mercredi 6 octobre 2010

the Wackers - oh my love (1972)

Les Wackers ont été à de nombreuses reprises défendus par Greg Shaw, celui ci sortira même un single du groupe (alors déjà séparé) sur son génial label Bomp. Shaw* était avant tout un mec élevé au son des Beatles, de la british invasion, et des groupes garage US , dans une Californie souriante et fraîche comme un coca-cola sorti de la glacière par 40 degrés à l'ombre.

Les Wackers représentent avec un certain nombre d'autres formations* cette idée de la pop dans un début des 70s marqué par une recherche de la sophistication toujours plus éloignées de la naïveté si touchante de l'époque pré-psychédélisme. 1965 le sujet le plus important d'une chanson était de savoir si notre voisine était amoureuse de nous en secret, 1972 tout ceci n'est qu'un lointain souvenir, dont les contours s'efface dans une vapeur de concepts brumeux. Bref, Bob Segarini et ses potes sont, eux, restés fidèles à cet èthos de la pop, un anachronisme. Hot Wacks (leur second long jeu) s'en fait l'écho à travers une entreprise (soutenue par Gary Usher*) de militantisme joyeux (car inconscient et non calculé) pour maintenir en vie les flirts amoureux.

Le bilan, c'est une première face presque à tomber par terre, car à part un "wait and see" un peu lourdingue (trop hardos pour mon gout perso) c'est un sans-faute dont l'apogée est leur reprise de "oh my love". Bon faut reconnaître que la seconde face me parle un peu moins, même si "la suite" est chiadée et bien branlée. Du coup Hot Wacks échappe de peu au statut pas si enviable que cela de "disque culte oublié" , mais bon il y touche parfois et c'est surtout ces moments là que j'ai envi de retenir et de vous faire partager, car ce disque malgré ces défauts est vibrant et unique.

J'ai donc choisi de vous faire écouter "oh my love", une reprise pour vous vendre un album, ce n'est pas très juste, mais c'était trop dur de résister malgré l'appel du pieds de concurrents sérieux. Ce morceau surpasse la version un peu mollassonne de Lennon, les Wackers se sont totalement appropriés la chanson, l'ont rendue forte, fière et trop sincère, ce qui est un compliment. Les arrangements sonnent justes. Par exemple cette guitare japoniaiseuse pourrait être un suicide, mais elle est utilisée avec le bon dosage contribuant à l'ambiance très particulière du morceaux. Et puis enfin on trouve ces harmonies masculines soutenant le refrain de la plus belles des manières, elles font rimer bucolique avec mélancolique. L'exercice de la reprise peut se révéler être un chausse-trape mortel, mais les Wackers déjouent l'embuscade et se jouent de la mort en se permettant même de la snober, en lui assénant quelques salves supplémentaires de pop. Du coup, vous devriez peut être vous penchez sur ce disque, il le mérite et vous aussi.

the Wackers - oh my love



* Greg Shaw est une de mes idoles personnelles, ce mec a été tellement dévoré par le feux sacré de la musique, c'est un grand activiste dont le rôle est encore aujourd'hui que trop méconnu. Ce type a quand même fondé deux labels fondamentaux (Bomp donc, et Voxx, une des références ultimes pour les garageux - dont je fais quand même parti je crois?). En plus leurs catalogues sont tellement bordéliques et plein de disques secondaires, qu'ils en sont que plus attachants.

*Parmi ces formations je pense à Badfinger, Raspberries, Big Star...les suspects usuels

* Gary Usher est entre autre le producteur des meilleurs disques des Byrds, mais aussi à l'origine de Sagittarius

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