mercredi 25 mai 2016

Casino Music: pas pour les supermarchés...

Aujourd'hui je vous présente une de mes récentes trouvailles lyonnaises: le premier 45 Tours de Casino Music un duo parisien formé à la fin des années 70 et plus particulièrement la face B de ce simple "Viol AF 015". Comme certains d'entre vous, je l'ai découverte sur la compilation BIPPP éditée par Born Bad il y a dix ans (discogs), elle reste d'ailleurs à ce jour une de mes contributions préférées avec "Ping Pong" d'Act. Le 7 pouces est l'unique sortie du label Vid Ordur, une structure créée par l'animateur de radio Alain Maneval qui a entre autre été directeur des programmes d'Arte et enregistré un curieux (et étonnant) morceaux acid house oriental quelques années plus tard ("souviens toi du futur" youtube). 

Mais revenons-en à  nos Casino Music. L'ossature du groupe est formée par Gilles Riberolles et Eric Weber. Ils répètent à la fin des 70s dans une cave à Saint Mandé (94 sisi) en compagnie de Philippe Chany (futur auteur de "C'est la Ouate") et Didier Esteban...frère de Michel Esteban dont on va reparler dans quelques instants (bio du groupe sur wikipedia). Le groupe édite donc un premier 45T avec "Burger City" et le sus-mentionné "Viol AF 015". Les deux faces sont en phase avec leur époque  mais à différents points cardinaux: ainsi l'excellent morceau occupant la A évoque la disco déviante des Garçons (sans Marie) qui deviennent d'ailleurs leurs collègues de label sur ZE fondé entre autre par... Michel Esteban. En effet, après ce simple Casino Music s'envole pour New York et enregistre un attachant disque de dance music oblique ("Amour Sauvage" ou "Jungle Love") porté par l'incroyable single "faites le proton" dont on devrait reparler un jour. "Viol AF 015" reste relativement unique dans la discographie du groupe, ce post-punk brûlant, sec et anguleux est un petit chef d’œuvre de rock français, les textes ne feront pas l’unanimité en ces temps de bienpensance politiquement correct pourtant leur folie paranoïaque et dystopique a plus à voir avec la science fiction nouvelle vague de Philip K. Dick qu'avec le machisme du rock de stade de l'époque.


Aucun commentaire: