vendredi 17 mai 2013

Aline - Regarde le Ciel (2013)

On l'attendait ce disque d'Aline, comme un cadeau de noël un peu en retard ou d'anniversaire en avance. On se l'imaginait déjà après ces différents EP qui nous avaient enchantés depuis 2010. Et puis il a débarqué en début d'année avec cette magnifique pochette ligne claire de Martin Etienne (déjà auteur de la couv' de Je bois et puis je danse).

La première impression est une légère déception, on connait au moins la moitié du tracklisting de l'album, bon point néanmoins: presque tous les morceaux ont été retravaillés ou mixés différemment. Il va falloir écouter ce disque un paquet de fois pour les détacher des EP et les associer avec cet album. Et cela fonctionne, écoute après écoute, on oublie que l'on connaissait ces morceaux avant, on se prend à les redécouvrir dans ce nouveau contexte, et tranquillement l'album fait son chemin dans notre cerveau. Aline est forte, l'ensemble aurait pu sonner redondant mais la force des chansons et de l'ensemble est tel qu'on finit par se faire avoir et laisser totalement imprégné. Une fois les doutes évaporé Aline peut appliquer le coup d'estocade, ces chansons indie-pop en français lyriques mais jamais pompières, raffinées mais jamais pompeuses. 

Il y a longtemps que nous attendions d'avoir des disques français de pop à défendre, à prendre à bras le corps pour les faire connaître, et voilà nos rêves deviennent réalité grâce à cette Aline. Regarde le Ciel dépasse les attentes, il surplombe le cahier des charges de toute sa hauteur, c'est une œuvre iconoclaste, s'inscrivant dans un genre pour mieux le bousculer. La forme plaira à des gens comme moi, une orgie de guitares ligne claire en arpège, une musique enjouée pour mieux faire passer sa mélancolie et ses états d'âme. Ce disque me ressemble, il parle de moi et des gens comme moi. "Je Bois et puis je danse" raconte ma vie, les textes de Romain sont toujours aussi réussi à la fois simples mais délicats, ne se fourvoyant jamais dans le name-dropping dont certains auteurs français se font une spécialité. La musique d'Aline a compris les Smiths, elle a compris la C86, elle a compris un tas de trucs et se sert de cette matière première pour créer un disque frais et incroyablement attachant. La production est parfaite, soignée ce qu'il faut sans passer trop de javel.

Aline est maline, sa musique a le potentiel de toucher beaucoup plus que les quelques fanatiques d'indie-pop qui fouillent les bacs des disquaires pour compléter leur collections de disques Sarah. Les chansons d'Aline peuvent parler à tout le monde, elles sont gracieuses, attrayantes mais jamais salopes, elles se dévoilent, sont à fleur de peau sans surjouer les émotions . Elles évitent les pièges de la facilité (ces refrains bras en l'air immondes) au profit de mélodies délicates et charmantes. Chansons pop parfaites, Romain a su trouver la façon juste de faire sonner le français, d'y intégrer de l'ardeur sans se laisser emporter par le pathos. 

On l'attendait ce disque, on a cru qu'on serait déçu et en fait Aline nous a bien eu, ils ont tout simplement sorti l'un des meilleurs disques de pop tout pays confondus de l'année. On va regarder le ciel avec Aline toute l'année, il va être difficile de déloger cet album de la platine.


mercredi 15 mai 2013

Peoples Temple - More for the Masses (2012)


Les fidèles lecteurs de RPUT connaissent notre affection pour les Peoples Temple, à l'époque du premier album , l'excellent Sons of Stone nous étions prêt à prêcher la bonne parole tels des dévots zélés, le torse bombé et solide comme un roc dont nous aurions étés nous aussi les enfants. Leur retour chez Hozac (toujours l'un des meilleurs labels indépendants en activité qu'on se le dise) nous plongea dans une excitation sans commune mesure avec la parution d'un nouveau clip des fienteux Fauve dont même les mouettes ne daignent s'éprendre. More for the Masses ne s'adressera probablement à la masse, à moins qu'il ne s'agisse d'une quelconque formule mystico-physique dont nous autres simples mortels ignorons la signification secrète. Les Peoples Temple ont-ils réussi le doublé ? ont-ils décidé de prendre Carlos comme modèle ? se sont-ils fait couper les cheveux ? Tant de questions que je me posais en déposant délicatement le saphir sur le sillon, je vous avouerai que toutes n'ont pas été résolues mais j'ai cependant trouvé quelques réponses dont ce texte se fera l'écho. 

Les Peoples Temple n'ont pas fait les choses à moitié et ont rempli jusqu'à la gueule cet LP de 14 chansons, et autant de raisons ou presque de se réjouir de leur retour même s'il faut bien le reconnaître le début a fait naître en nous un début de scepticisme bien vite dissipé. "More for the Masses" bombarde un riff de guitare malsain zigzaguant comme un derviche tourneur pris de convulsions. Petit soucis, une basse mixée très en avant vient nous foutre un peu le bourdon et nous détourner de ce premier morceau pourtant bien gaulé. On en viendrait à se demander si les Peoples Temple n'auraient pas fait appel à l'ingé son de Booba... On regrette ce parti-pris plus déplaisant qu'intrigant mais bon, les choses rentrent dans l'ordre rapidement, à moins que nos oreilles s'habituent très vite à la baston de basse. A l'écoute de la nouvelle livraison on remarque tout de suite que le groupe s'est quelque peu assagit, aux violentes déflagrations garagistes du premier LP les Peoples Temple ont préféré emprunter les chemins de traverse psychédéliques sans renier de leur nocivité. Nous n'y sommes pas perdants au change, le groupe évolue sans entrer en révolution, ils sont toujours aussi amateurs du 13th Floor Elevator et de son pernicieux leader le drogué Roky Balboa Erickson. Les lascars n'ont pas pour autant totalement rendu les armes à la faveur de quelques grammes de mauvaise herbe ou de champignons, ils sortent parfois les crocs comme sur les menaçants "looters game" ou "million to one".  Les Peoples Temple même s'ils se perdent parfois en circonvolutions ("texas revisited") font preuve d'une maîtrise éclatante au long de ce More for the Masses. Ils impressionnent quand ils sortent des larmes psychédéliques diaboliques comme la cavalcade "nevermore" le défoncé "restless" ou le bionique "(Dark dreams) Distant memories" qui clôt l'album comme le feront les robots avec l'humanité dans quelques siècles. 

Aussi imparfait que la première combustion, More for the Masses est un disque attachant et dégageant des volutes d'une fumée aussi putride qu’enivrante.  More for the Masses est au garage-psyché ce que les Pebbles sont à la Nuggets, un cousin un peu moche mais avec lequel on traîne souvent parce qu'il a du bon hasch et qu'il a toujours une anecdote étrange à raconter.

Maintenant si tu veux te payer un peu de bon temps achète la galette chez ton disquaire favori ou bien le site d'Hozac.





 

lundi 13 mai 2013

Youthbitch - Don't fuck this up (2012)


Youthbitch est un groupe de Portland, Don't Fuck This Up est leur premier album après une cassette. La pochette ne doit pas vous faire renoncer à l'écouter de cet excellent petit disque !

Le groupe pratique une powerpop assez musclée avec de sérieuses inflexions punk voir garage-rock. On pense à des formations comme Crusaders of Love, Sun Sick ou encore les excellents Cold Warps, ça plaira aussi aux adeptes du label Dirtnap (Bad Sports, White Wires, Exploding Hearts etc.) chez qui ils ont apparemment sorti un 45 ! Don't Fuck This Up enchaîne 11 titres à toute berzingue, des jets de guitares sortent de partout en soli dégoulinants avec ce qu'il faut de mauvais goût (c'est à dire un petit peu), les riffs sont bien gras et consistants, les mélodies entraînantes. La production est à l'os, un peu sale mais suffisamment convaincante pour ne pas vous rebuter d'envoyer ça dans vos esgourdes à plein volume (et si possible en vinyle comme le fait remarquer très justement le bandcamp). Le groupe enrobe sa hargne avec de la pop mais ne voyez pas dans ces Youthbitch des tendres, ils balancent plus d'énergie qu'une centrale nucléaire en surchauffe. 

Don't Fuck this Up est le genre de petit disque sur lequel on est heureux de tomber. Un plaisir simple, des types qui se réunissent pour balancer la purée avec les amplis à fond et jouent comme si leur vie en dépendait. Ce genre de disque qui ne paient pas de mine et que l'on se surprend à écouter plus que de raisons, beaucoup moins chiant il va s'en dire que les crottes prétentieuses de Fauve...


  

jeudi 2 mai 2013

Jacco Gardner - Cabinet Of Curiosities (2013)


L'érudition en musique peut à la fois être une mine d'or comme un fardeau dont il est difficile de se défaire. A force de convoquer les esprits lointains de brillants fantômes, à force de leur vouer une déférence indéfectible proche de la vénération, on finit par avoir à du mal à se singulariser, du mal à les transfigurer, du mal à les gérer. Aussi séduisant et gracieux, puisse-t-il être, le petit prodige Jacco Gardner fléchit sous le poids de ses références (s'il est encore nécessaire de les citer : Syd Barret, The Zombies, Sagittarius...) et sonne bien trop souvent comme un très joli et très talentueux pastiche de ses ainés. Il y a quelques choses de frustrant de voir un tel potentiel sauter la tête la première dans une telle collection de clichés, à ce titre le nom de l'album : Cabinet Of Curiosities frise le ridicule d'ailleurs.

Alors oui tout ça n'enlève rien au son incroyable de ce disque, au talent insolent du jardinier néerlandais, ni à ses formidables compositions, mais il y a quelque chose de frustrant dans cette attitude revivaliste, quelque chose qui tendrait à confirmer les thèses faisandées du retromania de Simon Reynolds, or nous les combattons avec férocité ici. J'ai désormais bien du mal à être aussi enthousiaste que je n'avais pu l'être après les singles. Il y avait pourtant un petit truc en plus sur A House On The Moon, la B-side de Clear The Air, un truc un peu bricolo, qu'on ne retrouve malheureusement jamais sur l'album.

Vu son succès, on trouve le disque partout et c'est sorti chez Trouble In Mind (US) / Excelsior (NL).


Jacco Gardner - Lullaby

mardi 30 avril 2013

Homeshake - The Homeshake Tape (2013)



Soirée loose, binouse coupée à l'eau, décuvage pénible ? Toi tu n'as pas envie de t'envoyer un gros garage survolté non ? Bon pour toutes ces situations et bien d'autres encore (une nouvelle herbe à consumer ?), j'ai un truc vraiment bien à te proposer : Homeshake. Ce qui est drôle avec Montréal, c'est que malgré quelques groupes francophones intéressants (aux hasards ceux dont on a parlé dans notre dossier Conjuguons La Pop), la scène de ces impurs d'anglophones est presque plus vivifiante, et ça fait chier de l'admettre. Il faut dire que notre Mac préféré (non, pas le McChicken) a entrainé avec lui ses potes dont fait parti Peter Sagar, également connu sous le nom d' Homeshake. C'est donc pas un hasard du tout si cette formidable tape sonne comme du Demarco, déjà parce qu'il joue dessus, ensuite parce qu'on y retrouve cette même passion pour un pop groovy et chaloupée, pour le funk des mecs nés avec pas assez de mélanine. Sauf que chez Homeshake, on s'en fout de faire danser les minettes du premier rang ou de le faire craquer avec nos dents du bonheur, on chante la mélancolie et à l'exception de peut-être de Moon Woman, pas de tubes en vue sur cette cassette. Pourtant le manque de single potentiel n'enlève en rien son charme et je vous conseille de vous jeter dessus, parce que c'est un des meilleurs trucs que j'ai écouté en 2013 et c'est suffisamment rare pour le faire remarquer.

C'est sorti et ça se trouve chez Fixture Records.


vendredi 26 avril 2013

Warm Soda - Someone for You (2013)

Matthew Melton nous avait brisés le cœur en annonçant la séparation de Bare Wires ce groupe boogie-glam-garage super cool en live, mais à peine le temps de souffler il revient déjà avec un nouveau groupe les biens nommés Warm Soda.

La pochette ainsi que la description annonce la couleur ! Someone for You sera un disque de pop aux accents powerpop, glam et garage, étonnamment on y entend même parfois de l'indie-rock soit une mixture pas si éloignée que ça de formations comme Mother's Children ou King Tuff. Si certains vont regretter le rock poilu de Bare Wires, ce projet de Melton met mon cœur en émoi en balançant des chansons pop aussi évidentes que spontanées.

Violent Blue ouvre les hostilités, on remarque d'office la production voulue par Melton. Le son est brut et direct, très peu d'overdub, une rythmique assez martiale, une basse mixée assez devant, et des guitares style micros double-bobinage. Le ton est donné mais le meilleur reste à venir, et pas besoin d'attendre bien longtemps, le morceau titre en deuxième position dégaine l'artillerie lourde et fait figure d'un des gros tubes potentiels de ce disque. Sur Someone for you Melton nous pond la meilleure chanson des Strokes depuis des années, celle que nous rêverions qu'ils fassent au lieu de nous balancer des albums avec des pochettes moches. Dans un monde idéal cette chanson serait un tube, une fois entendu impossible de ne pas se repasser dix fois le morceau, on se sent pris d'un rush d'euphorie, on perd dix ou quinze ans d'un coup et on retrouve nos premiers émois adolescents. D'un coup plus rien d'autres ne compte et on est happé par cette putain de chanson pop aussi simple et directe que réussie. Le titre tient sur rien, un riff de guitare simple mais géniale, quelques accents de voix glam à la Milk N Cookies et nous voilà accroc. Melton trouve le moyen de refaire le coup deux-trois morceaux plus tard à la fin de la face A avec le tout aussi incroyable Waiting for your call. Impossible de ne pas succomber au gimmick de guitare sur le refrain et au petit "oho" de circonstance. Vous ne pouvez pas savoir à quel point j'ai envie de passer ce morceau en soirée et voir comment les gens vont réagir. J'imagine que ça peut donner un truc cool, c'est tellement immédiat, simple et en même temps Melton trouve le moyen de doser cela avec le bon équilibre pour que la sauce prenne. Il y a des groupes qui cherchent le tube et veulent le provoquer à grand coups d'effet de manche, et puis il y a des Melton qui semble les trouver sans l'avoir réellement voulu, avec Warm Soda tout semble aisé et couler de source, c'est très fort.

La face B n'est pas portée par deux tubes de la trempe de Someone for you et Waiting for your call mais propose 6 titres d'excellente facture et peut être plus conforme avec ce que l'on attendrait d'un groupe se revendiquant glam et powerpop. A vrai dire cette face est globalement un peu meilleure que la première, les titres s'enchainent parfaitement et Warm Soda arrive encore à nous surprendre avec quelques très belles réussites. Diamond Ring envoie la sauce à fond, 1m23 pour faire le débile sur un titre glam bien nerveux. Only in your Mind renoue avec les racines powerpop de Milk n Cookies et The Quick, au moins pour les inclinaisons précieuses mais salaces de la voix de Melton. Busy Lizzy est peut être un peu moins évidente que les tubes de la face A mais bon nombre de groupes actuels de powerpop en ferait l'un des temps forts de leur set. Le disque se ferme sur deux excellentes chansons, les super Sour Grapes et Lola. Le solo de Lola est grandiose de dégoulinant il conclue le disque avec panache nous laissant aussi vidé qu'heureux d'avoir pris dans la gueule ces douze chansons.

Le premier album de Warm Soda va en laisser un certain nombre sceptique, mais il peut aussi servir la cause powerpop et plus généralement la pop à guitare. A-t-on entendu en 2013 de chansons pop aussi réussies et immédiates que waiting for your call ou someone for you ? Bon je retourne les écouter une bonne dizaine de fois avant de m'en aller affronter les métros parisiens le sourire aux lèvres et l'esprit léger. On peut espérer de belles choses du coté de la powerpop pour 2013 (Virals, The Cry!, Crusaders of Love, Cold Warps etc.) !











dimanche 14 avril 2013

Virals - Strange Fruit EP (2013)

Virals a déjà eu les honneurs de figurer dans les colonnes de RPUT à travers un excellent single paru l'année dernière chez le label SEXBEAT et acheté à la période du RSD à la boutique Rough Trade éphémère.Strange Fruit EP nouveau 4 titres (en 7 pouces) sort chez Zoo Music (label géré notamment par Dee Dee des Dum Dum Girls et son amoureux dans Crocodiles) et on est toujours aussi fan de la musique de l'intéressé !

Pour ceux qui avaient suivi les précédentes productions de l'intéressé pas de révolution annoncée. Virals reste définitivement une sorte de rejeton de Teenage Fanclub et Pavement. Des premiers il garde les mélodies pop, les petites harmonies marmonnées, les guitares aussi lumineuses que crasseuses. Des seconds il prend l'attitude slacker et le goût pour la production bancale lo-fi (mais malgré tout puissante et rentre dans le bide). On pense évidemment à quelques formations actuelles qui remettent à l'honneur les 90s comme Yuck, Paws, et surtout la pop musclée de Big Troubles sur son dernier album. 

Les 4 titres ont tous des potentiels de face A mais deux morceaux émergent en particulier et sonnent comme des putains de tubes powerpop passée à la moulinette 2013. "Heartbreaker" illumine totalement la face A, une superbe composition pop avec des mélodies de guitares à tomber, et un refrain qui malgré son évidence n'a rien de convenu. "Lola" n'est pas la petite amie de Ray Davies mais un autre magnifique tube powerpop, un morceau enjoué et brillant. Même si les deux autres titres ne sont pas aussi accrocheurs ils n'en restent pas moins de premier choix et presque aussi excitants, ils feraient déjà un très solide single mis ensemble.

Soyons fou ! Faisons de Virals un chouchou pour 2013. Prenons nous à rêver ! Et si la powerpop faisait un retour inespéré dans le cœur des amateurs de musique ? Et si Teenage Fanclub devenait aussi cool que Joy Division dans la presse spécialisée ? Du fantasme peut être, mais avec des disques comme ça , on se prend au jeux et on se dit qu'un tel avenir et possible, il y a en tout cas la bande son qui va avec. Des chansons aussi fraîches qu'excitantes, qui du rock prennent la puissance et de la pop ses fulgurances mélodiques.





vendredi 12 avril 2013

Maston - Shadows (2013)

On parle beaucoup ces temps-ci du petit génie Jacco Gardner dont le premier album convoque avec beaucoup d'aisance le spectre de la pop psychédélique anglaise d'un Syd Barrett, de Tomorrow et de bien d'autres fantômes des compilations popsike. Cependant un de ses collègues de label (Trouble in Mind, dont le catalogue est souvent remarquable et régulièrement mentionné ici) m'impressionne d'avantage, l'américain Maston.  

Frank Maston était inconnu de nos services avant Shadows, le disque nous a pris par surprise. Sa pochette est sobre mais invite à une certaine rêverie, elle accompagne parfaitement la musique inspirée de l'américain. On trouve chez Maston des airs de pop californienne baroque 60s, du Beach Boys ou du Smoke, mais aussi des accents de western spaghettis mis en son par Ennio Morriconne (des discrètes guitares surf, des mandolines etc.). Mentionnons aussi des appels du pieds sous acide à la production de Phil Spector. Loin d'être une course à la plus jolie citation Maston construit à partir de cette matière première qu'il sculpte comme de l'argile un disque élégant et intrigant.

En moins de 30 minutes dont trois instrumentaux (le morceau d'ouverture "Strange Rituals" et la doublette "King Conrad" et "Flutter") Maston développe un univers aussi attirant que mystérieux. Les arrangements sont délicats et obliques, ils portent les chansons sans jamais les noyer dans le pathos. Les mélodies, les voix semblent s'échapper d'un rêve (à moins qu'il ne s'agisse d'un cauchemar). Elles s'insinuent dans le cerveau et à travers le sang remonte jusqu'à l'âme. Si les morceaux étaient initialement sorti sous la forme d'EP ensemble ils prennent une signification nouvelle construisant une cathédrale sonore comme mélodique dont la tour émerge du brouillard ambiant. 

Maston signe avec Shadows un album fascinant au parfum d'inconnu. Si l'américain convoque nombre de spectres et références intouchables, il arrive à en extraire une matière sonore inédite et terriblement excitante. Ne passez pas à coté du plus beau disque de pop ouvragée de ce début d'année.



mercredi 10 avril 2013

Regal - Misery, Redemption and Love (2012)

Regal on avait adoré leur premier album ici même, on les avait même interviewés pour l'occasion, l'annonce d'un second album chez le très recommandé label Azbin Records était une excellente nouvelle, on a enfin pu l'écouter.

Misery Redemption and Love creuse le sillon de Possible Endings, les français continue de mélanger avec bonheur le garage-rock crasseux des Black Lips avec une certaine idée de la country et du folk. Chez Regal tout cela sonne avec beaucoup de naturel, et met en valeur un songwriting bien plus fin qu'il n'y parait. Bien sûr le groupe ne néglige jamais son background "punk" avec des morceaux puissants et enlevés, la première face démarre sur un "scarcity" bien arrache-gueule, "MHD" enfonce le couteau dans la plaie tandis "Young & Reckless" avec sa guitare enjouée rappelle les meilleures heures des excellents Goodnight Loving.  Les lyonnais savent aussi baisser le tempo et signer des balades de cowboys solitaires perdus dans les rues désertes d'une grande ville. On se laisse porter par l'onde rassurante du magnifique "river road" titre folk/country sublime et terriblement sincère. "Sorrow" est une autre grande chanson, les chœurs du refrain emporte l'âme loin des rivages de la terre. Sur "Unveiled" Regal tente un truc, une construction presque psychédélique, voir prog ou kraut (enfin vous voyez l'idée?) mais mâtinée du son Regal (garage/country), le résultat est une agréable surprise, ce titre conclue de très belle manière un disque au moins aussi réussi que leur premier.

Regal, on ne le répétera jamais assez est une des plus belles formations de garage-rock en France, leurs disques sont vraiment parmi les meilleurs productions du genre, peut être parce que leur sensibilité folk/country est assez unique dans le paysage musicale français. Elle rapprocherait Regal de formations nord-américains comme les géniaux Reigning Sound ou les très bons Indian Wars. Misery Redemption and Love est un disque varié alternant entre violence maitrisée, énergie punk, et passages d’accalmies. La force de Regal réside peut être dans cet équilibre et leur capacité à être pertinents dans tous ces registres. 

On peut acheter le disque sur bandcamp.


jeudi 4 avril 2013

Forever Pavot - EP (2013)

Forever Pavot, derrière cet étrange nom se cache Émile (également membre d' Arun Tazieff) un musicien seul armé de ses machines et instruments de musique. Initialement paru sur un 45 Tours très limité (à 50 copies), Frantic (Combomatix etc.) , label fondé à La Rochelle mais installé à Bruxelles réédite l'EP agrémenté de deux nouveaux morceaux dans une édition à trois cent exemplaires.

Le 45 tours s'ouvre sur des percussions baignées dans la reverb', une grosse fuzz liquéfie le cerveau pendant que des chœurs dans une langue inconnue (ou disons non-identifiable) contribue à plonger l'auditeur dans une cérémonie occulte psychédélique. On s'imagine en Peter Fonda prenant un acide dans The Trip. 
Palestine est une sorte de drone autour de synthétiseurs analogiques. Sur une note légèrement modulé par l'oscillation Émile construit une mélodie simple mais intrigante, le fond sonore par touche contribue à napper ces 1 minute et 38 secondes d'un halo de mystère. J'imaginerais assez bien ce morceau dans un giallo ou une série B d'horreur.  

Le Pénitent le Passe fonctionne autour d'un clavecin et une guitare fuzz agrémentés de quelques phrases de guitares passées à la bande inversée. L'ambiance a quelque chose du thème du Messager de Michel Legrand.
On termine sur Sable Mouvant, peut être mon morceau préféré des 4. On retrouve l'ambiance noire et malsaine déjà à l’œuvre dans Christophe Colomb, le mellotron est sublime, la rythmique bancale évoque le premier 45 de Jacco Gardner tandis que la basse au médiator pourrait être  dans une production chatoyante pop française des 60s et 70s (Gainsbourg en tête).

Ce premier EP est un disque intrigant et très addictif. Chaque écoute révèle des détails de production. Les 4 titres sont une fenêtre sur l'imaginaire, ils évoquent de prestigieux travaux sans jamais les pasticher ou en devenir de trop tributaires. Le travail sur le son est exemplaire, à la fois versé dans le vintage mais avec une approche tout à fait contemporaine. L'usage des voix est également intéressant, elles deviennent matière sonore, se fondant dans l'instrumentation, contribuant à cette ambiance nébuleuse très réussie.



achat sur Frantic City (également via Bandcamp) et chez votre disquaire favori !


mercredi 27 mars 2013

Howlin' Banana Records: 60 Second Swingers et Travel Check

Howlin' Banana est un nom bien connu des parisiens puisque Tom organise dans nos contrées moult excellents concerts dans des lieux comme la Mécanique Ondulatoire ou l'Espace B (à ce propos ne loupez pas la venue du Kid et les Marinellis le 16 avril du coté de Bastille). Il s'est lancé dans l'aventure label en balançant un puis deux 45 tours depuis mai 2012. Comme vous le savez ici on est particulièrement adeptes du format et on est très heureux que des labels s'y risquent encore malgré les potentiels très maigres bénéfices que ce support permet d'envisager... La sortie récente de la seconde référence était une parfaite occasion de revenir sur la discographie de ce nouveau label trop cool.

On attaque avec la première référence, les 60 Second Swingers. Ces français ont enregistrés du coté de Toulouse chez le mythique producteur Lo' Spider (Magnetix, Weekends, ou encore le récent EP de Shady and the Vamp etc.). Il s'agit de leur seconde référence après un premier disque chez Fuzz Overdose. 

Les 60SS proposent un garage-rock option revival avec orgue farfisa et guitare fuzz à bloc. Sauvages et crasseux à souhait on imagine aisément les intéressés en première partie des Fuzztones ou sur le catalogue de labels comme Voxx, Midnight Records ou Get Hip Recordings. Lonely and Blue en face A est un tempo moyen mais bien rentre dedans, en B la reprise de Little Phil and the Night Shadows accélère le rythme et complète parfaitement la A.  




Après les 60SS Howlin Banana Rcds revient avec un second 45 tours, des franciliens de Travel Check. Il s'agit de leur première sortie physique après quelques eps digitaux. La pochette est faite maison (ça sent le collage / découpage à la main héhé) mais l'artwork manque d'un peu de charme à mon goût (en tout cas je suis pas trop adepte de l'effet appliqué sur la photo), heureusement la musique elle vaut le détour !

La face A comprend deux morceaux nerveux plutôt bien gaulés avec une petite préférence pour le second "sunday on my mind". La vraie bonne surprise se trouve en face B avec l'excellent "tripping waves". Le morceau est particulièrement bien maitrisé, une sorte de midtempo / balade cramée au psychédélisme avec une ambiance un peu terreuse. Une belle réussite qui justifie à elle seule l'achat de ce 45 tours !

Tom aurait pas mal d'autres projets dans les tuyaux et on a hâte d'entendre ça hein ?
En attendant soutenez les labels indépendants et achetez leurs disques chez les disquaires (Born Bad, Pop Culture etc.) ou en ligne ! 



 

lundi 18 mars 2013

Shady and the Vamp - As we told you earliers (2013)

On n'a pas souvent l'occasion d'évoquer les groupes alpins dans ces pages, il faut dire que l'on ne connait pas si bien que ça la scène suisse, on sait qu'il y a eu quelques groupes dans les 60s franchement cool (comme les Sauterelles), et puis du post-punk aussi, mais en groupes actuels ? On est donc très heureux de pouvoir vous parler de ce 10 pouces de Shady and the Vamp sorti sur Moi J'Connais et deuxième référence du groupe après un 45 Tours. 

En 7 titres les suisses balancent un garage sale et sauvage qui n'est pas sans évoquer les Black Lips ou des groupes français comme les excellents Regal (d'ailleurs je crois que les deux groupes ont joué ensemble). Certains titres virent très punk mais Shady and the Vamp savent aussi ralentir le tempo et proposer des trucs un peu plus calmes, comme une excellente reprise du classique des Rokes (devenu célèbre par la version anglaise "let's live for today" des Grass Roots) "piangi con me" ou le très réussi countrysant "i'm kickin' you out". 

Le disque est magnifique (une sérigraphie) et le contenu vraiment cool, donc je crois que ça peut justifier un prix un peu élevé du 10' (payé le prix d'un LP). Une excellente occasion de constater que les suisses peuvent exceller dans d'autres domaines que la banque, les montres et le chocolat.






 

mercredi 13 mars 2013

The Young Sinclairs - Interview


Comme vous le savez, nous venons de sortir deux 45 tours des Young Sinclairs, qui étaient depuis plusieurs années, un de nos groupes préférés. Plutôt calmes depuis 2 ans, ils nous paraissaient incroyable que ce groupe n'ait pas plus d'impact, d'autant que le succès de groupes comme The See See, Foxygen, Beachwood Sparks ou Allah-Las laisse entendre qu'il y a vraiment une place pour le son jangly sixties à la cool. Nous sommes donc particulièrement fier d'inaugurer notre label avec cette formidable formation américaine.
Au lieu de vous faire du langage promotionnel à la con, nous avons préféré interviewer l'homme à l'origine de tout ça : Sam Lunsford.

Can you introduce The Young Sinclairs project ?
The Young Sinclairs project started in 2005 when me and two of my best friends, John Thompson and Daniel Cundiff, all started renting a warehouse space together.  We moved all of the musical instruments and rudimentary recording gear we owned at the time into the space and began making some kind of noise every day.  Eventually I started writing and recording all these songs inspired by The Velvet Underground, Spacemen 3, The Stooges, The Jesus & Mary Chain, The Byrds, Rolling Stones, etc. and that's what ended up becoming The Young Sinclairs project.

Who are exactly The Young Sinclairs ? You and some friends ?
The Young Sinclairs started out as me, John Thompson and Daniel Cundiff.  They are two of my best friends.  I met John around 2003 and through him I met Daniel around 2004.  They both grew up together in Franklin County, Virginia and are really tight bros.  We later added Sean Poff on guitar - I went to school with him and John worked with him at the time.  We also added Jay Wilson on tambourine and percussion - I had worked with him at a record store and he also played music in another part of the same warehouse we were in.  Later we briefly added a keyboard player, John Lindsay - his family and my family have known each other for years and a few of us worked with him at a movie theatre around the time he joined.  He was replaced by Jonathan Coward, a dear friend who I was rooming with at the time.  After a while he moved to Richmond and he was replaced by Jonathan Woods, a mutual friend of all ours who played in another band, Sad Cobras, with Daniel. At present, we don't have a keyboard player any more. Currently my older brother Joe Lunsford plays drums now and Kyle Harris plays bass. 


You also have tons of other musical project (solo, other bands...) maybe you could introduce us to some of them ?
Being that I am fortunate enough to be proficient on many different instruments, I have always played in a plethora of bands.  Right now besides The Young Sinclairs I play fiddle, banjo, guitar and harmonica in a group called Rootstone Jug Band - we play early American roots music: old-time music, jug band music, and Piedmont blues.  We play some original compositions, and obscure tunes we learned off of old 78 R.P.M. records and field recordings.  I also play guitar and sing in a band called The Funk Cousins (No Relation), we play funky R&B and jazz, we've got a monster keyboardist and some amazing horn players.  I also currently play drums in a group called Cinematheque - we play instrumental music with live video projections, mostly inspired by surf and exotica records, Western movies and horror flicks.  I also do have a solo album that I just released - singer-songwriter stuff I guess - and I play the occasional solo gig here and there.  I am hoping to do more of that, actually.  It's a lot of fun.  I'm also an avid DJ, MC, and beatmaker that performs and records under the moniker of Joneski.  I have been DJ'ing and making Hip-Hop music since 1998, around the time I was in 8th grade.  Being a multi-instrumentalist and a record collector, I have always had a deep love for any kind of good music - whatever the genre. 

 Can you tell us more about the magic twig community and all your Roanoke friends ?
 The Magic Twig Community was comprised of about 10 people that, in different combinations, made up the personnel for bands such as The Young Sinclairs, Sad Cobras, Boys Lie, SuNKING!, Power Animals, The Missionaries, Yeah Propeller and many others.  It was basically just a bunch of friends that all shared the same practice space and all performed and recorded music together.  It was kind of like a gang.  We all came together in about 2006.  Since then we kind of scattered to a degree - we're all still making music but not as incestuously and intimately as we once did in our "salad days".  Some people have drifted.  Some people are in their own world, a world seperate from Magic Twig.  It's hard to sustain a "commune" of any kind over a prolonged period of time.  Ask anyone who lived in the 60's and 70's.


What is the Mystic Fortress ?
It's our personal analogue recording studio that we have been operating since 2005.  From the moment John, Daniel, and I got a warehouse space together we immediately started making recordings with Radio Shack mics and Tascam Portastudios.  From that seed has grown a full-fledged professional quality hit factory.  In late 2005 my older brother Joe Lunsford, who has been recording music since the 90's, brought in his reel-to-reel tape machine, some decent microphones and a tube preamp that he built himself.  From there we just kept acquiring more gear and upgrading our facilites with Joe's help.  All of The Young Sinclairs' recordings have been made there.  Artists such as Reading Rainbow (note: now called Bleeding Rainbow), Inter Arma, Eternal Summers, Super Vacations, The Bastards Of Fate, and Joe Jack Talcum have all recorded there as well.  The studio has moved a couple of times since its inception, but we have maintained basically the same kind of set-up and approach to recording over the span of 8 years.

How did you get in contact with the Brian Jonestown Massacre ?
Around 2006 or 2007 we sent some of our music to a band called Sunsplit in Philadelphia, members of whom also play in a band called The Asteroid #4.  They loved it.  We were in contact with them for a while and in 2009 they asked if we could take their place on the bill opening for Australian band The Lovetones who were touring the States.  Rob Campanella, long-time BJM member, was playing guitar with The Lovetones for the tour so we got in touch with him and ended up opening the shows.  Then in 2010 Rob called me kind of out of the blue and left me a message saying to get in touch with him.  I spoke with him and he asked if The Young Sinclairs would be able to open for The Brian Jonestown Massacre for a portion of their 2010 summer tour.  We played 4 shows with them to sold-out crowds and it was amazing.

Can you tell us a bit the story of this tour with them ? it must be something right ?
No crazy stories of brawls and hard drugs, fortunately.  They're all super nice guys - everyone got along and the music was a great fit.  No antics to speak of, really.  At the first show we played with them in Boston, Anton became very fascinated with our keyboardist's Korg synth and came up during our soundcheck and was fiddling with it.  He said he used to have one like it but it had been stolen, and he was showing us all these weird sounds on it.  They played great every night and vibes were good.  Anton had a couple temper tantrums onstage.  Whatever it was that pissed him off, they always ended up forgetting it and carrying on with the set.


Tell us more about the songs on the singles we released ?
"Hurt My Pride" is actually a pretty old Sinclairs song.  I wrote it and recorded a very raw version of it in 2005.  Though it was never on a proper album and we actuallynever played it live in those days.  "Someone Like The Hawk" is a tune that John Thompson recorded on cassette 4-track.  It was just an instrumental, but I really liked it so I added vocals and 12-String Rickenbacker to it.  "The Hawk" was the nickname of this guy David Wolinski who played in the band Shadows Of Knight - he was apparently a gifted multi-instrumentalist.  "Nothin' To Say" is about people that are closed up, people that don't dance and don't know how to have fun - specifically at concerts.  The recording on the 7-inch version is pretty raw, it'll probably be re-recorded for an upcoming album.  "New Day" is obviously inspired by one of Australia's greatest bands of all time: The Church.  Lyrically it is about touring and traveling with my buddies.

How do you decide a song you wrote is for The Young Sinclairs or your solo project or anything other ?
Well it used to be that pretty much any song I wrote on guitar was for The Young Sinclairs - but now I sometimes do save things for my solo project, and I can't really explain the process behind that.  Songs just come from thin air sometimes and I just try and get them down, then figure out where they should go after the fact. 

I know you got some quite good supports since the released of the singles, did you have some new propositions since then ?
Yes, we are currently talking to the people from Ample Play records [ndr : Beat Mark, Paperhead, The Sufis, Sudden Death Of Stars...] in the U.K. - it's the guys from the band Cornershop's label.  We may be releasing an LP with them - keep your fingers crossed, kiddies.

Are you thinking about going on tour again with The Young Sinclairs ?
Most definitely.  It's hard when people in your band have jobs, girlfriends, etc. but we're going to make it work - even if we have to hire some mercenary musician friends to pull it off.  It'll definitely happen, no matter what - and we'll try our hardest to get everyone from our current lineup on board.

How did you went into the sixties kind of sound ?
Me and my brother Joe got into it pretty heavy around 2001 or so.  We found this website called "60's Alternative Jukebox" that had streaming audio of all these more obscure 60's singles and stuff.  That was the first place we heard The Brogues, The Seeds, The Standells, The Sonics, etc. and it totally blew our minds.  Since then we have been crazy about that era of music and drawn so much inspiration from it.  It truly was a special time in the history of recorded sound that will never quite be the same.  Being a fan of punk music, and just real raw rock & roll music in general since a very young age - it was a total revelation to hear all these records from '65 - '67 and find that some of them were much cruder, raunchier and more powerful than any so-called "punk", "metal", or "hardcore" music I'd ever heard.


What are your main influences for the Young Sinclairs project ? and more generally ?
Neil Young, Nickelodeon in the 90's, bossa nova music, jazz music, The Ramones, ninja movies, comic books, American Indians, India Indians, The Byrds, 12-string guitars, tube amps, reverb, fuzz, Echo & The Bunnymen, total darkness, blinding light, The Seeds, Adam West-era Batman soundtrack music, Brian Jonestown Massacre, Nintendo games, Phil Spector, The Church, the occult, the supernatural, women, men, animals, nature, the elements, fruits, vegetables, herbs, Star Wars, The Who, a billion random 60's bands from billions of 60's comps, Hip Hop music & culture, sampling, graffiti, DJ'ing, Television Personalities, 80's horror flicks, The Jam, The Band, Bob Dylan, The Kinks, The Beatles, Rolling Stones, Yardbirds, blah blah blah  

How do you produce your songs ? Do you use vintage hardware ?
We use tube preamps and vintage gear.  We've been collecting instruments and gear for years and we all have amassed a pretty decent assortment of equipment.  We like the old stuff, the funkier the better.  My brother built a lot of our equipment actually.  He built our bass amp, a couple of guitar amps, our tube preamps, our reverb unit, our mixing desk, the list goes on!  We do all kinds of things to make the music sound interesting.   We run microphones through amps or pedals, place mic's in corridors and halls, and generally just do all kinds of weird things.  Happy accidents a lot of the time!





  • Hurt  My Pride EP (7") is available in two version.
    The mailorder only version on solid purple wax with an alternative cover, limited to 120 copies worldwide
    The classic black version limited to 200 copies worldwide
  • New Day / Turned Around (7") is limited to 200 copies worldwide on black wax. 

Find the records here / Vous pouvez acheter les disques des Young Sinclairs sur :
but also Pop Culture (Paris), Born Bad (Paris), Radio City Discos (Madrid) and more to come.

The records has been supported so far by : Little Steven Underground Garage Radioshow, Styrofoam Drone, Finest Kiss, Rock & Folk Magazine, Action Time & Vision, Record Turnover...

Vous êtes une boutique de disque / you own a record shop / Tienes una tienda de disco :
For wholesale prices send us a message at requiempouruntwister at gmail dot com

vendredi 8 mars 2013

The Barbaras - 2006-2008 (2012)

Goner réédite depuis quelques temps pas mal de disques de la galaxie Jay Reatard. Après l'album des Lost Sounds voici une compilation de morceaux (inédits pour la plupart) des Barbaras, un autre groupe de Memphis dans lequel apparait les deux gaziers qui accompagnait Jay sur scène ainsi que des futurs membres des Magic Kids. Ces morceaux ont même été sauvés sur le disque dur du musicien disparu trop tôt.

2006-2008 en tant que compilation n'a bien sûr pas le même flux qu'un album conçu comme tel, le son est parfois un peu trop saturé (par exemple sur annual botanical) on sent le coté démo  mais cet ensemble a tout de même de la gueule. 2006-2008 constitue une très belle surprise, un plaisir à coté duquel il serait dommage de passer en particulier si vous êtes fan du dernier album de Jay Reatard. 

Les Barbaras proposent une pop débraillée un peu punk un peu bubblegum. Les trois quarts des morceaux passent sous la barre des trois minutes , certains même moins de deux minutes, cette concision colle parfaitement à l'esprit du disque. On va à l'essentiel mais on n'oublie pas la fantaisie. Les arrangements font preuve d'une subtilité peu courante dans ce genre de disque même si évidemment il ne faut pas s'attendre à du Jacco Gardner ! La force de 2006-2008 est un songwritting de vraiment bonne tenue et même franchement tubesque à quelques occasions. Superball est une bombinette sucrée géniale, tout comme flow, deux morceaux qui collent aux dents des heures. 

2006-2008 est un disque spontané, bordélique, charmant et attachant. Les Barbaras auraient peut être mérités une reconnaissance de leur vivant mais cette compilation de démos fait honneur à leur musique, et constitue un génial témoignage à coté duquel il serait dommage de passer si on est un peu sensible à la pop énergique et bancale. 

Le site de Goner Records.



mercredi 6 mars 2013

The Pop - Down on the Boulevard EP (1977)

The Pop est une formation powerpop de Los Angeles. En 1977 sort leur premier disque, un EP édité par le fanzine Back Door Man. Dans la foulée le groupe sortira deux albums et un EP (chez Back Door Man puis Arista puis Rhino). 

Down on the Boulevard est un de mes titres de powerpop favoris, car si le groupe ne pratique pas systématiquement ce genre musical (ce serait un peu réducteur) la chanson tire à l'essence du genre. Il y a un riff de guitare un peu lourd et frondeur, une voix plus mélodieuse et un refrain ultra-pop. Down on the Boulevard est un morceau mémorable, il fait écho à In the street des brillants Big Star, groupe que The Pop! appréciait particulièrement, à tel point qu'ils suggéreront aux Bangles de reprendre September Gurls (ce qu'elles feront sur leur second album).  

Si la discographie de The Pop! est un peu inégale (il faut surtout écouter le premier LP je pense), Down on the Boulevard est une grosse étoile dans la constellation powerpop, un morceau qui incarne ce que j'aime dans la powerpop: l'énergie, aller de l'avant, les belles mélodies pop.


The Pop - Down On The Boulevard