mercredi 28 septembre 2011

Les Guillotines - 45 tours (2011)

En Mars dernier j'assistais (en partie) à l'enregistrement et au mixage de 4 titres des Guillotines dans les studios de La Féline à Pantin. Je suis depuis pas mal de temps (un an et demis) le groupe. J'avais des années l'envie de sortir un disque vinyle, comme tout le monde j'imagine, et cette occasion était idéale. On a choisi ensemble deux titres de la session sur les 4, un au tempo medium et un morceau plus rapide et en juillet 2011 j'ai fait masteriser ces morceaux. Fin août j'ai reçu les disques, et la semaine dernière j'ai commencé à les placer dans des magasins (Pop Culture, Born Bad et d'autres à venir). J'espère évidemment que je rentrerais dans mes frais, je commence ces jours-ci à en parler, on verra ce que ça donnera!

L'Aube en face A est donc le titre au tempo moyen, Yves assure la voix principale ainsi que les soli. En B l'Absinthe est un titre plus nerveux sur lequel Alex chante, les textes sont aussi plus direct. Moi qui suis d'habitude très bavard sur les comparaisons avec d'autres groupes je sèche un peu pour une fois, j'aurais tendance à penser aux Coronados, à cause de la filiation "garage en français", mais on m'a parlé de Crystal Stilts ou Gamine, enfin je vous laisse apprécier la chose et vous faire votre propre idée, j'espère en tout cas que ça vous plaira.

Les Guillotines - l'absinthe (CRM001B) by Croque Macadam

achat: Bandcamp / Hands & Arms
boutique: Born Bad, Pop Culture, The Rev
site internet label

lundi 26 septembre 2011

123Mrk - Noname EP (2011)



Il est rarissime que nous parlions de musique électronique ici, cela vous semble peut-être surprenant mais avant d'être des amateurs pointus de rock, nous sommes, aussi bien Alex que moi, des grands défenseurs des musiques électroniques. Voici donc mon coup de coeur de l'été, dont je n'arrive pas à me défaire depuis plusieurs semaines... et il est FRANÇAIS. 123MRK, Arthur de son prénom, marseillais (personne n'est parfait) vient de sortir, un sublime EP de Bass Music élégante et racée. Bien que je déteste ce terme, ce disque a quelque de chose de « post » dubstep, voilà notre b-boy marseillais qui marche avec assurance dans les pas de gens comme Fantastic Mr Fox ou Mount Kimbie (en plus dancefloor), et il n'est vraiment pas loin d'en atteindre le niveau, c'est dire la qualité du disque. Parlons-en justement. 

La grande force du disque (digital pour l'instant mais réjouissez-vous, le vinyle devrait arrivé cet automne, AMEN) est qu'il décrit avec évidence le style de 123Mrk, tout commence par une nappe, quelques accords délicieux, enfin un disque de bass music qui aligne au moins trois accords dans chaque morceau (amateurs de pop, cela vous semble quasi une évidence, mais en électronique, c'est loin d'être la règle) -une vraie musicalité rarissime dans ce domaine- mais aussi des samples de voix illettrés, chose qui souvent m'irrite, mais utilisé ici comme un instrument ou une ponctuation plutôt que pour masquer le manque d'idées (et dieu sait qu'il en a des idées). Mais le garçon ne gagne pas en musicalité ce qu'il perd en effet dancefloor, le morceau titre Noname et Invisible Colors sont des vraies bombasses pour faire shaker le booty des minettes grâce à des basses rondelettes et des beats saccadés, on sent les influences UK Garage et UK Funky qui pointent. Mais les deux morceaux qui me rendent le plus fou restent Pleasure (le plus Mount Kimb-esque) et surtout Unrest, putain quel morceau mes amis... Claviers découpés en petits morceaux, beat funky à souhait et des accords épiques qui se termine en petites notes de piano en arpège, on sent ici toutes la maitrise de la production de 123Mrk, un vrai grand morceau de dubstep.

Ce disque me fait tellement forte impression, que je le considère déjà comme la meilleur sortie de dubstep faite par un Français, de tout les temps, loin devant même celles de nos producteurs les plus talentueux comme Von D, F ou Likhan et loin devant les miennes (jaloux, je suis). Ce 123Mrk a des grands jours devant lui, et je ne serais pas du tout surpris de le voir faire dans les prochains mois des signatures prestigieuses (mec, si tu me lis, tu as essayé d'approcher de Black Acre ?). 


Pour l'instant ça se télécharge sur le bandcamp du label Infinite Machine, mais une sortie est prévue en vinyle (viiiiiiiiiiiiiiiite, j'ai envie de l'écouter dans ma chambre sur mon soundsystem badass !).

Retrouvez 123Mrk sur Facebook et Soundcloud.


123Mrk - Unrest [Infinite Machine 004] by 123Mrk

123Mrk - Noname [Infinite Machine IM004] by 123Mrk

samedi 24 septembre 2011

The Nashville Ramblers - the Trains (1986)

Les Nashvilles Ramblers sont un groupe de San Diego encore en activité occasionnellement. Formés de Carl Rusk (Mystery Machine), Tom Ward (Gravedigger V) et Ron Silva (Crawdaddys) ils n'enregistrent qu'une poignée de titres dont deux seulement seront publiés à l'époque sur une compilation "mod" anglaise. Ugly Things répare aujourd'hui cette injustice en sortant un 45 tours du groupe comprenant l'un des deux titres (the trains) ainsi qu'un inédit des mêmes sessions (une reprise des Golliwogs, le groupe pré-CCR).

The Trains est une super chanson, elle évoque aisément des groupes merseybeat comme les Beatles ou les Searchers, le solo de guitare est remarquable et apporte une petite touche Byrds (on pense à celui de I feel a whole lot better). Le titre plus qu'un pastiche ou un hommage est une vraie perle pop premier degrés et on ne peut que remercier les mecs de chez UT de donner accès à ce petit trésor caché sous format vinyle, alors qu'il n'était jusqu'ici dispo (en dehors de la sortie originale) qu'en cd sur une compilation Bomp (roots of powerpop) et la children of nuggets de Rhino. Achetez-le et demandez à UT de faire le même traitement à Mystery Machine un autre groupe de Carl Rusk qui mérite également d'être remis en lumière. Vous trouverez aussi plus d'info sur ce groupe dans le dernier numéro de Shindig, celui avec Left Banke en couv' (ça fait deux bonnes raisons de le lire).

Nashville Ramblers - the Trains

jeudi 22 septembre 2011

The Rantouls - In the Village of Rantoul (2010)

Dans la famille Fevers, je demande les Rantouls! Après Skipper ou Fever B, un autre groupe avec un membre des Fevers (qui sont encore en activité - merci au commentaire à ce sujet!). Musicalement c'est pas sans rapport avec le groupe powerpop, mais je trouve que ça ressemble encore d'avantage à Eric and the Happy Thoughts ou Cave Weddings, en gros de la pop bubblegum jouée comme du garage, très sucrée mais quand même suffisamment nerveux et aigre-doux pour ne pas faire une crise de foie. De toute façon vous pourrez bientôt plus en faire vue qu'on va peut être taxer le sucre, alors vous avez intérêt à vous faire des orgies de guimauve! J'aurais du mal à vous dire que the village of rantoul est un disque décisif ou indispensable, mais la pochette est trop cool, le nom du disque aussi. Cette collection de pop songs régressives sans être fondamentale s'avère être tout à fait réjouissante, et ça me suffit amplement pour vous recommander ce disque donc.

Chocolat Covered Records

The Rantouls - tell you bout love

lundi 19 septembre 2011

2 nouveaux 45 tours chez Slumberland: Veronica Falls & Big Troubles

Slumberland, un de nos labels fétiches sort en même temps deux singles de groupes dont les albums devraient arrivé avant la fin de l'année: Veronica Falls et Big Troubles. Le label US n'arrête pas de sortir de bons disques, et même si le le Pains of Being Pure at Heart m'a pas spécialement emballé 2011 est déjà une excellente année avec de très belles sorties comme les albums de Girls Names ou Crystal Stilts.

Veronica Falls on les adore, on vous les a mentionnés pas mal de fois (ici ou ici), et Etienne a également eu l'occasion de les interviewer pour Sound of Violence l'année dernière. Le groupe est installé à Londres, composé de deux filles et deux garçons dont certains ont joué pour Royal We ou encore Sexy Kids (un seul single, mais il est très bien). La formation a déjà joué plusieurs fois à Paris, la dernière il y a quelques jours à peine en première partie de The Drums au Nouveau Casino. Le groupe est pour le moment peu connu dans nos contrées malgré des sorties sur un label prestigieux (Captured Tracks) et donc cette signature chez le meilleur label d'indie-pop actuel: Slumberland. Je n'y avais pas pensé avant d'avoir beaucoup écouté leur album, mais je rapprocherai bien le son de Veronica Falls de celui de Girls Names et pourquoi pas aussi Crystal Stilts, les deux groupes sont mentionnés d'ailleurs dans l'interview et avec le recul je saisis pourquoi. Ces trois groupes sont différents mais ont une approche commune, ils font une musique résolument pop mais avec sa part d'ombre, le son fait autant appel à l'indie pop 80s (C86, pop noisy Shoegaze...) qu'au garage rock 60s (voir le surf pour les guitares twangy) tout en restant très contemporain. J'attends beaucoup de ce premier album de Veronica Falls et je pense qu'il sera super, ce nouveau single "bad feeling" est en tout cas très prometteur, et au moins aussi réussi que leur second beachy head.

Veronica Falls - Bad Feeling by Slumberland Records

achat:
Hands & Arms / Slumberland


Je ne sais pas grand chose à propos des américains de Big Troubles, Etienne pourrait vous en dire plus, car quand il a vu que j'avais acheté le single il les connaissait, enfin peu importe ... En tout cas ces américains qui ont semble-t-il autoproduit leur précédent disque ont eu l'excellente idée d'aller voir Mitch Easter pour leur produire leur album, ce mec est presque un dieu pour moi, enfin j'exagère, mais je suis très fan de son style de production, un des plus remarquables de l'indie (power / jangle / southern ...) pop des 80s et un peu plus (il a aussi bossé avec Pavement). Son CV derrière les manettes est impressionnant (REM, Someloves, Velvet Crush, Windbreakers...) mais Mitch Easter est aussi une figure musicale avec son excellent groupe Let's Active, enfin je m'égare un peu, d'autant plus que je compte parler de tout cela en détail dans un article que je prépare dans la série "histoire de la powerpop" que j'essaie de faire aboutir. En tout cas ce "sad girls" est une excellente introduction au groupe, les guitares sont comme j'aime et la chanson est excellente, encore un album que j'ai donc l'intention de me procurer à sa sortie chez mon disquaire.

Big Troubles - Sad Girls by Slumberland Records

achat:
Slumberland

mercredi 14 septembre 2011

MMOSS - i (2010 / 2011 ?)

I de MMOSS est plus ou moins sorti l'année dernière, en fait le disque était initialement paru en cassette et suite à son succès dans ce format, Burger en collaboration avec Wild Honey ont décidé de l'éditer sous forme de 33 tours avec une nouvelle pochette. Burger j'en parle très très souvent ici, ce label figure parmi mes favoris aujourd'hui, ces mecs m'étonnent à chaque sortie, et sortent vraiment beaucoup de super albums , en tout cas un tas que j'ai envi d'avoir... Ils ont des eps ou albums inédits de Beat Mark, Thee Makeout Party et bien d'autres! Wild Honey est un label italien, je connais moins leur catalogue, mais ils ont sorti le dernier LP des Midwest Beat dont j'avais beaucoup aimé le premier disque, j'ai d'ailleurs acheter I de MMOSS en commandant l'album en question (et je pense en reparler bientôt).

I est un des disques les plus psychédéliques que j'ai pu entendre cette année aux cotés du dernier Oh Sees ou du premier (excellent) album des Sudden Death of Stars, les MMOSS sont allés dans le trip à fond et (ab)usent des ficelles du genre, parfois d'ailleurs un peu trop à mon goût. Je trouve que I a de très beaux moments mais se perd parfois dans des digressions inutiles nuisant au propos général. L'affaire démarre très bien, les premiers titres sont excellents, on tombe tout de suite sous le charme vaudeville-kinks de la très jolie "molly molasses" ou le plus garagy "hedge creeper", mais après ça se complique quand arrive les titres frôlant les 6 minutes et plus , là personnellement je décroche un peu et pose le diamant plus loin. Ce n'est pas l'idée de faire des titres longs qui me gène, après tout je trouve que ça apporte une dimension supplémentaire au dernier Woods, mais là ça me semble un peu gratuit et allant nulle part, ou disons que j'arrive pas à rentrer dedans et me laisser emporter ... Ce disque force parfois un peu trop sur les trucs pour sonner psyché quitte à y perdre en originalité. Il vire tout simplement trop au patchouli comme ce "make it well" sur lequel on verrait bien des lutins défoncés aux champignon danser frénétiquement à la lumière d'un feu de camps crépitant à toute vitesse. Je suis trop pop et amateur de concision pour aimer ces divagations en roue libre surtout quand j'ai l'impression que le voyage se rapproche plus de la route de campagne que d'une expédition au sommet de l'Annapurna, alors j'ai surtout envi de zapper ces titres trop longs.

I me laisse une impression mitigée, parfois je le trouve trop scolaire ou disons trop proche de s'évaporer dans l’encens mais j'y décèle aussi un vrai talent pour des mélodies à faire décoller le cerveau du crâne. MMOSS ont de l'idée, il y a de très bonnes choses sur ce disque plutôt réussi mais quelques passages superflus et gratuits m'empêche de totalement adhérer, ils sont malheureusement un peu trop nombreux pour que je puisse arriver à ne me concentrer que sur ce qui me fait vibrer, ces 6-7 titres très réussis placés pour la plupart sur la face A. Hier j'ai offert à une amie le premier Rain Parade, un de mes disques favoris, et je pense que les californiens ont réussi ce que ce disque aurait pu faire: la réappropriation et le prolongement du psychédélisme.

MMOSS - molly molasses



WILD HONEY / BURGER RECORDS

lundi 12 septembre 2011

Utopia - deface the music (1980)

Todd Rundgren a une carrière riche que je ne fais qu'effleurer pour le moment. Il démarre dans les 60s au sein des Nazz dont le succès sera modéré. Au début des 70s il se lance dans une carrière solo et obtient un premier gros succès avec "hello it's me" une chanson ... qui existait déjà du temps de son précédent groupe! A coté de ses nombreux disques solo il monte aussi Utopia, je ne suis pas sûr de savoir pourquoi, en tout cas je crois que l'orientation globale de ce groupe est plus progressive que les disques sous son nom. Il est aussi un producteur demandé et a travaillé par exemple avec Badfinger ou XTC. Aujourd'hui on s'intéresse à un de ses disques sous le nom d'Utopia, Deface the Music, sorti en 1980.

Deface the Music n'a pas bonne presse chez les fans de prog, normal c'est une récréation pop dans le pure style Beatles. La couverture donne le ton, Todd Rundgren et ses acolytes s'amusent à récréer / pasticher le son du plus célèbre groupe de Liverpool, et toutes les périodes y passent... Un petit air de "Eleanor Rigby" par là ("life goes on") ou de "I am the Walrus" ici ("everybody else is wrong") Deface the Music parcourt le répertoire des fab four de 63 à 67 avec une certaine réussite. Le son est bien celui de 1980 (les synthés sur "life goes on" par exemple) mais il est tempéré par la volonté d'Utopia de s'approcher de l'esprit merseybeat, à mes oreilles ça sonne bien sur la longueur. L'ensemble est une sucrerie des plus plaisantes, c'est sûr que ça frôle l'exercice de style, mais les chansons sont excellentes et peuvent être appréciées pour elles mêmes plutôt que les titres qu'elles peuvent parfois évoquées. On pense aux Ruttles, mais le projet d'Utopia est plus premier degrés. Cet album se rapproche aussi des Dukes of Stratosphear (en moins fin peut être) et bien entendu d'ELO directement mentionné dans le titre (Deface The Music fait référence bien entendu au Face the Music du groupe de Jeff Lynne).

Évidemment il faut être fan de ce que j'appelle des "beatles-like" ces morceaux qui ressemblent à s'y méprendre aux 4 de Liverpool, je suis assez client de la chose mais je comprends aussi que certains puissent trouver l'imitation gênante. On peut en tout cas apprécier Deface The Music pour ce qu'il est: un très chouette disque de pop, fait avec goûts (bonnes chansons, bien interprétées, production plutôt cool) sans chercher plus loin ou trop se prendre la tête.

Utopia - Hoi Poloi

mercredi 7 septembre 2011

Thee Oh Sees - Castlemania (2011)

Dans la prolifique scène de Frisco je demande les Oh Sees, on avait pas encore évoqué ce groupe, plutôt étonnant quand on connait leur rythme de sorties effréné : deux albums cette année. Le premier Castlemania est sorti il y a quelque mois, à peu près au même moment qu'une compilation de singles et un peu avant leur projet flexi discs... Le suivant est déjà prévu pour octobre! Bref ils arrêtent pas et trouvent en plus le moyen de tourner un peu partout, pour un peu on aurait presque du mal à les suivre... Ils suivent ceci dit la logique de leurs potes comme les Fresh & Onlys.

J'ai tendance à abuser de cette formule, mais on se pose toujours la qualité de la qualité quand il y a une telle quantité, et dans l'ensemble les Oh Sees lèvent assez bien les doutes que nous pourrions avoir face à un groupe qui sort autant de musique. Castlemania est un très beau cru, il demande du temps à être approché, c'est un disque assez rêche et sa longueur (16 titres: trois faces de vinyles, sur la dernière il y a un dessin!) est un obstacle pour bien l'appréhender. Une fois que l'on est dedans par contre on y découvre un groupe capables de fulgurances. Il faut être capables de faire le tri entre certaines demi-idées et vrais réalisations mais il y a de la matière, de la vie, de la folie, or la musique actuelle en manque parfois et ces mecs (et il y a une nana) n'en font qu'à leur tête. Ils arrivent à rendre un truc d'obédience 60s (on pense au garage rock, aussi à Syd Barrett, l'acild folk barré, le psychédélisme déviant...) sacrément excitent et contemporain. Ils sont forts, intelligents et ont décidé de ne pas jouer les règles "normales" des groupes comme celle qui consiste à attendre deux ans entre les albums...avec eux c'est un flux continu de musique souvent réussie. Évidemment il y a toujours ce coté bancal et à l'arrache mais dans une période qui valorise à ce point là un son uniforme et surpuissant sans un pet de travers, c'est réjouissant et tellement frais. J'ai oublié de vous dire que la dernière face était constituée de reprises plutôt réussie en particulièrement une vachement bien des Creation.

Alors oui il y a trop de morceaux pas assez aboutis pour faire de Castlemania un sérieux classique mais voici tout de même un disque qui donne envi de croire que l'on vit définitivement quelque chose en matière de musique ces temps-ci , c'est frondeur , courageux, en roue libre et sans filet, on retrouve un peu du danger qui faisait le sel du rock n roll des origines.

IN THE RED

Thee Oh Sees - aa warm breeze

samedi 27 août 2011

The Quick - Mondo Deco (1976)

The Quick sont une formation de Los Angeles de la fin des années 70. D'abord connu sous le nom de Young Republicans ils optent sur la suggestion de leur manager (nul autre que Kim Fowley!) pour le plus accrocheur Quick. En mai 76 ils enregistrent avec cette figure de LA (qui a monté les Runaways rappelons le) une démo 10 titres qui attire l'attention de Mercury (compilée sur Untold Stories). Dans la foulée sort, toujours en 1976, "Mondo Deco". Il est produit par Earle Mankey ex-Sparks (il faisait parti avec son frère du line up original du groupe avant que celui ci n'aille s'installer en Angleterre) devenu producteur notamment par la suite des Three O Clock, Long Ryders, 20/20, Paley Brothers, Dickies, the Pop... L'album n'obtient pas un succès à la hauteur des espoirs du label, peut être que le timing n'était pas bon et le disque trop en avance... Une démo pour Elektra est enregistrée mais sans aboutir sur un contrat, trois morceaux de cette session seront sauvés de l'obscurité pour un single à petit tirage avec en face A "pretty please me" repris par leurs potes des Dickies et plus tard Redd Kross. Après la séparation du groupe le chanteur Danny Wilde forme Great Buildings et obtient finalement du succès avec les Rembrandts au début des 90s grâce au générique de la série Friends. Steven Hufsteters fonde les Cruzados (aucune idée de comment ça sonne) et enfin Danny Benair devient batteur pour les Three O Clock pendant leur meilleure période (l'album Sixteen Tambourines etc.).

Cette bio permet d'un peu situer les Quick dans l'univers de la (power) pop de LA de la fin des 70s, scène presque précurseur du son Paisley Underground comme en témoigne de nombreuses connexions, mais rien ne laisse imaginer comment sonne Mondo Deco. Ce disque est généralement considéré comme de la power pop et en un sens ce n'est pas faux car les Quick ont été à l'école pop 60s (Beatles, Who, Move) mais pour autant ils ne sont absolument pas comme ces groupes peut être parce qu'ils ont aussi du écouter Sparks à coté. L'album s'ouvre sur "it won't be long", oui c'est une reprise du classique des Beatles. Sur le papier ce choix a de quoi surprendre, c'est hyper casse gueule d'ouvrir un album sur une reprise et qui plus est d'un morceau aussi connu. C'est mal connaître les Quick, la reprise dynamite l'original en règle et ne sonne pas du tout comme un hommage ampoulé, les américains lui font subir un traitement esthétique de choc sans non plus tuer la chanson , d'entrée de jeux ça fixe les choses. La suite est à la hauteur, les titres originaux signés du guitariste Steven Hufsteters sont remarquables, capable à la fois de sonner comme des hymnes tout en gardant des petites touches de folie et de délicatesse dans les arrangements. Il faut par exemple écoute la délicieuse "hi-lo", ça sonne comme un tube, la voix sous helium de Danny Wilde semble sorti de nulle part, tandis que ces compères le soutiennent dans des chœurs aux vagues réminiscences classiques. Les claviers appuient sur le baroque quand les guitares se font mordantes, comme si l'on décidait de mélanger une chanson de Left Banke et The Who et la faire jouer par un groupe de glam précieux. La production tout au long du disque est superbe mais Earle Mankey a eu un taff relativement simple car à l'écoute des démo une bonne partie du génie du disque s'y trouve déjà notamment ces claviers virevoltants et légers comme l'air, il a eu en tout cas le mérite de ne pas dénaturer le groupe et apporter de délicates trouvailles sonores comme les voix inversées sur "hi-lo" . L'album est presque un sans faute, certes l'autre reprise n'est pas aussi top ("rag doll"), "anybody" est un peu pataud (ce titre ne figurait pas sur la démo 10 titres) mais c'est un faible tribut face à des petits bijoux de pop comme "hillary" "no no girl" ou l'odyssée "purgatory years".

Je me doute que ce disque ne plaira pas à tout le monde car il a un coté maniéré et théâtrale mais à coté de ça il a des qualités rares, celle d'arriver à concilier l'énergie avec des arrangements originaux et d'excellentes factures, en un sens c'est injuste qu'il n'ait pas marché à sa sortie mais au fond ils étaient peut être trop en avance pour 1976. Même maintenant il reste difficile d'étiqueter ce disque qui a réussi malgré ses 35 ans a gardé beaucoup de sa fraîcheur et de sa légèreté.

The Quick - hi lo


L'album a été réédité en vinyle par Radio Heartbeat Records

mercredi 24 août 2011

The Fevers - love alway wins (2004)

Les Fevers sont une formation américaine (de San Diego si j'ai bien suivi) auteur de deux albums chez Alien Snatch (Wheels on Fire, Love Boat, Vermillion Sands etc.), le dernier en date en 2004. Je ne sais pas s'ils sont séparés ou non, c'est pas tout à fait clair, en tout cas l'un des membres (Brian) joue également dans Skipper (un ep sur Bachelor, un single chez Chocolat Covered Records...) et a sorti un super ep en "solo" sous le nom de Fever B chez les toujours très fiables Burger Records (Pizazz, Jaill, Beat Mark etc.).

Love Always Wins, le second album du groupe est un des meilleurs disques de powerpop des années 2000. Il est vrai que cette décennie (ainsi que celle qui commence) n'est pas forcément un âge d'or pour le genre (quand même pas mal de bons disques) mais les Fevers maîtrisent leur sujet sans jamais tomber dans le pastiche ou la parodie. En 12 morceaux les californiens balancent un vrai plaidoyer pour le genre: des riffs mémorables, un son gras ce qu'il faut (c-a-d plus que du garage), des solos un poil baveux, de l'énergie à revendre et des mélodies sucrées contrebalancées par la voix originale du chanteur... Ils font une reprise fantastique de "let me rock" des Flamin Groovies, un titre sorti en 73 chez Skydog, l'original est finalement assez garage et osons le mot proto-punk les Fevers y ajoutent une puissance sonore pour en faire un hymne powerpop braillard. Leurs compositions originales tiennent également très bien la route, on y entends du Raspberries, des Girls Groups mais joués avec une hargne bien moderne, mise en valeur par une production sans chichi et directe. Love always wins est un disque de pop viscérale qui laisse espérer de bonnes choses en la matière pour l'avenir, certes il date de 2004 mais les Fevers ont de bons héritiers avec les Mother Children ou les Wrong Words.

The Fevers - is it over


Alien Snatch Records

PS: à propos de powerpop, une rétro, 1 & 2

jeudi 18 août 2011

Woods - sun & shade (2011)

Woods, comme quelques autres (en vrac Ty Segall ou les Fresh & Onlys) ont décidé de sortir un album par an, pour le meilleur ... et le meilleur. Leur précédente livraison remonte donc à l'année dernière, l'album m'avait pas mal plu mais je dois dire que le chant parfois m'empêchait de totalement rentrer dedans mais j'étais quand même très intrigué. Sun & Shade arrive à point nommé pour confirmer mes espérances.

Entre Kraut et Folk Rock Psychédélique les Woods ont décidé de ne pas choisir sur Sun & Shade, ou disons qu'ils font l'un après l'autre les deux. Il y a deux titres d'obédience kraut ("sol y sombra" et "out of the eye") dont les lignes de basse semblent échapper d'un disque de Can (et en particulier le titre "mother sky" également source d'inspiration des Horrors), ils sont bien fichus et structurent intelligemment le disque. La partie folk-rock psyché est un pure régal, on pense bien sûr aux Byrds ("any other day", "pushing onlys") mais aussi à Donovan ou Nick Drake sur le dépouillé "wouldn't wast", un titre absolument superbe dont le dénuement permet de re-découvrir la voix sensible et juste de Jeremy Earl. C'est un des points forts de ce disque: le chant, il me plait beaucoup plus, il ne semble pas forcé et accompagne très bien ces petites pièces de folk psychédélique. Les guitares sont également excellentes, inspirées sans jamais trop en faire par exemple sur l'excellent "white out". La production est à l'économie mais se permet quand même des fantaisies, elle n'est absolument pas un obstacle pour apprécier ce très beau disque, une de mes sorties préférées en 2011.

Woods - who do i think i am


WOODSIST / Amazon (fr)

mardi 16 août 2011

Els Trons

Els Trons sont une formation catalane de garage rock. Ils ont sorti entre 2009 et 2011 trois eps 4 titres, uniquement des reprises de classiques 60s mais... chantées en catalan! Ils se placent en héritiers de formations comme Eurogrup, Els Xocs ou Els Dracs. Les résultats sont plutôt pas mal en général , le concept est cool, et le choix de morceaux impec'.

Corro com el vent by ELS TRONS

RES A FER by ELS TRONS

Butterfly Records

dimanche 14 août 2011

Riff Doctors - falling (1983)

Les Riff Doctors ont sorti un unique 45 tours en 1983 sur Coyotte Records. Si la face A est pas mal, c'est en retournant le disque que l'on trouve la petite pépite jangle / power pop "falling", un morceau lent très réussi et mélodique aux légers accents Beatles avec ce qu'il faut de modernité et de personnalité. Le titre a été compilé sur la série Teenline, c'est d'ailleurs ainsi que je l'ai découvert. Frank Bednash formera par la suite un autre groupe: Cowboy & Spingirl.

The Riff Doctors - falling



vendredi 12 août 2011

The Peoples Temple - Sons of Stone (2011)

J'étais un peu passé à coté du single précédent des Peoples Temple, déjà chez Hozac, mais quand j'ai entendu un bout de Sons of Stone chez mon disquaire, j'ai su que je devais l'écouter. Je suis reparti avec, et voilà quelques semaines plus tard un article dessus! En cherchant des images de la pochette de l'album j'ai appris que Peoples Temple était une secte dirigée par un certain Jim Jones, particulièrement populaire en Californie, et qu'elle était notamment à l'origine du massacre de Jonestown qui a inspiré le nom d'un autre groupe: le Brian Jonestown Massacre. Je ne sais pas si les Peoples Temple se sont inspirés du BJM dans l'histoire mais ça ne serait pas impossible.

Sons of Stone est un disque de garage réjouissant, à vrai dire un des meilleurs qu'il m'ait été donné d'écouter cette année avec le dernier Black Lips. La production cracra lo-fi va en rebuter certains comme d'hab, mais ceux capables d'aller au delà découvriront un premier album très prometteur et maîtrisé. On navigue dans le garage mais avec des teintes psychédéliques sombres, impossible de ne pas penser parfois aux 13th floor elevator, mais les Peoples Temple en font une interprétation contemporaine. Ce disque balance 14 titres dans la figure, comme autant de coups de poings. Pas grand chose à jeter mais on aurait peut être pu retirer deux titres pour le rendre encore plus saisissant et brutal. A part ça, ces types du Michigan ont tout compris, ils ont un son excellent, et de très bonnes idées, les morceaux sonnent presque comme des tubes sans pourtant lâcher quoi que ce soit en matière de hargne. Autant dire que Sons of Stone m'a beaucoup plu, c'est un disque varié, conquérant et agressif mais avec de la subtilité, vraiment très bien.

The Peoples Temple - keeper (of souls)


HOZAC


mercredi 10 août 2011

Art Museums - dancing with a hole in your heart (2011)

On avait bien aimé leur premier album chez Woodsist sorti l'année dernière (chronique), du coup on était très heureux de les retrouver pour deux nouveaux (et excellents) singles: shopping chez dulc-i-tone (label des Mantles non?) et dancing with a hole in your heart chez Slumberland. Malheureusement, le blog Finest Kiss nous apprend également que le groupe vient de splitter, c'est donc probablement leurs dernières sorties, à moins qu'un second album sorte à titre posthume... En tout cas on peut toujours se délecter de ces deux 45 tours dans la lignée de l'album.

Art Museums - Dancing With A Hole In Your Heart by Slumberland Records

achat:
Slumberland / hands & arms