des mecs capables de retranscrire l'intensité de la soul sans la copier de trop près.

Cet album est presque un sans-faute et s'écoute très bien d'une traite (deux pour les puristes: on doit retourner le disque entre les deux faces), c'est assez rare dans le paysage français 60s où les LP étaient souvent des compilations d'EP agrémentés de fillers histoire de combler les interstices. Il y a de nombreux moments de pure grâce. Il faut écouter par exemple "Pour oublier qu'on s'est aimé", à mon avis la meilleure version de cette chanson (il en existe trois: une antérieure avant son succès populaire, et une au début des 70s). Ce morceau est sincère, il est intense, le texte est très direct, pas d'ironie, pas de non-sens ici, juste Nino qui balance des mots de ses tripes. Il y a quelques reprises notamment le fameux Les Cornichons (l'original est instrumental de James Booker: Big Nick) ou une superbe version de It's Man's Man's Man's World de James Brown ( si tu m'aimes encore ), on est loin des insipides yéyés: Nino prend la chanson à bras le corps et se l'approprie. On trouve de nombreux classiques du répertoire du franco-italien sur cet LP: Mirza, Les Cornichons, La Bande à Ferrer, Oh Hé Hein Bon, Mme Robert etc.

Enregistrement Public est un vrai concentré du Nino Ferrer 60s et une merveilleuse introduction à ceux qui souhaiteraient se lancer dans la discographie d'un des chanteurs les plus mésestimés de France de ces 50 dernières années. Il démontre la possibilité de s'approcher de l'esprit de la musique Soul en français dans la langue. L'intensité que met Nino dans sa musique devrait inspirer plus d'un revivaliste soul qui s'attache parfois d'avantage à soigner les détails et l'apparence plutôt que se mettre en danger en chantant comme si plus rien d'autre ne comptait, comme si c'était la seule chose qui avait une vraie importance, et c'était le cas pour Nino Ferrer.

L'album a été réédité en vinyle et il est disponible pour une modeste somme en cd.


Nino Ferrer -  Pour oublier qu'on s'est aimé

vendredi 9 mars 2012

Reigning Sound - Abdication EP (2011)

On a déjà eu l'occasion de parler des excellents Reigning Sound quand on les a découvert avec leur précédent album chez In the Red. Greg Cartwright est une sorte de légende du garage rock moderne avec ses groupes comme les Oblivians ou les Compulsive Gamblers. Depuis une dizaine d'année il est dans les Reigning Sound, avec lesquels il a sorti pas mal de disques (au moins 4 il me semble), tous excellents dans des registres allant de la country-rock aux influences soul, en passant par un garage plus brutal.

Cet EP 8 titres en parti produit par le mec des Black Keys apparemment, sort chez Scion A/V qui semble-t-il est une sorte d'opération de séduction de la part de Toyota... Le disque existe apparemment en vinyle mais impossible de mettre la main dessus (dommage), en tout cas c'est aussi en téléchargement gratuit sur le site et ce serait dommage de s'en priver car c'est vraiment pas du "fond de tiroir" que proposent les Reigning Sound sur cet Abdication. Les 8 titres sont super biens, et constituent une excellente introduction au son du groupe. On navigue entre garage (lyin' girl, watching my baby) , country/folk-rock (every thing i do is wrong) ou soul (call me#1, shaw).

Abdication, loin d'être un "bonus" pour fan, est un excellent EP qui donne encore plus envie d'entendre le prochain album du groupe, la production est superbe et Greg a une voix vraiment remarquable, qui démontre la proximité entre country et soul.

Télécharger l'EP