lundi 29 février 2016

Santa-Maria : donne moi ton hippy

Comme vous le savez, malgré son inactivité incompréhensible ce blog affiche fièrement près de 9 années au compteur. Inégal dans son rythme, j'ai récemment eu l'envie de m'y remettre histoire de partager mes nouvelles découvertes (ou celles que je gardais précieusement sous le coude) et les dévoiler sous un angle que j'espère intéressant... J'ai déjà évoqué par le passé (en avril 2008! nous sommes si vieux...) le groupe français Santa-Maria pour un autre de leur 45 tours paru la même année (1971): "Je pleure sur un air de Bach" et sa superbe face B heavy "La Terre Brûlée". On prend les mêmes et on recommence: victoire par KO du revers sur le tube ! "Elle" est ainsi un slow typique de cette époque tandis que "Donne moi ton cœur et ta fleur" est la vraie bonne surprise du disque: de la pop psychédélique groovy avec un texte génialement naïf (quoi qu'un brin coquin sur le refrain non?). Je ne dispose malheureusement pas de tellement plus d'informations sur le groupe (si vous passez par ici les gars n'hésitez pas à nous en apprendre plus en commentaire!) si ce n'est qu'ils ont au moins quatre 45 tours à leur actif. Je n'ai pas encore écouté "Judas" mais "La Fille d'Aladin" (youtube) est également très chouette !

La bonne nouvelle, "Donne moi ton cœur et ta fleur" est un classique de "bacs pas chers", vous devriez le trouver assez facilement pour quelques pièces... On remerciera la collection "Antar" qui comporte de nombreuses pépites de cet acabit (voir meilleures encore) comme Chaps, Majority One ou encore le fameux (et un peu rincé) "Send me a Postcard" des Shocking Blue... À vous donc cette excellente curiosité orgue et fuzz à tous les étages !  


samedi 27 février 2016

Les Homards Violets: Homard m'a tuer

Un mini événement pour les amateurs de disques français sixties sérieux ! Caméléon réédite l'EP des Homards Violets ! La plupart des productions des années soixante français furent enregistrées dans les studios de gros labels comme Polydor, Barclay's, Vogue... Y compris une majorité des très rares et collectionnées ! Conséquence: les productions avec un son plus rugueux moins policées ne sont pas légion dans nos contrées. Parmi les rares exceptions les sorties de JBP de Lyon et DMF de Normandie, deux labels montés par des passionnés qui ont documenté leur région dans les années 60s et donc publié une quantité importante de groupes beat (les Fraises des Bois, les Bourgeois de Calais, Les Senders, Les Shattels pour en citer des vraiment bons/intéressants). La majorité des sorties n'est pas toujours d'un intérêt musical génial, beaucoup de groupes de reprises dans un anglais approximatif (et jouer avec tout autant d'aisance) mais elle donne aussi un excellent témoignage de l'impact qu'eut la British Invasion dans l'Hexagone...Certaines présentent même un charme proche des Shaggs dans leur innocence !

Le(s) Homard(s) Violet(s) est une autre histoire. Leur unique EP publié de leur vivant et paru en 1967 (après un premier single deux titres - pas mal - paru uniquement à 5ex et réédité depuis) comportent 4 titres originaux en français ! La pochette ambitieuse de Dieter Volroff (dont c'est à ma connaissance la seule réalisation ?) donne le ton: un surréalisme âpre et belliqueux. Les lyonnais ne sont pas là pour vous caresser dans le sens du poil mais vous provoquer ! Le contenu musical est à la hauteur de la pochette, deux morceaux se dégagent particulièrement "le sadique" et "le clodo". "Le Sadique" ferait très certainement le bonheur des scénaristes de séries criminelles actuelles... La musique évoque le R&B des Stones quand les textes ont un certain humour grinçant les rapprochant de "à dégager" des Fleurs de Pavot (dans leur provocation) en plus trash encore. "Le Clodo" est le chef d’œuvre de l'EP et une véritable pièce maîtresse du rock français. Un mur de feedback digne de "My Friend Jack" des Smoke, des paroles caustiques mais drôles, la chanson est d'une violence et une originalité rare dans le paysage français de l'époque. Si la production est un peu plus lo-fi que les contemporains britanniques, voilà un 45 tours qui se hisse sans problème au niveau des raretés freakbeat si vénérées (notamment de ce coté-ci de la manche). Bref on aime à dire pour se moquer des groupes français qu'ils sont comme le vin anglais (ou comme Rock & Roll de Lennon hihi), une bien belle preuve du contraire ! On ne saura probablement jamais le fin mot sur "Omar m'a tuer" mais les Homards Violets étaient en tout cas de sacrés tueurs (au sens figuré même s'ils avaient des haches et des crans d'arrêt sur scène !). 

jeudi 25 février 2016

The Raspberries: gardiens powerpop

Dimanche dernier je regardai nonchalamment Capital sur M6, je fus particulièrement surpris de reconnaître les premières notes du riff de "Go all the way" des Raspberries dans une bande annonce pour une émission quelconque. Ce classique ultime de 1972 de la powerpop à la télévision française, quelle révolution ! En y réfléchissant bien, mon petit doigt m'a susurré à l'oreille la présence de la dite chanson dans un énorme blockbuster en 2014: Les Gardiens de la Galaxie. Cette rédemption d'un classique du genre par la culture mainstream en rappelle une autre: l'usage de "Baby Blue" en 2013 dans le dernier épisode de Breaking Bad. D'un coup ce morceau retrouvait ses attributs de tube pourtant effacé par les décennies d'ignorance... 

Badfinger et les Raspberries ont plus que cette réhabilitation en commun: ils sont, au coté de Big Star, Blue Ash ou Todd Rundgren, les premiers véritables groupes powerpop (bien que le terme sera effectif qu'à la fin des 70s via le militantisme de Greg Shaw et Bomp). Ils expriment d'ailleurs à mon sens mieux que quiconque à cette époque la quintessence du genre. En effet, les gallois comme les américains combinent à la perfection les éléments du style: des riffs musclés (powerchords?) à mi-chemin entre les Who (circa "I can't explain") et le hard-rock 70s (j'ai toujours trouvé qu'il existait une parenté entre "go all the way" et "alright now" de Free par exemple) avec une sensibilité British Invasion prononcée (harmonies vocales, d'excellentes accroches...). Dans les grandes lignes les Raspberries pourraient être les Small Faces 70s (plus que les Faces en tout cas!), Badfinger les Beatles (plus que les Wings ou John Lennon !). 

La powerpop est un genre génial et encore assez peu connu en France, aux USA j'ai le sentiment que le travail de labels actuels comme Burger ou Captured Tracks (qui réédite les excellents Milk N Cookies) porte ses fruits et d'un intérêt pour le genre. Parmi mes derniers coups de cœur: l'excellent album des EZTV porté par le superbe single "dust in the sky".  Il existe une scène française autour d'excellents groupes comme les Protokids, Crusaders of Love ou Departure Kids mais elle est plutôt confidentielle (comparée à la scène psyché ou garage en tout cas), d'autant plus qu'une partie des groupes en question est inactive ou joue très peu.

Revenons-en à "go all the way", c'est loin d'être mon Raspberries préféré ! Le groupe de Cleveland, fusion de deux groupes locaux très cool (The Choir "it's cold outside" et Cyrus Erie "get the message") a en effet enregistré une quantité incroyable de bons singles ("Let's Pretend" , "Overnight Sensation" évoqué ici même il y a ...8 ans et demi !). Si le riff de "go all the way" est absolument génial et prend tout de suite aux tripes mais j'ai toujours trouvé le refrain un peu niais... Je lui préfère largement "Tonight" (que je viens d'ailleurs récemment de trouver en 45T pressage français hihi) qui constitue selon moi un parfait équilibre entre énergie et sensibilité pop, bref l'essence de la powerpop ! 


mardi 23 février 2016

Heaven 17: TB or not TB

Dans le dernier Trax, deux pages étaient consacrées à la mythique Roland TB303, l'un des instruments électroniques les plus fondateurs de la house et techno au même titre que les TR808/909. Produite entre 1982 et 1983 cette bassline à destination des guitaristes pour répéter (et produite en même temps que la TR606) fut un énorme échec commercial... Le son irréaliste, le séquenceur très particulier furent probablement les principales raisons de ce sabordage économique pour la marque culte japonaise. Pourtant, l'instrument après avoir fait le bonheur des soldeurs, se retrouva entre les mains de quelques mecs géniaux et désargentés de Chicago (Phuture: Herbert J, Spanky et bien sûr DJ Pierre) qui inventèrent l'Acid House ! Ce séquenceur mal-fichu (et ses capitales fonctions "slide" et "accent"), ce son résonant absolument démoniaque (merci le filtre très particulier de la bécane: un passe-bas avec une pente de 18 dB) furent alors les guides d'une résurrection spirituelle et psychédélique...

Si "Acid Tracks" est le morceau fondateur de l'Acid House ("I've lost control" de Sleezy D peut lui contester le titre!), beaucoup d'amateurs considèrent que "Ten Ragas To A Disco Beat" de Charanjit Singh comme peut-être l'exemple le plus probant de proto-acid house. Publié en 1982 selon la plupart des sources (discogs indique néanmoins 1983 ce qui aurait son importance comme on va le voir), c'est en tout cas une écoute intrigante  à défaut d'être si excitante que ça (désolé mais ça reste très kitsch non?). En tout cas, si la TB303 n'a pas marqué au départ la musique pop comme le Jupiter 8 ou la LinnDrum (qui étaient littéralement partout) je relève malgré tout quelques usages dans des tubes de l'époque, deux de 1982 me semblent particulièrement notables: "Rip it Up" d'Orange Juice et "Let me go" d'Heaven 17. J'aurais tendance qu'ils précèdent au niveau sortie "Ten Ragas" mais ils sont en revanche plus pop et classique dans leur usage du petit synthé de Roland (et donc techniquement moins proto-acid house !). Les écossais d'Orange Juice dégaine ainsi un de leurs plus grands singles avec une basse absolument fantastique programmée sur la petite boite argenté qui évoque curieusement "Chameleon" d'Herbie Hancock (qui n'a pas été programmé sur une TB303 évidemment). Autre usage dans un tube pop, les britanniques d'Heaven 17 et leur classique "let me go". Ce groupe fondé par deux ex-Human League (Martyn Ware et Craig Marsh) et Glenn Gregory au chant utilise ainsi la TB303 comme un gimmick tout au long du morceau, son usage s'apparente alors d'avantage à une séquence électronique comme pourrait en proposer Kraftwerk (une de leurs grandes influences même si ici déjà plus diluées que dans leurs premiers disques). Cet élément acide et presque menaçant tranche avec une production électronique soyeuse (pas si éloignée que ça d'ABC) et une composition qui une fois joué au piano pourrait tout à fait prétendre être un classique soul. Heaven 17 ont ainsi su trouver un équilibre entre pop et expérimentation en enregistrant ce classique absolu de la synth-pop. Enfin terminons ce petit texte sur les usages pop de la TB303 dans les années précédents la house en mentionnant l'incroyable "program for light"  de Section 25 (un groupe de Factory Records) de 1984: ce morceau sans être tout à fait de la techno (ou de la house) en prend dangereusement le chemin: instrumental, abstrait, mental et vrillé. Moins cité que "looking for the hilltop (megamix)" il est pourtant plus élégant et fin. N'hésitez pas à citer d'autres morceaux utilisant une TB303 dans ces années là (82-85) !

dimanche 21 février 2016

L'abbé Noel Colombier: Jerk la pierre

1968...le Printemps de Prague, les révoltes estudiantines en France, Amérique du Nord... et un abbé chante une ode à la tolérance face à l'adultère ! décidément une drôle d'année ! Il s'appelle Noël Colombier et est bien connu des milieux catholiques (plutôt progressistes) pour sa production musicale importante notamment dans les années 60/70 sur de nombreux labels spécialisés (Pastorale et Musique, Unidisc...). 

Cette année là, AZ, une maison de disque généraliste importante, publie ainsi un 4 titres du religieux, évoluant largement dans la chanson française comme le suggère "Merci Brassens". L'abbé y croque des personnages, les incitant à la tolérance et bienveillance. Les textes sont drôles et réussis à défaut d'être portés par une musique exceptionnellement dynamique...à une exception près, l'incroyable "jette la pierre" un jerk endiablé (hihi) où un orgue possédé (hihi) croise le fer avec guitares et flûtes. Aux manettes, nous ne sommes guère surpris de retrouver Bernard Gérard, un nom bien connu des amateurs de 60s pour sa participation à la magnifique BO de "Ne Nous Fâchons Pas" ("Rosbif Attack" etc.). Les disques catholiques français même s'ils n'ont pas la richesse des disques "Xian" (christian avec X pour cross) américains ou anglais (pas mal de disques de beat chrétiens!) réservent de très belles surprises d'une époque où le rapport entre séculier et religion était peut être moins tendu qu'aujourd'hui. J'aurais ainsi certainement l'occasion d'en évoquer d'autres de la même période... Pour ceux qui ne pourraient attendre la compilation Alleluia Garanti offre quelques pistes intéressantes et une bonne introduction aux saintes écritures pop !

    

vendredi 19 février 2016

Space: l'espace d'un instant

La French Touch des années 90 fut à bien y regarder une nouvelle vague de musique électronique façonnée en France. En effet, une vingtaine d'années plus tôt, la France découvrait le synthétiseur aux rythmes (plus ou moins) effrénés de Jean Michel Jarre, Space Art (à ne pas confondre avec), Space... Bien sûr les vrais savent l'importance d'Heldon, Richard Pinhas, Vidéo-Aventures et quelques autres mais ces derniers n'eurent pas le même succès populaire, ils ne marquèrent donc pas autant l'imaginaire collectif bien que leur rôle en terme d'expérimentation puisse s'assimiler à celui qu'eut le Velvet pour les punks: des gens qui donnent envie à d'autres gens de faire à leur tour de la musique.

L'électronique est un genre qui en France semble avoir été très tôt associé à la notion de futur, je ne sais pas si c'est autant généralisable ailleurs (ce n'est pas tellement le cas en Allemagne par exemple)... Space représenterait ainsi une vision optimiste naïve voir un brin kitsch de l'avenir quand Pinhas en serait une face plus sombre et déglinguée abreuvée à la Science Fiction "New Wave" de Norman Spinrad ou Michel Jeury. En tenues de cosmonautes anonymes (un look proche des Rockets) Didier Marouani (aka Ecama) et les autres membres de Space connaissent un énorme succès international avec leur single "Magic Fly" et l'album du même titre. Je ne goûte pas tous les morceaux, c'est souvent un brin trop "disco cheesy sexy" pour mes oreilles d'esthète snob mais certains morceaux un charme suranné et gardent une partie de leur aura notamment "Magic Fly", odyssée disco cosmique avec une ligne de basse morodoresque et des nappes plongées dans des tourbillons de phasers... L'espace d'un instant et pour le prix d'un café plongez dans le cosmos de votre enfance. Un programme peut-être déjà proposé par Rekal Inc !


mercredi 17 février 2016

Marc Aryan: n'est pas un bon à rien

Henry Markarian plus connu sous le nom de Marc Aryan (quel jeu de mot!) est un chanteur de variété des années 60-70 très populaire en France (particulièrement dans le nord semble-t-il) et en Belgique. Il s'y établit d'ailleurs là bas dès 1963 créant un studio dans lequel une partie du dernier LP de Marvin Gaye sera enregistré avec la contribution méconnue mais essentiel du Belge Freddy Cousaert figure incontournable des "Popcorn Oldies", ce cousin continental de la Northern Soul ! 

Revenons en à Marc: d'une famille d’immigrés arméniens mais de nationalité libanaise, il naquît à Valence et tenta de se lancer dans la chanson à 18 ans. Après de multiples refus de la part des éditeurs, il prît l'initiative de créer son propre label (Markal) au début des années 60 (vers 1963 probablement - wikipedia évoque 1969: cela semble faux car certaines références du label sont  plus anciennes). Il obtînt un succès considérable avec le slow "Katy" l'établissant définitivement dans le game de la variété. Sa voix très particulière entre orient et occident avec un trémolo chevrotant peut autant séduire que laisser circonspect, en revanche l'indépendance du bonhomme vis à vis du système est aussi admirable qu'intéressante pour nous. Marc Aryan a eu le bon goût de laisser ici et là des morceaux étonnants au delà du prisme de la variété pure et dure... La plus connue de ces chansons est certainement "Liberté" la face B du slow (assez difficile à écouter pour le rockeur que je suis) "La Lettre". Évoluant quelque part entre "Superstition" de Stevie Wonder (le riff de clavier et la rythmique en sont clairement inspirés) et "Venus" de Shocking Blue (citée dans la seconde partie), voilà une chouette face B de Marc Aryan à se mettre dans les esgourdes: il marque des points ! Vous pourriez être tentés d'imaginer qu'il s'agit de la seule intéressante du bonhomme (comme cela arrive si souvent en variété de ces années là honnêtement), ce n'est pas le cas (je vous laisse le plaisir de les découvrir), Marc Aryan n'est certainement pas un bon à rien !


mardi 16 février 2016

Monty: plus yeh yeh que yéyé

Jacques Bulostin est-il un trésor caché de la pop française sixties? Vous connaissez mon intérêt de longue date pour les disques de l'hexagone de cette période si particulière, pourtant je n'avais jamais réellement pris le temps d'écouter Monty...Son image de jeune premier renvoie immédiatement à celle de Frank Alamo temple de la niaiserie et toute l'horreur yéyé (quoi qu'on doit probablement pouvoir sauver une ou deux choses chez lui comme le "mods & rockeurs" de Sardouille). Pourtant Monty, à bien des égards, est un cas à part dans la pop française: il a la classe et des arrangements qui  tabassent. Il y a bien sûr pas mal d'adaptations (le lot de nombreux d'entre eux, avant que la classe 66 ne vienne foutre le dawa et redistribuer les cartes) mais elles balancent, ça joue ! L'intéressé a aussi écrit de super originaux d'ailleurs ("j'ai traversé l'enfer" et sa fuzz bien sentie)... 

Entre 1964 et 1966 chaque EP de Monty contient donc au moins un (très) bon morceau ("que me reste-t-il", "même si je suis fou"...), bonne nouvelle: ils sont courants et donc peu chers (à part "j'ai traversé l'enfer" bien que simple à trouver à moins de 10€ en réalité). Prenons par exemple "Un verre de Whisky" - un disque de 1964 que l'on voit assez régulièrement à quelques euros (0,5-1,2...) - il s'agit d'une excellente adaptation de "Can I Get a Witness" classique Motown écrit par les immenses Holland-Dozier-Holland et interprété avec une certaine sensualité par Marvin Gaye... Le petit français se défend très bien face à l'ancien boxer américain, plus nerveuse et jazzy sa version tient très bien la comparaison. Monty y est élégant et sobre, son vibrato pastel  y faisant des merveilles. Le répertoire rhythm and blues qu'explore Monty dans les premiers eps lui convient particulièrement bien, il évoque ainsi un croisement heureux entre Ray Charles, Dion et Georgie Fame. À ce difficile exercice du chant en Français Monty adapte avec ses mots, les fait sonner sans forcer ni chercher l'absolue fidélité à l'originale: une excellente stratégie. Bien que le reste de l'EP soit assez anodin, "Un verre de Whisky" est une excellente cover faisant honneur à l'original dont l'orgue plus proche de... "yeh yeh" que des yéyés ! Oserions nous dire que Monty est esthétiquement plus proche de la musique qu'écoutaient les mods que Dutronc?


lundi 3 août 2015

CRM007/008 - RPUT 1/2: The Young Sinclairs - Hurt My Pride EP / New Day SP

CRM007 / RPUT1
The Young Sinclairs
A1. Hurt My Pride
B1. Someone Like The Hawk 
B2. Nothin' To Say
45 Tours (7') / 300 exemplaires (200 noirs / 100 violets pochette alt.)  / 21 janvier 2013 (01/21/13)
SOLD OUT 
CRM008 / RPUT2
The Young Sinclairs
A. New Day
B. Turned Around
45 Tours (7') / 200 exemplaires / 21 janvier 2013 (01/21/13)
SOLD OUT 

Les deux 45 tours des Young Sinclairs marquent la première collaboration entre Croque Macadam et Requiem Pour Un Twister: les deux principaux auteurs (et frères dans la vie) du blog avaient maintenant chacun leur propre label, ils allaient réunir leur force au sein d'une même structure en mars 2014 (RPUT Disques qui chapeaute les deux labels).  
Ces deux disques sont une de nos plus grandes fiertés. Le groupe de Roanoke (Virginie, dans les montagnes) n'avaient rien sorti depuis près de trois ans (2010), nous pensions même qu'il avait splitté... En contactant Samuel (tête pensante du groupe, souvent seul ou avec son frère à l'enregistrement) pour acheter des disques il nous est venu l'idée un peu folle de lui demander s'il serait intéressé pour faire un disque avec nous, il répondit positivement, nous étions aux anges ! Rapidement ils nous avaient parvenir des titres inédits (dont la plupart a été publié dans les mois suivant notamment sur l'EP de Planting Seeds et la cassette single) et nous avons pu pioché dans les démos de Culled from the link qui n'avaient jamais été éditées sur un support physique ! Il y avait tant de matériel incroyable que nous avons assez vite pris la décision de partir sur deux 45 tours d'un coup ! 
Le premier s'ouvre sur un des meilleurs morceaux garage-rock des dernières années pour moi, dans la pure tradition du genre: Hurt My Pride, le pont est absolument sublime, le son est incroyable. Someone Like The Hawk est une pause folk-rock délicate, parfaite pour introduire l'autre tube de l'EP, le mortel Nothin' To Say (librement inspiré d'un morceau 60s, de mémoire les Guess Who). New Day ouvre le second disque, un très jolie morceau indie-pop à la guitare jangly qui évoque notamment les Church et toute l'école anglaise 80s (Razorcuts, Jasmine Minks etc.). Turned around complète le disque sur une touche plus powerpop et presque - osons le - Big Starienne, un très beau morceau.
Les 45 Tours se sont plutôt bien vendus, en moins d'un an nous avons écoulé les deux, depuis les Young Sinclairs ont sorti pas moins de trois 45 tours (et un morceau sur un split 45T avec... Triptides notamment) et un album, tous très bons évidemment, on adorerait pouvoir ressortir quelque chose de l'intéressé un jour, peut être dans une vibe plus pop et moins garage...qui sait ?

Ce n'est pas un mais deux singles des folk-rockeurs américains Young Sinclairs que publient en association deux jeunes labels français. Cinq morceaux répartis en deux disques, portés par une enchanteresse guitare 12 cordes qui évoquent les Byrds ("New Day", "Someone Like The Hawk") ou les groupes Paisley Underground ("Turned Around"). Tout simplement magnifique.
Rock and Folk (Mars 2013, numéro 547)

Thanks to the French labels Requiem Pour Un Twister & Croque Macadam there are two brand new singles from Lunsford’s Young Sinclairs.  Hurt My Pride is the single with attitude. It sounds like Lunsford has been listening to Love and Them. It’s full of spite, antipathy and of course tons of melody.  Second single New Day is softer sounding and jangles like early Church and REM. Perhaps it’s trying to heal the wounds inflicted by its mate.
I think if Lunsford ever really decided to go for it: tour like crazy,and  get a PR person that has friends at certain web sites. The Young Sinclairs would no longer just be this cool secret among pop geeks. For now file the them next to your Allah-Las, White Fence, People’s Temple and The See See records.
Finest Kiss (lien)




lundi 6 juillet 2015

CRM006: Superets - L'Amour EP (7)

CRM006
Superets
A. Préliminaire / L'Amour
B. Parachute
45 Tours (7') / 200 exemplaires / 22 octobre 2012 (10/22/12)
achat / buy

Sixième référence de Croque Macadam, les plus attentifs d'entre-vous noterons que la date officielle de sortie précède Bright Sky de Triptides. La raison en est simple: les deux disques ont été commandés (et reçus) en même temps et il a finalement été décidé d'éditer Superets en premier. Dans mes souvenirs le disque n'était pas tout à fait arrivé le 22 octobre d'ailleurs.
Ma rencontre avec les Superets (de mémoire cela devait être Léo et Hugo) s'est faite par l'entremise des Spadassins en quelque sorte. À l'époque les Spadassins étaient encore tous installés en Bretagne, ils étaient aussi très actifs dans l'excellente association Twist Komintern. Ils m'avaient ainsi invité deux fois à passer des disques au Sambre en compagnie d'Antoine. Je fus logé chez Thomas, lors de ma seconde venue, une after eu lieu à son appart', j'étais bourré, on écoutait les disques de Thomas ramené de son voyage américain et je fis la connaissance de ces deux loustiques tout à fait sympathiques. Ils me parlèrent de leur groupe, j'écoutais d'une oreille distraite entre suspicion (un réflexe quand quelqu'un veut me vendre son groupe) et curiosité (le français). Quelques temps plus tard je consultais les e-mails du blog et j'ouvris nonchalamment celui des Superets ce groupe que j'avais rencontré quelques semaines plus tôt à Rennes dans un état d'ébriété avancée. Dès les premières notes de la démo de L'Amour il se passa un truc. La longue introduction au synthétiseur (largement raccourci sur la version finale) plongeait l'auditeur dans une sorte d'attente par la suite récompensée par une déferlante twist électronique aux guitares surf (le fameux yéyétronique cher aux néo-bretons). Le morceau me plût tout de suite même s'il était différent de ce que j'avais sorti jusqu'ici. La démo de Parachute me laissa beaucoup plus sceptique et pourtant par la suite dans sa version finale elle est devenue mon morceau préféré du groupe je pense. Le groupe gagna un concours qui leur donna accès à un studio, le choix des morceaux s'arrêta sur ceux du single. Le rendu combla mes espérances, je dois avouer que j'aime un peu moins la version finale de L'Amour par rapport à la démo (j'adorais la longue introduction et la rythmique de la première) mais Parachute fut une véritable révélation: un putain de bon morceau, hyper ambitieux et original, presque trois ans plus tard il garde toute sa puissance évocatrice à mon sens. La pochette fut confié à Pauline Henric et on pressa 200 vinyles avec un macaron noir et blanc et un très beau vinyle blanc, il en reste une dizaine à choper. Depuis les Superets ont rejoint une autre écurie et ont sorti deux autres formats courts.

RIYL: La Femme, Beach Fossils, Dutronc, Patrick Coutin...

Ici, des Préliminaires instrumentaux précèdent L'amour (bien vu !). Ce premier tube du groupe est dansant et enthousiasmant. Sur une rythmique synthétique, qui peut faire penser à Devo ou Kas Product, entre autres, avec un bon fond rock. Le chant et l'esprit du truc me font penser par moments aux Civils de La crise et au Boris Vian de La complainte du progrès.
Le groupe a voulu profiter de ce premier disque pour montrer différentes facettes de sa production. Effectivement, en face B, Parachute est un autre bon titre, mais d'ambiance assez différente. On est plus dans une pop synthétique, un peu façon Orchestral Manoeuvres In The Dark...
Vivonzeureux (lien)

Groupe rennais, que l'on qualifie de yéyétronic. Superets auraient pu me gêner ou me rebuter. Mais l'ensemble est tellement dansant, pêchu, efficace, qu'il est difficile de résister. Un vrai coup de cœur que ce L'Amour, synth-pop à la française de fin d'année qui arrive, là, sans crier gare. Boum, tube.
I Left Without My Hat (lien)

En jetant un coup d’œil sur un autre très bon blog français, Requiem pour un Twister, on a découvert Superets, et sa pop légèrement excentrique. Ce groupe débarquant de Bretagne avec sa fraîcheur et sa légèreté a sorti quelques bons petits morceaux durant l’année 2012. En octobre, ils nous ont prouvé leur originalité avec leur EP L'amour / Parachute. Une bonne petite galette sur CroqMac!
Vocododo (lien)



CRM005: Triptides - Bright Sky / Darling (7)

CRM005
Triptides
A. Bright Sky
B. Darling
45 Tours (7') / 200 exemplaires / 26 novembre 2012 (11/26/12)
SOLD OUT

Un an après l'excellentissime Going Under (lien) extrait de leur premier album Psychic Summer, Triptides s'attela à enregistrer son successeur qui fut édité en 2012: Sun Pavilion. Si l'album est sorti chez Stroll On Records j'ai eu l'honneur de pouvoir sortir un des meilleurs morceaux du disque sous la forme de 45 tours, la géniale cavalcade Bright Sky. Pour éviter la redondance avec l'album nous décidâmes avec le groupe de proposer un inédit qui n'avait pas été retenu pour l'album. Darling, loin d'être un second choix, est un super morceaux ambiance pop pastel 50s rehaussée de doo wop et de cette charmante touche lo-fi. Le titre ne fut pas sélectionné pour l'album car il ne s'intégrait pas bien au rythme du disque.
Après quatre 45 tours à 500 copies, il fut décider de passer à un chiffre plus raisonnable (200), une excellente décision quand on constate que Bright Sky est enfin sold-out (depuis fin juin 2015) quand Going Under sorti presque un an avant est toujours disponible, cependant l'excellent premier simple pourrait lui aussi rejoindre assez rapidement Bright Sky. Signalons aussi la sublime pochette de Clément Buée (Agence Miracle), il a également réalisé celle du single de Cheap Riot (dont nous reparlerons bientôt).

RIYL: Real Estate, Beach Boys, Flying Nun Rcds, Buddy Holly, Surf music

"Bright Sky", brillant premier extrait du premier album physique de Triptides.
(Magic RPM)

L'inédit 'Darling' en face B promène son rythme plus lent, ses woo hoo et sa douceur langoureuse le long d'une plage sous le soleil couchant. Et ça fait du bien.
(Dans Le Mur du Son, lien)


CRM004: French Kissing - Wild Woman/ Love Is For (7)

CRM004
French Kissing
A. Wild Woman
AA. Love Is For
45 Tours (7') / 500 exemplaires / 19 Mars 2012 (03/19/12)
Achat / Buy


French Kissing est la quatrième sortie du label et seconde par un groupe étranger. Le point de départ de ce disque fut encore une fois une interview menée par mon frère sur ce même blog en mai 2010 (lien). Leur premier single (Oh Suzanne) était une petite bombe et reste à ce jour un de mes 45 tours favoris de ces dernières années, je le passe d'ailleurs encore régulièrement dans mes dj sets. 
Fin 2011 ou était-ce début 2012 ?Le groupe balance un e-mail, ils ont enregistré de nouveaux morceaux en compagnie de Rory Atwell (ex Test Icicles entre autres choses...) et cherchent un label pour les sortir... Une bouteille à la mer qui trouvera un destinataire: Croque Macadam.
On se met assez vite d'accord sur le deal, leur ami Danny Sangra conçoit la pochette, je m'occupe de faire masteriser le disque chez Mathieu Berthet, l'affaire est dans le sac ! Au niveau des choix des morceaux j'ai insisté pour avoir Wild Woman en face A, le groupe était plus partant pour Love Is For: on est tombé d'accord sur une double face A.
Trois ans et des poussières plus tard, ce simple a toujours très fière allure, que ce soit le garage entraînant de Wild Woman ou le plus cool Love Is For, l'été se prête particulièrement bien à ce deux titres mi-Black Lips mi-Buddy Holly. Les retours presse furent excellents malheureusement le groupe a depuis splitté laissant les autres titres de la session inédits: dommage, ils étaient tout aussi bien gaulés ! Une sortie à redécouvrir (et à mettre dans votre panier quand vous commanderez Azur) !

RIYL: Black Lips, Buddy Holly, Mujeres...

French Kissing, trio londonien qui pratique une pop ensoleillée gorgée de guitares surf, fait un sans-faute sur son premier single publié par un label français. À la spontanéité garage de "Wild Woman" succède l'évidence pop de "Love Is For". On adore. 
Rock & Folk (Septembre 2012)

Pop garage estivale rendant un hommage appuyé à nos spécificités amoureuses. Aux bons soins de Londoniens ne connaissant certainement du soleil que les lueurs blafardes de l'abat-jour. "Love Is For" la face B aura notre préférence pour son habile mix, brill building, girl-group et pop-surf soyeuse. Mais sur la seule question plastique "Wild Woman" l'emporte largement !
Abus Dangereux (Face 124)

Il y a un petit côté bande de mecs qui se lâche en été bien sympa et les ruptures dans le chant apportent une dynamique bienvenue. Bref, pas révolutionnaire (oui, c'est du garage...) mais diablement efficace au point de s'écouter en boucle même pour le non-fan.
Dans Le Mur du Son (lien)


 

lundi 15 juin 2015

Prince Moondog - Prince Moondog (2013/ 2015)

Lorsque nous avons démarré le blog en 2007 (!) il était surtout question d'oldies. Nous n'étions guère intéressés par les nouveautés. Progressivement cependant l'orientation de nos articles se fit d'avantage en faveur des nouveautés au point d'inverser le ratio. La découverte d'une scène actuelle excitante et aussi doué que les groupes du passé que nous écoutions fut une révélation. Nous avons éprouvé le besoin de défendre ces groupes, de les interviewer pour les faire connaître. Parmi nos premiers gros coup de cœur se trouvait Triptides. En août 2011 Étienne fit une de leurs premières interviews , dans la foulée en décembre 2011 je sortais le premier vinyle de Triptides, l'excellent single Going Under/Outlaw (toujours disponible si jamais vous ne l'auriez pas encore acheté !). En 2012, j'éditais un second single du groupe (Bright Sky/Darling, attention ce sont les derniers exemplaires). 
Mai 2013, Glenn et son pote Alex Barrett voyagent en Europe, passage par chez nous à Paris ! Ce sera l'occasion de deux showcases dantesques (un au Motel et l'autre à la maison). Alex et Glenn avait aussi monté un groupe ensemble: Prince Moondog. Également composé d'Alex Bulli (l'ancien manager de Triptides) et Josh Menashe (l'autre songwritter de Triptides). Plus heavy que Triptides (mais s'en rapprochant parfois pas mal) Prince Moondog se sépara le jour où ces membres quittèrent Bloomington. Ainsi Alex, l'originaire du Kentucky est monté à New York, les autres à Los Angeles. Le disque fut ainsi enregistré mais jamais édité faute d'un groupe pour le défendre en live. Dommage, quoiqu'un peu décousu c'est un super album dont le contenue aura autant les faveurs des rockeurs qui aiment quand ça balance (en cadence) que des poppeux trop subtiles pour être compris. Parmi mes morceaux favoris "Indoor MTN" "Pyramid Eyes" "Night Walking" l'enchainement "Anthony""Last Song" etc. Bref un beau disque qui aurait mérité une véritable sortie (et j'aurais aimé le sortir sincèrement mais c'est un projet trop casse-gueule pour se lancer dedans sans actualité du groupe) mais qui a le mérite d'être maintenant disponible sur le net. Notre histoire commune continue à ce jour puisque nous allons sortir un album de Triptides sur Requiem Pour Un Twister en juillet prochain ! D'ailleurs certains morceaux de ce disque ( les plus pop avec des boites à rythmes) ne sont pas sans rapport avec Azur...


lundi 3 novembre 2014

CRM003: Triptides - Going Under / Outlaw (7)

CRM003
Triptides
A. Going Under
B. Outlaw
45 Tours (7') / 500 exemplaires / 21 Décembre 2011 (12/21/11)
Achat / Buy

On continue d'explorer le back catalogue de Croque Macadam à travers la troisième référence du label éditée en décembre 2011. Triptides est un groupe découvert par l'intermédiaire d'une balade sur Hype Machine, tout de suite Étienne me fait écouter, enthousiasmé par sa trouvaille. Il me convertit très vite et il semble évident de devoir les interviewer pour le blog ! Et oui le label n'existait pas encore à l'été 2011 (enfin si, il était en gestation). Après l'interview et surtout l'édition des deux premières références, il a semblé évident qu'il fallait que je sorte ce groupe. 
C'était un 45 Tours des premières fois, pour moi première sortie d'un groupe étranger, pour eux premier vinyle ! Trois ans plus tard Going Under et Outlaw, les deux tubes de l'album Psychic Summer (que j'aimerai rééditer un jour) n'ont pas perdu de leur verve ni de leur magie. Ce sont toujours deux incroyables bombinettes pop absolument irrésistibles. Le son du vinyle (mastering de Mathieu Berthet) est parfait et rend justice à ces deux super chansons. Le tout est pressé sur un très beau vinyle blanc qui fait toujours ma fierté trois ans plus tard ! (AGF)

RIYL: Real Estate, Tennis, Beach Fossils, Shadows, Beach Boys etc.

Depuis quelques mois sévit avec discrétion Triptides, un groupe de l'Indiana tout à fait dans le vent, et encore mieux, avec de vrais bons morceaux dans son baluchon. Quelque part entre Real Estate pour la mélodie détendue du gland et les Beach Boys pour l'entrain repris en chœur, Going Under est par exemple la face A d'un single édité par le micro label de chez nous Croque Macadam. À sourire. (Magic RPM, morceau du jour)

Going Under pourrait très bien être un titre twee de 1986 accéléré et réorchestré par les Beach Boys alors que Outlaw semble vouloir flirter avec le garage, guitare et voix bien plus mâles à l'appui, mais sans jamais vouloir conclure. (Dans Le Mur Du Son)

Vous faire écouter des morceaux pareils en janvier, c’est cruel, vous ne trouvez pas ? Je ne sais pas quel temps il fait chez vous, mais ici c’est gris, froid, humide et triste. Les arbres nus sont secoués par un vent frigorifiant et je suis pas loin de me faire un chocolat chaud. Les Triptides sont un groupe américain qui ne vient pas de Californie, mais de l’Indiana. C’est typiquement une musique facile à décrire donc je vous laisse faire le boulot dans votre tête. Je ne cesse d’être surprise de continuer à apprécier ce genre d’indie-pop, avec ces petites phrases mélodiques déjà entendues – à peu de choses près – des centaines de fois sur des compilations de groupes n’ayant connu qu’un ou deux 45 tours à succès dans les années 60. C’est comme les fraises Tagada, c’est de la friandise, ça se mange sans réfléchir et ça s’abuse avec plaisir. (Le Choix)

Based in the small city of Bloomington, Glenn and Josh are playing a vintage surf rock music. Going Under and Outlaw could have been summer hits in 1967. Whatever, we are happy to warm up today thanks to them. (Vocododo)



jeudi 23 octobre 2014

CRM002: Les Spadassins - EP2 (7)

CRM002
Les Spadassins
A1. Verrine, tu m'assassines
A2. L'Effet que ça Fait
B1. All Your Secrets
B2. This Heart of Stone
45 Tours (7') / 500 exemplaires / 2 Décembre 2011 (12/02/11)
SOLD OUT 

La sortie de la première référence fut une révélation et l'envie d'éditer d'autres vinyles se fit vite sentir. Les Spadassins se révélèrent comme une évidence. Le groupe m'avait totalement emporté sur scène aux Combustibles, un morceau m'avait particulièrement marqué Verrine, tu m'assassines, les textes étaient géniaux, et trois ans plus tard je trouve encore que ce morceau aurait mérité encore mieux. Quand le groupe m'a proposé de sortir leur nouvel EP, je n'ai pas hésité une seule seconde dès que j'ai appris que Verrine en serait ! Le mastering des 4 titres fut confié à François Terrazzoni qui fit un boulot incroyable pour faire tenir les deux chansons sur la face française, on ne cachera pas que L'effet que ça fait fut un peu édité pour des questions de place ! La lacque fut ensuite transportée en métro depuis Parélie dans le XVème jusqu'au studio de Mathieu Berthet (situé à l'époque dans le XIème) pour être expédié au pressage. 
Le 4 titres synthétise tout l'art du groupe, on y trouve une balade rugueuse dans un style proche des Animals (This Heart of Stone), un morceau d'obédience Northern Soul (All your Secrets) et les deux tueries en français déjà mentionnées, entre Nino Ferrer et Booker and The MGs. (AGF)

RIYL: Nino Ferrer, Jacques Dutronc, 5 Gentlemen, Booker T and The MGs, Georgie Fame, Animals, Artwoods etc. 

It's all banged out with feeling and purpose. (Shindig)

Deuxième référence du label indépendant Croque Macadam à qui on souhaite tout le bonheur du monde, Les Spadassins découpent sur cet objet de haute qualité leur attaque sonique en deux temps, le premier en français sur la face A, le second en anglais sur une face B qui n'a rien d'une B-side de remplissage. Quality is here, sound too...Le côté potache des paroles des titres en français (Verrine, tu m'assassines...L'effet que ça fait...) est contrebalancé par une musique influencée dans le bon sens du terme par les défuntes sixties, orgue hammond et riffs de guitares en tête, sur un All your secrets qui rappelle les grandes heures de la soul, avec un air de Ben E. King notamment. (Bandsmachine)

Leur musique, groovy à souhait, s'imprègne efficacement dans le cerveau de l'auditeur, l'invitant à remuer simultanément et  frénétiquement les parties les plus géographiquement éloignées de son anatomie. Si les Spadassins revendiquent haut et fort leurs influences anglo-saxonnes, leurs compositions lorgnent aussi parfois du côté des grands noms de la pop française. Difficile d'écouter Verrine, tu m'assassines sans penser à Jacques Dutronc, avec lequel les Rennais partagent à la fois l'élégance et le sens de l'humour. (J'ai tout lu tout vu tout bu)

La banda muestra otra buena dosis de inspiraciones sesenteras; soul, swing, beat, matices de r&b y todo pasado por un barniz genuinamente francés heredero de Nino Ferrer o Les 5 Gentelmen.
Les Spadassins son ante todo divertidos, algo que tampoco es incompatible con sonar bien y en sus temas lo demuestran, algunos cantados en su idioma natal y otros en inglés. Merecen la pena sus dos trabajos. (Ritmo, Soul y Otros Modernismos)