vendredi 22 octobre 2010

Triàngulo de Amor Bizarro - amigos del género humano (2010)

Triàngulo de Amor Bizarro est une formation espagnole indie de La Coruña, ils (une fille et deux garçons) sont signés sur Mushroom Pillow (sr Chinaro, Sunday Drivers, Dolorean...), et año santo est leur second lp. Voilà pour les détails bibliographiques, on ajoutera que leur nom est une référence à au titre d'une chanson sur la coupe du monde de foot (et c'est pas the Dentists ou Tahiti 80!).

L'album est pas mal, j'aurais aimé dire que c'est une tuerie intégrale mais, il n'est que pas mal, et pourtant, l'entame est archi-prometteuse, les deux premiers morceaux sont carrément enthousiasmants, après ça se gâte. Attention c'est pas mauvais, c'est juste qu'en comparaison des deux titres qui ouvrent le disque c'est un peu moins bandant, ça manque un peu de "sucre" et de reliefs, bon, il y a quand même un autre morceau que j'aime beaucoup, c'est "el culto del cargo..." . Détaillons tout cela si vous le voulez bien!

La prod' est très "in your face", un peu dans le style de Don Flemming sur "Frosting on the Beater". Ici en gros c'est pas du son tout chétif qui va se casser en mille morceaux quand tu vas lui taper sur l'épaule. Nan c'est un grand gaillard, armoire pour reprendre l'expression de LP, le genre de type à jouer en première ligne, un vrai rouleau compresseur sonique, un mur en béton de guitares noisy et saturées. Évidemment ça ne plaira pas à tout le monde, ce n'est pas très subtile, mais moi j'adore le rendu. C'est viscéral, ne fait pas dans le détail mais quand les chansons suivent, devient une sacrée machine de guerre. La comparaison avec les Posies est intéressante, car sur Frosting Don Flemming avait totalement magnifié le songwritting d'Auer et Stringfellow, alors que précédemment Leckie avait conduit le groupe à se complaire dans une position dans laquelle ils ne donnaient pas le meilleur d'eux même. Les TdAB n'ont cependant pas toujours cette science de la mélodie parfaite et de la pop song fatale. A leur décharge ce n'est pas nécessairement ce qu'ils cherchent. Pourtant par deux fois ils excellent dans ce registre là, et on regrette finalement que l'ensemble n'est pas penché un peu plus vers ces morceaux enrichis en glucose et addictifs comme un paquet de nounours en guimauve.

Ce double-shot (doble chupitos? hmm) c'est donc, et vous le saviez déjà, les deux premiers titres. De La Mornarquia a la criptocracia a été choisi et pour ouvrir ce élépé et en single, tout à fait logique si l'on souhaite attraper les mouches avec du miel. Ce morceau est excellent, il est, malgré la prod, plus léger que les autres, c'est la fille qui assure le chant et franchement c'est bien, les guitares derrières tapissent mais restent relativement aériennes, l'ensemble sonne lourd mais pas pesant, on est dans la pop pur jus. Le sommet du disque est balancé juste après, c'est "amigos del genero humano". Le truc démarre énergiquement sur le couple basse (saturée) batterie (compressée) sur lequel un orgue se pose en retrait mais suffisamment présent pour se faire (res)sentir. Après c'est le lâché de guitares et c'est puissant. La voix (masculine ce coup ci) est quelque peu maniérée mais avec suffisamment de tact pour ne pas sonner comme une désagréable caricature. La fille vient en renfort dans les chœurs et apporte de l'eau au moulin pop. Cette chanson est vachement bien, on dirait un croisement transgénique entre la production de Male Bonding et les mélodies de the Pains of Being Pure at Heart. Ensuite l'enfant a été confié à un orphelinat quelque part en Espagne et a écouté plein de groupes des années 80 principalement anglais du genre MBV, the Jesus and Mary Chain ou les plus méconnus Telescopes, tous cités à juste titre dans la bio du groupe sur le site du label. Je crois que cela donne une assez bonne idée du son du groupe, et on appréciera le boulot du label d'avoir bien présenter ses poulains sans les vendre avec des comparaisons douteuses ou hors de propos.

Bref, je ne sais pas quoi au juste penser de ce disque, je dois reconnaître qu'il n'est pas à la hauteur de ce qu'il pourrait être (du moins de mes attentes à moi Alexandre le nerdy de pop), donc je le trouve pas mal, mais pas de quoi non plus totalement et définitivement m'emporter. Je sens que les types (et la typesse) ont les moyens de proposer un truc vraiment cool, parce que par deux ou trois fois ils montrent ce qu'ils ont dans le ventre, quand ils osent sortir d'un truc trop monolythique pour aller vers quelque chose de plus varié et pop. En gros le disque hérite un peu à regret d'une mention assez bien (12,31/20), mais avec une très bonne note dans quelques matières suggérant des lendemains intéressants, à suivre. Tout cela m'a donné envi de me plonger dans la discographie du groupe, je compte m'y mettre à l'occasion, et j'espère aussi pouvoir vous en reparler, ce qui sous-entend: pourvu que le reste soit cool, et je pense que oui, je l'espère et j'y crois d'autant plus qu'ils ont fait une photo promo absolument géniale avec des chemises d'été et un dauphin "aérosol", rien que pour ça ces espagnols méritent que vous alliez les écouter! (et aussi acheter leur disque pour qu'ils en fassent un autre encore mieux).

Triàngulo de Amor Bizarro is a spanish indie band influenced by 80s stuffs like MBV or the Telescopes. Their new LP (año santo, 2010, Mushroom Pillow), has got some impressive tunes, especially the two first one, the level after those is not as good but what a quite amazing start!

Tiàngulo de Amor Bizarro - amigos del género humano




Mushroom Pillow

mercredi 20 octobre 2010

Hybu - The Hedonist (2010)

Here is a bassline anthem I did few months ago. It's time to give it for free.
Already got some pretty good supports !

HYBU - The Hedonist (FREE DOWNLOAD) by hybu

lundi 18 octobre 2010

the Dentists - I had an excellent dream (1985)

Le premier album des Dentists a un nom à rallonge "some people are on the pitch they think it's all over it is now", une référence à un commentaire à la télé BBC lors du dernier but des anglais dans la finale de la coupe de monde 1966. On ne sera donc guère étonnée que résonne la voix de Kenneth Wolstenholme dans les premières mesures de la super "flowers around me"qui ouvre l'album.

Ce quartet ne cache donc pas venir d'Angleterre, on pourrait même ajouter qu'ils viennent du Medway, une région qui a produit pas mal de bons groupes, et notamment deux figures tutélaires que sont Graham Day (avec les Prisoners) et Billy Childish (Milkshakes, thee Headcoats etc.), c'est d'ailleurs un membre du groupe du premier sus-nommé qui produit cet album au nom très long, un certain Allan Crockford (merci wikipedia anglais). Pourtant à l'écoute de cette dizaine de titres on y perçoit dans cette mixture bien britannique une petite touche de Byrds / Love (deux influences du groupe), la Californie toujours, mais version Medway quand même.

Revenons au contenu, car c'est quand même bien beau d'avoir des influences cool, c'est mieux d'en faire quelque chose, et là les Dentists savent y faire en matière de vrillage de neurones, "some people..." est un super disque, et démontre encore une fois que les mid 80s recèlent de disques fameux à redécouvrir et chérir, malgré un niveau mainstream particulièrement désespérant. La musique de ce combo ne l'est pas, elle, au contraire elle brille par sa vitalité, sa fierté, elle explose de toute part. La production sied très bien à la musique, elle est sobre, presque lo-fi, en tout cas elle évite les écueils typiques des 80s, cette sonorité bling bling affreuse de batterie qui arrive à te chier un bon disque.

Histoire de vous donner envie d'écouter ce super album, j'ai choisi "i had an excellent dream" porté par une ligne de basse sinueuse et un jeux de batterie explosif, vous y ajoutez des guitares bien jangly et vous avez un titre qui défonce tout.

The Dentists are an 80s band from Medway. Their sound is rooted in 60s music but is not a revival band, it's fierce and energetic. Their first album needs to be rediscovered because it's a great LP, so sad it's that hard to find (in cd, and even more in vinyl).

the Dentists - i had an excellent dream




samedi 16 octobre 2010

the Young Veins - Cape Town (2010)

Il y a quelques semaines (peut être mois?) quelqu'un de recommandable m'a balancé un lien youtube sur mon facebook, avec pas mal de retard, je suis allé écouté, les Young Veins, ce groupe inconnu de mes services, j'ai trouvé ça cool. Du coup je suis allé voir si il y avait un support vinyle, c'était le cas, hop commandé sur amazon, et quelque semaines plus tard voilà le colis chez moi! A l'ouverture, très bonne surprise, en plus du 33 tours le cd est fourni, c'est un détail mais il fait toujours plaisir, c'est comme le coupon mp3 mais en mieux (faudra qu'on m'explique pourquoi certains labels ne font pas l'un ou l'autre?). Bon du coup, je vais checker un peu ce qui se raconte sur ce groupe sur la toile, et allmusic m'apprend que c'est le nouveau groupe de deux ex-Panic at the Disco, ça fait son petit choc quand on lit ça, on va dire que PATD (ouai t'as vu je sais abrégé leur nom) c'est pas trop ma tasse, ou disons plus précisément ça ne m'a jamais intéressé. Mais si ce premier morceau m'a plu (je l'avais écouté qu'une fois ) sans que je sache qui étaient derrière, il faut que je laisse une chance, à l'album.

J'ai bien eu raison de le faire, la couverture en dit bien plus long sur la musique que le CV des deux fondateurs du groupe. Cela sent bon l'été comme pochette, et puis la typo, le placement des photos rappellent immédiatement les sixties! Rien qu'en décrivant le visuel on peut se faire une idée de la musique: de la pop légère et joyeuse, mais avec de la retenue tout de même, et des sonorités 60s (orgue cheesy, pianos électriques, guitares jangly, carillons...). Sur le net (oui je m'informe) beaucoup compare leur musique aux Beatles et Kinks, deux influences que l'on retrouve effectivement, mais je trouve cela un peu flemmard. Dans le cas de la bande des frères Davis c'est tout à fait justifié (maybe i will, maybe i wont est carrément dans l'esprit avec ce coté "cabaret"), pour les Beatles c'est plus sous-jacent, mais bon dès qu'un disque sonne 60s et pop, le Fab 4 vient à l'esprit du tout venant. Moi je trouve quand même ce disque très américain, tout autant que des formations de la froide et brumeuse Angleterre, j'aurai cité leurs équivalents américains comme le Lovin Spoonful, les Beach Boys, Spector (l'intro de "Cape Town") ou les Byrds (pour changer). La musique des Young Veins souffle comme une brise d'été et non pas comme un vent venant glacer le corps sous une pluie battante.

On sait maintenant que les Young Veins font une musique relativement connoté 60s sans pour autant sonner comme une copie identique (bonne nouvelle), et bien entendu ce genre d'exercice est à double tranchant, car à tous les coups c'est se prendre dans la gueule des références trop pesantes et se mesurer à elles. Bah les types ils connaissent leur job et évitent soigneusement le boulot de tâcherons ou de faiseurs peu inspirés. Soyons clair ce disque n'est pas l'album du siècle, mais il est quand même super agréable et cool, le songwritting est inspiré et vachement chouette, ça se déguste sans faim, et peut-être s'oublie de la même manière, mais franchement je m'en fous c'est BIEN (et mieux que se taper des disques "ambitieux" mais tellement chiant que tu ne les écoutes qu'une fois par an tous les dix ans). Pour tout dire il y a presque pas de chansons nases (peut être une ou deux en dessous du genre "dangerous blues"), au contraire le disque tourne rapidement en boucle, et à chaque morceau on se dit "ah merde celle là aussi est cool" en attendant que l'album trébuche (mais ça n'arrive pas). Évidemment c'est une BO d'été, ou pas loin et ces quelques jours de soleil récents m'ont donné envi de le remettre, et j'y prends toujours autant de plaisir.

Bref je sais pas si les deux types de PATD ont bien fait de se casser de leur groupe en terme de plan de carrière, mais en terme de musique, si ils perdent beaucoup de fans (en plus probablement des filles avec lesquelles on peut coucher), il gagne au moins un type qui aime sincèrement leur nouvelle orientation!

the Young Veins - Cape Town


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jeudi 14 octobre 2010

the Feelies - loveless love (1980)

Crazy Rhythms des Feelies est un grand disque, je ne suis pas sûr d'être en mesure de bien vous en parler, car n'ayons pas peur des mots c'est un CLASSIQUE. Cet album est le genre de trucs que toutes les anthologies de disques "rock" devraient mentionner, j'espère que c'est le cas, sinon faut leur botter le cul et demander à se faire rembourser car il y a tromperie sur la marchandise.

Ce disque n'est pas parfait, on a le droit de ne pas l'aimer, mais il faut l'écouter: c'est autre chose. La pochette bleu avec ces 4 types habillés comme des employés de banque (de back office) pas fun balance la couleur: tu vas pas avoir ta dose de pop guillerette. Au lieu de ça, tu vas te taper des drones, des percus aléatoires, des structures bizarroïdes, des guitares claires et sèches comme le désert, plus tout un tas de réjouissances. A ce niveau là je sens que j'ai réussi à chasser les moins motivés, ils ont eu tords, mais vous avez eu raison de rester. J'en conviens le descriptif fait assez peur, on s'attend à un truc vraiment bien relou, prétentieux et inutile. Croyez moi le jeux en vaut largement la chandelle, Crazy Rhythms est un cas à part, un disque fantastique, et ce malgré un paquet de défauts.

L'album démarre sur un chef d'œuvre, une des pièces maîtresses du disque "the boy with the perpetual nervousness", c'est une application dans les règles du son Feelies. On dirait un GANTT écrit sur une feuille de papier millimétré puis joué par des musiciens. Pourtant c'est tout sauf pénible, c'est au contraire fascinant, on est happé par la montée d'une note de guitare, on est chamboulé par ce rythme de machine déglinguée et bancale. C'est à la fois moderne, et terriblement brutal, froid, mais presque charnel, un peu comme la (bonne) house music en fait, sauf que c'est fait avec ce foutu line up de rock "basse-guitares-batterie", le même qui sert à faire Dire Strait.

Tout cela ressemble à pas grand chose, peut-être un ou deux groupes américains quasi-contemporains comme les Talking Heads. Le look sur la pochette rappelle tout de suite la bande de Byrne , musicalement par contre les Feelies sont plus extrémistes, et nettement moins portés sur les worlderies maladroites. Il y aussi ce son très clean, un peu de satu mais vite-fait, cette production sans aucunes traces de fantaisie, ça rappellerait presque un Television dépouillé de son lyrisme et ses joutes improvisées.

Bref on a beau cherché on voit pas au juste à qui comparer ces types d'Hoboken (bon un peu le Velvet, le Kraut si tu as envi aussi), et c'est ça qui rend ce disque étonnant. En se servant d'un truc aussi convenu (mais cool) qu'une config de groupe de rock, ils en sortent du déviant et de l'inédit. Parfois c'est un peu relou (je suis pas très fan du single "fa-cé-la" par exemple) mais très franchement on s'en fout car quand c'est bien, c'est vraiment bien, ça te vrille les neurones comme du soma.

Feelies - loveless love



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mardi 12 octobre 2010

interview: Sudden Death of Stars

Sudden Death Star of Stars est une nouvelle formation française de Rennes. Quand on a écouté leur 45 tours (à la pochette terrible, un des plus beaux artworks récemment aperçus dans les bacs ) sur Close Up, on est tombé sur le cul, une évidence s'imposait: il est super bien. Du coup plutôt que faire un article classique, on s'est dit que les interviewer pour en savoir un peu plus serait bien cool.
En écoute, la magnifique face B "don't" , une sorte de raga (NDR: on parle de musique indienne) hypnotique avec un très beau son de guitare claire qui pourrait plaire à des fans de Rain Parade ou des Byrds, bien que la comparaison soit ici franchement réductrice. L'autre face est également super, en particulier "Whirl gig", très impressionnante. Dans tout les cas on est ravis que Goulwen (chant/ guitare) et Xavier, batteur du groupe aient accepté de nous répondre, et donc on vous fait maintenant partager tout cela, en espérant également vous transmettre notre enthousiasme pour cette très belle première sortie.


Pouvez vous nous présenter un peu le groupe ?

Sudden Death of Stars est un septet rennais de rock psyché. Au début on était cinq, avec un combo rock assez classique : guitares électriques, basse, orgue et batterie. Seule la guitare 12 cordes nous distinguait un peu, c'était vraiment ce qu'il nous fallait ! Puis pour le premier concert on a recruté une amie au tambourin (NDR: Constance), elle est restée depuis. Et pour les besoins des enregistrements on a également fait appel à un sitariste qui a collaboré sur trois morceaux. On trouvait ça vraiment dommage de s'arrêter là alors on a décidé de faire un concert avec lui et ça marche vraiment super bien, du coup désormais on est sept ! Et on joue à sept partout où les conditions techniques le permettent.

Comment définiriez vous votre son ?

Au départ on avait dans l'idée de faire des morceaux avec un son disons assez massif, proche de ce que faisaient déjà les BRMC, Warlocks et toute leur clique. Notre premier morceau par exemple sobrement intitulé "Sudden Death of Stars" est assez représentatif de ça. Puis très rapidement ça a pris une autre direction. Bon c'est pas fondamentalement différent bien sur, mais on a laissé tomber la disto pour des sons plus clean et des morceaux peut-être plus mélodiques avec un touche sixties qui est venue se greffer là dessus. Je pense que ça nous a évité de faire une mauvaise copie de ce que plein de groupes font déjà très bien. Maintenant je ne dis pas qu'on ne fera jamais de morceaux comme ça, parce que c'est quand même super cool à jouer. Et sinon si ça peut aider les gens à se faire une idée, nous en général ça nous parle, on est un groupe à tambourin. Le mieux reste bien sur d'aller écouter...

De quelles formations vous sentez vous proches ?

Je sais qu'on est plusieurs au sein du groupe à énormément apprécier Death Valley Sleepers, un danois qui mène sa barque de main de maître ! En France un groupe comme The Dalaï Lama Rama Fa Fa Fa remporte évidemment nos suffrages, Les Liminanas aussi. Ensuite ça dépend de ce que tu entends par se sentir 'proche'. Musicalement je pense que nos influences sont clairement identifiables à l'écoute de nos morceaux, nous sommes aussi proches de certains groupes ou d'une certaine 'scène' dans l'esprit ou en tout cas dans la façon de conduire le groupe. Organiser et faire des tournées tout seuls, sortir des disques avec l'aide de petits labels indé... On ne court pas après la sub ou l'intermittence, on veut surtout jouer, pour que le plus de gens possible connaissent le groupe et in fine se débrouiller pour avoir un peu de sous de côté pour sortir des disques qu'on vendra ensuite aux concerts etc.

A quoi ressemble la scène de Rennes ?

Assez petite donc soudée quoique très clanique ! C'est clair qu'on a petit à petit à la fois aidé à monter et intégré un réseau, de lieux (bars, clubs, magasins de disques, radios...) et de groupes (en plus des groupes 'amis' comme Combomatix ou 50 Miles from Vancouver par exemple, on a quasiment tous d'autres groupes qui tournent également : les Spadassins (mod/beat), The Missing Season (folk rock) et Splash Wave (synthpop)). Tout cela crée il est vrai une atmosphère très cool, c'est un peu cliché mais c'est quand même familial car beaucoup de gens se connaissent et on peut s'entraider pour des plans, du matos...

Ca représente quoi pour vous la sortie d'un vinyle 45 tours ?

C'est assez normal pour un groupe de sortir des disques en fait ! Mais c'est vraiment trop cool ! La musique finalement c'est assez volatile et éphémère, si t'as pas ton groupe et ton matos avec toi tu peux pas montrer ce que tu fais. Évidemment aujourd'hui c'est assez facile de faire des démos dans sa chambre sur un ordi puis de balancer ça sur internet, mais c'est mieux de créer un objet avec ta musique dessus, surtout un vinyle. Enfin, c'est peut-être un peu idiot mais ça représente un super accomplissement ! Et puis c'est une super carte de visite pour les gens qui ne nous connaissent pas, un super objet à présenter à la fin des concerts pour ceux qui ont aimé...

Comment s'est passé l'enregistrement ? le choix des morceaux ?

On a enregistré dans le studio des Bikini Machine, un chouette groupe de Rennes, Fred le chanteur et organiste a bossé avec nous. On a choisi ce studio car il est près de chez nous, peu onéreux et qu'il avait les moyens de nous enregistrer en live tous les cinq, et ce sur bandes. Dès le début on s'était dit qu'on voulait procéder ainsi.

De plus Fred à vraiment capté ce qu'on voulait faire, on discute facilement avec lui et son expérience du studio et du boulot sur les vieux magnétos nous aide vachement !

Nous y sommes allés deux fois, la première pour une session de deux jours à l'été 2009. Le groupe était encore très jeune (7 mois de répé, aucun concert...), mais ça nous a permis d'avoir une démo, dont on a tiré la face B du 45t, Don't. La seconde fois c'était au printemps dernier, nous sommes restés quatre jours, pour un total de 9 morceaux couchés sur bandes, dont les deux qui figurent sur la face A du disque.

Concernant le choix des morceaux, c'est allé assez vite et de façon naturelle on a mit sur le tracklisting un morceau de chacun des trois chanteurs qui composent dans le groupe. Ce qui est assez amusant c'est que la face A, Whirligig a été composée et répétée juste avant la session, et les paroles écrites pendant, mais une fois les prises finies, même si elle était bien plus récentes que les autres, on s'est tous dit qu'elle serait sur le disque !

Un petit mot sur le superbe artwork de votre disque ?

Merci beaucoup ! C'est vrai qu'il a l'air de pas mal plaire et on en est très heureux, j'imagine que dans une pile de 45t de groupes néo psyché il ne passe pas inaperçu ! On voulait à tout prix éviter les typo bubble et les spirales ! On doit ce très beau boulot à Bertrand Gruchy, artiste/graphiste de Rouen (il fait un zine assez cool qui s'appelle From Beyond). On l'a rencontré lors d'une date à Rouen en compagnie de Spectrum. Il avait fait une superbe affiche pour le concert, dont 25 exemplaires en sérigraphies. Tout le monde a vachement accroché donc quand on a décidé de faire le 45t on s'est naturellement tourné vers lui et il a accepté.

Avez déjà fait beaucoup de dates ensemble ? des dates de prévus pour la sortie du 45 ?

On existe depuis début 2009, on a fait le première date en septembre avec les Revellions (Irl) et depuis on a fait environ une dizaine de dates. On tourne à l'automne, du 26 au 31 octobre, avec nos amis les Spadassins. On passe par Lille (30 oct, Blind Test) et Paris (31 oct, Cantine de Belleville), avant ça on joue en Belgique (Liège le 26 et Bruxelles le 27) et en Hollande (Amsterdam, le 29). Nous sommes également programmés aux 32ème Transmusicales de Rennes, on y joue le samedi 11 décembre pour un concert gratuit au Liberté Haut. Le festival nous a également booké sur la 'Tournée des Trans', on jouera donc les 2, 3 et 4 décembre, respectivement à Nantes (Olympic), Brest (La Carène) et la Roche-sur-Yon (Fuzz'Yon).

Vos projets ?

Je pense que l'on veut avant tout jouer, le plus possible et un peu partout ! On est tous super heureux d'aller jouer hors des frontières, si l'expérience se déroule bien je pense qu'on essaiera de repartir le plus tôt possible ! Côté disque, celui-ci part assez vite du fait de sa sortie assez limitée (300 ex.), on commence doucement à discuter d'un éventuel successeur ! Un autre 45t, ou alors un Ep sur un 10", ce serait vraiment chouette !

Sudden Death of Stars - Don't

ACHETER LE DISQUE (Close Up)

ACHETER LE DISQUE (Hands & Arms)

également dispo dans les bons disquaires indés (Born Bad, etc.)

BANDCAMP Sudden Death of Stars

MYSPACE Sudden Death of Stars

A noter que trois des membres du groupe sont membres de l'association Twist Komintern qui organise pas mal de soirées djs (les Apparat Chic Parties) et concerts du coté de Rennes, ils ont déjà fait joué entre autre Graham Day & the Gaolers, thee Oh Sees, Magnetix, OSNI, the Urges, Lovvers ou encore les Terribles... La fin d'année s'annonce très forte avec la venue prochaine des Ganglians et de Ty Segall!

Photo groupe: Mr Moustache


vendredi 8 octobre 2010

Squeeze - another nail in my heart (1980)

Je dois reconnaître que je connais mal Squeeze, et c'est probablement un erreur, en tout cas c'est ce que je commence à penser à force d'écouter la compilation "singles: 45's and under" (si quelqu'un capte le jeux de mot, je veux bien qu'on me l'explique?). Ce disque contient un sacré paquet de bonnes chansons, parmi celles que je préfère: up the junction, goodbye girl, is that love, pulling mussels...et another nail in my heart, par contre j'ai sérieusement du mal avec leur gros tube "cool for cats". Pour le style je dirai que l'on est à mi-chemin entre new wave et pop à la Beatles, il y a un gros sens de la mélodie tout en conservant une approche très contemporaine, je crois que le meilleur point de comparaison que j'ai, c'est XTC, en tout cas j'accroche vraiment. A l'écoute donc aujourd'hui "another nail in my heart", super chanson, je sais que les lignes de synthés ne parleront pas à tout le monde, mais moi c'est simple j'adore.

I don't know well Squeeze. I decided a few months ago to give them a try with "singles: 45's and under" bought in a second hand shop for really really cheap (something like 50p) and i enjoyed a lot of tunes on it like "another nail in my heart" "goodbye girl" "up the junction" or "is that love". It sounds to me like a cross between the new wave sound and the Beatles, XTC also comes to my mind. I have chose for you "another nail in my heart" , cheesy (but lovely) synths and a great melody, great song.

Squeeze - another nail in my heart




mercredi 6 octobre 2010

the Wackers - oh my love (1972)

Les Wackers ont été à de nombreuses reprises défendus par Greg Shaw, celui ci sortira même un single du groupe (alors déjà séparé) sur son génial label Bomp. Shaw* était avant tout un mec élevé au son des Beatles, de la british invasion, et des groupes garage US , dans une Californie souriante et fraîche comme un coca-cola sorti de la glacière par 40 degrés à l'ombre.

Les Wackers représentent avec un certain nombre d'autres formations* cette idée de la pop dans un début des 70s marqué par une recherche de la sophistication toujours plus éloignées de la naïveté si touchante de l'époque pré-psychédélisme. 1965 le sujet le plus important d'une chanson était de savoir si notre voisine était amoureuse de nous en secret, 1972 tout ceci n'est qu'un lointain souvenir, dont les contours s'efface dans une vapeur de concepts brumeux. Bref, Bob Segarini et ses potes sont, eux, restés fidèles à cet èthos de la pop, un anachronisme. Hot Wacks (leur second long jeu) s'en fait l'écho à travers une entreprise (soutenue par Gary Usher*) de militantisme joyeux (car inconscient et non calculé) pour maintenir en vie les flirts amoureux.

Le bilan, c'est une première face presque à tomber par terre, car à part un "wait and see" un peu lourdingue (trop hardos pour mon gout perso) c'est un sans-faute dont l'apogée est leur reprise de "oh my love". Bon faut reconnaître que la seconde face me parle un peu moins, même si "la suite" est chiadée et bien branlée. Du coup Hot Wacks échappe de peu au statut pas si enviable que cela de "disque culte oublié" , mais bon il y touche parfois et c'est surtout ces moments là que j'ai envi de retenir et de vous faire partager, car ce disque malgré ces défauts est vibrant et unique.

J'ai donc choisi de vous faire écouter "oh my love", une reprise pour vous vendre un album, ce n'est pas très juste, mais c'était trop dur de résister malgré l'appel du pieds de concurrents sérieux. Ce morceau surpasse la version un peu mollassonne de Lennon, les Wackers se sont totalement appropriés la chanson, l'ont rendue forte, fière et trop sincère, ce qui est un compliment. Les arrangements sonnent justes. Par exemple cette guitare japoniaiseuse pourrait être un suicide, mais elle est utilisée avec le bon dosage contribuant à l'ambiance très particulière du morceaux. Et puis enfin on trouve ces harmonies masculines soutenant le refrain de la plus belles des manières, elles font rimer bucolique avec mélancolique. L'exercice de la reprise peut se révéler être un chausse-trape mortel, mais les Wackers déjouent l'embuscade et se jouent de la mort en se permettant même de la snober, en lui assénant quelques salves supplémentaires de pop. Du coup, vous devriez peut être vous penchez sur ce disque, il le mérite et vous aussi.

the Wackers - oh my love



* Greg Shaw est une de mes idoles personnelles, ce mec a été tellement dévoré par le feux sacré de la musique, c'est un grand activiste dont le rôle est encore aujourd'hui que trop méconnu. Ce type a quand même fondé deux labels fondamentaux (Bomp donc, et Voxx, une des références ultimes pour les garageux - dont je fais quand même parti je crois?). En plus leurs catalogues sont tellement bordéliques et plein de disques secondaires, qu'ils en sont que plus attachants.

*Parmi ces formations je pense à Badfinger, Raspberries, Big Star...les suspects usuels

* Gary Usher est entre autre le producteur des meilleurs disques des Byrds, mais aussi à l'origine de Sagittarius

dimanche 3 octobre 2010

the Coral - sandhills (2010)

Mon précédent sujet était consacré aux Stands, un groupe sympathique avec quelques chansons bien troussées, mais qui somme toute, ne nous voilons pas la face , relève de la seconde division. Les Stands seraient du genre le club d'une ville de taille moyenne qui joue le milieu de tableau avec un public familiale et sympathique. The Coral ne joue pas dans la même catégorie, eux ce seraient plutôt des éternels outsiders, des types qui arrivent toujours très bien placés (3 ou 4ème du championnat) mais le titre leur échappe à chaque fois. Les années passent, les leaders changent, mais eux ils sont toujours là et sont toujours aussi respectés de leurs adversaires tout en étant incapables de franchir la petite marche qui les séparent du firmament.

Bon hé bien j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle: ce nouveau disque ne va pas leur permettre d'accéder à un statut autre que celui de groupe favoris des nerdy de musique, comme peuvent l'être à leur façon les Field Music, Teenage Fanclub et d'autres formations que j'ai tendance à beaucoup aimé, vous en tirez les conclusions que vous voulez! La bonne nouvelle c'est que l'inspiration ne semble pas se tarir du coté des Coral, et ceux malgré le départ de leur guitariste Bill Ryder Jones dont la présence était indéniable.

Les choses avaient remarquablement bien commencé pour ce disque, la production devrait être de John Leckie (alias le type qui a produit les Stone Roses*) et le titre en preview était bien ahurissant avec une bonne grosse dose d'harmonie à la CSN&Y. Pourtant une fois dans les bacs, Butterfly House a déçu pas mal de monde, les critiques qui reviennent le plus souvent: une production trop léchée, des chansons dérivatives et moins inspirées, l'absence du guitariste qui apportait ce petit coup de fouet... Très franchement je les conçois très bien, mais pour moi the Coral sont allés vers un truc plus poppy et léger, mais pas moins talentueux.

Le disque est comme à son habitude solide, et gagne à chaque écoute. Il y a toujours le (petit) lot de morceaux sans intérêt, avec une mention en particulier au tout à fait inopportun de mièvrerie et particulièrement peu inspiré dans son refrain "green is the color", mais ne nous voilons pas la face, sur la plupart des Coral il y a toujours deux ou trois titres moins biens non? Coté production, pour ma part j'apprécie beaucoup le travail de Leckie, le disque est aéré, et il est presque spectorien sur les bords (l'intro de "walking in the winter" ou "more than a lover" me semblent être des clins d'oeil assez évidents), les voix sont superbes, tout comme les guitares, qui comme par hasard sont précisément comme je les aime (jangly, folky, claires, etc). Niveau chanson je trouve les Coral toujours aussi inspiré**, et j'adore la tonalité très californienne*** de l'album, moi je suis sous le charme, ceci dit c'est vrai que c'est plus léger qu'avant (mais ça reste du Coral à 100 km quand même - la force des grands!).

Bon j'ai dit l'essentiel, peut être faut-il souligner quelques détails d'intendance: pas moyen de chopper l'album vinyle en dessous de 20 euros (ou disons 19,5€ ...) c'est un peu abusé... Et puis autre détail chiant: les bonus tracks, ils sont super bons et même parfois mieux que sur l'album, je capte pas trop le concept? En tout cas je vous ai ajouté en bonus à ce petit texte, un morceau sur lequel je dois dire un mot et intitulé "another way".

Un gentil chanteur d'un super groupe français, m'a très justement signalé ce morceau suite à un de mes craquages (réguliers) sur Big Star sur un très célèbre réseau social que trop de gens utilisent. Hé oui "another way" ça ressemble pas mal à "watch the sunrise" de la grosse étoile d'Alex et Chris (on est intime depuis je les prie tous les soirs). On y retrouve ce même dépouillement, cette nudité presque gênante des mélodies, et puis la voix semble prendre des intonations d'un morceaux enregistré plus de 30 ans avant dans les studios Ardent de Memphis. Bref j'ai adoré cette chanson bien sûre, et ouai je regrette qu'elle ne soit pas sur la version normale de l'album, car elle est superbe.

the Coral - sandhills



the Coral - another way



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* Il faut aussi lui attribuer les mérites de la productions des deux disques d'XTC sous le pseudo Dukes of Stratosphear, un travail remarquable

** mes favorites: walking in the winter, falling around you, butterfly house, sandhills, 1000 years, two faces, more than a lover...

*** folk-rock, pop psyché...

vendredi 1 octobre 2010

the Stands - here she comes again (2004)

Dans la galaxie Liverpool du début des 00s au coté des Zutons, Coral, se trouvent les Stands. Ils n'ont pas fait la même carrière que leurs collègues mais on leur doit quand même ce single mémorable: here she comes again*. Cette chanson me rappelle pas mal les La's, un peu à cause de la ville (les La's sont aussi de Liverpool), un peu à cause du titre (there she goes versus here she comes again) et un peu aussi à cause des ses guitares jangly que j'affectionne tellement. Mais même malgré ce petit air de famille, impossible de ne pas succomber à ce titre des Stands, c'est tout simplement une super chanson pop , et en plus la pochette est de saison!

The Stands were an indie band from Liverpool in the early 00s. Here she comes again is perfect pop single with great melodies. It reminds me a bit another band from that city, the La's and their best known song "there she goes". Anyway this song is amazing.

the Stands - here she comes again




* j'ai pas encore écouté le second album, le premier m'a moyennement emballé en dehors de cette chanson enthousiasmante et une ou deux autres que j'aurais sûrement l'occasion de mentionner un jour

mercredi 29 septembre 2010

Interview : MARGARITA explota tu cuerpo !


Spanish indie always been quite gorgeous. We all know some of their most famous labels such as Elefant or BCore and big acts that has been quite successful internationaly : Delorean, Tokyo Sex Destruction or El Guincho to name a few recent ones. Anyway, Margarita is an amazing band hailing from beautiful Madrid, I just love them. I used to compare them to Abe Vigoda (before they turned shitty synth wave as on the new album) and my friends Fair Ohs, but they're new album Explota El Cuerpo is ACE, even better than Parque y Magico. Turning their tropical urgent punk into a pop psych tropicalia (but still a bit punk), actually something between Abe Vigoda's Skeleton and perhaps Os Mutantes...

By the way, this is our first bilingual interview ever. Questions in English, answers in
Spanish (them traduced by myself). Our hispanohablantes readers will enjoy, I know their quite numerous.


Can you tell us a bit the story of Margarita ? How do you formed ? Were you playing in other bands before ?

Empezamos a tocar juntos hace como 7 años aproximadamente, nos juntamos porque nos conocíamos de antes, éramos amigos y tocábamos en otros grupos que se disolvieron a la vez, así que decidimos hacer Margarita.
We begin to play together for like 7 years, we were knowing us before, we were friends and playing and other bands than splited at the same. Then we decided to form Margarita.


You're just release your second album Explota El Cuerpo, can you tell us a bit more about it ?
Para este disco teníamos la idea de hacer canciones bonitas y sin perder nuestra esencia. Queríamos refinar el sonido y que fuese más cósmico, como si la música rebotara en el espacio. También queríamos probar nuevas maneras de tocar nuestros instrumentos y que eso diese algún tipo de resultado
For this record, we had the idea of making the best songs without losing our soul. We wanted to sharpen the sound, to make it sounds more cosmic, as if the music was bouncing in the space. Moreover, we wanted to try new way of play our instruments and give them some kind of results.


What do you mean by "Exploit the body" ?
“Explota el cuerpo” es una expresión que se nos ocurrió durante la grabación del disco medio en broma, pero que definía perfectamente lo que estábamos intentando expresar con él. Ese espíritu de creación y construcción que hay que tener incluso en situaciones adversas y duras. “Explota el cuerpo” es como la imagen que representa el estallido del estado puro de una persona.
“Explota el cuerpo” is an expression that came like a joke during the recording of the record, but that was defining exactly what we would like to express with it. That spirit of creation and construction to keep in mind even in adverse and hard situations. "Explode the body" is like the picture of the outbreak of the pure state of a person.




How did you record that album ?
Nos fuimos a grabarlo a los Estudios Costa Brava en Sant Feliu de Gixols (Girona) y lo ha producido Santi García. Él aportó mucho al resultado del disco ya que supo sacar de nosotros cosas que estaban ahí y él hizo que fuesen mejores. Él es una persona con mucho tacto y supo cómo entendernos a la perfección.
We went to record it at Costa Brava Studios in Sant Feliu de Gixols, Girona with Santi Garcia as producer. He contributed very much to the result of the record, he helped us to bring out what were here and to make it better. He is a person with great tact and know how to understand each other perfectly.


What happened for you as a band after the release of Parque Magico ?
Justo después de Parque Mágico estuvimos un mes de gira por toda Europa y tocando por España el resto del tiempo. El disco tuvo muy buenas críticas por todos lados. Después de eso tuvimos que pensar en “Explota el cuerpo” como una evolución o reinvención del grupo.
Just after Parque Magico, we spent a month touring Europe and playing in Spain the rest of the time. The album received great reviews from all the sides. After this, we begin to think about « Explota El Cuerpo »as an evolution or reinvention of the band.


Are you living of your music or do you have some other jobs ?
No, cada uno tenemos nuestros trabajos.
No, we all got our job.


In France, the indie music scene think that you have to sing in English if you want to succed. You're singing in Spanish, can you tell us about this choice ? What do the spanish public think about it ?
La gente que piensa en tener éxito se condena a pasarlo mal. Nosotros nunca hemos pensado en esos términos. Cantar en español fue una decisión natural justo después de sacar Parque Mágico. Y con el tiempo nos pareció una muy buena idea porque era una especie de necesidad dentro del grupo. No sé qué dirá la gente en España, pero seguro que hay diferentes opiniones.
People who think holding a success is doomed to pass it badly. We never think in those terms. Singing in Spanish was a natural decision after the release of Parque Magico. And, with time, it seems us to be a great idea because it was a kind of necessity inside of the band.
I don't know what people would say in Spain, they will surely be pretty different.

What do you think of general spanish culture into music ? You seems to always had a very solid musical scene but for most of them keeping very underground.
Aquí hay muy buenos grupos que deberían de ser conocidos en todo el mundo, hahaa. En serio. No sé por qué todo se mantiene tan underground. Me gustaría que a esos grupos les conociesen en todo el mundo y que disfrutaran de ellos.
Here are some great bands that really deserve to be known worldwide ahahah. Seriously, I don't know why everything is kept as underground. I wish that the world could know and enjoy these bands.

How is the rock scene in Madrid ? Can you recommand us some good bands ?
No sé si hay una escena o no, pero la verdad es que hay grupos alucinantes en Madrid. Antes había más grupos, ahora es todo un poco raro. Es difícil poder tocar aquí porque las salas te piden dinero por tocar y eso es negativo para los grupos. Ahora hay grupos que nos gustan mucho como Lidia Damunt (no sé si sigue viviendo en Madrid), Los Punsetes, Atomizador, Los Claveles, Charades, Grosgoroth y yo tengo un grupo nuevo que se llama Prisma en Llamas. Pero tampoco sé mucho de cómo está todo esto en Madrid.
I don't know if there is a scene or not, but the truth is that there are amazing band here in Madrid. It used to be more bands, but nowadays, they became kind of rare. It's really difficult to play music because here, the concert places are asking you some money for you to play, which is very negative for bands.
Nowadays, there are bands that we like very much as Lidia Damunt (i don't know if she still lives in Madrid), Los Punsetes, Atomizador, Los Claveles, Charades, Grosgoroth and I've got a new band called Prisma en Llamas.
But do not know much about how it is all in Madrid


You seems to got a very stronge hardcore / punk background, what happened to make you think it would fit great with latin & tropical influences ?
No lo sé. La verdad es que empezamos hace muchos años metiéndonos en el tropicalismo brasileño. Nunca hemos querido ser un grupo tropicalista ya que esa época y ese espíritu fue único y no se puede repetir. Pero a nivel de sonido yo creo que un disco clave fue Discover America de Van Dyke Parks, con el que descubrimos el Calypso y supongo que nos marcó un poco.
I don't know. The truth is that many years ago we started getting into Brazilian tropicalia. We never wanted to be a tropical band because this era and spirit was unique and you can't repeat it. But talking about sound, I think the key record was Discover America by Van Dyke Parks, with which we discover Calypso, and I supposed that it touched us a bit.

What are you influenced by more generally (not only musically) ?
Musicalmente cada uno tiene sus gustos. Nos influye bastante nuestras vidas y las ganas de crear algo que mueva a la gente a hacer las cosas a su manera.
Musically, each one of us got his own taste. We are influenced by our life and the desire to create something that moves people to do things his way.


And the dumb question for the end, do you drink a lot of Margaritas ?
Hahahahahah, si nos invitas… si!
Hahahahahah, if you invite us... SURE !


Muchas Gracias amigos !
Gracias a ti.

Listen / Download : Margarita - Crudo y Crema



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mardi 28 septembre 2010

Bye Bye Hybu's Oldies


Comme vous le savez je suis aussi producteur, alors avant de les supprimer définitivement voici un panaché de morceaux jamais sortis, non signés ou un peu obsolètes que j'ai fait ces dernières années. Le but est d'éclaircir un peu l'information de mon soundcloud en ne gardant que le meilleur ou le récent. Prenez les maintenant ou jamais !

In order to clear the information on my soundcloud, here is a list of tracks that I'll delete in a few time (2 weeks or something), most of them are unsigned, old or unreleased, most of them are not bad at all, some would surely deserve a better life (thinking about Modern Lovers for example). But anyway, here they are. Take before they leave forever.


samedi 25 septembre 2010

Crabby Appleton - Catherine (1970)

Crabby Appleton* n'a semble-t-il pas franchement marqué l'histoire de la pop music, leurs deux albums sont passés plutôt inaperçus, et niveau charts à part un single ayant eu son petit succès (go back) pas grand chose à signaler... J'ai eu vent de ce disque en checkant les chroniques d'un type qui aime la power pop sur RYM, je me suis laissé tenté après avoir recouper mes infos avec allmusic: à l'arrivée bonne surprise plutôt. Je ne sais pas si je parlerai de power pop pour les Crabby Appleton, disons que les éléments s'y trouvent...mais séparés la plupart du temps, on a du hard rock un peu bourrin et à coté de ça de jolies chansons tirant clairement sur le folk rock. Bref peut être que ce coté skizo a gêné à l'époque? j'en sais rien, en tout cas 5-6 chansons cool suffisent souvent à mon bonheur et ici le contrat est largement respecté.
Deux titres se dégagent en particulier "the other side" et "Catherine", j'ai choisi cette dernière. A première vue on dirait une face b ou un inédit de CS&N, on y trouve ce même dénuement, cette sincérité qui ne se voile pas la face...mais Crabby Appleton y ajoute une petite touche de coquetterie avec l'apparition d'un petit clavecin très baroque (là on pense plus à Left Banke sans le coté grandiloquent/ majestueux, selon l'humeur), l'ensemble du coup me plaît beaucoup. Dans l'ensemble même si je zappe deux trois morceaux (go back, et les morceaux longs) ce disque a un certain charme. On ne peut parler de trésor caché ultime (comme je le ferai avec Big Star) mais ce premier Crabby Appleton a suffisement de présence et de beauté pour que je vous conseille d'y jeter une oreille ou deux.

Crabby Appleton is an US band from early 70s, their first lp is a very nice collection of pop tunes with a strong folk rock flavor, you'll find some hard rocking numbers but they are not to my taste. Anyway not a cult classic but a very nice and enjoyable lp with some great pop songs, that's enough for my pleasure.

Crabby Appleton - Catherine


* c'est le nom d'un personnage de dessin animé

lundi 20 septembre 2010

Interview : Reading Rainbow


I must admit that I'm kind of obsessed by this band. I knew them from their Restless single released by great label Zoo Music (Beaters, Flight...) and then bought all their releases until now. Since I learned they will release a new LP for as great chicago based label HoZac, I decided it was time to chat with them. So here is a lovely interview of Reading Rainbow.

Can you tell us a bit the story of Reading Rainbow ? When do you formed ? How ?
Rob : Sarah and I actually used to be in another band where we both played keyboards, we both sang, and one of our close friends played drums. We played noisy, experimental, punk rock heavily influenced by early Devo and The Screamers. We were in this band on and off between 2006 and 2008. Around March of 2008 our drummer decided he didn't want to play a string of out of town shows 2 weeks before we were scheduled to play. So given the opportunity, Sarah and I formed a new band and called it "Reading Rainbow". We wrote 8 songs in 2 weeks and recorded them onto 4-track cassette. These were our first demos, which we sold on cassettes and then later re-recorded some of the songs to be on our first LP Mystical Participation. Sarah had never even played the drums before, but we found a sound that felt very familiar and we loved it!
DOWNLOAD THE 4-TRACK CASSETTE, LINK GIVEN BY THE BAND !

What are your influences (musical but not only) ?
Musically we love the Velvet Underground, The Zombies, Devo, B-52s, Sun Ra, The Urinals, The Vaselines, Sonic Youth, Ramones, Beatles, Wire,...I could go on and on and on!!
Non-Musically we are influenced by nature, animals, mystical shit, friendships and relationships with people, living in the city, our job situations, our dreams, anxiety about the future. Many things both positive and negative.



According to your (great) artworks, are you obsessed by animals ? By the way, who did these artworks ?
Sarah : I have done all of our artwork up to this point! Both of us have always loved animals. And as far as album art specifically goes I feel like its hard not to objectify people in drawing or collage. It's so easy to use an image of a hot girl or something and it has no real feeling behind it. With animals its the total opposite. Insteady of objectifying them, the animals are elevated and take on a kind of mysterious role.

Rob : When I was very small, my parents asked me what I wanted to be when I grow up. I said either a fire man or a tiger!

What looks like Reading Rainbow tour ?
We really need to go on an extensive tour when our album comes out, but we haven't really found a good booking company to work with. Last year we toured all accross the US, by ourselves. We booked almost all the shows and had a really great time. Intense, but a lot of fun.

Do you still make some house gigs ?
Oh yeah, most definitely. Not as many as we used too, but when a good one comes up they can be the most fun!

Can you tell us an anecdote about something that happened to you on tour ?
Sarah : Why yes actually. Once in Texas we were supposed to stay with a girl we'd never met before. When she introduced herself she was TOTALLY drunk/rolling/high on something, and just when I kind of noticed the weird way she was eyeing up Rob, she sort of "fell" into my boob and totally groped me while asking if we liked to party! Our friend who saw it all confirmed that she looked like she was trying to start something kind of gross and awkward. Needless to saw when we were following her back to her house, we "lost" her and went to a motel instead.

How is the music scene in Philly ?
Really active, but kind of weird. There's sooooo many bands here, and we've never heard of most of them. I think it's mainly because there's so many different scenes here. (bar bands, metal, folk punk, hardcore, post hardcore, etc) For a while there weren't really that many other bands we'd go along well with musically, but over the past year or so a few garage and fuzzy shoegazey bands have sprung up which is cool. Honestly we are so busy with work/music we don't get out too much to see whats happening!


Soon you'll release your second album for HoZac, can you tell us what it would sound like ?
It's waaaaaaaay cleaner and clearer sounding. The drums sound amazing for once (before the recording made them sound muffled), and you can here the distinction between both of our voices way more. We recorded all the songs with other people who knew what they were doing. We had recorded Mystical Participation all by ourselves in our practice space and didn't know special tricks and techniques to make it sound better.

And what about the single for Atelier Ciseaux ? How did you connect with a french label ?
Remi from Atelier Ciseaux just emailed and asked us if we'd like to do a split with Coasting so of course we said yes! Both Atelier Ciseaux and Coasting are great. Maybe Remi will fly us out to France to tour...hahahaha

Did you ever play in Europe ?
No! But we both really really want to! We need a booking agency first and for Rob to be able to quit his job. That would be a dream come true.

Thanks !


Listen to Reading Rainbow - Restless (Zoo Music, 2009)



Buy the Reading Rainbow's first LP Mystical Participation on SMK Store
Buy their split 10" on Chimney Sweet Records
Buy their amazing 7" Restless on Italian Beach Babes (far cheaper than on the label store for any european based music lover ahah)
And listen to most of their songs on their bandcamp.

samedi 18 septembre 2010

the Thrills - don't steal our sun (2003)

La fin de l'été approche à grand pas, je crois bien qu'il ne nous reste que deux jours... Et déjà le temps commence à changer, les rayons de soleil qui baignaient les rues sont remplacés progressivement par un par-terre orangé de feuilles mortes. Bref il fait pas encore trop moche mais pour combien de temps encore? En tout cas le titre de cette chanson me semble approprié "don't steal our sun" (ne volez pas notre soleil) c'est exactement ce que l'on a envi de dire en ce moment, pour vu qu'il soit encore un peu là ces prochaines semaines et ne nous abandonne pas à la pluie!
Bon et sinon pour les Thrills car cette chanson est tout de même la leur, hé bien leur premier album est vraiment bien, surtout les singles (santa cruz, don't steal our sun, big sur, et one horse town, 4 de mes 5 chansons préférées de l'album) et quelques morceaux d'album (avec par exemple le super "say ain't so"). Globalement un chouette album avec une grosse tonalité californienne (country-rock, pas très loin des Beachwood Sparks en plus indie et poppy), ce qui est étonnant pour un groupe irlandais!

the Thrills - don't steal our sun



On peut le choper pour pas cher en cd sur amazon neuf, et carrément pour une misère d'occaz sur ce même site!