mardi 26 juin 2012

Violens - True (2012)

Je traine un peu la patte pour écrire cette chronique sur True de Violens, pas que le disque me laisse de marbre ou me colle la demi-molle, bien au contraire je le trouve super et j'aimerai vraiment lui rendre justice à travers ce court texte. Violens est donc un groupe US, ils sortent leur deuxième album chez nos chouchous Slumberland (Crystal Stilts, TPOBPAH, Girls Names, Big Troubles, Terry Malts, Veronica Falls etc.) un gage de qualité à n'en pas douter. 

Je dois dire que j'étais totalement passé à coté de leur premier LP Amoral qui d'après les échos que j'en ai eu est assez orienté "post-punk", peut être pas l'étiquette qui me fasse le plus rêver mais parfois ça donne des résultats super cool (chez Grass Widow par exemple). Sur True ils proposent une indie-pop moderne et ambitieuses relevée d'influences indie-pop 80s sans être revivaliste. J'adore ce disque, je trouve qu'il est équilibré et bien pensé au niveau du tracklisting, on a l'impression de partir pour un voyage et tout s'enchaine naturellement, à tel point qu'il est difficile d'isoler des chansons malgré le très haut niveau du songwritting. Bien sûr Totally True, le single, marque des points d'entrée de jeux mais quand s'enchainent les sublimes Der Microarc, When to let Go et Sariza Spring que dire? La suite est tout aussi belle et réussie, et jamais le disque n'est pris en défaut même quand il s'échappe vers des contrées plus bruitistes voir punk sur all night low. La production est magnifique mettant en valeur des guitares claires et cristallines (parfois un peu saturés dans les passages plus relevés) accompagnées par cette voix douce mais pas maniérée et de ces chœurs très soignés (un des points forts du groupe). Le seul moment faible se trouve peut être à la fin du disque avec So Hard to See un peu longue.

True m'enthousiasme, c'est un de mes disques favoris sorti jusqu'ici en 2012, je suis conquis. De l'indie-pop de grande classe, maitrisée mais pas cadenassée, un disque à la fois libre, puissant et pensé.

achat: Hands & Arms / Slumberland




jeudi 21 juin 2012

La Sera - Sees the Light (2012)

Ce soir c'est la fête de la musique, à moins que le temps ne s'en mêle et décide pour nous d'un autre programme... Ceci dit subir quelques reprises de moins de Téléphone, Police ou Radiohead n'est pas pour me déplaire, enfin on verra bien! Du coup j'en perds un peu l'objet de cette chronique, à savoir une chronique du second album de La Sera paru il y a quelques semaines chez Hardly Art le sous-label de Sub Pop qui accueille aussi par exemple les Jacuzzy Boys ou Fergus & Geronimo. On avait chroniqué ici même le premier album l'année dernière, un chouette petit disque frais et léger.

Par rapport au premier album, la production change pas mal. Le "sans titre" de l'année dernière avait une production assez typique de ces temps ci, à savoir beaucoup de reverb', le genre de son que l'on retrouve aussi par exemple sur le premier Shimmering Stars. Sees the light choisit une autre option, le disque est bien plus produit, au début ça surprend  mais on s'y habitue vite. Du coup la voix de Katy ressort mieux et on peut se rendre compte que l'intéressée a un jolie brin de voix, en tout cas le type de voix qui me plait beaucoup, quelque chose de léger et angélique. Les chansons me semblent aussi mieux écrites, on alterne entre morceaux qui rockent et ballades plus paisibles. C'est dans cette dernière catégorie , bien éloignée des Vivian Girls qu'excelle La Sera, le morceau d'ouverture "love that's gone" m'attrape à chaque fois. Le tempo très laidback associée à cette jolie voix et une guitare électrique présente mais jamais démonstrative font du titre une des plus belles ouvertures d'album que j'ai entendue cette année. Le reste suit, et globalement on ressort comblé de l'écoute de ce disque.

Sees the Light est un excellent successeur au S/T de l'année dernière, loin de trahir de ce qu'elle est La Sera semble s'épanouir artistiquement sur ce disque. La production plus "musclée" et moins brumeuse en écarteront peut être certains mais je crois que ce serait un tord car les chansons y sont vraiment biens, et en particulier les balades. 

achat: amazon (fr)


La Sera - Love That's Gone

 

mardi 19 juin 2012

Mother's Children - That's Who (2010)

Mother's Children sont un de mes groupes actuels chouchous en matière de powerpop. J'avais déjà eu l'occasion de vous en parler il y a un peu plus d'un an avec leur excellent EP paru chez le label Taken By Surprise. Depuis ils ont sorti un chouette 45 sur un autre label allemand (P Trash) mais on va revenir sur leur premier (et unique à ce jour) album "That's Who" paru en 2010 sur label canadien Deranged (Tranzmitors, Impulse Int'l etc.) en LP et plus récemment en cassette sur Hosehead Records.

Les Mother's Children sont un des nombreux groupes super excitants à venir d'Ottawa (Zebrassieres ou White Wires sont du coin également). Malheureusement assez peu connus dans notre belle contrée (je crois qu'il devait y avoir genre 10 personnes à leur récent et excellent concert parisien) ils pratiquent une powerpop moderne à la fois ancrée dans la tradition. On est dans les riffs à la Raspberries avec un coté glamouse que n'aurait pas renier les Milk N Cookies mais associés à une puissance bien moderne, ça envoie du bois sans non plus sonner punk. En 11 titres on a peu de répits , on fini lessivé mais heureux de ce que l'on vient de se prendre dans la tronche. L'écriture est vraiment excellente, et les tubes succèdent aux tubes, parmi mes favorites: shaky sue, no touch, ou encore oh no here we go again

Je suppose que le LP aurait gagné à être un poil plus varié mais gageons qu'avec l'expérience acquise par ces canadiens le suivant saura corrigé le tir, dans tous les cas voilà un premier LP qui se place parmi les sorties les plus cool du genre ces dernières années, pas loin (ou à coté) des Gentleman Jesse, The Fevers (et Fever B) ou The Biters... En gros les fans de Burger / Douchemaster / Dirtnap ont de grandes chances d'apprécier cet excellent album à la pochette trop cool!

achat: vinyle / cassette


Mother's Children - Shaky Sue

dimanche 17 juin 2012

Aline - Je bois et puis je danse EP (2012)

En 2010 parmi nos singles favoris se trouvait le premier vinyle (chez l'excellent label La Bulle Sonore) de Young Michelin, une formation prometteuse qui nous ravivait en chantant en français. Un changement de nom plus tard YM est devenu Aline et en mai dernier ils ont sorti un EP au format 12 pouces, ils n'ont pas perdu leurs bonnes habitudes, Aline aime le français et l'indie-pop, ça tombe bien nous aussi on adore ça, et on tellement HEUREUX de pouvoir vous parler de ces groupes qui arrivent à conjuguer le français avec la musique que l'on aime (indie-pop , garage etc.). D'ailleurs citons en vrac ceux en activité: Pendentif, Cracbooms, Granville, les Spadassins, les Guillotines, Mustang, Mehdi Zannad, Ponctuation, Jesuslesfilles, La Femme  etc. Toutes suggestions en commentaire sont bienvenues (francophone + indie-pop/garage) d'ailleurs.

Revenons à cet EP, la pochette signée Martin Etienne évoque les grandes heures de la bande dessinée ligne claire, et notamment le néerlandais Joost Swarte qui avait réalisé par exemple le visuel du groupe powerpop The Rousers. L'association entre le dessin ligne claire et l'indie-pop (ligne claire) fonctionne à merveille, cette pochette est super cool et réussi, donc bravo!

Aline dévoile à travers cet EP trois nouveaux titres (le 4ème morceau étant un remix réussi). Je bois et puis je danse ouvre la face A, c'est une chanson indie-pop groovy avec un rythme un peu (en)trainant , les paroles parleront à tout le monde, c'est un peu l'histoire de nos vies, j'adore la justesse du ton et la simplicité qui en émanent. On pense forcément à "rip it up" d'Orange Juice, mais aussi pourquoi pas aux Avions (leur tube "nuit sauvage" mais pas que), et dans le récent je ne peux m'empêcher de penser au titre qui clôt l'excellent album des américains de Magic Bullets. La thématique d'Hélas est plus sombre puisque la chanson évoque la mort (et le suicide?) musicalement on est dans une indie-pop évoquant les Smiths ou Gamine, c'est un superbe titre qui arrive à être émouvant sans jamais tombé dans le pathos, la voix de Romain est superbe, il n'est pas toujours évident de trouver "le ton" qui convient et Aline y arrive vraiment bien, c'est une très jolie chanson, à la fois uptempo mais assez triste (comme les meilleurs morceaux Motown?). Deux Hirondelles qui ouvre la face B est plus positive, et évoque je pense les filles du chanteur (que l'on voit également dans le clip). Les textes sont charmants, le morceau très entrainant. C'est super mignon. Sur un plan général soulignons la très belle production qui met en valeur les compositions et le son d'Aline sans non plus trahir leur essence et ce que nous avions aimé chez eux dans leur premier 45T EP.

Avec cet EP Aline frappe un grand coup et il nous tarde de connaître la suite, dans un monde idéal je bois et puis je danse devrait être un tube, ce morceau a tout pour faire chavirer les nuits moites (et sauvages?): une très bonne chanson, une production élégante, de la personnalité, bref s'il vous plait messieurs les programmateurs des ondes à fréquences de modulation pensez à nous. 

achat:  Hands & Arms
(ps profitez-en pour y acheter mes disques et puis le reste de la discographie d'Aline héhé)


Aline - je bois et puis je danse

vendredi 15 juin 2012

Weird Dreams - Choreography (2012)

Après différents singles et EPs (Holding Nails, etc.) Weird Dreams sort enfin son premier album. Fin 2011 dans nos bilans nous avions placé beaucoup d'espoir en ce groupe (premier de notre top single et premier du top espoir pour 2012), on a eu l'occasion de voir le groupe de Doran et Craig à l’œuvre à la flèche d'or dans un set court mais plutôt cool (sauf qu'il manquait 666.66), il est temps de revenir sur Choreography sorti chez Tough Love (Virals, Girls Names etc.).

Enregistré par Rory Attwell (French Kissing, Veronica Falls, Fair Ohs etc.) l'album développe en 12 chansons une indie-pop ligne claire et harmonieuse unique. On regrette un peu de reconnaître un certain nombre de titres disséminés sur les précédents formats courts du groupes (comme Holding Nails justement) mais on se délecte de l'ensemble et de nouveaux morceaux brillants comme 666.66 ou Velvet Morning
Weird Dreams a réussi sur ce premier album a un imposé un son, reconnaissable entre 1000, les magnifiques harmonies vocales y sont pour quelque chose tout comme le son de guitare vraiment particulier, fil rouge de l'album. En terme de compositions les anglais ont aussi quelques beaux succès à leur actifs, leur pop fait preuve de certaines libertés avec le genre et n'hésite pas à proposer des constructions subtiles et raffinées (666.66 a presque des cotés "prog") tout en étant aussi capables d'être simple et dépouillé (la superbe river of the damned, peut être le morceau qui évoque le plus Big Star sur Choreography).

Choreography est un très beau premier album, peut être une pointe de regret sur les morceaux déjà connus qui rendent l'écoute un peu moins "percutante" à nos oreilles mais l'ensemble a une fière allure et se place comme l'un des plus beaux disques d'indie-pop anglais sorti cette année. 

achat: Tough Love






mercredi 13 juin 2012

Tahiti 80 - Escalator 7' (2012)

Tahiti 80 est un groupe que nous apprécions particulièrement chez RPUT (la preuve: 1 2 3 ) on a même eu l'occasion d'interviewer leur chanteur Xavier l'année dernière et ça nous avait pas mal porté chance (hype machine s'est emballé sur easy!). Alors quand on a appris que nos potes de WW2W sortaient leur nouveau 45 tours (et relançaient du coup leurs activités vinylistiques après un premier EP sorti en 2010 et maintenant cette double-sortie, l'autre étant un 45 de All Cannibals) on était super impatient de l'avoir entre les mains, c'est fait depuis une semaine et on peut donc maintenant vous en parler ici même.

Escalator, la face A est dans la lignée du dernier album, un morceau léger et frais parfait pour le beau temps (qui se fait attendre ces temps ci), ça me rappelle des morceaux comme Easy par exemple, du pure T80! Les arrangements sont très chouettes et groovy. Je lui préfère peut-être la face B "Mr & Mrs Jones" aux tonalités légèrement psychédéliques et pop 60s qui m'évoquent notamment les Kinks, je pense aussi forcément à Tahiti 80 des débuts, la petite envolée de guitares "inversées" me rappelant le magnifique Yellow Butterfly sorti à l'époque en 45 tours d'ailleurs.

On est content de revoir T80 avec deux excellentes chansons (dont une qui ne sera pas sur le LP: la face B, une spécialité des intéressés de mettre de super morceaux en dehors des albums!) et aussi nos collègues blogueurs (et frères!) de WW2W se remettre aux sorties de vinyles! Achetez le, il y en a que 300, ça devrait partir vite et c'est un super disque.

achat: Bandcamp 


Tahiti 80 - Escalator

dimanche 10 juin 2012

The Dalaï Lama Rama Fa Fa Fa - you make me crazy 7' (2012)

The Dalaï Lama Rama Fa Fa Fa sont un groupe parisien, ils tournent en ce moment en Angleterre. J'ai découvert leur nom grâce à l'interview de SDOS que nous avions faite il y a quelques temps. Depuis j'ai eu l'occasion de les voir deux fois en concert et c'est vraiment très bon si vous êtes dans ce genre de son.

Ils ont sortis début 2012 (février me semble-t-il) leur premier 45 tours sur le label parisien Close Up Records qui a notamment sorti les disques de Sudden Death of Stars. Les deux morceaux sont cohérents et proposent un rock psychédélique teinté d'influences shoegaze, le son est assez puissant avec pas mal d'effet mais ça reste cohérent. Les deux morceaux sont d'excellentes tenues et on sera intéressé de pouvoir entendre le groupe sur la longueur d'un album un format probablement plus propices aux déclinaisons psychédéliques.

achat: Close Up / Hands & Arms

vendredi 8 juin 2012

Aggi Doom - Bring me the Head 7' (2012)


Soft Power , label que nous apprécions particulièrement dans ces pages (Hollows) revient avec un excellent 45 tours d'un nouveau groupe écossais de Glasgow: Aggi Doom.

On navigue dans un registre post-punk qui évoque d'autres formations féminines comme Grass Widow ou Household. La face A "bring me the head" est assez nerveuse et sèche tandis que la B (l'excellente "cakewalk") se fait plus pop et rêveuse. Le groupe peut également faire penser à une autre formation anglaise actuelle: Halo Halo.

Aggi Doom signe un premier 45 tours vraiment cool, on attend la suite avec impatience! Quand à Soft Power, on attend impatiemment la cassette de nos chouchous de Beat Mark prévu chez eux. 

achat: Big Cartel

mardi 5 juin 2012

The Resonars - Long Long Thoughts EP (2012)

Les Resonars, l'alias de Matt Rendon existent depuis la fin des années 90. Régulièrement ils (ou devrais-je dire "il"?) nous abreuvent de disques plus cool les uns que les autres. Pour le moment je n'ai pas eu l'occasion de tous les écouter (et surtout les trouver) mais j'en ai quand même trois que j'écoute très régulièrement: Lunar Kit (Get Hip), Bright & Dark (réédité l'année dernière chez Burger) et donc ce dernier EP sous la forme d'un 45 tours chez Trouble in Mind (Night Beats, Cococoma, Wrong Words etc.) sorti il y a quelque mois seulement.

4 Titres et rien à jeter comme d'habitude ou presque, la qualité des morceaux des Resonars est vraiment étonnante, le son également. Apparemment Matt enregistre tout chez lui sur un 4 pistes, et là on croirait entendre des inédits des Hollies avec Keith Moon à la batterie, ou quelque chose dans le genre... Résolument très pop et 60s les morceaux n'en ont pas moins de l'énergie à revendre et surtout la touche Resonars, car Matt Rendon malgré ses influences 60s évidentes (notamment sa voix un peu aigu qui rappelle fortement le timbre de Graham Nash) a son propre style que l'on ne peut manquer en écoutant ses disques.

Je souhaite que ce 45 tours soit annonciateur d'un nouvel album, il est temps de donner une suite à "That Evil Drone" sorti en 2009, un 6ème album serait très bien venu. Pour ma part je vous reparle à coup sûr très bientôt des Resonars.



achat: Trouble In Mind / les bons disquaires

mardi 22 mai 2012

Cleaners from Venus - Midnight Cleaners (1982)

Sur RPUT on aime alterner entre oldies et groupes actuels, je déroge un peu à ma règle qui consiste à ne pas enchainer deux disques du passé de suite pour ce magnifique album des Cleaners from Venus intitulé Midnight Cleaners et initialement sorti en 1982. Il vient d'être réédité dans un chouette coffret (vinyle ou cd) chez les toujours fiables Captured Tracks et avait été précédemment réédité sous forme de cassette chez les non moins géniaux Burger Records dans son format d'origine: une cassette, les deux labels ont réédités d'autres disques du groupe également très recommandés (6 autres albums en tout).

Cleaners from Venus est principalement un duo formé de Lol Elliot et Martin Newell , ce dernier a également enregistré en solo de nombreux albums dont un produit par Andy Partridge (d'XTC!). Midnight Cleaners est leur troisième album, et est donc sorti à l'époque en cassette distribuée "à la main" par les intéressés lassés du système classique. A l'époque la culture cassette est très active en Angleterre, et beaucoup de disques sortent uniquement dans ce format particulièrement populaire pour la musique expérimentale, les meilleurs ont notamment été compilés dans certains volumes des Messthetics. Cleaners from Venus ont des aspects expérimentaux mais le cœur de leur musique est résolument pop, de la pop assumée et superbe aux guitares jangly absolument délicieuses. 
Ils ont malgré tout un son typiquement anglais on pense à XTC, Kinks ou Blur sur A Wretched Street, à 10cc sur Wivenhoe Bells (II) mais aussi parfois les Byrds (oui ils ne sont pas très anglais eux) comme par exemple sur Factory Boy , Time in Vain ou l'absolument géniale only a shadow. Ces références ne doivent pas faire des Cleaners from Venus des revivalistes, la boite à rythme amène une touche passionnante et fascinante à leur musique, elle évite aux intéressés d'être tentés de sonner à l'identique pour mieux se concentrer sur l'écriture de vraiment bonnes chansons qu'ils savent arranger avec beaucoup de finesse malgré des moyens dérisoires (les disques sont enregistrés sur un 4 pistes à la maison). Dans les titres moins ouvertement marqués par ces références on notera la curieuse corridor of dream, le piano a quelque chose de presque housy, ou alors disco-funk dans le style Change / BB&Q Band , mais la voix est irrémédiablement anglaise et pop , le résultat est étonnamment cool et frais.

Si l'on use et abuse du terme de "trésor caché" je crois que l'on peut évoquer ce terme sans trop se tromper en ce qui concerne les Cleaners from Venus, plus qu'une curiosité, voilà un excellent groupe de pop qui enregistraient des pépites bricolées avec trois bouts de ficelles. Leur discographie riche est une plongée sans fond dans une abysse de mélodies délicieuse, un pied dans le passé (une écriture gracieuse et élégante) et dans le présent (mise en forme moderne et débrouillarde) dont les Cleaners from Venus ont su faire une synthèse remarquable et profondément originale. 

Achat: LP / CD (Boxset) / Cassette




vendredi 18 mai 2012

Les Coronados - N'importe Quoi (1984)

Il y a un ou deux ans j'ai lu l'ouvrage dirigé par Manœuvre sur le rock français, une grosse déception. C'était donc ça le rock en français? Vraiment? J'ai bien peur de ne pas souvent m'y retrouver dans ce bouquin et pourtant, j'ai qu'une envie: défendre notre langue face à une horde de snobs convaincus que français et rock sont incompatibles.

Plutôt que me lancer dans une diatribe contre cette opinion aujourd'hui fort en vogue y compris chez les "décideurs" (par exemple les mecs qui organisent des événements aussi chiants et peu représentatifs que les Victoires de la Musique) je vais vous parler d'un groupe qui me tient particulièrement à cœur: Les Coronados. Dans mon panthéon personnel quand il s'agit de conjuguer violence avec élégance en français dans le texte au coté des Olivensteins ou Marie et les Garçons (deux autres groupes absolument fabuleux déjà évoqués ici). 

Pour le moment j'ai pas trop eu le temps de me pencher dans leur seconde salve "un Lustre" mais je commence à avoir bien rôdé leur premier album N'importe Quoi sorti en 1984 chez Romance. On ne va pas vous raconter d'histoires: voilà un des meilleurs disques de rock n roll que l'on puisse trouver dans la langue de Joachim du Bellay. 11 brûlots vont vous prendre au plexus vous secouer puis vous relâcher en miette explosés sur le sol en confettis.

Pour situer je dirai que les Coronados pratiquent le garage-rock, mais pas un garage-rock respectueux de la tradition de papa, non un truc violent agressif, et foutrement jouissif. Le chant est languissant, trainant et particulièrement nonchalant, le vocabulaire est simple et sans effet de manche, les Coronados font beaucoup plus avec moins, ils multiplient les pains (dans la gueule) avec trois mots bien sentis. Ils n'ont pas besoin de s’embarrasser d'un vernis prétention littéraire pour épater la galerie, ils ne sont pas là pour ça, ont dépassé ce stade pour envoyer du rock n roll, viscéral et sincère. Derrière le chanteur c'est une orgie de guitare, mais pas de la gratte à papa et du solo de tonton façon Clapton, non de l'énergie en fusion, des amplis au son clair chauffés à blanc, pas de saturation grassouillette, régime protéiné avec la dose de réverb' qui faut pour que tu te sentes bien. Les Coronados envoient du bois, ils sont violents mais toujours avec grâce et un sens de l'économie qui les honorent. Les guitares sonnent merveilleusement bien et les mecs derrière savent s'en servir, les soli sont toujours courts, brefs mais surtout intenses. Ils agissent sur le cerveau comme une drogue qui te rend fou et agressif. Les Coronados ont définitivement un son sur N'importe Quoi, un truc bien à eux avec les guitares bien en avant, une production moderne mais sans gadget. Ils ont le son, et dans 20 ans ce disque continuera de sonner comme maintenant à savoir une dose de charge de rock n roll classieux.

La reprise de Chilton par les Coronados (non présente sur l'album mais d'un EP précédent), est peut être un indice sur leurs inclinaisons personnelles, il relève un besoin de brouiller les pistes, de s'inscrire dans un rock n roll agressif encrée dans une tradition pour mieux la tordre et lui rendre de sa subversion initiale. Plutôt que de faire allégeance aux années 50s 60s, les Coronados reprennent les armes pour les dévier, les pervertir et les raviver comme jamais. 27 ans plus tard, ce disque sonne brillamment, il n'a pas perdu de sa verve, et son venin est encore capable d'empoisonner quelques esprits égarés. Des Coronados je ne sais pas grand choses, de Limoge, rencontrés en prépa d'ingénieur, montés à Paris et intégrés à la scène bouillonnante de l'époque (Didier Wampas prendra à son tour les armes en entendant "revanche" il parait) ils n'en sont pas moins l'un des plus beaux exemples de groupes de rock en français, tout simplement parce qu'ils sont uniques et sonnent comme eux-mêmes.


Les Coronados - j'en veux, j'en veux plus

mardi 15 mai 2012

Virals - Magic Happens 7' (2012)

Virals est le nouveau projet de Shaun des Lovvers, un groupe anglais assez cool maintenant splitté. J'ai leur album quelque part ce serait peut être l'occasion de se l'écouter...

Vendu comme une "double A-side" (les anglais semblent adorer les doubles faces A) ce premier 45 tours (suivi prochainement d'un EP 12 pouces chez Tough Love) ne ment pas sur la marchandise, les deux faces sont excellentes avec une préférence en ce qui me concerne pour la face B "comes the night" et ses faux airs de Teenage Fanclub. Pour situer on est dans un registre qui va de Let's Wrestle en passant par Big Troubles, Mazes, voir Pavement, du rock-indie qui fleure bon les 90s avec cette petite touche powerpop délicieuse et addictive (et qui séduit mon cœur en chamallow)...

Virals est le genre de maladie que l'on aimerait bien attraper plus souvent et pour lesquelles il n'est pas utile de prendre de médicament, vivement d'autres disques, chez Sex Beat (qui sort prochainement un 45 de White Fence si j'ai bien suivi) ou d'autres labels!

 achat: Sex Beat /

dimanche 13 mai 2012

Kelley Stoltz - 2 imaginary girls 7' (2012)

Les Disques Steak (Last Rapes of Mr Teach, Les Bellas etc.) nous reviennent par l'intermédiaire d'un superbe 45 tours de Kelley Stoltz, que l'on pourrait qualifier de parrain de la fantastique scène de SF (Ty Segall, Sonny and the Sunsets, Oh Sees etc.).

Pour tout dire j'étais totalement passé à coté de ce mec jusqu'à voir récemment son nom cité dans Noise, et depuis le croiser ici et là. Le 45 chez Steak est donc pour moi une première et je dois dire que je suis comblé. Ce single est une des plus belles sorties de cette année 2012. Les deux chansons portent des titres de filles, Caroline semble vouloir se déhancher dans un club Glam au son du boogie de T Rex (le riff a un faux air de "get it on") tandis que Marcy apprécie d'avantage les ambiances boisées et feutrées d'une guitare acoustique et d'un discret mellotron. L'une et l'autre se complètent et forment un couple foncièrement pop lié par la voix cajoleuse de Kelley qui a quelque chose de Sonny (and the Sunsets) même si je devrais plutôt dire l'inverse.

Kelley Stoltz signe un super 45 tours que je vous recommande vivement d'acquérir surtout si vous êtes un amoureux de la musique pop faite dans les règles de l'art, de mon coté je me suis aussi pris son dernier album chez Sub Pop héhé.

achat: Les Disques Steak / Born Bad


vendredi 11 mai 2012

Allah-Las


Nick Waterhouse excite la sphère musicale anglo-saxonne depuis l'année dernière, à tel point que ses deux premiers 45 s'en vont pour des sommes astronomiques sur eBay (la preuve). Il a également produit un groupe de garage les Allah-Las qui pourrait connaître le même sort. A ce jour ils ont sorti deux 45 tours 7 pouces ainsi qu'un split single avec le sus-nommé Waterhouse sur un très original 8 pouces.

Catamaran leur premier single est à ce jour leur plus grande réussite. S'inspirant de Night of the Sadist de Larry and the Blue Notes (youtube) le titre développe un garage-rock aux accents folk super réussi. La production est vraiment très 60s avec des guitares au son superbe! La face b long journey est une reprise de The Roots, un morceau de 1965 (youtube) que les excellents Frowning Clouds jouaient (jouent?) également.

Tell me (what's on your mind) est le second 45 des Allah Las, il bénéficie d'un clip très 60s (youtube). Un peu moins accrocheur que Catamaran ce morceau n'en reste pas moins une excellente sortie, et toujours ce superbe son garage-folk qu'assez peu de groupes pratique en fait. En face B un instrumental, que j'ai un peu la flemme d'aller écouter là.

Dernière sortie à ce jour: le split single  entre Nick Waterhouse et Allah-Las, déjà sold out. Si j'ai bien compris le concept, il s'agit de la même chanson (Don't you forget it) sur les deux faces mais chacun y amène sa sauce: RnB cuivré très fifties pour Waterhouse et toujours ce son twangy-garage circa 65-66 pour les Allah-Las. Ce 8 pouces est excellent et laisse envisager un excellent album même si en définitive jusqu'ici Catamaran reste le meilleur morceau de la formation à ce jour. 

achat: Innovative Leisure










mercredi 9 mai 2012

Household - Items (2011)

De nombreuses fois par le passé j'ai eu l'occasion de vous entretenir des diverses bonnes découvertes faites chez les disquaires. Items de Household est une des dernières en date et elle est plutôt cool.

Essayer de chercher des infos sur le groupe dans un moteur de recherche ne donnera pas grand chose, en tout cas je peux vous dire qu'il s'agit d'un groupe de Brooklyn composé a priori surtout de filles et qu'il s'agit de leur premier album. Sur Items le groupe balance 9 titres sans nous laisser le temps de souffler, je crois que ça ne doit pas dépasser les 20 minutes au compteur, et chaque morceau ne s’embarrasse pas de superflu. Le son du groupe fait largement pensé au post-punk rehaussé d'harmonies de Grass Widow. L'approche de Household est un peu plus directe et moins abstraite mais on garde cette bonne habitude des guitares anguleuses et rappeuses ainsi que ces voix célestes, idéal contrebalancement à une instrumentation plutôt aride et minimale. 

Peut être qu'Items manque d'un peu de la finesse de Grass Widow mais Household compense avec une bonne dose d'énergie et signe un premier album qui sans être indispensable est une excellente surprise et donne envie d'emprunter les prochaines traces discographiques de la formation.

achat: Dull Knife Records


Household - Go Away