mercredi 8 janvier 2014

Bilan 2013 : Top labels

Il aurait été tentant de citer à nouveaux des labels des années précédentes tant certains se sont révélés en forme en 2013. Ainsi Trouble In Mind (top label 2011), Woodsist (top label 2012) ou Great Pop Supplement (2012) ont réalisé des disques somptueux cette année (Maston, Lucid Dream, Kevin Morby etc.) et on ne saurait que vous recommander de vous précipiter sur le catalogue il était cependant important pour nous de continuer à défricher en évoquant des nouveaux venus ou des labels historiques en renouveau. Voici notre top subjectif des labels de 2013.  

Chapter Music
Chapter Music a fêté ses 20 ans en 2012. Changer de décennie ne semble pas l'avoir freiner dans ses intentions, bien au contraire, le label australien a signé une année fabuleuse avec notamment de merveilleux disques des Stevens ou de Dick Diver. 2013 était placé sous le signe de la scène australienne et qui mieux que Chapter Music représente ce vent de fraîcheur qui souffle sur l'indie-pop depuis les antipodes ?




Reverberation Appreciation Society
Le revival psych rock doit beaucoup à ce label et à son proprio Christian Bland, il a nous dégôté une belle brochette de chevelus en goguette prêts à nous vriller l'esprit avec leur kaléidoscope. D'autant qu'en plus de Night Beats qu'on connaissait déjà, le label a sorti coup sur coup deux nouveaux groupes qui nous en mis plein la vue : Holy Wave et Elephant Stone, et si nous n'en avons par encore parlé, nous les avons pourtant largement rincé en 2013.


Lolipop Record
A l'instar de Captured Tracks, Burger est en train de devenir une super machine, des centaines de références, un travail (trop -à mon goût-) largement constitué d'édition cassettes de disques sortis par d'autres et un catalogue d'artistes piqués aux autres (Burnt Ones, Dead Ghosts,...). Si vous cherchez UN label dans le même esprit mais qui a gardé son travail de défrichage, c'est chez Lolipop Records qu'il faut aller voir maintenant, les sorties s’enchaînent, quasiment que des nouveaux venus et presque rien à jeter. Le label cassette de l'année sans hésitation.

Fire / Critical Heights
Fire Records est un de nos labels indie-pop historiques fétiches, ils avaient notamment les géniaux Close Lobsters au catalogue. Ils ont des goûts impeccables en matière de rééditions (Teenage Fanclub, The Boys, Television Personalities) mais surtout le label renoue avec ses premières amours via de nouvelles signatures excitantes comme Scott and Charlene's Wedding, Virginia Wing, Las Kellies, Surf City.


Castle Face Records
Castle Face contribue largement à la bonne santé de la scène de San Francisco, le catalogue du label est un véritable who's who avec des contributions de Ty Segall, Fuzz, White Fence, Warm Soda, Oh Sees, Total Control (oui, ils sont australiens), Fresh and Onlys etc. Qui plus est avec le premier Group Flex (sorti en 2012) ils ont marqué les esprits en proposant un des plus beaux objets musicaux de ces dernières années. Il était temps de les mettre à l'honneur sur le blog !


mardi 7 janvier 2014

Bilan 2013: Ce qu'en retiennent les groupes

Forever Pavot
On a fait une quinzaine de concerts en France et Allemagne. Mes copains de Frantic city records ont ressorti mon premier EP avec deux morceaux supplémentaires.
J'ai passé 5 mois à Toulouse a enregistrer une dizaine de chansons dans le studio d'Aquaserge à la campagne, deux viennent de sortir en 45 tours sur The Sound of Salvation (un label anglais). Pour le moment je ne connais pas la suite, un album ou plusieurs EP, on verra. Le meilleur reste a venir, une tournée européenne d'une vingtaine de dates début 2014.
Les disques qui m'ont marqué en 2013 :
Broadcast - barbarian sound studio OST 
super film, super BO. On dirait un vieux disque de library avec que des interludes, du grand génie.
Anthony Cedric Vuagniaux - La cougar Ep
il est la réincarnation de Francois de Roubaix. Ce mec fait tout tout seul dans son home-studio analogique en suisse, ça défonce.
Pierre Henry - Maléfices
super réédition de cette obscure BO sortie chez cacophonic/Finders keepers . Ça tombe vraiment bien parce que l'original est difficilement trouvable a un prix raisonnable, c'est magnifique et terrorisant à la fois.
Aquaserge et April march
Album fantastique composé par Aquaserge il y a 5 ans, sortie chez Freaksville il y a 6 mois. Un disque très riche et bourré de bonnes influences , malheureusement personne ne l'a sortie en vinyle et il est franchement passé inaperçu … je suis persuadé qu'il sera pressé dans 50ans enfin reconnu à sa juste valeur, tout comme tous les disques d'Aquaserge d'ailleurs.
Regal - Misery Redemption and Love (Chronique sur le blog)
Ces mecs sont beaux, drôles et talentueux. C'est un des rares groupes de garage français qui me parle beaucoup.
Maston - Shadows (Chronique sur le blog)
Disque super intéressant, très cinématique et très pop à la fois, la production de certaines chansons me rappel certains sons de l'album Smile des Beach Boys.
Julien Gasc - Cerf, Biche et Faon
Chanson française décomplexée, julien est le robert wyatt français, c'est le plus gros boulimique de musique que je connaisse, ces chansons sont très riches, il passe du prog à la sunshine pop en passant par du punk, le tout parsemé d'une écriture naïve et touchante, j'adore.
Morgan delt - Psychic Death Hole (découvert sur votre blog d'ailleurs)
Je trouve la production de son premier EP très intrigante, il y a un travail sur bande qui me plais beaucoup, j'ai l'impression qu'il travail avec des samples aussi . je suis curieux de voir ce que ca va donner en album.


Venera 4
Seabed Terror, notre premier EP était à peine publié au début de l’année. On a continué à travailler notre set en vue d’effectuer notre premier concert. C’était en avril à l’International. Parallèlement, on a travaillé sur Deaf Hearts, notre second EP. C’est d’ailleurs à peu près à ce moment qu’on a également rencontré Etienne, pour une sortie physique de ce second opus. Finalement, Etienne nous aura aussi fait presser Seabed Terror et Sun en 7’ !
Deaf Hearts est sorti en octobre en digital, puis courant novembre en vinyle. On a été plutôt surpris car on a eu pas mal de retours, globalement très positifs. C’est surement en partie grâce à cela qu’on a pu terminer l’année sur de très belles dates en Suisse, avec Clinic, pour une Route du Rock Session avec Weekend pour clôturer sur une Flèche d’Or avec Blouse.
Pour Noël, nous avons souhaité offrir nos Winter Sessions. On voulait donner une nouvelle approche à nos morceaux et dévoiler une autre facette de Venera 4, plus intime. C’est quelque chose qui nous tenait particulièrement à cœur.
De 2013, on retiendra donc énormément de choses ! Beaucoup de rencontres: pour ne citer qu’eux les groupes avec qui nous avons pu partager la scène, l’équipe de l’Espace B, des Psychotic Reaction et vous deux bien évidemment! Zürich, la Suisse, la fondue locale et l’accueil helvète ; Le Bloody Mary et les Jolies Poupées.
En 2014, nous allons commencer par une période de composition. Nous avons pas mal de chansons à peaufiner pour les intégrer au set, mais aussi dans notre premier LP que l’on compte bien sortir cette année ! D’ici là, nous avons des projets avec RPUT ainsi qu’avec notre collectif Nothing et aussi pas mal de concerts en France et peut être à l’étranger en prévision. 


Pain Dimension
Je suis heureux, en moins d'un an nous ayons réussi à sortir de l'anonymat Seine et marnais. Nous allons sortir un disque chez vous et  avons un LP en préparation. Nous arrivons à jouer assez régulièrement donc on sent un certain intéressement pour mon groupe. 
Je trouve que labels Parisien en général se bougent vraiment bien le cul pour essayer de faire jouer les groupes, il y a une vraie scène et émergence de certains groupes ce qui est plutôt un succès et j'espère en faire parti. 
L'année 2013 fut un bon cru pour les albums et j'espère que la 2014 sera tenir d'aussi bonnes promesses ! Requiem Pour Un Twister et Howlin' Banana furent très présents cette année avec de très bonnes sorties comme le Kaviar Spécial, Travel Check, Volage pour Howlin' mais aussi Venera 4, et le 7" de Ranch Ghosts pour RPUT que j'aime particulièrement.


Travel Check
On retient:
Les nombreux concerts qu'on a pu faire un peu partout ( Psychotic Reaction, tournée avec les Go!zilla ).
Les catherings suisses.
Le lit de Grotototurbo Dragster.
L'enregistrement en août avec Lo Spider du 45 tours qui sortira le 20 janvier 2014. 
Le tournage du vidéoclip 66$ avec the Attic Video. 
Le garage est bien présent en ce moment, Il y a qu'à regarder les top 2013. On a l'impression que de plus en plus de gens écoute des disques de garage et vont au concerts organisé par les labels. Et pleins de bon artistes ouvre des portes donc c'est plutôt cool avec par exemple Dead Ghosts qui ont sorti un super LP à notre goût.
On espère que la dynamique va continuer et on songe à se renommer Travel Chneck ou Hipster Garageux Check.

Les Guillotines
Disques : La découverte tardive mais essentielle du 45t Teorema de Dorian Pimpernel (A). A part Indochine j'ai été bluffée par Jacco Gardner (M). Gilded pleasures des Growlers (S). Mystic/Blackfeet Braves (Y).
Concerts: Hot Chip et Tame Impala  (M). Les Dead Ghosts à l'espace B sans aucune hésitation (S). Jessica 93 a la Mécanique Ondulatoire (A). Pleins de bons concerts, quasiment tous ratés faute de tunes (Y).
Actu: J'ai rien lu de sorti en 2013(Y). La reformation des Olivensteins que j'espérais depuis près de 10 ans (S). Mariage pour tous(M) ! Le départ de Lou Reed (A).
Souvenirs du groupe: Notre concert au Briollay Pop Festival, 24h= 12h de bus, 8h de festivités et 4h de sommeil. Jamais vu un public aussi enthousiaste (S). La tournée avec les Marinellis et plus précisément les concerts de Rennes ( bonnes crêpes ) et Nantes (M). La session d'enregistrement chez Lionel, pour tout ses instruments, et sa sympathie (A). Les enregistrements, la tournée avec le Kid et les Marinellis (Y).


lundi 6 janvier 2014

Bilan 2013: Top rééditions, compilations et lives

The Dentists - Some people are on the pitch (Trouble in Mind)
En 2010 nous écrivions une chronique enflammée du premier album des Dentists, un de nos disques 80s favoris. En 2013 l'excellent label de Chicago Trouble In Mind réédite pour sa 50ème référence cet album faisant le pont entre l'indie-pop et le garage-rock: un symbole qui correspond aussi à la philosophie de ce blog. Ici vous ne trouverez aucun bonus genre "la 5ème prise de voix depuis les toilettes" mais un disque aussi brillant, génial trop méconnu de nouveau disponible facilement. Il s'agit de l'essence même d'une réédition, en tout cas plus à notre sens que racler les fonds de tiroirs pour trouver un peu poussière de nom vendeur à refourguer pour les fêtes dans de luxueux coffrets.   
Aussi chez Trouble in Mind: la compilation Liverpool Psych Fest.

 
White Fence - Live in San Francisco (Castle Face)
Si on a pas été très emballé par le dernier album de White Fence (clairement le plus faible de tous) ses prestations live sont toujours aussi fantastiques et enthousiasmantes. Ce disque est un merveilleux témoignage de White Fence en live. Quand en disque il explore les arcanes du psychédélisme anglais en live il se transforme en pur produit de Californie quelque part entre les garage bands de Los Angeles (Leaves) et les buvards d'acide de SF (Moby Grape). Castle Face bras armé de la scène de SF devient ainsi aussi le principal médium de cette ébullition et en retranscrit les secousses dans les sillons de vinyles.
Aussi chez Castle Face:  Fuzz - Live in San Francisco , The Herms.

Soda Fraise - ça baigne dans l'huile (Sing Sing) 
Sing Sing s'est imposé avec Cheap Reward (The Finders, The Rockers etc.) comme le grand label de rééditions powerpop de ces dernières années, Numero Group pourrait compléter le podium. Si cette année ils n'ont pas édité un classique aussi fantastique que le premier album des Leopards, leur bilan 2013 frise le sans faute. On retiendra l'édition de l'album de Liverpool Echo ou ce fantastique 45 tours novelty aussi débile que génial des Soda Fraise. 
Aussi chez Sing Sing: The Liverpool Echo - s/t

100 Flowers - 100 Flowers (Superior Viaduct)
Après les Urinals d'anciens membres montent les 100 Flowers, un groupe orienté post-punk. En 1983 ils éditent un unique et brillant premier LP produit par Vitus Matare des Last (Nolte file également un coup de main). La Californie au delà du Paisley Underground (Rain Parade) ou du Hardcore (Black Flag) a donc elle aussi été enveloppée dans la brume.



 
The Blow mind - we won't go back to the past (Caméléon Records) 
A travers la sélection de cet excellent 45 tours obscur de Heavy Psych français nous voulions aussi saluer le boulot formidable de quelques labels français artisanaux tenus par des passionnés comme Caméléon, Samplay ou Mémoire Neuve. Ils œuvrent à faire connaître un patrimoine français musical méconnu dans un registre qui nous est cher. Bien sûr on adhère moins quand ça vire trop prog pour nos goûts de poppeux mais quel plaisir que des petits frenchy rééditent des disques aussi improbables que The Blow Mind ou l'excellent LP des Lords, qui plus est avec une attention particulière pour reconstruire les histoires derrières la musique. Bref un travail archéologique sur notre histoire absolument passionnant qui complètent le bon boulot de structures plus connues comme Born Bad. 
A écouter aussi: Les Lords 1979-1980, Soggy - 47 Chromosomes

Cleaners from Venus - Vol. 2 (Captured Tracks)
Avec Burger, Captured Tracks a beaucoup oeuvré en 2012 et 2013 pour faire connaître la pop bancale et géniale de l'anglais Martin Newell, ce deuxième volume complète à merveille le premier coffret édité en 2012. Idéal pour aborder la carrière d'une figure méconnue essentielle de la pop.
A écouter aussi: le premier coffret édité en 2012 (chronique de l'album Midnight Cleaners)


Epicycle - You're not gonna get it (HoZac archive)
HoZac est un de nos labels actuels fétiches depuis quelques années déjà. En 2013 le label de Chicago s'est lancé dans la réédition à travers les HoZac Archives. On compte ainsi un single inédit des essentiels Dwight Twilley Band (groupe génial de powerpop), des Brats mais aussi une compilation super cool du groupe powerpop / punk Epicycle qui rend honneur à la musique de cette super formation.
A écouter aussi: le single inédit de Dwight Twilley Band "Sharks" 


Fear of Men - Early Fragments (Kanine)
Fear of Men figure régulièrement dans ces pages (interview, espoir de l'année etc.) et on est très heureux de voir ces singles enfin compilés sur un LP ainsi que la démo du génial doldrums. On attend maintenant un premier album qui espérons le sera à la hauteur des attentes que nous avons dans le groupe.


 
Los Microwaves - Life after Breakfast (Dark Entries)
Disque fascinant de San Francisco entre no wave punk et musique électronique. Imaginez un Jacno plus méchant et étrange sous drogue ou quelque chose dans le genre.
A écouter chez Dark Entries X ray Pop

Talulah Gosh - Was it just a dream ? (Damaged Goods)
Tout Talulah Gosh et même plus (des démos), que demandez de plus ? Un des groupes essentiels de l'indie-pop 80s est enfin compilé avec soin. Un des nombreux groupes d'Amelia Fletcher avec Heavenly, et aujourd'hui The Tender Trap. Indispensable pour comprendre les Dum Dum Girls ou les Vivian Girls.

mardi 31 décembre 2013

Jonathan Rado - Law and Order (2013)

Derrière cette pochette me faisant terriblement penser à Badfinger on trouve Jonathan Rado des Foxygen (dont l'album va se retrouver dans la moitié des top de blog pop dont probablement le nôtre). Ce disque solo a été édité par le toujours classe label Woodsist dont on suit ici les sorties avec beaucoup de plaisir (Real Estate, Art Museums, Woods, Babies, etc.).

Law and Order évoque énormément un collègue de label: White Fence. Comme le néo-californien Jonathan Rado a la fâcheuse habitude de saborder ses morceaux voir des les pourrir. Il partage aussi ce goût pour un psychédélisme teinté de folk bancal. Dans le genre inécoutable, on zappera sans scrupule les inaudibles "looking for a girl like you" ou "i wanna feel it now" pour cause de saturation, on peut aussi se passer de la très anodine conclusion "pot of gold" délire 80s boursouflé. Ces morceaux plombent et cassent le rythme d'un disque qui méritait mieux que ça, car Jonathan Rado est capable de petites merveilles de pop psychédélique. "Hand in Mine" est un très joli duo évoquant un Sonny and Cher sous LSD, "Faces" est une magnifique ode au folk-rock californien tandis que "Oh Suzanna" nous transporte en plein Londres plongé dans les volutes de Mellotron. On retiendra aussi les charmantes "all the lights went out in Georgia" ou "Would you always be at home". 

Law and Order est un disque frustrant. Jonathan Rado donne l'impression de se saborder volontairement pour ne pas se prendre trop au sérieux, c'est dommage car il y a là matière à un très grand disque et on doit se contenter d'un bon (voir très bon) album. On le recommande tout de même aux amateurs de pop psychédélique lysergique et acide, à condition d'être à coté de la platine pour bouger le saphir de temps en temps.


lundi 30 décembre 2013

Volage - Maddie EP (2013)

En juillet dernier la Psychotic Reaction faisait jouer les excellents Volage avec Pain Dimension et Travel Check. Howlin' Banana a récemment réédité leur premier EP (Maddie) initialement sorti en cassette sous la forme d'un beau dix pouces blanc avec un nouveau morceau inédit. Une excellente occasion de chroniquer ce très bon premier disque.

Le vinyle s'ouvre sur méga-tubesque "not enuff", un des temps fort du disque. Un concentré de garage hyper accrocheur, pas trop propre sur lui et séduisant. Les Volage y vont à l'énergie mais sans jamais négliger les mélodies. "Many Hopes" renouvelle une seconde fois l'exploit, une autre excellente chance qui démontre les dispositions pop du groupe. "Wall of Smoke" et "I'm a Fool" confirment les qualités de la formation. On est un peu moins séduit par "Bob is alive" plus confus mais le nouveau titre inédit "heart healing" est très encourageant pour un album qui s'annonce selon les intéressés influencé par les Beatles (et franchement j'ai hâte d'entendre ce que cela donne !).

Maddie garde toute sa fraîcheur et son intensité initiale. Ce premier EP place Volage dans les groupes garage français à suivre, en espérant qu'ils arrivent à transformer ce premier essaie un excellent album.


 


dimanche 29 décembre 2013

Fuzz - Live in San Francisco (2013)

Ty Segall en plus de tourner incessamment (deux passages à Paris en 2013 !) est ultra-productif au niveau discographique. Cette année il a sorti un nouvel album en solo (Sleeper, Ty Segall acoustique et dépouillé) et un second avec son groupe Fuzz, un trio dans lequel il assure la batterie et le chant. Si on ajoute ce live, l'album des versions démos de Twins (Gemini) et un second live (pirate cette fois-ci) cela fait 5 lp en un an , pas mal pour un type qui n'a même pas trente ans au compteur.

Live in San Franscico est un mini album de 4 titres (pour environ 20 minutes !). Trois sont extraits des 45 tours et n'ont pas été repris sur l'album (les deux faces du premier single chez Trouble in Mind ainsi que la géniale face B "you won't see me" ). Le concert est enregistré depuis la table de mixage, le son est excellent, probablement meilleur que les premiers enregistrements en solo de Ty ! La prestation est incendiaire , ça barde dans tous les sens, chacun faisant son boulot à merveille. Il y a beaucoup de vie et d'énergie dans ce disque. Fuzz permet à Ty et ses potes de se muer en un Black Sabbath sous influences punk, grunge et garage. C'est absolument jouissif: gros riffs bien gras, soli dégoulinant, batterie frénétique et basse caverneuse sont de la partie.

A l'heure d'internet et de la multiplication des videos amateurs de live sur youtube on pourrait se poser la question de l'intérêt d'éditer un live en vinyle. Écoutez le disque et vous aurez la réponse. Ce groupe est taillé pour le live, et l'enregistrement rend justice à une prestation terrible. Indispensable pour les fans de Ty Segall, et excellent pour les autres (même si on leur recommande plutôt l'album évidemment).


samedi 28 décembre 2013

Thee Oh Sees - Floating Coffin (2013)

il y a quelques jours ces chers Oh Sees annonçaient un hiatus à durée indéterminée, une sorte de position intermédiaire entre la vie et la mort. Un album est prévu pour l'année prochaine mais j'imagine que le groupe n'ira pas le défendre dans une tournée marathon comme nous en avions pris l'habitude ces dernières années. 

Floating Coffin ultime lp à ce jour est aussi un de mes favoris même si comme ses prédécesseurs, il ne donne pas toute la mesure du talent de la formation américaine ni ce que représente l'expérience OCS en live. Il y a quelques choses de frustrant avec les albums des californiens, ce sentiment que le groupe est capable de mieux. Floating Coffin est un excellent disque, un des meilleurs sorties cette année, il sera même très bien placé dans mon top personnel. Le groupe est génial et probablement un des meilleurs de notre époque, il lui manque encore ce grand disque pour achever la concurrence et ce, malgré une discographie sans faute. Ce disque alterne entre les classiques cavalcades garage-motoriques qui font le succès des lives du groupe et quelques fulgurances mélodiques psychédéliques de premier ordre. Parmi mes titres favoris sur cette nouvelle livraison il y a le génial "minotaur" qui clôt le disque, une magnifique chanson pop, je suis également fan de "no spell" qui évoque les Byrds de 8 miles high croisés avec une formation germanique de Krautrock.   

Au moment de rédiger notre bilan les Oh Sees ne figureront encore une fois pas dans notre top 10 se contentant d'une place d'honneur, un crève-cœur quand on considère à quel point ce groupe aura marqué ma vie musicale depuis trois quatre ans. Les Oh Sees sont un groupe fantastique et Floating Coffin est peut être à ce jour un des plus beaux témoignages discographiques même si on espère toujours que le suivant sera ce grand disque qui les rendrait éternels aux yeux de tous (et pas uniquement les miens).


vendredi 27 décembre 2013

Last Night - Secret Tape (2013)

Last Night est un trio parisien composés d'ex-membres des Cavaliers ou de Fix-It. Ils ont sorti un premier 45 tours suivi de cet album en cassette édité par Le Turc Mécanique, un label de Bourg La Reine.

La pochette pourrait laisser entrevoir un disque de post-punk ou de art-rock, il n'en est rien, les Last Night pratique un punk sauvage et méchant. En 9 titres ramassés et concis le groupe s'impose comme un des fers de lance du genre en France, à la fois classique et personnel. Le dixième morceau est une petite escapade plus électronique, une piste intéressante mais un peu moins convaincante et jouissive que les brulots en formation guitare/basse/batterie.

A ma connaissance il n'y a pas tant que ça de formations punk françaises en service, une raison de plus de s'intéresser à ces mecs qui balancent une première cassette vraiment cool.



lundi 23 décembre 2013

The Stevens - a History of Hygiene (2013)

Dans notre précédent article (Dick Diver) nous évoquions la très belle année de Chapter Music. A History of Hygiene, premier album des Stevens confirme la très bonne santé d'une scène indie-pop australienne excitante et sacrément cool.

Quand la plupart des groupes se contentent d'une douzaine de chansons les Stevens en enquillent 24, mais rassurez vous, la plupart entre une et deux minutes. A History of Hygiene évoque tout autant les héros du coin (la scène voisine néo-zélandaise autour du label Flying Nun) qu'un certain son indie américain, soit une certaine idée du lo-fi et de la pop. On pense ainsi à Pavement, Guided By Voices ou Sex Clark Five qui rencontreraient The Clean, The Chills et The Bats. Les Stevens ont cette faculté d'ébaucher des chansons brillantes en quelques coups de crayon et laisser en l'état. La nature est profondément pop mais les guitares se font tour à tour jangly ou carrément abrasives sans perdre de vue les mélodies, gracieuses et intelligentes. Chaque morceau recèle du petit élément pour le rendre excitant et cool.

The Stevens signent un des meilleurs albums d'indie-pop de l'année. Un LP ancré dans une tradition 80s-90s mais avec sa personnalité propre et un vrai sens des mélodies. On espère le faire connaître tant il épouse la philosophie de ce blog à des milliers de kilomètres d'un certain "indie" qui tapine le like.





vendredi 20 décembre 2013

Dick Diver - Calendar Days (2013)

L'heure est au bilan un peu partout. Du coté de RPUT on attendra le début de l'année pour vous dévoiler notre analyse de 2013. Sans trop en dévoiler on a été cette année impressionné par la vigueur de la scène australienne et en particulier par les sorties du label Chapter Music parmi lesquelles le second album des excellents Dick Diver.

Calendar Days est un disque troublant, il alterne entre chansons mièvres et pures merveilles d'orfèvrerie. Le disque démarre péniblement mais enquille ensuite trois chansons limpides et brillantes. Dans les mauvais moments on a envie d'arrêter le disque et de coller un disque bien violent et bourrin sur la platine (au hasard le disque de Fuzz) mais la minute suivante on est époustouflé par la beauté d'une chanson pop limpide aux guitares cristallines. Dick Diver évoque alors le meilleur d'une tradition pop australienne et néo-zélandaise (Go Betweens, The Bats etc. et aujourd'hui Twerps, The Stevens, Scott & Charlene's Wedding). Que j'aime ce groupe quand ils pondent des "Lime Green Shirt" "Bondi 98" "Alice" "Calendar Days" ou "Water Damage" etc. moins quand ils balancent des "Boys" ou des "Blue and that". L'un dans l'autre nous préférons retenir de ce disque ses purs moments de grâce qui effacent les petits égarement ponctuels du groupe.

Dick Diver signe un disque inégal mais lumineux et majestueux dans ses meilleurs moments. Un très bel album à découvrir tout comme l'ensemble de cette fascinante scène pop australienne.



samedi 14 décembre 2013

Minks - Tides End (2013)

2012 avait été un excellent cru pour Captured Tracks grâce notamment à deux supers albums de Mac Demarco et Chris Cohen, ce dernier nous enthousiasmant particulièrement. On a eu le sentiment que 2013 fut plus calme pour les new yorkais, pour ma part j'ai surtout envie de retenir le second album de Minks, Tides End.

Si Factory Records est des modèles assumées du label américain, il est probable que New Order soit dans l'esprit de Minks au moment d'enregistrer le successeur de By The Hedge. Tides End est une ode à la synth-pop mâtinée d'indie-pop, on navigue quelque part entre 1983 et 1988 pour les influences sans pour autant s'y perdre, Minks est contemporain. L'équilibre entre guitares ligne claire, synthés analogiques et voix diaphane est aussi précaire que joli. Le disque a un tempo lent, presque langoureux, pas de démonstration de force pompière ici. Bien loin des standards d'un genre très souvent médiocre et putassier Minks signe un disque délicat oscillant entre contemplation (parfait pour accompagner un été naissant) et tubes en puissance sans forcer (le superbe single "Margot" ou "Painted Indian").

Tides End est une promesse, un album nonchalant mais très soigné et délicat. Minks y navigue avec aisance et langueur. Bien sûr l'intéressé n'est pas indemne de toutes références, loin de là. Comme le label qui l'héberge il est question d'héritage d'une certaine Angleterre (Factory, Creation etc.) mais à RPUT nous avons le sentiment que l'intéressé mérite mieux que des comparaisons et trace sa propre voie avec ce très réussi second album.


jeudi 12 décembre 2013

The Resonars - The Greatest of (2013)

The Resonars est un groupe que nous ne citons pas assez souvent sur ce blog. Auteur de 6 albums en 15 ans (le dernier cette année chez Burger), l'homme orchestre Matt Rendon se voit gratifier d'un Greatest Songs chez Trouble in Mind (éditeur d'un EP 45 tours de l'intéressé en 2012). Ce disque panache les cinq premiers albums de l'intéressé avec un certain sens de l'équité. On trouve ainsi des extraits de ses excellents disques chez Get Hip, ses débuts chez Star Time ou ses aventures récentes du coté de Fullerton en Californie.

Bien qu'étant une compilation, le LP s'écoute comme un album, la formule Resonars n'a que peu évolué depuis ses débuts. Si la musique jaillit avec l'osmose d'un groupe soudé Matt Rendon est seul à la manœuvre avec son 4 pistes cassette, il s'enregistre à tous les instruments, harmonise avec lui même etc. Sous cet étendard (Matt a aussi participé à d'autres groupes comme les Knockout Pills) il explore les arcanes de la pop sixties anglaise et américaine. La batterie explosive des Who rencontre la voix sous helium des Hollies tandis que les guitares font souvent des œillades aux Byrds. Si Matt ne prétend pas réinventer la roue, il se dégage de ces quatorze titres une vraie cohérence et une personnalité qui lui est propre. L'intéressé injecte sa propre sensibilité à une musique codifiée mais pas guindée, il y a trop de fantaisie chez l'américain pour se cacher derrière des citations pesantes. La sélection est super cool et on retrouve beaucoup de mes morceaux fétiches comme "if he's so great" (Bright and Dark, 1999) ou "she's in love with her" (Lunar Kit, 2002). C'est aussi l'occasion de découvrir des morceaux de son premier disque introuvable mais qui pourrait être réédité sous peu selon mes informations. Les chansons récentes ("long long thoughts" éditée l'année dernière) ne montrent pas de signe de ralentissement de la part de Rendon toujours aussi inspiré quand il s'agit de jouer avec les références chéries des années soixante.

The Greatest Songs est une très belle introduction à un des francs tireurs les plus attachants du garage actuel. Un homme-orchestre qui doit autant à ses classiques 60s qu'aux techniques de studio issues des expérimentations d'Emitt Rhodes ou des Toms. Un esprit farceur dont la musique maline est un petit régal pour les esthètes.




mardi 10 décembre 2013

The Mantles - Long enough to leave (2013)

Requiem Pour un Twister adore The Mantles. RPUT adore Slumberland Records. Quel délice de voir les deux associés pour le second album des californiens ! On avait déjà évoqué cette très belle formation de garage-rock aux accents folk-rock à l'occasion de deux précédents singles (Bad Design chez Slumberland, et Raspberry Thighs chez SDZ), Long Enough To Leave est une nouvelle chance pour nous d'évoquer un des meilleurs groupes actuels de la scène de SF aux cotés de figures plus connues comme les Oh Sees, Fresh and Onlys ou Ty Segall. 

La signature sur un des labels emblématique d'indie-pop (aux cotés des assez fiables Captured Tracks) n'a rien de l'aléa. Les Mantles font le pont entre le garage-rock et une certaine idée de l'indie-pop, ce que des esprits pourraient qualifier un peu trop rapidement de garage-pop. Pas faux certes mais on perd ce qui fait le sel et la subtilité des américains. Les Mantles doivent autant aux Nuggets et Black Lips qu'aux Byrds, la scène Flying Nun (Clean et Bats), le Paisley Underground de Rain Parade ou les circonvolutions C86 de certaines formations comme les Dentists, Mighty Lemon Drops ou les Sea Urchins. Pourtant point de mimétismes chez les Mantles, leur son est unique, à la croisée des chemins peut-être, mais avec une forte personnalité. Ils ont une intensité, une hargne dans la voix (sur le premier disque elle  me faisait même penser aux Libertines), un art à eux d'égrainer les arpèges jangly de guitares.

La production du patron Kelley Stoltz amène la clarté nécessaire pour valoriser les mélodies lumineuses du groupe. Si le premier disque était violent dans ses intentions, celui semble apaisé et plus serein. Initialement on est presque déçu de ne pas retrouver cette virulence dans Long Enough To Leave et progressivement les choses se mettent en place. Les compositions surprennent par leur évidence et leurs qualités, l'éclat laisse place à l'âpreté diffuse de la musique du combo californien. La violence est toujours présente, mais comme réprimée par la limpidité que les Mantles essaient d'insuffler. Le disque est ramassé et condense le savoir-faire de la formation.

Long Enough to Leave est plus long à apprécier en bouche que son prédecesseur. Ce qu'il perd en violence initiale il le gagne en splendeur. Un disque au charme discret , de ceux qui ne veulent pas vous épater à tout prix mais cherche à s'insinuer en vous.


mardi 3 décembre 2013

The Proper Ornaments - Waiting for the Summer (2013)

The Proper Ornaments est un de mes groupes anglais chouchou depuis un an ou deux. J'avais été sous le charme de leur EP chez No Pain in Pop au point qu'il se classe troisième de notre top singles et EP en 2011. On leur avait aussi attribué une place de choix dans nos espoirs pour 2012 au coté de La Femme, Pendentif ou Fear of Men. Ces derniers ont publié en 2013 un "Early Fragments" compilations de morceaux parus en singles et EP avec des bonus, Waiting for the Summer en est assez proche. Sur 10 titres seuls deux sont des inédits, et 7 sont issus de leur premier single et leur EP.

Il y a un petit regret à voir un groupe aussi terrible sortir un disque presque en catimini, uniquement en CD. On en vient à se demander s'il s'agit d'un premier pas avant le grand saut (un véritable album) ou une façon de conclure une belle histoire avortée. Je croise les doigts pour que ce soit le début plus que la fin de quelque chose, ce groupe est trop fantastique pour en rester là. 

Waiting for the Summer est un rappel salutaire des qualités évidentes de ce duo, leur capacité à sortir des lignes de guitares sublimes et des harmonies jolies comme des cœurs. On retrouve avec plaisir en ouverture le single waiting for the summer  (dont je ne suis pas sûr qu'il ait été édité en 7' finalement ?), sa face B (géniale) étant absente du disque. L'ossature du disque tourne donc autour de l'EP chez No Pain In Pop, l'ensemble des cinq morceaux se retrouve idéalement placé dans le cœur du réacteur. Si la musique de Proper Ornaments louche parfois vers Veronica Falls (le projet principal de James) notamment dans cette façon de tricoter les guitares, la touche psychédélique et west coast rend ce projet unique et si attachant. On est sous le charme des arpèges jangly à la Byrds de Shining Bright ou Drop Off, des tournures psychédéliques de Recalling, des boites à rythmes bancales (à la Cleaners from Venus) de Waiting for the summer etc. Les deux titres inédits concluent le disque avec un certain brio mais sans répondre à nos questions sur l'avenir du groupe. Nervous Breakdown est une excellente chanson d'obédience acoustique, un titre dépouillé et délicat. Take a Break est mignonne mais sonne plus comme une ébauche qu'une ouverture vers un futur radieux. L'ajout des deux faces B inédites (imagination et Candy) récentes aurait amené un peu de consistance à l'ensemble.

On l'attendait avec énormément de patience cet album de The Proper Ornaments, mais on ne peut s'empêcher d'être un peu déçu malgré les qualités évidentes du disque, les morceaux sont géniaux et il fait du bien de le rappeler. Proper Ornaments est un super groupe mais on veut en entendre plus ! On espère donc revoir notre duo fétiche avec de nouvelles compositions très vite !




dimanche 1 décembre 2013

Yuppies - s/t (2013)

Les Yuppies existent depuis 2007 mais n'ont sorti leur premier album qu'en septembre 2013 par l'intermédiaire du label des mecs de Parquet Courts (oui ceux dont l'album de 2012 est dans tous les classements de 2013) Dull Tools.

Il y a ces disques que l'on attend et nous déçoivent et une catégorie plus rare des bonnes surprises sorties de nulle part. L'album des Yuppies entre clairement dans cette seconde catégorie. Je vais avoir du mal à décrire le son du groupe du Nebraska, mais ce n'est pas si loin des collègues Parquet Courts. Les Yuppies maitrisent comme eux l'art de la décharge sauvage art-punk. On pense à Wire qui se battrait avec Fugazi dans un ascenseur. Ce disque est un gros coup de boule dans le bide. C'est déglingué de partout, en roue libre sans tomber dans l'auto-indulgence. Les Yuppies te veulent du mal, mais pour ton bien, ils hérissent tes poils, tu en as des frissons. Les guitares tranchent les jugulaires pendant que la batterie te martèle le cerveau. Si tu pensais que la basse allait te sauver c'est raté, entends-tu tous ces cris ?

Le bonheur se trouve parfois dans la douleur semble dire ce disque. Masochiste ? Peut être mais que c'est bon !